Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Angèle, la femme-chocolat — Chapitre 2 · Angèle, la femme-chocolat : l’omnibus Amiens – Paris
Auteur
Angèle, la femme-chocolat
Chapitre 2 · Angèle, la femme-chocolat : l’omnibus Amiens – Paris
Amiens, c’est fini. Il est temps de prendre le train pour rentrer à Paris. Assis côte à côte dans un compartiment presque désert, je m’inquiète d’avoir choqué ses amis de toujours, en provoquant une baise si bruyante dans un lieu si confiné.
— Cela te va bien de jouer ce matin le mec gêné alors que tu as tout fait pour m’amener à sortir de moi-même, pour m’amener à jouir comme je n’ai jamais joui !
Un moment de silence entre nous deux, je ne sais pas si Angèle va continuer dans le ton du reproche (« le faux cul ») ou du compliment (« son plus grand orgasme avec moi »). Elle poursuit :
— Angèle, la fille timide, la fille gênée, la fille polie, la petite Angèle, Angèle la belle, cette Angèle là, c’est fini ! Tu sais qu’en plus de m’avoir donné beaucoup de plaisir, tu m’as rendu un grand service. Ma bande d’amies, si protectrice, si attentionnée, si généreuse… ne me regardera plus jamais comme une petite fille docile et coincée. Je veux qu’ils sachent tous que je ne serai plus jamais la petite fille discrète et invisible, je veux qu’ils me voient enfin comme une femme, une vraie femme, qui s’assume dans ses envies, qui revendique ses désirs. Qui mouille facilement pour un homme qui sait la toucher. Qui suce une queue qui l’inspire et quand ça l’inspire. Qui jouit bruyamment quand elle prend son pied.
Elle qui parle si peu, si doucement, avec une si grande délicatesse, vient de m’adresser une tirade presque théâtrale, passionnée et avec des mots si crus que j’en suis estomaqué. Je ne pensais que notre nuit torride provoquerait chez elle une métamorphose aussi rapide.
Ce que je sais d’elle, depuis que je l’ai rencontrée, c’est que sous ses dehors timides et une apparence trop sage, elle a une détermination à toute épreuve. C’est elle qui m’a relancé à plusieurs reprises après ma rupture avec Marine. C’est elle qui est venue dans mon petit studio dans l’objectif même pas dissimulé de baiser. Certes, c’est moi qui l’ai baptisée comme une femme-chocolat, mais il faut reconnaître qu’elle arrive le plus souvent à ses fins. Et ses fins, c’est souvent la faim de ce qui se dissimule sous mes vêtements qu’elle prend un malin plaisir à ôter dès qu’elle en a l’occasion.
— Toi aussi, tu me voyais comme une fille proprette, sage, coincée, la belle-fille modèle ?
Je réponds mollement que non, pas du tout…
— Menteur, beau menteur !
Et nous partons dans un grand éclat de rire, un rire qui libère et nous fait du bien, un rire qui ne s’arrête pas, un rire qui fait rire et ne s’arrête pas. Enfin si, il s’arrête, car il lui prend l’envie de m’embrasser avec fougue. Et entre deux baisers un fou rire qui reprend. Nous sommes comme seuls au monde, avec la rage de vivre et de nous embrasser, avec chaque fois de petites variantes, là, sa langue qui me percute, là une petite morsure, bien réelle à la lèvre, je réplique en faisant mine de dévorer ses belles joues généreuses.
Le contrôleur vient nous contrôler. Dès qu’il a les talons tournés, elle m’embrasse, nous rions encore, mais ses baisers sont teintés d’une toute autre intention. Sa main se pose sur mon entrejambe, tandis que ses baisers sont désormais incontrôlables, spéléologiques. Sa main se fait désormais plus pressante, elle malaxe mon sexe à travers mon jean, mon sexe plus tout à fait au repos. Elle le sent, et avec malice, ouvre le zip de ma braguette dans l’intention explicite de le libérer.
Ma verge dépasse désormais de ma braguette, comme au garde-à-vous devant l’envie pressante d’Angèle. Il n’y a pas l’ombre d’un voyageur à plus de six ou sept rangées devant, derrière, je ne suis pas certain que nous soyons visibles. Pas vraiment le temps de cogiter, la petite main d’Angèle m’empoigne énergiquement. Je la regarde, et nous repartons dans un fou rire pour un court instant. Le train s’immobilise dans une gare, je crains l’invasion, mais seul un passager s’assoit, nous faisant dos, à une distance raisonnable.
Angèle me tient, au sens propre. Elle déboutonne le dernier bouton du jean pour pouvoir me branler vigoureusement. Les bruits du train masquent, me semble-t-il, et les bruissements de sa friction énergique, et la boucle de ma ceinture qui résonne en boucle, et la pelle monumentale que nous nous roulons depuis le départ d’Amiens.
Nous ralentissons à nouveau, sans mouvement apparent dans le compartiment. Soudain, voilà que le contrôleur déboule derrière nous d’un pas rapide, Angèle a juste le temps de recouvrir mon membre de son manteau sans relâcher sa pression manuelle sur mon sexe surexcité. Dès qu’il est hors de vue (le contrôleur, pas mon sexe), elle reprend ses gesticulations de plus belle, me gratifie d’un baiser appuyé. Puis, sans crier gare, elle plonge sa bouche vers mon entrejambe, embrasse le bout de mon sexe, semble hésiter, puis l’enfourne dans sa bouche avec l’instinct de dévoration.
Angèle semble avoir perdu toute notion, et du temps et de l’espace. Nous sommes dans un train omnibus, un dimanche de faible affluence, et elle est au sens figuré – et même un peu propre – en train de me bouffer la pine. Quelles raisons conscientes ou inconscientes la pousse à m’offrir cette pipe magistrale, dans un transport public ? Décidément, je me pose trop de questions…
Juste me concentrer sur le mouvement de ses lèvres enflammées, de sa bouche en feu, de sa langue en furie.
Nous sommes désormais unis par le plaisir… et comme dissociés. Car si Angèle me mange les yeux fermés, en oubliant que nous sommes dans un train roulant avec des voyageurs, je ne suis pas complètement déconnecté du monde qui nous entoure. Et voilà que la porte du compartiment s’ouvre, et qu’un couple de personnes âgées vient s’installer précisément à notre hauteur. J’ai juste le temps de prévenir Angèle qui se détache péniblement de mon membre, comme si sa bouche et mon sexe étaient reliés par un aimant. Vite, son manteau d’hiver vient cacher l’objet du scandale, il était vraiment moins une.
Angèle, les cheveux en bataille, la bouche mouillée, peine à émerger de ce moment de presque fusion, elle réalise enfin que nous n’étions pas seuls au monde, mais son regard trahit sa frustration. Sous le manteau, une main enserre l’objet de sa dévoration, pour qu’il reste dur, à point, prêt à servir.
Devant l’air angélique d’Angèle, la vieille dame nous gratifie d’un grand sourire. Nous nous efforçons d’être souriants et aimables. A-t-elle vu, perçu, ressenti ? Angèle semble n’éprouver aucun malaise, seulement une certaine frustration. Elle serre mon sexe encore plus fort. Moi, je suis à présent un peu gêné. Et en même temps, j’ai une furieuse envie qu’Angèle brûle toutes les règles de bienséance qu’elle fasse valser le grand manteau, qu’elle exhibe aux yeux de tous les voyageurs la manifestation irréfutable de mon désir, qu’elle me reprenne en bouche bruyamment et ostensiblement pour le plus grand amusement de certains et pour la plus grande gêne d’autres, que le contrôleur en soit alerté, qu’il alerte à son tour la police ferroviaire, que nous soyons sortis du train et conduits au poste sans que nous ressentions aucune honte, qu’on nous passe même les menottes et que cela nous fasse rire, rire, rire, qu’on soit poursuivis pour outrage public à la pudeur et qu’on assume devant nos juges d’avoir été jeunes, désirables et désirés.
Pendant que je me perds dans ces pensées loufoques, bien loin des intentions d’Angèle, Angèle de son côté serre mon engin de plus en plus fort, puis de manière surprenante, le presse comme pour le faire rentrer dans sa boîte. C’est un jeu un peu difficile, une équation mathématique presque impossible à résoudre, une expérience qui défie les lois de la physique. Je ne sais pas ce qu’Angèle manigance, mais il faut l’aider. Et la manifestation irréfutable de mon diable au corps rentre dans sa boîte. Puis, Angèle me prend par la main et m’entraîne en dehors du compartiment, laissant en plan toutes nos affaires. Nous parcourons un ou deux wagons, et elle nous engouffre dans la première cabine de toilettes inoccupée. Elle referme elle-même le verrou et s’empresse de descendre son pantalon et sa culotte aux chevilles.
— Vite, me dit-elle dans une économie de mots.
La cabine est étroite, l’hygiène est douteuse, mais notre envie est là, tout de suite, maintenant, comme si nous avions un temps chronométré, le temps d’un parloir, et l’urgence de baiser.
Je fais tomber à mon tour pantalon et caleçon. Angèle prend par la main mon érection, et la rapproche de sa vulve trempée, elle la fourre dans sa chatte brûlante. Je rentre en elle, parce que c’est une évidence, et que nos corps sont désormais liés par une folie commune. Mes mains s’agrippent à ses hanches, comme pour trouver une impulsion et un équilibre.
Un premier va-et-vient lent mais profond, suivi de mouvements plus saccadés pour ajuster nos corps qui s’emboîtent à merveille. Je m’enfonce peu à peu dans la rêverie, tandis que mes mouvements sont eux bien ancrés.
— Profond, c’est le seul mot qui sort de la bouche d’Angèle, ou plutôt de son souffle haletant.
Angèle s’agrippe à l’évier pour que son corps, en équerre, soit en position de me faire entrer plus profondément. Et mes doigts s’enfoncent dans la chair de ses fesses, fermes et offertes. J’ai l’impression que mon sexe vient effleurer des contrées que je n’avais jamais encore explorées jusqu’ici dans l’antre accueillante d’Angèle.
— Fort.
Angèle ne parle plus que par des mots brefs, comme de vagues indications auxquelles je me plie volontiers.
Soudain, elle se mord la main pour ne pas crier. Je ne vois pas ses yeux, mais je crois qu’ils sont fermés.
Je me retire un instant. Le train est à l’arrêt. Quelques secondes pour reprendre mon souffle. Je vois sa vulve ouverte, mouillée, baveuse, prête à m’accueillir à nouveau. Je tiens mon sexe à la main, prêt à bondir. Angèle se retourne, nos regards se croisent. Des yeux, elle m’interroge, suppliante. Sa main s’accroche à la mienne et me tire vers elle.
La porte de son plaisir est grande ouverte, je m’y engouffre et cette fois-ci, nous savons que plus aucun obstacle, pas même un contrôleur tambourinant à la porte, ne peut nous dévier de ce que nous désirons tous les deux : jouir !
Le train s’ébroue à nouveau, c’est reparti.
Angèle agrippe ma main, de manière à ce qu’elle m’entraîne à buter encore plus fort, mon bassin claque ses fesses, nos sexes fusionnent, bouillonnent et s’embrassent dans un va-et-vient incontrôlé. Ma main gauche tient la sienne. Ma main droite, agrippe ses fesses et soudainement, se détache, prend une impulsion et la claque. Sans un mot, Angèle secoue la tête, et je sens comme un acquiescement. Je la fesse à nouveau, mais cette fois-ci sans ménagement.
Angèle pousse un cri, de surprise, de douleur mais aussi de plaisir, car aussitôt elle m’encourage.
— Encore
Je pousse plus vite et plus profond, je claque plus fort, sa main gauche s’enfonce dans ma chair pour s’y blottir et pour me faire mal. Elle n’a plus de main pour se mordre et s’empêcher de crier, et donc, elle crie, bruyamment, et tant pis si un voyageur passe par là.
Elle tente de faire claquer sa main sur mes fesses, mais son bras est trop court, je l’accompagne et elle y parvient à moitié.
Angèle mérite un nouveau plaisir. Après la fessée, ma main explore le relief de son cul, car c’est le mot qui semble le plus adapté à la situation. Sans surprise, elle découvre une petite cavité, jusqu’ici inexplorée. Un doigt effleure l’entrée de son anus, mais reste à la lisière, tout comme une reconnaissance avant un prochain voyage, ou une invitation pour une prochaine étape de notre fusion corporelle.
C’en est trop pour Angèle. Brusquement, elle se tend, je sens que le bas de son ventre se contracte, elle lâche un cri aigu qui vient des profondeurs. Elle m’ordonne :
— Lâche !
Et comme par enchantement, je sens la sève chaude remonter, m’envahir, me traverser.
Angèle accède à ce qui la dévorait depuis tout à l’heure, le besoin de jouissance. De mon côté, l’ambiance est à une dernière folie. Je me retire brusquement pour pouvoir éjaculer sur le cul brûlant de mon amoureuse. Le jet est puissant et mon liquide épais. Comme pour m’excuser, je lâche un peu élégant :
— J’avais envie de baptiser ton cul de salope
Haletante mais désormais relâchée :
— J’avais envie que tu me prennes comme aucun homme ne m’a jamais prise
Après un silence :
— Je veux faire tout ce que je veux de ta bite. Et mon cul est à toi, tu pourras en faire ce que tu veux
Le ton un peu nouveau de nos échanges depuis la veille provoque un long silence qui se finit par un grand éclat de rire.
Je m’applique à masser les cuisses, les fesses et le dos d’Angèle qui est toujours en équerre devant moi, et je répands mon jus pour qu’elle en soit imbibée de toute part, comme si j’appliquais un parfum.
Elle se retourne et se redresse. Elle-même n’est pas en reste, et répand le reste de mon liquide, et sous ma chemise sur mon torse, et sur ses seins.
Dans un geste d’une liberté inouïe, après avoir répandu ce qui restait à répandre, elle se lèche les doigts, ce qui la fait sourire.
Nous sentons une soudaine agitation dans le couloir, des voyageurs sont en train de se positionner vers la sortie, le train étant proche de Paris. Deux options s’offrent à nous, attendre la descente de tous les passagers… ou assumer. Nous choisissons la deuxième, et les voyageurs voient deux jeunes âmes ébouriffées, sentant le sexe à plein nez et irradiés d’une indicible complicité sortir de la cabine de toilettes. Nous rions sans prêter attention aux arrière-pensées de quelques envieux ou aux regards lubriques de certains frustrés.
Nous croisons le couple de personnes âgées, je les aide à descendre une valise, la vieille dame me remercie et me sourit, d’une façon polie peut-être un peu gênée.
Nous attendons que tous les passagers soient descendus. Nous nous regardons en silence. Qui sera le plus inspiré et qui aura le dernier mot ? C’est Angèle :
— Je veux que tu me rendes folle…
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Commentaires ()
Tu as réussi à me réconcilier avec le train 😉.
Encore une fois des scènes chaudes et un amour du détail qui ne laisse pas les lecteur(trice)s de marbre 😅.
Merci encore pour cette lecture qui donne des envies 😏.
Mais merci quand-même 😘.