Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chéri : cocufie-moi ! — Chapitre 1 · Notre... première fois ?
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chéri : cocufie-moi !
Chapitre 1 · Notre... première fois ?
La main de Sofiane passa dans ses cheveux, rabattant ses mèches blondes en arrière, alors que ses yeux bruns me dévisageaient. Mon anxiété, mon appréhension, mes doutes, toute mon angoisse devaient scintiller dans les gouttes de sueur qui scintillaient sur mon front.
— Tu es sûr de vouloir continuer ? demanda mon partenaire, un sourire bienveillant s'étirant sur son visage. Je répondis en hochant timidement la tête. Sofiane se pencha alors vers moi, déposant ses lèvres sur les miennes. Je fermai les yeux pour en savourer la douceur et mes mains, suivant une intuition qui me surprit, se posèrent sur le dos de mon amant, dont elles parcoururent les séduisants muscles. Sa langue humidifia mes lèvres en les caressant, avant de se glisser entre elles et de venir à la rencontre de la mienne.
Ce contact que nous avions eu des dizaines de fois par le passé était suffisant à faire trembler mes jambes. Si nous nous étions déjà embrassés de nombreuses fois, c'était la première fois que nous étions nus, et que ce baiser servait de prélude à une intimité plus approfondie.
La langue de Sofiane s'enroula autour de la mienne, la piégeant avec malice. Pour tenter de lutter, je mordillai sa lèvre inférieure. Mon attaque sembla fonctionner et il recula, plongeant ses yeux noisette dans les miens.
La langue de Sofiane s'enroula autour de la mienne, la piégeant avec malice. Pour tenter de lutter, je mordillai sa lèvre inférieure. Mon attaque sembla fonctionner et il recula, plongeant ses yeux noisette dans les miens.
— Tu es si beau. Je t'aime tellement.
Ces mots suffirent à me faire rougir niaisement. Mon petit ami approcha alors sa main de mon visage, et caressa ma joue. Je la saisis et déposai de petits baisers sur ses phalanges.
— Je t'aime, murmurai-je en retour. Les yeux de Sofiane semblaient briller de mille éclats, et il afficha un sourire ému. Alors ses lèvres retournèrent sur les miennes, prêtes à les dévorer. Il couvrit ensuite mon visage d'un millier de petits baisers, avant de diriger progressivement sa bouche vers mon cou, qu'il embrassait avec plus d'intensité. Ses dents pressèrent la peau de mon cou, y laissant une marque.
Je ne pouvais pas nier la sensation de plaisir que ce simple suçon me procurait. Mes jambes tremblaient davantage, et des petits gémissements de douleur et de plaisir m'échappaient. Mes ongles s'enfonçaient gentiment dans le dos de mon amant en réaction. Je sentais son corps frémir sous mes doigts.
Ensuite, les lèvres de Sofiane continuèrent leur descente le long de mon torse, avant d'arriver à mon pénis en érection. Un sourire plein de désir se dessina sur son visage, et son regard se posa à nouveau sur mon visage, attendant une confirmation pour commencer son ouvrage. Je hochai la tête. Alors il déposa un doux baiser sur mon membre, murmurant : « Que c'est beau ! »
J'ignorai à vrai dire à quel point mon pénis était effectivement « beau. » Il fallait dire que Sofiane était mon premier partenaire sexuel et que, malgré tout, je n'osai pas poser mon regard sa verge. Il fallait le dire, j'étais complètement intimidé à l'idée de ce... qu'il pouvait faire avec un engin dont il vantait fièrement les vingt centimètres. Pourtant, mon phallus faisait bien dix-sept centimètres, mais pour quelque raison, ces trois centimètres d'écart me semblaient être des kilomètres, et la différence entre un corps que je connaissais et le corps brûlant de mon amant me terrorisait.
C'est alors que Sofiane saisit mon pénis et commença à le parcourir avec sa langue, avec de longs mouvements de va-et-vient, allant de mon gland jusqu'à mon scrotum. Cette sensation était absolument extraordinaire, et je me surpris à haleter et à gémir. Rien qu'avec quelques coups de langue, il n'avait même pas encore gobé mon engin. Je m'en voulais presque d'être aussi ridicule, inexpérimenté, précieux même.
— Tu peux te laisser aller, Mattéo, c'est excitant, dit-il entre deux coups de langue.
Alors je poussai un gémissement plus fort, tandis que mon partenaire déposa un petit baiser sur mes testicules brûlants. Il les lécha ensuite, avant d'en prendre un en bouche et de commencer à le sucer. Sa main libre attrapa mon pénis et commença à le branler. Je sentis mes orteils se plier et mes jambes, presque naturellement, s'écarter. Les mouvements lents, mais agiles sur ma longueur, la sensation de ses lèvres sur ma bourse, sa langue qui soutenait mon testicule pour le faire rouler dans sa bouche, tout submergeait mon corps sous d'implacables frissons de désir – mes sourcils se fronçaient, mes lèvres se pinçaient quand elles n'étaient pas occupées à gémir, mes yeux se plissaient, j'étais comme englouti par une vague vers des fonds marins inexplorés.
Sofiane relâcha alors mon testicule, y déposa un tendre baiser, avant d'attraper mes mollets et me soulever pour me faire tomber sur le dos. Après cela, sa main retourna aussitôt sur ma bite afin de la masturber. Sa langue glissa le long de mon périnée, qui était chez moi – et je le découvris – une zone particulièrement érogène. La texture de sa langue faisant ressortir celle de cette partie de mon corps – une autre sensation à ajouter aux sources du plaisir que je ressentais à cet instant.
Alors, le regard de mon partenaire plongea à nouveau dans le mien, et il souleva un sourcil interrogateur. Comprenant ce qu'il voulait faire, je hochai la tête, non sans une certaine appréhension néanmoins. Aussitôt, Sofiane plongea sa langue dans mon anus, et l'y fit tourner afin d'en lécher les muqueuses. Sa main libre appuyait contre ma jambe, comme pour solidifier sa prise, tandis que l'autre me branla avec plus d'énergie et de vigueur.
Un cri de plaisir m'échappa... Cette sensation... était délicieuse ! Je sentis le plaisir jusque dans mon estomac, il le secouait, il le tordait, et je craignais presque qu'il nous trahît à ce moment précis et transforme cette scène d'amour en scène crado. Mais normalement, j'avais peu mangé et surtout, je m'étais nettoyé avec une poire anale – il fallait juste espérer que j'eus bien procédé.
Alors que je me perdais dans mes pensées d'hygiène, Sofiane colla son nez contre mon périnée, enfonça sa langue plus profondément dans mon intimité, comme s'il essayait de l'aspirer, de me dévorer. Je ne pouvais trouver les mots pour me décrire l'intensité de sa démarche, mais presque intuitivement, la jambe qu'il ne maintenait pas s'écarta davantage, comme pour lui laisser la place dont il avait besoin pour poursuivre son entreprise. Sa langue se plaqua contre le haut de mes parois anales et y donna des petits coups, avant de retomber vers le bas et de les frotter par des mouvements rapides et incontrôlés de va-et-vient. Il retira alors sa langue de mon anus, cracha dessus, avant d'y retourner tête la première, prenant une grande inspiration quand son nez fut à nouveau contre mon périnée, comme pour s'enivrer de mon odeur.
Quant à moi, outre les secousses qui parcoururent cet endroit, je sentais mille picotements dans ce pénis qu'il masturbait. La salive qu'il y avait déposée en le léchant avait séché, ce qui rendait cette branlette un peu douloureuse, mais cela ne faisait qu'accroître le plaisir que je ressentais. Je voyais le haut de ma longueur rosie, mon gland rouge, prêt à exploser, mon ventre contracté, et déjà essoufflé, je haletais, gémissais, criais, et Sofiane, comme pour m'indiquer le plaisir qu'il éprouvait à m'entendre, intensifiait son anulingus à chaque son que produisait ma voix.
— S-Sofiane, j-je crois que je vais...
Au moment où je prononçai ces mots, la bouche de Sofiane quitta mon anus et bondit sur mon pénis, qu'il engouffra, le suçant avec passion. Mes doigts attrapèrent le drap et le froissèrent... Sa langue, pendant cette intense et courte fellation, frottait mon pénis, s'enroulait autour de lui – bref, je ne saurai décrire ce qu'elle faisait exactement, mais je savais une chose : c'était putain de bon. Il fallut peu de temps pour que j'éjaculai dans sa bouche, en des jets épais et chauds. Sofiane leva ses yeux marron vers moi, à nouveau, tout en avalant ma semence. Il voulait que je le visse faire, et, sans mauvais jeu de mots, je n'en manquais aucune goutte. Il y avait quelque chose de terriblement excitant et satisfaisant à le voir avaler mon sperme, pendant que je respirais lourdement, comme pour faire descendre la pression après le premier vrai orgasme de ma vie – c'est-à-dire, non masturbatoire.
Mais Sofiane n'avait pas fini. Alors, se mit à genoux sur le lit, attrapa mes jambes pour soulever mes fesses et jeta son regard sur mon anus. Il attrapa alors sa bite et commença à la masturber gentiment. Son regard se posa à nouveau sur moi :
— Est-ce qu'on peut... ?
La peur comprima ma poitrine. Sofiane allait m'enculer. Littéralement. « C'est en train d'arriver », pensai-je. Mes cheveux se dressèrent sur ma tête, je me noyai dans ma sueur, ma gorge se contractait...
— Tu n'es pas obligé de dire oui, tu sais ? Rappela-t-il, un sourire bienveillant au visage. Mais mon cul ! Après m'avoir fait sentir aussi bien, aussi désiré, je devrais juste lui dire non ? Non, il m'avait fait avoir le meilleur orgasme de ma vie, je devais bien lui rendre la pareille. Et puis, j'avais bien acheté cette poire anale pour une raison ! Alors, incapable de parler, je hochai la tête. Sofiane tenta de le dissimuler, mais je constatai rapidement que mon consentement éclaira son visage.
— On va y aller gentiment, d'accord ? commença-t-il d'une voix rassurante avant de se pencher vers notre table de chevet, d'ouvrir un des tiroirs et d'en sortir une bouteille de lubrifiant. Tu es un peu étroit, donc on va mettre un peu de lubrifiant pour faciliter... l'entrée. Et puis, ça décuple les sensations.
Il ponctua sa phrase d'un clin d'œil taquin.
Il ouvrit alors la bouteille et appliqua du lubrifiant sur son index et son majeur droit, avant de les poser contre mon anus et de le caresser gentiment. Une partie de moi ne pouvait nier apprécier cette sensation, mais j'échouai à pleinement profiter de l'expérience puisque j'étais dévoré par l'angoisse. Quoiqu'il fît, je n'avais qu'une pensée en tête : vingt centimètres allaient entrer en moi. La bite épaisse de Sofiane allait pénétrer mon anus.
— Ensuite, poursuivit-il, je vais également en étaler sur mon pénis, et ça passera comme papa dans maman !
Un rire joyeux éclaira son visage. Il pressa alors la bouteille de lubrifiant pour en mettre dans sa paume, avant de l'étaler le long de sa verge en se branlant.
— C'est toujours bon ? Demanda Sofiane, un sourire plein de tendresse au visage.
— O-oui... répondis-je, les yeux tremblants de peur.
— Mattéo... Sofiane soupira ces mots avant de baisser les yeux et de reculer, laissant les jambes qu'il avait posées sur ses épaules tomber sur le lit.
— O-oui... répondis-je, les yeux tremblants de peur.
— Mattéo... Sofiane soupira ces mots avant de baisser les yeux et de reculer, laissant les jambes qu'il avait posées sur ses épaules tomber sur le lit.
Je détournai le regard. Je n'étais pas prêt. Tellement pas prêt. Et j'avais honte, tellement honte de ne pas l'être.
— Je ne veux pas que tu te forces si tu n'es pas prêt. Je vais me finir aux toilettes, puis on en parle, déclara-t-il, avant de descendre du lit, prendre son téléphone et quitter la chambre.
Et j'étais seul, misérable dans ce lit deux places qui ne servait visiblement à rien. Alors que Sofiane m'avait rendu brûlant, j'avais désormais si froid. Les larmes s'accumulaient dans mes yeux. Je pris un oreiller et le plaquai contre mon visage, essayant vainement de les empêcher de couler.
J'avais tout gâché. On était si près du but. On n'était jamais allés aussi loin. Putain de merde, il m'avait sucé, branlé, fait un anulingus, il m'avait même fait jouir, et du haut de mes vingt-cinq balais, je n'étais pas foutu de me prendre une bite sans chialer ! Je n'étais pas capable de lui rendre la pareille... Et j'osai croire « l'aimer autant qu'il m'aime. »
Si une chose était sûre, c'était que j'adorais Sofiane. Il était patient, doux, gentil, drôle, optimiste, bref, il avait le genre de personnalité qui illumine le quotidien de tous. Et pour combler le tout, il était beau avec ses yeux bruns profonds, ses cheveux blonds, témoins de ses racines berbères, sa peau pâle que des grains de beauté chocolat constellaient, les taches de rousseur qui donnaient à son visage un air rieur, ses longs cils blonds, ses dents alignées et blanches, son mètre quatre-vingt-sept, sa musculature athlétique et élancée, ses fesses rondes et rebondies, ses pectoraux moelleux et pourtant musclés, ses mollets définis, ses abdominaux bien dessinés sans pour autant être desséchés... Putain, il avait même une bite de vingt centimètres en érection, il cochait vraiment toutes les cases du beau gosse.
Et moi, j'étais là, incapable de satisfaire un partenaire aussi superbe, même après trois ans de relation. Mon égoïsme le condamnait à se branler. À ma connaissance, Sofiane ne m'avait jamais trompé, mais si un jour il m'avouait le contraire, je ne pourrais certainement pas lui en vouloir. Il aurait toutes les raisons du monde, j'étais en train de chialer dans notre lit parce que...
Soudain, je sentis des bras autour de moi, et une tête qui ne demandait qu'à se loger au creux de mon cou. Je sentis des jambes entrelacer les miennes. Je retirai alors l'oreiller pour sentir Sofiane contre moi.
— Je t'aime, assura-t-il, comme s'il pouvait lire dans mes pensées. Je t'aime tellement, Mattéo, merci pour aujourd'hui.
— Merci ? Qu'est-ce que tu racontes ? J-je suis désolé de ne pas avoir réussi à...
— Mattéo, commença-t-il, on n'était jamais allés aussi loin en trois ans. Au lieu de te concentrer sur une sodomie qui n'a pas eu lieu, vois au contraire tout ce qu'on a réussi à faire. Tu as reçu une fellation, un anulingus, c'était inenvisageable au début de notre relation !
— Ouais, on a fait plein de trucs pour mon plaisir... mais rien pour le tien.
— Te faire plaisir me fait plaisir aussi, tu sais. Et dans tous les cas, ce n'est pas une raison pour te forcer. C'est la seule chose que je demande de toi dans notre vie sexuelle : ne te force jamais pour moi. Quoi qu'on fasse, je veux que tu en aies envie, d'accord ?
— Merci ? Qu'est-ce que tu racontes ? J-je suis désolé de ne pas avoir réussi à...
— Mattéo, commença-t-il, on n'était jamais allés aussi loin en trois ans. Au lieu de te concentrer sur une sodomie qui n'a pas eu lieu, vois au contraire tout ce qu'on a réussi à faire. Tu as reçu une fellation, un anulingus, c'était inenvisageable au début de notre relation !
— Ouais, on a fait plein de trucs pour mon plaisir... mais rien pour le tien.
— Te faire plaisir me fait plaisir aussi, tu sais. Et dans tous les cas, ce n'est pas une raison pour te forcer. C'est la seule chose que je demande de toi dans notre vie sexuelle : ne te force jamais pour moi. Quoi qu'on fasse, je veux que tu en aies envie, d'accord ?
Je hochai la tête, laissant mon menton caresser ses cheveux blonds. Il poussa alors un petit rire, caressa mon torse avec son index.
Il ne comprenait pas. Évidemment qu'il ne comprenait pas. Il était trop gentil, trop généreux pour comprendre ma culpabilité. Et s'il ne me reprochait rien, j'avais bien vu comment son regard s'était illuminé quand j'avais acquiescé à la pénétration ; et comment il s'était éteint quand il avait dû calmer ses ardeurs en se branlant sur un porno aux chiottes.
Il ne comprenait pas. Évidemment qu'il ne comprenait pas. Il était trop gentil, trop généreux pour comprendre ma culpabilité. Et s'il ne me reprochait rien, j'avais bien vu comment son regard s'était illuminé quand j'avais acquiescé à la pénétration ; et comment il s'était éteint quand il avait dû calmer ses ardeurs en se branlant sur un porno aux chiottes.
Sofiane avait déjà eu des rapports avant de me rencontrer trois ans auparavant, quand j'avais vingt-deux ans et lui vingt-quatre. Mais depuis, je l'avais privé de toute vie sexuelle. Et il acceptait tout, sans broncher, parce qu'il m'aimait et qu'il ne voulait pas me forcer. Il acceptait de prendre notre temps. Si j'étais d'humeur pour un baiser, il m'embrassait. Si j'étais d'humeur pour une branlette mutuelle, c'était avec plaisir. Des câlins sans vêtements ? Il était le premier à se déshabiller. Toute notre vie sexuelle tournait autour de ce que j'étais capable de faire, il s'en accommodait, mais je ne pouvais m'empêcher de me sentir profondément égoïste malgré tout.
Sofiane déposa un petit baiser sur mon torse, tendre et doux, avant de lever sa tête vers moi.
— Je te promets que tu me rends heureux.
*
* *
— Les progrès sont indéniables, oui, confirma notre sexothérapeute. Vous avez dû beaucoup travailler sur vous, Mattéo, vous pouvez être fier de vous.
Je me contentai de rouler des yeux en réponse.
— J'insiste, reprit-elle, vous vous rendez bien compte qu'être nu face à votre partenaire vous angoissait quand nous avons commencé la thérapie ?
— Oui, c'est ce que je lui ai dit, Prune ! On a fait tellement de progrès, et j'aimerais qu'il soit plus clément avec lui-même, surenchérit Sofiane.
— Oui, c'est ce que je lui ai dit, Prune ! On a fait tellement de progrès, et j'aimerais qu'il soit plus clément avec lui-même, surenchérit Sofiane.
Cela faisait deux ans que le docteur Mamin, que nous avions fini par appeler Prune avec le temps, nous suivait. Un an après le début de notre relation, Sofiane avait compris que notre absence de rapports sexuels n'était pas due à une quelconque conviction religieuse ou philosophique ou à un manque d'envie de ma part, mais bel et bien à des blocages, et c'est pourquoi il m'avait proposé d'entamer cette thérapie. J'avais d'abord été sceptique, mais force était de constater que Prune connaissait son boulot.
— J'entends, Sofiane, mais ce n'est malheureusement pas si facile que ça de ne pas culpabiliser dans ce genre de situation. Vous me reprenez si je me trompe, Mattéo, mais en gros, vous avez eu un rapport, vous avez joui, pas votre partenaire, et vous vous le reprochez ?
— Bingo, répondis-je.
— Mais c'est rien, chéri, vraiment je m'en...
— Non, interrompit la sexothérapeute, ce n'est pas rien, cela importe à votre partenaire, Sofiane.
— ... Vous avez raison, je suis désolé, Mattéo.
— Pas autant que moi...
— Mattéo, reprit-elle après cette courte interruption. En soi, votre sentiment est bien fondé, parce que tout rapport sexuel s'inscrit dans la réciprocité. Alors oui, si vous jouissez, vous voulez que votre partenaire jouisse aussi. Eh bien, sachez que rien que ça fait de vous un meilleur partenaire que la plupart de mes clients hétéros, qui ignorent parfois que l'orgasme féminin existe.
— La belle affaire...
— Et dans cette situation, il y avait sans doute une autre solution que de mettre un terme au rapport. Par exemple, puisque vous êtes confortable avec le fait de masturber votre partenaire, vous pouviez le masturber pour qu'il jouisse. Entendez bien que je ne suis pas en train de vous faire un reproche, mais une proposition.
— Ouais, je sais, ne vous en faites pas. C'est juste que c'est pas pareil.
— C'est différent, mais ça ne veut pas dire que c'est moins bien, Mattéo. On a tendance à faire une obsession dessus, mais la sexualité peut se déployer en dehors de la sacro-sainte pénétration. Qui sait, peut-être qu'une bonne idée pour vous donner l'impression de pimenter les choses tout en faisant jouir votre partenaire est d'utiliser des sex-toys. Est-ce une chose que vous aviez déjà envisagée ?
— J'admets que non, répondis-je.
— Moi non plus, mais je ne suis pas contre du tout ! Je suis sûr que ça pourra même être fun ! Dit Sofiane.
— Et vous, Mattéo ?
— Il faudra voir sur le fait, mais dans l'absolu, j'ai rien contre utiliser un gode ou un truc du genre.
— C'est une très bonne chose : expérimentez, mais n'ayez jamais peur de dire ce que vous ressentez. Heureusement que Sofiane a su comprendre que vous vouliez forcer une sodomie pour laquelle vous n'étiez pas prêt et agir en conséquence. Vous devez absolument faire tout votre possible pour préserver ce lien de confiance entre vous. Si Sofiane vous pénètre sans que vous soyez prêt, vous vous sentirez trahi ; et lui aussi se sentira trahi en apprenant que vous lui avez menti. Alors, évitez ça, d'accord ?
— J-je veux juste le rendre heureux.
— Chéri, je suis heureux quand je me sens aimé. Et je me sens aimé quand tu me fais assez confiance pour me dire les choses.
— Vous m'avez retiré les mots de la bouche, Sofiane. Mattéo, il est important que vous communiquiez vos désirs et vos limites. D'accord ?
— Oui, je ferai au mieux, Prune. Désolé Sofiane.
— Ne t'en fais pas, souviens-toi que je t'aime.
— Je t'aime aussi.
— Bingo, répondis-je.
— Mais c'est rien, chéri, vraiment je m'en...
— Non, interrompit la sexothérapeute, ce n'est pas rien, cela importe à votre partenaire, Sofiane.
— ... Vous avez raison, je suis désolé, Mattéo.
— Pas autant que moi...
— Mattéo, reprit-elle après cette courte interruption. En soi, votre sentiment est bien fondé, parce que tout rapport sexuel s'inscrit dans la réciprocité. Alors oui, si vous jouissez, vous voulez que votre partenaire jouisse aussi. Eh bien, sachez que rien que ça fait de vous un meilleur partenaire que la plupart de mes clients hétéros, qui ignorent parfois que l'orgasme féminin existe.
— La belle affaire...
— Et dans cette situation, il y avait sans doute une autre solution que de mettre un terme au rapport. Par exemple, puisque vous êtes confortable avec le fait de masturber votre partenaire, vous pouviez le masturber pour qu'il jouisse. Entendez bien que je ne suis pas en train de vous faire un reproche, mais une proposition.
— Ouais, je sais, ne vous en faites pas. C'est juste que c'est pas pareil.
— C'est différent, mais ça ne veut pas dire que c'est moins bien, Mattéo. On a tendance à faire une obsession dessus, mais la sexualité peut se déployer en dehors de la sacro-sainte pénétration. Qui sait, peut-être qu'une bonne idée pour vous donner l'impression de pimenter les choses tout en faisant jouir votre partenaire est d'utiliser des sex-toys. Est-ce une chose que vous aviez déjà envisagée ?
— J'admets que non, répondis-je.
— Moi non plus, mais je ne suis pas contre du tout ! Je suis sûr que ça pourra même être fun ! Dit Sofiane.
— Et vous, Mattéo ?
— Il faudra voir sur le fait, mais dans l'absolu, j'ai rien contre utiliser un gode ou un truc du genre.
— C'est une très bonne chose : expérimentez, mais n'ayez jamais peur de dire ce que vous ressentez. Heureusement que Sofiane a su comprendre que vous vouliez forcer une sodomie pour laquelle vous n'étiez pas prêt et agir en conséquence. Vous devez absolument faire tout votre possible pour préserver ce lien de confiance entre vous. Si Sofiane vous pénètre sans que vous soyez prêt, vous vous sentirez trahi ; et lui aussi se sentira trahi en apprenant que vous lui avez menti. Alors, évitez ça, d'accord ?
— J-je veux juste le rendre heureux.
— Chéri, je suis heureux quand je me sens aimé. Et je me sens aimé quand tu me fais assez confiance pour me dire les choses.
— Vous m'avez retiré les mots de la bouche, Sofiane. Mattéo, il est important que vous communiquiez vos désirs et vos limites. D'accord ?
— Oui, je ferai au mieux, Prune. Désolé Sofiane.
— Ne t'en fais pas, souviens-toi que je t'aime.
— Je t'aime aussi.
Et sur ces mots, et après un paiement qui faisait mal, bien sûr, nous quittions notre sexothérapie.
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