Les silences de Camille
Chapitre 1 · Rencontre de deux femmes
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Les silences de Camille — Chapitre 1 · Rencontre de deux femmes

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Les silences de Camille

Chapitre 1 · Rencontre de deux femmes

Les silences de Camille
Camile est une jeune femme de 36 ans, effacée, silencieuse, coincée entre son métier de restauratrice d'œuvre d'art et son mariage éteint. Elle aime son métier qui la conforte dans le silence de son art, le calme et la solitude, penchée sur les œuvres les plus remarquables existantes. Dans son atelier, elle déambule dans sa blouse grise comme sa vie, les cheveux attachés en un chignon façon-façon, tenus par une pince de prisunic ou un crayon planté. Rien chez elle n'est très gai ni enjoué. 
Le mariage de Camille, sans être catastrophique n'est pas une réussite, pas de passion, pas vraiment d'amour pour cet homme terne perdu comme elle dans son art et sa vraie passion de chercheur au CNRS penché sur ses éprouvettes.
Camille est un joli petit bout de bonne femme. Pas très grande, enrobée, des traits fins, de beaux yeux bleus-verts et un joli sourire quand elle s'autorise à l'arborer. De longs cheveux châtains, une poitrine présente englobée dans des formes arrondies juste comme il faut.
Camille évolue dans sa vie, sans bruit, lentement, ignorante de tout ce qu'elle rate de ce monde. Mais elle s'en fiche, cette vie lui convient, de toutes façons, elle ne connaît rien d'autre et n'attend rien de plus que redonner du lustre aux œuvres sur lesquelles elle travaille.
Justement, elle est mandatée pour restaurer une œuvre du XVIIIème siècle arrachée aux caves d'un musée. C'est – Une scène de plaisirs interdits entre deux femmes.
Cette œuvre n'est pas une œuvre capitale, l'auteur est inconnu, mais c'est une très belle peinture qui aura sa place dans la prochaine exposition temporaire d'un musée de la ville. Elle la voit pour la première fois. Elle est subjuguée. Ces deux femmes nues, rondelettes, mollement allongées l'une contre l'autre dans un lit à baldaquin couvert de coussins et d'édredons, la jambe de celle de derrière, repliée sur la cuisse de celle du premier plan. Elles regardent le peintre, leur regard est plein de douceur. Leurs seins sont menus, tendus presque juvéniles malgré qu'il n'y ait aucun doute sur l'âge des deux femmes. Le sexe de la femme en premier plan est lisse. Elle semble caresser la cuisse de la femme du second plan. Tout semble soyeux et doux dans cette œuvre. Les tentures, la peau des personnages, l'ambiance. On ne sait pas si elles ont fait l'amour ou si elles vont le faire.
Camille ne peut quitter l'œuvre des yeux, elle y est scotchée, aspirée par l'érotisme qui se dégage de l'œuvre, elle est dans la chambre avec les deux femmes. Des picotements circulent le long de sa colonne vertébrale. Son ventre est chaud. Jamais elle n'avait ressenti une telle sensation. 
Raphaëlle la conservatrice qui a ressorti ce tableau stocké dans un musée de Province pour l'exposition qu'elle prépare, regarde Camille. 
— Qu'est-ce que tu as Camille ? Tu as l'air bizarre.
Camille resta tout d'abord muette, surprise que Raphaëlle ait vu son trouble. Elle se contenta de nier, ajoutant simplement que ce tableau la touchait, provoquait en elle des émotions inattendues. Le fait même qu'elle ose parler de ses émotions à Raphaëlle est déjà une surprise, pour elle tout d'abord, mais aussi pour Raphaëlle qui la connaissait plus avare de paroles.
Raphaëlle connaît Camille depuis longtemps. Elle lui confie des œuvres à retravailler depuis quelques années déjà. Elles ne sont pas intimes mais Raphaëlle aime travailler avec Camille, elle apprécie son sérieux, son coup d'œil et ses avis surs.
Raphaëlle est une belle femme de type espagnol, les cheveux noirs, mince, toujours bien habillée. Les traits de son visage sont fins, petit nez, joli sourire, grands yeux noirs. 
Camille est un peu son opposé, affublée de son éternelle blouse grise, manches courtes l'été, manches longues l'hiver. Sous sa blouse, c'est aussi assez classique. Chemisier clair ordinaire, moulant sa poitrine, faisant même parfois bailler entre les boutonnières, jupe au genou le plus souvent, parfois un pantalon l'hiver. Camille est classique. A vrai dire rien dans sa vie ne l'incite à être différente. Malgré tout, c'est une femme pleine de charme, un peu rondelette, l'œil vif, le sourire rare mais magnifique.
Camille et Raphaëlle sont penchées sur l'œuvre à restaurer, elles sont cote à cote cherchant des points de détail à reprendre. Camille est toujours sous l'effet de ce tableau. Leurs mains s'avancent ensemble vers un point précis qu'elles avaient repéré au même instant. Les deux mains se frôlent, se touchent. Camille retire précipitamment la sienne et devient rouge écarlate.
Raphaëlle se tourne vers elle, voit son trouble :
— Pourquoi tu es toute rouge ?
— Je ne sais pas, rien. Nos mains se sont touchées, je ne sais pas ce qui s'est passé. Comme une décharge électrique. J'ai dû retirer ma main. Excuse-moi. Je suis sotte.
Raphaëlle prend la main de Camille, la regarde. Camille la lui laisse, elle est rouge comme une pivoine. De son pouce Raphaëlle caresse doucement les phalanges de la main de Camille.
— Tu vois, il n'y a pas danger, je te tiens la main et rien n'a explosé, dit-elle en posant délicatement son autre main sur la joue de Camille.
— Qu'est-ce qui te touche autant à la vue de cette œuvre ?
Camille hésite à sortir de son mutisme et de sa timidité.
— Je ne sais pas, ces deux femmes, nues dans le même lit, qui ont fait l'amour, ou vont le faire. Ça me trouble. 
Raphaëlle s'approche de Camille, pose sa main sur la joue gauche et lui appose un tendre baiser sur la joue droite.
— Arrête Raphaëlle, tu me troubles encore plus. Je ne comprends pas, j'ai des frissons que je n'ai jamais ressenti avant.
Raphaëlle n'a pas l'intention de s'arrêter, sentant l'embarras de Camille, elle lui applique un deuxième baiser sur la joue, lui tourne doucement la tête et pose un doux baiser sur ses lèvres.
Camille ne se recule pas, elle accepte le baiser, elle l'aime. Le contact de leurs lèvres est doux. Une chaleur a envahi le ventre de Camille, elle sent le bout de ses seins se contracter. Elle veut que ça continue, alors c'est elle qui appose ses lèvres sur celles de Raphaëlle.
Elle se reconnaît pas, elle, à la vie si terne, si calme, perturbée par un simple baiser et de surcroit le baiser d'une femme. Elle ne se souvient pas d'avoir ressenti de telles sensations avec son mari. Elle sent son sexe s'humidifier, ses seins sont tendus, elle est en proie à un désir qu'elle pensait disparu. Elle se demande même si elle a déjà connu une telle excitation.
Raphaëlle caresse doucement le visage de Camille, leurs lèvres toujours collées. Elle sent que Camille cède et se laisse aller. Alors du bout de sa langue, elle tente une avancée vers un baiser plus amoureux encore. Camille n'hésite pas longtemps, elle laisse faire et bientôt le baiser lèvres contre lèvres se transforme naturellement en un vrai baiser.
Même si Camille n'est pas entreprenante, elle se laisse faire, elle se laisse glisser dans le désir, acceptant la baiser de Raphaëlle. Elle a posé ses mains sur sa taille, elle la touche, elle sent sa chaleur à travers le tissu léger du chemisier.
Raphaëlle sentant la vibration du corps de Camille, avance dans sa prise de contrôle. Une de ses mains descend dans le cou de Camille, puis un peu plus bas, le haut de la naissance du sein, puis le sein, frôlant la protubérance du mamelon.
Camille se recula subitement :
— Non Raphaëlle, arrête, je ne peux pas.
— Tu n'aimes pas ?
— Si j'aime mais je ne peux pas. Je rentre chez moi. Aurevoir Raphaëlle.
— Si tu veux demain, viens à la maison. Tu sais où j'habite. Je t'attendrai.
Camille s'empressa de recouvrir le tableau d'une toile et parti rapidement sans oser regarder Raphaëlle qui elle ne la quittait pas des yeux avec un petit sourire.
Camille est dans la rue, elle marche vite, elle est ébranlée par ce qui vient de se passer. Tout d'abord le tableau qui l'émeut de façon totalement inattendue, puis cette scène avec Raphaëlle.
Elle a la tête en ébullition. Elle ne sait pas ce qui lui arrive. Demain, hors de question d'aller chez Raphaëlle, ça c'est sûr.
                                                                                                             ***
Nous sommes samedi, Camille est devant chez Raphaëlle. Elle sonne. Raphaëlle apparaît à la porte avec un grand sourire. Camille monte les marches et entre dans l'appartement. Elle, toute chose, ne sourit pas. Elle est inquiète et ne cesse de se répéter qu'elle n'aurait pas dû venir, mais ça a été plus fort qu'elle et elle est là. 
Raphaëlle est face à elle, elle lui sourit, s'approche et pose ses lèvres sur les siennes. Camille tressaille mais ne recule pas. 
Raphaëlle s'écarte doucement, elle observe Camille, passe ses mains sur ses joues, son cou. Camille ferme les yeux. Raphaëlle fait sauter un bouton du corsage de Camille, puis deux, puis tous. Camille ne bouge pas, elle se laisse faire, consciente de la pente vers laquelle elle se dirige inexorablement. Raphaëlle fait glisser le chemisier blanc de Camille qui se trouve presque nue en face de Raphaëlle, sa pudeur juste préservée par un soutien-gorge en dentelle noir très sage.
Raphaëlle passe ses doigts sur la peau de Camille, du cou jusqu'à la naissance des seins. Le souffle de Camille s'accélère, ses yeux sont toujours fermés. Les doigts qui glissent sur sa peau sont un délice. Jamais elle n'a ressenti un tel plaisir. Son corps est parcouru d'ondes inconnues, son ventre est chaud, son sexe humide.
Les doigts de Raphaëlle sont toujours actifs, ils frôlent, glissent, descendent en contact avec la dentelle, se dirigent vers le renflement du téton érigé de Camille qui frémit et rejette la tête en arrière. 
Elle dégrafe elle-même son soutien-gorge, s'en libère. Raphaëlle peut alors admirer la beauté du corps de Camille, ses seins amples, cette peau douce et mate, un petit ventre légèrement bombé. Tout est rondeurs chez Camille.
Raphaëlle caresse, effleure, le ventre, les seins, titille les mamelons. Camille réagit à chaque mouvement des doigts de Raphaëlle. Elle garde les bras ballants, respire fort, émet parfois de petits gémissements. Raphaëlle se penche pour déposer de petits baiser sur les seins de Camille, puis plus hardiment, du bout de sa langue elle caresse le mamelon et suce doucement le téton. Camille a posé sa main sur la tête de Raphaëlle, elle soupire et frissonne à chaque contact des lèvres ou de la langue de Raphaëlle avec sa peau.
Camille se dégage de Raphaëlle, la redresse, se colle à elle et l'embrasse comme jamais elle ne l'a fait. Jamais avec son mari une telle intensité n'a existé, jamais un tel désir, jamais une telle excitation, jamais elle n'a ressenti cette émotion.
Elles sont enlacées, Raphaëlle est toujours habillée de son haut noir à bretelles et de sa jupe noire, Camille torse nu, les seins écrasés sur ceux de Raphaëlle. Le baiser est intense, passionné. 
Raphaëlle passe ses mains sous la jupe de Camille, lui caresse les cuisses, s'aventure sur les fesses recouvertes du tissu de la culotte, elle les pelote, les palpe. De son autre main, alors que le baiser brûlant continue, elle plaque sa main sur le sexe de Camille, paume sur le pubis, doigts sur la vulve appliquant une légère pression. Camille murmure un « hummm » non équivoque.
Raphaëlle sent Camille au bord de l'explosion, sent qu'elle ne se contrôle plus. De fait, Camille se recule, fait glisser sa jupe à ses pieds et ôte aussi rapidement sa culotte noire. Elle est nue, devant Raphaëlle, sans pudeur. Raphaëlle la regarde, la détaille. Elle est belle. Son sexe est légèrement poilu, bien dessiné, ses cuisses pleines. Les yeux de Camille sont de braise, son souffle est profond et rapide. 
Raphaëlle s'est approchée, elle caresse Camille, tout son corps l'attire. Elle s'agenouille pose ses mains sur ses hanches et enfoui son visage dans sa toison. Pour Camille c'est une première. Jamais on ne lui avait fait ça et elle trouve ça délicieux, excitant au plus haut point. Raphaëlle balade ses mains sur le corps de Camille, son ventre, ses seins, ses fesses. Elle est aussi très excitée, son sexe se liquéfie chaque seconde un peu plus. 
Raphaëlle pousse doucement Camille vers le canapé, la fait asseoir. Elle est toujours agenouillée. De ses deux mains, elle écarte lui doucement les cuisses de Camille qui se laisse faire même si elle ne sait pas où elle va et ou tout ça va la mener.
Camille a les jambes écartées, son sexe est offert au regard de Raphaëlle. Elle s'approche, le sent. Il sent bon, il sent le sexe. Elle plaque doucement sa bouche sur la vulve de Camille et commence à activer sa langue. Camille réagit aussitôt par un grand « hummm ». Elle sent la langue de Raphaëlle la lécher sur toute la surface accessible, glissant de bas en haut, pénétrant un peu dans le vagin, puis atteint le clitoris et s'y attarde. Camille a posé sa main sur la tête de Raphaëlle ses doigts emmêlés dans ses cheveux et elle appuie. Elle se tend subitement, se cambre violemment, sa gorge émet des sons inconnus, elle jouit, ce qu'elle n'a jamais connu avec Bernard son mari.
Bien sûr, plus jeune, elle s'est déjà caressée et a déjà atteint l'orgasme, mais là c'est une autre dimension, une puissance décuplée. Elle n'a connu que Bernard, jamais un autre homme ne lui a fait l'amour. Elle est novice, presque vierge et c'est cette femme qui la déflore.
Raphaëlle est toujours agenouillée, les deux mains sur les genoux de Camille, elle la regarde redescendre de son Septième Ciel. Elle la trouve si belle.
Camille ouvre les yeux. Elle regarde Raphaëlle, lui sourit. Elle dit : 
— Viens t'assoir à côté de moi.
Raphaëlle vient s'assoir à côté de Camille qui pose sa tête dans le creux de son épaule. Elle passe sa main sous le haut à bretelles de Raphaëlle et lui caresse le ventre. 
— Pourquoi tu m'as fait découvrir ça. Je ne vais plus pouvoir m'en passer. C'est tellement fort, tellement puissant.
Raphaëlle ne répond pas. La main de Camille glisse sur la peau douce. Elle n'ose pas remonter vers les petits seins de Raphaëlle, mais elle en a envie. Elle n'a jamais touché des seins autres que les siens. Elle est en pleine découverte du plaisir et en plus de l'amour saphique. Bernard ne lui a jamais apporté un quelconque plaisir.
Camille continue de caresser le ventre de Raphaëlle mais sa main remonte doucement, centimètres par centimètres. Son désir de découverte la pousse à avancer. Elle sent la naissance des seins. Raphaëlle ne porte pas de soutien-gorge. La main de Camille est douce, légère, elle effleure plus qu'elle ne caresse. Raphaëlle a les yeux fermés.
Camille a atteint la naissance des petits seins de Raphaëlle, elle en gobe un dans la paume, fait glisser le téton à l'intérieur. Le souffle des deux femmes s'accélère conjointement. Camille trouve cette sensation merveilleuse, elle sent son sexe s'humidifier de nouveau. Leurs têtes se tournent et s'ensuit un baiser tendre et amoureux.
Raphaëlle frissonne sous les caresses de Camille. Elle se redresse et quitte précipitamment son haut. C'est au tour de Camille de la regarder. Sa peau est blanche, ses seins petits avec un aréole pâle et de petite taille. Le téton est érigé, il appelle la bouche de Camille qui le prend, joue avec sa langue. Raphaëlle appuie sur la tête de Camille pour lui faire comprendre qu'elle doit continuer. Pas besoin de lui demander, elle n'a pas l'intention d'arrêter. Elle prend un plaisir immense à caresser Raphaëlle. Son sexe coule de désir.
Subitement, Raphaëlle lève les fesses et se débarrasse de sa jupe et de sa culotte. Elles sont nues toutes les deux, peau contre peau, sensibilité exacerbée. Elles se caressent, leurs mains se baladent, excitent, provoquent.
Raphaëlle est complètement épilée. Camille passe sa main sur le pubis tout lisse. Un de ses doigts se glisse dans la moiteur des lèvres avides. Raphaëlle se tend, se cambre, Camille insinue son doigt dans l'antre liquide. La réaction de Raphaëlle est immédiate, un long râle sort de sa gorge. Camille n'a pas le temps de faire de nombreux aller-retours que Raphaëlle jouit dans un déchaînement de contorsions. Elle serre Camille, l'enlace jusqu'à l'étouffer.
La tension retombe, les deux femmes sont côte à côte sur le canapé, nues, si différentes et si belles, peau banche contre peau mate, petits seins contre seins pleins, cheveux noirs contre cheveux châtains.
Les souffles sont encore rapides, mais l'intensité décroit petit à petit.
Camille ne sait quoi penser. Elle se dit que plein de choses vont changer avec Bernard, que ça ne sera plus jamais comme avant, bien qu'avant il n'y avait pas grand-chose. Malgré tout c'est son mari, son compagnon. Le côté charnel n'est pas top mais c'est un gentil, un peu perdu dans ces recherches, mais un bon compagnon. A l'opposé, ce qu'elle vient de vivre avec Raphaëlle lui rappelle qu'avec Bernard sur le plan plaisir, ce n'est pas terrible.
En attendant, les deux femmes ont tourné la tête l'une vers l'autre, les lèvres se sont collées, petits baisers tendres, pleins de sensualité et de douceur.
— J'ai adoré, je suis heureuse. Entame Camille
— Moi aussi, j'ai adoré, j'étais très excité et je suis parti très vite comme tu as pu le voir.
— Oui j'ai vu. C'était la première fois que je touchais le sexe d'une autre femme. Quand mon doigt t'a pénétré, j'ai une boule chaude m'envahir le ventre. Je crois que tu m'as perverti. J'en ai un peu honte et j'ai un peu peur de la suite que je vais donner à ma vie qui ne pourra être que différente.
— Laisse venir, tu verras bien, lui répondit Raphaëlle.
— Je vais devoir rentrer maintenant, même si j'aimerais rester avec toi. 
Camille se rhabille, Raphaëlle la regarde. Elle se sent subitement envahie par une pudeur inattendue. Elle se retient de ne pas se retourner pour se cacher et ne pas sentir le regard de Raphaëlle. Elle s'en empêche.
Camille est prête à partir, Raphaëlle se lève, elle est toujours nue, se plaque contre Camille et l'embrasse avec fougue.
— Reviens vite. Dit-elle à Camille qui refermait la porte derrière elle.
Camille se retrouve dans la rue, hébétée, son cerveau bouillonne. Elle ne sait pas quoi penser. Et Bernard dans tout ça. Côté amour au lit, ce n'est pas la grosse entente, mais c'est un homme gentil, qui ferait tout pour moi, enfin tout ce qu'il peut. Ses pas la guide, automatiques, elle n'est pas pressée de rentrer. Que va-t-elle dire à Bernard.
                                                                                                           ***
Lundi matin, Camille arrive à l'atelier, elle retrouve la toile laissée à la hâte avant le week-end. Elle soulève le tissu déposé dessus pour la protéger. La scène peinte par ce peintre inconnu lui fait toujours le même effet, ces deux femmes nues allongées l'une contre l'autre avec ce regard langoureux dirigé vers le peintre qui les observe.
Elle commence son travail, d'abord le dépoussiérage, le plus facile. Elle est penchée sur l'œuvre avec sa petite brosse douce, elle passe et repasse sur chaque zone ou la poussière s'est déposée. Le travail est assez fastidieux et long, mais il est indispensable.
Quand elle passe sa petite brosse sur la peau ou sur les seins des deux femmes, ses pensées sont d'emblée dirigées vers la journée de samedi. Journée qui l'obsède, lui occupe l'esprit chaque minute. 
Elle n'a rien dit à Bernard, leur dimanche s'est passé de façon tout à fait habituelle, calme et terne.
A chaque fois qu'elle pensait à Raphaëlle, un fourmillement lui parcourait le ventre. Elle a attendu le lundi car elle savait qu'elle verrait sa maîtresse.
Nous sommes lundi et Raphaëlle entre dans l'atelier. Camille se retourne et la regarde. Subitement, alors qu'elle attend ce moment depuis deux jours avec tant d'impatience, elle est prise d'une timidité et d'une pudeur qui la sidèrent.
Raphaëlle avance vers elle, sent la gêne de Camille. Elle l'enlace doucement et applique ses lèvres sur les siennes avec délicatesse. Camille est déroutée par la facilité qu'a Raphaëlle à reprendre possession d'elle, de ses lèvres, de son intimité. Elle en est incapable, scotchée dans sa timidité et sa pudeur.
— Quand viens-tu me voir, je crois que l'on a pas fini toutes les deux, murmura Raphaëlle.
Camille fond, se répand dans la béatitude de l'instant, elle sombre dans l'eau tiède du désir et elle y est bien. 
— Viens ce soir, après le travail. Je dois aller travailler moi aussi.
Après un dernier baiser qui laisse Camille pantelante, Raphaëlle disparaît. Camille reste là abasourdie. Son cerveau est en ébullition. Pourquoi Raphaëlle lui fait elle tant d'effet, pourquoi se transforme-t-elle en une chiffe molle quand elle est en sa présence, pourquoi est-elle muette et sans réaction. Et Bernard dans toutes ces émotions, je vais devoir lui parler, se dit-t-elle dans sa tête.
Camille a travaillé toute la journée, elle a été longue, très longue.
Elle ne s'est pas poser la question de savoir si elle irait retrouver Raphaëlle ce soir, c'était évident qu'elle irait. Alors elle rentre chez elle, prendre une douche, se changer et rejoindre son amante.
Elle laisse un mot sur la table pour Bernard : « Ne m'attends pas ce soir, ne te fais pas de soucis, tout va bien. »
Camille est devant chez Raphaëlle, elle sonne, la porte s'ouvre devant un sourire :
— Viens vite
Camille monte les quelques marches, la porte claque derrière elles, elles tombent dans les bras l'une de l'autre et tout de suite leurs lèvres s'unissent. Le baiser dure, il est passionné, les mains se baladent, caressent les joues, le cou, enlacent.
Camille n'est plus timide comme ce matin, c'est elle qui entame les hostilités, faisant quitter à Raphaëlle son teeshirt, qui lève les bras pour se délester rapidement. Camille s'empare des seins de Raphaëlle, elle les caresse, joue avec les bouts déjà érigés, en prend un dans sa bouche, le lèche. Raphaëlle laisse faire, elle adore la prise de pouvoir de Camille.
Camille semble déchainée, prête à tout pour rattraper le temps perdu pendant toutes ces années de sagesse. C'est elle qui est à l'initiative, qui caresse, embrasse. Elle pousse Raphaëlle vers le canapé qui tombe plus qu'elle ne s'assied. Raphaëlle a remonté sa jupe à la taille. Après la douche elle n'a pas remis de culotte sachant que ça ne serait pas nécessaire. Camille se place à genou à ses pieds, écarte les cuisses de Raphaëlle, fait glisser ses doigts sur la peau qui tapisse l'intérieur des cuisses. Raphaëlle frissonne de tout son corps.
 
Camille découvre ce sexe qui est bien différent du sien. Les grandes lèvres d'où s'échappent deux petites crêtes. Elle s'approche. Une douce odeur se dégage, Camille respire ces fragrances qui l'électrisent. De ses doigts, elle écarte le premier rempart, apparaît la vulve, les lèvres, l'entrée de l'antre et juste au-dessus, le clitoris. Camille observe, regarde, s'approche, respire. De son doigt elle glisse à l'entrée, monte pour frôler le clitoris entrainant une réaction immédiate de Raphaëlle. Son doigt redescend glissant doucement, noyé dans le désir de Raphaëlle. Son visage est à quelques centimètres, ses lèvres frôlent l'objet de son désir, mais elle n'ose pas. Son doigt glisse, ose, mais sa bouche s'y refuse encore. Elle pose un baiser presque chaste sur le pubis. Elle laisse ses lèvres appliquées sur ce mont de vénus. Son doigt pénètre doucement dans la chaleur du sexe de Raphaëlle qui réagit de nouveau au quart de tour. Elle se cambre, souffle et gémit. Elle a posé sa main sur la tête de Camille, la poussant légèrement pour lui montrer le chemin à prendre pour que sa bouche entre enfin en contact avec son sexe. Raphaëlle veut ses lèvres, sa langue, elle veut jouir, elle veut sentir la montée du plaisir, elle veut l'orgasme qui la transcende, l'emporte dans les cieux.
Camille se décide, elle pose sa bouche sur la vulve de Raphaëlle qui se tend aussitôt, tremble de plaisir. Camille est subjuguée par la sensation de ce contact. Sa langue s'avance entre les lèvres humides, glisse, s'active, vibre, goutte, lèche, aime. Sa tête fourmille de sentiments exquis, navigant entre la surprise d'aimer lécher un sexe de femme et le plaisir que ça lui procure, plaisir de son sexe qui se mouille, qui est incandescent. Alors elle lèche avec avidité, sa langue s'agite, rentre au plus loin dans le vagin, s'attarde sur le clitoris, redescend, remonte. Elle se délecte de ces sensations nouvelles et délicieuses. Raphaëlle se dandine dans tous les sens, se contracte, se tord de jouissance, gémit, souffle, râle. Elle a pris ses seins dans les mains, elle les serre, pince le téton tout en laissant les contorsions l'envahir.
Camille est elle aussi dans une excitation extrême. Sa main a pris possession de son sexe et elle le caresse à travers le tissu de sa culotte en même temps qu'elle lèche Raphaëlle.
Les deux femmes semblent possédées, tombant dans un vertige qu'elles partagent.
Raphaëlle part dans son extase. Des sons rauques sortent de sa gorge, elle se tord, se contracte, c'est l'orgasme.
Camille l'accompagne dans ce voyage, enfouie dans la chaleur impudique de Raphaëlle.
Elles sont avachies sur le canapé, la tête de Camille sur le ventre de Raphaëlle.
Camille demande :
— Qu'est-ce que je vais faire maintenant ? Maintenant que j'ai connu ça, je ne vais pas pouvoir revenir en arrière. Je ne vais plus supporter les maigres saillies de Bernard.
Raphaëlle ne répond pas, elle sourit, béatement, elle est heureuse.
                                                                                                                ***
Camille et Raphaëlle continue de se voir très régulièrement, une histoire d'amour est née, Bernard est toujours dans la vie de Camille comme un amour intime, mais sans intimité.
Laskar
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lasemelle
2 septembre 2026 à 21:12
Que du plaisir à la lecture de ce merveilleux récit. Mille mercis et à bientôt.
Soyez respectueux
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Photo de profil de Moutcho
Moutcho
13 novembre 2025 à 08:12
Magnifique récit bravo j'espère qu'il y aura une suite
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Exodus123450
Exodus123450
9 novembre 2025 à 13:40
Joli texte. Une sublime lenteur des descriptions qui enchante le lecteur. J'adore la douceur qui s'en dégage.
Soyez respectueux
Répondre

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