Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La passante — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La passante
Chapitre 2
Elle entra et d'un geste précis défit son chignon, libérant sa blonde chevelure qu'elle secoua légèrement. Ce mouvement figure encore au mémorial moelleux de mes doux souvenirs.
Elle voulut parler, mais se ravisa. Son regard était soyeux et ses cheveux lâchés étaient le drapeau qui signait l'arrêt de son combat personnel. Il restait pourtant quelques escarmouches sporadiques car elle tenta une nouvelle phrase, qui ne produit aucun son. Voulait-elle protéger le jugement que j'allais porter sur elle ?
Je me gardais bien de bouger. Esquisser un geste aurait été une forme d'agression. Elle était entrée dans la chambre d'un homme, sa culpabilité était claire et pouvait lui être reprochée, désormais...
Elle pouvait pourtant, encore, interrompre le cours des choses. Pour la sécuriser, je lui laissai le temps de décider et la possibilité de revenir en arrière. Nous restâmes debout, face-à-face, dans un contact affectif étroit.
Nathalie fit alors un pas vers moi et glissa sa main derrière ma nuque. L'armistice venait d'être signé. Sa bouche vint contre la mienne et s'ouvrit pour que nos langues partagent leurs bienfaits. Mes mains ardentes purent enfin se placer sur sa chute de reins, qui m'hypnotisait depuis hier. Ce geste, que je rêvais de faire, m'apporta la rémission. Je pus élargir les doigts sur cette taille et voyager dans le creux de ses lombaires. J'étais dans une forme de ravissement.
Nous basculâmes sur sa litière, habillés et entièrement consacrés à notre dégustation buccale. Nos baisers devinrent plus intenses et le placement de nos mains plus osé. Nathalie se tortillait. Je sentais son corps chalouper sous le mien. Elle ondulait, marquant sans doute la montée de son appétit. Les chemises sortirent des pantalons et la peau soyeuse des ventres s'offrit aux caresses. J'avais une petite hirondelle qui palpitait contre moi. Attentif à ne pas peser sur ce bel oiseau en voie de disparition, je restais en appui sur mes coudes. Elle sortit une jambe vers l'extérieur et son bassin vint vers chercher le contact. Me relevant légèrement, je permis à la deuxième jambe de s'écarter. Bien que vêtus, les gestes ondulants du coït naquirent.
Mon sexe trop à l'étroit me faisait mal, mais dans cette circonstance, je n'imaginai pas un instant faire moi-même le geste d'ouvrir mon pantalon. Peut-être était-elle plus à l'aise dans un rapport sans pénétration ? Relevant légèrement son buste, Nathalie entreprit de déboutonner ma chemise. D'une main placée en soutien derrière ses épaules, je facilitai la manœuvre. Le torse nu, je m'allongeai de nouveau sur elle. Tête rejetée en arrière, et jambes croisées derrière mes reins, elle se délectait de ce contact. Ses mains parcouraient inlassablement mon corps. Elle gémissait de plaisir en prenant l'énergie de mon épiderme. Mon bassin se pressait contre le sien. Mon membre décalotté dans sa prison de coton, se frottait sur son entre-jambe. Le plaisir montait en moi.
Soudain, Nathalie, échevelée, me repoussa, repris le contrôle de ses jambes et souffla :
— Viens !
— Viens !
Il ne fallut que quelques secondes pour faire voler les vêtements qui subsistaient. Je vis se dénuder le corps d'une surfeuse. Amateur de funboard et abonné au magazine « Wind » tout me faisait penser à la célèbre véliplanchiste, Jenna de Rosnay. La ressemblance était étonnante. La pureté de ses lignes me laissait rêveur. J'enviais l'homme qui pouvait voir ce prodige de la nature, chaque jour.
Ne pouvant pas rester là, à la bader éternellement, elle me tendit la main comme l'aurait fait un cavalier qui invite une jeune femme sur la piste de danse. Cette main me conduit à elle. Ma nudité me permit d'acquérir la sienne. Mon membre durcit par l'excitation m'apparut sur son corps de naïade. Elle me fit me rapprocher plus encore, pour pouvoir m'enlacer. Ses mains, ses avant-bras, prirent un contact étroit avec mon dos. J'étais la planche sur laquelle elle s'accrochait avec l'intensité d'une naufragée. Elle semblait jouir de cette étreinte. Excitée, elle me pressait contre elle. Ses mains descendirent sur mes fesses qu'elle empoigna avec un plaisir évident. Elle tira dessus pour se faire pénétrer. Il fallut que je me place dans l'axe pour entrer en elle car son besoin immédiat gênait presque la manœuvre. Finalement, mon dard s'introduit et l'envahit complètement. Totalement prise, bouche ouverte, elle tirait sur mes hanches frénétiquement. Son étau me serrait de plus en plus fort. Je voulus me libérer un peu de son emprise pour avoir suffisamment d'espace et engager un va-et-vient digne de ce nom. Mais elle me tenait, les doigts écartés incrustés dans mes chairs. Contractant les lombaires, j'imposai toutefois mes ondulations. La force musculaire du bassin est étonnante. Nathalie semblait réagir aux coups de boutoirs, car ses gémissements s'amplifiaient. Ses hanches venaient à moi de manière compulsive. Nos deux morphologies de sportifs étaient en tension musculaire, bandés comme des arcs. Je libérai ma semence avec l'énergie d'une flèche décochée. Tandis que je me répandais généreusement en elle, Nathalie, expira un long gémissement. Elle dut reprendre sa respiration à plusieurs reprises, avant de desserrer son étreinte. Elle haleta longuement comme à l'arrivée d'une course folle. Nous étions en nage.
Sans un mot, elle regarda sa montre puis m'offrit un regard rieur et complice. Nous étions en retard.
Un mot d'excuse balbutié en entrant dans la salle et nous reprîmes nos places du matin. Des regards se sont tournés vers nous. Notre proximité, notre retard, nos attitudes durent certainement laisser supposer ce que nous avions fait. Mais les yeux que nous croisions ne semblaient pas tous réprobateurs. Nathalie, ne prononça pas un mot. Elle resta muette toute l'après-midi. J'essayai de trouver son attention, de provoquer son sourire, en y parvenant parfois. Ma concentration sur le sujet de la formation était à un niveau tout juste acceptable, tant j'étais préoccupé par Nathalie, qui semblait se battre avec de nouveaux démons.
A la fin de la session, elle déclara :
— Il faut que j'appelle mon mari !
— Il faut que j'appelle mon mari !
La phrase tomba comme une averse d'été. Cette décision semblait résulter de ses profondes cogitations. Je ne sus pas comment la soulager de ce qui devait être un horrible sentiment de culpabilité. J'espérais au plus profond de moi-même que son mari saurait se montrer compréhensif. L'imaginer souffrir m'était très difficile.
Comme les choses auraient été simples si elle avait été célibataire. « Tous les week-ends, je serais allé la retrouver à Epinal », pensais-je.
Nathalie s'éloigna de moi. Je réalisai que depuis notre rencontre nous sommes toujours restés ensemble, comme un couple. Est-ce que le sexe avait cassé quelque chose ? Peut-être aurions-nous dû nous abstenir. Elle avait consommé le fruit défendu et donc se voyait sans doute maintenant comme une femme infidèle. Saura-t-elle supporter ce statut ? Comment pourrais-je l'aider à porter ce fardeau qui semble si lourd ?
Je la voyais au loin, parler. Sa silhouette aurait immanquablement attiré mon regard. Elle était belle, vraiment très belle. J'essayais de percevoir un signe qui m'aurait renseigné sur son état d'esprit à ce moment-là. Mais plongée dans son dialogue, je n'existais plus pour elle.
Lorsqu'elle revint vers moi, son visage était grave. Elle avait dans les yeux quelque chose qui ressemblait à de la détresse. Je me sentis mal à l'aise et un peu coupable de cette situation. J'allai prononcer quelques mots d'excuse, lorsqu'elle dit soudainement :
— Mon fils a raté son tournoi de tennis !
J'étais abasourdi. Je devais ressembler à une statue de cire. Conscient du grand étonnement qui devait s'afficher sur mon visage, j'eus la présence d'esprit de répondre :
— Quoi ? c'est pas vrai ? ton fils ? Oh c'est incroyable !
Nathalie, toujours plongée dans son monde, fut visiblement satisfaite du point d'appui que je lui offrais. Elle partit dans un monologue interminable sur la rigueur de son fils dans ses entraînements, la piètre qualité des arbitres et la sous-estimation des revêtements des courts. Ce temps me fut néanmoins nécessaire pour retrouver du rose aux joues et me remettre en paix avec moi-même, à la façon d'un moine tibétain.
La perspective d'un dîner au réfectoire nous parue aussi sympathique que d'aller dans un bloc opératoire pendant la guerre de Corée. Nous envisageâmes donc de prendre la poudre d'escampette et d'aller voir en dehors du site, s'il existait quelque endroit sympathique ou passer une bonne soirée. Malheureusement, nous n'étions pas au centre-ville de Barcelone et les quidams questionnés nous répondirent avec le même étonnement que si on les interrogeait sur la reproduction des arapèdes dans le golfe du Lion. Nous hélâmes tout de même une navette et descendîmes à la fameuse dernière station du RER, où se déroula notre batifolage interstellaire. Nos déambulations, ponctuées de prises de renseignements auprès de la population locale, finirent par nous faire atterrir quelque part dans une pizzeria prétendument italienne.
Au cours de cette soirée, Nathalie se montra plus loquace que je ne l'aurais pensé. Je n'eus plus de doute sur sa passion pour le tennis et elle m'ouvrit les détails de sa vie familiale épanouissante. Son mari avait une situation professionnelle éminente et était très attentionné. Elle déclara avoir tout pour être heureuse et donc, me fit comprendre qu'il n'était pas question qu'une aventurette puisse détruire cette belle construction. Je me le tins pour dit.
Elle me questionna également sur mon existence atypique, ce qui lui fit écarquiller les yeux à plusieurs reprises. A mon aise, je répondis à ces étonnements par des digressions chargées de détails romanesques. Les choses rebondissaient comme le flot tumultueux d'un ru de montagne. C'est ainsi que par l'imagination, je l'emmenai dormir en igloo dans ma traversée des Alpes à ski, exfiltrer une danseuse du ventre condamnée à mort à Beyrouth ou étudier la méthode des chuchoteurs dans une hacienda en Andalousie. Son regard ne me quittait pas tandis que je rebondissais d'aventures en mésaventures. Son souffle s'interrompait par moment, avant d'expirer une interjection marquant l'émotion qu'elle vivait.
A la fin du repas, Nathalie se leva pour aller aux toilettes et passer un coup de téléphone. Je me félicitai de notre incartade méridienne et de ce que nous vivions encore. Finalement, sans le prévoir, le destin m'avait une nouvelle fois souri. Je me sentais parfaitement satisfait. Lorsqu'elle revint, souriante, je me dis que j'avais eu de la chance d'avoir pu croiser sa route.
— On y va ? dit-elle.
— Oui, sauf si tu as l'intention d'aller faire la java.
Je me levai pour l'aider à remettre sa petite veste.
— Tu dors avec moi ce soir ? chuchota-t-elle.
Stupéfait, je restai stoïque... en apparence. Je ne comprenais plus les signaux que je recevais. Je remerciai civilement le serveur et ouvrit la porte à ma compagne. Ainsi, elle m'accordait une nuit ? Une euphorie s'empara progressivement de moi.
Nous remontâmes sur le plateau silencieusement. Il faisait bon et je me sentais heureux. Je lui pris la main, pendant quelques secondes avant qu'elle ne la retire.
— Non, dit-elle simplement.
Nous décidâmes de faire un brin de toilette, chacun chez nous. En fermant mes volets, je la vis passer par moments devant sa fenêtre allumée. Propre et apprêté, j'attendis que l'heure de notre rendez-vous arriva.
A l'heure dite, je toquai à la porte. Elle m'ouvrit en tee-shirt. Ce n'était pas une nuisette mais je compris qu'elle s'était faite belle. Elle s'allongea sur son lit :
— Viens !
Otant mes vêtements, je vins creuser le matelas contre elle. Mon visage aimanté par le sien, je l'embrassai à perdre haleine. Mes mains me renvoyaient la chaleur de ce corps au travers du coton qui la protégeait. Elle ne tarda pas à l'enlever pour que nos peaux s'aiment. Ses mains parcouraient mon corps de toutes parts. Elle me massait plus qu'elle me caressait. Elle avait une énergie étonnante. Ses palpations étaient frénétiques, comme si elle profitait de la richesse d'une nourriture trop rarement offerte. Elle ne toucha jamais mon sexe.
Elle voulut se faire prendre et je la pris. Allongée sur le dos, elle s'ouvrit avant de se refermer sur moi. Ses pieds, ses mollets me caressaient comme s'ils étaient des mains. Je m'abandonnai à ses goûts et à ses pulsions. Mes lèvres parcoururent son menton, son cou. Même lorsque je voulu m'écarter un peu pour atteindre sa poitrine, elle conservait fiévreusement ses mains sur ma peau. Chez elle, le contact cutané était viscéral. Elle faisait jouer ses mains sur mon buste comme s'il s'agissait d'un instrument de musique. Tandis que je la pénétrais, ses doigts agiles voletaient sur le galbe de mes pectoraux. J'étais devenu sa harpe. Elle accompagnait son morceau par un chant de sirène, sans doute celui qui attira les marins d'Ulysse vers la mort.
Sans un mot, elle exerça une pression sur mes épaules pour me faire basculer sur le côté. L'étroitesse du lit, me colla contre le mur. Il fallut deux trois reptations pour que je puisse m'allonger correctement sur le dos. Nathalie m'enjamba et s'installa sur moi. Elle était trempée, la pénétration fut directe. Une fois prise, elle posa ses mains sur mon visage et je vis à la lueur de la lumière tamisée, des larmes couler sur ses joues. Je voulus la questionner mais elle posa un doigt sur mes lèvres. Puis ses mains glissèrent le long de mon cou, s'attardèrent sur mes épaules. Pesant de tout son poids, elle encourageait une pénétration profonde. Son buste à la verticale, je voyais ses seins fermes se balancer dans la pénombre de la pièce. Ses longs cheveux blonds et raides pliaient sur ses épaules. Elle me caressait la poitrine avec de petits gémissements. Elle cessa de me regarder et ses gestes à tâtons faisaient penser à ceux d'une aveugle. Soudainement, son buste s'abattit sur moi et d'un souffle dans mon oreille, m'offrit la mélopée de son orgasme. Je respectai son extase, immobile.
Mon excitation diminuait. Que devais-je faire ? Je n'avais pas joui, était-ce un problème ? Dans le tantrisme ne parle-t-on pas d'injaculation ? Nathalie, m'entourait de ses bras et je sentais sous mon oreille des baisers d'une douceur incroyable. L'odeur de ses cheveux était enivrante.
J'étais bien. Nous échangeâmes de longs baisers tièdes et humides. Mon membre repris progressivement de la vigueur. Engageant un mouvement latéral, je la remis sur le dos pour la prendre à nouveau. Mes coups de reins reprirent. Mon plaisir montait en flèche. Je décidai de le laisser aller où il voulait et je jouis dans la profondeur de son ventre, devinant l'éclat blanc de son sourire dans l'obscurité.
Nous nous assoupîmes étroitement enlacés.
Le lendemain, nous suivîmes la dernière demi-journée de formation avec une attention que nous voulions soutenue. Il y avait une certaine nécessité à rentrer avec des ingrédients professionnels probants. Heureusement, il nous fut remis un dossier complet qui reprenait les éléments essentiels de ces deux jours.
En début d'après-midi, nous dûmes renseigner notre évaluation. Pour ma part, elle fut très positive. Le trajet retour débuta vers 15h. Navette, RER, métro, puis au bout de couloirs interminables et bondés, nous arrivâmes à la gare TGV. Il fallut s'enquérir de nos horaires respectifs et de nos quais de départ. C'est Nathalie qui partait la première. Je l'accompagnai donc jusque devant la porte de sa voiture. Je l'aidai avec sa valise, sans monter à bord. Une fois son bagage placé, elle redescendit les marches du wagon devant lesquelles je me trouvai. Elle s'approcha. Son visage vint à moi et se détourna au dernier moment. Le dernier baiser de notre aventure fut posé longuement, très longuement, sur chacune de nos joues.
— Notre relation doit rester secrète à tout jamais, dit-elle.
— Oui Nathalie, je te le promets.
— Nous ne nous reverrons plus Philippe.
Nous nous étreignîmes fiévreusement. Je caressai une dernière fois ses beaux cheveux blonds. Mon pouce effleura une dernière fois la douceur de sa joue. Mes mains enserrèrent une dernière fois sa taille si attractive.
L'annonce lugubre du départ du train se fit entendre. Nathalie remonta les marches devant l'agent SNCF qui l'enjoignait a rejoindre sa place. Elle se retourna et je vis son merveilleux visage pour la dernière fois.
Elle rejoignit sa place. Je la sentais derrière la vitre dont les reflets m'empêchaient de distinguer correctement. Après le coup de sifflet strident, je crus voir le dernier geste qui m'était adressé.
Sonné, je repris à petits pas, la direction de mon quai. Mélancolique, il me revint les paroles de la chanson de Brassens « Les Passantes ».
Installé dans mon wagon, ballotté par les soubresauts de mon aventure, je soupirai. Cette séparation m'avait ému aux larmes et pourtant n'étais-je pas heureux de cette belle parenthèse ?
Mon téléphone vibra, signalant un message en absence. C'était elle. Elle venait d'essayer de me téléphoner et le réseau n'avait pas permis que je décroche. Maugréant contre les zones grises de la couverture téléphonique, je m'aperçus qu'un message vocal venait d'arriver. Fébrile, je plaçais l'appareil contre mon oreille pour entendre sa voix, une dernière fois.
La voix de Nathalie chevrotait en prononçant ces quelques mots : « Si... Philippe, nous nous reverrons... ».
Bouleversé, je sentis monter en moi une vague d'émotion. J'essayai de la rappeler en vain.
Elle occupa mon esprit toute la nuit. Le lendemain, n'y tenant plus, je lui envoyai un texto : « Nathalie, oui moi aussi, je veux qu'on se revoie ». Un peu plus tard dans la journée : « Tu ne quittes plus mes pensées, notre aventure était trop belle ! » ou encore : « Jamais je n'oublierai ce que nous avons vécu ensemble ».
M'apercevant que, par inadvertance, nous avions échangé nos dossiers de stage, je décidai de l'appeler. Même s'ils étaient rigoureusement identiques, elle avait tout de même fait quelques annotations dessus. Cœur battant, je composai son numéro :
— Allo ! dit une voix masculine.
— Heu… bonjour monsieur.
— Je suppose que vous êtes Philippe et que vous cherchez à joindre ma femme.
— Heu… oui, car elle m'a laissé son dossier de stage, enfin nous l'avons échangé.
— Si vous n'aviez échangé que vos dossiers… Voulez-vous que je vous la passe ?
— Nnnnon… ne la dérangez pas, ce n'est pas très important.
— Ce qui est important en revanche, c'est que vous sachiez que le téléphone qu'elle avait, était le mien. Je le lui avais prêté pour qu'elle puisse être joignable, étant donné qu'elle n'en possède pas en propre. Dois-je ajouter quelque chose ?
— Non, c'est inutile, pardonnez moi monsieur.
— Il va me falloir un peu de temps pour cela.
— Je suis désolé…
— Pas tant que moi. Bonjour monsieur.
Et il raccrocha.
« A celles qu'on connaît à peine, qu'un destin différent entraîne, et qu'on ne retrouve jamais ».
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Commentaires ()
Là, c'est la vraie fin d'une vraie tranche de vie.
Pour autant, je ne regrette rien, car c'était une bien belle histoire. Un peu comme celle de mon histoire "mission à Belgrade". Si vous ne l'avez pas lue, je vous encourage à le faire et, naturellement, à me laisser votre commentaire.
A bientôt j'espère.