Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le livreur est passé chez elle — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le livreur est passé chez elle
Chapitre 1
Je suis livreur. Je travaille tous les jours, même le dimanche. J’ai un gros colis pour madame Tisonnier ce matin. J’ai du retard sur mon planning, comme toujours. Si ça continue je vais me faire virer mais je préfère ça à me tuer au travail comme mes collègues. Bertrand a fait un AVC il y a deux mois et est mort. Je ne veux pas connaître le même sort. Bref, je me dirige vers le bâtiment B, un grand HLM où je n’ai encore jamais mis les pieds. La grande porte d’entrée est ouverte, j’ai compris le message. Les gens n’ont aucune compassion. Je vais devoir me taper les escaliers. Je monte les trois étages qui me séparent de l’appartement de madame Tisonnier et sonne. Une vieille dame m’accueille.
— Bonjour, vous êtes madame Tisonnier ?
— Oh, j’aimerais bien mais non, je suis madame Charbon. Je suis toute défraichie. Il n’y en a plus de beaux jeunes hommes comme vous qui sonnent à ma porte pour mettre leur gros colis dans la fente de ma boîte aux lettres.
— Oh, j’aimerais bien mais non, je suis madame Charbon. Je suis toute défraichie. Il n’y en a plus de beaux jeunes hommes comme vous qui sonnent à ma porte pour mettre leur gros colis dans la fente de ma boîte aux lettres.
La vieille fait des gestes obscènes et je n’ai qu’une envie, être débarrassé d’elle le plus vite possible.
— Madame Tisonnier vit avec vous ? C’est son adresse sur le colis.
— Oh, jeune homme, soyez poli ! Vous pourriez me sucer le clito d’abord.
— Oh, jeune homme, soyez poli ! Vous pourriez me sucer le clito d’abord.
Ok, c’est une tarée.
— Je vais vous laisser le paquet, vous lui transmettrez. Vous pouvez signer là, s’il vous-plaît ?
— Hors de question !
— Bon, je vais laisser le colis ici. Ce n’est pas grave, je vais signer, j’ai l’habitude.
— Hors de question !
— Bon, je vais laisser le colis ici. Ce n’est pas grave, je vais signer, j’ai l’habitude.
Je pose le colis et m’en vais. La vieille crie.
— Ah oui ! Vous ne vous en sortirez pas comme ça ! Si vous laissez le colis ici, je vais chier dessus et je dirais que c’est vous.
— Mais oui, mais oui, bonne journée, madame Charbon.
— Mais oui, mais oui, bonne journée, madame Charbon.
Je ne prête d’abord pas attention à ses propos mais alors que je m’éloigne, je l’entends geindre et un doute m’assaille. Je me retourne et vois la vioque cul nul, le visage grimaçant, assise sur mon colis.
— Oh putain !
Je cours vers la pauvre femme en déliquescence et la fait descendre de mon colis sans gestes brusques. Ouf, le colis est propre.
— T’as de la chance que je sois constipée, petit con ! Tu vas voir…
Je tressaille. Quel plan démoniaque peut-elle bien encore avoir en tête ?
— On m'agresse ! On m'abuse ! Le livreur profite de moi ! Au secours !
Elle hurle comme une truie dans la cage d’escalier. J’en ai assez vu et entendu. Je me casse d’ici. Tant pis, je ne peux pas laisser le colis dans cet enfer, autant le garder avec moi. Je continue donc ma tournée comme si de rien n’était et, le soir, il me reste le gros colis pour madame Tisonnier à livrer. Je suis fatigué. Si je dois repasser par l’HLM, ça va me faire un gros détour. Tant pis. Après tout, j’ai signé et pointé ma livraison toute à l’heure sur le logiciel. Je prends le colis avec moi dans mon véhicule personnel. Je vais me coucher sur mon lit et m’assoupis sans crier gare. Deux heures plus tard, j’émerge. Je consulte le logiciel. Madame Tisonnier ne semble pas s’être plainte de la non livraison de son colis. Tant mieux. Je vais me servir un verre d’eau. Je vis dans une chambre d’étudiant étroite que j’ai réussi à conserver malgré mon travail grâce à mon inscription parallèle en études à distance. Je travaille au noir. Comme ça, je peux au moins mettre de côté l’argent de ma bourse étudiante pendant mon année de galère. Je travaille à plein temps. Les cours de la faculté, j’y touche pas. J’en ai marre de cette vie. Je soupire puis décide sur un coup de tête :
— Oh et puis merde ! Si personne n’en veux, je vais l’ouvrir, moi, ce colis.
Je vais vers ma voiture. Je suis comme un enfant qui va découvrir son cadeau de Noël. Je prends le colis et me rends avec dans ma chambre. Je le déballe sur mon lit. Il était volumineux mais le gros de la place est pris par du papier bulle. Pourtant, il est lourd. Je découvre enfin le contenu sous un gâchis d’emballage. Je tombe des nues. C’est une dalle en marbre. Sur la dalle, on peut lire :
— À notre cher Yves Charbon, papa, papy et époux exemplaire. Tu restes à jamais gravé dans nos coeurs.
Je pose la dalle sur mon lit et jure à voix haute. C’est bien ma veine. Depuis quand les gens commandent des dalles funéraires sur Internet ? La colère passée, je temporise. Bon, je n’ai plus qu’à reconstituer l’emballage et retourner au HLM demain matin. Boulot de merde. Vie de merde. Je suis trop fatigué pour faire ça maintenant alors je pose la dalle sur le bureau à côté de mon lit. Je me couche, je mate un film puis j’éteins la lumière. Je bande. Cela fait longtemps que je traite mes érections machinalement, sans désir. Je mets un porno sur mon téléphone, du lubrifiant sur mon sexe et frotte jusqu’à ce que ça vienne. Je suis pas loin de jouir quand je repense à la dalle funéraire qui est là, à portée de vue. Je ne peux pas m’empêcher d’y jeter un coup d’oeil. Je débande. Je jure. Je dors.
Le lendemain, il faut retourner travailler. Le boulot, c’est la santé. J’aurais mieux fait de rien faire pour la conserver mais c’est trop tard, il faut y aller. Je vais au dépôt, prends ce que j’ai à prendre et, coup de chance, encore un colis pour madame Tisonnier. Je n’aurais pas à faire de détour. Je repasse devant le HLM. Tout est semblable à hier. Non, non, rien n’a changé. J’ai une musique après l’autre qui me passe par la tête jusqu’à ce que je parvienne à nouveau devant l’entrée où la pauvre veuve en folie s’est livrée hier à un spectacle traumatisant et pathétique.
— Oh, non. Pas encore vous.
C’est encore la vieille Charbon qui m’ouvre mais cette fois, je remarque que quelque chose a changé. Elle rougit et se fond en excuses :
— Je suis désolée. Je suis malade. J’étais déplorable, hier. Je suis vraiment désolée. Si vous saviez combien j’ai honte. C’est terrible de devenir comme ça, vous n’avez pas idée.
C’est qu’elle m’arracherait presque une larmichette mais je n’ai pas le temps.
— C’est oublié madame. J’ai un deuxième colis pour vous aujourd’hui alors ce n’est pas grave. Voici votre colis de hier, et voici celui d’aujourd’hui. Je vais les laisser là et signer pour madame Tisonnier. Cette fois, je compte sur vous pour ne pas faire de bêtises. Mes condoléances, madame.
Ouf, cette histoire de folle est finie. Je pars soulagé quand la vieille perd la tête à nouveau.
— Comment vous savez que mon mari est mort ? Je ne vous ai jamais vu ! Vous l’avez tué. À l’assassin ! À l’assassin ! C’est le livreur qui a tué mon mari !
Ça recommence. Cette fois, tant pis. Elle piquera sa crise et si elle chie sur la plaque en marbre, je m’en contrefous. C’est assez comme ça. Je rentre chez moi.
— Attendez !
Une voix féminine bien plus agréable à mes oreilles que les vociférations de la pathétique veuve sénile m’encline à me retourner. Je découvre une magnifique jeune femme en robe de chambre rose affriolante sur le seuil. Elle a beau être belle et sexy, pour sortir comme ça sans gêne, je suppose que la pomme n’est pas tombée loin de l’arbre. Je ne veux pas risquer une version glamour de la scène vulgaire d’hier matin et je presse le pas :
— C’est bon madame, j’ai signé pour vous ! Bonne journée !
— Désolé, monsieur !
— Désolé, monsieur !
La conversation prend fin, enfin. Quelle histoire. Les prochaines semaines se ressemblent et je suis bien content de ne plus avoir à mettre les pieds dans cet HLM, jusqu’au jour fatidique : il y a un colis pour madame Tisonnier et qui c’est qui doit le livrer ? C’est encore moi. Cette fois, ça suffit. On ne m’y reprendra plus . J’entre dans l’immeuble, je dépose le colis, je sonne et je me barre. Je m’apprête à mettre mon plan en œuvre mais comme d’habitude, je n’ai pas de chances. Alors que je monte les escaliers, je croise madame Tisonnier ou plutôt, elle me surprend par derrière et me chuchotte à l’oreille :
— Je suis une cochonne comme ma mère mais je suis encore toute fraîche, moi.
— Ah !
— Ah !
Je m’écrie en sursaut et terrifié, je pousse par mégarde madame Tisonnier qui tombe à la renverse dans la cage d’escalier.
— Oh non ! Madame Tisonnier ?! Madame Tisonnier, vous allez bien ?
C’est pas possible de tomber comme ça. Je l’ai à peine touchée. Je lâche mon colis dans la panique et cours vers elle, mais mon colis dévale les escaliers et l’atteint avant moi. En tombant, il se déchire et une croix traverse l’emballage puis le cou de madame Tisonnier. On nage en plein délire. Je cours à sa rescousse.
— Non, ce n’est pas possible, mais qu’est-ce qu’il se passe ici !
Je m’accroupis à la hauteur du visage de la femme agonisante mais il n’y a rien à faire. Elle perd beaucoup de sang. Je dois rêver. C’est tellement absurde, ce ne peut être qu’un cauchemar. Elle est probablement aussi timbrée que la mère mais qu’est-ce qu’elle est belle ! Elle est rousse. Elle a de grands yeux verts qui brillent et des grains de beauté parsemés que je trouve charmant. Il n’y a pas de temps à perdre. Je prends mon téléphone. Je tremble de tout mon corps et peine à appeler les secours. Je dis bêtement :
— Allô ?
Un cri venu des enfers interrompt l’appel. C’est la vieille diablesse bien-sûr, que j’entends crier :
— Il a tué mon mari ! Il a tué ma fille ! Elle est morte ! Elle est morte ! Elle est morte !
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Commentaires ()
Je vous remercie pour vos commentaires et, non, j'en suis désolé mais il n'y aura pas de suite !
Autant j’ai aimé le facteur, autant celle ci me laisse dubitatif.
Si on se penche sur le fond, l’écriture est fluide et agréable.
Mais l’histoire ne m’a pas du tout plu.
Est ce qu'il y aura une suite?