Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Rightmove ou comment se taper son ex — Chapitre 10
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Rightmove ou comment se taper son ex
Chapitre 10
Sentir mon ventre rempli était agréable mais rien ne me montrait que Liam aimait cette partie de jambes en l'air avec moi, mise à part ses grognements et halètements.
—Tu aimes ça ? demandai-je, espérant que ça lui rappelle que j'étais là.
—Oh, oui ! Ça fait trop du bien d'être en toi à nouveau.
La chaleur dans mon ventre s'intensifia à ses mots.
—Ça t'avait manqué ?
—Tu n'imagines pas à quel point, répondit-il entre deux coups de rein. Avec toi c'est facile, je rentre comme chez moi. Faut te brosser un peu dans le sens du poil mais après c'est bon.
—Pardon ?
—Il y en a plein qui ne voulait pas le faire tout de suite, han, ou alors la pire c'était cette fille qui m'a fait mettre un préservatif pour rien. Elle disait que je lui faisais mal en voulant rentrer en elle et j'ai dû m'endormir avec la gaule.
Je n'en croyais pas mes oreilles. Mon vagin continuait d'être pilonné alors que je peinais à traiter les informations.
—Attends mais tu ne cherches pas à me reconquérir ?
—En quelque sorte. C'est bien ce qu'on fait avec des sex-friend non ?
—Tu rigoles j'espère.
—Arrête de râler. Tu m'as juste pour toi comme tu le voulais. Laisse-moi m'occuper de toi et tais-toi.
—Non, j'ai été stupide mais ça s'arrête là. Tu sors.
—Attends j'y suis presque.
—Non, maintenant.
Dans le noir, je ne vis pas sa main me bloquer la bouche, m'empêchant de prononcer un mot de plus. Pourtant cela ne l'empêchait pas de continuer à me labourer. Je ressentais toujours une chaleur grandissante mais j'avais soudainement une envie de vomir mes tripes. Je tentais de lui mordre la main, sans résultat apparent. Ses grognements se faisaient plus persistants alors que son anatomie me perforait. Mes mains étaient toujours attachées et m'empêchaient de faire un quelconque mouvement.
Je ne pris conscience de la situation qu'à ce moment et les larmes commencèrent à couler, pour laisser les émotions que ma bouche ne pouvait prononcer, s'échapper. Alors que je ne pensais pas tomber plus bas, les mouvements de reins s'arrêtèrent brusquement pour laisser place à des bruits de jouissances masculins. Nous n'avions même pas pris la peine d'utiliser un préservatif. Ou plutôt je n'aurais même pas pu le faire, dans l'état dans lequel je me trouvais. Le poids de Liam sur mon corps était étouffant, sa main oppressante. Mais il n'opposait plus de résistance. D'un coup de jambe, je l'obligeai à se retirer, à s'éloigner le plus loin de moi.
—Piouf. Ça valait le coup.
Je ne pris même pas la peine de répondre. Avec un peu de chance, il allait partir en voleur et me laisser seule.
—Je te laisse réfléchir mais tu as mon numéro de toute façon.
Je ne le vis pas sortir mais la lumière apparaissant puis disparaissant sur le plafond m'indiqua qu'il venait de sortir de la chambre. Etonnamment, le noir m'apaisait quelque peu. Voir la réalité était trop horrible. Déjà que je sentais le sperme couler hors de mon vagin dans l'arête de mes fesses, les endroits chauds de ma peau où il m'avait touchée, les larmes refroidir ma peau après leur passage.
D'amples respirations se chargèrent de me faire respirer même si je n'en voyais plus l'intérêt. Mes doigts étaient congelés et mon cerveau ne savait plus où donner de la tête. Des bruits étouffés me parvenaient de l'autre côté des murs mais tant qu'on me laissait tranquille, tout pourrait bien aller. Plusieurs options s'offraient à moi mais une seule me paraissait faisable. Au moins dans cette chambre, j'étais seule et je ne recroiserai plus Liam. Car il était hors de question de lui faire face, la leçon était apprise. Si je restais ici jusqu'à la fin de la soirée, je pourrais m'éclipser sans faire face à qui que ce soit.
La porte s'ouvrit brusquement avec des bruits de succion.
—Enlève ton jeans.
Je me relevais péniblement sur le lit, tentant de cacher mon corps mais les menottes m'en empêchaient. Le salaud m'avait laissée attachée !
—Oh mince.
Une deuxième voix masculine prononça ces mots. A entendre les respirations, ils devaient être trois, ou peut-être quatre.
—Pardon, on pensait que la chambre était vide.
—Ce… ce n'est… pas grave, balbutiai-je, cherchant à réorganiser mes plans à la hâte.
—T'es toute seule ?
Je hochais de la tête avant de me souvenir qu'ils ne pouvaient pas me voir.
—Oui.
—Cool, alors on peut prendre la chambre ? De toute façon t'en n'as plus besoin.
Sans ménagement, leurs mains m'attrapèrent et me firent sortir de la chambre, le pantalon toujours entre les jambes.
—N'oublie pas de te rhabiller, me fit remarquer un petit brun boutonneux en désignant mes pieds. En tout cas, toi t'as passé un bon moment.
Il me fit un clin d'œil avant de refermer la porte derrière lui. Je me retrouvai donc de nouveau dans la salle tamisée, le pantalon en bas des jambes et du sperme coulant encore de mon vagin par filets.
Depuis que je l'avais quitté, l'ambiance avait déjà changé. Certains ne s'embêtaient même plus à chercher une chambre, les bites de certains étaient sorties alors qu'ils étaient avachis contre un mur, complètement défoncés. D'autres s'occupaient de leur compagnon. Il y avait même ce couple en pleine levrette sur la table du milieu. La soirée qui s'annonçait érotique avait viré en partouze puant le sexe et la transpiration mais surtout l'alcool et la fumée. Même le DJ avait faussé compagnie à son bijou de technologie et s'amusait avec une personne que je ne pus identifier.
Personne ne faisait attention à moi pourtant je sentais des regards me piquer la chair. Maladroitement, je remontai mon pantalon pour couvrir la misère et essayer de me réchauffer un peu. Puis ne sachant pas quoi faire d'autre qu'attendre, je choisis le coin le plus sombre dans la pièce et je m'y recroquevillai.
Ma tête appuyée contre mes genoux, je bougeai le moins pour ne pas me faire repérer. La musique et les bruits de baise s'occupaient du reste. Au moins je pouvais m'échapper dans un monde fictif où la musique créait ce bien être dont j'avais besoin. Il y aurait une plage ensoleillée, une forêt derrière moi et des falaises au loin. La chaleur du soleil me réchaufferait et j'irais me baigner pour enlever tout ce qui colle sur mon corps. Et… un crabe viendrait me pousser le pied. Qu'est-ce qu'un crabe viendrait faire là ?
—Madame, vous ne pouvez pas rester là, m'informa-t-il.
—Pardon ?
Il me secoua plus fort.
—Madame, oh oh.
J'ouvris les yeux pour me retrouver face à des jambes dans un pantalon sombre, appartenant au vigile de l'entrée.
—Vous ne pouvez pas rester là, répéta-t-il, son visage impassible.
—Pourquoi ?
—Si vous ne baisez pas, vous devez trouver un autre endroit, vous nous faites de la mauvaise pub.
—J'ai le droit de faire ce que je veux.
—Ce n'est pas ce que le contrat que vous avez signé stipule.
Il me présenta ledit document et indiqua l'article du bout du doigt. Il avait raison, ma signature infantile en bas de page appuyait ses dires. Je me levai et me déplaçai sous le regard attentif du vigile. Il devait bien y avoir quelque chose que je pouvais faire.
—Viens avec moi.
Alors que je passais devant une porte entrouverte, une main sortit du néant et m'attira vers elle. Je voulus crier mais une autre main me bloqua les cordes vocales. Dites-moi que mon cauchemar allait se terminer ! Dans l'élan, je tombais dans le vide mais un matelas moelleux me réceptionna, au plus grand soulagement de mon coccyx. Par réflexe, je serrai mes jambes contre moi de peur qu'on essaye de me déshabiller et je fermai les yeux. Je préférai ne pas voir ce qui m'attendait.
—C'est bon, tu es en sureté.
J'entendais les mots mais mon corps ne voulait pas les comprendre. Une main prit place sur mon épaule ce qui me fit contracter tous mes muscles d'un coup.
—Tranquille. Ouvre les yeux au moins.
Je comptais jusqu'à cinq mais rien de suspect ne se produisit. J'acceptais donc d'écouter la voix et ouvrit enfin mes yeux. Je ne voyais pas grand-chose dans la pièce mais une faible lumière illuminait le visage de la personne devant moi. Elle avait des cheveux courts et une voix masculine mais je compris vite qu'il s'agissait d'une fille. Je pouvais distinguer quelques grains de beauté sur son visage et sa peau tannée sous son débardeur blanc.
—Ca va ?
Je n'osais pas parler, aussi je hochai simplement de la tête.
—Bon c'est déjà ça. Personne ne t'a vu rentrer ici ?
—A part le vigile, je ne crois pas.
—Oui il est au courant mais il ne dira rien. Il n'est pas un problème.
Soulagée, elle se rassit par terre et s'adossa contre le lit. Elle ne semblait pas vouloir parler plus, ou alors elle attendait que je la remercie pour son acte de bravoure.
—Pourquoi tu m'as attirée ici ? Tu attends quelque chose de moi ?
—Quelle audace ! Je te sors de ce trou à rat et tu m'accuses de tous les noms.
—Ce n'est pas ça… c'est juste que…
Je laissai ma phrase en suspens, ne pouvant prononcer un autre mot.
—T'as pas besoin de parler si c'est pour ne rien dire, continua-t-elle en scrutant le plafond.
Son conseil me sembla valable aussi je m'allongeai sur le lit et je suivis son regard. Sur le plafond se trouvaient de petites étoiles phosphorescentes. J'en avais demandé à mes parents, petite. Je me demandais où elles étaient passées.
Je savais très bien que je me trouvais dans une cage ici pourtant ce ciel fictif me donnait l'impression d'avoir le monde devant mes yeux, petite fourmi que j'étais. La vue était apaisante, plus rien ne me tracassait en ce moment précis. Il arrivait que mes yeux voient flous quand je regardais dans le vide. J'aimais à penser que j'entrevoyais un monde parallèle dans ces moments. C'était le cas en ce moment. J'apercevais ce moment plénitude sans que rien ne vienne me perturber. Mon esprit se reposait et je compris que mon corps faisait de même car toute tension m'abandonnait. Toute sensation me quittait, ce devait être de même pour mon corps. Je pensais que je m'enfuyais vers un autre monde mais il n'était en fait raison que d'entrevoir le monde d'après et j'allais le rejoindre.
Je suis prête, pensai-je dans mes derniers instants de lucidité.
—Tu es plus jolie quand tu dors.
Je repris possession de mon corps à ces mots. Visiblement, la fin n'était pas pour maintenant en fin de compte. Il me fallut un instant pour recouvrer la vue et comprendre où je me trouvais. Un visage était penché sur le mien, fin et gracieux malgré les trous au-dessus des sourcils.
—Tu m'as fait peur.
—Justement, tu partais bien trop loin. Tu as consommé des trucs ?
—Hein ?
—Je veux dire autre que je de l'alcool.
—Je ne pense pas.
—Si tu le dis, mais tu as un regard qui dit le contraire.
Ca expliquait pourquoi je me sentais partir. Pourtant je ne me souvenais pas avoir pris autre chose que des bières ou shots.
—Je ne sais plus rien.
La fille marmonna quelque chose que je ne compris pas.
—Tu as dit quelque chose.
—Non, non…
Le silence retomba, créant un malaise mais que pouvais-je dire d'autre ?
—Bon, on va te changer les idées. Viens prendre une douche.
—Il y a des douches ici ?
—Juste dans cette chambre.
Elle s'était retournée vers moi. Un échange de regard suffit à formuler ma question. Elle balança sa tête en arrière et poussa un long soupir.
—Tu n'as pas besoin de savoir mais dans les grandes lignes je vis ici.
Incrédule, je la dévisageai plus en détails.
—Tu ne peux pas déposer ta bombe et me laisser en plan avec si peu d'informations.
—Je ne sais pas, est-ce que je peux te faire confiance ?
—Tu ne m'as pas trainée ici pour rien, si ?
Elle haussa les épaules.
—En tout cas, tu pues. Une douche ne pourra pas te faire de mal.
Elle m'aida à me lever, avec une douceur infinie et m'amena jusqu'à un renfoncement dans le mur, évitant les habits et livres jonchant le sol.
Dans le noir environnent, je ne pouvais pas voir grand-chose. Soudain, des néons s'allumèrent au-dessus de ma tête et j'aperçu une douche aux parois faites de carrelage blanc.
—Il y a du savon ici et le robinet s'ouvre comme ça, m'indiqua la fille devant mon regard hagard. Je te laisse faire tranquillement.
L'instant d'après, je me retrouvais seule à nouveau. L'eau chaude coula rapidement sur mon corps. Je n'avais pas pensé à enlever mes vêtements et le poids pesait. Aussi je dus me débarrasser de ce poids inutile. De toute façon, il n'y avait aucun moyen que je remette ces habits. L'eau piquait sur ma peau, comme si elle était à vif. Je sentais mes cuisses collantes et le liquide encore présent. Un irrésistible besoin de me débarrasser de cette crasse m'emplit. Je frictionnais ma peau avec le savon, faisant partir toute particule qui pouvait y résider. Je me frottai tellement que ma peau en devint vite rouge et plus douloureuse qu'avant.
Comment avais-je fait pour en arriver là ? Qu'est-ce qui m'avait pris de venir ici ? Ce n'était pas moi, ce n'était pas qui je voulais être.
Les sanglots surgirent de nouveau et je me retrouvai assise sous le jet chaud, trempée jusqu'au bout des cheveux.
—Merde !
Même si j'aurais voulu jurer, ce n'était pas moi qui avais prononcé cette injure. La fille venait d'apparaitre, certainement après m'avoir entendue. L'eau arrêta instantanément de couler et une large serviette m'entoura. Elle m'obligea ensuite à me lever et m'amena de nouveau dans la chambre. Déjà, il y avait moins d'objets qui trainaient sur le passage même si je voyais quelques tas dans des coins. Grelottante et les yeux embués par mes larmes, je fis ce qu'elle me dit. Le lit était accueillant et sous les couvertures, je me sentais au moins au chaud. Des bras virent me serrer contre un corps, lui aussi chaud. Une main vint frictionner mes cheveux trempés. Mes larmes ne s'arrêtaient pas de couler, à tel point qu'une migraine venait d'apparaitre. J'étais pathétique. Mais visiblement j'étais encore plus fatiguée car je sombrais vite dans les néants de mon esprit grâce à la douceur des caresses sur mon crâne.
—Tu aimes ça ? demandai-je, espérant que ça lui rappelle que j'étais là.
—Oh, oui ! Ça fait trop du bien d'être en toi à nouveau.
La chaleur dans mon ventre s'intensifia à ses mots.
—Ça t'avait manqué ?
—Tu n'imagines pas à quel point, répondit-il entre deux coups de rein. Avec toi c'est facile, je rentre comme chez moi. Faut te brosser un peu dans le sens du poil mais après c'est bon.
—Pardon ?
—Il y en a plein qui ne voulait pas le faire tout de suite, han, ou alors la pire c'était cette fille qui m'a fait mettre un préservatif pour rien. Elle disait que je lui faisais mal en voulant rentrer en elle et j'ai dû m'endormir avec la gaule.
Je n'en croyais pas mes oreilles. Mon vagin continuait d'être pilonné alors que je peinais à traiter les informations.
—Attends mais tu ne cherches pas à me reconquérir ?
—En quelque sorte. C'est bien ce qu'on fait avec des sex-friend non ?
—Tu rigoles j'espère.
—Arrête de râler. Tu m'as juste pour toi comme tu le voulais. Laisse-moi m'occuper de toi et tais-toi.
—Non, j'ai été stupide mais ça s'arrête là. Tu sors.
—Attends j'y suis presque.
—Non, maintenant.
Dans le noir, je ne vis pas sa main me bloquer la bouche, m'empêchant de prononcer un mot de plus. Pourtant cela ne l'empêchait pas de continuer à me labourer. Je ressentais toujours une chaleur grandissante mais j'avais soudainement une envie de vomir mes tripes. Je tentais de lui mordre la main, sans résultat apparent. Ses grognements se faisaient plus persistants alors que son anatomie me perforait. Mes mains étaient toujours attachées et m'empêchaient de faire un quelconque mouvement.
Je ne pris conscience de la situation qu'à ce moment et les larmes commencèrent à couler, pour laisser les émotions que ma bouche ne pouvait prononcer, s'échapper. Alors que je ne pensais pas tomber plus bas, les mouvements de reins s'arrêtèrent brusquement pour laisser place à des bruits de jouissances masculins. Nous n'avions même pas pris la peine d'utiliser un préservatif. Ou plutôt je n'aurais même pas pu le faire, dans l'état dans lequel je me trouvais. Le poids de Liam sur mon corps était étouffant, sa main oppressante. Mais il n'opposait plus de résistance. D'un coup de jambe, je l'obligeai à se retirer, à s'éloigner le plus loin de moi.
—Piouf. Ça valait le coup.
Je ne pris même pas la peine de répondre. Avec un peu de chance, il allait partir en voleur et me laisser seule.
—Je te laisse réfléchir mais tu as mon numéro de toute façon.
Je ne le vis pas sortir mais la lumière apparaissant puis disparaissant sur le plafond m'indiqua qu'il venait de sortir de la chambre. Etonnamment, le noir m'apaisait quelque peu. Voir la réalité était trop horrible. Déjà que je sentais le sperme couler hors de mon vagin dans l'arête de mes fesses, les endroits chauds de ma peau où il m'avait touchée, les larmes refroidir ma peau après leur passage.
D'amples respirations se chargèrent de me faire respirer même si je n'en voyais plus l'intérêt. Mes doigts étaient congelés et mon cerveau ne savait plus où donner de la tête. Des bruits étouffés me parvenaient de l'autre côté des murs mais tant qu'on me laissait tranquille, tout pourrait bien aller. Plusieurs options s'offraient à moi mais une seule me paraissait faisable. Au moins dans cette chambre, j'étais seule et je ne recroiserai plus Liam. Car il était hors de question de lui faire face, la leçon était apprise. Si je restais ici jusqu'à la fin de la soirée, je pourrais m'éclipser sans faire face à qui que ce soit.
La porte s'ouvrit brusquement avec des bruits de succion.
—Enlève ton jeans.
Je me relevais péniblement sur le lit, tentant de cacher mon corps mais les menottes m'en empêchaient. Le salaud m'avait laissée attachée !
—Oh mince.
Une deuxième voix masculine prononça ces mots. A entendre les respirations, ils devaient être trois, ou peut-être quatre.
—Pardon, on pensait que la chambre était vide.
—Ce… ce n'est… pas grave, balbutiai-je, cherchant à réorganiser mes plans à la hâte.
—T'es toute seule ?
Je hochais de la tête avant de me souvenir qu'ils ne pouvaient pas me voir.
—Oui.
—Cool, alors on peut prendre la chambre ? De toute façon t'en n'as plus besoin.
Sans ménagement, leurs mains m'attrapèrent et me firent sortir de la chambre, le pantalon toujours entre les jambes.
—N'oublie pas de te rhabiller, me fit remarquer un petit brun boutonneux en désignant mes pieds. En tout cas, toi t'as passé un bon moment.
Il me fit un clin d'œil avant de refermer la porte derrière lui. Je me retrouvai donc de nouveau dans la salle tamisée, le pantalon en bas des jambes et du sperme coulant encore de mon vagin par filets.
Depuis que je l'avais quitté, l'ambiance avait déjà changé. Certains ne s'embêtaient même plus à chercher une chambre, les bites de certains étaient sorties alors qu'ils étaient avachis contre un mur, complètement défoncés. D'autres s'occupaient de leur compagnon. Il y avait même ce couple en pleine levrette sur la table du milieu. La soirée qui s'annonçait érotique avait viré en partouze puant le sexe et la transpiration mais surtout l'alcool et la fumée. Même le DJ avait faussé compagnie à son bijou de technologie et s'amusait avec une personne que je ne pus identifier.
Personne ne faisait attention à moi pourtant je sentais des regards me piquer la chair. Maladroitement, je remontai mon pantalon pour couvrir la misère et essayer de me réchauffer un peu. Puis ne sachant pas quoi faire d'autre qu'attendre, je choisis le coin le plus sombre dans la pièce et je m'y recroquevillai.
Ma tête appuyée contre mes genoux, je bougeai le moins pour ne pas me faire repérer. La musique et les bruits de baise s'occupaient du reste. Au moins je pouvais m'échapper dans un monde fictif où la musique créait ce bien être dont j'avais besoin. Il y aurait une plage ensoleillée, une forêt derrière moi et des falaises au loin. La chaleur du soleil me réchaufferait et j'irais me baigner pour enlever tout ce qui colle sur mon corps. Et… un crabe viendrait me pousser le pied. Qu'est-ce qu'un crabe viendrait faire là ?
—Madame, vous ne pouvez pas rester là, m'informa-t-il.
—Pardon ?
Il me secoua plus fort.
—Madame, oh oh.
J'ouvris les yeux pour me retrouver face à des jambes dans un pantalon sombre, appartenant au vigile de l'entrée.
—Vous ne pouvez pas rester là, répéta-t-il, son visage impassible.
—Pourquoi ?
—Si vous ne baisez pas, vous devez trouver un autre endroit, vous nous faites de la mauvaise pub.
—J'ai le droit de faire ce que je veux.
—Ce n'est pas ce que le contrat que vous avez signé stipule.
Il me présenta ledit document et indiqua l'article du bout du doigt. Il avait raison, ma signature infantile en bas de page appuyait ses dires. Je me levai et me déplaçai sous le regard attentif du vigile. Il devait bien y avoir quelque chose que je pouvais faire.
—Viens avec moi.
Alors que je passais devant une porte entrouverte, une main sortit du néant et m'attira vers elle. Je voulus crier mais une autre main me bloqua les cordes vocales. Dites-moi que mon cauchemar allait se terminer ! Dans l'élan, je tombais dans le vide mais un matelas moelleux me réceptionna, au plus grand soulagement de mon coccyx. Par réflexe, je serrai mes jambes contre moi de peur qu'on essaye de me déshabiller et je fermai les yeux. Je préférai ne pas voir ce qui m'attendait.
—C'est bon, tu es en sureté.
J'entendais les mots mais mon corps ne voulait pas les comprendre. Une main prit place sur mon épaule ce qui me fit contracter tous mes muscles d'un coup.
—Tranquille. Ouvre les yeux au moins.
Je comptais jusqu'à cinq mais rien de suspect ne se produisit. J'acceptais donc d'écouter la voix et ouvrit enfin mes yeux. Je ne voyais pas grand-chose dans la pièce mais une faible lumière illuminait le visage de la personne devant moi. Elle avait des cheveux courts et une voix masculine mais je compris vite qu'il s'agissait d'une fille. Je pouvais distinguer quelques grains de beauté sur son visage et sa peau tannée sous son débardeur blanc.
—Ca va ?
Je n'osais pas parler, aussi je hochai simplement de la tête.
—Bon c'est déjà ça. Personne ne t'a vu rentrer ici ?
—A part le vigile, je ne crois pas.
—Oui il est au courant mais il ne dira rien. Il n'est pas un problème.
Soulagée, elle se rassit par terre et s'adossa contre le lit. Elle ne semblait pas vouloir parler plus, ou alors elle attendait que je la remercie pour son acte de bravoure.
—Pourquoi tu m'as attirée ici ? Tu attends quelque chose de moi ?
—Quelle audace ! Je te sors de ce trou à rat et tu m'accuses de tous les noms.
—Ce n'est pas ça… c'est juste que…
Je laissai ma phrase en suspens, ne pouvant prononcer un autre mot.
—T'as pas besoin de parler si c'est pour ne rien dire, continua-t-elle en scrutant le plafond.
Son conseil me sembla valable aussi je m'allongeai sur le lit et je suivis son regard. Sur le plafond se trouvaient de petites étoiles phosphorescentes. J'en avais demandé à mes parents, petite. Je me demandais où elles étaient passées.
Je savais très bien que je me trouvais dans une cage ici pourtant ce ciel fictif me donnait l'impression d'avoir le monde devant mes yeux, petite fourmi que j'étais. La vue était apaisante, plus rien ne me tracassait en ce moment précis. Il arrivait que mes yeux voient flous quand je regardais dans le vide. J'aimais à penser que j'entrevoyais un monde parallèle dans ces moments. C'était le cas en ce moment. J'apercevais ce moment plénitude sans que rien ne vienne me perturber. Mon esprit se reposait et je compris que mon corps faisait de même car toute tension m'abandonnait. Toute sensation me quittait, ce devait être de même pour mon corps. Je pensais que je m'enfuyais vers un autre monde mais il n'était en fait raison que d'entrevoir le monde d'après et j'allais le rejoindre.
Je suis prête, pensai-je dans mes derniers instants de lucidité.
—Tu es plus jolie quand tu dors.
Je repris possession de mon corps à ces mots. Visiblement, la fin n'était pas pour maintenant en fin de compte. Il me fallut un instant pour recouvrer la vue et comprendre où je me trouvais. Un visage était penché sur le mien, fin et gracieux malgré les trous au-dessus des sourcils.
—Tu m'as fait peur.
—Justement, tu partais bien trop loin. Tu as consommé des trucs ?
—Hein ?
—Je veux dire autre que je de l'alcool.
—Je ne pense pas.
—Si tu le dis, mais tu as un regard qui dit le contraire.
Ca expliquait pourquoi je me sentais partir. Pourtant je ne me souvenais pas avoir pris autre chose que des bières ou shots.
—Je ne sais plus rien.
La fille marmonna quelque chose que je ne compris pas.
—Tu as dit quelque chose.
—Non, non…
Le silence retomba, créant un malaise mais que pouvais-je dire d'autre ?
—Bon, on va te changer les idées. Viens prendre une douche.
—Il y a des douches ici ?
—Juste dans cette chambre.
Elle s'était retournée vers moi. Un échange de regard suffit à formuler ma question. Elle balança sa tête en arrière et poussa un long soupir.
—Tu n'as pas besoin de savoir mais dans les grandes lignes je vis ici.
Incrédule, je la dévisageai plus en détails.
—Tu ne peux pas déposer ta bombe et me laisser en plan avec si peu d'informations.
—Je ne sais pas, est-ce que je peux te faire confiance ?
—Tu ne m'as pas trainée ici pour rien, si ?
Elle haussa les épaules.
—En tout cas, tu pues. Une douche ne pourra pas te faire de mal.
Elle m'aida à me lever, avec une douceur infinie et m'amena jusqu'à un renfoncement dans le mur, évitant les habits et livres jonchant le sol.
Dans le noir environnent, je ne pouvais pas voir grand-chose. Soudain, des néons s'allumèrent au-dessus de ma tête et j'aperçu une douche aux parois faites de carrelage blanc.
—Il y a du savon ici et le robinet s'ouvre comme ça, m'indiqua la fille devant mon regard hagard. Je te laisse faire tranquillement.
L'instant d'après, je me retrouvais seule à nouveau. L'eau chaude coula rapidement sur mon corps. Je n'avais pas pensé à enlever mes vêtements et le poids pesait. Aussi je dus me débarrasser de ce poids inutile. De toute façon, il n'y avait aucun moyen que je remette ces habits. L'eau piquait sur ma peau, comme si elle était à vif. Je sentais mes cuisses collantes et le liquide encore présent. Un irrésistible besoin de me débarrasser de cette crasse m'emplit. Je frictionnais ma peau avec le savon, faisant partir toute particule qui pouvait y résider. Je me frottai tellement que ma peau en devint vite rouge et plus douloureuse qu'avant.
Comment avais-je fait pour en arriver là ? Qu'est-ce qui m'avait pris de venir ici ? Ce n'était pas moi, ce n'était pas qui je voulais être.
Les sanglots surgirent de nouveau et je me retrouvai assise sous le jet chaud, trempée jusqu'au bout des cheveux.
—Merde !
Même si j'aurais voulu jurer, ce n'était pas moi qui avais prononcé cette injure. La fille venait d'apparaitre, certainement après m'avoir entendue. L'eau arrêta instantanément de couler et une large serviette m'entoura. Elle m'obligea ensuite à me lever et m'amena de nouveau dans la chambre. Déjà, il y avait moins d'objets qui trainaient sur le passage même si je voyais quelques tas dans des coins. Grelottante et les yeux embués par mes larmes, je fis ce qu'elle me dit. Le lit était accueillant et sous les couvertures, je me sentais au moins au chaud. Des bras virent me serrer contre un corps, lui aussi chaud. Une main vint frictionner mes cheveux trempés. Mes larmes ne s'arrêtaient pas de couler, à tel point qu'une migraine venait d'apparaitre. J'étais pathétique. Mais visiblement j'étais encore plus fatiguée car je sombrais vite dans les néants de mon esprit grâce à la douceur des caresses sur mon crâne.
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Commentaires ()
Heureusement que maintenant elle est entre de bonnes mains avec cette parfaite inconnue qui est tout sauf hostile du moins il faut espérer pour elle car si elle est pire que Liam elle ne se remettra jamais de cette soirée.
En tout cas, vivement la suite et merci pour cette histoire pour le moment, j'espère que ça va continuer dans le bon sens.