Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Putain de Noël ! — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Putain de Noël !
Chapitre 1
Chapitre I
« Alors, tu te décides, oui ou non ? »
« Oui… Non… Je ne sais pas… Encore un peu… un peu de rêve… »
« Oui… Non… Je ne sais pas… Encore un peu… un peu de rêve… »
Le regard rivé sur la froide lueur des étoiles qui scintillent de mille feux dans la nuit glacée, fasciné par la magnificence de la Voie Lactée tout comme j'étais émerveillé, enfant – il y a tellement longtemps – par la magie de ces nuits du 24 décembre où je scrutais le ciel pour tenter d'apercevoir le traîneau du Père Noël, j'hésite.
« Oui, encore un peu de rêve… juste un peu, avant de… »
* * * * * * *
Un rêve… celui que j'ai vécu.
Il a débuté dans des circonstances dramatiques : la guerre en Ukraine. Un conflit abominable où des êtres humains massacraient d'autres êtres humains dans une folie meurtrière orchestrée par un dictateur inhumain. Bombes, obus et roquettes frappant indistinctement hommes, femmes et enfants, les déchiquetant pour affaiblir le moral de la population. Prisonniers torturés par des brutes sanguinaires imprégnées de vodka. Exécutions sommaires.
Une partie de la population ukrainienne – surtout des femmes et des enfants – avaient déjà trouvé refuge dans des pays limitrophes tels que la Pologne et la Hongrie. D'autres réfugiés étaient accueillis en Allemagne ou en France. C'est à cette occasion que, m'étant porté volontaire pour recevoir des Ukrainiens sous mon toit, je fus mis en relation début avril avec une jeune femme, Tatiana.
Que de différences entre nous !
Elle, svelte femme d'à peine trente ans, aux courts cheveux bruns entourant un visage triangulaire aux pommettes prononcées, au petit nez mutin, et dont les yeux bleus au profond regard étaient continuellement voilés d'une tristesse bien compréhensible. Institutrice à Kiev, elle était fiancée à un lieutenant de l'armée ukrainienne.
Moi, septuagénaire encore vert malgré une légère bedaine, aux longs cheveux châtain parsemés de fils d'argent, retraité de l'administration fiscale. J'étais veuf depuis une dizaine d'années, mon épouse – Peggy – ayant été emportée par un AVC foudroyant. Revenu de tous les combats, je vivais en quasi ermite, ne quittant mon domicile – une vaste maison située à la campagne mais néanmoins proche d'une ville moyenne – que pour me ravitailler et, chaque dernier mois de l'année, déguisé en Père Noël, œuvrer pour une association caritative qui fournit des jouets aux enfants défavorisés.
Quarante-cinq ans d'écart entre nos âges respectifs ! Notre seul point commun était la langue, ou plutôt les langues : Tatiana avait quelques notions de français ; quant à moi, je baragouinais un peu le russe, mais c'est en anglais que nous échangions le plus souvent.
* * *
Elle prit rapidement ses marques dans ma vaste demeure où je lui avais attribué la chambre d'amis. Tranquillisée par le calme qui y régnait, bien loin des combats qu'elle avait endurés, Tatiana reprenait peu à peu confiance en l'espèce humaine, dont j'étais son plus proche représentant.
Après le dîner, encore étonnée par la variété et la quantité de nourriture que nous partagions, nous prolongions souvent la soirée en discutant sur la terrasse autour d'une bouteille de bon vin ou d'autres boissons plus fortes (j'ai pu vérifier à de nombreuses reprises que la légende selon laquelle les peuples d'Europe centrale lèvent bien le coude n'était pas usurpée).
Dans un recoin de mon bureau, elle avait découvert ma guitare – une superbe Gibson acoustique 12 cordes sunburst – et me régalait de titres qu'elle affectionnait particulièrement : Bridge Over Troubled Water, The Sounds Of Silence, ou Mrs Robinson de Simon & Garfunkel, ou des Beatles comme Michelle et Yesterday, ou bien de Crosby, Stills, Nash & Young tels que Teach Your Children ou Helpless.
Délicieuses soirées…
Délicieuses soirées…
De plus en plus en confiance, Tatiana, se laissait aller – l'alcool aidant – à des confidences et à des questions parfois indiscrètes.
Un soir, avec son adorable accent et en roulant les « r », elle me demanda :
Un soir, avec son adorable accent et en roulant les « r », elle me demanda :
— Dis-moi, Sergueï (elle prononçait « Siergueï », et le tutoiement s'était rapidement installé entre nous), elle était comment, ta femme ?
— C'est curieux, mais elle te ressemblait beaucoup, sauf que ses cheveux étaient longs. Souvent, lorsque je te regarde, j'ai l'impression de la voir telle qu'elle était il y a quarante ans de ça.
— Comme c'est étrange, cette coïncidence… Et qu'est-ce que ça te fait ?
— J'ai l'impression d'avoir quarante ans de moins, et que c'est elle qui est encore là. Mais toi, tu n'es pas mariée ?
— Non, pas encore, mais j'ai un fiancé, Piotr, qui est officier dans notre armée. En ce moment il se bat contre les envahisseurs pour défendre notre pays.
— Vous comptez vous marier ?
— Oui, mais…
— C'est curieux, mais elle te ressemblait beaucoup, sauf que ses cheveux étaient longs. Souvent, lorsque je te regarde, j'ai l'impression de la voir telle qu'elle était il y a quarante ans de ça.
— Comme c'est étrange, cette coïncidence… Et qu'est-ce que ça te fait ?
— J'ai l'impression d'avoir quarante ans de moins, et que c'est elle qui est encore là. Mais toi, tu n'es pas mariée ?
— Non, pas encore, mais j'ai un fiancé, Piotr, qui est officier dans notre armée. En ce moment il se bat contre les envahisseurs pour défendre notre pays.
— Vous comptez vous marier ?
— Oui, mais…
Son regard s'assombrit. Je vis une larme rouler le long de sa joue.
— … mais il risque sa vie à chaque instant. Sera-t-il encore de ce monde lorsque cette guerre sera finie ?
Embarrassé, je posai ma main sur la sienne pour la rassurer.
— Il faut espérer, Tatiana. Dans les guerres modernes, ce sont les civils qui sont les plus exposés. Pas les militaires.
Elle n'avait pas retiré sa main. Confus, réalisant ce que je venais de faire, je retirai la mienne aussi rapidement que si j'avais touché du métal chauffé au rouge.
Ce contact m'avait troublé, profondément ému. Et c'est en bégayant que je tentai une esquive :
— Il… il est tard, Tat… Tatiana, et le froid commence à tom… à tomber. Nous ferions mieux d'aller nous coucher.
Elle acquiesça, et nous nous retirâmes dans nos chambres respectives.
* * *
Dans l'obscurité, je me tournais et retournais, incapable de fermer l'œil, troublé par le furtif contact que j'avais eu avec la main de Tatiana. Comment le veuf qui se croyait endurci et dénué définitivement de tout désir sexuel était-il bouleversé à ce point par le seul contact d'un épiderme féminin ? J'avais été follement amoureux de Peggy, ma défunte épouse, à tel point que j'avais divorcé d'un premier mariage pour vivre avec elle. Elle qui me manquait tant… Des pensées fulguraient dans ma tête.
Après plusieurs heures d'attente de la venue d'un sommeil libérateur, je m'assoupissais lorsque mon attention fut attirée par de légers bruits provenant du couloir de la partie nuit de la maison. Je pensai que la belle Ukrainienne se rendait aux toilettes, mais ses pas – car il s'agissait bien de pas – s'arrêtèrent à la hauteur de ma chambre. Un silence, puis quelques frôlements contre la porte, et enfin une voix qui susurrait :
— Sergueï… Tu dors, Sergueï ?
Je sortis de ma torpeur pour lui répondre :
— Non, Tatiana, je ne dors pas. Qu'y a-t-il ?
— Je peux entrer ?
— Bien sûr. Que puis-je faire pour toi ?
— Je peux entrer ?
— Bien sûr. Que puis-je faire pour toi ?
La porte s'ouvrit, et dans la pâle clarté de la Lune qui filtrait à travers les rideaux, je vis Tatiana s'approcher de mon lit.
Elle était nue.
— Sergueï… Je ne peux pas dormir.
— Moi non plus ; je ne sais pas pourquoi, mais je ne peux pas fermer l'œil.
— Eh bien, c'est difficile à dire… mais je voudrais faire quelque chose pour toi. Pour te remercier de m'avoir accueillie chez toi, pour tout ce que tu fais pour moi.
— Il suffit de me dire « merci », Tatiana.
— Je le sais bien, mais je voudrais faire quelque chose de plus…
— Moi non plus ; je ne sais pas pourquoi, mais je ne peux pas fermer l'œil.
— Eh bien, c'est difficile à dire… mais je voudrais faire quelque chose pour toi. Pour te remercier de m'avoir accueillie chez toi, pour tout ce que tu fais pour moi.
— Il suffit de me dire « merci », Tatiana.
— Je le sais bien, mais je voudrais faire quelque chose de plus…
Sans attendre ma réponse, elle s'assit au bord du lit.
Elle ne disait plus rien, mais je sentis sa main se poser sur ma poitrine.
Elle ne disait plus rien, mais je sentis sa main se poser sur ma poitrine.
— Mais…
— Chut, ne dis rien.
— Chut, ne dis rien.
Sa main s'était à présent glissée sous le drap pour descendre vers mon ventre.
Bien loin de s'y arrêter, elle poursuivit son chemin jusqu'à ma verge, qu'elle se mit à flatter de ses doigts fins. Sidéré par la tournure des évènements, je la laissai faire, honteux de ne pouvoir lui offrir qu'un membre flasque. Il faut dire que suite au décès de mon épouse, ma libido s'était drastiquement effondrée. Je n'avais plus aucun désir ; ma verge ne me servait plus qu'à uriner. Et pourtant, cette main féminine qui s'efforçait de lui faire retrouver sa vigueur d'antan m'émouvait intérieurement, sans que cet émoi ne se traduisît par la moindre rigidité.
Bien loin de s'y arrêter, elle poursuivit son chemin jusqu'à ma verge, qu'elle se mit à flatter de ses doigts fins. Sidéré par la tournure des évènements, je la laissai faire, honteux de ne pouvoir lui offrir qu'un membre flasque. Il faut dire que suite au décès de mon épouse, ma libido s'était drastiquement effondrée. Je n'avais plus aucun désir ; ma verge ne me servait plus qu'à uriner. Et pourtant, cette main féminine qui s'efforçait de lui faire retrouver sa vigueur d'antan m'émouvait intérieurement, sans que cet émoi ne se traduisît par la moindre rigidité.
— Tu n'en as pas envie, Sergueï ?
Embarrassé, je tentai de mettre de l'ordre dans mes idées avant de lui répondre :
— Envie ? Peut-être… mais pouvoir, ça, je ne sais pas.
Ma réponse ne découragea pas la belle Ukrainienne qui entreprit de langoureux effleurements, réveillant peu à peu mon membre endormi depuis tellement longtemps… Lorsqu'il atteignit une solide érection, elle s'en empara à pleine main ; il ne lui fallut que quelques va-et-vient pour lui faire cracher trois jets de sperme sur ma poitrine tandis que je me cambrais en gémissant sous l'effet de ce plaisir que je croyais à jamais disparu.
Sitôt fait, elle se releva et rejoignit sa chambre.
Je n'eus même pas la force de la remercier ; je m'endormis comme une masse.
Je n'eus même pas la force de la remercier ; je m'endormis comme une masse.
* * *
Le lendemain matin, devant nos tasses de café, des regards gênés s'échangèrent, mais aucun de nous ne fit allusion à ce qu'il s'était passé durant la nuit. De même, toute la journée se passa sans que le sujet ne fût remis sur le tapis. Pourtant, le soir venu, le même scénario se reproduisit : Tatiana me rejoignit dans ma chambre pour me gratifier d'une douce caresse manuelle que je souhaitais de tout mon cœur mais que je n'osais pas espérer.
Finalement, cette pratique devint une habitude quotidienne : chaque soir, la jeune réfugiée venait me soulager puis retournait dans sa chambre, où parfois je l'entendais haleter puis gémir sous l'effet du plaisir qu'elle se prodiguait.
[à suivre]
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Commentaires ()
Merci, Océane. Venant d'une autrice telle que toi, ces éloges me touchent.
Tu devrais savoir que le hasard n'existe pas, mes galops de sexe.
Je valide ton néologisme "triagénaire".
En effet, je ne comprends pas que depuis quelque temps les membres du site emploient les termes incorrects de "quarantenaires" et de "cinquantenaires" alors qu'il existe des termes adéquats : "quadragénaires" et "quinquagénaires".
La flemme, sans doute.
Bientôt, ils vont étendre leur vocabulaire : soixantenaires, soixantedixnaires, quatrevingtsnaires, quatrevingtdixnaires.
Bien ordinaire, quoi !
Merci, cousin d'outre-Atlantique.
Remercions Xavier qui, en me bannissant durant une semaine, m'a permis de trouver le temps d'écrire (trois autres textes sont dans les starting-blocks).
Il est bien connu que la guerre (la mort) exacerbe le désir sexuel (la vie).
L'éternelle dualité Eros/Thanatos.
Pour le reste, joli texte. On y retrouve ta griffe (normal pour un loup!)
Comme presque dans chacun de mes textes, Méline. Je distille ces informations de manière à ce que celui - ou celle - qui saura assembler les pièces du puzzle puisse se faire une image quasi ressemblante de moi.
Qui te dit qu'il s'agit d'un rêve ?
Il faut s'entendre sur le sens de ce mot ; il peut varier en fonction du contexte.
Alors attends le chapitre 2 (publication ce dimanche 4 décembre) pour comprendre quel sens je lui ai attribué.