Le shooting
Chapitre 1 · La fête au domaine
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Le shooting — Chapitre 1 · La fête au domaine

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Le shooting

Chapitre 1 · La fête au domaine

L'eau de la douche coule sur ma peau légèrement bronzée par le soleil méditerranéen. Le savon glisse sur mes bras et mes seins. Le savon coule dans mes longs cheveux blonds. Ma main effleure mon intimité, faisant monter en moi des idées peu catholiques. Mais je me retiens de trop y penser, je dois finir la douche en vitesse et me préparer. Pourtant j'avais de quoi y penser, ce soir c'était soirée dans le domaine familial de mon amie. Elle avait invité pas mal de monde, que je connaissais ou non. Et ce soir j'avais particulièrement envie de plus qu'une simple rencontre. J'avais envie de chaleur, d'extase. Je sors de la douche et m'habille. Un de costume noir dans lequel est rentrée une chemise blanche de mon cru. Je l'ouvre juste assez le haut pour laisser apparaître mon soutien-gorge vert. Je brosse mes cheveux, enfile un blazer, puis sors de la salle de bain. J'attrape les clefs de ma Mercedes cabriolet, puis je démarre.
Je sors rapidement de la petite ville, l'air frais de la campagne vient me caresser le visage. Les champs de blé, les vignes et les oliviers se succèdent dans ce paysage nocturne. Après une demi-heure de route, j'arrive au domaine. Les roues font voler les graviers de l'allée centrale et j'avance entre les vignes. Devant moi s'érige le domaine. Un étage et une façade de pierre blanche. Derrière les nombreuses fenêtres brillent les lumières de la fête. Sur le balcon au-dessus de l'entrée, je reconnais la maîtresse de maison, Olivie. Elle guette l'arrivée de chacun dans sa grande robe bleu nuit. Je me gare entre deux voitures, puis me dirige vers l'entrée. Elle me sourit avant que je pousse les grandes portes de la bâtisse. Tandis que je passe les premières salles, des souvenirs me reviennent des étés passés ici avec Olivie. Alors j'arrive dans la grande salle, une trentaine de personnes sont regroupées autour de mange-debout ou de la grande table.
La musique est encore assez faible et il reste de la place. Bien que ce n'était qu'une soirée comme une autre pour elle, ses nombreux amis n'étaient pas tous du même monde. La famille Rossi avait de nombreuses relations à l'international. Autour d'un mange-debout à ma droite étaient en pleine discussion l'héritier des banques Millard et le fils du PDG du conglomérat Dochetti. Je reconnaissais aussi dans la foule quelques autres grands noms de la mode, le cinéma et la finance. Et au milieu de toutes ces grandes fortunes, nous, simples mortels. André, ami de collège, travaillant dans une mairie, ou même moi, architecte dans un petit cabinet. C'était toujours un drôle de mélange que ses fêtes, mixte de deux mondes. Je m'approche de quelques têtes connues à force de soirées. Je me sers un verre du vin familial et commence à discuter et à boire. Une petite heure plus tard, je suis bien dans la soirée, mais je n'ai encore vu aucun homme ayant attiré mon regard.
Soudain les lumières faiblissent et Olivie apparaît sur la piste de danse. À son bras un cavalier, plutôt grand par rapport à elle. Ils entament la première danse de ce soir. Ils sont beaux, la robe bleue volant à chacun de leurs pas. Ils sont proches, sûrement son fiancé, elle m'en avait parlé l'année dernière. Même si de loin on pourrait croire que c'est un mariage d'amour, je sais bien qu'il n'en est rien. Amour et argent ne vont jamais de pair. Ils finissent leurs danses sous les applaudissements et repartent à leurs obligations. Discussion de fortune, mêlant grand nom et plus de zéro que je ne verrai jamais. Je me reconcentre sur la foule légèrement floue, il doit bien y avoir une cinquantaine de personnes maintenant. Quelques hommes me proposent une danse de temps à autre. J'accepte quand je désire lâcher mon verre de vin, me laissant emporter dans des valses saccadées. Au bout de quelques danses, je me décide à chercher un coin plus tranquille. Je sors alors dans le jardin.
De grandes allées bordées de plantes recouvrent toute une partie du domaine. On avait fait de nombreux “cache-cache” dans ce labyrinthe. Je m'y aventure, me revoyant petite, courant entre ces haies si grandes. Je finis par m'y perdre légèrement, alors je me décide à m'asseoir sur un petit banc en pierre. L'air frais est parsemé d'un léger parfum de fleurs. Être à l'air libre me fait redescendre un peu. Je laisse mes pensées vagabonder. Soudain, un bruit de pas se fait entendre. Je tourne la tête et j'aperçois un homme. Pantalon de costume bordeaux bien taillé et veste assortie posée sur une chemise que l'alcool a commencé à défaire. Il passe sa main dans ses cheveux bruns plaqués en arrière et demande :
“Je peux m'asseoir ici ?”
Je fixe ses yeux noirs un instant avant de lui répondre en me décalant.
“Bien sûr.”
Il est plutôt beau avec sa mâchoire carrée.Bien plus que les quelques hommes m'ayant fait danser ce soir. 
“Vous vous êtes perdue aussi ?”
“Un peu, je cherchais surtout de l'air frais.”
“J'espère ne pas trop vous importuner alors.”
“Mais non. Vous vous appelez ?”
“Bradlew Comforw, mais appelez-moi Brad, et puis on peut se tutoyer non ?”
“Ça me va Brad, je m'appelle Nunzia.”
“Enchanté, Nunzia. Tu connais Olivie d'où ?”
“De la maternelle, on s'est rencontré en classe. Puis on s'était juste perdu au collège, mais je revenais ici l'été. Et toi ?”
“Nos familles sont amies, mon père gère une compagnie d'import-export. On s'est rencontré à la fac, même si je suis plus proche de son fiancé.”
“Pareil ? Lui aussi ami de la famille ?”
Bien que je me voulais le moins sarcastique possible, ces relations inter-famille me mettaient toujours un peu mal à l'aise.
“Non, pas vraiment, je l'ai rencontré sur les courts de tennis.”
“T'en pratiques aussi ?”
Il me répond en rigolant.
“Ah ah non, je serai trop mauvais.”
“Alors comment ? Tu ramassais les balles ?”
“Mais non, je couvrais les tournois pour une agence de presse, reporter sportif en soi. En secret bien sûr, je compte sur vous pour ne rien dire à mon père.”
“Bien sûr, votre secret sera bien gardé. Passionné de photo alors ?”
“On peut dire ça, oui. Enfin, surtout au lycée et à la fac, j'ai pris des milliers de photographies sportives. Mais maintenant que je suis dans l'entreprise, j'ai moins de temps.”
“Tu ne publies plus rien ?”
“Si, un peu, sur un vieux compte insta.”
“Je peux voir ?”
“Bien sûr.”
Il cherche son portable dans la poche de sa veste. Il ouvre l'application et me montre. Alors défilent les clichés. Athlète en mouvement, tennisman, footballeur et golfeur habitent sa page. Mais entre eux dénotent quelques paysages magnifiques de ses voyages d'affaires. Plage ensoleillée, forêt nordique et vue depuis des ruines écossaises. Il me montre tout ça en commentant ses préférées. Ses yeux brillent d'un éclat magique tandis qu'il me parle. Il a l'air de s'y plaire vraiment. Sa passion le rend encore plus beau qu'il n'est déjà. Il finit par conclure d'une voix un peu nostalgique :
“Enfin bon, voila quelques-unes de mes prises.”
“Elles sont belles. Ça te dérange si je m'abonne ?”
“Merci. Tu peux t'abonner si tu veux, mais je ne publie presque plus rien.”
“Et tu as envie de reprendre ?”
“Peut-être un jour, quand j'aurai plus de temps. Ou quand j'aurai un modèle.”
“Marre de la photo sportive ?”
“Oui, j'aimerais bien shooter des gens maintenant.”
“Si un jour tu veux t'entraîner, tu peux me contacter si tu veux.”
“Pourquoi s'entraîner ? Ce serait un vrai shooting.”
“Je ne suis pas modèle, je risque de gâcher tes prises.”
“Je ne pense pas, non, en plus je te trouve très jolie, tu pourrais être mannequin.”
“Bien sûr, Don Juan.”
“Mais non, je te contacterai, on se trouvera un week-end pour faire ça.”
On va se revoir alors ? Ça m'irait bien. 
“On verra ça.”
“Mais oui, en fait on parle de moi, mais toi ? T'as des passions ?”
“Vite fait la couture, j'apprécie de faire mes vêtements, comme cette chemise par exemple.”
“Oh, c'est sympa ! Elle a l'air agréable en plus.”
“J'ai le coup de main maintenant, je m'y suis mise à l'université.”
“Il faut que je t'en demande une aussi alors, un shooting contre une chemise ?”
“Ah ah, tu t'avances bien. Mais pourquoi pas, il faudra que je prenne tes mesures alors…”
“Aucun problème.”
“Il faudra que tu enlèves complètement le haut, tu sais ?”
“Si c'est toi qui me le demandes, je pourrais enlever bien plus, tu sais ?”
“Dragueur.”
“Touché, mais je ne plaisantais pas.”
“Bien sûr, et si je te disais d'enlever ta chemise de suite ?”
“Et bien je le ferai.”
Mais bien sûr, quel beau parleur. Mais j'avais envie de jouer un peu avec lui. Et plus le temps passait, plus j'avais envie de lui. Il m'attirait par ses mots et son beau visage. Ses yeux si profonds… Je lui réponds d'une voix un peu taquine :
“A bon ? Fais-le alors.” 
Il me regarde de ses iris profonds, puis d'une main il fait voler sa veste et déboutonne sa chemise. Je ne sais même pas quoi dire. Je vois le tissu disparaître, jeté à ses pieds. Tandis que mes yeux se concentrent sur son corps, il dit : 
“Tes yeux sont-ils satisfaits ? Ou le bas doit aussi y passer ?”
Je reste interdite un instant, il est joueur, ça me plait. Puis il est plutôt bien taillé, pas trop musclé, juste assez pour qu'on voie qu'il prend soin de lui. J'avais envie de lui, et je sentais que c'était réciproque. Je m'approche de lui et glisse ma main sur son torse en chuchotant sensuellement à son oreille.
“Ça pourrait bien être intéressant…”
Il frissonne quand ma main touche sa peau nue. Puis ses lèvres s'écartent.
“J'aimerais toutefois ne plus être le seul sans chemise…”
Je laisse un instant de silence. Il est audacieux, et j'aime ça. Je m'écarte un peu de lui et fais tomber ma veste sur la sienne. Alors sous ses yeux rêveurs, je commence à détacher doucement les boutons de ma chemise. Je fais durer le spectacle, découvrant peu à peu ma lingerie verte. Puis je fais glisser le tissu de coton le long de mes bras. L'air frais caresse ma peau nue. 
“J'ai comme une irrésistible envie de toucher ta peau…”
“Touches moi alors.”
Il approche sa main. Je sens le contact froid sur mes côtes. Il remonte doucement, caressant du bout des doigts ma lingerie violette. Je pose ma main sur son torse et en fais de même. Et puis nos corps cèdent à cette tension enflammée. Il tire mon corps contre le sien et caresse ma peau de ses phalanges. Ses lèvres viennent se coller à mon cou. Je sens sa chaleur et nos envies se comprennent.
Il remonte doucement puis se décolle. Nos iris se fixent, plongés l'un dans l'autre. Alors je ne tiens plus. On s'embrasse frénétiquement. Je sens ses lèvres chaudes contre les miennes. Il avance sa langue et je le suis. J'agrippe son corps de mes mains. On se détache et il me glisse à l'oreille : “Tu veux plus ?”Je veux plus. Je veux son corps en moi. Je le veux.“Oui…”Il attrape sa veste et en sort une capote. On fait tomber nos pantalons et nos sous-vêtements. Nous voilà nus dans le jardin. La musique au loin nous rappelle la soirée qui continue. Mais on s'en fout, cachés par les grandes haies, on ne veut que notre plaisir. Il enfile la capote et j'étends ma veste sur l'herbe. Puis je m'y allonge. Alors il se place au-dessus de moi. Je caresse son torse, glissant sur ses abdos légèrement dessinés. Il colle son sexe au mien, jouant de mon excitation. J'essaie de retenir mes gémissements quand il entre doucement en moi. Mais c'est si bon.
Il a pile la bonne taille pour me procurer du plaisir. Il commence à bouger doucement. Au fil du temps, il commence à accélérer, à aller plus profond. Je sens le plaisir parcourir mon corps. J'ai le souffle court. Mon cœur bat à toute allure. Je veux plus. Je frissonne de plaisir. Ses mains massent mes seins tandis que je griffe légèrement son dos. On continue ainsi dix bonnes minutes. Mais tout en continuant de bouger, il se penche vers moi et demande : 
“Ça t'irait de changer de position ?”
“Han…oui…”
Alors il accélère une dernière fois, faisant monter le plaisir en moi. Puis il se retire et se relève. 
“Une levrette contre le banc ?”
J'aime le regard de désir qu'il a en disant cela. 
“Si tu veux.”
Je me penche sur le banc, posant mes mains sur la pierre froide. Devant mes yeux, la haie est parcourue de petites fleurs. Mais je n'ai pas le temps de me concentrer, déçu que je sens qu'il entre en moi. Il me pénètre rapidement. Son sexe glisse au fond de moi.
Je sens comme une décharge électrique de bonheur. Il va plus vite, plus fort. Le plaisir est autre. Plus animal. La chaleur parcourt nos corps enflammés. Le désir nous contrôle. Il attrape mes seins qui bougent au rythme de ses hanches. Je le sens aller tout au fond de moi. Il contrôle mon plaisir. Le plaisir inonde nos corps. Je ne retiens plus mes gémissements et mes cris. Nous sommes seuls, un désir sauvage en extérieur. Je sens l'extase qui imbibe mon cerveau. Soudain, il accélère. Ses testicules viennent frapper mes jambes en rythme. Il pousse un petit grognement et je sens son sexe pulser en moi. Il arrête de bouger et ses mains lâchent mes seins. Je sens son sexe sortir doucement de moi. Il embrasse mon dos. Moi je reste un instant posé contre le banc. Mes jambes tremblent encore, comblée de plaisir. Il retire la capote et dit : “Tu as aimé ?”Je reprends mon souffle avant de répondre.
 “Oui, et toi ?”
“Beaucoup. Désolé de ne pas t'avoir fait jouir par contre.”
“Oh c'est pas grave, j'ai pris beaucoup de plaisir quand même.”
Il attache la capote et sort des mouchoirs tout en m'en tenant un.
“Tant mieux, mais il faudra que je te fasse jouir la prochaine fois.”
On s'essuie avant de remettre nos vêtements. 
“Tu as déjà prévu une seconde fois ?”
“C'était trop bon pour que je te laisse t'enfuir.”
“Allons, tu me convoites après une seule nuit ?”
“Je t'avais déjà remarqué avant de partager la nuit.”
“A bon ?”
“Je t'ai convoitée dès que je t'ai vue.”
“Beau parleur.”
On commence à marcher dans le jardin en fleurs, spectatrices muettes de notre acte. Après un petit silence à repenser à ses mots et à notre acte, il reprend la parole.
“J'ai bien aimé la façon dont tu t'es déshabillée, on aurait dit que je découvrais de plus en plus une merveille.”
“Heureuse que ça t'ait plu, je mettrai une lingerie encore plus belle la prochaine fois.”
“Alors tu veux bien une prochaine fois ?”
“Tu me dois bien un shooting, non ?”
“A condition d'avoir une chemise…et la couturière…”
“C'est ça, oui…”
“Juste la couturière alors ?”
“Non, juste la chemise, et sûrement la couturière.”
Il rigole à ma phrase. Nous voilà déjà à la sortie du jardin. La musique est plus forte. Les gens bougent dans tous les sens. Les verres de vin s'enchaînent. Brad se tourne vers moi, ses yeux sont un peu plus ternes et il bouge ses bras d'un air mal assuré. 
“Désolé Nuzia, mais je dois te laisser là. C'était une escapade fort sympathique, mais je dois discuter de certains projets pour mon père.”
“Ne t'en fais pas Brad, vas-y.”
“Merci.”
Il sort son portefeuille et me tend une carte de visite noire. 
“Tiens, c'est mon contact. Appelle-moi quand tu voudras un shooting…privé.”
“Je le ferai.”
Il me regarde une dernière fois avant de partir vers la foule. Rapidement il disparaît dans le flot de gens. Je vois une dernière fois son costume bordeaux, un pincement au cœur. J'avais vraiment apprécié cet homme. Je me fonds à mon tour dans la foule. Je reprends un verre. Danse un peu. Discute de banalité. Mais je garde un manque. Je finis par quitter la soirée vers 3 heures du matin. Une fois chez moi, je me pose dans mon lit. Demain il faudra que je lui envoie un message.
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