Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un homme à la diète — Chapitre 1 · Le premier rendez-vous
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Un homme à la diète
Chapitre 1 · Le premier rendez-vous
J'arrive dans ce quartier résidentiel à l'orée de la forêt. Je cherche le numéro de la maison. C'est là. Je vois la plaque sous la sonnette : « Dr Karine Bottin — Diététicienne ». Trouvée dans l'annuaire. C'est la première fois que je consulte pour mon poids. Le confinement m'a fait prendre cinq kilos et je veux les perdre. Déjà que je n'aime pas beaucoup mon corps pas musclé et la petite brioche de la quarantaine que je traîne depuis… dix ans maintenant. Si je veux trouver une compagne, il faut que je me sente mieux dans ma peau. Alors me voilà. Je suis en avance de cinq minutes. J'attends dans la voiture. Je mets le masque, obligatoire, et je sonne. Le ding-dong me parvient dans le silence de ce petit jardin d'hiver. J'attends. Enfin la porte s'ouvre :
— Poussez le portail !
Je me dirige vers la maison et salue le Dr Bottin d'un petit mouvement de la tête – gestes barrières obligent. Une femme pas très grande, d'allure banale. Elle me fait entrer dans le cabinet au rez-de-chaussée, installé donc dans sa propre maison. En passant j'ai aperçu le salon, des portes-fenêtres qui donnent sur un jardin. L'impression d'une maison vide, où elle vivrait seule. La consultation commence. Elle me demande de détailler une journée type de mon alimentation. Tandis que je lui parle et qu'elle prend des notes, je la regarde. Des cheveux gris longs qui ondulent un peu, des yeux clairs plutôt froids, jolis, intelligents. Elle a du charme, Dr Bottin. Vous me direz qu'elle porte un masque, mais justement, si cela me prive d'une bonne partie du visage, les yeux n'en ressortent que mieux, et leur magnétisme.
Quant à moi, qui n'ai jamais aimé mon visage, j'apprécie le port du masque : dans la rue, les magasins, ou comme maintenant en consultation, je suis beaucoup plus à l'aise que lorsque je dois montrer ce que j'estime être ma laideur et à laquelle, les décennies passant, je ne suis pas fait pour autant.
— Donc ? Combien de verres par jour ?
J'était parti dans ma rêverie et elle a dû répéter la question.
— Deux verres d'alcool par jour, je dirais, en moyenne.
— Entendu, maintenant que j'ai toutes ces informations, je vais tout reprendre en faisant la part de ce qui est bien dans votre alimentation, et ce qui pèche. Je vois que vous aimez beaucoup la viande rouge…
— Entendu, maintenant que j'ai toutes ces informations, je vais tout reprendre en faisant la part de ce qui est bien dans votre alimentation, et ce qui pèche. Je vois que vous aimez beaucoup la viande rouge…
La voilà partie dans de longues explications. J'écoute. J'acquiesce. De temps en temps je pose une question. J'aime quand nos regards se croisent. Nous nous fixons un moment avant que chacun regarde ailleurs. Très jolis yeux, vraiment. A la fois sur la réserve et curieux. Que peut-elle penser de moi ? Un petit homme banal en léger surpoids ? Quand elle lit sa fiche, je regarde ses mains. Je suis sensible à la beauté des mains. Quelle âge a-t-elle ? La petite cinquantaine sans doute, comme moi. Le pull ample ne permet pas de se faire une idée précise de la poitrine, mais elle est loin d'être plate. Je suis sensible à la beauté des seins, aussi, oui. Encore un aspect banal de ma personnalité ? Je reviens sur ses cheveux. Dans cette maison près de la forêt, elle pourrait être une fée. Chevelure dénouée, yeux aimantés, je la voie nue courant entre les arbres, entraînant à sa suite des écureuils et des biches, foudroyant par son charme le pauvre humain qui la croiserait.
De l'imagination ? Oui, j'en ai. Dans mon métier qui ne fait pas rêver les femmes – je suis informaticien spécialisé dans les logiciels de comptabilité – mon imagination ne me sert à rien. Auprès des femmes non plus. Par contre elle alimente mes rêveries et mes fantasmes, pas qu'un peu.
— M. Formy ? Donc ?
Et voilà j'ai encore décroché. Le docteur va me prendre pour un idiot.
— Ah pardon ?
— Je vous demandais de vous mettre en sous-vêtements, pour vous peser. Bien entendu, si cela vous gêne, je peux vous peser habillé, mais cela sera moins précis.
— Non, non pas de problème.
— Je vous demandais de vous mettre en sous-vêtements, pour vous peser. Bien entendu, si cela vous gêne, je peux vous peser habillé, mais cela sera moins précis.
— Non, non pas de problème.
J'enlève ma chemise, mes chaussettes, mon pantalon. La docteur regarde ailleurs. Puis je monte sur la balance, gauchement, mal à l'aise avec ce bedon. Oh, elle a dû en voir d'autres, des ventres, d'énormes, des barriques, mais que voulez-vous ? Quand on est complexé… Elle s'accroupit pour voir l'écran et appuyer sur une touche qui donne, m'explique-t-elle, différents taux de graisse. Notre position pourrait prêter à confusion. Il suffirait qu'elle relève un peu la tête pour qu'on pense qu'elle me taille une pipe. Je contemple sa nuque, fine, à travers le rideau des cheveux. Oui, une fée… Mais voilà que je commence à bander, c'est malin.
— Maintenant, le tour de taille.
Avec un mètre ruban elle mesure mon tour de taille. Au contact de ses doigts froids sur mon ventre, mon érection ne se calme pas. Le froid a toujours eu sur moi un effet érotique. Si un jour j'ai le temps, je vous raconterai une pipe agrémentée de glace à la fraise, que me prodigua une maîtresse. Bref, ça devient gênant, elle va me prendre non seulement pour un demeuré, mais encore un pervers. Or je ne crois pas être l'un ou l'autre. Dans mon boxer l'érection n'est pas considérable (ma queue est dans la moyenne nationale : 13,12 cm, la moyenne exactement, pas de quoi être fier là non plus), mais enfin elle se voit. Le docteur en tout cas fait comme si elle ne s'apercevait de rien et note sur ses fiches les différentes mesures.
— Vous pouvez vous rhabiller.
Elle me donne encore quelques conseils alimentaires. Nous prenons rendez-vous pour dans trois semaines. Je paye. En partant je croise au portail la patiente suivante. Une forte femme, bien en chaire. Elle déborde de partout, pourrais-je dire si ce n'était pas très flatteur. En fait, tout en rondeurs, poitrine et fesses massives qui achèvent de donner à son ventre proéminent une féminité triomphante. Allons, je ne suis pas si gros ! Elle doit avoir de drôles de complexes. Et pourtant, quelle beauté !
Les jours suivants je rectifie ma façon de me nourrir. J'essaye d'être bon élève. J'ai vraiment envie de perdre les kilos en trop. Pour moi-même. Un peu aussi pour le Dr Karine Bottin à laquelle je pense souvent. Trop souvent ? J'imagine notre prochain rendez-vous, dans trois semaines. Elle m'accueille vêtue un zeste sexy, en minijupe, un chemisier suffisamment déboutonné pour que je lui prête des intentions. Puis je me retrouve sur la balance, en caleçon. Elle commence à embrasser mon sexe à travers son masque et mon boxer, puis elle baisse celui-ci à mi-cuisse tandis que, penché vers elle, je lui enlève son masque délicatement, comme si c'était un sous-vêtement. Tandis qu'elle me suce, je passe mes mains dans son abondante chevelure. Je la préviens que je vais jouir. Elle me dit oui des yeux. Et me voilà éjaculant dans sa bouche, elle avalant tout. Mon fantasme a une variante, avec la grosse femme qui venait après moi.
Tandis que le Dr Bottin me suce, la patiente ouvre la porte du cabinet, croyant qu'elle était en retard. Le docteur lui dit d'entrer et de venir goûter mon sperme.
— Vous croyez, répond-elle ? J'ai fait tellement d'efforts pour manger moins.
— Alors ce sera votre récompense.
— Alors ce sera votre récompense.
Et je me retrouve avec le Dr Bottin et la femme bien en chaire en train de s'occuper de moi. Quand je vous dis que j'ai une imagination parfois envahissante… Je sais trop bien que dans la réalité les choses ne se passeront pas comme ça. Plus banalement : un rendez-vous chez la diététicienne et voilà tout. J'en serai quitte pour avoir rêvé. D'ici là, je jouis plusieurs fois en vivant cette scène, dans mon grand lit le soir, ou le matin le week-end (mon petit plaisir, en paressant). Ce n'est pas ça qui me fera maigrir, un éjaculat c'est 5 millilitres (oui, la moyenne, là aussi). Mais au moins cela fait du bien. J'oubliais : j'ai cherché la photo du Dr Karine Bottin sur internet. J'en ai trouvé une petite, sur un site professionnelle, mais au moins elle ne porte pas de masque. Je la trouve très à mon goût.
(A suivre.)
(A suivre.)
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Commentaires ()
C’est bien écrit en plus.
Joyeux Noël !