Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Inseme — Chapitre 8 · Retour au calme
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Inseme
Chapitre 8 · Retour au calme
« Some things are best forgotten
Like Orpheus, don't look back
The best years are waiting for you
And then the clouds break
A ray of sunlight, gloria!
As if a promise
Some strange kind of euphoria. »
Like Orpheus, don't look back
The best years are waiting for you
And then the clouds break
A ray of sunlight, gloria!
As if a promise
Some strange kind of euphoria. »
(Killing Joke : Euphoria)
- … Alors ? T'en penses quoi de mon idée, p'pa ?
Il tapote nerveusement la table du bout de ses doigts.
— Dans l'absolu, je suis pas contre, évidemment, mais... C'est un peu tôt, non ? Tu veux pas attendre un peu ?
Je reste farouchement obstinée :
— Non ! C'est maintenant que ça compte. De toute façon, ça finira comme ça, quoiqu'il arrive. Autant en profiter pour qu'en plus ce soit utile, non ? Si ça peut aider à régler un problème...
— Bon... Alors, fais-le ! T'es confiante ?
Je ne puis m'empêcher de sourire :
— T'as de ces questions, toi ! Bien sûr que non !
— Bah.. Je suis sûr que ça ira, t'en fais pas...
— Hmm... On verra... Bref ! Plus un mot là-dessus pour le moment, d'accord ?
Il accepte. Nous reportons notre attention sur notre petit-déjeuner, mais lorsqu' Emma surgit discrètement, pourtant encore à quelques mètres derrière lui, il lance triomphalement :
— Bien dormi, Emma ?
Comme chaque jour depuis notre arrivée, celle-ci fait semblant de s'offusquer en riant de s'être fait repérer aussi facilement. A quelque chose malheur est bon, les éclats et chagrins d'hier, suivis de notre conversation ont rebattu les cartes. Nous sommes plus apaisées, d'humeur plus légère. Et c'est plutôt agréable.
— De quoi vous parliez avant que j'arrive ? Demande Emma.
Je réponds évasivement :
— Bof... De tout et de rien.
Elle a un reniflement de mépris feint.
— Pfeuh ! Ça sent les cachotteries à plein nez, hmm ? Bref, il y a quelque chose au programme pour ce matin ?
Mon père se touche la tempe de l'index pour indiquer qu'il a oublié de mentionner un détail important :
— Ah oui, c'est vrai ! Je voulais vous en parler. Euh... Il n'y a rien de prévu, parce que... Euh... Je dois retrouver Ghjulia pour diverses affaires à régler. Ça vous embête, si je vous laisse faire ce que vous voulez de votre côté, ce matin ?
— Non, réponds-je nonchalamment. On trouvera bien un truc à faire.
— Quel genre d'affaires à régler ? Demande Emma d'un ton assez inquisiteur.
— Oh, euh... Rien de bien intéressant...
Papa a l'air soudain très mal à l'aise et ses réponses se font bien plus évasives, mais ma puce ne lâche pas le morceau.
— Vraiment ? A propos de cachotteries, tu es sûr de ne pas avoir un truc à nous dire, par hasard ?
Je les regarde tour à tour, sourcils froncés. Il a l'air en panique et elle de plus en plus amusée par la situation.
— Euh... Je vois pas ce que tu veux dire... Qu'est-ce que tu insinues, exactement ?
Elle poursuit :
— Oh, bin, attends, tu vas vite voir : par exemple, je suis étonnée que tu passes autant de temps, voire même de plus en plus de temps avec Ghjulia ; que quand vous êtes ensemble, vous semblez avoir un nombre incalculable de choses à vous raconter, alors que dès qu'on est en votre présence, vous avez l'air tout gênés et n'avez plus rien à vous dire. Je pourrais aussi parler du fait que depuis que tu la connais, tu as l'air beaucoup plus gai qu'avant. Et même si j'osais, je mentionnerais le fait que l'autre soir en rentrant tu portais l'odeur de son parfum sur toi... Richard Lamarne, vous êtes accusé de sortir en secret avec Ghjulia Ucciani !
Je recrache ma gorgée de café, sous l'effet du choc.
— Quoi ? C'est vrai ?
Papa vire alors tellement au rouge que je comprends instantanément que l' « accusation » est fondée.
— Euh... Eh bien... En fait... Oui...
J'en reste éberluée. J'en oublie même de respirer.
— Félicitations ! C'est sérieux entre vous ? Tu comptais nous le dire quand ?
— Euh... « Sérieux »... je sais pas trop. J'ai un peu passé l'âge des amourettes de vacances, tu sais ! Mais c'est trop récent pour me faire une idée très précise sur où ça va nous mener, mais oui, dans l'état actuel des choses, ça se passe bien. Et... Ça pourrait marcher. J'avais pas l'intention d'aborder le sujet avec vous avant d'en savoir plus moi-même sur où on en était. Mais faut croire qu'il y a une petite fouineuse qui est plus maline que tout le monde.
Il dit ça en souriant. On sent qu'il n'en veut pas à Emma d'avoir révélé son petit secret. Je connais mon père, je sais que dans le fond, il lui en est même reconnaissant : ça lui évite d'avoir à trouver lui-même une manière d'aborder le sujet.
— En tout cas, c'est super pour toi. J'espère que ça ira bien entre vous. Vous formez un joli couple. Pas vrai, mon cœur ?... Mon cœur ?
Je suis murée dans le silence. Je n'arrive pas à articuler un mot, ni à faire un geste. Je suis complètement déboussolée. Le pire, c'est qu'en y repensant, j'avais été la première à remarquer le changement dans son attitude, qui aurait pu (dû?) me mettre la puce à l'oreille. Pourtant, avec tout ce qu'il s'est passé depuis, ça m'est complètement sortie de l'esprit. J'essaie de trouver quelque chose à dire :
— Euh... Oui... Oui... Sans doute...
— Tu es pas d'accord ? Demande Emma.
— Euh... Je sais pas... Si... Je crois...
— Tu désapprouves? Demande papa, inquiet.
Je me reprends aussitôt.
— Non, non ! Pas du tout ! C'est juste que... Je t'ai toujours connu célibataire, depuis que maman... Enfin... Depuis toujours, pour moi... Ça m'est toujours apparu comme un état naturel. Alors voir cet ordre bousculé, ça me perturbe. Ne te méprends surtout pas. Je suis pas en train de dire que tu dois rester tout seul jusqu'à la fin de ta vie, en plus Ghjulia, elle a l'air chouette, et tout. C'est juste que je suis pas habituée à t'imaginer en couple. Je suis super contente pour toi, sincèrement. Tu mérites vraiment d'être heureux. Et si c'est avec elle, c'est encore mieux, mais... Eh bien... Laisse-moi juste un peu de temps pour encaisser. Il me faut juste un temps d'adaptation, tu vois ce que je veux dire ?
Il me répond avec un ton rassurant :
— Bien sûr. C'est bien normal ! C'est un peu aussi pour ça que je voulais attendre d'être un peu plus à l'aise pour aborder le sujet. Mais la chipie qui est à côté de toi a tout fichu en l'air.
Nous éclatons de rire, tous les trois. Il ajoute alors :
— Je voudrais te dire aussi une chose qui me paraît importante : si les choses se concrétisent sur le long terme avec Ghjulia, j'espère évidemment que vous vous entendrez bien. Ça vaut pour toi aussi, Emma. Mais, Laure, sache qu'à aucun moment, je m'attends à ce qu'elle prenne la place de qui que ce soit. Nous nous accompagnons mutuellement, mais elle ne remplacera personne. Ni auprès de moi, et encore moins auprès de toi. Tu comprends ?
Je comprends. C'est très clair. C'est sa nouvelle compagne, pas ma nouvelle mère. Je crois que je peux faire avec. N'empêche qu'il va quand même me falloir quelques jours pour avaler la pilule.
Un instant plus tard, lorsqu'il part la retrouver, je lui lance en plaisantant :
Un instant plus tard, lorsqu'il part la retrouver, je lui lance en plaisantant :
— Va pas me faire un petit frère, hein ? J'ai déjà bien assez de Maria-Stella et Anthony !
Il part en riant. Dans mon dos, j'entends la voix de ma puce qui semble réfléchir à haute voix :
— Ghjulia en belle-mère, Sté' et Antò en guise de quasi demi-frère et sœur... La famille Lamarne s'agrandit à vue d'œil...
Pensive, je ne réponds rien. Je me dis qu'elle a pas tort. Et plus je cogite, plus je suis convaincu du bien-fondé de mon grand projet la concernant. Je vais m'y atteler dès à présent...
Comme nous n'avons rien de particulier à faire ce matin, j'en profite pour envoyer des textos à Sté' et à Agathe. Elles me répondent rapidement. Parfait. Tout coïncide. On réglera ça demain.
Emma passe le reste de la matinée à vérifier que je ne suis pas trop bouleversée par la révélation de mon père. Ça aussi, c'est parfait : non seulement ça me fait du bien de la savoir près de moi pour me soutenir, mais en plus, ça lui fait oublier un peu ses propres problèmes.
Emma passe le reste de la matinée à vérifier que je ne suis pas trop bouleversée par la révélation de mon père. Ça aussi, c'est parfait : non seulement ça me fait du bien de la savoir près de moi pour me soutenir, mais en plus, ça lui fait oublier un peu ses propres problèmes.
Dans l'après-midi, nous descendons à la plage. En la traversant, nous apercevons Clément, de loin. Il a mis le grappin sur une autre fille à qui il fait son petit numéro de charme. Ça a l'air de fonctionner plutôt bien, vu comment elle est hilare. Nous l'ignorons superbement pour rejoindre nos deux copines qui sont déjà là et nous accueillent à bras ouverts.
Pendant une seconde, je pense à demander à Sté' si elle est au courant que nous sommes « presque demi-sœurs », mais je me retiens. Si ça se trouve, sa mère n'a pas du tout envie de rendre l'affaire publique, et n'en a pas encore parlé à ses enfants. C'est certainement pas à moi de balancer. Tiens, je commence à assimiler la loi de l'omertà, moi... Le folklore local commence à déteindre sur moi.
Pendant une seconde, je pense à demander à Sté' si elle est au courant que nous sommes « presque demi-sœurs », mais je me retiens. Si ça se trouve, sa mère n'a pas du tout envie de rendre l'affaire publique, et n'en a pas encore parlé à ses enfants. C'est certainement pas à moi de balancer. Tiens, je commence à assimiler la loi de l'omertà, moi... Le folklore local commence à déteindre sur moi.
Le temps passe dans la joie et la bonne humeur, lorsque Sté' s'exclame :
— Mi ! Mon frère est de retour.
Effectivement, au loin, Antò traverse la plage d'un pas alerte. Nous le suivons du regard un instant. Il fait un détour vers Clément, s'arrête près de lui et entame la conversation. Nous voyons ce dernier faire de grands gestes dont certains semblent pointer dans notre direction. Le dialogue semble animé. Antò se contente de hausser les épaules, ne trouvant visiblement rien à répondre. Il faut dire qu'il n'a sans doute pas été mis au courant des derniers événements, vu qu'il n'était pas dans le secteur.
Quelques minutes plus tard, il est à nos côtés :
Quelques minutes plus tard, il est à nos côtés :
— Oh, les filles ! C'est quoi, toutes ces embrouilles avec Clément ?
Sa sœur l'informe brièvement de l'état de la situation :
— Il s'est mal comporté, c'est tout. On pense qu'il n'a plus sa place parmi nous.
— Mal comporté, eh ? C'est pas ce qu'il dit.
— Ah, tiens ! Et il dit quoi, lui ? Demande Emma sèchement, l'agacement commençant déjà à poindre.
— Il dit que t'as pété un câble parce qu'il voulait sortir avec Laure et que toi, t'étais jalouse, parce que tu voulais sortir avec lui et que t'as pas supporté qu'il te mette un vent.
On a toutes un cri d'indignation. Emma, plus que nous !
— Non, mais quel con, c'est pas vrai ! Et tu trouves ça normal, toi, qu'il embrasse une fille de force, pendant qu'elle est toute seule ? Il t'en a parlé de ça, aussi ?
Antò lève les mains en signe d'apaisement :
— Oh, oh ! Tranquille, O, Emma ! Je dis pas que c'est vrai, je dis juste que c'est ce que lui, il dit. Je suis pas débile. J'ai bien vu que tu pouvais pas le sentir depuis le début ou presque ! Alors, ça m'étonnerait que d'un coup, tu veuilles sortir avec lui. Et Laure... je sais pas... Tu avais l'air de bien t'entendre avec. Pour moi, ça veut pas forcément dire que tu veux te le taper. A mon avis, il s'est monté la sega tout seul, et c'est tout. Ma chi cazzu ! Allez, va ! Pas la peine de se prendre la tête. Laissez-le dans son délire, c'est bon.
Souvent candide, mais certainement pas idiot, cet Anthony. Il est surprenant parfois.
— De toute façon, a priori, il y a peu de chance que Laure ou Emma veuillent sortir avec Clément, fait remarquer Sté', avant de réaliser qu'elle en a trop dit, et de se composer immédiatement un visage inexpressif.
— Pourquoi pas ? Demande son frère, sa curiosité attisée.
— Umbeh... se contente de faire Sté' !
Aucune idée de si c'est un mot, une phrase, une interjection ou une onomatopée, mais ça semble signifier que le débat est clos. Ça n'arrête pas Antò qui insiste :
— Eh, vas-y ! Développe !
Emma vient à la rescousse de notre amie en l'encourageant :
— Allez, Sté' ! Dis-lui, qu'on en finisse une bonne fois pour toutes avec tout ça !
— Me dire quoi ? Demande Anthony, suspendu aux lèvres de sa sœur.
— Tu es sûre ? Demande Sté', ignorant le jeune garçon.
— Mais oui, allez, c'est bon, confirme Emma.
Notre amie fait une moue peu convaincue, mais se lance néanmoins :
— Bon... Alors, voilà : Laure et Emma, elles sont en couple.
Il hausse un sourcil, interloqué.
— Ouais ? Et quoi ? Tant mieux pour elles ! Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
Je suis en train de me dire que c'est la réaction la plus simple et la plus normale qu'on ait jamais eue, mais pendant qu'un silence flotte, je vois le regard dépité que Maria-Stella jette à son frère et je réalise à ma grande surprise, et en même temps qu'elle, qu'il n'a absolument pas compris ce qu'elle vient de lui dire :
Elle précise donc :
Elle précise donc :
— Non, tu as pas compris : elles sont en couple... Toutes les deux !
Il fronce les sourcils et ouvre de grands yeux.
— Elles sont en couple toutes les deux avec le même gars ?
— O, Antò ! Fais un effort, bon sang ! S'écrie-t-elle, excédée, alors que nous ne pouvons nous empêcher de rire.
— Chi, effort ? C'est pas ça ? Explique clairement, alors !
Elle reprend en prononçant lentement, détachant soigneusement chaque mot, comme si elle s'adressait à un esprit vraiment pas très vif. Elle pousse le vice jusqu'à faire le geste de croiser ses index sous le nez de son frère, pour imager son propos :
— Laure et Emma, elles sont en couple ! Toutes les deux ! Ensemble ! M'ai capitu ?
Je compte cinq bonnes secondes avant que la lumière s'allume au fond des yeux d'Anthony, le temps que l'information fasse son chemin jusqu'au cerveau, qu'elle soit analysée, puis comprise. Son visage se mue alors en une expression de surprise totale et parfaite. Mais Antò ne serait pas Antò si ça candeur naturelle ne revenait pas au triple galope dans les pires moments. Et c'est ainsi que nous avons droit à un superbe :
— Avà ! Vous êtes gouines ?
Je suis tellement prise de court qu'il ne me vient même pas à l'idée d'être outrée. Je n'en n'ai de toute manière pas le temps : Maria-Stella lui décoche une vilaine taloche à l'arrière du crâne en le sermonnant.
— Ayo, parle bien !
— Eh quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ? Fait-il, visiblement vexé d'avoir été si injustement châtié.
Sa sœur tentant de se montrer patiente lui explique plus calmement :
— Eh, ça se dit pas des choses comme ça, c'est tout ! C'est pas gentil !
— Qu'est-ce que j'en sais, moi, de ce qui se dit ? On n'en a pas, des comme elles, ici !
— Zittu, avà ! Tu le fais exprès, ou quoi ? Pardonnez-le ! C'est pas le plus méchant de l'île, mais c'est pas le plus futé non plus !
Nous réalisons, Emma et moi, que nous n'arrivons pas à nous fâcher contre Anthony. La raison en est assez simple : on sent que ses propos ne sont que l'expression d'une naïveté absolue. Ils ne trahissent strictement aucune forme de mépris, ou de réprobation. Il n'y a pas une once de malveillance dans ses mots. Il exprime simplement les choses comme elles lui viennent, avec les mots qu'il connaît. Ça aurait été n'importe qui d'autre, je lui aurai sans doute déjà collé une droite, mais pourtant, quand c'est lui, ça me le rend attachant. Et j'éclate d'un rire franc et sincère.
Sté' souffle de soulagement. Je crois qu'elle a eu très peur que les choses dégénèrent, au vu des derniers événements.
Sté' souffle de soulagement. Je crois qu'elle a eu très peur que les choses dégénèrent, au vu des derniers événements.
Tout le monde pense que le sujet est clos, mais c'est bien mal connaître Anthony, qui en a encore sous le pied. Ça fait plusieurs secondes que je le vois nous regarder intensément, apparemment en pleine réflexion. Instinctivement, je sens qu'il se pose une question. Il veut poser LA question. Je le sais. Et bien évidemment, il est le genre de mec qui ne déçoit jamais, surtout dans le pire. Une seconde plus tard, je l'entends demander avec une vraie curiosité, en pointant son doigt sur moi :
— Et c'est laquelle qui fait l'homme ? C'est toi, je parie, non ?
Je vois Emma et Agathe ouvrir des bouches béantes de stupeur, et Sté' se pincer l'arête du nez entre le pouce et l'index.
— O, porca miseria ! Déjà, toi, fais l'homme ! Après tu parleras !
Piqué au vif, il rétorque :
— Eh ! Qu'est-ce que tu sais de moi, en tant qu'homme, d'abord ? Je plais aux filles, je te signale !
Elle pouffe de rire :
— Toi ? Goffu comme tu es, tu plais aux filles ? Laisse-moi rire !
— O, Sté' ! Basta a macagna, ayo !
Il commence à être sérieusement vexé par les taquineries de sa grande sœur. Celle-ci se fait un peu moralisatrice :
— J'arrête de te macagner, mais toi, dis pas des trucs idiots aux filles. Ça peut être blessant, tu sais ?
J'interviens pour venir à la rescousse du pauvre garçon.
— Ça va, Sté'. T'inquiète pas. Y a aucun souci. Antò pensait pas à mal, on le sait.
Maintenant dans la confidence, Antò se montre sous un nouveau jour. Plus attentionné. Presque comme un grand frère qui se voudrait protecteur, alors qu'il est plus jeune que nous, et n'a aucune expérience de rien.
En fin d'après-midi, nous allons boire un verre au bar de Toussaint, toujours aussi volubile. Je me sens bien. J'ai la sensation que les choses ne sont jamais aussi bien passées depuis qu'on est arrivées. Ça fait du bien.
En partant, nous nous séparons d'Agathe qui retourne chez elle, et accompagnées des Ucciani, nous retournons chez nous. Sur le chemin, Sté' se confie sur le fait qu'elle trouve sa mère de bien meilleure humeur, ces derniers temps, alors que paradoxalement, elle la voit un peu moins souvent que d'habitude, car elle est occupée en permanence. Je me sens un peu mal de lui cacher la vérité, parce que je l'aime bien, sincèrement. J'en discuterai avec sa mère ou avec mon père, si l'occasion se présente. Je serais curieuse de savoir comment les Ucciani vont réagir à ça.
En partant, nous nous séparons d'Agathe qui retourne chez elle, et accompagnées des Ucciani, nous retournons chez nous. Sur le chemin, Sté' se confie sur le fait qu'elle trouve sa mère de bien meilleure humeur, ces derniers temps, alors que paradoxalement, elle la voit un peu moins souvent que d'habitude, car elle est occupée en permanence. Je me sens un peu mal de lui cacher la vérité, parce que je l'aime bien, sincèrement. J'en discuterai avec sa mère ou avec mon père, si l'occasion se présente. Je serais curieuse de savoir comment les Ucciani vont réagir à ça.
Le soir, au dîner, je révèle une infime partie de mon plan du lendemain à Emma.
— Ma puce, demain c'est une journée spéciale.
— Ah bon ? Fait-elle, intriguée.
— Oui ! Demain, je te kidnappe pour la journée. Papa, tu n'auras qu'à te débrouiller tout seul, mais m'est avis que tu trouveras bien de quoi t'occuper chez la voisine.
Il confirme en opinant du chef. Bien évidemment, j'en avais discuté avec lui avant. Je ne lui sors pas ça de nulle part.
Je poursuis :
— Demain, pas de Maria-Stella. Pas d'Anthony. Pas d'Agathe. Juste toi et moi. Ça nous fera le plus grand bien.
— Intrigant ! Et quel est le programme de la journée, mon cœur ?
— Tu verras bien...
Plus tard, sous la couette, bercées par le bruit régulier des grillons dans le maquis, mon amour me glisse à l'oreille :
— Je sais pas ce que tu as en tête, mais je suis impatiente d'être à demain, mon cœur !
— Moi aussi, ma puce, moi aussi.
Et c'est vrai. Mais je suis aussi morte de trac. Parce que je connais à peu près le programme. Elle non.
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Commentaires ()
J’aime bien le commentaire d’Iznogood. J’ai dans l’idée que la belle fin prévue pour les personnages sera un beau début. Je suis toujours hyper fan, merci.
Merci de m’apporter cette parenthèse de feel good tous les deux ou trois jours
Faut que je me remette le neurone en service.... Je sais même plus compter.... :D
Heureusement que j'ai choisi les lettres plutôt que les chiffres...........
🤭 mais là je simulais (ah ouiiiii) la fin du 9 qui nous mènera peut-être vers le 10 si il y a un 10, un indice ?
N’empêche que tu nous mènes par le bout du nez 🙄 Pfff
-.... Oui, mon coeur ?
- Je te quitte ! Je pars m'installer avec le doberman du voisin ! :D :D
Oui, j'aime surprendre mes fans en liesse............. Ou pas..... :D
(Euh... Avant le 10, y a le 9, d'abord, hein !)
Tu joues ! Sadique 😈
OK, je vois bien le truc venir. 🤔
Le prochain épisode, on aura la description de :
- comment elles sont habillées pour cette journée en duo,
- le trajet en autocar,
- le joli paysage et la couleur locale pour arriver quelque part,
- et juste à la fin de l'épisode...
"Je me décide alors à lui dire ce que je veux lui dire depuis des jours :
— Ma puce, je voulais te dire...
— Oui, mon cœur ? " 😇
BAM ! 💥
=> Le prochain chapitre Inseme (10) est prévu le 20 janvier
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🤣