Un été particulièrement chaud
Chapitre 1 · Ma rencontre avec Camila
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Un été particulièrement chaud — Chapitre 1 · Ma rencontre avec Camila

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LeStrigidé
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Un été particulièrement chaud

Chapitre 1 · Ma rencontre avec Camila

C'est le souvenir d'un été particulièrement chaud qui me vient, lorsque je songe à celui de l'année 2021. Je passai alors le plus clair de mon temps cloîtré dans ma chambre climatisée à jouer aux jeux vidéo, tout en plaignant sincèrement les gens qui ne disposaient pas d'un tel confort. J'étais alors seul dans la maison, le reste de ma famille étant parti en vacances pour plusieurs semaines. Je me rappelle à cette époque d'avoir pris l'habitude d'aller faire un peu de vélo dans les bois, situés à quelques centaines de mètres de la maison. C'est d'ailleurs cette saine habitude qui est à l'origine de toute une série d'évènements incroyables, dont je tente de vous faire ici le récit.
L'après-midi avait été suffocant, mais il touchait désormais à sa fin. Bon nombre de résidents dans le voisinage en profitaient pour sortir un peu sans risquer l'insolation. Il devait être aux alentours de 16 heures et je rentrai chez moi, après ma promenade quotidienne en forêt. J'étais en train de descendre la rampe d'accès menant au garage, dans le but d'y ranger mon vélo, lorsque soudain, ma vision périphérique capta un élément inattendu, mais ô combien satisfaisant. J'aperçus, à travers le grillage délimitant nos deux propriétés, le postérieur galbé de la voisine, qui avait visiblement saisi l'occasion pour bronzer en tenue légère dans son jardin. L'angle sous lequel je me trouvai me permit une vue imprenable sur l'arrière de ses deux superbes jambes tannées par le soleil, se rejoignant à la base de son fessier légèrement aplati par la gravité.
Celui-ci surplombait l'ensemble de sa forme voluptueuse et semblait défier de sa hauteur les alpinistes envieux qui le contemplaient d'en bas. Il était traversé en son milieu par une fine démarcation en tissu, qui avait pour fonction de masquer aux regards potentiellement indiscrets comme le mien, les parties les plus intimes de l'anatomie d'une femme. Pour autant, la fine étoffe laissait tout de même paraître les délicieux contours de cette même anatomie.
Après un temps d'immobilisme suscité par cette vision fascinante, je me forçai à poursuivre mon chemin, comme si de rien n'était. Après que j'eus terminé de ranger mon vélo, je pris la direction de l'escalier et remontai les marches en direction de ma chambre, les sens toujours en ébullition et l'esprit habité par de nombreuses pensées obscènes.
La maison dans laquelle je réside possède deux pièces quasiment adjacentes - à un mètre près environ - au jardin de la propriété voisine. Il s'agit du séjour situé en rez-de-chaussée - rez-de-chaussée qui est tout de même surélevé de plusieurs mètres par rapport aux jardins et à la rue - ainsi que d'une chambre d'amis située au 1er étage, juste à côté de ma chambre. Ces deux pièces ont, en outre, la particularité de posséder deux fenêtres dotées de volets à persiennes.
Ces précisions faites, il doit être désormais possible au lecteur d'imaginer quelle idée particulièrement salace s'empara de mon esprit lorsque je passai devant la pièce à l'étage qui donne sur le fameux jardin où la voisine était étendue - pièce dont les volets étaient clos pour cause de canicule.
Sur le coup, je tentai tant bien que mal de résister à cette envie coupable en prenant le chemin de ma chambre et en tentant de me réinstaller devant l'ordinateur, espérant m'occuper l'esprit devant un jeu vidéo. Je me souviens d'avoir vaguement tenté de me concentrer sur l'écran, étant toujours en proie à des émotions intenses et tiraillé par des pensées obsédantes. Des images provocantes ne cessaient de m'assaillir. Je revoyais ces cuisses généreuses, dont le teint de la peau légèrement cuivré évoquait les origines espagnoles de la voisine. Je revoyais le sommet de son superbe cul, tout aussi bronzé, mais avec le grain de la peau légèrement granuleux, caractéristique de cette partie du corps. Enfin je repensais aux contours de sa petite chatte que l'on pouvait voir à travers son maillot, dont la peau, plus pâle, laissait à penser que cette partie du corps ne recevait que plus rarement les rayons du soleil.
Toutes ces images tournaient en boucle dans ma tête, sans que je fus capable de les occulter. Pire encore, elles devenaient de plus en plus vives à mesure que mon excitation augmentait, ce qui constitua bientôt une sorte de cercle vicieux. Au bout d'un moment, je renonçai malgré moi à exercer toute forme de contrôle et acceptai d'être devenu l'esclave de mon propre désir.
Je me levai doucement et pris la direction de cette fameuse pièce à moitié baignée dans la pénombre, dont seuls de minces filets de lumière parvenaient à y pénétrer à travers les persiennes. La chaleur y était étouffante, cette pièce étant située juste sous les combles et dépourvue de climatisation. De fines gouttelettes de sueur ne tardèrent pas à perler à la surface de mon front, sans que je ne puisse déterminer avec certitude si cela était causé principalement par la chaleur dans la pièce, ou l'état d'agitation dans lequel je me trouvais.
Après avoir atteint le centre de la pièce, je restai un moment immobile, hésitant une dernière fois à quelques pas des fenêtres.
— Et si j'étais vu à travers les persiennes ? pensai-je.
— Impossible, répliqua mon interlocuteur imaginaire, "les persiennes sont bien trop étroites et la luminosité de la pièce bien trop faible pour que cela n'arrive".
— Mais tout de même, que ferait la voisine si elle me surprenait en train de lorgner sur son postérieur à travers les volets ?
Ce débat avec moi-même se poursuivit encore un moment, mais ce fut manifestement la voix imaginaire qui le remporta, car je pris bientôt la direction de l'une des deux fenêtres et tentai un bref coup d'œil à travers l'une des ouvertures permises par les persiennes. Mes craintes d'être repéré m'apparurent alors complètement infondées, tant je réalisai à quel point l'ouverture était étroite et ne permettait de ne rien voir d'autre qu'une fine bande verte - le gazon de la pelouse des voisins - de quelques millimètres d'épaisseur.
Après une série d'essais infructueux, je décidai de changer de stratégie. Je m'installai sur une chaise devant un petit bureau, situé juste à côté de l'une des fenêtres, et collai littéralement ma tête contre la vitre. Cette méthode s'avéra payante, car le champ de vision dont je disposai était déjà beaucoup plus important. Après avoir testé plusieurs ouvertures et reconnu diverses parties du jardin, ma pulsation cardiaque s'accéléra lorsque je vis la fameuse chaise-longue ainsi que son occupante. Cette dernière était d'ailleurs restée dans la même position depuis ma première observation.
Elle était magnifique. Je l'avais déjà remarquée à plusieurs reprises depuis que j'étais arrivé dans le quartier, quelques années plus tôt. Approchant sans doute de la quarantaine, elle pouvait se targuer d'arborer une silhouette impeccable et svelte, dont la monotonie n'était rompue, pour mon plus grand plaisir, que par une paire de seins et de fesses absolument dantesques.
Mon regard glissait sans cesse du bas de ses cuisses vers ses épaules nues, sur lesquelles s'éparpillaient ses cheveux bruns aux légers reflets roux et faiblement ondulés et dont certaines mèches descendaient jusqu'au milieu de son dos. Le soutien-gorge, dégrafé, laissait entrevoir le bord de l'un de ses énormes seins. Le regard continuait ensuite de déambuler le long de ce sublime corps pour finir par atteindre ce cul rebondi qui m'avait fait vaciller, quelques dizaines de minutes plus tôt. Enfin, l'on s'arrêtait finalement sur la forme que l'on croyait distinguer à travers la culotte et qui représentait, pour moi à ce moment-là, la source de nombreux fantasmes pour la plupart inavouables.
Au bout d'un moment je repris finalement le contrôle, et, prenant conscience de ce que j'étais en train de faire, décidai d'abandonner mon poste d'observation. Malgré le caractère particulièrement torride de mes rêves cette nuit-là, je continuai mon existence de manière tout à fait normale jusqu'au surlendemain matin.
Je buvais alors mon café attablé dans le salon, en scrollant de manière nonchalante sur mon téléphone, en attendant que les effets de la caféine me permettent d'émerger du brouillard matinal. Il devait être 10 heures du matin, et le soleil, pas encore insupportable, menait néanmoins une série d'incursions à travers le store, m'éblouissant et m'obligeant à augmenter au maximum la luminosité de mon écran. En prenant de l'altitude dans le ciel, l'astre devint de plus en plus arrogant si bien que je fus bientôt complètement ébloui. Je m'approchai donc du store en vue de le baisser, lorsqu'un mouvement inhabituel - toujours dans le jardin des voisins - retint mon attention.
Il s'agissait à nouveau de la voisine qui s'adonnait à son rituel favori pendant l'été : les bains rafraîchissants dans un tonneau d'eau froide. Elle était drapée dans un peignoir, s'activant à pomper l'eau - provenant de la nappe phréatique sous-jacente - afin de remplir le tonneau. Anticipant un prolongement agréable à l'action en cours, je m'arrêtai net dans mon action, laissai le store bien ouvert et vint me positionner de manière à pouvoir observer sans être ébloui par le soleil.
J'avoue à ce moment n'avoir pas pris les mêmes précautions que la fois précédente pour me dissimuler. Peut-être ai-je manqué de discernement en raison de l'heure matinale. Peut-être que la perspective de pouvoir à nouveau me rincer l'œil sur cette si charmante voisine avait altéré mon jugement. Ou bien, il est possible qu'inconsciemment j'eus souhaité cette fois être vu, et ce de manière parfaitement délibérée.
Cela peut paraître étrange a priori, mais il faut comprendre que le désir humain - ou tout du moins le mien - attache beaucoup d'importance au fait de se sentir désiré par autrui. Ainsi, je ne peux me satisfaire d'un simple coup d'œil glissé en secret à travers une ouverture. J'ai en effet besoin de savoir qu'une femme sache que je pose en ce moment les yeux sur elle, et que j'éprouve du plaisir à l'observer en petite tenue. Plus encore, j'ai besoin de savoir qu'elle éprouve du plaisir au fait que j'éprouve du plaisir en la regardant.
Je pris donc place à côté du bar délimitant le séjour et la cuisine, et fis mine de m'intéresser à quelques papiers sans importances qui y étaient posés. Je jetai fréquemment de brefs regards pour voir où en était le remplissage du tonneau. Lorsque celui-ci fut achevé, je pus observer avec satisfaction le peignoir s'ouvrir et être projeté sur le dossier d'une chaise.
Je posai mon regard tour à tour sur ses belles cuisses bronzées et remarquai avec plaisir la chair de poule qui ornait celle qu'elle tentait courageusement de faire entrer dans l'eau glacée. Les petits petits poils fins situés tout autour de son maillot étaient tous hérissés, comme en signe de protestation face au traitement désagréable qu'ils s'apprêtaient à subir. Je pouvais voir sa délicieuse poitrine s'élever et redescendre, sous l'impulsion de sa respiration saccadée, causée par le brusque changement de température. Ses seins se retrouvaient alors écrasés entre le torse et le haut de son maillot de bain, faisant ainsi pointer ses tétons à travers la fibre. Enfin, la voyant ainsi inspirer et expirer bruyamment avec le visage crispé, je ne pus m'empêcher de m'imaginer qu'elle devait sûrement arborer une expression similaire lorsqu'on lui faisait l'amour. Ce mélange d'efforts intenses et de plaisir fugace qu'elle exprimait à ce moment-là la rendait absolument irrésistible.
Je continuai mon manège le plus discrètement possible, sans la fixer plus de quelques fractions de seconde. Lorsqu'elle fut complètement immergée dans l'eau, je me détournai temporairement le temps qu'elle ressorte de son bain. En y repensant après coup, il me semble bien avoir éprouvé un bref sentiment de malaise à cet instant, ayant cru croiser brièvement son regard. Mais comme cela ne se reproduisit pas par la suite, je décidai de ne pas y prêter attention. En mettant cela en lien avec mon besoin inconscient de me faire remarquer, tel qu'exprimé plus tôt, il est même fort probable que j'en eusse retiré quelque plaisir.
Elle finit par sortir de son bain, grelottante et la peau rougie par le froid. Je pus admirer encore une fois son beau cul se contorsionner pour enjamber le tonneau et après quelques positions d'équilibristes tout aussi agréables à regarder, elle vint se blottir dans son peignoir et enfila ses claquettes, se préparant à rentrer. C'est alors qu'elle se tourna brusquement dans ma direction, et nos regards se croisèrent à nouveau, cette fois-ci beaucoup plus longtemps et de manière beaucoup plus intense. Je n'eus même pas la présence d'esprit de détourner le mien, tellement j'étais pétrifié par cette soudaine volte-face. En outre, je vis clairement au fond de ses prunelles que mon voeu intime avait été exaucé : elle savait que je l'avais observée et que cela m'avait procuré du plaisir. Mais je n'aurais su dire, à ce stade, si elle-même avait pu trouver un quelconque plaisir à ce que j'en prenne de cette manière.
Son expression était parfaitement neutre : ses traits ne semblaient exprimer ni colère ni amusement. L'absence de chaleur dans son visage combiné à ce regard fixe qui ne cillait pas acheva de me glacer le sang et me fit entrer dans un état de quasi-psychose qui allait se prolonger une bonne partie de la journée. Finalement ce fut elle qui mit fin au contact visuel en se détournant promptement et en regagnant sa maison sans m'accorder la moindre attention supplémentaire. Pour ma part, je restai encore un moment au même endroit, fixant le tonneau désormais vide d'un regard passablement hagard.
Cet état de psychose dura jusqu'à la fin de l'après-midi. Je n'eus même pas la force de vaquer à mes occupations habituelles tellement j'étais préoccupé. Je fis d'ailleurs une sérieuse entorse mon habitude quotidienne d'aller me promener dans les bois. La raison en était évidente : j'avais terriblement peur de la croiser face à face en sortant de chez moi. J'étais en train de retourner le problème dans ma tête pour la énième fois, me demandant si l'information allait se répandre dans le voisinage et si j'allais être affabulé irrémédiablement de la réputation de pervers, lorsque le carillon bruyant de la porte d'entrée me fit sursauter. J'envisageai un temps de ne pas venir ouvrir, craignant que ce ne soit déjà le début des ennuis, mais devant l'insistance du visiteur, je pris finalement sur moi et me dirigeai vers la porte d'entrée.
Grâce à la porte munie d'une vitre opacifiée en verre dans sa moitié supérieure, je fus tout de suite capable de reconnaître mon visiteur. L'ennui, c'est que lui aussi pouvait me voir à travers cette vitre, ou plutôt elle en l'occurrence. Pensant que le fait de me cacher après l'avoir reconnue m'aurait rendu encore plus coupable, j'ouvris la porte après une brève hésitation.
C'est une Camila tout sourire que j'accueillis devant ma porte, ce qui dissipa un peu mon appréhension.
— Holà ! fit-elle, de son accent espagnol chantant.
— Bonjour Camila, répondis-je, feignant la surprise, mais aussi l'assurance.
— Je viens récupérer la poêle à Paella que j'ai prêtée à tes parents pour leur soirée il y a deux semaines.
Comme je restai sans rien dire, désarçonné par la nature si banale de l'objet de sa visite, elle enchaîna :
— Je sais que tes parents sont partis, mais pourrais-tu essayer de la retrouver ? Nous recevons des amis demain et j'en aurai vraiment besoin pour cuisiner.
Reprenant un peu contenance je réussis à lui répondre avec un léger sourire forcé :
— Pas de problèmes, je crois savoir où elle se trouve, je reviens tout de suite !
Ce qui était bien évidemment faux, mais j'étais trop soulagé de voir que nos rapports étaient toujours tout aussi cordiaux. Je me mis à penser, en cherchant ladite poêle dans la cuisine que j'avais sans doute exagéré la situation et qu'après tout, rien ne me prouvait qu'elle m'avait réellement vu l'espionner le matin. J'entendis la porte claquer ce qui m'incita à reprendre mon inspection de plus belle, afin d'être vite débarrassé de la corvée ainsi que de Camila que je souhaitai tout de même voir regagner sa propriété le plus rapidement possible. Toujours plongé dans mes pensées, je m'accroupis au-dessus du tiroir contenant toutes les poêles et casseroles, poursuivant mon inspection minutieuse.
— Tu ne la trouves pas ? fit sa voix à quelques mètres de moi.
Je me relevai dans un sursaut et me cognai la tête contre la porte d'un placard ouvert. Camila était apparemment rentrée sans se gêner et me regardait, toujours souriante, trônant à quelques dizaines de centimètres de la position que j'avais occupée le matin même, devant le bar.
— Non, balbutiai-je, "peut-être qu'ils l'ont rangée à la cave, je vais aller voir". Je ne me sentais vraiment pas à l'aise de me trouver seul avec cette femme que je trouvai sexuellement attirante dans ma maison, qui plus est avec la porte qui s'était refermée. Aussi étais-je prêt à inventer n'importe quel prétexte pour mettre un peu de distance entre elle et moi.
— Hmm, fit-elle en laissant retomber sa main droite, "si tu la retrouves d'ici demain passe me la déposer chez moi - si je n'y suis pas, tu peux la laisser sur la table à l'entrée du jardin".
Soulagé par un tel dénouement, je lui promis de chercher encore un peu et d'appeler mes parents pour en savoir plus, si la mystérieuse poêle à Paella demeurait introuvable d'ici demain. Je la raccompagnai ensuite vers la porte, sans parvenir à rompre le silence gêné qui s'était installé entre nous depuis la fin des recherches.
Elle prit la clenche de la porte dans une main, et avant de l'abaisser se retourna vers moi. Elle ne souriait plus du tout et je remarquai avec effroi que son expression ressemblait à celle du matin.
— Tu as bien aimé ce que tu as vu ce matin ? dit-elle calmement.
Une brusque décharge d'adrénaline me parcourut de long en large, ma gorge devint sèche et je déglutis bruyamment.
— Comment ça ? articulai-je, tout en essayant de rassembler mes esprits pour trouver une parade à opposer aux récriminations qui n'allaient pas manquer de s'abattre.
Elle lâcha la poignée et avança de quelques pas dans ma direction :
— Je t'excite c'est ça ? Tu aimerais me baiser ? fit-elle, ignorant ma question, avec un air de défi dans le ton et dans le regard.
Sa respiration s'était accélérée chez elle aussi, et elle semblait tout aussi tendue que moi. Comme elle continuait sa progression dans ma direction, je m'écartai machinalement et elle fut de retour dans le séjour pour, à ma grande surprise, fermer les stores - qui étaient restés dans la même position que celle du matin.
— Viens ici, ferme la porte.
J'obéis encore machinalement, l'esprit toujours accaparé à trouver un moyen de me défendre dans le procès - le mien - qui s'annonçait. Nous restâmes un instant à nous fixer dans un silence pesant. Puis une nouvelle injonction me parvint :
— Mets-toi à poil.
— Quoi ? croassai-je, croyant avoir mal entendu.
— Tu as voulu me reluquer ce matin alors que j'étais en maillot ? Maintenant à mon tour et je veux te voir à poil.
— Non ce n'est pas ce que tu crois Camila, j'étais simplement interloqué de te voir entrer dans un tonneau d'eau froide à 10 heures du mat' !
C'était l'excuse la moins pitoyable que j'avais pu inventer dans le bref intervalle de temps dont j'avais disposé jusque-là.
— Tu n'es même pas foutu d'assumer en plus ! répliqua-t-elle, avec colère. "Tu crois que tu pourrais donner envie à une femme comme ça ? Je te fais bander, ose au moins l'assumer devant moi !".
Cette dernière pique à l'encontre de ma virilité eut pour effet de transformer la peur qui m'habitait en un léger sentiment de colère. Sentiment qui, alors que je commençai à me déshabiller, se transforma en du désir brut, sauvage et puissant.
Après avoir ôté mon t-shirt, je la regardai fixement dans les yeux en dégrafant ma ceinture. Je crus voir passer une once de satisfaction dans son regard pendant que je défaisais un à un les boutons de ma braguette. Avant de baisser mon short, je pris conscience que je commençai à avoir une solide érection et que cela allait sûrement se voir à travers mon caleçon. Je n'en fus que plus déterminé à aller jusqu'au bout, afin de lui faire regretter l'offense qu'elle m'avait faite.
Un dernier regard et ce fut au tour du caleçon de glisser le long de mes jambes. Mon sexe, enfin libre de ses mouvements, remonta brusquement et vint taper le bas de mon ventre dans un bruit mat. C'était désormais à mon tour de la contempler - alors que j'étais complètement nu devant elle et en érection - avec un air de défi.
Elle de son côté, paraissait presque satisfaite. Pleine de malice et souriant légèrement, elle me toisait de haut en bas, s'arrêtant souvent sur mon entrejambe, qui n'avait pas l'air d'avoir envie de se rétracter. J'étais terriblement excité et elle le sentait. Cela flattait sans doute son égo féminin de savoir qu'à presque 40 ans, elle faisait toujours ce genre d'effets à un jeune de 20 ans.
— J'ai envie de me branler, dis-je.
Comme elle ne bougeait pas, je portai ma main à mon sexe, et commençai à le malaxer doucement, la fixant toujours droit dans les yeux. Mon gland était extrêmement gonflé, si bien que le plaisir et l'excitation montaient en moi de manière exponentielle.
Avec la spontanéité - pour ne pas dire la brusquerie - qui caractérisait ses réactions, elle se défit de sa robe de plage à motif floral en la faisant coulisser par le haut et s'approcha doucement de moi. Elle portait le même maillot de bain rose que celui du matin. Une légère tache sombre ornait le bas de la culotte, et nous le remarquâmes tous deux. Cela ajouta encore à notre excitation mutuelle.
— Au moins là tu es sincère, fit-elle doucement, presque en chuchotant. "Cela demande plus de courage de se comporter comme un homme, mais bien souvent ce courage est récompensé".
Elle était à moins d'un mètre désormais, si bien que je pouvais sentir la chaleur de son corps, son odeur au parfum suave - légèrement vanillé - ainsi que le souffle de sa respiration. Elle vint poser ses deux bras sur mes épaules et se colla contre moi. Le bout de mon sexe entra en contact avec le bas de son ventre. J'étais électrisé par ce corps superbe sur lequel j'avais tant fantasmé ces derniers jours. Je continuai de me masturber en silence. De ma main libre, je commençai à lui caresser le corps, commençant vers le bas des cuisses, puis remontant progressivement jusqu'à attraper l'une de ses fesses, que je malaxai en me collant encore plus à elle. Je sentais maintenant ses seins moelleux plaqués contre moi. Elle vint nicher sa tête sur l'une de mes épaules et me susurra à l'oreille :
— Maintenant, jouis pour moi. Je veux sentir ton sperme chaud couler le long de mon corps.
Je ne prétends pas être capable de performances surhumaines en la matière, mais je crois avoir plus qu'honoré ma condition d'individu masculin en ayant tenu de longues minutes dans cette configuration. Le moment fatidique de la délivrance approchait désormais à grands pas. Je m'agrippai fermement à son cul de ma main libre et frottai mon gland contre elle, tout en continuant de me branler frénétiquement. Je fus agité de plusieurs spasmes et je vis bientôt le sperme couler le long de son ventre et venir imbiber son maillot de bain, une partie se faufilant entre le tissu et sa peau pour venir s'écouler à l'intérieur. De petites gouttes tombèrent sur le sol, produisant de petits "ploc" intermittents.
Nous restâmes collés l'un à l'autre durant un petit moment encore. Une émotion nouvelle semblait nous traverser, maintenant que la tension sexuelle s'était en partie dissipée.
Je me libérai finalement à contrecœur de son étreinte et observai le résultat. Elle était couverte de foutre sur tout le bas-ventre, le maillot et le haut de ses cuisses. De longs sillons s'étaient formés parcouraient sa peau bronzée en sinuant jusqu'à ses pieds. Je m'autocongratulai intérieurement, pleinement satisfait de ma prestation.
— Tu as des mouchoirs ? me demanda-t-elle d'un air narquois.
Ce soir-là je m'endormis de bonne heure, complètement détendu et avec la sensation de flotter sur un petit nuage. Je me sentais serein et accompli. De plus, l'activité insolite à laquelle je m'étais livré m'avait épuisé. Avant de m'endormir, je vérifiai une dernière fois mon téléphone. Une fois les messages et les notifications vérifiées, j'ouvris le répertoire, naviguai parmi les lettres de l'alphabet, puis considérai avec un sourire aux lèvres, le nouveau numéro ajouté plus tôt dans la soirée. Celui-ci était étiqueté au nom de "Camila".
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