Une grande nouveauté
Chapitre 1
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Une grande nouveauté — Chapitre 1

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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La_nouveaute
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Une grande nouveauté

Chapitre 1

C'est drôle comme on traverse sa vie sans se douter que le monde est rempli d'histoires en train de se dérouler, et dont on n'imagine même pas qu'elles puissent exister. Et puis parfois, alors qu'on ne déroge pas à ses habitudes, alors qu'on n'est pas en train de vivre une journée bien différente des autres, il suffit d'un détail auquel ce jour-là on prête attention pour que tout un pan du monde s'ouvre à soi.
Moi par exemple, il ne m'arrive pas grand-chose. J'habite une ville de banlieue parisienne calme, je suis étudiant, j'ai 21 ans, je fais tous les jours des allers-retours entre la fac et le pavillon de ma mère, j'ai quelques amis, je sors de temps en temps, mais je ne crois pas qu'on puisse dire que je vive quoi que ce soit d'extraordinaire.
J'ai une copine depuis la classe de première, dont la vie n'est pas bien différente de la mienne. Quand nous nous sommes rencontrés, il y a bien eu quelques envolées lyriques, de la grandiloquence, des envies d'une histoire peu banale, passionnelle, mais il ne nous a pas fallu six mois pour rentrer dans le rang, pour nous éteindre, et pour ne plus rien vivre de bien palpitant. Quand j'y réfléchis, nous ne restons plus ensemble que parce que nous nous connaissons, supportons, et que nous sommes bien trop mous pour initier une rupture qui ne nous conduirait qu'à un inconnu qui nous terrifie. Nous nous complaisons donc à entretenir le peu de liens qui nous unissent par un contrat tacite qui nous engage à ne rien faire pour modifier les termes du contrat.
Mais au milieu de cette plate monotonie, j'ai un petit rituel régulier depuis le début de mon adolescence qui fait figure de bouffée d'air, à savoir de longues balades en forêt que je fais seul deux à trois fois par semaine dans le bois à la sortie de la ville et qui ne tolèrent rien d'autre que le bruit de mes pas sur l'humus et les sentiers. J'ai toujours aimé ça. Je ne prends qu'un sac à dos qui contient une grande bouteille d'eau et une paire d'écouteurs au cas où j'aurais envie d'écouter de la musique, mais la grande majorité du temps, je ne les utilise pas. J'écoute la musique dans le bus qui m'y dépose, et elle me dérange dès que j'emprunte le premier chemin.
Toutes mes promenades se sont à trois heures différentes : début d'après-midi, quand je n'ai pas cours, fin d'après-midi en rentrant des cours, et soirs d'été le week-end, parfois jusqu'à une heure avancée dans la nuit.
On y croise peu de gens, souvent des têtes connues, les mêmes maîtres et maîtresses qui promènent leurs chiens, les cyclistes, les familles, quelques hommes seuls.
En cinq ou six ans de promenade, je n'ai jamais regardé les hommes seuls. Je relève la tête quand je croise les chiens, les maîtres, les maîtresses, les cyclistes ou les familles, parce qu'ils font du bruit, parce qu'ils sont plusieurs, parce qu'ils font apparaître une petite animation éphémère qui émaille la balade. Les hommes seuls, je ne fais que les voir ; non, les distinguer serait plus juste. Je les croise en n'apercevant souvent que leur taille, le bas des jambes, les chaussures, mais je ne les regarde pas. Ils ne font pas de bruit, marchent à allure constante, ne font pas de détour. Ils tracent une route qui n'a aucune raison d'entrer en collision avec la mienne et s'apparenteraient presque, parfois, à des fantômes.
En mai dernier, à 19h30, alors que je marchais comme à mon habitude depuis plus d'une heure trente, baigné dans mes pensées et mes rêveries, je fus tout à coup déconcentré de cette douce méditation par une faim tenace qui fit disparaître le plaisir de marcher là, sans but.
J'ai donc pressé le pas pour rentrer chez moi et manger, et j'ai relevé les yeux parce que je savais soudain où j'allais.
Il ne m'a pas fallu cinq minutes pour qu'en face de moi, toujours bien enfoncé dans le plus profond de la forêt, je me rende compte qu'un homme marchait dans la direction opposée, et que d'ici une petite minute, nous allions nous croiser.
A mesure que j'avançais, sa silhouette s'est dessinée plus clairement, et les détails pour le décrire ne sont apparus qu'à quelques pas de lui.
Il avait la cinquantaine, une taille normale, légèrement bedonnant, rasé de près, des lunettes rondes, des cheveux courts, et c'est à peu près tout ce dont je me souviens.
Oui parce que ce qui m'a frappé, ce ne sont pas son allure ni ses vêtements. Ce qui m'a frappé c'est ce regard, le tout petit regard qu'il posait sur moi avec une insistance qui m'a surpris. C'est vrai parfois on nous fixe et on le sent, et on peut se sentir dérangé ; là ce n'était pas ça, pas de la fixation, un regard discret, très discret, mais insistant, un regard qui me disait de le regarder, d'échanger quelque chose avec lui rapidement, sans rien se dire. Vous savez, cela n'a duré qu'une seconde, et pour voir ce regard, il a fallu que ce jour-là, j'ai faim, que je relève les yeux en marchant, pour que j'y sois sensible, pour que je m'aperçoive que ce regard était posé sur moi.
Je ne me suis arrêté juste après l'avoir dépassé, et me suis retourné. Déjà l'homme ne marchait plus tout droit, il avait comme bifurqué, pris la tangente par rapport au sentier pour marcher plus lentement dans les fougères, en s'enfonçant là où chaque pas est plus difficile à faire.
— Il n'y a rien là où vous allez, monsieur, me suis-je dit. Alors je l'ai suivi, pour voir.
A bonne distance, peut-être vingt ou trente mètres de lui, j'ai emprunté son pas pendant quelques minutes. Il ne se retournait pas, savait où il allait, et semblait comme me guider. Hypnotisé, j'ai suivi sa trace jusqu'à ce que je le vois disparaître derrière une deux gros chênes entre lesquels il y a longtemps un petit groupe d'amis avait dû construire une cabane.
En tournant comme lui, là où je l'avais vu disparaître quelques secondes plus tôt, je tombais nez à nez avec lui. Il m'attendait, savait que je l'avais suivi. Je crois que lui savait combien son regard contenait d'invitation, mais je n'avais pas compris, je n'avais pas cherché à comprendre, et je l'avais tout simplement suivi.
En le regardant dans les yeux, je comprenais soudain quel type de rencontre je venais de faire, et je devinais à peu près ce qui allait se passer. On a beau ne rien y connaître, notre instinct identifie très bien ce qui nous arrive.
Debout devant lui, c'est mon ventre qui m'a lâché le premier. Une décharge de stress et d'excitation m'a parcouru le ventre. J'avais envie de partir, et j'avais envie de rester, de voir ce qui allait se passer. Je suis resté immobile, complètement pétrifié, face à cet homme qui ne faisait pourtant rien, qui n'esquissait pas de mouvement, qui ne me disait rien.
Bien plus habitué que moi, il a vu ma terreur, mon étonnement, mon incapacité à rompre cet instant de tension. Alors, au bout d'une minute, il s'est lentement approché de moi, et sans rien dire, s'est agenouillé. Ses deux mains ont soulevé mon pull, se sont posées sur mes hanches. Il les a ensuite baissées jusqu'à faire glisser lentement mon short et mon caleçon sur mes chaussures.
Je me retrouvais nu, acquiesçant à demi-mot aux seules paroles qu'il s'était décidé à prononcer : "ça va, tu aimes ?"
Trois secondes plus tard, il avait déjà englouti mon sexe.
A part ma copine, deux autres filles ont déjà pratiqué sur moi une fellation. C'est sympa, c'est même très agréable, mais ça ne ressemble pas à ce que ce monsieur faisait. Les autres, les filles, elles sont un peu gauches, elles ne savent pas bien quoi faire, elles n'en ont peut-être même pas vraiment envie, elles se disent que ça va me faire plaisir, elles essaient de se rappeler des conseils que leur meilleure amie a pu leur donner, ou je ne sais pas. Elles le font par mimétisme, parce que c'est attendu d'elles, parce que c'est un passage obligé.
Et là, sans aucune forme de préparation, il y a ce monsieur, entre mes jambes, qui me bouffe la bite. Il ne fait pas semblant, ne minaude pas, ne se donne pas d'airs, il ne fait pas comme dans un porno, n'en rajoute pas. Lui, il est venu dans la forêt pour trouver un mec pour lui bouffer la bite parce qu'il aime ça, parce que son désir c'est de sentir qu'un gars prend du plaisir à ressentir la chaleur de sa caresse.
Et quand il le fait, je ne peux pas l'arrêter. Il est comme animé, et c'est la première fois que je vis ça. Il y a un mec qui prend vraiment son pied à me sucer.
Sa pipe est chaude, pleine de salive, sa langue bouge, tourne, son rythme est changeant, il sait quoi faire de ses mains, comment tenir mon sexe, comment le serrer sans que ce ne soit trop fort, il sait très vite où ça me fait du bien, où j'ai l'air de réagir.
Le stress a mis du temps à partir, et l'érection un moment à venir. Mais dès que ce stress a disparu, mon sexe s'est durci, s'est gonflé, s'est gorgé de sang. Mes bras ballants ont fini par réagir, mes mains se sont posées sur sa tête, sur son cou, ont accompagné son mouvement.
Désormais bien campé dans l'instant présent, mon cerveau s'est déconnecté, et j'ai profité. J'ai profité de ses gémissements, des bruits de sa bouche, de sa respiration, des baisers sur le gland, de sa gorge profonde, si profonde et si chaude, des prémices de son étouffement, de son avidité à toujours y revenir, à me lécher, à presser mon corps à l'aide d'une de ses mains pour que je m'enfonce dans sa bouche. J'ai aimé qu'il biberonne, presque sans bouger, en léchouillant timidement le bout du sexe en me regardant, comme si j'allais lui donner l'approbation. J'ai aimé mettre ma main sur sa joue, chercher du pouce la commissure de ses lèvres, et entrouvrir sa bouche pour la replonger sur mon sexe.
Je n'ai jamais joui dans la bouche de personne. Avant de jouir, comme à l'accoutumée, j'ai un geste de recul, ma main se précipite sur mon sexe pour finir le mouvement et guider le jus ailleurs. Mais tout son langage corporel me dit qu'il ne veut pas que je m'en aille. Ses gémissements se font plus sonores, comme une imploration. Je comprends qu'il veut que mon sperme soit dans sa bouche, mais je comprends aussi qu'il veut me sentir exploser, qu'il veut sentir que toute sa caresse a un résultat, mon plaisir absolu à contracter tout mon corps pour que trois jets saccadés de liquide douceâtre lui coulent sur la langue, dans la gorge. C'est dingue, je n'avais même pas osé imaginer que quelqu'un pouvait vivre aussi intensément son amour pour ce geste, son désir pour combler le corps de l'autre.
Alors je me contracte et me relâche à la fois, je vis ce picotement qui se propage dans le tout le corps à mesure que l'orgasme monte, que son éruption s'annonce et irradie dans tout le corps. Je prends sa tête entre mes mains et me décharge dans sa bouche inerte, accueillante, qui récolte le fruit de son travail.
Je l'entends avaler doucement, petit à petit, chacun des jets, même les plus petits. Ses yeux sont en extase, il me regarde sans plus être là, perdu lui aussi dans ses sensations, dans ce que je viens de lui donner. Il me garde en bouche jusqu'à ce que je sois redevenu mou. Puis, aussi naturellement qu'il a baissé ce caleçon et ce short, il les remonte et les remet. Il se relève, ne dit rien, et s'en va, sans presser le pas, calme et détaché.
Ce soir-là, j'ai oublié ma faim, et je suis retombé dans ma rêverie. Je dus continuer à marcher longtemps, très longtemps, sans cesser d'y repenser, à demi perdu. Ce sont mes jambes qui m'ont ramené toutes seules à la maison, quand elles étaient fourbues. M'endormir n'a jamais été si facile. Une sensation de sérénité avait pénétré tout mon corps, me remplissait de sa douce compagnie.
Ma tête s'était vidée jusqu'à ce qu'il n'y reste plus qu'une seule phrase : il y a là bas tout un monde que je ne connais pas, et je sens dans mon ventre qu'il faut que je m'y jette à corps perdu.
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Mumu 47
25 mai 2025 à 09:26
Très belle écriture. Une rencontre, une envoy, un trouble puis une découverte.


Texte très agréable à lire
Mumu
Soyez respectueux
Répondre

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