Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les tontons tringleurs — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les tontons tringleurs
Chapitre 2
Les jumeaux furent absents une quinzaine de jours. Dans la voiture, ils débattirent de leurs dernières réticences concernant leur retour à l'école. L'oncle Robert comprit très vite que le problème outrepassait celui de la disparition brutale des parents de ses neveux.
— C'est lui le fameux Piotr dont vous parliez pendant votre petit déjeuner ?
— Oui… balbutia Janis.
— J'en étais sûr !
— Ah bon ? Pourquoi tu dis ça ?
— Les cons, j'ai mon truc pour les reconnaître. Restez-là !
— Mais qu'est-ce que tu vas faire, demanda Yannick affolé, tandis que son oncle sortait de la voiture.
Il avança à pas de loup vers le portail de l'école ; le garçon en question crânait encore de l'autre côté de la rue avec quelques potes. Les autres ne semblent valoir guère mieux songea Robert. Il observa la bande de petits caïds qui fanfaronnait devant un trio féminin.
— Il parait que les deux tapettes reviennent cette semaine, lança Piotr.
La phrase se destinait davantage aux trois filles qu'à ses potes. Elles rirent sans conviction, plus pour se défaire de la présence des scélérats. Déçu de ne pas déclencher l'hilarité, il se tourna vers ses copains et enchaîna une série de gestes maniérés. Il s'élança devant une voiture qu'il força à s'arrêter. Il mima une frousse exagérée puis gloussa des cris dignes d'un Michel Serrault dans la cage aux folles. Alors qu'il posait le pied sur le trottoir, il continua de narguer les conducteurs. Il heurta quelqu'un. Il se retourna prêt à engueuler l'impudent qui ne s'était pas sorti de son chemin à temps. Il leva la tête pour dévisager l'homme.
— C'est toi Piotr ? demanda le colosse courroucé.
— Euh… oui, bégaya le gamin.
— J'ai deux ou trois choses à te dire…
— Qu'est-ce qu'il me veut le vieux plouc ?
Piotr s'était vite remis de sa surprise et repris ses habitudes de malotru. Robert serra les mâchoires. Décidément, il osait tout ce con ! Robert gonfla ses joues ; il remua ses lèvres comme s'il se rinçait la bouche avec un fond de flacon trop concentré. Il cracha finalement quelques mots.
— L'homme de la pampa que tu trouves trop âgé préfèrerait ne pas devenir grossier. Les deux tapettes, comme tu dis, reviennent aujourd'hui. Ce sont mes neveux. Alors quoi que tu penses d'eux, je vais rester courtois, mais la vérité m'oblige à te le dire, tes conneries commencent à me les briser menues ! Je te demande pas d'être copains comme cochon mais si par malheur, il me revenait à l'oreille que tu n'as pas assez prêté attention à mon laïus, que tu continues tes vannes de décérébré, je me sentirais dans l'obligation de te nettoyer les esgourdes. Si t'as les portugaises encrassées, je m'en vais te faire une ordonnance. Et une sévère ! Je vais te montrer qui c'est Robert. T'auras les joues si rouges qu'aux quatre coins de la ville on les prendra pour un phare. Moi quand on en fait trop à la famille, je correctionne plus : je gifle, je tarte, je taloche. C'est bien compris ?
— Oui, balbutia Piotr interdit.
— Alors fout vite le camp tant que je contrôle mes doigts !
Robert retourna à sa voiture. Il s'installa confortablement au volant, satisfait de son entrevue avec ce petit con qui gâchait la vie de ses neveux.
— Qu'est-ce que tu lui as dit ?
— Oh, trois fois rien… Mais je crois qu'il devrait vous laisser tranquille un moment. Mais s'il s'avère que je me suis trompé, tenez-moi informé, histoire qu'on ne laisse pas traîner les malentendus.
— Tonton, tu es le meilleur !
Les jumeaux quittèrent l'abri de la voiture avec une boule au ventre qui fondait comme un glaçon perdu dans une tasse de chocolat. Ils avaient hâte de vérifier l'effet des promesses de leur oncle sur leur tourmenteur.
Les jours, les semaines puis des mois passèrent. La bienveillance de leur oncle adoucit la vie de Yannick et Janis. Robert arrivait toujours en avance à la sortie des cours et les attendaient ostensiblement au portail. Piotr cessa d'harceler les jumeaux. L'année scolaire arriva à son terme. Ils changèrent d'école. Outre les tensions avec certains élèves, la distance qui séparait leur nouveau domicile de l'établissement rendait pénible les trajets quotidiens. Mais surtout, l'accident de leurs parents restait lié à ce lieu. Chaque fois que les jumeaux croisaient le directeur, ils se revoyaient dans le bureau. Ils étaient persuadés que l'inverse était tout aussi vrai. Ils le sentaient dans le ton rembruni que sa voix prenait inconsciemment à chaque fois qu'il leur adressait quelques mots, même un banal bonjour. Ce déménagement présentait maints avantages, cependant un point demeurait négatif. Ils redoutaient que leur amitié envers Rosa‑Maria en vienne à s'effilocher malgré leur promesse de tout mettre en œuvre pour ne pas se perdre de vue.
Les dix‑huit ans de Yannick et Janis furent l'occasion de rassembler la famille autour d'eux pour une occasion joyeuse, à laquelle leur amie fut invitée à se joindre. Les jumeaux reçurent un lot de chèques ou de billets. Oncles et tantes convinrent que les deux frères achèteraient ainsi une kyrielle de choses qui leurs plairaient davantage que ce qu'eux-mêmes pouvaient choisir. La tante Martine qui trainait une réputation de stakhanoviste du discours, récita celui qu'elle avait préparé depuis des mois.
— Je me demandais quand nous aurions droit au romantisme de la Martine ! J'irais pas jusqu'à dire que ça me manquait. C'est vrai qu'elle n'a pas trop l'occasion de nous faire profiter de son art ces derniers temps.
— C'est curieux chez les Martine ce besoin de faire des phrases… J'en ai connu une, ça la prenait dès le matin au petit déjeuner. Une blonde comac ! Comment qu'elle s'appelait nom de dieu ?
— Martine Alécol ? répondit Robert.
— Tiens sers-moi un verre de ta gnôle…celle pour adultes !
— Tu veux que je sorte le vitriol, frangin ? Viens… laissons les auditeurs à leur concentration.
Ils entrèrent dans la cuisine. Robert ouvrit le buffet et tira une bouteille atypique de derrière la vaisselle. Il planquait là cet élixir diabolique.
— Faut reconnaitre, c'est du brutal.
La fête s'éternisa jusque tard dans la nuit. Après une succession d'happy birthday to you, les jumeaux
rejoignirent la chambre qu'ils partageaient, une grande pièce aménagée à la hâte à leur arrivée. Robert avait promis de leur faire une chambre chacun mais ils préférèrent continuer ainsi. La taille de leur piaule permit d'héberger Rosa-Maria avec qui ils palabrèrent encore quelques heures après le départ des derniers convives.
— J'ai un autre petit cadeau pour vous deux. J'espère que ça vous plaira. À vrai dire j'ai longtemps hésité à le faire.
Rosa-Maria tournait autour du pot, excitant la curiosité de ses hôtes. Ils la pressèrent de cesser de les faire languir. Elle remit à chacun un petit paquet. Ils déchirèrent l'emballage de papier rose. Quelques secondes suffirent pour découvrir le contenu. Ils restèrent silencieux.
— Mince, ça n'a pas l'air de vous emballer ?
— Si, au contraire. On en parlait entre nous ces derniers temps, pendant la préparation de l'anniversaire, l'arrivée de nos dix-huit ans, tout ça...
Ils la remercièrent pour ce présent inattendu, presque religieusement. Ils appréciaient qu'elle ait choisi de n'être que tous les trois pour leur remettre ce cadeau.
— Et bien alors, qu'attendez-vous pour faire l'essai ?
— Là, tout de suite, devant toi ?
— Ben oui… ne soyez pas si pudiques. Bon je me retourne si vous voulez. Prévenez-moi lorsque je peux mater comment ça vous va.
Les jumeaux hésitèrent quelques secondes mais se prêtèrent au jeu au bout du compte. Ils ôtèrent leurs vêtements puis enfilèrent le sous-vêtement de dentelles rose. Le contact de la matière provoqua un début d'érection. Ils atermoyèrent le moment de se montrer à leur amie.
— Alors ?
— Ben c'est que… on a un petit problème.
— Lequel ?
— Euh…
En l'absence de réponse, Rosa-Maria se retourna. Les jumeaux rougirent. Ils cachèrent de leurs mains la réaction que provoquait cet essayage. La fille éclata de rire.
— Au moins ça prouve que ça vous plait !
— Oui, on peut voir les choses ainsi.
— De toute manière, ça ne peut être moi qui occasionne cette réaction !
— Tu crois que Piotr avait raison ?
— Ben, ne me faites pas croire que vous découvrez que vous n'êtes pas vraiment attirés par les filles ? Sur le fond… Sa formulation est un peu violente et irrespectueuse. Il n'a pas à vous harceler et se moquer de vous. Après… techniquement vous êtes des garçons plutôt attirés par des garçons. À moins que vous ne vous identifiiez davantage à des filles. Auquel cas, l'intérêt pour la gent masculine est dans la logique des choses.
— À vrai dire, ça n'est pas encore très clair pour nous.
— Bon, tournez-vous que je vérifie comment ça vous va.
Rosa-Maria émit un sifflement admiratif. Les jumeaux sursautèrent lorsqu'ils sentirent une main leur caresser les fesses. Leurs joues rosirent à nouveau.
— Ça vous fait un très beau cul, les… j'hésite… les garçons, les filles ?
— Comme tu voudras. Venant de toi, rien n'est vexant.
— Et… vous avez déjà… ? Euh, tous les deux ?
— Non. Nous sommes encore vierges et puceaux.
Le visage des jumeaux se transforma thermomètre ; le rose s'échappa des joues pour virer au rouge. Un bref silence s'installa, vite repoussé par les questions de Rosa-Maria. Elle surprit les deux frères qui ne la connaissaient pas si salace. Troublante découverte.
Un bruit de porte perturba la discussion. La porte des toilettes selon Janis ; leur oncle ayant bu plus que de raison lors de cette soirée devait vider sa vessie. Pour ne pas risquer qu'il n'entende ce dont ils parlaient, tous se rapprochèrent pour causer à voix basse. Rosa-Maria posa une main sur la cuisse de Yannick tandis qu'elle adressa un baiser furtif à son frère. Déconcerté, il recula, à contre-temps.
— Tu n'aimes pas ?
— Si… c'est juste que je ne m'attendais pas à ça.
Cette fois ce fut lui qui approcha ses lèvres et personne ne recula. Yannick protesta d'être laissé à l'abandon. Pour sa peine, Rosa-Maria déplaça sa main de la cuisse à l'entrejambe. Fin des objections ! La main habile obtint une rapide érection.
— Devinez ce que j'aimerais...
Les jumeaux se regardèrent d'un œil dubitatif. Ils haussèrent les épaules.
— Ce que vous êtes quiches, les filles ! continua Rosa-Maria, moqueuse.
Elle réprima une envie d'éclater de rire et plaisanta sur leur manque d'imagination et d'initiative. Elle ne se découragea pas pour autant. Elle leur révéla son désir de les voir s'embrasser dans un premier temps puis, pressant le bout de son pouce contre celui de l'index, elle mima une pénétration avec le majeur de son autre main.
— J'adorerais voir deux mecs en train de… enfin pas n'importe quels mecs, vous voyez ce que je veux dire ?
— Mais on n'a jamais… et puis ça doit être douloureux.
— C'est pas comme si vous aviez des bites d'acteurs porno ! Je vous proposerais bien mon cul en guise de récompense mais je ne suis pas sûre que ce soit le genre de truc qui vous motive.
— Et tu voudrais faire ça quand ?
— Lorsque vous vous sentirez prêts. Mais il faut battre le fer quand il est chaud, dit-on. Alors pourquoi pas maintenant ? Ne vous inquiétez pas, j'ai du gel dans mon sac…
— Tu avais vraiment prévu ton coup !
— Oui ! À vrai dire cela fait un moment que je tâte le terrain, que j'essaye de vous aiguiller sur cette piste mais j'ai bien compris que vous attendiez d'avoir dix-huit ans pour sauter le pas. Alors si je pouvais tâter autre chose que le terrain pendant que vous sautez plus que le pas… Qui souhaite défourailler le premier ?
En l'absence de réponse, Rosa‑Maria proposa de tirer au sort mais Yannick se décida à décrocher la lune de son frère.
— T'inquiètes pas Janis, je vais te préparer avec mes doigts. Ce ne sera que du bonheur. Écoute, tu ne connais pas encore, mais laisse-moi te dire que tu te prépares des nuits blanches… après ça, tu ne souhaiteras plus dormir quand tu monteras sur un lit.
— Tu as l'air bien sûre de toi ; tu as beaucoup testé ?
— On évoquera tout ça une autre fois.
Il se mit en place, à genou sur le lit. Rosa-Maria déposa du gel au bout de son majeur puis posa le tube sur le dos du jumeau qu'elle s'apprêtait à dépuceler. Ainsi à portée de main, elle pourrait en ajouter à volonté pour le plus grand confort de Janis. Elle introduisit son doigt qu'elle fit coulisser le plus délicatement possible. Elle vrilla son poignet. Elle ne fut guère surprise de constater que la manœuvre séduisait le garçon. Avant même qu'il ne gémisse, il exprimait son bonheur d'un roulement de fesses inconscient. L'anus acceptait la pénétration comme si la première d'une longue série datait de sa préhistoire sexuelle. Rosa‑Maria enduisit alors l'index que le muscle vorace aspira sans rechigner.
— T'es sûr de ne pas te faire enculer par ton ours en peluche pendant ton sommeil ?
— Pourquoi ? demanda Janis, naïf.
— Ton trou du cul s'ouvre tout seul quand mon doigt s'approche, comme l'entrée d'un supermarché !
Rosa‑Maria pouffa. Une brûlante moiteur gagna son entrejambe. Elle avait hâte de contempler les deux frères copuler. Elle caressa le cul rose et se mit à rêver de volées de claques, de mains qui disparaissaient dans des fondements tant masculins que féminins. Plus tard, peut-être pourrait-elle se permettre ce genre de familiarités. Elle serra les cuisses qui emprisonnèrent sa main gauche.
— C'est lui le fameux Piotr dont vous parliez pendant votre petit déjeuner ?
— Oui… balbutia Janis.
— J'en étais sûr !
— Ah bon ? Pourquoi tu dis ça ?
— Les cons, j'ai mon truc pour les reconnaître. Restez-là !
— Mais qu'est-ce que tu vas faire, demanda Yannick affolé, tandis que son oncle sortait de la voiture.
Il avança à pas de loup vers le portail de l'école ; le garçon en question crânait encore de l'autre côté de la rue avec quelques potes. Les autres ne semblent valoir guère mieux songea Robert. Il observa la bande de petits caïds qui fanfaronnait devant un trio féminin.
— Il parait que les deux tapettes reviennent cette semaine, lança Piotr.
La phrase se destinait davantage aux trois filles qu'à ses potes. Elles rirent sans conviction, plus pour se défaire de la présence des scélérats. Déçu de ne pas déclencher l'hilarité, il se tourna vers ses copains et enchaîna une série de gestes maniérés. Il s'élança devant une voiture qu'il força à s'arrêter. Il mima une frousse exagérée puis gloussa des cris dignes d'un Michel Serrault dans la cage aux folles. Alors qu'il posait le pied sur le trottoir, il continua de narguer les conducteurs. Il heurta quelqu'un. Il se retourna prêt à engueuler l'impudent qui ne s'était pas sorti de son chemin à temps. Il leva la tête pour dévisager l'homme.
— C'est toi Piotr ? demanda le colosse courroucé.
— Euh… oui, bégaya le gamin.
— J'ai deux ou trois choses à te dire…
— Qu'est-ce qu'il me veut le vieux plouc ?
Piotr s'était vite remis de sa surprise et repris ses habitudes de malotru. Robert serra les mâchoires. Décidément, il osait tout ce con ! Robert gonfla ses joues ; il remua ses lèvres comme s'il se rinçait la bouche avec un fond de flacon trop concentré. Il cracha finalement quelques mots.
— L'homme de la pampa que tu trouves trop âgé préfèrerait ne pas devenir grossier. Les deux tapettes, comme tu dis, reviennent aujourd'hui. Ce sont mes neveux. Alors quoi que tu penses d'eux, je vais rester courtois, mais la vérité m'oblige à te le dire, tes conneries commencent à me les briser menues ! Je te demande pas d'être copains comme cochon mais si par malheur, il me revenait à l'oreille que tu n'as pas assez prêté attention à mon laïus, que tu continues tes vannes de décérébré, je me sentirais dans l'obligation de te nettoyer les esgourdes. Si t'as les portugaises encrassées, je m'en vais te faire une ordonnance. Et une sévère ! Je vais te montrer qui c'est Robert. T'auras les joues si rouges qu'aux quatre coins de la ville on les prendra pour un phare. Moi quand on en fait trop à la famille, je correctionne plus : je gifle, je tarte, je taloche. C'est bien compris ?
— Oui, balbutia Piotr interdit.
— Alors fout vite le camp tant que je contrôle mes doigts !
Robert retourna à sa voiture. Il s'installa confortablement au volant, satisfait de son entrevue avec ce petit con qui gâchait la vie de ses neveux.
— Qu'est-ce que tu lui as dit ?
— Oh, trois fois rien… Mais je crois qu'il devrait vous laisser tranquille un moment. Mais s'il s'avère que je me suis trompé, tenez-moi informé, histoire qu'on ne laisse pas traîner les malentendus.
— Tonton, tu es le meilleur !
Les jumeaux quittèrent l'abri de la voiture avec une boule au ventre qui fondait comme un glaçon perdu dans une tasse de chocolat. Ils avaient hâte de vérifier l'effet des promesses de leur oncle sur leur tourmenteur.
Les jours, les semaines puis des mois passèrent. La bienveillance de leur oncle adoucit la vie de Yannick et Janis. Robert arrivait toujours en avance à la sortie des cours et les attendaient ostensiblement au portail. Piotr cessa d'harceler les jumeaux. L'année scolaire arriva à son terme. Ils changèrent d'école. Outre les tensions avec certains élèves, la distance qui séparait leur nouveau domicile de l'établissement rendait pénible les trajets quotidiens. Mais surtout, l'accident de leurs parents restait lié à ce lieu. Chaque fois que les jumeaux croisaient le directeur, ils se revoyaient dans le bureau. Ils étaient persuadés que l'inverse était tout aussi vrai. Ils le sentaient dans le ton rembruni que sa voix prenait inconsciemment à chaque fois qu'il leur adressait quelques mots, même un banal bonjour. Ce déménagement présentait maints avantages, cependant un point demeurait négatif. Ils redoutaient que leur amitié envers Rosa‑Maria en vienne à s'effilocher malgré leur promesse de tout mettre en œuvre pour ne pas se perdre de vue.
Les dix‑huit ans de Yannick et Janis furent l'occasion de rassembler la famille autour d'eux pour une occasion joyeuse, à laquelle leur amie fut invitée à se joindre. Les jumeaux reçurent un lot de chèques ou de billets. Oncles et tantes convinrent que les deux frères achèteraient ainsi une kyrielle de choses qui leurs plairaient davantage que ce qu'eux-mêmes pouvaient choisir. La tante Martine qui trainait une réputation de stakhanoviste du discours, récita celui qu'elle avait préparé depuis des mois.
— Je me demandais quand nous aurions droit au romantisme de la Martine ! J'irais pas jusqu'à dire que ça me manquait. C'est vrai qu'elle n'a pas trop l'occasion de nous faire profiter de son art ces derniers temps.
— C'est curieux chez les Martine ce besoin de faire des phrases… J'en ai connu une, ça la prenait dès le matin au petit déjeuner. Une blonde comac ! Comment qu'elle s'appelait nom de dieu ?
— Martine Alécol ? répondit Robert.
— Tiens sers-moi un verre de ta gnôle…celle pour adultes !
— Tu veux que je sorte le vitriol, frangin ? Viens… laissons les auditeurs à leur concentration.
Ils entrèrent dans la cuisine. Robert ouvrit le buffet et tira une bouteille atypique de derrière la vaisselle. Il planquait là cet élixir diabolique.
— Faut reconnaitre, c'est du brutal.
La fête s'éternisa jusque tard dans la nuit. Après une succession d'happy birthday to you, les jumeaux
rejoignirent la chambre qu'ils partageaient, une grande pièce aménagée à la hâte à leur arrivée. Robert avait promis de leur faire une chambre chacun mais ils préférèrent continuer ainsi. La taille de leur piaule permit d'héberger Rosa-Maria avec qui ils palabrèrent encore quelques heures après le départ des derniers convives.
— J'ai un autre petit cadeau pour vous deux. J'espère que ça vous plaira. À vrai dire j'ai longtemps hésité à le faire.
Rosa-Maria tournait autour du pot, excitant la curiosité de ses hôtes. Ils la pressèrent de cesser de les faire languir. Elle remit à chacun un petit paquet. Ils déchirèrent l'emballage de papier rose. Quelques secondes suffirent pour découvrir le contenu. Ils restèrent silencieux.
— Mince, ça n'a pas l'air de vous emballer ?
— Si, au contraire. On en parlait entre nous ces derniers temps, pendant la préparation de l'anniversaire, l'arrivée de nos dix-huit ans, tout ça...
Ils la remercièrent pour ce présent inattendu, presque religieusement. Ils appréciaient qu'elle ait choisi de n'être que tous les trois pour leur remettre ce cadeau.
— Et bien alors, qu'attendez-vous pour faire l'essai ?
— Là, tout de suite, devant toi ?
— Ben oui… ne soyez pas si pudiques. Bon je me retourne si vous voulez. Prévenez-moi lorsque je peux mater comment ça vous va.
Les jumeaux hésitèrent quelques secondes mais se prêtèrent au jeu au bout du compte. Ils ôtèrent leurs vêtements puis enfilèrent le sous-vêtement de dentelles rose. Le contact de la matière provoqua un début d'érection. Ils atermoyèrent le moment de se montrer à leur amie.
— Alors ?
— Ben c'est que… on a un petit problème.
— Lequel ?
— Euh…
En l'absence de réponse, Rosa-Maria se retourna. Les jumeaux rougirent. Ils cachèrent de leurs mains la réaction que provoquait cet essayage. La fille éclata de rire.
— Au moins ça prouve que ça vous plait !
— Oui, on peut voir les choses ainsi.
— De toute manière, ça ne peut être moi qui occasionne cette réaction !
— Tu crois que Piotr avait raison ?
— Ben, ne me faites pas croire que vous découvrez que vous n'êtes pas vraiment attirés par les filles ? Sur le fond… Sa formulation est un peu violente et irrespectueuse. Il n'a pas à vous harceler et se moquer de vous. Après… techniquement vous êtes des garçons plutôt attirés par des garçons. À moins que vous ne vous identifiiez davantage à des filles. Auquel cas, l'intérêt pour la gent masculine est dans la logique des choses.
— À vrai dire, ça n'est pas encore très clair pour nous.
— Bon, tournez-vous que je vérifie comment ça vous va.
Rosa-Maria émit un sifflement admiratif. Les jumeaux sursautèrent lorsqu'ils sentirent une main leur caresser les fesses. Leurs joues rosirent à nouveau.
— Ça vous fait un très beau cul, les… j'hésite… les garçons, les filles ?
— Comme tu voudras. Venant de toi, rien n'est vexant.
— Et… vous avez déjà… ? Euh, tous les deux ?
— Non. Nous sommes encore vierges et puceaux.
Le visage des jumeaux se transforma thermomètre ; le rose s'échappa des joues pour virer au rouge. Un bref silence s'installa, vite repoussé par les questions de Rosa-Maria. Elle surprit les deux frères qui ne la connaissaient pas si salace. Troublante découverte.
Un bruit de porte perturba la discussion. La porte des toilettes selon Janis ; leur oncle ayant bu plus que de raison lors de cette soirée devait vider sa vessie. Pour ne pas risquer qu'il n'entende ce dont ils parlaient, tous se rapprochèrent pour causer à voix basse. Rosa-Maria posa une main sur la cuisse de Yannick tandis qu'elle adressa un baiser furtif à son frère. Déconcerté, il recula, à contre-temps.
— Tu n'aimes pas ?
— Si… c'est juste que je ne m'attendais pas à ça.
Cette fois ce fut lui qui approcha ses lèvres et personne ne recula. Yannick protesta d'être laissé à l'abandon. Pour sa peine, Rosa-Maria déplaça sa main de la cuisse à l'entrejambe. Fin des objections ! La main habile obtint une rapide érection.
— Devinez ce que j'aimerais...
Les jumeaux se regardèrent d'un œil dubitatif. Ils haussèrent les épaules.
— Ce que vous êtes quiches, les filles ! continua Rosa-Maria, moqueuse.
Elle réprima une envie d'éclater de rire et plaisanta sur leur manque d'imagination et d'initiative. Elle ne se découragea pas pour autant. Elle leur révéla son désir de les voir s'embrasser dans un premier temps puis, pressant le bout de son pouce contre celui de l'index, elle mima une pénétration avec le majeur de son autre main.
— J'adorerais voir deux mecs en train de… enfin pas n'importe quels mecs, vous voyez ce que je veux dire ?
— Mais on n'a jamais… et puis ça doit être douloureux.
— C'est pas comme si vous aviez des bites d'acteurs porno ! Je vous proposerais bien mon cul en guise de récompense mais je ne suis pas sûre que ce soit le genre de truc qui vous motive.
— Et tu voudrais faire ça quand ?
— Lorsque vous vous sentirez prêts. Mais il faut battre le fer quand il est chaud, dit-on. Alors pourquoi pas maintenant ? Ne vous inquiétez pas, j'ai du gel dans mon sac…
— Tu avais vraiment prévu ton coup !
— Oui ! À vrai dire cela fait un moment que je tâte le terrain, que j'essaye de vous aiguiller sur cette piste mais j'ai bien compris que vous attendiez d'avoir dix-huit ans pour sauter le pas. Alors si je pouvais tâter autre chose que le terrain pendant que vous sautez plus que le pas… Qui souhaite défourailler le premier ?
En l'absence de réponse, Rosa‑Maria proposa de tirer au sort mais Yannick se décida à décrocher la lune de son frère.
— T'inquiètes pas Janis, je vais te préparer avec mes doigts. Ce ne sera que du bonheur. Écoute, tu ne connais pas encore, mais laisse-moi te dire que tu te prépares des nuits blanches… après ça, tu ne souhaiteras plus dormir quand tu monteras sur un lit.
— Tu as l'air bien sûre de toi ; tu as beaucoup testé ?
— On évoquera tout ça une autre fois.
Il se mit en place, à genou sur le lit. Rosa-Maria déposa du gel au bout de son majeur puis posa le tube sur le dos du jumeau qu'elle s'apprêtait à dépuceler. Ainsi à portée de main, elle pourrait en ajouter à volonté pour le plus grand confort de Janis. Elle introduisit son doigt qu'elle fit coulisser le plus délicatement possible. Elle vrilla son poignet. Elle ne fut guère surprise de constater que la manœuvre séduisait le garçon. Avant même qu'il ne gémisse, il exprimait son bonheur d'un roulement de fesses inconscient. L'anus acceptait la pénétration comme si la première d'une longue série datait de sa préhistoire sexuelle. Rosa‑Maria enduisit alors l'index que le muscle vorace aspira sans rechigner.
— T'es sûr de ne pas te faire enculer par ton ours en peluche pendant ton sommeil ?
— Pourquoi ? demanda Janis, naïf.
— Ton trou du cul s'ouvre tout seul quand mon doigt s'approche, comme l'entrée d'un supermarché !
Rosa‑Maria pouffa. Une brûlante moiteur gagna son entrejambe. Elle avait hâte de contempler les deux frères copuler. Elle caressa le cul rose et se mit à rêver de volées de claques, de mains qui disparaissaient dans des fondements tant masculins que féminins. Plus tard, peut-être pourrait-elle se permettre ce genre de familiarités. Elle serra les cuisses qui emprisonnèrent sa main gauche.
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Commentaires ()
Je commente rarement (jamais?) mais les références à un film de 1963 sont particulièrement savoureuses. :)
Merci. ;)