Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Manon s'envoie en l'air — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Manon s'envoie en l'air
Chapitre 1
Manon s'envoie en l'air
Fiction tirée de faits réels
Il y a quelques années, alors instructeur au Club Alpin Français, j'organisais régulièrement des sorties en escalade ou en alpinisme. Avec l'arrivée des beaux jours, l'alpinisme rocheux était de plus en plus demandé. Cette discipline, aussi appelée « terrain d'aventure » ou « Trad », consiste à escalader une falaise sur une voie non équipée. Pour cela, les grimpeurs doivent, sans dénaturer le rocher, placer leurs propres protections et les récupérer au fur et à mesure de leur ascension.
Un samedi de juin, j'organisai une sortie à la montagne Sainte-Victoire sur une voie adaptée à des débutants. Une cordée pouvant accepter trois grimpeurs, j'ouvrai donc la session à deux personnes. Comme toujours, les places disponibles furent vite pourvues et deux grimpeuses s'inscrivirent.
Je prévis un départ suffisamment tôt pour avoir une journée complète et faire la voie sans contrainte de temps. Arrivé au point de rendez-vous, je vis venir l'une d'elles, Manon, qui m'annonça que l'autre personne inscrite, était empêchée. Cette situation, ne présentant pas de difficulté particulière, nous partîmes sans plus attendre en direction d'Aix-en-Provence.
Le trajet, d'une heure environ, fut agréable. Manon était un petit rat enjoué avec un physique de danseuse classique. Seuls ses cheveux lâchés mi-longs indiquaient qu'elle n'allait pas enfiler un tutu. Ses lèvres pulpeuses s'ouvraient sur une dentition blanche immaculée. Son pantalon de sport en toile synthétique grise, laissait deviner un joli petit derrière bien ferme. D'ailleurs tout était ferme chez elle : ses petits seins ne bougeaient pas, sa peau ne plissait pas même assise et ses jambes ressemblaient aux pattes arrières d'une sauterelle.
Assise à mes côtés dans la voiture, elle se montrait volubile. Ses mains voletaient en tous sens pour illustrer le moindre propos. Elle ouvrait puis fermait la boite à gants à la recherche de je-ne-sais-quoi, ou tapotait mon genoux pour s'assurer que je restais concentré sur l'écoulement de ses paroles.
— Ca ne te gêne pas que Margot ait annulé au dernier moment ? parce que je me mets à ta place, ce genre de contre-temps ne doit pas être agréable ! Note bien que je ne m'en plains pas, tu n'auras à t'occuper que de moi…
— Ce n'est déjà pas une mince affaire ! répondis-je en plaisantant.
— Ah mais tu verras, j'ai l'air fofolle comme ça, mais je serai très sage, je ferai exactement ce que tu me diras, répondit-elle, en parlant de plus en plus doucement comme si elle avait peur qu'on l'entende. Elle accompagna son propos d'une main qui laissa une empreinte chaude sur ma cuisse droite.
— De toute façon, si tu ne fais pas ce que je dis, je te laisse suspendue dans le vide !
— Tant qu'une corde nous relie…
— Ce n'est déjà pas une mince affaire ! répondis-je en plaisantant.
— Ah mais tu verras, j'ai l'air fofolle comme ça, mais je serai très sage, je ferai exactement ce que tu me diras, répondit-elle, en parlant de plus en plus doucement comme si elle avait peur qu'on l'entende. Elle accompagna son propos d'une main qui laissa une empreinte chaude sur ma cuisse droite.
— De toute façon, si tu ne fais pas ce que je dis, je te laisse suspendue dans le vide !
— Tant qu'une corde nous relie…
Je ne pus m'empêcher de tourner la tête pour voir ce que disait son visage. Elle souriait, en pleine possession de sa liberté. Ses traits retenaient la lumière matinale. Ses yeux se courbaient en amande, laissant à peine filtrer l'azur de son regard. Elle était jolie et c'était suffisant pour moi.
Arrivés sur le parking, nous fîmes l'inventaire du matériel à emporter. Nous partageâmes le matériel et enfilâmes nos harnais.
— Je l'ai bien mis là ? me demanda-t-elle, l'air dépité devant l'aspect peu convainquant de celui-ci.
— Attends !
— Attends !
Je le lui fis enlever et, accroupis devant elle, entrepris de l'aider à dévriller la cuissarde et repasser son pied dedans. Elle exécuta la manœuvre en s'appuyant sur mon dos. Une fois l'ensemble correctement ajusté, je l'aidai à serrer les sangles latérales. Cherchant à exécuter ce geste par elle-même, quatre mains jouèrent sur deux petites boucles.
Une fois équipés, nous partîmes en marche d'approche pour une heure environ. Au pied de la voie, la vue surplombait un manteau forestier et pouvait glisser jusque sur les reliefs bleutés du massif de la Sainte-Baume.
— C'est beau ! dit Manon admirative.
— Tu verras, là-haut c'est encore plus beau.
— Tu verras, là-haut c'est encore plus beau.
Elle se retourna, leva la tête à la verticale, cambrée à la façon d'une acrobate de cirque.
— Waouh ! c'est impressionnant quand même !
— Ca va ? tu te sens ?
— Oui, oui… si ça ne va pas, on peut redescendre ?
— Bien sûr, ne t'inquiète pas, s'il le faut, on redescendra dans la voie, répondis-je avec un sourire d'encouragement.
— Ca va ? tu te sens ?
— Oui, oui… si ça ne va pas, on peut redescendre ?
— Bien sûr, ne t'inquiète pas, s'il le faut, on redescendra dans la voie, répondis-je avec un sourire d'encouragement.
Manon, émit une expiration forcée. Son regard ne savait plus s'il devait être beau ou inquiet.
— D'accord, allons-y alors !
Précautionneusement, je préparai le départ en décrivant chaque geste, chaque étape. Conservant un œil sur elle, je m'assurai qu'elle était bien en possession de ses moyens, puis je partis. La première longueur fut facile. Je montais en tête en posant des coinceurs, tandis qu'elle m'assurait depuis sol. Une trentaine de mètres plus haut, je construisis un relais
Zone située en falaise entre deux longueurs de corde, équipée de trois points d'assurage sur lesquels les grimpeurs se placent
sur une petite vireEtroite plate-forme ou corniche sur les flancs d'une paroi rocheuse.
. Une fois installé, je pus m'y sécuriser et la faire monter. En arrivant sur le relais, nous nous retrouvâmes tous deux vachésAttachés au relais par une longue d'un mètre environ.
, les pieds rassemblés sur quelques centimètres carrés où un arbuste avait eu l'étrange idée de pousser. Manon, collée à moi, se tourna légèrement pour laisser ses yeux planer au-dessus du tapis végétal. Les arbres sous lesquels il fallait se faufiler tout à l'heure, agrippant une sangle, crochetant un pied, étaient à présent doucement rassemblés en un nuage moutonnant nuancé de vert. L'heure de marche nécessaire pour arriver au pied de la voie était parcourue en une seconde, le temps de repérer la voiture garée en contrebas.— Que c'est beau !!!
Le regard pétillant, elle me prit dans ses bras pour me remercier de lui permettre de vivre cette expérience.
— Et là, si ça casse ? continua-t-elle en désignant d'un doigt inquiet, le relais.
— Deux morts.
— Deux morts.
Manon resta interdite.
— Pétard, il faut avoir confiance…
— La confiance et la peur se contrebalancent. Plus on a confiance, moins on a peur… et inversement. Tu as peur ?
— Un peu…
— La confiance et la peur se contrebalancent. Plus on a confiance, moins on a peur… et inversement. Tu as peur ?
— Un peu…
J'entrepris de repartir en tête. Le départ exigeait que je me déporte un peu. Comme des reptiles, il fallut s'entremêler pour que je me hisse hors du relais. Les vêtements crissèrent l'un contre l'autre. Manon ne fit rien pour me faciliter la tâche. Je crus entendre un petit son guttural généralement émis lorsque l'on ressent de la satisfaction.
Une fois le deuxième relais confectionné, je fis monter Manon, qui arrivant sur place, souriait démesurément. Elle semblait ivre. Son regard jeté dans le vide la laissa stupéfaite. L'effroi se mêlait au plaisir. Elle palpait le rocher comme si elle découvrait de l'or. Le souffle court, les yeux exorbités, elle respirait l'air disponible à pleines bouffées. Soudain, elle se retourna vers moi.
— Philippe !!!
Elle m'attrapa par les sangles de mon sac-à-dos et m'embrassa fougueusement. J'entendis le cliquetis des dégaines et coinceurs qui se heurtaient à nos tailles. Nos casques s'entrechoquèrent. Puis, inclinant son visage, elle atteignit ma bouche avec la précision d'un rapace à la chasse. Ses lèvres se collèrent sur les miennes tandis que ses narines dilatées vidaient ses poumons. Elle exultait.
— Ca va Manon ? dis-je en la repoussant un peu.
— Yesssss !!!
— Yesssss !!!
Ses yeux luisaient et son visage rosi exprimait une jubilation profonde. En avançant simplement la main, je l'attrapai par le harnais pour l'attirer à moi et m'offrir un autre baiser, plus long, plus onctueux, plus sensuel, plus excitant.
Manon, voulu parfaire l'étreinte et pivota sur elle-même. Mais ce qui fonctionne sur une piste de danse, n'est pas toujours adapté aux verticalités. Son pied glissa et elle bascula en hurlant.
Heureusement rattrapée par sa longe crochetée sur le relais, elle resta suspendue, les pieds dans le vide, quelques centimètres plus bas.
Elle demeura un instant immobile. Puis elle ajusta ses jambes pour rechercher une position plus confortable dans son baudrier. Les mains sur le rocher, elle ne chercha pas à reprendre pied. Au contraire, elle restait suspendue en l'air, le regard dans le vague. Puis elle leva la tête vers moi.
— Tu as déjà fait l'amour en falaise, suspendu dans le vide ?
L'attrapant par le bras, je l'aidai à se remettre sur ses pieds. Elle vint alors se plaquer contre moi. Collé contre la paroi, Manon pointa sa langue tendue entre mes lèvres et l'introduisit dans la profondeur de ma bouche. Appliquée, elle faisait aller et venir son organe comme si c'était un pénis. Sa main entre mes jambes, prit la mesure de mon excitation.
— J'ai envie de toi !
— Tu pourras attendre le troisième relais ?
— Tu pourras attendre le troisième relais ?
La troisième longueur fut très particulière. Il fallait que je maintienne mon attention dans le placement des protections sans quoi, ces délicieuses vapeurs érotiques risquaient de se transformer en drame. Je conçus un relas sur un petit replat.
A son arrivée, Manon, essoufflée, brandit un pouce en l'air. Le rose aux joues, la sueur coulait le long de ses tempes. Elle avait chaud et ouvrit sa softshell
Veste flexible et légère dont le tissu technique offre respirabilité et petite protection.
. Une brassière colorée apparut dans l'entrebâillement. Un sourire carnassier ouvrait son visage.Le replat offrait une zone relativement confortable d'une cinquantaine de centimètres carrés. En y arrivant, elle me prit la main et se mit en tension sur sa longe, le corps à 45 degrés. Elle admirait fascinée tout ce que la hauteur lui donnait. Les carotides saillantes, elle absorbait le vide. Puis tournant lentement la tête vers moi, elle exerça une traction sur mon bras pour venir se blottir. Elle plaça ma main entre ses jambes et son visage à fleur du mien. La bouche entrouverte, elle me fixait tout en se caressant avec mes doigts en forme de cuillère. Elle ouvrit sa braguette. Ma main fut guidée dans son univers intime. Le tissu de sa culotte était humide voire mouillé. Elle écarta largement les jambes, bien en appui sur le rocher. Assise en arrière dans son baudrier, les deux mains agrippées sur mon avant-bras, elle guidait mes doigts. D'un geste urgent, elle écarta sa culotte pour faciliter l'accès à son sexe. Elle se liquéfiait. J'entrais dans la douceur onctueuse d'une motte de beurre. La force qu'elle exerçait sur mon avant-bras était sauvage, instinctive. Elle s'enfilait et ahanait bruyamment. Chaque intromission semblait la soulager d'une névrose. Son pantalon n'y résista pas : forcée par mon poignet intrusif, la fermeture de la braguette se disloqua emportant avec elle un petit pan de tissu. Ses jambes tremblèrent et sa bouche s'ouvrit vers le bleu du ciel pour y lancer le cri strident d'une buse en vol.
Elle retira mon bras aussi vite qu'elle l'avait mis. Toujours en appui sur sa longe, elle fléchit les genoux ce qui, par un effet de balançoire, la fit se rapprocher de moi. Spontanément, elle tenta d'ouvrir mon pantalon, malgré le pontet du baudrier. La tâche fut difficile mais pas impossible. Elle réussi à extraire mon membre meurtrit par la contrainte. Debout sur le replat, face au vide, j'avais entre les jambes un casque blanc qui allait et venait. Les sens se conjuguaient entre eux. Cette vision érotique, dans cette ambiance aérienne, s'accompagnait du plaisir que les muqueuses buccales me procuraient. Des frissons parcoururent mon dos et vinrent sous le périnée. Un flux entra dans ma verge gonflée et la tension s'amplifia. Je posai alors mes deux mains sur le casque pour le retirer. La succion s'interrompit et une sensation de froid accompagna le regard bleu interrogateur qui se leva sur moi.
— Tu veux me faire jouir ?
— Il reste combien de longueurs ?
— Deux.
— Alors non, pas encore, répondit-elle en prenant un air qui laissait supposer un avenir radieux.
— Il reste combien de longueurs ?
— Deux.
— Alors non, pas encore, répondit-elle en prenant un air qui laissait supposer un avenir radieux.
Le départ de la quatrième longueur fut accompagné de mains baladeuses sur l'intégralité de la partie basse de mon corps. Honnêtement, au moment d'installer le relais, je pensai non seulement à la sécurité mais également au confort de la suite des événements. J'hésitai, cherchai, testai puis revins sur l'endroit précédent. Je ne trouvai rien de fameux et me résolus à l'installer dans une zone qui n'offrait pas vraiment d'appui pour les pieds.
Manon arriva sur le relais, comme le soleil arrivait sur l'horizon. Elle soufflait et avait un peu perdu de son énergie. Elle crocheta sa longe dans un soupir de soulagement et me regarda en expirant bruyamment.
— Regarde ma belle, dis-je en la tournant vers le vide.
— Ah la vache !!!
— Ah la vache !!!
Ses mains tremblaient. Elle se pencha comme pour aller chercher une bouffée d'air à la verticale. Elle resta silencieuse et interdite un moment. Je constatai que ses jambes flageolaient aussi.
— Ca va Manon ?
— Oui… j'ai l'impression d'avoir des fourmis partout, la tête qui tourne comme si j'avais bu...
— Oui… j'ai l'impression d'avoir des fourmis partout, la tête qui tourne comme si j'avais bu...
Je lui pris le pouls au poignet. Son cœur battait fort. A ce moment-là, nous entendîmes des voix. Nos têtes s'orientèrent vers leur origine et nous vîmes apparaître une cordée qui escaladait une voie à proximité. Les couleurs vives que portaient les grimpeurs, les rendaient visibles lorsqu'ils apparaissaient sur une arête. Blottis comme un couple cavernicole, Manon murmura :
— J'ai envie de sexe !
Manon regardait intensément les petits bonshommes qui défiaient la pesanteur. De notre emplacement nous pouvions prendre la mesure du vide qui les enveloppait. Assis dans nos baudriers comme au spectacle, je glissais une main sur ses fesses parfaitement moulées. Je sentais les globes fermes et abandonnai un doigt ou deux dans le sillon bien marqué. Suspendue, Manon s'arquait sans les quitter des yeux. Le tissu très fin permettait de sentir la moiteur de son corps. Manon ouvrait les jambes pour inviter mes doigts à plus d'audace. Ces derniers trouvèrent la déchirure sous la braguette. Elle gémissait son plaisir et agitait par moment un bras pour attirer l'attention des grimpeurs. L'un deux lui rendit son salut.
— Tu crois qu'ils voient ce qu'on fait ?
— Je ne sais pas.
— Ca m'excite !
— Je ne sais pas.
— Ca m'excite !
Mes doigts tricotaient entre ses jambes. Son clitoris hyper sensibilisé la faisait sursauter dès que je l'effleurais.
— J'aimerais que tu me baises !
— Moi aussi mais ce n'est pas possible ma belle.
— Mmmm… mais pourquoooii ?
— Parce qu'avec un baudrier, ce n'est pas possible. Allez viens, on fait cette dernière longueur et une fois au sommet, on se déséquipe et mon corps sera à toi comme la sardine est à l'huile et le pigeon aux petits-pois.
— Moi aussi mais ce n'est pas possible ma belle.
— Mmmm… mais pourquoooii ?
— Parce qu'avec un baudrier, ce n'est pas possible. Allez viens, on fait cette dernière longueur et une fois au sommet, on se déséquipe et mon corps sera à toi comme la sardine est à l'huile et le pigeon aux petits-pois.
La dernière longueur, nous permit de prendre pied au sommet. L'univers herbeux était accessible aux randonneurs par d'autres itinéraires. Le crépuscule jetait son pourpre mystérieux tout autour de nous, chassant les derniers attardés. L'espace et le temps s'étaient accordés pour nous offrir le salon érotique idéal. Une petite brise tournoyait pour faire s'envoler les vêtements et nous guider sur un matelas de mousse verte. Le silence était prêt à accueillir nos roucoulements.
Manon apparut du dernier ressaut et s'avança sur la large crête d'un pas traînant. Son casque était de travers et ses bras ballaient. Elle s'approcha et se laissa tomber à côté de moi. Son sac pivota mollement et atterrit entre ses jambes. Elle en sortit une barre énergétique et ouvrit avec ses dents l'emballage plastique.
Mâchouillant, elle semblait perdue dans ses pensées. Son euphorie avait disparu. Son mutisme envahissait l'espace.
Je commençais à rassembler le matériel, déçu par l'ambiance. Pourquoi n'avait-elle pas déjà bazardé son équipement, déchiré son pantalon, jeté sa culotte du haut de la falaise ?
— Ca va Manon ?
— C'est pas bien ici, on redescend ?
— C'est pas bien ici, on redescend ?
Le jour s'éteignait doucement nous enveloppant de sa tiédeur. L'univers nocturne allait lui succéder, modifiant les repères, augmentant les bruits et rehaussant les odeurs. De surcroît, la vision allait être raccourcie par notre lumière artificielle. Le retour n'était donc pas à prendre à la légère. Il est souvent piégeux.
— Allez ! met ta frontale sur ton casque, on y va !
La descente se fit dans un couloir où il fallut poser des rappels
Technique de descente utilisant les deux cordes d'assurage fixées sur un ancrage et un système de freinage (ici un descendeur complété d'un nœud autobloquant)
successifs. En dépit de l'étroitesse de la faille rocheuse, il était possible de se placer sur de petits arbres solides. Une fois Manon la muette installée sur le rappel, il fallut qu'elle se sécurise avant de se mettre en tension sur les cordes. Ce placement souvent délicat pour un débutant, fut facile à exécuter pour une petite danseuse. Une fois sous l'ancrage, elle se retrouva suspendue comme une araignée au bout de son fil, les pieds dans le vide et dans l'incertitude de l'obscurité.— Waouhhh ! cria-t-elle, soudainement stimulée.
Cette manœuvre exécutée, je descendis le premier pour trouver à tâtons un emplacement propice à l'installation du rappel suivant. Environ 25 mètres plus bas, je m'arrêtai dans une zone que mon faisceau lumineux considérait comme adaptée et fis venir Manon. Celle-ci, descendit lentement mais sûrement. Arrivée à ma hauteur, elle s'écria :
— C'est trop cooooool !
— As-tu testé ton autobloquant ?
— Non.
— Bon ben, lâche tout, tu vas voir !
— As-tu testé ton autobloquant ?
— Non.
— Bon ben, lâche tout, tu vas voir !
Hésitante, elle eut du mal à ouvrir les mains, même si elle n'était qu'à un mètre au-dessus de moi. Le couloir était impressionnant car il plongeait verticalement dans le néant duquel remontait un air cru, profond. Lentement, elle ouvrit une première main… puis l'autre. Une légère reprise de tension lui fit pousser un cri de souris avant que l'autobloquant ne la bloque.
— Regarde, je vole !!! dit-elle en constatant l'efficacité du dispositif.
Elle pendait bras et jambes largement écartés. Même ses doigts étaient ouverts comme les rémiges d'une chouette en vol. Elle jubilait. L'aisance aidant, elle se balançait, pivotait sur elle-même, joueuse et frivole. Expérimentant la position tête en bas, ses cris de joie redoublaient. Debout sur mon petit replat, j'assistai à un spectacle juvénile. Puis, ses mains m'attrapèrent et par le balancier que permet la corde, elle s'approcha de moi. La lumière de sa frontale m'éblouit et je sentis la chaleur de ses lèvres sur ma bouche. Ce baiser venait d'une créature qui venait du ciel dans un chaos rocheux plongé dans la nuit. Je me crus projeté dans un film de science-fiction. Sa langue électrisante, voletait partout sur mon visage, mouillait tout ce qui dépassait du casque.
— Baise-moi, dit-elle tout à coup.
— Ce serait très volontiers mais c'est juste que ce n'est pas possible.
— Ce serait très volontiers mais c'est juste que ce n'est pas possible.
Je prononçais ces mots à mon corps défendant car mon érection forçait douloureusement sa gangue textile. Manon, face à moi, écartait largement les jambes dans une posture provocante. Elle présentait la déchirure de sa braguette restée ouverte, y introduisant un doigt préalablement léché.
— Tu y tiens à ton pantalon ? demandai-je.
— De toute façon, il est foutu !
— De toute façon, il est foutu !
L'idée que je venais d'avoir me fit frémir. Je saisis le petit couteau charnu que je porte toujours sur mon baudrier. L'ouverture de la lame fit entendre le bruit sec du cran d'arrêt. Un silence religieux figea l'ambiance.
— Retourne-toi ! ordonnai-je en attrapant ses jambes pour la faire pivoter sur elle-même.
De dos, le halo lumineux exagérait la saillie que faisaient ses fesses, tendues entre les cuissardes et barrées par les élastiques qui ressemblaient à des porte-jarretelles. Le gris-clair de son pantalon captait égoïstement tout l'éclairage, de sorte que le reste de son corps, se perdait dans la pénombre. Projecteur braqué sur l'attractive rotondité, la patiente attendait, suspendue, tétanisée.
En apnée, j'approchai la pointe de la lame entre les jambes de Manon.
— La vache… ça fout la trouille… murmura Manon.
Le poignet bloqué sur mon avant-bras gauche pour être parfaitement précis, partant de la déchirure, je fis glisser lentement le tranchant entre les fesses. Mon couteau, aiguisé comme un scalpel, ouvrait la toile tendue, qui s'élargissait centimètre par centimètre. On entendait le bruit inquiétant d'une couture qui craque.
— Te loupe pas, supplia celle qui devait sentir le froid glacial de l'acier effleurer ses chairs tendres. J'ai l'impression que tu m'ouvres le cul !
Le pantalon fini par céder et se déchira bruyamment sur toute la longueur de l'entre-jambe. La culotte dessous avait également payé son tribut à l'intransigeance de la lame. Dans la lueur artificielle, je vis apparaître la raie des fesses de Manon, impudique, écartelée par les cuissardes.
— Ahhh… cria-t-elle en tentant par réflexe de se relever.
Quelques secondes plus tard, elle s'abandonna de tout son poids dans une posture terriblement obscène. Une faille de chair intime naissait dans une faille rocheuse. Dans la pénombre silencieuse, mon projecteur révélait le tressaillement de sa pulpe charnelle. Le large sillon se rendait perméable, accessible, ouvert à l'extériorité.
Ma main s'avança pour reprendre contact avec le réel. Elle se glissa le long de la fente tiède et hypersensible qui réagit comme un coquillage surpris. Je pris le temps de l'apprivoiser, de l'habituer à ma présence, de lui faire apprécier mes caresses. Lorsque les soubresauts devinrent frissons, lorsque ceux-ci se communiquèrent à mon épiderme, j'ouvris mon pantalon et tout ce qui pouvait s'ouvrir. Mon sexe qui battait la mesure depuis un moment, devait trouver sa place dans la partition. Basculant le bassin, je plaçai la tête chaude au contact de l'accueillante ouverture. La tiédeur contrastait avec le petit courant d'air qui circulait par moments. Je saisis alors l'autobloquant de Manon qui se libéra d'un coup. Manon cria. Elle venait de s'empaler sur un pieu de chair palpitante. Je n'eus qu'à agir légèrement sur l'ensemble pour que la balançoire du jardin d'enfants, devienne une bascule pour adultes lubriques.
Immobile, le dos calé contre un arbuste, je faisais aller et venir un cul au rythme de mon plaisir.
— Vas-y baise-moi, vas-y, vas-yyy !!!
Confortablement passif, encouragé par la voix de Manon qui s'amplifiait, j'amenais de plus en plus vigoureusement cette chair moelleuse sur mon axe traversant. La peau claquait comme une fessée. A chaque oscillation, j'entendais des suppliques d'encouragement et le bruit désarticulé de ses chaussures qui heurtaient le rocher.
Manon eut un orgasme puissant. De ce petit gabarit aux apparences délicates, émanait une force insoupçonnée. Avant de m'abandonner au vertige de la jouissance, par jeu, je sortis ma verge dans l'idée de laisser pulser sa crème sur cette lune hypnotique. Pendant que les feulements diminuaient, j'approchai à nouveau la tête chercheuse. Un sursaut m'interrompit.
— Si tu vas par là… vas-y doucement.
L'idée m'excita. Ma queue copieusement enduite de sécrétions n'eut aucun mal à se frayer lentement un chemin vers le petit diaphragme. L'ouverture progressive, le contact régulier de la muqueuse avec le soyeux du gland me procura un instant d'égarement. Les cris qui résonnaient à présent étaient différents, mélange de surprise et de permission.
— Attend !
Me reprenant, j'attendis quelques secondes. La rosette relâcha la pression qui enserrait la base du gland. La porte était ouverte et l'hôtesse accueillait son invité.
— Vas-y maintenant !
Cette dernière injonction fut une cantate aussi profane que profonde. Des tremblements naquirent dans mes jambes. Un flux d'énergie descendit le long de mon dos, longea mon scrotum et libéra sa liqueur séminale dans l'onctuosité d'un puits suspendu. Je vacillai, heureusement retenu par l'arbre dans mon dos.
Dans les longueurs suivantes, le postérieur dégoulinant de Manon s'invitait comme une évidence dans mon champ lumineux. A chaque relais, je le recevais avec les égards dus à son rang. Situation rêvée pour Manon, de se bloquer à la bonne hauteur pour se voir gratifier de coups de langues aussi soigneux qu'un chat qui fait sa toilette. Sa main venait ensuite s'agripper à mon sexe pour le faire grossir.
C'est ainsi que le cul parfaitement propre, Manon prit pied sur la terre ferme. Elle marchait le popotin à l'air, hilare. Par courtoisie, je la laissai passer devant. Le spectacle était irréel.
Arrivés à la voiture, sursautant au contact froid des fesses sur le siège passager, Manon, une jolie lueur mutine dans les yeux, dit :
— Quand est-ce qu'on recommence ?
— Quand tu veux... prévois quand même un bon budget "pantalons".
— Quand tu veux... prévois quand même un bon budget "pantalons".
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