Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les mémoires érotiques d'une jeune comtesse — Chapitre 1 · De l'éducation à la chose
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les mémoires érotiques d'une jeune comtesse
Chapitre 1 · De l'éducation à la chose
Note de l'éditeur
La réception du présent ouvrage a engendré le plus grand des tumultes au sein de notre maison d'édition, les débats quant à l'opportunité de le publier demeurent encore les plus virulents que nous ayons connu lors d'un comité de publication. Ces mémoires sont de nature à choquer par la liberté de mœurs, l'indécence et les débauches qui y sont évoquées. En outre, certains de nos membres ont argué de l'inutilité de toute forme de discussion puisque la censure d'Etat s'occuperait de mettre un coup d'arrêt définitif à son avenir littéraire.
Pourtant, ces mémoires sont également le précieux témoignage d'une contemporaine des grandes heures de notre siècle, nous proposant de les vivre, ou de les revivre, au travers de ses yeux : c'est-à-dire ceux d'une jeune aristocrate de son temps. Nous y découvrons, tour à tour, des événements marquants relevant de notre histoire commune et d'autres, privés, de l'ordre de l'intime, ayant influencé la trajectoire d'une femme arpentant un monde alors en pleine transformation.
Nous avons donc fait le choix, en notre âme et conscience, de vous livrer les mémoires de madame Audrey von Berlischingen de Grancamps de Turenne, comtesse de Malenbois et de Viremont, sans y apporter la moindre modification ou correction.
Plus que n'importe quel argument rationnel, une phrase de son œuvre nous a convaincus du bien fondé de notre décision : « au crépuscule de ma vie, je puis vous assurer ne rien regretter et tout assumer de mes actes, choix et décisions, car ce sont eux qui ont fait de moi ce que je suis et me permettent d'entamer ce dernier voyage la tête haute ».
Editions du Palier, août 1864
La réception du présent ouvrage a engendré le plus grand des tumultes au sein de notre maison d'édition, les débats quant à l'opportunité de le publier demeurent encore les plus virulents que nous ayons connu lors d'un comité de publication. Ces mémoires sont de nature à choquer par la liberté de mœurs, l'indécence et les débauches qui y sont évoquées. En outre, certains de nos membres ont argué de l'inutilité de toute forme de discussion puisque la censure d'Etat s'occuperait de mettre un coup d'arrêt définitif à son avenir littéraire.
Pourtant, ces mémoires sont également le précieux témoignage d'une contemporaine des grandes heures de notre siècle, nous proposant de les vivre, ou de les revivre, au travers de ses yeux : c'est-à-dire ceux d'une jeune aristocrate de son temps. Nous y découvrons, tour à tour, des événements marquants relevant de notre histoire commune et d'autres, privés, de l'ordre de l'intime, ayant influencé la trajectoire d'une femme arpentant un monde alors en pleine transformation.
Nous avons donc fait le choix, en notre âme et conscience, de vous livrer les mémoires de madame Audrey von Berlischingen de Grancamps de Turenne, comtesse de Malenbois et de Viremont, sans y apporter la moindre modification ou correction.
Plus que n'importe quel argument rationnel, une phrase de son œuvre nous a convaincus du bien fondé de notre décision : « au crépuscule de ma vie, je puis vous assurer ne rien regretter et tout assumer de mes actes, choix et décisions, car ce sont eux qui ont fait de moi ce que je suis et me permettent d'entamer ce dernier voyage la tête haute ».
Editions du Palier, août 1864
La soupe était chaude, le pain posé sur la table, le dîner devait être bientôt servi. L'air printanier traversait la maison en emportant avec lui les exhalaisons d'étable et d'humidité qui s'étaient accumulées pendant la nuit. J'étais seule, tous étaient partis aux champs dès l'aube, il fallait toutefois que quelqu'un reste pour surveiller le foyer, pour préparer la soupe et enfin assumer les autres corvées domestiques. En dehors du chien qui s'amusait à énerver les quelques têtes de bétail, nul bruit ne se faisait entendre.
Le calme fut soudainement interrompu par des bruits de sabots, puis celui de lourdes bottes tombant au sol et martelant la terre à un rythme lent et régulier qui me fit tressaillir ; il était bien différent de celui des souliers et autres sabots que nous portions habituellement. Je me mis à serrer fort la louche qui me servait à remuer la soupe. Un inconnu venait d'arriver et j'étais seule.
La porte s'ouvrit brutalement.
Il pénétra à l'intérieur de la maison sans un mot. L'homme était gigantesque. Vêtu d'un uniforme noir passepoilé de blanc, ses épaules étaient ornées du crâne avec deux tibias en croix : un hussard de Brunswick. Il posa sa carabine contre un mur, crosse au sol, et retira son shako qu'il épousseta et déposa sur la table. Les traits de son visage reflétaient autant sa jeunesse que sa dureté, témoignant qu'il n'en était pas à sa première campagne, ses cheveux bruns mi-longs étaient ramenés en queue de cheval et il arborait une large moustache parfaitement entretenue. Le cavalier fit le tour de la pièce, s'empara d'une miche de pain et en arracha un large morceau qu'il dévora, le faisant passer avec quelques rasades d'eau bues directement au pichet.
Le silence régnait. Il s'approcha de moi, j'en lâchai ma louche tant il me pétrifiait et me fascinait à la fois. Sa main à la peau semblable à du cuir enserra avec force mon petit bras. Nos yeux ne se quittaient pas. Il m'attira contre son corps pour m'embrasser, puis de l'autre main, il défit son pantalon dont il fit émerger un épais morceau de chair. Le hussard me mit à genoux, son sexe tendu fut soudain si proche de mon visage, prêt à envahir ma bouche, je pouvais discerner sans peine les veines saillantes qui en parcouraient la longueur. J'aurais dû être outrée de sa volonté de me souiller ainsi, pourtant un appétit obscène se réveilla dans le creux de mon ventre. Nul besoin de me brutaliser, car j'étais prête à goûter de bonne grâce à sa virilité de ma langue et à lui accorder la chaleur de ma bouche. Alors que je me mis à l'honorer de mes soins attentionnés, ses mains s'activèrent sur la boucle de son ceinturon afin de s'alléger de son pesant sabre de cavalerie.
Satisfait de mon travail à le rendre dur et chaud, il me fit admirer son épieu dressé, luisant de ma salive, sa vision me provoqua une délicieuse boule au ventre, mon entrejambe me fit comprendre son appétit de luxure. Le cavalier me releva afin de me basculer sur la table. Je sentis ma robe être troussée et les pans de ma culotte écartés, dès lors, plus aucun voile ne protégeait ma pudeur et mon innocence de ce rude soldat. Nul besoin pour lui de m'enduire de sa salive car j'étais déjà trempée. Mes lèvres gonflées goûtèrent pour la première fois à l'expérience du contact d'un sexe prêt à me prendre, la pointe de sa lance écarta mes chairs pour se frayer un chemin vers cet endroit encore inexploré. Il pénétra sans autre forme de procès, tel un étalon qui saillirait une jeune pouliche. De mon entrejambe, le plaisir et la douleur irriguèrent tout mon corps, je ressentis une savoureuse honte de n'opposer aucune forme de protestation à ses assauts sur ma vertu.
Il m'ignorait complètement, ne s'intéressant qu'à ma croupe, comme si je n'étais qu'un bout de viande à soldat dont la seule utilité était de se dégorger après une semaine de marche forcée.
Mes yeux s'ouvrirent brutalement. J'étais dans mon lit, en sueur et trempée d'un plaisir que je n'avais encore jamais eu l'occasion de connaître. Mes rêves se faisaient de plus en plus réalistes, de plus en plus crus et brutaux. Ils me restaient désormais bien mieux en mémoire et m'obsédaient la journée durant. Mon corps réclamait avec toujours plus d'intensité que je m'occupasse de lui d'une manière que je ne saurais écrire ici. J'avais honte de ce qui m'arrivait. Celle-ci était pourtant moins forte que l'envie qui m'étreignait. Je ne parvenais pas à saisir de quelle manière mon esprit pouvait me jouer des tours toujours plus odieux tout en m'infligeant ce cruel tourment d'y prendre un coupable plaisir.
Préambule.
Sachez, mon très cher lecteur dont j'ignore tout, que ces mots sont les premiers que je rédige depuis notre fuite de Paris voilà bientôt deux ans. N'y voyez point un manque d'inspiration ou d'envie, mais plus simplement l'absence d'événement ou de réflexion méritant que l'on prenne la plume pour les coucher sur le papier. Ainsi l'ennui et l'oisiveté sont devenus d'intimes complices que j'ai appris à fort bien connaître, jusqu'à ce qu'enfin de récentes péripéties, dont un nouvel appétit qui m'était jusqu'ici inconnu, viennent m'extraire d'un morne quotidien.
Avant de laisser la frénésie qui s'empare de mon esprit se déverser sur ces pages, permettez que je me présente et vous expose le contexte singulier entourant mes aventures.
Nous sommes en 1793. Depuis que le peuple de France a décidé qu'un nouvel ordre devait naître du sang versé par les nobles et anciennes lignées qui ont fait la grandeur du royaume, nul n'est à l'abri de son courroux et de son corollaire : la guillotine. J'ai très vite abandonné le décompte macabre de mon proche entourage qui a eu pour dernière vision le panier s'approchant à grande vitesse pour préférer l'insouciance naïve d'une vie au jour le jour, sans avoir à me demander si je devais dès à présent recommander mon âme à Dieu et à ses saints.
En d'autres temps, il m'aurait été possible de partager avec vous l'honneur et la chance de naître Audrey de Grancamps de Turenne, comtesse de Malenbois et de Viremont, fille de Henri, duc de Grancamps et de Mathilde, vicomtesse de Turenne. Depuis l'infâme nuit du 4 août 1789 ; ça n'est plus qu'un honneur, et depuis l'ignoble journée du 21 janvier 1793 ; c'est un risque pour mon petit cou.
Pour mon plus grand malheur, cette révolte devenue révolution a débuté l'année qui aurait dû être celle de mon entrée dans le monde et de notre accession à la cour royale, sur invitation personnelle de feu sa majesté Louis XVI, Roi de France et de Navarre, que son peuple a décidé d'assassiner. En outre, le duc, mon père, réputé pour son sens politique, a très vite compris l'impérieuse nécessité de quitter rapidement Paris pour rejoindre notre bien trop tranquille et verdoyante propriété de Hautroc.
Il s'avère que je suis loin d'être la seule de mon rang à subir ce désœuvrement, et comme chacun le sait ; l'ennui offre un terrain propice aux idées les plus folles, d'autant plus lorsque chaque jour se doit d'être vécu comme s'il était le dernier. Permettez-moi donc vous narrer ces aventures qui m'ont enfin fait rompre avec la monotonie qui m'affligeait et ont contribué à me donner une éducation que nul précepteur n'oserait donner à une jeune femme de haute lignée.
Chapitre I – L'initiation érotique de mademoiselle la comtesse
De l'innocence et de la chasteté.
La fin du mois de juin 1792 fut marquée par la réception de mauvaises nouvelles de Paris ; le peuple avait pris les Tuilleries et contraint notre bon Roi à porter cet affreux bonnet rouge. Nous craignîmes alors que la fureur parisienne ne s'étende comme une peste au reste du royaume. Encore une fois, le duc avait pris soin de répondre aux doléances des gens dont il avait autrefois la charge sur notre propre fortune, ainsi le calme persista, la population ne voyant aucune raison légitime de s'armer de fourches et de faux, pis, notre chute les aurait alors privés de nombreux investissements réalisés à leur profit.
Quant à moi, comme chaque jour et sans guère d'enthousiasme, je papillonnais entre lectures, clavecin et autres ennuyeux jeux d'esprit organisés par ma très chère mère. En ce début de matinée que je souhaite vous évoquer, je pliais à l'interminable rituel du lever : se faire retirer ses vêtements de nuit, se purger à la chaise percée, se faire laver et rafraîchir pour enfin se faire vêtir. Elise, ma jeune et précieuse servante, connaissait mon indisposition quant à ce genre de cérémonial et mettait tout en œuvre pour être la plus preste possible. Fort heureusement, notre père avait eu cette brillante idée de nous interdire le maquillage, m'épargnant de ce fait de fastidieux moments.
Pour comprendre cette décision, il m'apparaît nécessaire de vous préciser que ce dernier était composé notamment de farine de blé devenue rare et chère et que nos perruques étaient faites de cheveux d'hommes et de femmes en quête d'un maigre revenu, un tel gâchis aurait amplement justifié de nous faire bénéficier des services du rasoir national.
Ma servante, mademoiselle Elise, était pour moi bien plus qu'une simple domestique. Suzette, sa mère, fut elle-même au service de ma famille qui, satisfaite de ses services et consciente des grandes qualités de sa fille, offrit à cette dernière la possibilité d'entrer à mon service personnel. Les années et la proximité n'eurent plus qu'à s'occuper de mettre en place une relation de confiance teintée de complicité qui la firent devenir ma confidente. Elle savait toujours, et très exactement, ce qu'elle devait faire et à quel moment le faire. Ainsi, elle m'offrait un précieux moment pour m'observer dans le miroir alors que j'étais nue, propre et prête à être vêtue. N'y voyez point de narcissisme, bien au contraire, car je pleurais chaque jour devant mon corps de femme dont les charmants attributs me rappelaient sans cesse que j'aurais déjà dû être « madame ».
Prendre soin de moi me permettait de nourrir l'espoir d'un beau mariage prochain, à la condition que les « citoyens » ne raccourcissent pas d'une tête tous mes hypothétiques prétendants.
J'appréciais de porter mes cheveux sombres en chignon relevé pour mettre en valeur un cou élancé et de mignonnes petites pommettes. Mes grands yeux noirs étaient un héritage paternel alors que ma mère m'avait fait don de son petit nez pointu, me gratifiant ainsi d'un visage charmant qui ne laissait point indifférent. Pour autant, l'un de mes atouts principaux résidait paradoxalement dans l'interdiction faite par mon père de nous maquiller, celle-ci ayant eu pour effet bénéfique d'épargner ma peau et de la laisser aussi douce que de la soie. Mes seins, trop petits à mon goût, malgré ce qu'en disait Elise, se maintenaient hauts et arboraient deux aréoles claires au centre desquelles se dressaient de mignons petits tétons roses. J'aimais y passer le bout de mes doigts afin de ressentir un frisson qui me réchauffait le bas du ventre.
Bien qu'ayant des hanches tout à fait normales, le port du corset m'avait gratifié d'une taille très fine qui créait un contraste agréable à l'œil, d'autant plus que la pratique de l'équitation m'avait donné de jolies fesses rebondies et des cuisses agréablement sculptées.
Une fois ma première robe enfilée, j'appréciais de m'autoriser un temps de lecture en fumant une pipe de tabac près de la fenêtre. A cette heure de la matinée, les rayons du soleil naissant me réchauffaient la peau alors que je pouvais dans le même temps profiter de la beauté du grand jardin et de la rivière où s'affairaient les blanchisseuses, ainsi que de la majesté des montagnes lointaines. J'agrémentais ce délicieux moment de quelques fruits frais et de thé. Lorsque mon livre ne me passionnait guère, mon esprit s'en détournait irrévocablement au profit d'autres préoccupations. Sans surprise, de la femme, j'avais le corps, mais aussi les pensées, ces pensées qui provoquaient chaleur et picotements à cet endroit qu'il serait impudique de nommer. Je me prenais à rêver qu'un homme m'enlace de ses bras puissants, qu'il me courtise jusqu'à ce que je fusse prête à lui céder en offrant ma pudeur à sa virilité.
J'avais déjà abandonné la lecture d'un pathétique recueil de poèmes au profit de délicats jeux de mains dont le désir fut suscité par quelques pensées polissonnes. Mes rêves me revenaient en mémoire, les plus anciens d'abord, ceux dont je ne me souvenais plus que de quelques images composées de caresses, de tendres baisés, de gentilshommes usant du beau langage et de flatteries pour me séduire. Puis, à mesure que mes doigts provoquaient une vague de chaleur en mon bas ventre, d'autres rêves prenaient possession de mon esprit. Ceux-ci étaient bien plus récents, bien plus vivaces dans ma mémoire, ils étaient faits de corps qui s'étreignaient, de chair malmenée, de plaisirs intenses. Je sentais l'humidité entre mes cuisses, j'avais honte d'être ainsi transportée en imaginant des scènes d'une telle perversité : être soumise aux moindres désirs d'un duc, prise par un brigand de grand chemin ou encore être une pauvre paysanne devenue le butin de guerre d'un hussard.
Mon corps était saisi de raideurs, mes tétons durs et saillants souffraient du frottement contre ma robe de coton, ma respiration se faisait haletante et profonde alors que mes fantasmes m'invitaient à quitter la réalité. Je ne parvins plus à dissimuler de lubriques gémissements, mon corps réclamait que les caresses se fassent plus rapides, plus intenses, jusqu'à ce que la vague survienne. Elle naquit au creux de mes reins pour déferler dans mon corps entier en de merveilleux spasmes. Je perdis toute forme de contrôle de moi-même, mes gémissements se transformèrent en cris, avant que le calme reprenne enfin ses droits.
J'ouvris les yeux. La honte me submergea. Elise se tenait près de moi, debout, visiblement gênée de la situation, certainement pas autant que moi, dont l'intimité n'avait plus d'intime que le nom.
— Elise ! Idiote ! Mais que fais-tu là, tu aurais pu t'annoncer ! Mon Dieu, quelle trouble ! La houspillai-je en étant bien consciente de l'impossibilité de dissimuler mon égarement.
— Je suis vraiment désolée mademoiselle, je ne voulais pas...
— Quoi ?! Me causer un tel embarras ? La questionnai-je sèchement alors que je tentais de dissimuler mes parties.
— Je ne sais plus où me mettre, excusez-moi, gémit-elle.
— Tu mériterais que je te fasse aller quérir le martinet !
— Oh non mademoiselle, je ne l'ai pas fait exprès.
— Alors disparais rapidement de ma vue... ou plutôt non. Habille-moi puis fais prévenir les écuries et le maître d'arme, je vais aller chasser. Avec un peu de chance pour toi et tes fesses, cela calmera ma colère !
A l'instar de la majorité des grandes lignées nobles, la chasse était pratiquée assidûment au sein de la famille. Il était toutefois plus rare que les femmes y soient initiées. Mon père s'y était résolu en voyant mon appétence pour cette pratique. Bien que reconnue pour mon excellence en matière de mousqueterie, je ne prélevais que peu de gibier, il s'agissait plutôt d'une justification pour me promener à cheval et trouer quelques cibles de paille que mon père et mes frères avaient installé sur le domaine. Toutefois, une chose était certaine : une chevauchée accompagnée de quelques tirs ont toujours été un bon remède pour calmer mes ardeurs et ma mauvaise humeur, tout en constituant un temps propice à la réflexion.
L'air était frais, mais les rayons perçant la cime des arbres me réchauffaient agréablement le visage et les épaules. Mon encombrante robe me protégeait en partie du vent bien qu'elle m'imposait de monter en amazone, ce qui n'était pas mon style favori. J'aimais arpenter les chemins forestiers de Hautroc pour profiter de la solitude et de l'inspiration que la forêt suscitait en moi. Très vite mon esprit fut envahi par la honte d'avoir été surprise par Elise. Pourtant, quelque chose me perturbait : j'avais cette impression que le trouble ressentit par ma servante provenait des conséquences de ma colère sans que le fait de m'avoir surprise dans un tel moment de dépravation ne l'ait scandalisée. J'éprouvais également une forme d'inquiétude face à cette récente obsession pour la chose qui se faisait plus intense chaque jour.
Je me risquais à échafauder l'hypothèse que l'ennui profond n'y fut pas étranger ; sans activité intellectuelle, sans passion, mon esprit était bien trop libre et se mettait à exhumer des méandres obscurs de mon esprit de quoi l'occuper.
Tirer au mousquet est un art rendu encore plus exigeant lorsqu'il se pratique à cheval. L'alignement entre mon œil, le fût du canon et ma cible était parfait, je bloquai ma respiration, mon doigt exerça une pression égale et continue sur la queue de détente qui céda soudainement. Le silex embrasa l'amorce qui mit à son tour le feu à la poudre. Le vacarme de la détonation et le recul dans le creux de mon épaule m'extirpèrent de mon intense concentration. Je sus que mon tir était parfait en voyant la paille voler autour de la cible. Le silence et le calme revinrent pour ne laisser que cette odeur caractéristique de poudre brûlée. Il me parut finalement évident que je ne pouvais en vouloir à Elise de m'avoir surprise en fâcheuse posture, il était fort vraisemblable qu'elle eut l'occasion à maintes reprises de me voir sans que je ne la surprenne.
Toutefois, j'étais intéressée de confirmer cette impression qu'elle était familière de la chose et qu'elle en savait bien plus que je pouvais l'imaginer.
De retour au château, j'eus l'agréable surprise de découvrir que ma précieuse Elise m'attendait dans mes appartements avec une robe propre prête à être revêtue. Cette initiative était d'autant plus pertinente que j'étais souillée de boue et qu'une charmante odeur d'écurie flottait autour de moi. Une fois n'étant pas coutume, je ne la pressai pas pour terminer au plus vite cette toilette fastidieuse, car ce moment serait l'occasion privilégiée d'entretenir Elise de mes questionnements.
— Aurais-tu la bonté de ne pas chercher à m'étouffer avec ce maudit corset ! Comment fais-je pour respirer si tu le serres ainsi ! Grognai-je alors que je sentais le genou d'Elise s'enfoncer dans mon dos pour lui permettre de gagner encore quelques centimètres de cordelette.
— Voyons mademoiselle, c'est ainsi qu'il se porte !
— Mon Dieu ! Puisse-t-il qu'un jour les femmes soient libres de se vêtir comme elles le souhaitent ! Je brûlerai alors ces maudites robes et tel un homme, j'achèterai une chemise... et un pantalon !
— Je doute que le puissions avant très longtemps, même si j'en rêve également.
— Elise, je tenais également à te faire part du pardon que je t'accorde quant à ton égarement de ce matin, je ne peux te tenir pour responsables de mes propres turpitudes.
— Mademoiselle est trop bonne.
— Serait-il toutefois possible que tu répondes à une question qui me tiraille ?
— Dois-je comprendre que la question est sensible ?
— J'ai eu cette impression que tu fus bien plus gênée par ma colère que par me voir... enfin, tu vois ce que je veux dire. Aurais-tu une expérience en la matière dont j'ignorerais tout ?
— Si mademoiselle souhaite savoir si j'ai eu une relation immorale avec un homme en dehors du mariage, alors je puis vous assurer que non, ma vertu est intacte.
— J'entends bien, tu n'es pas une femme de mauvaise vie. Mais pourquoi ai-je tout de même cette impression que tu fais une pirouette pour éviter de me répondre ?
— Mademoiselle me promet-elle de garder le secret ?
— Oui oui, bien entendu, raconte-moi tout, ma douce Elise.
— Je ne puis vous le raconter, mais je peux vous le montrer.
Nous attendîmes que la nuit tombe pour nous faufiler par les couloirs dérobés du château. Ceux-ci avaient pour fonction de permettre des déplacements discrets dont l'objet était principalement de retrouver une maîtresse ou d'espionner des conversations grâce à des trous judicieusement percés dans les murs. Elise me fit signe de faire le moins de bruit possible, elle chuchota à mon oreille que nous arrivions près du sellier, il s'agissait, selon ses dires, d'un lieu prisé pour toutes formes de débauches. Naïve de la chose sans pour autant être un oisillon, je me doutais bien du genre de spectacle que je pourrais y découvrir, ainsi que du risque d'attendre vainement que quelque chose se produise. Elise me laissa poursuivre cette aventure seule.
La salle était déserte, obscure, j'étais condamnée à attendre. Des papillons s'agitaient dans mon ventre en espérant entendre un bruit, percevoir un mouvement, mais rien de tel ne se produisait. Alors que je m'étais résolue à regagner mes appartements, un grincement de porte se fit entendre. La lueur d'un chandelier se propagea, bien qu'insuffisante pour éclairer le sellier, deux ombres se déplaçaient à pas feutrés. Je parvins avec peine à distinguer Faustine, une jeune femme de chambre, et Armand, l'apprenti forgeron. Le couple s'enlaça fougueusement en s'échangeant des baisers, par chance, ils posèrent le chandelier de telle manière qu'ils fussent parfaitement éclairés.
Faustine se mit à genoux, ses mains s'agitaient sur la ceinture d'Armand qui fut bientôt défaite. Sa culotte ouverte laissa apparaître un sexe dressé dont une grande partie disparut dans la bouche de la demoiselle. Mes yeux devaient certainement être écarquillés face à cette soubrette qui avalait littéralement le membre tout en le caressant de ses mains quand il réapparaissait. Le visage du forgeron ne permettait aucun doute sur ce qu'il ressentait ; le coquin était aux anges, il gratifia Faustine de quelques caresses sur les cheveux sans même qu'elle ne s'en rendît compte, affairée qu'elle était sur le vit de son amant. Ce dernier l'invita à se relever, après quelques baisers, la coquine se pencha sur une petite table. Il troussa sa jupe et ses jupons, écarta sur les côtés sa culotte, puis fit disparaître son membre entre les cuisses de la jeune femme.
Armand commença doucement, puis intensifia ses coups de boutoir jusqu'à ce que j'entendisse le bruit de ses hanches cogner sur les fesses de son amante et les grincements de la vieille table en bois qui n'était visiblement plus en état de subir ce genre de traitement.
Les gémissements de Faustine, la vue de cette étreinte passionnée et animale produisit une vague de chaleur bien connue en mon bas ventre. J'étais captivée par ce spectacle qui m'était offert, j'en relevai ma jupe, glissant mes doigts entre mes cuisses pour constater qu'ils en ressortirent humides, je goûtais à ma propre décadence en me caressant ainsi, moi, comtesse issue de la très vieille noblesse, discrète spectatrice des ébats de ces deux amants de piteuse extraction. J'en ressentis une grande honte, une délicieuse honte. Soudainement, une vague me traversa le corps, ma respiration se fit plus haletante que celle d'Armand, mes yeux se perdirent dans le vague, mes muscles se raidirent par intermittence. Je savais ce qui se produisait, je me mordis la main pour ne pas laisser échapper un gémissement qui aurait trahi ma présence tout en me laissant prendre par l'étreinte d'Apollon.
Le calme revenu, je retournai vers ma chambre, encore chamboulée de ce qui venait de se produire, laissant les amants terminer leurs jeux coquins.
De la chair et de la déraison
Le plaisir céda à la raison, je ne parvenais pas à saisir dans quelle situation dramatique venait de se mettre Faustine. Offrir sa vertu sans être mariée la condamnait à une piteuse existence, risquant même de la faire échouer dans une maison de plaisirs. De quelle horrible folie avait-elle été gagnée ? Je ressentis le besoin impérieux d'en parler avec Elise, nul doute que son idée de me montrer plus que de me raconter avait été pertinente, mais il lui fallait aller jusqu'au bout de la démarche, elle me devait des réponses.
— Cette maudite révolution a-t-elle tant perverti nos traditions qu'une demoiselle puisse s'offrir avant le mariage sans ne rien risquer ?
— Je ne crois pas mademoiselle, certaines choses me semblent immuables, même durant ces temps troublés.
— Mais alors dans quelle situation s'est mise notre pauvre Faustine ! Car elle n'est pas mariée à ce que j'en sache.
— Hum, mademoiselle, êtes-vous certaine qu'elle se soit ainsi donnée ?
— Que veux-tu dire ? Explique-toi.
— Etre vierge pour le mariage ne se discute pas, être pure, c'est une autre chose.
— Veux-tu cesser d'être aussi vague dans tes propos !
— Je ne pense pas qu'il soit passé par son sexe, mais plutôt...
— Qu'insinues-tu ainsi... quoi ?! Tu n'y penses pas tout de même !
— Si, mademoiselle, entre ses fesses, c'est ainsi que les jeunes couples font en dehors du mariage, et, même mariés, certains le font pour ne point risquer d'être enceinte.
— C'est dégoûtant ! Quelle horreur ! Cet endroit est fait pour évacuer, pas pour s'amuser !
— N'avez-vous jamais essayé, mademoiselle ?
— Effrontée ! Un mot de plus et c'est le martinet qui te rappellera les convenances élémentaires, te voilà prévenues.
— Excusez-moi mademoiselle, mon propos était déplacé.
— Et toi ? Aurais-tu déjà essayé ?
— Puis-je parler sans crainte ?
— J'en déduis que la réponse est oui. Alors assieds-toi à mes côtés. Explique-moi ce que tu as ressenti.
— C'est très gênant, mademoiselle, je ne souhaite pas...
— J'ai besoin de savoir, ne te fais pas prier, ma douce Elise.
— C'est... euh... très agréable, sauf les premières fois où j'ai eu mal. C'est difficile à décrire, on se sent comme... envahie d'un pieu chaud et dur dont les va-et-vient procurent une extase incroyable.
— C'est épatant que recevoir une telle chose dans le fondement puisse provoquer du plaisir, pis ! Comment cette idée peut-elle germer dans un esprit ?
— En fait, lorsque je fus en âge, mes sœurs m'expliquèrent que les garçons ne me voyaient plus comme avant et qu'il en serait de même de mon côté. Elles ajoutèrent que je pourrai m'offrir à eux par cet endroit sans ne courir aucun risque, mais elles me conseillèrent d'essayer tout d'abord par moi-même pour me préparer à les accueillir.
— Quelle perversion ! Le peuple ne cessera jamais de m'étonner.
— Mademoiselle, veuillez me pardonner, mais je crois que cette pratique se fait également au sein de votre monde.
— Tu t'égares Elise, laisse-moi donc au lieu de dire des âneries qui pourraient te cuire.
La nuit ne porte pas toujours conseil, je ressassais sans cesse toutes ces perversités qui avaient agrémenté ma soirée, m'interrogeant sur les raisons justifiant que je ne les apprenne qu'à l'aube de mon vingt-et-unième printemps. J'avais l'impression qu'un voile pudique sur les choses de la vie avait été jeté tout au long mon éducation. Ces questionnements me torturaient, me faisant me demander si tous ces gens n'étaient que de vils pêcheurs ayant succombé à la perversion, ou si cela venait de moi, peut-être étais-je tout simplement bien trop naïve et innocente ? Les mots de ma bonne Elise me décrivant ces répugnantes pratiques éveillèrent à nouveau ma curiosité, étais-je dans l'ignorance ? J'en vins à me choquer moi-même en me disant qu'il n'y avait qu'un seul moyen d'en avoir le cœur net, cette simple pensée aurait mérité que je réveillasse Elise pour m'apporter le martinet afin que je m'en repente.
Ce dernier attendrait, car j'avais déjà relevé ma robe de nuit pour me frotter les fesses qui se réchauffaient enfin de mes aventures nocturnes. La chair à l'intérieur du vallon était bien plus sensible, apportant une agréable sensation, mon doigt s'égara sur cette entrée qui ne devrait être que sortie. J'en fis le tour, doucement, comme si les enfers pouvaient être la punition à trop s'y attarder. Ce n'étais pas désagréable, encore plus lorsque j'osai appuyer en son milieu, sans y entrer pour autant. Je restais plusieurs minutes ainsi, n'osant aller plus en avant. Mais à quoi bon avoir fait tout ce chemin si c'était pour abandonner ! Je pris mon courage à deux mains et fis pénétrer mon doigt. Par chance, la solitude de la nuit fit que nul ne me vit écarquiller les yeux : comment plaisir et douleur pouvaient-ils se mêler ainsi ? De ce premier essai, je retins une leçon essentielle quant à une indispensable lubrification préalable.
N'ayant pas le nécessaire sous la main, j'humectai mon doigt de salive que j'appliquai là où vous savez, je dus encore attendre quelque temps pour comprendre que l'intérieur de mes cuisses pouvait produire un nectar parfait pour cela.
Accompagnée de caresses sur mon intimité, cette pratique m'imposa très vite de mordre mon oreiller pour ne pas réveiller Elise qui se serait sans aucun doute montrée suffisamment maligne pour comprendre l'origine de mon bruyant égarement. De même, je me convainquis que cette histoire resterait entre le Seigneur et moi, notre prêtre n'avait sans doute pas besoin de tout savoir. Enfin, je parvins à trouver le sommeil, cet épisode ayant contribué à me détendre de toute cette nervosité accumulée.
Une initiation à l'étreinte des corps
Si je me souviens m'être réveillée de mauvaise humeur, il m'est impossible de vous narrer la suite. Mon père m'a raconté qu'une mauvaise chute de cheval m'a fait perdre connaissance durant quelques heures. Par chance, je devais tomber d'abord sur mon postérieur, qui absorba l'essentiel du choc, avant que ma tête heurte le sol. Ma duchesse de mère en eut ce trait d'esprit de se féliciter qu'une éducation à la badine nous ait renforcé le derrière tout en l'insensibilisant à la douleur.
— Désirez-vous que j'apaise votre douleur ? Me proposa Elise dont la voie trahissait son inquiétude à mon égard.
— Oui, merci, je vais m'allonger.
Il convient de préciser que, même si vous l'avez déjà deviné, bien que pudique, je ne souffrais d'aucune hésitation lorsqu'il s'agissait de dévoiler mon intimité à Elise, elle m'avait certainement vue nue bien plus de fois que j'avais pu me regarder ainsi dans un miroir.
— Je n'arrive pas à comprendre ce qui se produit en moi, depuis quelques jours, je suis toute chamboulée, je ne me reconnais plus. Toi qui me connais si bien, dis-moi ce que tu en penses.
— Je crois que vous découvrez les choses de l'amour, mademoiselle.
— Tu dis n'importe quoi ma pauvre Elise, ces sentiments ne me sont pas inconnus, j'ai lu tous les auteurs de référence à ce sujet et je sais lorsqu'un beau visage ne me laisse pas indifférente.
— Je ne parle pas de sentiments, mais de relations charnelles. Je suis à votre service depuis quelques années maintenant. J'ai pu voir que vous n'êtes pas ignorante des relations amoureuses, mais nul ne vous a fait découvrir ce qui se passe dans un lit.
— Heureusement ! Ce serait complètement impudique ! La sermonnai-je d'un ton outré.
— C'est tout le problème puisqu'en l'espace de quelques jours vous venez de découvrir ce qui peut se passer entre un homme et une femme, éveillant de ce fait l'insoupçonné qui sommeillait en vous.
— Aurais-tu raison ?! J'ai l'impression qu'un diable se joue de moi, dis-je en m'adressant moins à elle qu'à moi-même.
— Il me semble que vous venez de débuter votre initiation aux choses de la vie.
— C'est alors une odieuse initiation qui m'expose avant de me donner la leçon.
— J'ai eu la chance d'avoir des sœurs qui m'ont bien aidé, peut-être pourrais-je partager avec vous mon maigre savoir.
— Je crains que cela me soit nécessaire Elise, tu m'es si précieuse.
Nous discutions pendant qu'Elise me frictionnait le fessier de baume apaisant, me causant un envol de papillons dans le ventre qui me força à conserver les cuisses serrées de crainte qu'elle ne se rende compte de mon émoi.
— Ma grande sœur, Sophie, qui est l'aînée de la famille, n'a pu bénéficier de l'expérience de nous autres, bien plus jeunes qu'elle.
— Certes, où veux-tu en venir ?
— Il arrive, dans certains cas, que des jeunes femmes entretenant de forts liens d'amitié s'initient entre-elles.
— Je crains de comprendre tes propos.
— Ce sont des choses qui ne se disent pas, mais qui se font.
Je sentis Elise ralentir son massage, sa main s'approchait de l'objet de mes bouillonnements intérieurs. Elle écarta légèrement mes fesses, et sans que je parvienne à comprendre comment cela fut possible : je restai muette face à cet affront.
— Je m'en doutais, vous êtes légèrement irritée, veuillez excuser mon oubli de vous conseiller de mouiller votre doigt. Je vais vous soulager.
— Comment peux-tu savoir que... m'estomaquai-je, alors que je devenais rouge de honte.
— Je suis passée par là également, mademoiselle.
Sa main caressa l'intérieur de mes fesses, me procurant un doux plaisir. Ce coup-ci, elle méritait vraiment le fouet, moi aussi pour la laisser faire. Lorsque son doigt se posa sur cet anneau que Dieu a dissimulé pour déposer le baume, j'en fus à peu de chose de défaillir, écartelée entre le plaisir et la honte. Ma tête s'enfonça dans l'oreiller pour étouffer quelques gémissements au moment où Elise pressa si fort qu'il entra en moi. Ses mouvements de va-et-vient m'envoyèrent vers un monde fait de volupté d'où je ne souhaitais plus revenir.
— Ma sœur m'a dit un jour, après s'être mariée, que seule une femme sait comment faire accéder une autre femme au paradis. Si vous le souhaitez, je peux vous en faire démonstration.
— Serais-tu une succube me mettant à l'épreuve ? Comment peux-tu en vouloir à ma pudeur et à mon innocence ?! Marmonnai-je.
— Levez vos hanches, placez-vous à genoux, laissez-moi vous faire du bien.
Une pointe rappeuse frôla mes lèvres, elle parcourut mon intimité en me laissant bouche bée de stupéfaction. Mes doigts ne me procuraient pas tant d'effet, je craignis ce qui pourrait se produire si elle avait l'idée d'aller bousculer mon bouton. Mon ventre se creusait à chaque expiration mêlée d'un râle de plaisir. Je serrai autant que possible mon oreiller, y engouffrant ma tête, le mordant, me frottant à lui. Elle le trouva, le massa tout en douceur, le suça avec délicatesse. Mon Dieu ! J'ai hurlé du plus puissant des orgasmes en sentant la langue d'Elise sur mon intimité. Mon oreiller en fut humide de ma salive. Jamais personne ne m'avait fait ressentir une sensation aussi intense, de celles qui peuvent vous faire perdre entièrement le contrôle, qui vous terrasse complètement.
En tant que fille des Lumières, le besoin de comprendre m'étreignit. A sa grande surprise, je proposai donc à Elise de lui retourner sa charmante attention. C'est ainsi qu'elle me donna ma première leçon de langue en m'enseignant l'art de procurer la jouissance. Tout ceci fut fascinant, je pouvais observer ses réactions faites de gémissements et de contractions musculaires en fonction des endroits que je touchais, de la manière dont je les caressais, des recoins que j'explorais de mes doigts, jusqu'à ce que, à son tour, elle soit étreinte par Dionysos.
Bien que harassées par nos aventures, j'eus tout de même une dernière sollicitation à formuler à Elise. J'avais découvert des parties d'elles que je n'avais jamais eu l'occasion de voir, m'offrant un tableau incomplet. Elle accepta de se mettre nue pour moi. Je n'oublierai jamais cet instant lors duquel j'ai pu découvrir son corps si parfait. Le soleil transperçait par les fenêtres, déposant ses rayons lumineux sur la peau blanche pour en mettre en valeur les délicieuses formes. Je la côtoyais depuis des années sans jamais avoir pris conscience de sa beauté qui devait surpasser la mienne.
Ma seule envie fut de la serrer contre moi. Ce qu'elle accepta. Nous nous reposâmes ainsi sur mon lit en découvrant au passage le goût exquis de ses lèvres. Je me sentais radieuse.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()