Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Carnaval en campagne — Chapitre 2 · Marquise
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Carnaval en campagne
Chapitre 2 · Marquise
Aléonor, mon prénom se reflète sur le porte clef attaché au rétroviseur. Le soleil se couche quand j'arrive enfin dans le petit village de mon amie. Je me gare devant son portail, descend et sonne. Elle vient m'ouvrir et Jack, son chien, me saute dessus en signe de bienvenue. Je passe ma main dans ses longs poils, puis je fais la bise à mon amie et on rentre. On s'assoit dans son salon et on commence à se raconter nos vies. Elle me parle des difficultés de la prépa, car bien que ses parents vivent dans un coin reculé de France, elle, fait des études en prépa scientifique à Paris. Moi je lui raconte ma troisième année en fac d'art. Année plus ou moins catastrophique d'ailleurs. Enfin bon j'ai fini par l'avoir. Puis on commence à servir des verres d'un bon rosé du coin. Alors les discussions deviennent moins sérieuses et l'amour se joint à nous. Elle me parle de son mec, le bel Arnaud. Comment il est doux avec elle, ses petites attentions envers elle alors qu'elle est tout le temps occupée par les études. Moi je suis un peu jalouse. Ma dernière histoire d'amour partagée remonte au lycée, et il m'a largué comme une merde par snap. En étude sup les seules histoires d'amours étaient à sens unique ou pour un soir. Je rêve encore de mon prince charmant mais bon, je me doute bien que même s'il apparaît ce soir ce sera une histoire qui se finira au levé du jour. L'horloge tourne au point que l'heure de se préparer pour la fête arrive. Le carnaval de printemps, la raison principale, ou secondaire ?, de ma présence ici. Cette année le thème de la fête est “Ancien régime”. On va dans sa chambre pour se changer. Sur le lit sont étendues deux robes. La première est d'un rouge flamboyant, orné de roses dorées, de la couleur du corset qui l'accompagne. La seconde aborde une couleur pourpre aux volants d'argents accompagnés d'un corset blanc. Si la première brille tel un soleil, la seconde resplendit telle une lune. Eïda enfile la première et je mets la seconde. A ces robes on se munis de masques. Un rouge ornée d'un soleil de forme vénitienne pour elle et pour moi un masque intégral, moitié pourpre, moitié argent. Puis on sort, on arrive rapidement sur la place du village, lieu des festivités. Les gens boivent aux tables et au comptoir, les pichets de bière s'écoulent au rythme des musiques que joue un petit groupe. Devant les musiciens, dansent quelques couples qui se font et se défont suivant les musiques. On se pose au comptoir et on se partage un pichet de bière pêche à deux. Le pichet vidé on se dirige vers la piste Eïda trouve rapidement un partenaire. Moi je la regarde un peu virevolter le temps d'une valse, je n'ose pas aborder ces hommes qui semblent venir d'un autre temps. Les vestes marron et beiges virevoltent entourées de robes multiples. Je vais au comptoir prendre un verre, puis je retourne regarder ce spectacle magnifique. Je bois mon verre rapidement. Les lumières festive, les couples qui dansent dans l'air printanier, tout est si exquis. Alors que la bière fraîche s'écoule sur mes lèvres, un homme vient me proposer une danse. Je le regarde, j'hésite, puis j'hoche la tête. Mon verre roule au sol quand il me prend la main et m'embarque dans cette folle danse. Ses pas sont rapides et j'ai du mal à le suivre, légèrement plus rapide que le rythme il m'entraîne dans la foule. Sa main se pose sur mes hanches tandis que l'autre tient fermement la mienne pour me faire tourner à en perdre la tête. Ses pieds se mélangent aux miens dans une valse désordonnée. Son masque d'un ocre rouge laisse apparaître un sourire qui a quelque chose d'un peu malsain, de sournois. Enfin la musique s'arrête. Je regarde mon cavalier, il me tend la main pour me proposer une autre danse. Mais au même moment, un homme au masque bleu intégrale parsemé de roses blanches me tend la sienne. Je l'attrape sans hésiter et me voilà repartie dans une valse. Ses pieds se synchronisent sur le son et ses bras m'emportent dans un monde magique. On virevolte ensemble, j'ai l'impression d'être dans un autre temps. Bien plus par sa manière de me faire voler que par nos habits du XV siècle. Puis la danse de nos lèvres nous vient naturellement. Bien qu'il me demande mon prénom, je le lui refuse et lui demande de m'appeler marquise. Je veux poursuivre ce rêve d'une nuit. Il se prend au jeu et me somme de le nommer marquis. Puis on échange sur nos vies. Il a trois ans de plus que moi et travaille dans l’agraire. Je vole encore dans ce rêve quelques mesures, guidé par ses bras. Puis la musique s'arrête, il me regarde et me propose de continuer cette discussion au comptoir. Alors on prend deux bières et on continue de discuter, de rigoler. On parle de nos vies, de nos soirées. J'aime discuter avec lui. Sa voix est belle et j'aime le sourire qui dépasse de son masque. Il me raconte ses soirées dans les champs à boire de la bière entre les blés. Moi je lui parle des bars, des boîtes, de l'alcool trop cher et des bons moments. Puis la discussion devient plus intime, les blés peuvent aussi bien cacher des corps nus que les toilettes des boîtes. Nos visages rougissent légèrement sous nos masques. Alors on décide de s'éloigner de la foule. On traverse les petites rues de son village puis on pénètre les champs. Les lumières des Hommes paraissent si faible par rapport aux étoiles et à la lune scintillantes dans les flots noir de la nuit. On marche entre les blés un moment, puis un grand arbre apparaît devant nous. Il a l'air si âgé, ses branches montent vers le ciel et proposent un abri aux êtres vivants qui veulent s'y reposer. Une pierre semblable à un banc y est posée. Alors on s'y assoit. Le silence nocturne est seulement perturbé par les quelques grillons et le son de nos voix. Notre discussion devient de plus en plus intime. On rigole de nos bêtises sous alcool et on échange sur nos ébats sexuels. On parle de nos partenaires respectifs et de nos fantasmes. Le vent frais remue entre les branches du vieil arbre, mais l'atmosphère est si chaude que je le sens à peine. Sa main se pose sur la mienne, nos regards se croisent, l'envie se lit du fond de nos pupilles. Puis sa main s'avance sur mon corps, elle parcourt mes cuisses avant de s'aventurer le long de ma poitrine. Puis il caresse doucement mon cou avant de s'emmêler dans mes cheveux. Le désir en moi augmente de plus en plus. Sa main s'arrête quand je plonge mon regard dans le sien, le désir se reflète en nous. Alors je me lève, le regarde, puis d'un geste délicat abaisse la fermeture de ma robe. Le long tissu violet glisse dans un léger frottement, rapidement suivi par mon corset. Ses yeux ne lâchent pas mon corps, presque nu. L'excitation se lit sur son visage, et étrangement ça me fait plaisir. Je m'approche un peu de lui. Puis lui dis :
“Marquis, rejoignez moi. Je risque d'avoir froid sans votre chaleur.”
Alors, obéissant à mon ordre, il se lève et vient coller son corps au mien. Désir, excitation, envie, bien que son masque cache son visage, ses émotions se lisent à travers ses pupilles et les traits de sa bouche. Alors je commence à lui enlever sa veste, puis je déboutonne sa chemise. Rapidement ses collants rejoignent le tas d'habit gisant par terre. Puis ses mains glissent sur mon corps avant de défaire ce qu'il restait de mon intimité. Il passe ses doigts sur mes seins, j'aime cette sensation. J'aime sentir sa chaleur sur mon corps. Je me penche vers lui et l’enlace. Tête contre tête, nos corps nus, dans un espace naturel. Le vent me caresse doucement, une brise qui ne suffit pas à calmer le feu qui brûle entre nos corps. Alors je lui chuchote :
“Je veux plus”
Trois mots, juste trois, mais des mots si forts. Je me détache délicatement de ses bras. Il a l'air encore un peu ébahi par ma proposition. Alors je le contourne, m'allonge sur la pierre et écarte aguicheusement mes cuisses. Puis je dis :
“Faites-moi du bien Marquis.”
Mon corps nu, rafraîchi au contact de la pierre, est rapidement réchauffé par ses mains. Il les passe partout sur mon corps, il frôle ma fente sans jamais y rentrer le moindre petit doigt. Un léger amusement se lit sur son visage, mais moi j'ai envie de plus, il a l'air de le comprendre et je le sens qui s'approche de plus en plus de mes parties intimes. Puis il s'enfonce en moi, le plaisir m'envahit. Alors il commence à bouger ses doigts. Je le sens qui accélère de plus en plus. L'excitation monte en moi. Puis il se retire, son index glisse le long de ma fente pour venir stimuler mon clitoris. Le plaisir en est décuplé, au point que de légers gémissements s'échappent de ma gorge. Après quelques mouvements circulaires, il s'arrête et replonge ses doigts dans ma fente. Il en ressort, me regarde, il a l'air d'hésiter. Alors je prends le devant. J'avance ma main délicatement vers son sexe, si longtemps que je n'avais pas masturbé un homme. Je sens son sexe se raidir quand je ferme mes doigts autour, j'espère que je ne serre pas trop fort. Je commence à bouger, lentement. Le plaisir est visible derrière son masque, alors je vais de plus en plus vite. L'excitation a l'air de monter en lui, et en moi aussi. Je continue un petit moment, puis il me prend la main. Je lève la tête, nos yeux se croisent, pétillants d'excitation. Puis ses lèvres bougent :
“Voulez vous aller plus loin Marquise ?
Il a l’air d'hésiter un peu, puis il enchaîne :
Ou on utilise uniquement nos doigts ?
Avez vous de quoi vous protéger ?
Bien sûr.
Alors nous pouvons aller plus loin, Marquis.”
Au fond de moi j'étais rassurée, jamais j'aurais pu le faire avec un homme que je ne connais à peine sans protection. Mais j'avais tant envie d'aller plus loin. De le sentir en moi, de partager un moment de plaisir ensemble. De monter jusqu'aux étoiles, même si ce n'est qu'un rêve d'une nuit. Même si ce soir je ne suis pas vraiment Aléonor mais Marquise. Pendant que mes pensées s'enchaînaient, il a eu le temps d'enfiler une capote. J'avance mon bassin vers le bord de la pierre et écarte les cuisses. Il s'approche, je sens ses mains se poser sur mes hanches. Puis je sens son sexe me pénétrer lentement. Toutes les zones de mes parties intérieures sont stimulées. La sensation est si bonne. Alors il accélère le rythme, décuplant le plaisir. La pierre me fait un peu mal au coccyx, mais cette douleur est si faible par rapport au bonheur que me procure sa verge. Je sens son regard, il me cherche, les quelques contacts oculaires reflètent l'excitation qui parcourent nos corps. Mais je sentais qu'il voulait plus. Il se retire, il a l'air de ne pas vouloir me dire exactement ce qu'il veut, mais je le sais. Je me lève de la pierre, me tourne vers l'arbre, spectateur naturel de notre jeunesse enflammée, je rougis en y pensant. Puis je baisse mon corps vers la pierre et écarte les jambes. Je sens ses mains agripper mes fesses, puis son sexe glisse en moi. La sensation est si bonne qu'un léger gémissement sort de ma gorge. Comme si ça l'avait excité, ses mouvements s'accélèrent. Il va de plus en plus loin. De plus en plus fort. Alors je ne parviens plus à retenir ma voix. Le plaisir est si fort. Les gémissements s'élèvent entre les champs. Il accélère, ses hanches bougent de plus en plus vite. Alors mon corps tremble d'orgasme tandis que la dopamine inonde mon cerveau. Quelques instants après, ses mains se crispent sur mes fesses, ses mouvements cessent. Ses forces le quittent un peu lui aussi et je sens la chaleur de son corps qui se pose sur le mien. Puis il se retire. On se regarde. Nos iris brillent de plaisir. Comme en prenant conscience de notre nudité et de la folie de notre acte, nos joues s'empourprent. On se rhabille en vitesse. Puis on s'assoit au sol, dos à la pierre. On ne parle pas, les mots semblent dérisoires tant nos corps ont échangé. Alors je lève la tête vers la voûte céleste. Au-delà des feuilles du grand arbre, s'étendent les astres nocturnes, spectateurs divins de nos états passionnés.
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