S2 : Konan, Olympic
Chapitre 1
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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S2 : Konan, Olympic — Chapitre 1

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S2 : Konan, Olympic

Chapitre 1

 
Konan, Olympic
30 septembre 2018 (Quartier Belsunce, Marseille)
 
« Libre, c'est le mot qu'on emploie pour les hommes. Des femmes en rupture de mariage ou de liaison, on dit qu'elles sont seules » Françoise Giroud
 
Il pleut aujourd'hui sur le Vieux Port en cette fin de mois d'octobre 2018 après plusieurs jours où il y a eu du soleil et un temps très clément.
Inès est assise là sur un banc et regarde la pluie tomber sur les bateaux amarrés. Elle a l'air d'une folle probablement, assise là toute seule pendant que la pluie la trempe de la tête aux pieds mais elle n'en n'a cure. C'est pire dans sa tête depuis quelques temps, sa vie est un vrai tourbillon où les sentiments s'entremêlent et s'entrechoquent.
Jamais la jeune femme ne s'est retrouvée dans ce genre de situation et pourtant pour rien au monde, elle ne regrette ces derniers mois qui lui ont permis de grandir dans sa façon de voir le monde et de changer comme jamais. Elle sait désormais quelle décision elle doit prendre, quelles qu'en soient les conséquences, elle ira jusqu'au bout, quitte à se retrouver seule.
 
Seule, elle ne l'a jamais été, seule jamais vous ne l'êtes vraiment même chez vous quand vous vous appelez Inès de la Pinardière et que vous venez d'une riche famille très influente à Marseille et dans ses alentours. Elle se rappelle bien une maison qui ne désemplit pas, entre les employés de maison qui doivent les servir dans des plateaux en vermeil, ceux qui sont chargés de nettoyer la piscine, de couper les haies et même de sortir les chiens à leur place. Sans oublier les innombrables, interminables et insupportables soirées données dans leur maison sur les hauteurs de Marseille. Son père qui a toujours été mégalo a fait la construire la maison dans le style du palais de l'Élysée, elle se rappelle bien le surnom que lui ont attribué quelques politiques du coin qui ne l'aiment pas beaucoup : « Le Jupiter de la Garrigue ».
 
Son père est un peu comme ils le décrivent, il aime qu'on le voie, qu'on l'admire et surtout il aime compter. C'est pour cela qu'il finance la plupart des politiciens de Marseille et des Bouches-du-Rhône. Elle en a vu des encravatés avec des chaussures fraîchement cirées venir voir son père pour obtenir un financement pour une campagne. Tous ces hommes enfermés à longueur de temps dans le bureau de son père à l'abri des regards, cela fait un peu parrain de la pègre.
Après tout peut être touchait-il au crime organisé, dans le fond peu importe car Serge de la Pinardière a fini par tomber de sa tour d'ivoire notamment pour avoir un peu trop pioché dans les caisses de son entreprise pour financer son train de vie, sans oublier ses diverses fraudes comptables, aux assurances ou à l'URSSAF. Personne, pas un seul des politiques qu'il a financé n'a bougé le petit doigt pour le sortir de ce pétrin, ils craignaient trop d'être associés désormais à ce personnage bien peu fréquentable.
Toute la fortune familiale est passée dans les frais d'avocats et de justice et quand la faillite a commencé de plus en plus à se rapprocher, son père n'a rien trouvé de mieux que de se jeter du haut des calanques laissant ses dettes à son épouse Françoise et à son unique fille.
Tout a été saisi mais Inès s'en fiche de toute ces choses matérielles, il n'y a que quand on lui a pris Lady Shadow, sa jument qu'elle a tenté de se rebeller mais il n'y avait rien faire. Tout se paie !
 
Avec le peu qu'il leur restait, sa mère et elle ont quand même pu se payer un appartement dans le quartier du Roucas-Blanc, si Inès est parvenue à s'adapter à cette nouvelle vie, sa mère passe son temps à se plaindre, à regretter le bon vieux temps où ce n'étaient pas des « chameaux » ou des « nègres » qui occupaient les fonctions importantes. Ce sont ces personnes-là qui ont fait tomber son père car ils sont jaloux de sa réussite et qu'ils en ont voulu à leur argent. Sa mère veut continuer ce que faisait son père sauf qu'ils ne peuvent plus peser de la même façon qu'avant et ceux qui défilent désormais dans leur appartement sont plus de la mouvance réactionnaire, identitaire ou carrément conspirationnistes.
A force d'écouter toutes sortes d'histoires toutes plus affolantes les unes que les autres, elle finit par y croire et agir presque comme une vieille grand-mère réac. Elle s'agrippe fermement à son sac à main quand elle croise une personne de couleur ou alors elle surveille discrètement et constamment les personnes arabes qui montent dans les transports en commun.
 
En revanche ses relations avec sa mère n'ont pas changé depuis son enfance, elle lui fait constamment des reproches : « elle n'est pas assez » ou alors « elle est trop ». Inès ne dit jamais rien et écoute même quand sa mère lui dit quelle amie sa fille doit fréquenter. Il vaut mieux qu'elle fréquente les filles et les garçons dont les parents sont du même statut social qu'eux. Pas grave si sa fille doit se fâcher avec ses amis parce qu'elle ne peut expliquer que la seule raison pour laquelle ils ne sont pas invités à sa fête d'anniversaire c'est parce qu'ils sont plus pauvres.
Ses parents l'ont toujours mis en garde contre « les profiteurs », ils sont là dans leurs villes.
L'État les laisse venir, soit ils prennent le travail des « vrais Français » soit ils font plein d'enfants pour avoir des « allocs ».
Sans parler des conseils de Françoise à sa fille sur comment être une future épouse modèle puisque la matriarche ne destine plus sa fille qu'à cela : faire un bon mariage avec un bon parti pour redorer le blason de la famille et surtout les finances qui chaque jour se rapprochent de plus en plus du rouge.
 
Inès qui rêve de voyage, de voir le monde pour pouvoir enfin se faire sa propre opinion est contrainte de faire des études de commerce à Marseille en attendant « le prince charmant ».
C'est ainsi qu'elle commence sa carrière en tant que responsable adjointe d'une boutique de lingerie de grande marque au centre commerciale Les Terrasses du port. La responsable de magasin Dominica l'a prise sous son aile et depuis les deux femmes sont très proches.
La responsable a dirigé sa propre boutique de lingerie avec son époux Gaston qui a tragiquement disparu dans un accident de voiture. Ne pouvant supporter l'idée de continuer à gérer leurs affaires communes sans celui avec qui elle partageait tout, Dominica a revendu l'affaire avant de prendre ce poste de responsable de magasin juste pour continuer à faire ce qu'elle aime par-dessus tout : conseiller.
N'ayant pas pu non plus avoir d'enfant, elle a tout de suite considéré Inès comme sa fille et cette dernière retrouve en Dominica ce qu'elle ne trouvera probablement jamais en sa mère.
 
Sa mère qui va littéralement la jeter dans les bras d'un nouveau venu parmi les invités de l'appartement : Jacques-Henri Dunan. Il est arrivé à Marseille dans le sillage d'un sénateur du Front National mais surtout il occupe la fonction de directeur de cabinet adjoint du préfet de police des Bouches-du-Rhône. Physiquement il ressemble à Vincent Cassel avec des yeux bleus bien expressifs et surtout une barbe finement taillée, côté caractère il est très sûr de lui parfois à la limite de l'arrogance. « JH » comme on le surnomme est aussi très ambitieux, il compte bien utiliser ses différentes attributions pour se montrer et vite grimper les échelons. Inès ignore si c'est pour l'impressionner ou pas mais en privé il a appris qu'il a été approché par un riche homme d'affaires Français bien implanté dans les médias afin de commencer à constituer un réseau qui à terme va servir à lancer un homme providentiel sur la route de l'Élysée. Le but étant de sortir le pays de sa décrépitude et surtout de renvoyer les « hordes de sauvages » chez eux, là où se trouve leur vraie place. Bien entendu il n'a jamais mentionné le nom de cet homme d'affaire pour éviter toute fuite dans la presse qui serait très préjudiciable pour lui et pour leurs projets.
 
De plus en plus pressée par sa mère, elle finit par donner sa chance à Jacques-Henri, ce qui aboutit à un mariage huit mois plus tard devant un parterre d'invités de marque. JH est très fier de montrer sa réussite sociale symbolisé par son mariage avec une représentante des vieilles familles marseillaises.
Mais JH qui se montre si soucieux de la mettre en avant lors des dîners officiels ou lorsqu'ils sont en représentation se montre à l'inverse très directif et autoritaire avec Inès en privé. Il a en quelque sorte pris la suite de Françoise, les critiques avec. Elle n'a pas le luxe de choisir ce qu'elle peut porter car c'est Jacques-Henri qui lui dit ce qu'elle peut mettre ou ne peut pas mettre. Il se montre très regardant sur les gens qu'elle fréquente car cela peut donner une mauvaise image de lui. Le but c'est qu'ils ne soient pas vus avec des gens qui ne leur serait d'aucune utilité, à commencer par les migrants du quartier de Belsunce.
Inès l'ignore encore mais ce quartier va avoir une grande importante dans la suite de sa vie.
 
C'est au croisement de la rue du Petit Saint-Jean et de la Place des Capucines, juste en face de la fontaine Fossati que Konan doit livrer sa commande Uber Eats, il ne lui reste que quelques minutes pour ne pas être en retard. Finalement il prend un raccourci pour aller plus vite. La commande est finalement remise à une jeune femme qui ne l'a même pas regardé et même pas remercié. Konan a l'habitude maintenant que l'on ne fasse pas attention à lui, il fait partie de ceux qu'on ne veut pas voir.
 
Konan est né à Dimbokro dans la même ville que le président ivoirien Alassane Ouattara. Il a perdu ses parents très jeune, c'est donc sa grand-mère qui l'a l'élevé avec ses quatre frères et sœurs. La vie est très dure car ils n'ont pas beaucoup de moyen de subsistance. Il faut constamment se débrouiller à droite, à gauche. Finalement ce sont des amis à lui qui lui donnent l'idée de partir pour l'Europe mais le voyage est cher il le sait. Konan part donc d'abord travailler dans les champs au Ghana avant de travailler pour un couple au Togo qui va limite le traiter comme un esclave, mais il tient bon et au bout de deux ans parvient enfin à réunir l'argent pour son voyage. Il ne dit rien à sa grand-mère de ses projets, cela lui briserait le cœur. A la place il dit qu'il a trouvé une place de serveur à Conakry en Guinée.
Un matin du printemps 2015, il prend la route de Gao au Mali. Le voyage est très dangereux à cause des groupes djihadistes. On lui raconte que d'autres convois ont été interceptés par ces groupes et qu'ils n'ont laissé aucun survivant à chaque fois. Mais c'est à Gao que commence son voyage en enfer, il est enfermé des jours durant dans une pièce infecte de moins de seize mètres carrés avec juste une pissotière pour faire les besoins. Ils sont totalement déshumanisés se jetant sur la nourriture quand l'unique repas de la journée est apporté. Ils n'ont plus de nom mais juste un numéro, le sien est le 13. Puis enfin c'est le grand départ pour la traversée à travers le Sahara, direction Tamanrasset en Algérie dans la poussière, le noir et la peur toujours plus prégnante des terroristes islamistes.
Là encore une halte de quelques jours dans une planque de passeurs, toujours dans une pièce exiguë sous les quolibets et les crachats des passeurs algériens. Ils rejoignent ensuite la côte libyenne au nord de Zouara d'où partent les zodiaques qui tentent de rejoindre Lampedusa en Italie. Sur la plage, il fait connaissance avec deux autres migrants : Adama qui vient du Sénégal et Kenechi qui est originaire du Nigéria. Les deux embarquent dans la barque qui est juste devant lui, toutes les embarcations sont surchargées et dans la tempête beaucoup font naufrage dont celle d'Adama et Kenechi. Il tente de leur tendre la main mais reçoit un coup du passeur libyen qui refuse qu'on les aide. Il n'a d'autre choix que d'assister impuissant à la noyade sous ses yeux de ses deux amis. A proximité des côtes de Lampedusa, ils sont repérés par les garde-côtes italiens, dans la confusion une autre embarcation se retourne condamnant ceux coincés en dessous dont des familles entières.
Leurs passeurs décident de retourner sur la côte où ils sont abandonnés à leur sort.
 
Des groupes de migrants décident de s'organiser pour rallier Melilla, l'enclave espagnole peut leur permettre de passer en Europe. Mais pour cela il faut traverser quatre pays du Maghreb et plus de mille six cents kilomètres à pied, de préférence de nuit afin de ne pas être repéré par les polices locales. Beaucoup sont repérés ou souvent dénoncés par la population. Ils sont arrêtés, battus puis sois laissés pour mort dans un puits ou un trou soit expulsés vers leurs pays d'origine. Là encore Konan se fait des amis tel que Didier qui vient aussi de Côte d'Ivoire mais aussi Abdoul et Razak tous les deux originaires de Mauritanie. Cela aide de se faire des amis surtout dans cette nouvelle galère qui dure près de vingt jours pour enfin arriver à Beni Ensar l'Aït Nsar juste en face de la frontière espagnole.
L'entrée en Europe ne sera pas simple alors chacun reprend des forces sur le mont Gourougou car cette nuit sera décisive. Dans la nuit ils reçoivent le signal des passeurs. Ils sont plus d'un millier de subsahariens à tenter une frappe pour percer les rangées de hauts grillages et de barbelés. C'est donc la rage au ventre qu'il se jette sur les grillages, voyant à peine que Didier et Abdoul ont été écrasés par une voiture de police espagnole. Il grimpe avec la force du désespoir ne regardant plus vers l'Europe ou une meilleure vie mais juste pour sauver sa propre vie. A côté de lui Razak a été attrapé par les pieds par deux gardes-frontières, il est en train d'être battu à mort à coup de matraque malgré ses supplications.
 
Quand ses deux pieds atterrissent en sol espagnol, il sait qu'il est sauvé mais il se met à courir à travers les bois pour échapper à la police. Il parvient à quitter l'enclave en s'embarquant clandestinement sur un navire qui fait route vers Almeria où il espère trouver du travail mais on n'a rien à lui proposer. Il remonte toujours plus au nord jusqu'à Tarragone au sud de Barcelone où il va travailler dans les champs à la cueillette des fruits sous une chaleur accablante. C'est un autre migrant qui lui parle de Marseille en France où il y a du travail.
Konan traverse donc la Méditerranée depuis Barcelone jusqu'à la cité phocéenne où il découvre le quartier foisonnant de Belsunce où transitent tous les migrants. Après quelques petits boulots de serveur qui lui ont permis de s'offrir un vélo d'occasion, il devient livreur Uber Eats en utilisant la licence d'un étudiant, Léo, qui lui reverse un peu plus la moitié de ses gains. Léo est réglo avec lui, d'autres de ses amis migrants n'obtiennent même pas la moitié de leurs gains. Avec le temps, il peut acheter un vieux scooter qu'il retape pour pouvoir faire plus de livraisons encore.
 
C'est lors de l'une de ses livraisons qu'il fait une rencontre qui va changer toute sa vie.
 
Ce jour de fin juillet, il est à peu près dix-huit heures quand au centre commercial, Dominica reçoit un appel de l'EHPAD où se trouve sa maman. Cette dernière a fait une mauvaise chute et ils l'ont transportée à l'hôpital de la Timone. Dominica va donc la rejoindre sur place, elle ne peut pas se rendre à un rendez-vous professionnel dans le quartier de Belsunce avec une éventuelle nouvelle fournisseuse en matière première. C'est une demande expresse de la maison mère car la responsable de magasin connaît bien le terrain. Elle demande donc à Inès de la remplacer au pied levé. la jeune femme accepte avec plaisir car elle est ravie d'avoir toujours plus de responsabilités.
C'est une découverte pour Inès, elle habite Marseille mais n'est jamais passé dans ce quartier. La rencontre se passe super bien avec Tam, la patronne d'origine vietnamienne qui vient d'ouvrir son propre commerce en textile. Inès recueille tous les éléments, visite les locaux, parle avec les employées et prend des photos qui ensuite seront traitées au siège.
 
En repartant, Inès est surprise par l'orage et dans le dédale d'immeubles se perd à l'angle de la rue des Convalescents et de la rue Parmentier. C'est là qu'elle tombe sur une bande de trois jeunes hommes d'une vingtaine d'années en train de dealer. C'est trop tard, elle a vu quelque chose qu'elle n'aurait pas dû voir. Elle n'a pas le temps de rebrousser chemin que deux des jeunes l'attrapent et la traînent de force dans un garage d'où elle ne reverra sûrement jamais la lumière du jour.
Konan a une livraison à faire allée Léon Gambetta et circule à cet instant sur la rue Nationale quant à l'angle de la rue Parmentier, il aperçoit malgré la pluie trois jeunes qui emmènent de force une jeune femme dans un garage. Ni une, ni deux et peu importe les conséquences, il tourne à gauche et s'engouffre dans la rue.
 
La jeune femme est terrorisée, elle a perdu un talon et son collant s'est déchiré en partie, le sang de ses ravisseurs ne fait qu'un tour quand ils voient cela :
 
— Attend Bass, je me la ferais bien la blondasse avant. Regarde comme elle est bonne avec ses collants de pute, je suis sûr qu'on va bien s'amuser avec cette salope, commence celui qui est en face d'elle avec son crâne rasé et son tatouage sur le cou.
 
— Ouais bonne idée gros ! J'ai toujours rêvé de niquer une bourge. Elle va voir ce qu'elle va prendre avec mon python, dit le deuxième tout en commençant à baisser sa fermeture éclair.
 
— Non je vous en prie, ne me faites pas de mal, je ne dirai rien de ce que j'ai vu. Prenez mon sac à main et mes affaires personnelles mais je vous en prie ne me violez pas !
 
— Ta gueule sale truie ! lui répondit le troisième tout en sortant un couteau suisse de sa poche, tu vas être bien sag…
 
Il ne peut pas finir sa phrase car au même moment la porte du garage s'ouvre avec fracas et la lumière entre mais ce qui impressionne le plus la jeune blonde, c'est le colosse d'au moins deux mètres qu'elle voit dans le rai de lumière. Le contraste est saisissant avec sa peau si noire dans un halo de lumière. C'est son chevalier qui arrive sur son cheval blanc, qui en l'occurrence a plus la forme d'un scooter beige.
 
— Lâchez cette femme et il ne vous arrivera rien, balance l'homme noir d'une voix grave et douce à la fois.
 
— Eh dégage d'ici bamboula, va préparer tes banania autre part et laisse les grands hommes s'occuper de la petite dame.
 
— Je vous le répète pour la dernière fois, lâchez cette femme et partez d'ici.
 
— Et tu feras quoi si on ne le fait pas, dit le dénommé Bass tout en sortant son couteau d'un air menaçant et en l'agitant devant le chevalier noir.
 
Bass n'a pas le temps de réagir, le livreur donne un coup dans l'avant-bras du jeune homme lui faisant tomber son couteau avant de lui décocher une baffe monumentale qui le fait voler à l'autre bout de la pièce contre le mur. Les deux autres tentent alors de se ruer sur l'homme noir avec leurs couteaux. En deux gestes, il écarte leurs couteaux, les attrape par la veste de leurs survêtements et les envoie l'un contre l'autre.
Ils s'écrasent au sol dans un bruit sinistre avant de se relever en titubant pour ramasser leur pote qui semble bien mal en point et se tirer vite fait.
 
L'homme s'approche alors d'Inès, se met à sa hauteur et tente de la rassurer comme il peut, juste au moment où il s'apprête à retirer sa veste pour lui donner parce qu'elle tremble. Ils entendent les pneus d'une voiture crisser, deux hommes sortir en trombe dont l'un s'écrie :
 
— Police ! Ne bouge pas ! Tu t'éloignes de la femme et tu te mets face contre terre, les mains à plat et les jambes écartées, dépêche-toi ou je te plombe.
 
Konan obtempère tout de suite, il ne cherche pas à se rebeller. Il la regarde de côté, elle est en état de choc. Si elle ne lui vient pas en aide, il sait très bien ce que les flics vont lui mettre sur le dos vu l'état de ses vêtements à elle.
Ils sont conduits au commissariat du premier arrondissement où ils sont vite rejoints par un type encravaté, propre sur lui et l'air très sûr de lui suivi par une espèce de larbin un peu rondouillard et à lunettes.
Depuis le banc où il est menotté, Konan peut entendre ce que dit l'homme encravaté à sa femme probablement. C'est bien sa veine, c'est la femme d'un type important.
— Ah ma chérie te voilà, que faisais-tu dans ce quartier mal famé ? Tu as vu ce qui a failli t'arriver ? Je me demande ce qui te passe par la tête parfois. Heureusement que mes hommes sont arrivés à temps sinon je n'imagine pas ce que ce sauvage t'aurait fait.
 
Ce mot elle l'a pourtant si souvent entendu et si souvent elle s'est tu mais pas cette fois, elle ne le laissera pas passer pour cet homme qui lui a sauvé la vie, un homme qui n'avait probablement rien demandé et qui a tout risqué pour elle. Elle a entendu les deux policiers discuter de sa situation irrégulière.
 
— Tu te rends juste compte que tu emploies ce mot pour désigner l'homme qui m'a sauvé la vie. Ce monsieur ne devrait pas être menotté à ce banc, c'est parce qu'il est intervenu, parce qu'il n'a pas détourné le regard comme d'autres aurait pu le faire que je suis encore en vie. Tu devrais dire, Jacques-Henri, à « tes hommes » de retourner dans ce garage sordide relever les traces de sang et les empreintes sur les couteaux que mes agresseurs ont oublié sur place, ils trouveront de l'ADN qui n'appartient pas à ce monsieur.
 
— Quoi ! Tu es sûre de ce que tu dis, ce monsieur t'a sauvé la vie, tu en est sûre ? dit le fameux Jacques-Henri avec dédain.
 
— Rassure-toi, j'ai toute ma tête donc tu peux demander aux policiers de le libérer, j'aimerai remercier en bonne et due forme mon sauveur.
 
Avec mauvaise grâce, JH fait signe au fonctionnaire qui retire les menottes de Konan, ce dernier peut donc se relever tout en se massant les poignets.
 
— Merci beaucoup de m'avoir sauvé la vie, je ne pourrai jamais assez vous remercier, lui dit-elle tout en lui tendant sa petite main.
 
— Merci madame. Konan, mon nom est Konan, je n'ai rien fait de plus que ce que d'autres auraient fait. Je vous assure, vous savoir en vie me suffit amplement, lui répond-il tout en serrant sa petite main dans sa grande main bien noire.
 
— Inès, je m'appelle Inès. Je peux vous assurer que de nos jours, ce que vous avez fait est très rare. Si, j'insiste, JH tu vas bien faire quelque chose pour l'homme qui m'a sauvé.
 
Avec un rictus mauvais, le dénommé JH répond tout en s'adressant à son larbin :
 
— Bérard veuillez raccompagner ce monsieur chez lui et en chemin achetez-lui un kebab et un paquet de cigarettes.
 
— C'est tout ce que vaux la vie de ton épouse : un kebab et un paquet de cigarettes. Je pensais plutôt à quelque chose en rapport avec sa situation irrégulière.
 
Voyant que toutes les paires d'yeux sont braqués sur lui, le directeur adjoint répond :
 
— Bien entendu, je vais voir ce que je peux faire pour votre dossier monsieur Coulibaly. En attendant tu viens ma chérie, nous devrions rentrer que tu puisses te mettre au chaud.
 
Juste avant de partir, Inès se tourne et s'adresse à Konan :
 
— Je vous promets, je vais suivre de près votre dossier. En espérant vous revoir dans de meilleures circonstances.
 
C'est ainsi que chacun repart dans sa petite vie bien tranquille, mais Inès apprend par l'assistant de son mari, Bérard, que le scooter de Konan a été endommagé par les policiers avec leurs véhicules. Elle décide donc de le faire remplacer. Elle arrive par l'entremise de Dominica et de Tam, l'entrepreneuse de Belsunce, à trouver l'adresse de Konan et décide de se rendre rue du Tapis Vert juste à côté du cour Belsunce. C'est un immeuble de dix-neuf étages comme il y en a beaucoup dans ce secteur.
C'est à la sortie de l'ascenseur au quatorzième étage qu'elle tombe nez à nez avec son sauveur qui semble tenir ses poubelles dans les mains.
 
— Madame Inès qu'est-ce que vous faîtes ici ?
 
— Je vous en prie, appelez moi juste Inès et peut-être qu'on peut se tutoyer, tu ne crois pas ?
 
— Si vou.. Tu y tiens, est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ?
 
— Non ! Mais c'est moi qui peux faire quelque chose pour toi, on peut aller autre part que dans un couloir s'il te plaît.
 
— Je t'inviterai bien dans mon appartement mais je ne suis pas sûr que ton mari apprécie.
 
— Jacques-Henri n'est pas là et je suis bien assez grande pour me débrouiller tout seule.
 
— Bien dans ce cas, je t'en prie c'est par là tout en lui montrant l'appartement au bout du couloir.
 
La jeune femme pénètre donc dans l'appartement où elle est très agréablement surprise : il n'y a pas beaucoup de mobilier mais c'est sobrement décoré avec des tableaux par ci par là. Une belle photo en noir et blanc encadrée au mur représente une famille avec une femme âgée en son centre entourée de cinq adultes dont Konan qu'elle reconnaît à l'extrémité gauche. L'appartement n'est pas bien grand avec un petit salon, une chambre et une salle de bain. Une douce odeur d'encens flotte dans l'air.
Konan l'a laissé regarder ce qu'elle peut voir avant de lui dire :
 
— Je sais que là d'où tu viens, tu as sûrement dû voir de plus belles maisons et de plus beaux appartements mais j'ai juste besoin d'un minimum de confort.
 
— Détrompe toi Konan, oui j'ai vu de belles demeures et j'ai même grandi dans l'une d'entre elle mais ces maisons sont tellement impersonnelles qu'on dirait des musées, tout juste pour faire étalage de ta richesse. Le jour où tu perds tout cela, tu te rends compte que finalement tu n'as plus rien de personnel que tu relies à l'endroit où tu as vécu toute ta vie. Alors que chez toi c'est sobre mais c'est tellement plus humain. En fait je suis très agréablement surprise.
 
— Tu t'attendais à un appartement surpeuplé avec quatre autres hommes, qui sent la sueur et où s'entassent les boîtes à pizza ? lui répond-t-il avec un clin d'œil prouvant qu'il n'est pas vexé.
 
— Un peu oui ! Je suis désolée ! Bon un préjugé partout ! Allez ! On s'arrête là et reprenons du début, Inès enchantée, dit-elle tout en lui tendant la main.
 
— Konan ! Au moment où leurs mains se touchent pour la seconde fois, mais cette fois-ci seule à seule, il y a comme une sorte de décharge électrique qui passe, chacun est surpris mais ne dis rien.
 
Inès reprend la main en sortant son chéquier :
 
— Je suis venu te rembourser le scooter que les policiers t'ont abîmé, dis-moi le montant que je fasse un chèque.
 
— J'arriverai à réparer le scooter ne t'inquiète pas, je n'ai pas besoin de ton argent, je n'aime pas la charité.
 
— Ce n'est pas de la charité, je te suis vraiment reconnaissante et je m'en veux terriblement de ce qui est arrivé.
 
— Ecoute tu n'as pas à l'être, c'est toi la victime ne l'oublie pas.
 
— Mais si je ne m'étais pas rendue à cet endroit comme le dit Jacques-Henri...
 
— Tu ne devrais pas écouter ce qu'il a dit, ce n'est pas ta faute mais juste celle de ces trois types qui n'ont pas reçu l'éducation adéquate car une femme on en prend soin, on la chérit, on la traite comme une reine.
 
Inès est littéralement envoûtée par ses paroles. Après quelques secondes de tergiversation, la jeune blonde reprend : Bon on fait quoi ?
 
— Bon si tu veux me faire plaisir, si tu as un peu de temps et que cela ne te dérange pas d'être vue en ma présence, je te propose de me tenir compagnie aujourd'hui et de te faire découvrir les bons côtés de Belsunce. Je ne peux pas te laisser penser que mon quartier est mal famé.
 
Après quelques secondes d'hésitation, elle accepte volontiers. Elle ne reprend à la boutique que demain et JH est en déplacement à Paris.
 
C'est une journée incroyable, elle passe probablement la plus belle journée de sa vie : il y a d'abord la visite de la grande bibliothèque de l'Alcazar située dans un ancien théâtre où Inès est enchantée par les ateliers d'initiation à la lecture proposé par la bibliothèque et très surprise aussi de voir que Konan connaît tous les enfants du quartier (ils le côtoient dans le club de football du quartier où Konan est entraîneur).
C'est ensuite une découverte des senteurs et des papilles avec la visite du marché des Capucins. C'est un véritable voyage qu'elle fait sans bouger de sa ville natale, le long des étals où se mélangent senteurs et couleurs. Là encore tous les vendeurs et vendeuses le connaissent et désirent leurs offrir de goûter aux produits. Il l'emmène déjeuner dans « le meilleur kebab de Marseille » comme le dit Konan : Chez Soufyane. Et le pire c'est qu'il a raison, jamais elle n'a jamais goûté un kebab aussi bon. Le patron est si content de faire découvrir sa cuisine à une femme de la partie sud de la ville, qu'il leur offre le repas si elle promet de revenir plus souvent.
L'après-midi ils visitent le musée d'Histoire de Marseille puis le jardin des vestiges où ils peuvent se poser à l'ombre des arbres pour apprendre à se connaître. Les deux se sentant en confiance, les mots viennent tous seuls. Pour autant Inès pressent que Konan n'est pas encore capable de se confier sur un passé très douloureux, elle le voit dans ses yeux tandis que lui voit bien que la jeune femme manque terriblement de confiance en elle, victime de personnes qui n'ont pas su lui donner l'importance et l'attention qu'elle mérite alors qu'en plus d'avoir un corps vraiment bien fait, elle a une grande curiosité sur le monde. Elle doit juste gommer certains préjugés.
 
Il lui dit qu'il doit dîner avec quelques amis ce soir et qu'il aimerait qu'elle se joigne à lui si elle peut. Juste un appel à sa mère pour lui dire qu'elle ne passera pas le voir ce soir, qu'elle est un peu fatiguée. La réponse de sa mère, comme d'habitude : « Qu'est-ce que tu peux bien faire de tes journées pour être fatiguée », Inès en a tellement l'habitude qu'elle ne répond même plus. Konan qui a tout entendu est totalement révolté et s'efforce de la rassurer comme il peut.
 
Le repas a lieu chez ses amis Naminata et Kouamé dans un des autres appartements de la rue du Tapis vert. C'est assez fascinant, il y a une douzaine d'invités et elle est la seule blanche. Les invitées la mettent tout de suite à l'aise en s'intéressant à elle et en lui parlant de leurs pays respectifs. Elle y découvre une communauté multiculturelle où l'entraide prédomine, chacun est là pour les autres et se sent très concerné par les problèmes de son entourage. Naminata dit notamment qu'elle est très contente que Konan ait enfin trouvé quelqu'un pour partager sa vie. C'est Konan qui intervient pour rétablir la vérité mais elle ne sait pas pourquoi, Inès se demande : ce serait si mal si c'était la vérité ?
Elle n'a pas trop le temps de tergiverser dans ses pensées que le plat est servi, la jeune femme découvre donc un plat typiquement ivoirien : un bœuf à l'arachide façon ivoirienne accompagné de son riz. C'est un délice et notamment cette sauce relevée qui lui donne des rougeurs aux joues faisant bien rire les amis de Konan.
 
Quelqu'un met ensuite la musique de Dj Arafat qu'on lui annonce puis Vitale, la patronna du coupé-décalé, l'ambiance est tout de suite de mise. C'est Naminata qui lui conseille d'inviter Konan à danser, pour le faire bouger ce grand timide. Ils se retrouvent sur la piste de danse et se rapprochent de plus en plus. La jeune femme copiant ses pas et ceux des autres femmes.
Elle a passé un magnifique moment, remerciant ses hôtes et chaque invité qui n'hésitent pas à la prendre dans leurs bras pour la saluer.
 
Il la ramène ensuite à sa voiture où elle le remercie en l'enlaçant, l'hésitation est là chez les deux mais cette foutue bague les empêche d'aller plus loin.
Ils se disent au revoir et Konan lui propose de remettre cela.
 
C'est donc des étoiles pleins les yeux qu'elle le raconte le lendemain à Dominica. Sa patronne et confidente voyant bien qu'il y a un truc entre eux, elle n'a jamais parlé de son mari comme elle le fait de Konan. La responsable de magasin peut vraiment être « son Gaston » à elle. De toute façon, elle n'a jamais aimé ce parvenu de JH, intolérant, vil et méprisable de surcroît. Il le lui rend bien, il n'aime pas l'influence soi-disant de l'italienne sur son épouse et serait prêt à l'enfermer chez eux. C'est probablement ce qu'il fera une fois qu'il aura réussi à la mettre enceinte.
Il n'aime pas son influence et bien iI va être servi le bonhomme. Elle est déjà en train de concocter un plan pour les mettre ensemble.
 
Dominica parvient tout d'abord à obtenir le numéro de Konan par un ami qui dirige l'antenne locale de livraison et qui est parfaitement au courant de l'astuce de la fausse licence. Elle s'arrange avec son ami pour que ce soit Konan qui prenne la livraison de son repas chez elle au sud de Marseille à l'extrémité du quartier d'Endoume.
Une fois sur place, elle lui dit qui elle est et quel est vraiment son but. Le jeune homme nie toute envie équivoque craignant probablement un piège du mari d'Inès mais la femme le rassure et le fait parler pour pouvoir le jauger. Dominica a toujours cette formidable capacité à pouvoir vite juger les personnes qu'elle rencontre et lui elle le sent bien, c'est quelqu'un pour sa Inès.
Elle les fait monter à l'étage dans sa chambre, Konan est totalement interdit quand elle lui dit mais c'est le dressing qu'elle lui montre. L'ancien dressing de Gaston.
Elle lui explique son plan, elle va recevoir des amis dont certains de ses meilleures clients et clientes dans sa maison secondaire à Saint-Gall en Suisse. Inès va l'accompagner et Dominica va inviter Konan aussi mais il devra jouer un rôle qu'ils définiront pour assister à la réception.
Chaque jour jusqu'à la réception de fin septembre, il vient voir Dominica en fin de journée pour répéter son rôle. Dans le même temps, il continue à voir Inès et les deux se rapproche toujours plus sans oser franchir le pas.
 
Le fameux jour arrive finalement, Inès accompagnant donc sa patronne en Suisse pour ce qui est aussi un rendez-vous professionnel. Les deux femmes arrivent dans ce magnifique chalet qui même sans la neige des mois d'hiver reste magique malgré un temps d'automne un peu plus venteux.
A quelques heures du début de la réception, Dominica rejoint Inès dans sa chambre avec différents portants. Elle lui propose :
 
— Ma belle, je voulais t'offrir un cadeau pour la réception de ce soir. Je ne veux perturber ce que tu as prévu, mais si tu le veux bien je t'ai pris une belle pièce de lingerie et une belle robe de soirée. Je te laisse me dire ce que tu en penses.
 
— Mais il ne fallait pas Dominica, ça me touche vraiment, je ne sais pas si je peux accepter
 
— Tu le mérites car en plus d'être une adjointe formidable, tu es aussi très chère à mon cœur et crois moi t'offrir ceci me fait rend encore plus heureuse.
 
Alors en lui prenant sa main gauche, elle lui retire tout doucement son alliance et la pose sur une tablette :
 
— Ce soir, ne soit pas Inès de la Pinardiere, ne soit pas non plus Inès Dunan mais soit juste Inès la belle jeune femme pleine de talent et pleine de vie que je vois devant moi. Maintenant ouvre les housses. Je suis toute excitée.
 
Avec une excitation certaine, la jeune femme ouvre les housses les unes après les autres avant de mettre ses deux mains devant sa bouche pour exprimer sa stupeur. La lingerie est magnifique. C'est l'un des modèles les plus en vogue exposés à la boutique : C'est un ensemble guêpière avec porte-jarretelles, bas et culottes Rétrolution VIP de chez Gossard. Les bonnets à coque et rembourrés vont lui rehausser la poitrine et lui donner un magnifique décolleté bien galbé et plongeant. La tulle ornée de broderie florale et la maille satinée sont du plus bel effet. La guêpière s'ouvre par l'avant avec des crochets.
Mais que dire de la robe dans la deuxième housse, c'est The little black dress ou du moins une imitation très ressemblante de la fameuse robe d'Audrey Hepburn dans le film Breakfast at Tiffany's. Il y a même les fameux gants noirs et les bijoux siglées Tiffany's.
 
— Non non Dominica, je ne peux pas accepter, c'est beaucoup trop !
 
— Mais si tu peux, la lingerie de chez Gossard je sais que cela fait des semaines que tu lorgnes dessus en imaginant qu'un certain jeune homme noir te la retire de ces grandes mains, non non ne nie pas, je sais tout et puis cela peut rester entre nous. Pour ce qui est de la robe, c'est une imitation que Gaston m'a offerte il y a vingt ans parce qu'il sait que j'adore Audrey Hepburn. Si tu veux bien, laisse-moi m'occuper de toi et tous les invités ne verront que toi.
 
C'est un moment incroyable comme elle n'en a jamais connu avec sa propre mère. Ce constat lui fait mal mais quelque part elle se sent pleine de joie et chanceuse de pouvoir partager ce genre de moment avec quelqu'un qui compte tant pour elle.
 
Dominica a eu raison, tout le monde la regarde mais elle n'a d'yeux que pour l'homme adossé négligemment à l'une des colonnades. Sa veste blanche à revers noir sur pantalon anthracite est du plus bel effet, sans parler du nœud papillon blanc qu'il arbore. On dirait Idris Elba. Il a une assurance qu'elle ne lui connaît pas. Il va encore plus l'impressionner durant le repas lorsque l'on l'interroge sur son parcours. C'est un couple entre deux âges qu'elle a déjà vu auparavant, ils ont fait partis des meilleurs clients de Dominica et Gaston à l'époque où ils avaient encore leur boutique :
 
— Je ne crois pas que nous ayons été présentés monsieur, commence la femme tout en s'adressant à Konan
 
— Monsieur Koné, Cheikh Koné
 
— Vous êtes aussi dans le domaine de la lingerie monsieur Koné, demande à son tour le mari de la femme
 
— Oui tout à fait, nous sommes là pour cela ce soir non ? lui répond Konan faisant rire l'assistance, j'ai développé ma propre marque sur le continent en Afrique. Aujourd'hui je peux fièrement revendiquer seize boutiques dont la plus grande vient d'ouvrir à Accra au Ghana. Même Lupita Nyong'o a défilé pour nous l'année dernière à Nairobi.
 
— Très impressionnant monsieur Koné, mais comment avez-vous réussi à vous imposer face à la forte concurrence des européens sur ce marché notamment ? lui demande quelqu'un dans l'assistance désormais subjuguée par ses explications tout comme Inès
 
— Eh bien mon cher monsieur, grâce à la liberté. Eh oui ! ce n'est pas bien compliqué. Nos produits tous issus de matières locales, je peux le garantir sont tous d'une légèreté absolue. Les femmes se sentent libres dans notre lingerie, de plus nous sommes les premiers en Afrique à avoir compris le mouvement du no-bra. Nous vendons des pièces de lingerie désaccordée pour laisser la liberté à nos clientes de ne porter que le bas de nos lingeries si elles veulent.
 
Soit il lui a bien caché son jeu depuis le début, soit il la joue Aladin et elle suppose que son génie est sa marraine la bonne fée à elle. Il lui est bien difficile de l'interroger durant le repas et encore moins pendant le défilé de lingerie qu'organise toujours Dominica venant des collections que certains de ses amis couturiers indépendant veulent montrer et vendre.
Ce n'est que lorsque l'orchestre s'installe qu'elle peut saisir l'occasion de le questionner.
Inès lui fait comprendre d'un signe de tête qu'elle veut qu'il l'invite, Konan s'y plie donc avec plaisir sous le regard attendri de Dominica. Pendant que raisonne les paroles de Frank Sinatra chantées par un crooner local, la jeune blonde interroge le fameux créateur ivoirien.
 
— Alors monsieur Koné, vous m'avez bien caché votre jeu. C'est quoi la vérité ? Vous êtes un riche homme fortuné qui aime jouer les livreurs pour être au plus près des petites gens lui dit-elle en éclatant légèrement de rire.
 
— C'est à peu près cela ! Vous m'avez percé à jour. Et vous mademoiselle, vous êtes la réincarnation d'Audrey Hepburn. Cette robe vous va comme un gant, vous êtes magnifique, si belle lui glisse-t-il au creux de l'oreille.
 
Se sentant pour la première fois totalement libre et audacieuse, elle glisse sa main droite gantée un peu plus bas presque au niveau du haut de ses fesses tout en ancrant son regard dans celui de l'homme pour qui elle ressent une myriade d'émotion, c'est la première fois que son cœur bat si vite. Celui de Konan est dans le même état, elle peut presque le sentir cogner contre sa poitrine. Il remarque à peine que deux nouveaux artistes sont montés sur scène. Les paroles de Vivo per lei leur parviennent aux oreilles.
 
Vivo per lei da quando sai, La prima volta l'ho incontrata, Mi è entrata dentro e c'è restata, Vivo per lei perchè mi fa, Vibrare forte l'anima.
 
Konan en regardant Dominica pourrait dire les mêmes mots en parlant d'Inès, oui il vit pour elle depuis la première fois qu'ils se sont rencontrés, elle est entrée en lui et il vivra pour toujours pour elle car elle fait vibrer fort son âme.
 
Vivo per lei anch'io lo sai, Lei è di tutti quelli che, Hanno un bisogno sempre acceso, Di chi è da solo e adesso sa, Che è anche per lui, Per questo io vivo per lei.
 
Inès de lui répondre avec les mots d'Helene Ségara toujours en regardant Dominica, oui elle aussi vit pour lui. Cet homme qui a toujours besoin qu'on soit présent pour lui parce qu'il a toujours été seul et c'est pour ça qu'elle veut vivre pour lui.
 
Puis les deux se regardant les yeux dans les yeux peuvent reprendre en chœur les derniers mots de la chanson :
 
Vivo per lei lo so mi fa, Soffrire un pò ma almeno io vivo.
 
Ils vivent l'un pour l'autre et peu importe les souffrances pourvu qu'ils vivent. Et là ils vivent l'instant présent quand quelques minutes plus tard, ils s'embrassent à en perdre haleine tout en montant vers sa chambre à elle dans ce beau chalet au milieu des montagnes suisses qui sera le berceau de l'union de leur passion.
La jeune femme ne peut plus attendre, à peine la porte de la chambre refermée, elle plaque Konan contre la porte, lui embrasse l'oreille tout en laissant ses mains partir à la découverte du corps musculeux de cet homme qui l'a tant fait fantasmer.
 
— Je ne veux plus attendre, je me consume de plaisir pour toi mon bel apollon, j'ai trop attendu. Fais moi redevenir femme entre tes bras, s'il te plaît prend moi fort lui glisse-t-elle a l'oreille en l'empoignant fermement a l'entrejambe.
 
Konan ne peut résister à cette demande, il inverse leurs positions et la glisse entre son corps à lui et la porte, descend sa main droite pour remonter le bas de sa robe, son sang ne faisant qu'un tour en découvrant le bas retenu par la jarretelle. Il remonte sa jambe gauche contre son aine et lance son tour ses doigts à la découverte de ses merveilles. Son antre est totalement incandescent, elle n'a pas menti, elle se consume de plaisir. Il ne la fait pas attendre plus et guide son membre dans son fourreau brûlant. C'est une explosion de sensation quand leurs deux chairs se touchent.
 
Inès plante ses ongles dans son dos pour le faire aller plus vite tandis que leurs baisers deviennent plus brutaux, c'est un besoin vital. Konan lève sa deuxième jambe et la suspend à son membre turgescent, elle est comme plantée contre la porte.
La jeune femme n'a pas vu son membre mais vu le plaisir qu'elle ressent, c'est sur c'est pas un petit morceau de chair qui la martèle de coups. Jamais elle n'a ressenti pareille sensation et jamais encore elle a eu autant d'entrain à faire l'amour.
 
Au bout d'un moment, les jambes de Konan ne le portent plus alors il s'effondre sur le lit avec une Inès à califourchon sur sa bite et qui est en train de les envoyer dans la stratosphère tellement elle y va a cœur joie. Le jeune homme en profite pour lui retirer sa robe et admirer sa guêpière dans son ensemble. Elle est là perfection même, cette pièce de lingerie ne fait que l'embellir un peu plus. La jeune femme lui a aussi retiré sa chemise et peu désormais les muscles qu'elle ne faisait que deviner. Encore quelques coups, il le sent qu'elle va rendre les armes, il se retient pour qu'ils puissent jouir ensemble. Juste un doigt sur le haut de sa chatte et elle part dans une jouissance extatique tandis que lui envoie encore deux gros coups de pine avant de se lâcher tout au fond de son utérus.
 
A peine quelques instants pour profiter dans la petite mort tout en s'embrassant avec tendresse avant qu'elle ne se glisse sur le côté pour prendre sa virilité dans sa main d'abord puis d'essayer de le prendre en bouche ensuite. S'il n'est pas super large par contre il est bien long, la jeune femme le prend centimètre par centimètre pour le plus grand plaisir de l'Ivoirien. Quelle scène aphrodisiaque pour lui, il est là à profiter d'une délicieuse fellation de la part d'une belle blonde pendant que deux de ses doigts sont plongés dans son antre humide et qu'un troisième teste la résistance de son trou le plus sombre. Cela semble étroit, preuve qu'elle n'est pas souvent enculée.
 
Elle lui redonne tout de suite une bonne vigueur mais lui veut avant lui rendre la pareille donc il se place entre ses deux compas totalement ouvert en V, il commence par de petits coups le long de ses grandes lèvres avant de la pénétrer de sa langue tout en s'aidant de ses longs doigts pour la faire monter en pression. Mais il aime jouer avec elle, il accélère à fond puis ralentit soudainement la cadence de ses coups de langue. Après avoir frôlé l'orgasme deux, trois fois, elle appuie avec force la tête de Konan contre son centre des désirs. Son nez lui fait mal dans son exploration mais pour rien au monde, il ne laisserait sa place alors qu'il la porte une nouvelle fois à la jouissance.
 
Il la prend ensuite en missionnaire où chaque coup de bite de Konan donne l'impression de s'enfoncer de plus en plus dans le lit. Mais ce soir elle veut se donner totalement à cet homme qu'elle ne connaissait pas il y a encore trois mois et qui compte plus que tout pour elle. C'est avec minutie et une totale tendresse qu'il s'enfonce tout doucement dans son rectum alors qu'elle est à quatre pattes sur le lit. Inès souffle fortement à l'intromission mais après plusieurs essais, elle est toute fière de sentir ses grosses boules frottaient contre sa chatte. La preuve qu'elle a absorbé ce monstre de chair. La suite n'est que pur plaisir pour les deux qui atteignent la plénitude totale dans leurs rapports sexuels.
 
Inès crie comme une folle quand Konan accélère la cadence, elle espère qu'il ne reste que Dominica dans la maison car là tout le monde sait qu'elle se fait ramoner à fond l'arrière train. Elle accueille son premier orgasme anal avec délice et elle a l'impression que c'est des litres de sperme que décharge Konan dans son petit cul tout en grognant comme un ours en rut.
 
Elle s'endort totalement heureuse dans les bras de son bel Ivoirien. Le matin au petit déjeuner, les deux n'osent pas regarder Dominica dans les yeux. Celle-ci est hilare et les encourage à remettre le couvert autant que possible d'ici la fin du séjour. C'est ce qu'ils font avec un plaisir partagé. Jamais la jeune femme ne s'est sentie si libre alors qu'elle fait pousser des kilomètres de corne à son époux mais elle s'en fout éperdument.
Surtout quand Konan lui ramone si durement l'arrière train alors qu'elle est appuyée contre la porte de la grange.
 
Dès cette fin de mois de septembre, les deux jeunes adultes vont vivre leur passion exclusivement dans la maison de Dominica, jamais un livreur n'a été si bien entretenu par sa cliente. Parfois il a à peine le temps de passer la porte d'entrée, que déjà il s'enfonce dans une chatte brûlante sur les marches de l'escalier. Et puis être l'amant d'une vendeuse en lingerie, cela apporte son lot de plaisir visuel aussi. En dehors, ils se comportent comme des amis.
 
Il ne leur est pas possible de se mettre ensemble tant que la situation de Konan n'a pas été régularisée. L'administration n'est pas très coopérative et Dominica a une petite idée de qui est derrière tout cela. Justement Jacques-Henri a des doutes depuis quelques temps mais il lui est impossible de demander à quelqu'un de la préfecture d'enquêter donc c'est un privé qui est chargé de prouver l'adultère. L'affaire a été très compliquée à mener car les deux amants semblent très malins mais au travers d'un rideau mal fermé chez Dominica Fabre, le photographe a pu prendre des photos édifiantes des deux amants.
 
Maintenant c'est à JH de décider de ce qu'il veut faire. Un divorce en place publique nuirait à son hommage sans parler de l'humiliation que lui imposeraient ses adversaires politiques au vu du statut de migrant de l'amant de sa femme. Finalement la solution lui est venue de sa meilleure alliée dans cette affaire : madame De la Pinardiere mise au courant lui propose un plan machiavélique pour se débarrasser de l'amant encombrant et faire payer sa fille car elle doit apprendre une leçon.
 
C'est ainsi qu'au matin du 10 février 2019, la police fait une descente dans les immeubles de la rue du Tapis vert où de nombreux migrants sont arrêtés dont Naminata, Kouamé et leurs deux enfants mais aussi Konan sur un prétendu signalement anonyme. Inès mise au courant par des amis de Konan tente de joindre JH pour en savoir plus mais ce dernier ne répond pas.
 
A juste titre, il déambule dans le centre de rétention très sûr de lui, il la tient sa vengeance alors qu'il va entrer dans la cellule numéro 14. En face de lui son rival est enchaîné de partout, il est à genoux et c'est presque avec difficulté qu'il relève la tête pour voir son interlocuteur.
Konan vivait tellement depuis des mois sur un nuage qu'il n'a pas vu venir ce coup foireux surtout venant du mari trompé qui, il le voit, savoure cet instant.
 
— Monsieur Coulibaly, apparemment c'est toujours dans les mêmes circonstances qu'on se retrouve on dirait. Voyons voir cela : situation irrégulière, refus d'obtempérer, résistance à agents et violence sur personne dépositaire de l'autorité publique.
 
— Ce sont vos hommes qui m'ont frappé, pas l'inverse. C'est moi par ailleurs qui porte les marques de coups.
 
— Nous verrons ce qu'en dira le procureur mais je crois qu'on ne va pas vous revoir de sitôt Coulibaly. C'est bien dommage pour Inès crache-t-il
 
— Bien ! Vous pourriez lui transmettre un message de ma part s'il vous plaît.
 
— Ferme là sale nègre de merde, tu me prends pour un employé de la poste ? Alors que cela fait des mois qui vous vous foutez royalement de ma gueule. Évidemment je suis au courant pour votre petite aventure. Toi et ma catin de femme, vous allez me le payer très cher et tu vas m'y aider si tu veux revoir la lumière du jour.
 
— Jamais ! Je ne ferai jamais rien contre Inès. Vous pouvez aller vous faire foutre.
 
— Parce que tu crois que tu as le choix vermine ! Si tu n'obéis pas à mes ordres. Toi et tes petits copains vous allez vite repartir d'où vous venez dans un charter et ce sera très bien pour la France, mais avant tu vois la fille de ta copine, elle a quoi ? Treize ans. Elle est bien mignonne mais si jamais on laisse sa cellule ouverte, il se pourrait que des hommes mal intentionnés y entrent. Elle risque de repartir en Côte d'Ivoire dans un sale état.
 
— Ok ! Ok ! Ne lui faites rien, mais si vous voulez qu'on s'entende il va falloir proposer mieux si vous voulez que je sois crédible.
 
— Et bien, on commence à être raisonnable !
 
Konan se déteste pour ce qu'il va falloir faire, déjà il a dû lui mentir une première fois en lui disant que c'est une erreur administrative qui lui a permis de sortir et puis il est contraint et forcé d'appliqué le plan de Jacques-Henri. C'est pour cela qu'il a invité Inès chez lui ce soir tout en sachant qu'elle sera en avance car elle est toujours en avance et puis elle a les clés.
La fille que JH lui a mis dans les pattes, on dirait une pute, s'en est probablement une. Il n'y a aucune tendresse dans ce qu'il fait, la façon qu'il a de la prendre cette fille est mécanique, à chaque fois qu'il rentre dans cette fille c'est comme un coup de poignard qu'il se met. Il a terriblement mal et c'est encore pire quand il entend le cri déchirant d'Inès qui voit « sa trahison », il n'a même pas le courage de la regarder, il entend chaque goutte de larme qui s'écrase sur le sol. Konan ne répond rien malgré la détresse de la femme qu'il aime plus tout.
Il sait que c'est terminé quand il entend la porte claquer et ce silence qui le ramène à sa solitude.
 
Dominica est chez elle quand Inès l'appelle, elle peine à comprendre ce que lui dit sa protégée qui semble totalement désemparée. Elle lui demande où elle est car Inès n'est pas en état de conduire, c'est sa patronne qui va la rejoindre. Sur la route, elle se dit qu'il y a quelques chose qui ne colle pas , elle doit en avoir le cœur net et décide d'aller voir Konan. Si cette infidélité est vraie, il va l'entendre et les murs vont trembler.
Mais à la sortie de l'ascenseur, ce qu'elle entend lui glace le sang :
 
— Comment vous avez pu faire cela à Inès, elle ne mérite pas cela, c'est quelqu'un de bien, dit Konan a quelqu'un que Dominica ne peut pas voir
 
— Quelqu'un de bien, mon cul ! Et m'humilier avec quelqu'un comme vous c'est ça quelqu'un de bien, c'est ce que j'appelle une traînée moi ! Crache d'une voix véhémente Jacques-Henri. Quoi qu'il en soit, elle a bien mérité d'avoir le cœur brisé, cela lui servira de leçon. En tout cas madame de la Pinardiere vous remercie également.
 
— Je n'en ai que faire de ses remerciements, si j'avais eu le choix je n'aurais pas participé à cette entreprise de la maintenir sous votre coupe ou celle de sa mère.
 
— Que voulez-vous que je vous dise Coulibaly, le monde est ainsi fait, ce n'est pas l'amour et les bonnes intentions qui font marcher le monde. C'est l'argent et le pouvoir. Quoi qu'il en soit, vous avez rempli votre part du marché, j'ai remplie la mienne. Vos amis ont été libérés et j'ai fais le nécessaire pour qu'on régularise leurs situation de la vôtre.
 
— Je ne veux pas de vos papiers, je n'en veux plus. Je ne les mérite pas après ce que j'ai fais à Inès. J'ai votre parole qu'il n'est rien arrivé aux enfants de mes amis ?
 
— C'est bien ce que je disais vous voyez, l'argent et les bons sentiments. Cela vous perdra Coulibaly. Rassurez vous, les enfants de vos amis vont bien. Ce ne sera qu'un mauvais souvenir pour eux.  
 
— Vous êtes conscients que vous ne récupérez pas Inès, de toute façon elle n'a jamais été à vous.
 
— Vous croyez ? Elle reviendra en rampant et si je pouvais je la baiserai sous vos yeux pour vous le prouver. Elle a toujours besoin de quelqu'un pour s'occuper d'elle. Sa mère, moi, cette Dominica, puis vous. Elle ne sait pas être seule.
 
— C'est là où vous vous trompez et cela vous perdra. Vous n'avez jamais su voir quelle femme forte et formidable elle est. Vous verrez.
 
— J'aurai toute la vie pour le découvrir, contrairement à vous, termine JH avant de tourner les talons.
 
Dominica en a assez entendu, d'autant qu'elle a pris le temps de tout enregistrer comme preuve. Elle s'en va discrètement par l'escalier pour aller retrouver sur ce banc devant le vieux port, une Inès totalement désemparée. La jeune femme retrouve plus de vie et de force au fil des révélations de Dominica. La détermination que la responsable voit dans les yeux de son adjointe est incroyable, ils vont payer ! En attendant, elle doit se dépêcher de retrouver Konan avant qu'il ne fasse une connerie par désespoir.
 
Quand elle arrive à l'appartement, celui-ci est vide. Konan n'est pas là et apparemment il a vidé les armoires de ses vêtements, il est parti et l'a laissé seule dans sa détresse. Elle se couche en position fœtale sur le canapé. Au bout de quelques minutes, Naminata lui fait remarquer sa présence puis voyant son état, elle la prend dans ses bras.
 
— Ma pauvre, je suis si désolée. Je n'ai rien pu faire l'empêcher de partir. Il avait l'air si désespéré et triste à la fois. Il m'a expliqué ce qui s'est passé. Je lui en veux pour ce qu'il t'a fait mais en même temps notre famille lui doit tant, c'est grâce à lui si on a pu obtenir nos papiers français et que les enfants peuvent enfin avoir une chance de s'en sortir. Je suis un monstre de penser ça, je suis désolée Inès.
 
— Non, Non ! Naminata même moi je n'arrive pas à lui en vouloir. Je sais dans quelle situation je me trouvais. Les seuls à qui j'en veux c'est mon futur ex-mari et ma mère. Je ne t'en veux pas de penser à ta famille, ma chérie. Je suis juste effondrée parce que l'homme que j'aime est parti, que je n'ai aucun moyen de savoir où il sera ce soir et s'il va bien. Surtout il est parti avant que je puisse lui dire que c'est l'homme de ma vie, conclut une Inès en larmes dans les bras de Naminata.
 
Après quelques minutes, Naminata lui tend une courte lettre que Konan lui a laissé :
 
Mon amour,
 
S'il te plaît ne déchire pas cette lettre avant d'être arrivée à la fin. Je sais qu'à l'heure actuelle tu dois me détester mais tu ne peux pas me haïr plus que je me hais moi-même. Je sais que je n'aurai jamais dû accepter le marché de Jacques-Henri et rien ne peux justifier la douleur que je t'ai infligé.
C'est pour cela que j'ai refusé les papiers français qu'il m'a proposé. Je ne les mérite pas, le coût à payer est impardonnable. Je vais quitter Marseille et la France aussi. Peut-être qu'un jour j'arriverai à être en paix avec moi-même. Ne laisse jamais personne t'imposer ta volonté, tu es la femme la plus forte que j'ai eu la chance de rencontrer. Tu es généreuse, pétillante et tellement passionnée. J'aurai voulu plus te montrer mon amour. On se retrouvera si Dieu le veut. A toi pour toujours.
 
Konan.
 
C'est chez Dominica qu'elle se réfugie les jours suivants, ne répondant ni à JH, ni à sa mère. Elle a besoin de quitter Marseille ici, de voir autre chose et de vivre sa vie. C'est sa patronne qui va lui soumettre une proposition qui ne se refuse pas car elle émane directement du siège.
 
Quatre jours après le départ de Konan, la jeune femme repasse par chez elle avec Dominica qui l'aide à faire ses valises, sa décision est prise, elle va la communiquer ce soir à ceux qui lui ont pourri la vie. Inès a donc fixé rendez-vous à Jacques-Henri chez sa mère. Dominica la dépose et l'attend dans la voiture en bas de l'immeuble.
 
Quand elle arrive, JH est déjà là avec sa mère et dès qu'il la voit, il l'invective :
 
— Enfin c'est pas trop tôt ! Tu étais où ces quatre derniers jours ?
 
Alors qu'elle s'apprête à lui répondre, elle entend à la radio Vivo per Lei, comme un signe pour lui donner du courage.
 
— Je n'ai pas à te répondre, je n'aurai plus à te répondre. Toi et ma mère avaient passé ma vie à vouloir me contrôler…
 
— Comment parles-tu à ton époux, la coupe sa mère, tu lui dois du respect pour ce qu'il a fait pour notre famille…
 
— Toi maman la ferme ! La coupe a son tour Inès. J'en ai plus qu'assez qu'on parle à ma place, qu'on décide à ma place. C'est terminé, je reprend ma vie. Je n'ai plus à assumer les conneries de papa. J'ai porté vos histoires comme un fardeau alors que si vous aviez été des parents responsables et respectables, vous m'aurez épargné tout cela.
 
— Je ne peux pas te laisser dire ce genre de chose sur ta mèr…
 
— Toi là je te jure que si tu me coupes encore, je te fais passer par la fenêtre et vu la haine que j'ai contre toi, crois moi tu feras pas le poids.
 
— Tout ça juste pour un métèque, lui dit sa mère.
 
— Oui maman ! Un noir, un nègre, un mangeur de bananes… comme tu le dis si bien. Je l'ai sincèrement aimé et je l'aime toujours. Mais ce que vous n'avez pas compris tous les deux, c'est que ce n'est pas vous, ce n'est pas Konan. Je n'ai besoin de personne. Je mets fin, Jacques-Henri, à une histoire qui n'aurait jamais dû exister, c'est terminé. Tu recevras les papiers du divorce prochainement.
 
— Quoi ! Tu ne peux pas me quitter !
 
— Tu comprend pas quoi connard ! Fenêtre, trottoir, écrasé comme une crêpe ! Je te quitte, un point c'est tout. J'ai pas besoin de ton argent et de ton pouvoir. Ma liberté et mes bons sentiments me suffisent.
 
— Tu ne sais pas te débrouiller seule, tu as besoin de nous !
 
— Non Maman ! Vous n'avez besoin de personne. La méchanceté et la haine vous sont d'excellentes compagnies. Regarde-moi bien car c'est la dernière fois que tu me vois, tu n'as plus de fille ! Ma décision est irrévocable. Je vais désormais vivre pour moi et pas pour quelqu'un d'autre. Ma vie n'appartient qu'à moi.
 
La jeune femme tourne les talons sans les regarder pour refermer ce funeste chapitre de sa vie.
Elle n'est pas qu'une femme divorcée, pas qu'une femme en rupture de relation, pas plus une femme seule mais simplement une femme libre !
C'est exactement ce qu'elle se dit alors qu'elle s'avance vers son avion sur le tarmac de l'aéroport de Marseille - Marignane. Inès s'apprête à ouvrir le nouveau chapitre de sa vie de l'autre côté des Alpes à Milan.
 
Elle peut être fière de la vie qu'elle a menée, c'est exactement ce que lui dit Dominica alors qu'elles sont attablées dans ce restaurant de Berlin un peu plus de quatre ans plus tard. Inès se demande d'ailleurs pourquoi elle a voulu passer ses quelques jours de congés d'octobre 2023 de l'autre côté du Rhin et pourquoi son amie est si excitée.
 
— Guten Tag meine Damen, willkommen in Brandenburg, darf ich Ihnen die Spezialität des Küchenchefs anbieten!
 
Mais cette voix douce et grave à la fois, elle a passée quatre année à espérer l'entendre de nouveau. Dominica est toute fière de sa surprise et semble presque plus excitée que la jeune femme. Inès le cœur battant la chamade se tourne et là devant elle se trouve l'homme qu'elle n'a jamais cessé d'aimer : Konan dans son beau costume blanc impeccable de chef de salle, un sourire radieux sur le visage.
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Ced67220
29 décembre 2023 à 15:18
Très beau
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StanJR23
7 décembre 2023 à 17:14
Extrait Léïla, Plus Jamais

Le jour de la finale, ses potes ont voulu qu’ils viennent les rejoindre au bar mais la vue d’une Leïla se baladant dans son appartement avec juste le maillot de Zidane et un slip vert et blanc lui a donné d’autres idées. Bien lui en a pris, sa copine était surexcitée par les deux buts de son idole et il méritait bien une récompense pour être resté en sa compagnie plutôt que d’être allée au bar.
Il eut droit à la meilleure fellation de toute sa vie, soixante minutes de la publicité de la fin de première mi-temps jusqu’au troisième but d’Emmanuel Petit. Elle a cajolé chaque morceau de chair de sa queue. Leïla avait le don de le maintenir sous pression sans jamais le faire craquer. Elle a finalement accéléré le rythme quand elle a compris que l’on allait être champion du monde. Rachid à déchargé d’énorme quantité de sperme dans sa petite bouche qu’elle a eu bien du mal à tout avaler.

J-1
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StanJR23
6 décembre 2023 à 07:16
Extrait Léïla, Plus Jamais

Enfin pas totalement, depuis le début de soirée, il était troublé par ce que portait la jeune femme. Comme il fait un peu froid, Leïla avait revêtu un pull léger un peu ample qui la recouvrait jusqu’à la taille mais ses jambes étaient nues. Le policier avait du mal à se détacher de ses belles cuisses bronzées, d’autant que la jeune femme avait tendance à se blottir de plus en plus contre lui. Ça ne l’aidait pas à faire désenfler son paquet.

Rachid bougea pour trouver une bonne position, mais au bout d’un moment, il n’en pouvait plus et a tourné la tête pour dire quelque chose à Leïla. Il constata qu’elle le regardait intensément.
Tout doucement il a penché la tête vers la jeune femme et l’embrassa tendrement. La jeune femme répondit à son baiser et laissa sa main lui toucher les biceps puis les pectoraux avant de déboutonner sa chemise noire.
Rachid lui a légèrement baissé le pull sur son épaule gauche sur lequel il a parsemé une traînée de baisers, pendant que sa main remontait sur la cuisse nue de Leila.

J-2
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StanJR23
5 décembre 2023 à 07:27
Extrait Léïla, Plus jamais

Ce soir-là, Rachid était dans sa voiture, cela fait plusieurs jours qu’il planquait dans le quartier du Labyrinthe quand il n’était pas en service. Il ne savait pas pourquoi, il craignait surement le pire et puis le visage de cette femme ne voulait pas quitter sa tête.
Il n’avait qu’une envie, la protéger contre ce monstre.
Il était là dans sa voiture avec la radio en boucle sur les obsèques de Diana. Les journalistes commentaient l'événement comme ils auraient commenté un match de l’équipe de France de football.
Il regardait vers les fenêtres de l’appartement et une image furtive a retenu son attention, l’ombre de Leïla semblant totalement apeurée juste avant qu’une main ne l’attrape par les cheveux.
En quelques enjambées, il était dans l’escalier où les cris lui parvenaient depuis le palier du dessous :

- AVOUE SALE TRAÎNÉE QUE TU ME TROMPES ! AVOUE ! AVOUE !

Entre chaque cri, des bruits étouffés suivis d’un gémissement de douleur de Leïla, s’il ne se dépêchait pas elle allait mourir sous les coups.

J-3
Modifié 5 décembre 2023 à 07:28
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StanJR23
4 décembre 2023 à 16:24
Extrait Léïla, Plus Jamais

- Qu’est-ce que tu as fait frère ? Pourquoi tu as tué nos camarades ? Pourquoi tu m’as tiré dessus ? Pose ton arme, on va parler commence Rachid avec une douleur bien lancinante dans l‘épaule.
- Tu ne comprends pas Akhi, ces chiens et ces infidèles ont laissé nos frères s’entretuer au pays, ils n’ont pas empêché les militaires de s’approprier le pouvoir alors qu’on avait gagné les élections. Ce sont des âmes impures qui méritent la colère d’Allah.
- Qu’est-ce que tu racontes Akh ? Tu n’as jamais pensé comme ça ! C’est cette fille qui t’as mis les choses dans la tête ? Dit Rachid qui avait eu un éclair de lucidité
- Hassna m’a ouvert les yeux, avant je n’étais qu'un mécréant et aujourd’hui j’ai une chance d’aller m’asseoir à la droite du prophète, il ne me restent qu’à aller châtier les infidèles. Les Américains méritent aussi qu’on s’occupe d’eux.
- Je ne peux pas te laisser faire ! Je n’ai pas le choix ! Je t’en prie ne m’oblige pas à le faire !
- Allahu Akhbar Akhi, tu ne peux rien contre moi, le prophète est avec moi ! Laisse-moi passer. Ce pays ne te doit rien, tu n’es pas obligé de mourir pour lui a-t-il conclu tout en levant son arme.
- Non ! NON N’AVANCE PAS !!!

J-4
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OlgaT
1 décembre 2023 à 22:23
Une belle et forte histoire d'amour, un décors extraordinaire, la Ville de Marseille. Stan23JR nous fait passer par tous les sentiments. Nous sommes émus quand nous voyons naitre l'amour entre Konan et Inès. Nous sommes témoins de leurs étreintes.
Et puis on se dit que la belle histoire va finir mal, victime du racisme, de la méchanceté et de la bêtise. En bonne romantique, j'ai adoré que les méchants soient démasqués et que les amoureux se retrouvent.
Merci pour ces textes qui abordent des sujets forts, tout cela dans un cadre érotique.
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StanJR23
1 décembre 2023 à 07:29
Un immense merci aux presque 2800 lecteurs de Konan. Dans 8 jours va sortir : Léïla, Plus Jamais. C’est le dernier récit du quarter de récit mélodramatique que nous avons eu depuis Ivàn. Nous passerons ensuite à quelques récits plus légers à partir de Mathéo.
En attendant Léïla est un récit qui a pour thème principal : la violence conjugale mais c’est surtout une formidable histoire de rédemption, de pardon à soi-même. C’est un récit qui prouve surtout que deux âmes en perdition dans leurs vies respectives et face a la douleur de la vie peuvent surmonter ensemble les épreuves.
Le récit suivra Rachid que nous avons rencontré dans la saison 1 avec le récit Keisha (le copropriétaire du night-club le Gone).
Nous partirons du Yémen en 1994 pour aller jusqu’à la banlieue parisienne dans le quartier de la Grande Borne à Grigny entre les obsèques de Lady Diana en septembre 1997 jusqu’à la finale de la coupe du monde 1998 : le 12 Juillet.
C’est un formidable voyage auquel je vous invite car c’est avant tout une belle histoire.

J-8
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Monsieur Plume
28 novembre 2023 à 21:58
Malgré le thème une fois encore très dur et malheureusement très réaliste, ce que je veux retenir ici c’est la conclusion de cette belle histoire d’un amour (presque) impossible entre deux personnages que tout devrait séparer et qui pourtant se trouvent malgré les obstacles dressés devant eux.
Modifié 28 novembre 2023 à 21:59
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