Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Dans l'intimité du cabinet — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Dans l'intimité du cabinet
Chapitre 2
La journée de travail était longue, les patients si peu intéressants. Toujours les mêmes maladies, toujours les mêmes problèmes, s'il fallait attendre une surprise quelque part, ça n'était pas dans le cabinet d'Alexandre. La seule clarté qui lui parvenait dans son antre était celle de Zoé quand elle ouvrait la porte pour laisser entrer le malade, à la fois salvateur et châtieur puisqu'il offrait et par la même occasion enlevait la vue de l'être désiré au regard concupiscent du médecin. Ces moments très brefs permettaient tout de même aux deux amants d'échanger un sourire plus qu'amical, cela ramenait toujours Alexandre un peu moins de deux ans en arrière, au moment de leur rencontre.
Sylvie, son ancienne secrétaire, était sur le départ depuis quelques années, à vrai dire le médecin ne savait pas bien quel âge elle avait, mais de peur de la froisser, il n'avait jamais osé lui demander. Leur relation avait toujours été cordiale, une relation de travail ni plus ni moins, pas assez amicale pour avoir de vraies conversations. Un jour, en fin d'après-midi, elle était venue le trouver et lui avait annoncé qu'elle n'en avait plus pour longtemps, un peu sous le choc, Alexandre lui avait répondu qu'il ignorait qu'elle était gravement malade. Elle sourit doucement et lui dit qu'elle parlait évidemment de son poste de secrétaire. Il allait devoir travailler avec une autre d'ici peu, mais qu'il ne s'en fasse pas, elle ferait le nécessaire pour lui en trouver une digne de ce nom, pour le remercier de son amabilité pendant ces quelques années.
Alexandre n'avait jamais eu que Sylvie comme secrétaire et ignorait un peu comment cela allait se passer, c'est pourquoi il dit à la femme qu'il voulait avoir un entretien préalable avec sa remplaçante pour être sûr de ne pas avoir de problème sur le plan relationnel. Ce à quoi elle lui répondit que ça ne posait absolument pas de problèmes. Ainsi furent programmés trois entretiens dans les mois qui suivirent.
Le premier fut assez bateau, la femme qui postulait avait à peu près l'âge d'Alexandre, avait déjà travaillé avec plusieurs médecins, en bref un curriculum assez solide. De plus, elle était relativement agréable à regarder, des cheveux blonds assez courts qui lui donnaient un air de garçon manqué (un air qui avait toujours plu au médecin), des formes assez discrètes. Tout son corps formait un ensemble très doux pour le regard, quasiment reposant si l'on s'attardait un peu trop dessus. Alexandre ne pensait pas tomber sur une meilleure secrétaire, très bon profil professionnel et qui présentait bien, il la choisit officieusement dès la fin de son entrevue avec elle, mais se promit tout de même de conduire les autres entretiens, par respect pour les autres candidates.
Pour une fois dans sa vie, avoir du respect lui apporta quelque chose de bien puisqu'en effet quelques jours plus tard, Zoé franchissait la porte de son bureau. Le coup de cœur fut immédiat, elle était d'une beauté rare, pas du tout générique, le genre de femme qui se démarquait des autres même en étant vêtue sobrement. Alexandre se souvenait encore de son visage quand elle avait franchi le pas de la porte, de son sourire lèvres fermées si attendrissant. Elle était vêtue d'un pantalon de toile noir flottant et d'une chemisette légèrement rosée. Ses cheveux bruns ondulés étaient coupés en carré, on pouvait apercevoir entre eux, au niveau des oreilles, un doux scintillement argenté. Les jambes de Zoé se dessinaient dans son pantalon à chaque fois qu'elle avançait une de ses jambes : elles étaient relativement fines et, on pouvait les deviner, assez musclées.
Sous sa chemise assez ample, on pouvait deviner une poitrine de bonne taille, maintenue par un soutien-gorge dont la couleur légèrement plus vive transparaissait au travers du vêtement.
Face à une telle créature, Alexandre ne faisait pas le fier dans son fauteuil de cuir qui semblait l'aspirer. Cependant ce qui choqua le plus le médecin, ce n'était pas à proprement parler la beauté stupéfiante de cet individu, mais sa ressemblance frappante avec un fantôme qu'Alexandre avait essayé à maintes reprises de chasser de son esprit. En effet, il avait devant lui le portrait craché de son premier amour, un amour qui n'avait eu de cesse de le tourmenter, un amour sans fin...
Face à une telle créature, Alexandre ne faisait pas le fier dans son fauteuil de cuir qui semblait l'aspirer. Cependant ce qui choqua le plus le médecin, ce n'était pas à proprement parler la beauté stupéfiante de cet individu, mais sa ressemblance frappante avec un fantôme qu'Alexandre avait essayé à maintes reprises de chasser de son esprit. En effet, il avait devant lui le portrait craché de son premier amour, un amour qui n'avait eu de cesse de le tourmenter, un amour sans fin...
Il lui avait donc été impossible de choisir une autre personne que Zoé, il rencontra tout de même la troisième pour la formalité, mais rien n'aurait pu lui faire changer d'avis. Pouvoir avoir cette secrétaire tous les jours dans son cabinet, voilà qui saurait le sortir de la léthargie profonde dans laquelle il était plongé depuis la naissance de Thomas.
C'est donc le sourire aux lèvres qu'il allait au travail depuis que Zoé avait remplacé Sylvie. La relation entre le médecin et sa secrétaire devint très vite bien plus complice que celle qu'il pouvait entretenir avec sa précédente collègue. Tout dans le comportement de Zoé lui rappelait cet amour perdu, il revivait son premier amour des années après. Un sentiment de renaissance, d'innocence, d'insouciance, il tomba amoureux très rapidement. Il lui fit quasiment aussitôt des avances, qu'elle ne refusa pas et très vite ils devinrent amants.
Leurs ébats au début étaient plus que de simples relations sexuelles pour Alexandre, ils étaient des portes ouvertes sur des souvenirs, des voyages en terre inconnue pleins de découvertes. Son dernier fils l'avait vieilli, Zoé, elle, le rajeunissait. Les mains parcourant ses courbes, se nichant dans les vals de son corps, creusant parfois à la recherche d'un plaisir qui ne se voyait pas, il se remémorait un temps de bonheur, c'était une sensation particulière, qu'il n'avait jamais ressentie auparavant, lui qui pensait avoir tout vécu. C'était grisant. Dès lors, ils firent l'amour un peu plus chaque jour, l'appétit du médecin était insatiable. Tous les matins, tous les midis, tous les soirs, à la pause déjeuner, parfois même aux toilettes entre deux rendez-vous.
Mais le temps fait son œuvre, et comme dirait l'expression consacrée, il ne faut pas abuser des bonnes choses.
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J'espère une suite