Sophia ou les plaisirs voyageurs
Chapitre 1
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Sophia ou les plaisirs voyageurs — Chapitre 1

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Pantaï
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Sophia ou les plaisirs voyageurs

Chapitre 1

SOPHIA

ou les plaisirs voyageurs
Pierre, d'un index décidé, fit un clic gauche pour valider sa commande de billets. « Ca y est, c'est fait, nous allons enfin pouvoir nous offrir du bon temps », pensa-t-il. Après plusieurs mois de travail intense, Marina et lui, avait bien besoin de souffler un peu.
Il lui revint en mémoire le souvenir de leur rencontre dans son bureau, un an plus tôt. Il se souvint de l'émotion que sa proximité avait déclenchée. Il revoit sa main qui s'est aimanté sur la cambrure marquée de la taille féminine, lorsqu'il s'est effacé par courtoisie pour lui permettre de franchir la porte. Puis ce fut une paire de gants oubliée, un déjeuner au restaurant la semaine suivante, et leurs bouches se sont unies.
Ils se retrouvèrent ensuite une fois par semaine, en tordant leurs agendas pour s'offrir une pause amoureuse. Pierre aimait les reflets cuivrés de la peau noire de Marina, son profil dessiné au fusain et la pulpe de sa bouche. Celle-ci s'ouvrait sur un sourire blanc lumineux qui l'attirait comme un papillon de nuit. Au fil du temps, leur histoire s'est raffermie, jusqu'au jour où les planètes calendaires se sont alignées sur la colonne d'un mois de mai généreux. Une semaine de congés, deux billets pour la Grèce et trois week-ends pour s'y préparer. Ils choisirent ensemble un endroit calme, loin des lieux touristiques : un petit hôtel dans le village de Sarti, sur la presqu'île de Sithonia en Chalcidique.
Arrivés en avance à Marignane, dans la zone d'embarquement, ils patientèrent blottis comme des oisillons. Leurs bouches se trouvaient à la moindre occasion donnant du moelleux à chaque instant. Marina, toujours élégante, portait une jupe noire infroissable sur de petites chaussures à talons. Il fallait rester impeccable après trois heures de voyage. Une petite veste de tailleur sur un chemisier délicat, finissait de lui conférer l'allure d'une princesse exotique. Elle aimait glisser sa main sous le blazer fluide de son compagnon et sentir sa peau à travers la popeline de sa chemise.
En arrivant dans l'avion, ils trouvèrent leurs places sur une rangée de trois sièges. Celui côté hublot était déjà occupé par une femme brune assoupie sous une couverture, visage dans le vague. Discrètement, Marina s'installa sur le siège central et Pierre côté couloir. La passagère tourna alors un visage souriant vers eux et prononça un mot de bienvenue. Des amabilités furent échangées et un dialogue sympathique débuta entre les deux femmes. Il donnait à voir par moments, l'envolée gracieuse des sourires. Sophia était grecque et agent immobilier. Des liens familiaux en France et une résidence secondaire lui faisait souvent faire le trajet Marseille-Thessalonique.
Peu après le décollage, la température un peu fraîche incita Pierre a prendre également des couvertures. Il en déploya une sur le buste de sa compagne. Le retour au calme après une journée bousculée, favorisa l'assoupissement. Sophia descendit le rideau de hublot et les voyageurs emmitouflés, s'éteignirent.
Mue par une existence propre, la main de Pierre s'infiltra sous la couverture de Marina pour trouver la tiédeur enivrante de ses cuisses. Celle-ci, toujours attentive aux détails avait pris soin de mettre des bas, offrant un haut de cuisse velouté d'une dizaine de centimètres. Les doigts légers de Pierre s'y étourdirent. Marina réagit par un resserrement de jambes réflexe avant de s'abandonner progressivement à la caresse. Pierre effleurait le tissu de la culotte en dentelles, pour la beauté du geste. Sa muse noire le subjuguait par l'érotisme qu'elle dégageait. Toujours un peu sur la retenue au début, elle montrait pourtant des dispositions évidentes pour les plaisirs de la chair.
Tête abandonnée sur le dossier, elle laissait mijoter le feu doux du plaisir qui montait de ses entrailles. Son bras frôla celui de Sophia sur l'accoudoir commun. Celle-ci, au lieu de retirer le sien, prit délicatement l'avant-bras de Marina pour le poser dessus. Elle maintint sa main chaleureuse sur la peau noire et adressa aux amoureux un clin d'œil. Marina surprise perdit la vague qui était entrée en elle. Pierre se pencha alors pour déposer un tendre baiser sur sa tempe. « Laisse-toi aller ma toute belle » gazouilla-t-il. Il adressa un mouvement de tête complice à Sophia, puis reprit sa discrète caresse. L'éclat du blanc des yeux de Marina lui révéla qu'elle regardait sa voisine, qui se répandait en sourires. La vague retrouva son trajet sensible, tournoya, s'amplifia pour monter à la tête de la belle réunionnaise qui ouvrit une bouche muette à quelques centimètres de celle de Sophia. Pierre craignit qu'un cri incontrôlé surgisse dans l'habitacle endormi. Heureusement Sophia embrassa les lèvres charnues filtrant l'onde gutturale. Les jambes de Marina se refermèrent violemment. Elle ferma les yeux, tremblante, le corps vide, le souffle court. Dans l'éther ronronnant de l'habitacle, elle reprit doucement ses esprits puis pivota pour embrasser longuement son amant.
Près du hublot, Sophia rayonnait. Il émanait d'elle une présence forte, irradiante. Tournée vers les amoureux, elle souriait aux anges. Puis Marina se leva pour aller aux toilettes prendre la mesure des dégâts occasionnés. Pierre effaça ses genoux et accompagna son passage en posant ses mains sur sa silhouette callipyge.
— Vous êtes tactile cher monsieur, chuchota Sophia dans un très bon français mâtiné d'un léger accent.
— Pierre, je m'appelle Pierre… et oui, je suis méditerranéen, répondit-il en penchant son sourire vers elle.
— J'ai beaucoup de chance...
Gênée par l'espace qui les séparait, Sophia vint s'asseoir sur le siège tout chaud de Marina.
— J'en suis toute retournée. Elle a beaucoup de chance votre amie. Quel bonheur !
— Elle aussi à beaucoup de chance de vous avoir comme voisine de siège.
— J'adore... je me caressais lorsque vous êtes arrivés.
Marina revint toute requinquée, sautillant comme une bergeronnette. Elle marqua un temps d'arrêt en constatant que sa place était occupée. Pierre et Sophia, affichait un large sourire.
— Je crois que Sophia ne serait pas contre un petit plaisir également…
Après un temps d'hésitation et une œillade complice de Pierre, Marina fit jaillir la blancheur de ses dents et se glissa entre le dossier de la banquette de devant et les quatre genoux pour aller s'asseoir près du hublot. Elle sentit la tiédeur de quelques mains sur ses cuisses. Sophia, se tourna vers sa voisine et chuchota : « vous êtes adorables tous les deux ». Elle lui prit la main, y déposa un baiser et la glissa sous sa couverture directement entre ses jambes ouvertes. Pierre et Marina échangèrent un sourire amusé. Il remonta la couverture sous le menton des femmes et s'y blottit lui-même. Il sentit la main de Sophia attraper la sienne et l'amener entre ses cuisses également. Il y retrouva la main de sa dulcinée. L'aspect cocasse de cette situation les enchanta. Sophia, très à son aise, offrait ses chairs intimes aux doigts de ses partenaires de voyage. Doigts qui jouaient dans l'espace tiède et humide de son entre-jambe, se disputant le petit bouton gonflé de plaisir.
C'est alors que Pierre réalisa que… Sophia n'avait pas de culotte !
L'avait-elle enlevée discrètement ? Peu importe, l'essentiel était que son sexe s'ouvrait de plus en plus. Les yeux fermés, le menton levé, Sophia prenait le plaisir qui lui était prodigué. Sa bouche s'ouvrait pour prendre de l'air puis se crispait laissant apparaître les muscles maxillaires. Confiante, ses mains glissèrent de chaque côté. Elle trouva la peau tiède de Marina et l'érection dense de Pierre qui ondulait du bassin. Par moment, elle se relevait de l'appui-tête, yeux grands ouverts, bouche bée, puis s'y reposait. Ses yeux se fermaient alors. Elle inspirait profondément puis facilitait encore l'accès à son sexe. Des doigts s'étaient hasardés dans ses profondeurs. Elle partit pour un autre voyage, celui qui va plus haut encore que l'avion, celui qui tutoie le coton des nuages, celui qui donne l'impression d'une ascension sans retour, celui qui éteint tout et allume le reste. Marina, agile et prompte, se redressa pour poser sa bouche sur celle de Sophia. Elle expira par le nez une longue plainte puis demeura hébétée, les yeux au plafond, les bras en croix.
De longues minutes plus tard, Sophia se leva à son tour, pour aller aux toilettes. Elle avait proprement descendu sa jupe. Pierre inspecta rapidement la couverture : toujours pas de trace de sa culotte. Il vint se coller contre son amoureuse pour s'abreuver à sa bouche.
— Comment tu te sens ? dit-elle en souriant, la main sur la braguette tendue de Pierre. Ca se vend ces pantalons à bosse ?
Sophia revint et inclinant la tête avec un sourire entendu, vint s'asseoir sur le siège laissé libre côté couloir. Les femmes se sourirent et Pierre ajusta rapidement la couverture comme un enfant qui attend son baiser vespéral.
Marina aimait jouer avec « la bosse ». Pierre fit l'expérience sensorielle de deux mains agiles pianotant sur son clavier intime, jouant une composition désordonnée. Il se contorsionnait, espérait la libération de son sexe comprimé. Marina prit cette initiative, tandis que Sophia défit le bouton supérieur pour ouvrir en grand le pantalon. Le mandrin, enfin dressé sous la couverture, reçu alors les hommages empressés des mains féminines. Pierre savoura cet instant d'exception. Marina, accoutumée à lui délivrer ce genre de plaisir prépara un pan de sa chemise tout en jouant finement sous la base du gland. Ses doigts en anneau, vibraient comme un sextoy. Sophia, quant à elle, glissait sa main le long de la hampe et englobait délicatement les bourses. Les deux femmes penchées sur lui formaient des parenthèses entre lesquelles il plaça ses espérances. Venant de toutes parts, l'énergie de la jouissance se fraya un chemin pour venir se concentrer sur son membre tendu. Les yeux clos, Pierre se laissa alors pulser entre les mains de ses voisines de siège, heureux d'être là, au bon moment et au bon endroit. Les puissantes salves disparurent dans la popeline comme les vagues meurent sur le sable.
La fin du vol se déroula paisiblement dans l'atmosphère inespérée de cette belle rencontre. Après avoir débarqué, Sophia les embrassa affectueusement.
— Tu n'as pas de culotte ? demanda Pierre à son oreille.
— Je n'en porte jamais en voyage.
Sophia, radieuse, s'éloigna lentement en se retournant deux fois. Elle adressa au couple des baisers lointains, puis disparut dans la foule. Pierre et Marina, partirent louer une voiture à la sortie de l'aéroport.
Ils prirent la route en direction de Sarti. Les fenêtres ouvertes laissaient tournoyait l'air iodé et secouaient les cheveux. Leurs mains se joignaient par moments. La région peu arborée offrait un champ de vision large et la mer laissait deviner la rotondité de la Terre.
— Alors ma coquine, tu as aimé ?
— Il faudrait être difficile pour ne pas aimer, répondit-elle avec un charmant petit sourire.
— On a eu de la chance. Nos vacances commencent très bien, je trouve…
L'hôtel était une drôle de bâtisse rose à deux étages dont le dernier semblait plus large que sa base. Des balcons entouraient en encorbellement chaque fenêtre dans une sorte de désordre architectural. La végétation du rez-de-chaussée guidait le visiteur vers l'entrée. Ils furent accueillis par la tenancière, qui était affairée sur la terrasse. Ils furent introduits dans une chambrette agréable, étonnamment moderne, avec vue sur la mer. Le lit s'étalait près la fenêtre. L'endroit leur paru idéal pour abriter leurs nuits de miel.
Une fois les bagages déposés, ils décidèrent d'aller se promener dans le village, le guide du routard à la main, avec l'intention de dégoter un petit restaurant typique pour fêter l'amour et le temps. Ils déambulèrent doucement, de ruelles en placettes. Une petite esplanade particulièrement fleurie jouait avec la lumière, délivrant aux visiteurs son charme photogénique. Un jasmin quelque part embaumait la place.
— Regarde ma chérie comme c'est beau !
— Oh oui, attend, je vais prendre une photo.
Une terrasse luxuriante surélevée d'un mètre au-dessus du sol prolongeait une maison de village. La végétation l'enveloppait d'un joli manteau dont le drapé descendait jusqu'au sol. Les essences se mariaient entre elles dans un ordonnancement tellement savant qu'il paraissait naturel. Pierre et Marina jardinaient du regard.
Tout à coup, la tête d'un homme sorti d'une glycine.
— Vous êtes français ?
La tête était surmontée de rares cheveux et portait des lunettes bon marché légèrement de travers. D'un âge suffisamment avancé pour qu'on l'imagine appartenant à un retraité, elle souriait, la lippe molle.
— Oui. Bonjour monsieur.
— Ah des compatriotes ! s'exclama-t-il. D'où venez-vous ?
Le menton levé, Pierre et Marina entamèrent une discussion avec cette sorte de marionnette. Volubile, elle posait mille questions, tout à la joie de parler sa langue natale.
— Mais ne restez pas là, montez. Ouvrez le petit portillon... là !
Le couple s'avança, ouvrit le portillon et monta les quelques marches qui menaient à la terrasse. L'envers du décor était aussi impressionnant que l'endroit. Sur la margelle s'alignaient un nombre incalculable de pots et autres jardinières d'où partait le feu d'artifice végétal. Une table de bonne taille était installée au centre dans une ambiance tropicale.
— Installez-vous, je vais vous servir un Tsipouro, vous connaissez ?
Ils prirent l'apéritif avec Bernard, français d'origine bourguignonne qui déclarait passer paisiblement sa retraite à Sarti.
— Ma femme est native d'ici, on est dans sa maison d'ailleurs. Elle s'appelle Foutoula mais on l'appelle Toula. Elle est rentrée il n'y a pas longtemps, la connaissant elle est en train de se pomponner, dit-il en riant affectueusement.
Bernard l'appela plusieurs fois. Elle finit par lancer un « j'arrive ! » du fond de la maison avant d'apparaître sur le seuil de la terrasse. Pierre et Marina restèrent sidérés en découvrant : Sophia.
— Ah, elle est belle ma femme hein ? Tu leur fais de l'effet ma chérie ! rigola-t-il en se tapant sur les cuisses.
Toula, alias Sophia, demeura interdite également. Ses joues rosirent et ses mots s'entrechoquèrent un bref instant.
— Ah oui… bonjour… je m'appelle Toula, insista-t-elle.
— Bonjour Toula répondit Pierre en se levant. Marina, muette, l'imita en tendant la main.
— Vous avez fait bon voyage ? demanda-t-elle par contenance.
— Pourquoi tu leur demandes s'ils ont fait un bon voyage, si ça se trouve, ils sont là depuis trois semaines, répondit Bernard, hilare. Bon allez, assieds-toi mon chou. Ton voyage à toi s'est bien passé ?
Puis s'adressant au couple médusé.
— Elle arrive de France à l'instant. Vous avez de la chance de la rencontrer.
— Oui, sans aucun doute, répondit Pierre.
Toula, affichait un sourire statique. Son regard sautait dans tous les sens. Elle se leva pour déplacer un pot puis vint se rasseoir. Elle bondit pour aller chercher quelque chose à grignoter, tandis que Bernard resservait des verres de Tsipouro. Lorsqu'ils trinquèrent, ils croisèrent le regard étroit de leur hôtesse. Pierre prit la main de Marina pour lui signifier qu'il valait mieux qu'ils prennent congé.
— Vous séjournez quelques jours à Sarti ? demanda alors Toula.
— Oui, nous avons une chambre dans un petit hôtel et nous comptons rester 4 jours, répondit Marina.
— Ah très bien… à quel hôtel êtes-vous descendus ?
— Apollon quelque chose, intervint Pierre.
— Xenonas Apollon. Ils sont chez Maria, dit Toula en s'adressant à Bernard.
— En tous cas nous vous remercions infiniment de votre accueil chaleureux, dit Marina en se levant de sa chaise. On cherchait un endroit où dîner. Vous avez peut-être un restaurant à nous recommander ?
— Oh moi, j'en connais un très bien, qui a l'avantage de vous garder assis, répondit Bernard en riant aux éclats.
— Euh... oui… bien sûr, voulez-vous rester dîner avec nous ? demanda Toula.
Les deux voyageurs se regardèrent et… acceptèrent sans se donner le temps d'hésiter. Toula se leva promptement pour aller chercher tout ce qu'elle avait en cuisine. Un grand nombre de mets locaux, certains entamés, atterrirent sur la table, dans un ballet impressionnant. Quelques préparations furent composées directement sous les yeux des convives. Bernard s'occupait des vins, non moins typiques. La soirée s'étirait agréablement. L'effet de surprise était passé, les codes et la discrétion étaient respectés.
— Tu veux encore un peu de fromage ? demanda Toula à Pierre.
— Non merci Sophia, c'est vraiment adorable mais je n'ai plus faim...
— …
— Oh c'est incroyable ! s'exclama Bernard, il t'a appelée Sophia ! C'est son deuxième prénom, je vous jure !
— Oh pardon, je ne sais pas pourquoi je vous ai appelé comme ça… ah c'est votre deuxième prénom ? c'est incroyable alors ! tenta Pierre avec un tic nerveux à l'œil.
— Elle doit avoir une tête à s'appeler Sophia, renchérit Bernard, dont le rire fut interrompu par une gorgée de Tsipouro.
— Ca doit être ça… reprit Toula sèchement. On a dit qu'on se tutoyait ! J'ai l'impression que les vins grecs montent à la tête, rajouta-t-elle dans un rire un peu forcé.
— Je vais t'aider à débarrasser répondit Marina.
— Volontiers !
Marina et Toula s'éloignèrent emportant les reliquats de plats. Elles firent plusieurs allers-retours. Pierre les regardait à la dérobée tandis que Bernard l'entretenait de la météo, de la durée du trajet pour aller à l'aéroport et du prix du vol pour la France. Enfin, elles vinrent s'asseoir en déposant sur la table café et tisanes. Bernard se leva à son tour, annonçant qu'il allait au petit coin.
— Je suis vraiment désolé Toula, dit alors Pierre tout bas.
— Aucune importance, répondit-elle, il plane à dix mille mais c'est un brave homme, je n'ai pas à me plaindre.
Elle s'était penché et le trio se rapprocha comme des comploteurs qui partageraient une information de la plus haute importance.
— Si ça vous dit, je peux venir vous faire une petite visite à votre hôtel… chuchota-t-elle en retrouvant le sourire malicieux qu'elle avait laissé en descendant de l'avion.
— Qu'en penses-tu ma chérie ?
Un bruit de chasse d'eau, mis fin instantanément à la conspiration, chacun reprenant une attitude civile normale.
— Dis mon chou, j'y pense, pourquoi nos amis ne resteraient-ils pas ici. Ils pourraient s'installer dans la chambre d'amis ! demanda Bernard finissant tout juste de fermer sa braguette.
— Non, on ne va pas les embêter, je suis sûr qu'ils préfèrent être un peu tranquilles dans leur chambre d'hôtel ! argumenta Toula.
— Ben… ils seront tranquilles ici et pourquoi payer une chambre quand on est chez des amis ? La dernière fois quand ton collègue est passé, il a dormi ici. Ca sert à ça une chambre d'amis non ?
Toula marqua un temps d'arrêt.
— Je serais ravie qu'ils restent chez nous, bien sûr, mais je ne voudrais surtout pas que ça les gêne.
— C'est que nous avons réservé, dit Marina.
— C'est pas grave ça, vous passez cette nuit à l'hôtel et à partir de demain, vous venez vous installer ici ! répondit Bernard.
Marina regarda Pierre en souriant.
— Pourquoi pas !
— A la bonne heure ! déclara Bernard enchanté, qui parti illico dénicher une bouteille pour fêter l'événement.
Le lendemain les amoureux s'installèrent chez leurs nouveaux amis, dans une vaste chambre située au rez-de-chaussée. Equipée d'une petite salle de bain, elle était très agréable. Pierre et Marina aidèrent Toula à préparer la chambre. Celle-ci leur fit visiter le reste de la maison. A l'étage se trouvaient d'autres chambres, une salle de bain et un petit bureau.
— Là, c'est la chambre de Bernard et là c'est la mienne, précisa la maîtresse des lieux.
La seconde journée se passa agréablement, entre visites, promenades et moments de convivialité. Le soir Pierre et Marina invitèrent au restaurant leurs nouveaux amis. Toula se montra attentionnée tout en conservant une forme de réserve.
A l'issue du dîner, une infusion fut servie pour achever la soirée. Bernard riait de tout et ce soir-là, il avait jeté son dévolu sur sa bouteille d'Ouzo, accaparant Pierre de moult propos. Sophia et Marina, s'amusaient ensemble de petits secrets.
Les amis se séparèrent en se souhaitant une bonne nuit. Bernard monta directement se coucher tandis que Toula, fit le tour du propriétaire pour fermer portes et fenêtres.
Pierre n'avait pas terminé de prendre sa douche lorsque l'on toqua discrètement à la porte. Marina ouvrit et Sophia entra, frétillante. Son visage mutin avait quelque chose d'un enfant qui faisait une délicieuse bêtise. Elle referma doucement la porte derrière elle et vint se coller contre Marina qui referma ses bras autour d'elle. Pierre sorti de la salle de bain, nu. Devant lui, les deux femmes enlacées s'embrassaient par petites touches délicates. Leurs langues se cherchaient et leurs mains glissaient du cou vers les reins. Marina, tendait les fesses. Il s'approcha de cette harmonie dont les mouvements lascifs ondulaient comme des algues marines.
L'ensemble se désunit pour l'absorber et se reformer. La douceur de la peau nue de Pierre plu aux quatre mains féminines qui glissèrent sur son torse, sur son ventre, dans ses reins, sur ses fesses, sur son sexe en érection. Il frissonna. Des doigts audacieux s'aventurèrent entre ses fesses, entre ses jambes. Rapidement, les femmes firent choir leurs enveloppes vestimentaires et le trio s'allongea sur la couche moelleuse dessinant une pieuvre de chair, qui ondulait sur le carré du lit. La peau noire de Marina contrastait avec la blancheur des corps qui attendent les premiers soleils. C'était un jeu de dames vivant qui fusionnait ses cases.
Sophia, jambes fuselées largement écartées, laissait éclater sa frénésie sexuelle. Une énergie solaire émanait de son être. Son sexe, affamé, attirait à lui tout de ce qui passait à proximité. L'enchevêtrement humain mettait à sa portée un genoux, un coude, un buste, une cuisse… que ses chairs happaient. Ses bras agrippaient et dirigeaient vers son bas-ventre comme si elle voulait absorber un corps tout entier. Le premier doigt qui se posa sur sa vulve fut accueilli comme le messie. Son bassin s'arquait pour accentuer le toucher. Par reptations, elle allait au devant des phalanges pour les engloutir. Ses gémissements étaient des suppliques. La langue de Marina vint en plus, transformant la supplique en acclamation comme lorsqu'un artiste arrive enfin sur scène. Les mains crochetées sur la chevelure de Marina, elle l'attirait dans ses chairs impatientes. Pierre intervint et empoigna les poignets de Sophia pour libérer Marina avant qu'elle n'étouffe.
Maintenue par Pierre, Sophia n'opposa aucune résistance. Marina enfonça alors tous ses doigts dans le vagin avide. La fermeté du maintien de Pierre la mit en ébullition. Prisonnière et mécaniquement pistonnée, Sophia connu un premier embrasement. Elle se souleva pour tendre à Pierre sa bouche. Celui-ci lui présenta son mandrin, dressé comme un totem. Elle l'englouti sans retenue. Pierre qui maintenait les bras de sa victime au dessus de sa tête, jouait du bassin pour lui prendre la bouche, s'enfoncer dans ses muqueuses ardentes, ressortir sa colonne de chair luisante et l'enfouir à nouveau dans une succion bruyante. Sophia profondément pénétrée jouissait.
— Baisez-moi !!! baisez-moi encore, supplia-t-elle en abandonnant momentanément la queue de Pierre.
La main de Marina disparaissait dans le ventre de la suppliciée. Elle était en grand écart en travers du lit et eu un nouvel orgasme, qui révulsa ses yeux.
— Attendez, je vais chercher des préservatifs et mon jouet gros calibre, vous allez me prendre encore...
Sophia se redressa, des flammes dans les yeux. Enfilant prestement un peignoir, elle s'enfuit à pas feutrés hors de la chambre, laissant les amoureux dans la ouate de leurs galipettes. Elle grimpa quatre-à-quatre les escaliers et franchit le couloir comme un félin se déplace sur une branche. En passant devant la chambre de son époux, elle s'aperçut qu'une fois de plus, la porte était mal fermée. Elle lui avait pourtant demandé de s'occuper de ce problème de serrure. Un peu agacée, elle revint sur ses pas, pour s'assurer qu'il cuvait son vin et entreprit de refermer correctement sa porte.
Son coup d'œil furtif l'immobilisa sur place : Bernard allongé sur son lit, se masturbait.
Il y avait plusieurs années qu'ils n'avaient plus de rapports. La libido de Bernard définitivement éteinte, pensait-elle, avait orienté Sophia vers d'autres alternatives. Elle avait ainsi développé de savantes variations onaniques et se justifiait de ses nombreuses infidélités.
Stupéfaite, elle regardait donc ce sexe en érection comme une adolescente découvrant cette image pour la première fois. Elle observait, incrédule, ce membre veineux, courbé et luisant sur lequel glissait un poignet décidé. Les idées se bousculaient dans sa tête. Bernard aurait-il encore du désir ? Pourquoi ne la sollicite-t-il plus ? Ouvrant suffisamment la porte pour pouvoir y passer la tête, elle constata qu'il avait son ordinateur portable sur les jambes et qu'il visionnait des images pornographiques. Sophia assistait à une scène qu'elle n'aurait jamais imaginé.
— Et ben, je t'y prends mon cochon !
Bernard, surpris dans sa quiétude, sursauta. Pris d'une sorte de panique, il rabattit vivement l'écran de son ordinateur et tenta maladroitement d'enfouir son sexe dans son pyjama, comme s'il s'agissait de la dernière des choses à montrer à son épouse.
— Fais-voir ce que tu regardes !
— Nnnon, c'est rien mon chou… balbutia t-il. Il avait les lèvres blanches et déglutissait bruyamment.
S'approchant d'autorité elle saisit l'ordinateur et ouvrit l'écran. Bernard fit un mouvement pour se lever et lui reprendre l'objet. Agile, Sophia s'éloigna d'un bond puis se statufia : sur l'écran Marina, dont la carnation transperçait l'écran, se faisait sauvagement prendre en levrette par Pierre dans la chambre d'amis, en live...
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