Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le facteur est passé chez elle — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le facteur est passé chez elle
Chapitre 1
Je suis le facteur. Tous les jours de la semaine sauf le dimanche, je distribue le courrier. Un Samedi matin, alors que je m'apprêtais à déposer une enveloppe dans la boîte aux lettres d’une dénommée Virgule Solia, je constate que la fenêtre d’introduction du courrier est bloquée. Je soupire, sors mon passe-partout de ma poche droite et ouvre le coffre par sa serrure : un torrent d’eau se déverse alors à mes pieds. Mes chaussures sont trempées et je m’énerve quand surgit de l'entrée de la maison attenante une magnifique jeune femme en robe de chambre rose affriolante.
— Je suis désolée ! Éduquer un enfant, vous savez, ce n’est pas facile tous les jours. C’est encore une de ses mauvaises blagues. S’il vous-plaît, vous pourriez me porter la lettre directement à ma porte ?
Je ne dis pas non. Si je peux me rincer l’œil un moment, ça compensera un peu ce qui vient de m’arriver. J’ouvre le petit portail en bois qui me sépare du jardin-pelouse et du chemin en graviers qui mène au vestibule de la villa. Je marche vers la délicieuse apparition et lui tend sa lettre en en profitant pour admirer son beau visage gêné et souriant. Elle est rousse. Elle a de grands yeux verts qui brillent et des grains de beauté parsemés que je trouve charmant.
— Je vous remercie, monsieur ! J'espère pour vous que vous n’en vivez pas de pareilles tous les jours !
— Non, heureusement. Ce qui est embêtant, c’est que j’ai encore beaucoup de courrier à livrer aujourd'hui et que je n’ai que ces chaussures sur moi… ça ne va pas être agréable mais on fera avec, que voulez-vous ! Bonne journée, madame. Faites attention à ce que votre fils fait avec votre boîte aux lettres, s’il vous plaît !
— Non, heureusement. Ce qui est embêtant, c’est que j’ai encore beaucoup de courrier à livrer aujourd'hui et que je n’ai que ces chaussures sur moi… ça ne va pas être agréable mais on fera avec, que voulez-vous ! Bonne journée, madame. Faites attention à ce que votre fils fait avec votre boîte aux lettres, s’il vous plaît !
Je me retourne et marche pour rejoindre ma camionnette quand je l’entends m’appeler :
— Attendez !
Elle me demande de revenir vers elle d’un signe du bras et de la main. J’en profite sur le retour pour regarder furtivement sa poitrine qu’on imagine facilement nue grâce à la transparence du tissu qui la couvre. Ses seins sont bien tendus, en forme de poires, généreux mais pas gros. J’adore.
Je suis déjà proche et elle me demande de me rapprocher encore. Je ne suis plus qu'à quelques centimètres d’elle que la voilà qui s’accroupit devant moi. Mon cœur s’emballe et je sens mon pénis durcir alors que j’anticipe bien des choses pas très professionnelles qui pourraient se produire à présent.
— C’est bien ce que je pensais. Je suis prête à parier que vous faites la même pointure que mon mari ! Vous chaussez du 43, c’est cela ?
— Euh, oui.
— Euh, oui.
Je me sens bête. Bien sûr qu’elle ne va pas te sucer sur le palier. On n’est pas dans un scénario de film de cul, reprends-toi.
— Déchaussez vous et entrez un moment, je vous prie. Je vais chercher des chaussettes et une paire de chaussures de mon mari.
— C’est trop aimable de votre part ! Je suis désolé, je dois refuser.
— S’il vous plaît, j’insiste ! Vous n’aurez qu'à me les ramener quand vous repasserez.
— C’est trop aimable de votre part ! Je suis désolé, je dois refuser.
— S’il vous plaît, j’insiste ! Vous n’aurez qu'à me les ramener quand vous repasserez.
J’accepte et me retrouve pieds nus sur un sol intérieur en marbre qui donne sur des colonnes et un jardin intérieur exotique. Je crois rêver. On voit bien de l'extérieur que ces gens-là ont de l’argent mais là, c’est d’un tel luxe ! D’où je suis, j’ai la vue sur un patio encadré par des colonnes à la romaine et couvert par un dôme fait de vitraux multicolores comme on en voit dans les églises. Les contrastes de lumière sont psychédéliques. Sous le dôme, un bananier, des plantes grasses, des fougères, des fleurs et des buissons fruitiers venus d’ailleurs trônent dans une ambiance parfumée et apaisante. Il y a même une petite fontaine à jets d’eau qui coule en continu avec douceur. Je respire à grandes bouffées d’air suave, et ferme les yeux. Je me sens si bien.
— Eh bien, alors ? Vous vous endormez ?
La femme en robe de chambre érotique rose m’apporte une paire de chaussettes grises et des chaussures de ville neutres qui ressemblent aux miennes. Elle rit et je tombe définitivement sous son charme.
— Oui, c’est si agréable chez vous, madame ! Vous en avez de la chance.
Elle rougit.
— Oh, je suis désolée, attendez.
Bon sang. Sa robe de chambre est décidément très sexy. Je suis assis en train de mettre les chaussures de son mari et je peux voir tous les contours de son cul. Ses fesses semblent aussi fermes et tendues que ses seins, tout en conservant de belles formes généreuses sans être grosses. Je n’ai pas le temps de la mater longtemps. Elle revient vite cette fois. Elle met fin d’un geste à mon orgasme cérébral :
— Tenez.
— C’est une blague ?
— Non, ces cinq-cent euros sont pour vous. Ce n’est pas grand chose pour nous.
— C’est une blague ?
— Non, ces cinq-cent euros sont pour vous. Ce n’est pas grand chose pour nous.
Je pense à me mettre en colère, à crier que je ne suis pas à vendre et que je ne veux pas de son argent mais la somme est trop importante. Je prends les billets, remercie la dame et m’en vais continuer ma tournée la queue entre les jambes et les pieds au sec.
Je démarre le moteur, tourne jusqu'à la prochaine avenue et reprends mes esprits. Je viens de recevoir un « pourboire » de cinq-cent euros. Je m'arrête devant la prochaine adresse à livrer et examine les billets en coupure de cinquante, ce qui me fait une liasse toute fine d’à peine dix billets. C’est absurde. À quel moment on donne cinq-cent euros et des souliers de rechange au facteur pour avoir mouillé ses pieds ? Impossible de passer à autre chose. Cette pensée m'obsède jusqu'à ce que je rentre chez moi. Allons, ces gens sont riches, ils ne vivent pas dans le même monde. Ceci explique cela. Je me rassure et commence à me poser la vraie question : qu'est-ce que je vais faire de tout cet oseille ?
Je suis quelqu’un de raisonnable et, en fait, ce n’est pas tant d’argent, même pour un modeste facteur comme moi. Je vis en France. C’est une sacrée somme mais pas de quoi changer sa vie. Je vais tout simplement faire mes courses avec. J'économiserai un peu de mon salaire sur mon compte en banque pour les mauvais jours. La vie continue.
Je mets l’argent dans mon portefeuille et décide donc de le dépenser petit à petit. Alors que je passe après mon travail à la caisse de mon supermarché habituel, j’ai un picotement quand je vois l'employée du magasin passer dans sa machine de détection de fausse monnaie les trois billets de cinquante euros que je lui ai donné. Et si c'était des faux ? Heureusement, les billets passent sans problème. Je suis soulagé. Faire de grandes courses de maison à l'œil, ça fait bien plaisir.
Le Lundi, je retourne en voiture au domicile de Virgule Solia mes pieds dans mes chaussures et les chaussures de son mari sur les genoux. Je n’ai pas de courrier pour elle mais je compte bien lui rendre ses souliers sans délai. J’ouvre le petit portail en bois et m'apprête à déposer la paire de monsieur sur le palier quand un homme grand et costaud ouvre en me fixant avec dédain :
— Qu'est-ce que vous faites ici ?!
— Je suis le facteur, je suppose que vous êtes le mari. Je pose ici vos chaussures que votre femme m’a prêté Samedi.
— Je suis le facteur, je suppose que vous êtes le mari. Je pose ici vos chaussures que votre femme m’a prêté Samedi.
L’homme reconnaît avec surprise que ce sont bien ses chaussures. Je réalise que sa femme ne lui a rien dit et qu’il doit s’imaginer des choses qui me mettent dans le pétrin. Par peur de la baraque en acier qui se trouve en face de moi, je lance sans réfléchir :
— La boîte aux lettres… elle m’a mouillé les pieds quand j’ai déposé le courrier et, euh… votre femme…
Je reçois un coup de poing dans la tête qui me met à terre.
— Alors comme ça, elle a mouillé sur tes pieds, ma femme ! Espèce de connard, je vais te tuer !
La voix forte de la brute me sauve car alors sa femme crie depuis l'étage de me laisser tranquille. Je suis sonné. Allongé de tout mon long sur la pelouse, terrifié, j’ai la brillante ou stupide idée de faire le mort. La brute m’oublie et redirige sa colère vers sa femme.
— Salope, je vais t’attraper, tu vas voir ! Le facteur, tu restes ici. Quand j’en aurais fini avec ma traînée d’épouse, je reviens m’occuper de toi.
On nage en plein délire. Malgré la douleur, je parviens à me relever et titube en panique jusqu'à ma voiture. Je mets le contact et pars en trombe quelques rues plus loin. Je me gare et m'évanouis sans m’en rendre compte : c’est seulement en regardant l’heure alors que je croyais m'être garé à l’instant que je me rends compte qu’il s’est écoulé plus d’une heure. Je ne pense plus qu'à moi et appelle in extremis les secours pour leur signaler ma position et ma situation, sans avoir le temps de préciser l'identité de mon agresseur alors que je m’évanouis à nouveau.
— Vous avez eu de la chance, monsieur. Le coup que vous avez pris à la tête aurait dû vous tuer. C’est une chance que nous ayons réussi à stopper l'hémorragie cérébrale avec une prise en charge aussi tardive.
Je me retrouve au lit, dans un hôpital, un docteur à mon chevet.
— Combien de temps ai-je dormi ?! Est-ce qu’elle va bien ?
— Calmez-vous. On va vous expliquer. Vous revenez de loin. Vous êtes vivants, c’est déjà un exploit !
— Répondez à ma question s’il vous plaît ! Le temps presse. Avec ce que la brute m’a fait, elle est peut-être en danger de mort à l’heure qu’il est.
— Sylvain, tu peux expliquer au monsieur ? Je dois passer à la 107 voir monsieur Gérard.
— Oui, bien sûr docteur, allez-y, je m’en charge.
— Qu’est ce qu’il se passe ? Pourquoi le docteur ne peut pas m’expliquer directement ? Enfin, je ne demande pas la Lune ! Je veux juste savoir combien de temps j’ai dormi et si elle va bien.
— Vous êtes en forme, dis-donc ! Vous devez être très frustré mais je suis désolé, ça ne sert à rien de geindre, on ne comprend rien à ce que vous dites.
— Comment ?
— Calmez-vous. On va vous expliquer. Vous revenez de loin. Vous êtes vivants, c’est déjà un exploit !
— Répondez à ma question s’il vous plaît ! Le temps presse. Avec ce que la brute m’a fait, elle est peut-être en danger de mort à l’heure qu’il est.
— Sylvain, tu peux expliquer au monsieur ? Je dois passer à la 107 voir monsieur Gérard.
— Oui, bien sûr docteur, allez-y, je m’en charge.
— Qu’est ce qu’il se passe ? Pourquoi le docteur ne peut pas m’expliquer directement ? Enfin, je ne demande pas la Lune ! Je veux juste savoir combien de temps j’ai dormi et si elle va bien.
— Vous êtes en forme, dis-donc ! Vous devez être très frustré mais je suis désolé, ça ne sert à rien de geindre, on ne comprend rien à ce que vous dites.
— Comment ?
Je réalise que ce qui sort de ma bouche ne correspond pas à ce que je veux dire. J’ai eu un traumatisme crânien. Je pâlis. Je ne peux retenir mes pleurs et fond en larmes sur mon lit d'hôpital.
— Bon. Normalement, je croise les doigts pour vous, vous devriez pouvoir utiliser votre main droite sans difficultés. Vous êtes bien droitier ?
J’acquiesce de la tête. J’ai la morve au nez et les yeux rouges. Je dois être pathétique, mais à ce moment-là le visage de Sylvain, un infirmier je suppose, s’illumine.
— Ah, super ! J’ai vraiment eu peur que nous nous dirigions vers un dialogue de sourds sans fin. Allez, ne vous laissez pas abattre. On dirait que vous avez de l'énergie à revendre aujourd'hui. On va en profiter. Tenez, essayez de prendre ce stylo et d'écrire sur cette feuille.
Aujourd’hui. Ce mot en dit long. Je suis ici depuis au moins plusieurs jours. Ma présence est familière. C’est un choc terrible mais je n’ai pas le choix. Je dois faire tout ce que je peux maintenant. Il n’est peut-être pas trop tard. Je saisis alors le stylo et j'écris sur la feuille.
— Mais c’est merveilleux ! Je sais que pour vous c’est difficile pour le moment. Mais vous étiez si bas, il y a deux semaines. Je me réjouis de vous voir avec toutes ces capacités retrouvées aujourd'hui. Montrez-moi ce que vous avez écrit.
L’infirmier prend le papier et me lis. Il fait une moue de la tête puis me sourit.
— Vous voulez parler à la police, c’est ça ? Bon, je regrette, mais vous êtes là depuis trois mois… Je vais quand même faire venir un agent…
Je lui agrippe le bras de ma main valide et reprends la feuille. L’adresse de Virgule Solia me revient. Je la note sur le papier avec les mots « urgent » et « police ». L'infirmier acquiesce, prend son téléphone portable et saisit devant moi le 17 en prenant soin que je le vois faire. La police se rend sur place et les heures qui suivent me semblent interminables. Quand l’infirmier repasse, je sens qu’on me cache quelque chose. J'écris sur un papier :
— S’il vous plaît, je veux savoir.
L’infirmier me regarde avec une moue terrible, dans un mélange de compassion et de gêne :
— Je regrette. Elle est morte.
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Commentaires ()
Le pendant c'est un peu de frustration. Ca finit un peu vite cette affaire. Le point de vue t'empêche de nous faire un direct sur le féminicide mais on pourrait avoir une suite. Tu me compterais parmi les lectrices.
Ou pourquoi pas le pendant côté femme... Ca se réfléchit.
Bien écrit.
Voilà un récit sortant de l’ordinaire.
J’ai adoré du début à la fin.
Je ne pensais pas que ça me plairait vu le titre.
Merci pour ces quelques minutes de lecture très agréables.