00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Haleros Ce que j'ai pris et que je ne lui dirai pas XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Ce que j'ai pris et que je ne lui dirai pas — Chapitre 2 · Cela n'avait pas besoin d'avoir de nom

45 minutes
8.4k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Haleros
Haleros
Histoires publiées
30
Abonnés
133
J'aime cumulés
4.4k

Ce que j'ai pris et que je ne lui dirai pas

Chapitre 2 · Cela n'avait pas besoin d'avoir de nom

La séance touche à sa fin.
Marie est allongée sur le dos, les bras le long du corps, les yeux fermés. La musique s'est éteinte d'elle-même quelques minutes plus tôt et le salon baigne dans ce silence particulier qui suit le dernier étirement, ce moment suspendu où le corps est encore chaud et l'esprit pas tout à fait revenu au monde. À côté d'elle, j'entends ma propre respiration se poser, elle aussi, dans quelque chose de plus lent.
Sans vraiment m'en apercevoir, mon regard s'est posé sur elle. La ligne de son cou, la courbe de ses épaules, la façon dont sa poitrine se soulève doucement à chaque inspiration. Quelque chose d'ordinaire, de familier : nous nous sommes vues si souvent comme ça. Les tapis de yoga sortis, une heure à s'étirer côte à côte sans avoir besoin de se parler.
C'est l'un des rythmes de notre amitié, comme le café du dimanche matin, comme les messages vocaux trop longs envoyés dans le noir, comme tout ce qui n'a pas besoin d'être inventé parce que ça existe depuis si longtemps. Depuis que nous avions dix ans et qu'elle a sonné à ma porte un mercredi après-midi avec un vélo trop grand pour elle et un sourire de travers. Vingt-quatre ans. Une vie entière, ou presque.
Marie ouvre les yeux sur le plafond blanc.
— Ça va, toi ? dit-elle sans bouger. Depuis la soirée ?
— Très bien. Vraiment.
Elle marque une courte pause.
— Merci d'être venue. Comme toujours. Tu es toujours là pour les moments qui comptent.
— Ça va de soi.
— J'avais une gueule de bois carabinée le lendemain. Je me suis réveillée à onze heures avec l'impression d'avoir dormi dans une cave.
Je ris doucement.
— Je vois le tableau.
— Julien était un peu déçu, dit-elle avec un ton légèrement moqueur. Il avait anticipé une grande nuit torride d'anniversaire. Tu sais ce que c'est. Nous nous sommes bien rattrapés. Enfin, une fois mon mal de crâne passé.
— Comme il se doit.
Il y a quelque chose d'étrange à dire ça ici, dans ce salon, allongée à côté d'elle sur le tapis. Les mots ont un goût légèrement différent que dans ma propre tête. Je n'aurais pas su dire pourquoi. Un silence. Confortable, le genre qui n'a pas besoin d'être rempli. Je ferme les yeux, laisse la chaleur du sol traverser mon dos.
Puis Marie dit :
— Camille.
Le prénom sorti seul, sans rien derrière. Juste ça, mais avec ce poids particulier que prennent les mots quand ils précèdent quelque chose d'irréversible. Quelque chose dans le ton me fait rouvrir les yeux.
— Je t'écoute.
— Est-ce que tu peux… ne pas me juger ?
Je tourne la tête vers elle. Elle regarde le plafond, les mains posées à plat sur le ventre, les doigts légèrement crispés.
— Depuis quand je te juge ?
— Je sais. Mais là c'est différent. C'est… c'est un peu particulier.
— Marie. Nous nous connaissons depuis que nous avons dix ans. Tu m'as raconté toutes tes premières fois dans les moindres détails, y compris celles que tu regrettes encore. Il n'y a rien que tu puisses me dire qui me fasse lever un sourcil, je te le promets.
Elle souffle lentement par le nez.
— Depuis la soirée, j'ai fait deux fois le même rêve.
Elle s'arrête. J'attends sans rien dire.
— Dans ce rêve… je suis dans le salon. Assise sur le canapé. Et je vois Julien faire l'amour à quelqu'un.
Un nouveau silence. Plus court, celui-là.
— Et ce quelqu'un…
Elle se mord la lèvre.
— C'est toi.
Le froid me prend d'abord par la nuque. Une anesthésie brève, foudroyante, une seconde, pas plus. Puis la chaleur revient, brûlante. Marie me regarde avec la candeur nerveuse de quelqu'un qui confesse une pensée impure, assise en tailleur sur son tapis de yoga. Et moi, j'ai le souvenir du sperme de son mari encore encodé dans ma peau.
Je pense à Julien. Je pense à la chambre. Je pense à Marie endormie sur ce lit, à ce que j'ai fait à quelques mètres d'elle, à tout ce qui pourrait s'effondrer en un seul mot mal placé : notre amitié, les familles, les enfants, vingt-quatre ans de quelque chose d'irremplaçable. Un vrai vertige. C'est ce précipice invisible planté au milieu de mon salon, que je suis la seule à voir. Je ne cligne pas des yeux. Garder l'équilibre.
Mais surtout, je pense à ça : Marie me raconte un rêve. Un rêve dans lequel je couche avec son mari. Et ce rêve, d'une certaine façon, a déjà eu lieu. Dans le vrai monde. Dans la vraie chambre. Et elle ne le sait pas. Elle ne le saura peut-être jamais. Ce décalage-là est vertigineux, d'une façon que je ne peux pas encore nommer. Elle s'inquiète d'un mirage. Moi, je gère une scène de crime.
Je ne bouge pas. Je ne cligne pas des yeux. Je laisse passer deux battements de cœur dans un silence absolu et je compte jusqu'à trois en dedans.
Puis je dis, et ma voix est exactement la bonne, légèrement interloquée, avec un soupçon d'amusement :
— Dans le salon ?
— Dans le salon. Moi sur le canapé, et vous deux… là, devant moi.
— Eh bien.
Je laisse un silence calculé.
— Je ne savais pas que je peuplais les rêves de ta vie conjugale à ce point-là.
Elle rit, un rire nerveux, bref.
— Ce n'est pas le rêve de Julien. C'est le mien.
— Oui, je sais. J'avais compris.
Je prends un ton légèrement dramatique, presque indigné.
— Tu m'imagines, moi, coucher avec ton mari. Dans ton salon. Devant toi.
Je marque une pause.
— C'est assez précis comme fantasme, Marie.
— Ce n'est pas un fantasme, c'est juste un rêve. Je ne l'ai pas choisi.
— La distinction est subtile.
— Camille.
Sa voix se durcit légèrement, puis immédiatement se ramollit.
— Je ne plaisante pas. J'ai besoin que tu sois sérieuse deux minutes.
Je laisse tomber le ton.
— Pardon. Je t'écoute vraiment.
Un moment passe. Marie se redresse doucement.
— Tu n'es pas fâchée ?
— Non.
— Tu devrais peut-être l'être. Je t'imagine infidèle à ton mari, je t'imagine coucher avec le mien. Devant moi.
— C'est un rêve. Les rêves ne demandent pas la permission. Tu n'as rien fait de mal.
Elle se tait. Et je comprends, à ce silence-là, qu'il y a encore quelque chose, qu'elle n'a pas tout dit, que ce n'est pas le rêve lui-même qui la trouble mais ce qui vient après.
— Qu'est-ce qu'il y a d'autre ? je dis doucement.
Elle ferme les yeux.
— Promets-moi de ne pas me juger. Vraiment.
— Promis.
— Ces rêves… Elle s'arrête, recommence. Quand je me suis réveillée après le premier, j'étais dans tous mes états. Pas en colère. Pas choquée. Pas dégoûtée. J'aurais dû l'être, non ? C'est mon mari. C'est ma meilleure amie. J'aurais dû me réveiller furieuse ou mal à l'aise ou… je ne sais pas. N'importe quoi d'autre.
J'attends, immobile.
— Mais à la place…
Elle souffle.
— J'étais terriblement excitée.
Le mot tombe dans le silence du salon. Elle regarde toujours le plafond, les joues rosies. Je vois ses cuisses se resserrer imperceptiblement, comme pour contenir quelque chose.
— Voilà. C'est dit.
Je ne réponds pas tout de suite. Je la regarde, le profil net, le cou, la légère tension dans la mâchoire. Je sens quelque chose de complexe se déposer en moi. Le soulagement, d'abord, immense, physique : elle ne sait pas. Ce n'est pas la catastrophe que j'ai redoutée pendant ces quelques secondes d'arrêt du monde. Juste un rêve. Juste l'inconscient de Marie qui a capté quelque chose dans l'air de cette nuit-là, sans avoir les mots pour le nommer.
Puis autre chose. Quelque chose que je reconnais sans vouloir tout de suite lui donner un nom.
— C'est arrivé deux fois, tu dis.
— Deux fois la même semaine. Et à chaque fois pareil. Je me réveille, je suis… dans cet état-là. Et je ne comprends pas. Je ne comprends vraiment pas, Camille. Ça m'a mise hors de moi. Pas à cause du rêve, à cause de ma réaction. Qu'est-ce que ça dit de moi, que ça m'excite ? Que je fantasme sur mon mari et ma meilleure amie ?
— Tu n'as pas dit que c'était un fantasme.
— Non mais si ça revient deux fois c'est que quelque chose en moi…
Elle s'arrête, incapable de finir la phrase.
— Quelque chose en moi voulait le revoir.
Le silence qui suit est d'une autre texture. Plus lourd. Plus honnête.
Je me redresse sur un coude et je la regarde vraiment, pour la première fois depuis le début de la conversation.
— Tu n'as rien fait dont tu doives avoir honte. Un rêve ne te définit pas. Et l'excitation n'est pas de la trahison, c'est juste ton cerveau qui fait des nœuds avec des choses qui l'ont perturbé.
— Mais ça ne me dérange pas que ce soit toi.
— Comment ça ?
— Dans le rêve. Le fait que ce soit toi, spécifiquement. Ça ne me choque pas. Ça ne me répugne pas.
Elle hésite encore.
— Au contraire. Et ça, ça me dérange presque davantage que tout le reste.
Je ne réponds rien.
Je regarde Marie, ce profil que je connais depuis un quart de siècle, ses cheveux répandus sur le tapis, que j'ai toujours trouvés si beaux, d'une beauté à la fois banale et singulière, comme quelque chose qu'on finit par ne plus voir à force d'y être habitué. Je regarde la façon dont elle tient ses mains serrées sur ses genoux repliés, comme si elle se retenait elle-même.
Puis je regarde autre chose.
Sous le tissu fin de son haut de yoga, elle n'a pas de soutien-gorge. Et les mamelons sont nettement dressés, sans la moindre équivoque
Mes yeux s'y attardent quelques fractions de seconde. Je constate. Ne dis rien.
— Même maintenant, dit-elle dans un souffle. En te le racontant. Je suis encore troublée. Je ne comprends pas ce qui m'arrive.
Je laisse passer un moment.
— Troublée comment ?
Elle se tourne vers moi.
— Comment ça, comment ?
— Je veux dire, et il y a dans ma voix quelque chose de très doux, amusé, qui ne ressemble pas exactement à de l'innocence : tu es troublée comme quelqu'un qui est mal à l'aise ? Ou troublée comme quelqu'un qui est…?
Je laisse la fin de la phrase en suspens.
Elle me fixe. Quelque chose passe dans son regard.
— Ne me demande pas ça.
— Pourquoi ?
— Parce que la réponse me fait encore plus honte.
— Tu m'as dit que tu n'avais pas honte.
— J'ai dit que tu ne devais pas me juger. C'est différent.
Je m'assieds complètement, croise les jambes, la regarde avec une franchise tranquille.
— Quoi, tu es excitée là, maintenant ? En m'en parlant ?
— Camille !
— Je ne te crois pas.
Elle me regarde, les yeux légèrement écarquillés, la lèvre inférieure prise entre ses dents.
— Arrête.
— Dis-moi que non.
Un silence.
Elle ne dit rien.
Et moi, qui regardais depuis le début sans avoir encore décidé quoi faire de ce que je voyais, je fais le total : les mamelons toujours tendus sous le tissu, la rougeur montée sur le cou, la respiration qui n'est plus tout à fait celle de quelqu'un qui sort d'une heure d'étirements.
Quelque chose bascule. Pas un tremblement, pas une décision consciente, quelque chose de plus simple, de plus animal, comme un appui qu'on teste du pied et qui tient. Je ne me mens pas là-dessus. Ce n'est pas une ligne morale : la morale s'est noyée quelques nuits plus tôt contre le mur de sa chambre. C'est une limite physique. La distance habituelle entre deux amies après le sport. Je tends la main. Je le fais avec la même lenteur que Julien quand il a effleuré ma mâchoire. Je deviens l'effraction à mon tour. J'écarte une mèche de son front. Un geste fait mille fois en près d'un quart de siècle. Sauf que cette fois, mes doigts s'arrêtent une seconde de trop sur sa tempe. Et pèsent, juste là.
Elle ne recule pas.
— Camille, murmure-t-elle. Qu'est-ce que tu fais ?
— Je ne sais pas encore. Mais toi tu le sais.
Je laisse ma main glisser le long de sa joue, sous le menton, et je vois ses yeux se fermer à demi, pas de résistance, juste une capitulation si légère qu'elle ressemble encore à du doute.
— Regarde-moi, je dis d'une voix très basse, maintenant le contact, sans ciller, jusqu'à ce qu'elle commence à respirer plus fort.
Elle ouvre les yeux.
— Si tu ne veux pas, tu me le dis et nous n'en parlons plus jamais. Nous buvons un thé et ça reste entre nous pour toujours.
Elle me regarde. Sa bouche s'entrouvre légèrement. Ses mains sont posées à plat sur ses genoux, immobiles.
— Et si je ne dis rien ? dit-elle dans un souffle.
— Alors je vais t'embrasser.
Un battement. Deux.
Elle ne dit rien.
Je me penche et pose mes lèvres sur les siennes.
C'est d'abord presque rien, juste une pression douce, une chaleur inhabituelle, l'étrangeté absolue de cette bouche que je connais depuis si longtemps, sans jamais l'avoir connue comme ça. Elle reste figée une fraction de seconde, le corps raidi par la surprise. Pas du rejet. Juste la sidération de quelque chose qu'on attendait depuis si longtemps que, quand ça arrive enfin, on ne sait pas comment le nommer. Mon ventre se serre d'un coup, d'une façon que je n'attendais pas. La chaleur qui monte dans mes joues n'a rien à voir avec la séance.
Puis quelque chose cède. Lentement. Comme une porte qu'on retient depuis des années et qui finit par s'ouvrir sous une simple pression.
Ses lèvres répondent, timides d'abord, puis plus franches. Je sens un frisson chaud descendre le long de ma propre colonne vertébrale. Je m'écarte de quelques centimètres, le souffle déjà plus court.
— C'est bien, je dis très bas.
Elle me regarde avec des yeux que je ne lui ai jamais vus : un mélange de peur pure et d'une clarté nouvelle, comme si deux versions d'elle-même cohabitaient dans le même regard.
— Je n'ai jamais… commence-t-elle, la voix rauque.
— Je sais. Moi non plus.
— Alors comment tu sais quoi faire ?
— Je ne sais pas. Je souris légèrement. Mais toi tu sais ce que tu veux. Et moi aussi.
Je l'embrasse à nouveau, plus longtemps cette fois, plus profondément. Ma langue effleure la sienne, et je sens une onde chaude descendre jusqu'entre mes cuisses. Ma main remonte le long de son bras. Je sens les frissons lever sous ma paume, comme une réponse involontaire, comme un aveu que le corps fait avant que la tête ait décidé. Elle commence à se pencher légèrement vers moi, à chercher le contact plutôt qu'à le subir. Je le remarque et ne dis rien. Je la laisse simplement venir, laisse l'espace entre nous se réduire de lui-même.
Quand nous nous séparons cette fois, elle a les yeux fermés. Elle les rouvre, les pupilles dilatées.
— Je ne sais pas ce qui m'arrive, dit-elle.
— Rien de mal.
— Ce n'est pas ce que je veux dire. Je veux dire que je ne me reconnais pas. Là, maintenant. Ce que je ressens, et entre mes jambes… cette chaleur qui monte.
— Décris-le moi.
Elle me regarde, légèrement déstabilisée par la demande.
— J'ai… j'ai chaud. Partout. Mon ventre est noué, mes seins sont gonflés, et entre mes cuisses je sens que je mouille déjà. Depuis que tu as posé ta main sur ma joue. Depuis avant, même.
— Bien.
Je me lève au milieu du salon. Le soleil baigne les lattes du parquet. Je retire mon haut d'un geste fluide. J'apparais en brassière noire, le galbe de ma poitrine nettement dessiné sous le tissu, les mamelons déjà tendus, le souffle de l'air sur ma peau moite. Je ne bouge plus. Je la force à assumer ce qu'elle voit. Et elle regarde. Elle me regarde les lèvres entrouvertes, le souffle court. Il y a dans ce regard une faim qu'elle ne cherche plus à cacher. Elle n'est plus mon amie d'enfance. Elle est une femme, elle est une urgence.
Je tends la main.
— Viens.
Elle prend ma main. Je la guide jusqu'au canapé, non pas les tapis de yoga, pas le sol, quelque chose de plus proche du vrai, qui ressemble davantage à une chambre. Je m'assieds et l'attire contre moi, dos contre ma poitrine. Pendant un long moment, nous restons simplement ainsi, à respirer ensemble dans le même silence. Je sens les battements rapides de son cœur contre mon propre torse.
— Tu sais ce qui est drôle, dit-elle doucement.
— Quoi.
— Ça fait combien de temps que nous sommes amies ?
— Vingt-quatre ans.
— Et je n'ai jamais su quoi faire de ce que je ressentais parfois… en te regardant. Tes seins, ta bouche, la façon dont tu bouges.
Je ne dis rien. J'attends, le sexe déjà pulsant entre mes cuisses.
— Ça fait longtemps que je fantasme sur toi, avoue-t-elle enfin, la voix cassée. Très longtemps. Je n'avais jamais osé me l'avouer vraiment. Et encore moins te le dire.
— Pourquoi ?
— Parce que j'avais peur de perdre ce que nous avons.
— Tu ne perdras pas ça.
— Tu ne peux pas être sûre.
— Non. Mais je le sais quand même.
Je la fais pivoter doucement face à moi et je l'embrasse avec plus d'intensité, avec une intention que les deux baisers précédents n'avaient pas encore. Ma main glisse dans ses cheveux, les saisit avec une douceur possessive. Je les ai toujours trouvés magnifiques. Elle laisse échapper un petit gémissement contre ma bouche, un son involontaire qui fait durcir un peu plus mes tétons.
Je m'écarte juste assez pour murmurer :
— Ne ferme pas les yeux. Je veux voir à quel moment tu bascules. Maintenant, dis-moi ce que tu veux.
— Je ne sais pas comment formuler ça.
— Essaie.
Elle déglutit, les joues brûlantes.
— Touche-moi. Vraiment.
— Où ?
Un souffle.
— Partout. Mes seins… mon corps… entre mes jambes.
Je pose mes mains sur ses épaules, descends le long de ses bras, reviens sur ses côtes. J'attrape le bas de son haut de yoga.
— Lève les bras.
Je fais passer le tissu par-dessus sa tête et le laisse tomber sur le canapé. Sa longue chevelure blonde retombe en désordre sur ses épaules et elle m'apparaît, le torse nu. La lumière souligne l'ossature étirée de son mètre soixante-dix, le ventre plat, les obliques dessinés sous la peau claire par des années de sport. C'est un corps de tension. Et au milieu, cette nouveauté nue : ses petits seins ronds, parfaits, craquants. Deux petites pommes fermes, hautes sur le thorax, couronnées de mamelons roses et dressés qui étirent la peau légèrement rougie. Elle ne cherche pas à se couvrir.
Je sens que je la regarde une seconde de trop, plusieurs. Aucune de nous deux ne fait rien pour combler ce silence-là. Elle me regarde avec des yeux mi-clos, la lèvre mordue, à la fois sûre d'elle et complètement perdue.
Je ne dis rien pendant un moment. Je la regarde vraiment. Les épaules, la clavicule, la poitrine offerte. La peau légèrement rougie qui descend jusqu'à son ventre plat. Je sens ma propre bouche s'assécher.
— Tu es belle, je dis simplement, la voix basse.
Elle baisse les yeux une seconde, gênée.
— Toi aussi. Tu l'as toujours été. Ta poitrine a toujours rendu la mienne… insignifiante.
Elle n'achève pas.
— Quoi ? je dis doucement.
— J'ai toujours envié ta poitrine. Voilà. Je ne te l'avais jamais dit.
Elle laisse échapper un petit rire nerveux.
— C'est le moment ou jamais.
Je souris, sincère et brûlante.
— Et moi tes cheveux. Depuis toujours. Ça, tu le sais.
J'enroule lentement une longue mèche autour de mes doigts, tirant très doucement pour faire basculer sa tête en arrière.
— Tout le monde le sait.
— Tout le monde sait la moitié. Pas l'autre.
Je pose ma bouche dans son cou, juste sous l'oreille. La peau y est un peu moite de la séance de yoga, avec ce léger goût salé, cette odeur tiède de corps qui a travaillé et qui rend l'instant soudainement moins chaste, plus brut. Le pouls y bat fort, rapide, affolé. Ma main remonte sur sa cage thoracique et vient envelopper un sein, paume chaude et lourde. Sans bouger. Juste le poids. Juste la chaleur.
Elle retient sa respiration.
— Respire.
Un souffle tremblant sort de sa gorge.
Mes doigts bougent, caressant le sein, effleurant le mamelon entre le pouce et l'index. Elle laisse échapper un gémissement qu'elle essaie aussitôt d'étouffer.
— Non. Ne retiens rien. Laisse sortir.
— Nous sommes dans ton salon.
— Oui. Personne ne nous écoute. C'est l'idée. Laisse-moi t'entendre.
Je fais glisser ma bouche plus bas, sur la clavicule, puis la naissance du sein, puis plus bas encore. Quand mes lèvres se referment sur un mamelon, elle laisse échapper un gémissement clair, court, qui ressemble à de la surprise autant qu'à du plaisir. Je prends mon temps. J'aspire le mamelon entre mes lèvres, le suce avec patience, puis le mordille avec une délicatesse qui la fait se cambrer. Ses hanches commencent à bouger imperceptiblement, cherchant déjà plus, ce petit mouvement inconscient qui trahit ce que les mots ne disent pas encore.
Je remonte vers sa bouche.
— Dis-moi ce que tu veux maintenant, je murmure contre sa peau.
Elle ouvre les yeux. Il y a dans son regard quelque chose de légèrement ahuri, comme si elle ne se reconnaissait pas dans ce qu'elle est en train de ressentir.
— Plus bas, dit-elle.
— Sois plus précise.
— Camille…
— Dis-le.
Un silence. Puis, dans un murmure à peine audible, chargé de peur et de désir :
— Entre mes jambes. S'il te plaît.
Il y a dans ce « s'il te plaît » une vulnérabilité absolue qui me rend brûlante. Je fais glisser Marie sur le dos et je descends les mains le long de ses hanches, m'arrête sur l'élastique du leggings.
— Tu en es sûre ?
— Ne me demande plus si j'en suis sûre. Si je ne l'étais pas je te l'aurais dit.
Je souris malgré moi. Je descends le leggings le long de ses longues jambes musclées, attrapant sa culotte au passage. Elle laisse faire en retenant légèrement son souffle. Pas de honte, juste cette conscience aiguë d'un territoire nouveau. Elle se retrouve entièrement nue. Ses cuisses fermes, légèrement écartées, dévoilent la courbure douce de son mont de Vénus, voilé par un fin duvet blond. En dessous, encadrée par la chair claire, la fente rosée de son sexe palpite, les petites lèvres délicates déjà gonflées de sang et brillantes d'humidité.
Je m'assieds entre ses genoux et pose les deux mains à plat sur la peau douce et chaude de ses cuisses. Un geste calme, possessif sans être brusque.
Elle me regarde d'en bas, les yeux brillants dans la lumière du salon.
— Tu n'as pas peur ? dit-elle.
— Si. Un peu. Toi ?
— Beaucoup. Mais ça ne me donne pas envie d'arrêter.
Je fais glisser mes pouces à l'intérieur de ses cuisses jusqu'à effleurer les lèvres gonflées et trempées. Elle ferme les yeux et laisse échapper un soupir tremblant.
— Camille.
— Je suis là.
Mes doigts continuent. Je trouve la chaleur, l'humidité. Je marque une pause. Pas longtemps, juste assez pour que mon propre pouls se cogne dans ma gorge. Ce n'est pas une pause de précaution. C'est une pause d'enregistrement : la façon dont mon corps prend acte de ce qu'il est en train de faire, avant que ma tête ait eu le temps de conscientiser. Je serre les dents, j'encaisse en silence le séisme que c'est de tenir l'intimité de Marie entre mes mains. Son cœur bat à la rompre et je dois masquer mon trouble pour ne pas briser ce qui est en train de se passer.
C'est nouveau. Et la nouveauté a une densité particulière, intime, sacrée.
Puis je laisse mes doigts explorer doucement, je trouve le clitoris gonflé, attentive à chaque variation dans sa respiration au-dessus de moi. J'apprends comme on apprend quelque chose d'entièrement neuf, avec une attention qui ressemble à une forme de soin.
— Tu es comme ça depuis quand ? je demande, la voix rauque.
Elle ouvre les yeux à moitié.
— Depuis que je t'ai raconté mes rêves. Peut-être avant.
— Depuis quand tu penses à moi comme ça ?
— Camille, je ne peux pas…
— Essaie.
— Des années, avoue-t-elle dans un souffle, les yeux fermés. Je ne sais pas exactement. J'avais tout enfoui.
Je trouve le bon endroit et je fais un mouvement lent, précis, en accentuant la pression. Elle arque légèrement le bassin, les mains cherchant quelque chose à saisir sur les coussins du canapé.
— Tu aurais pu me le dire, je murmure.
— Non. Je ne pouvais pas. J'avais trop peur.
— De quoi ?
— De tout perdre. Toi. Nous. Toutes ces années.
Je glisse un doigt le long de sa fente trempée, puis le fais entrer peu à peu. Elle laisse échapper un gémissement plus long, plus profond, moins contrôlé.
— Regarde-moi, j'ordonne doucement.
Elle ouvre les yeux. Je maintiens le contact, les yeux dans les yeux, pendant que je sens son corps se tendre progressivement, sa respiration raccourcir, son bassin chercher mes doigts avec de moins en moins de retenue. Il y a quelque chose d'incroyablement intime dans ce regard maintenu, plus intime, d'une certaine façon, que tout le reste.
— Ne retiens pas.
— Je… je ne peux pas…
— Si. Laisse.
Elle ferme les yeux malgré elle, tout son corps se fige, et elle jouit, le souffle cassé net d'abord, puis un son rauque et long qui semble venir du plus profond de son ventre. Elle se cabre, les hanches soulevées, et je continue à travers chaque vague jusqu'à ce que sa main se pose en tremblant sur la mienne.
— Attends. Attends. Trop.
Je m'arrête. Je la regarde revenir, les paupières lourdes, les joues écarlates, la poitrine qui monte et descend vite, les cheveux en désordre sur le coussin.
— Voilà, je dis doucement.
Elle rit, ce rire particulier, bref et incrédule, qu'on laisse échapper quand quelque chose vient de se passer et qu'on n'a pas encore les mots.
— C'est toujours comme ça avec une femme ? dit-elle.
— Je n'en sais rien. C'est la première fois.
— Tu mens.
— Non. Tu le sais bien, autrement je te l'aurais dit.
Elle me regarde un moment, cherchant quelque chose sur mon visage.
— Alors comment tu sais si bien…
— Je savais ce que je voulais. C'est tout.
Je m'allonge à côté d'elle le temps que sa respiration revienne. Son corps est encore parcouru de légers frissons, la peau moite et brûlante. Elle se tourne vers moi et pose une main tremblante sur ma hanche, les doigts effleurant la courbe de ma taille.
— À mon tour, dit-elle.
— Pas encore.
Elle fronce légèrement les sourcils.
— Camille.
— Pas encore, je répète avec un sourire calme.
Je l'embrasse doucement, longuement, ma langue caressant la sienne.
— Nous n'avons pas fini.
Je sens qu'elle hésite, tiraillée entre l'envie de reprendre le contrôle et quelque chose d'autre : une curiosité, l'envie de laisser se prolonger ce qu'elle est en train de vivre. Je glisse ma main sur son ventre plat, je sens les muscles se contracter légèrement sous mes doigts, comme si tout son corps anticipait déjà.
— Tourne-toi sur le ventre.
— Pourquoi ?
— Parce que je te le demande.
Un silence court, chargé. Elle se retourne docilement, m'offre son dos et la courbe de ses fesses. Mon regard accroche la ligne de sa colonne vertébrale, le muscle long et sec de son dos de sportive tendu par l'excitation. J'observe l'arrondi haut et ferme de ses fesses, une croupe nerveuse qui se cambre d'instinct. De la nuque sensible jusqu'aux reins, vertèbre par vertèbre, je descends tout du long d'elle avec une lenteur calculée, lèvres entrouvertes, langue légère. À chaque baiser, je sens les frissons naître sous ma bouche et courir comme une traînée de feu sur sa peau. Je prends tout mon temps. J'ai compris en quelques minutes seulement que Marie a une patience inversement proportionnelle à son désir, et qu'attendre la rend folle.
— Camille… gémit-elle, la voix étouffée contre le coussin.
— Je suis toujours là.
— Pourquoi tu t'arrêtes ?
— Je ne m'arrête pas.
Je pose mes lèvres sur le creux de ses reins, puis plus bas, sur la naissance de ses fesses rondes et fermes. Je fais glisser ma langue, lentement, jusqu'à effleurer l'intérieur de ses cuisses. Elle souffle bruyamment, les doigts crispés sur le tissu du canapé.
— Retourne-toi, j'ordonne d'une voix plus basse.
Elle obéit, le souffle court. Ses yeux ont encore changé, plus foncés, la pupille dilatée, quelque chose de moins inquiet et de plus affamé.
Je glisse entre ses cuisses ouvertes. Mes mains s'emparent de ses hanches, un geste de possession douce et naturelle, que je n'ai jamais fait et qui me vient comme s'il avait toujours été là. La chaleur de mes paumes fait frémir sa peau. Je lève les yeux vers elle, la voix basse et calme :
— Je vais te prendre avec ma bouche et te faire jouir encore.
Son ventre se contracte violemment. Elle déglutit, la gorge soudain serrée.
— Dis-le, je murmure. Je veux t'entendre le demander.
Elle hésite, le rouge aux joues, le souffle court.
— Camille… je…
— Dis-le, je répète plus doucement, mes pouces caressant l'intérieur de ses cuisses. Dis-moi ce que tu veux vraiment.
Elle me regarde, les joues en feu. D'un souffle qui n'a plus rien de la pudeur du début :
— Fais-le. S'il te plaît.
Je ne bouge pas, j'attends la suite, les lèvres à quelques centimètres seulement de la chaleur de ses cuisses.
— Faire quoi, Marie ?
Elle ferme les yeux une seconde, puis les rouvre. Le murmure qui sort de sa gorge ne ressemble à rien de ce que j'ai entendu d'elle en vingt-quatre ans.
— Ce que tu as dans la tête. Ne me laisse pas à moitié folle sur ce canapé. Sers-toi de ta bouche sur moi.
Je souris imperceptiblement, les yeux brillants. Je m'incline, mon souffle chaud effleurant déjà son sexe palpitant. Son odeur monte jusqu'à moi, chaude, légèrement musquée, avec ce parfum sucré et animal qui me fait tourner la tête.
Quand mes lèvres la touchent pour la première fois, je m'arrête une fraction de seconde. Pas de recul, juste la sidération de ce contact nouveau, cette chaleur humide contre ma bouche, ce goût que je n'avais jamais connu et qui me paraît immédiatement familier, comme si mon propre corps l'avait toujours su. Quelque chose se resserre entre mes propres cuisses. Je laisse échapper un petit soupir de plaisir contre son sexe. Je ferme les yeux un instant. Puis je recommence, plus profond.
J'apprends le sexe de Marie comme un texte qu'on veut connaître par cœur : avec méthode, curiosité, et un plaisir profond dans la recherche. Vingt-quatre ans de confidences, de larmes, d'anniversaires, de rires ivres, tout cela se condense ici, sous ma langue, sur ce sexe humide de désir. C'est étrange et absolu. Je l'absorbe.
Ma langue glisse entre les lèvres gonflées et trempées, lèche de bas en haut, s'attarde sur le clitoris durci. Je varie le rythme, la pression, l'angle, observant chaque crispation de ses cuisses contre mes joues, chaque contraction de son ventre, chaque gémissement qui monte de plus en plus fort et qu'elle ne cherche plus à étouffer.
— Comme ça ? je demande contre la chair humide.
— Oui. Exactement comme ça.
— Dis-le. Ma propre voix est plus sourde que je ne l'avais voulu.
— J'aime quand tu fais ça. Exactement ça. Ne t'arrête pas.
Je m'arrête net. Je lève les yeux une seconde, ses cuisses de chaque côté de mon visage, son ventre qui monte et descend vite, ses petits seins fermes aux tétons dressés, les cheveux en désordre sur le coussin. Ce corps que je connais depuis si longtemps, mais jamais comme ça. Je sens quelque chose se resserrer dans ma poitrine, entre désir intense et vertige étourdissant.
— Non… fait-elle dans une plainte presque douloureuse, son bassin cherchant désespérément ma bouche. Pourquoi tu…
— Parce que tu dois me le demander.
Un souffle furieux, brûlant, rageur. Ses mains s'agrippent aux coussins comme si le canapé tanguait.
— Ne joue pas à ça avec moi, Camille.
— Demande-le.
— Je t'en supplie, lâche-t-elle, les doigts soudain crispés dans mes cheveux. J'ai cru que j'allais mourir à la fois de honte et d'excitation en rêvant de ça cette semaine, et maintenant tu t'arrêtes. Recommence. Tout de suite.
Je reprends, plus vorace. Ma langue tourne, suce, lape le clitoris gonflé tandis que mes doigts écartent doucement les lèvres ruisselantes. Je sens son goût sucré et musqué envahir ma bouche, je sens les parois internes palpiter contre ma langue. Je la sens monter, cette tension particulière dans les cuisses, dans le ventre, dans la façon dont son bassin cherche ma bouche avec de moins en moins de modération. Je fais encore varier mes caresses, ralentis quand elle approche, j'entends le gémissement frustré, je sens ses mains chercher ma tête.
— Dis-moi quand tu es proche.
— Je ne sais plus. Je ne maîtrise plus rien, Camille...
— Dis-le.
Ses hanches claquent contre mon visage. Elle ne formule plus de phrases complètes.
— Je viens… Je vais jouir… Reste sur moi… Camille… Camille ! Ne t'arrête pas !
Je ne m'arrête pas. Elle vient violemment, un cri rauque et libéré qui emplit le salon, ses cuisses refermées comme un étau autour de ma tête, ses doigts enfoncés dans mes cheveux. Des vagues puissantes, longues et profondes traversent son corps. L'orgasme dure longtemps, presque trop, comme si des années de retenue explosaient d'un coup. Je continue à lécher doucement chaque spasme, accompagnant jusqu'à ce qu'elle s'effondre, un long soupir brisé sortant de sa gorge qui ressemble à la fois à de l'épuisement et à quelque chose d'offert.
Une douleur nette, soudaine, traverse ma poitrine, lucide, sans atténuation. Je la laisse être là.
Elle a les yeux humides, la respiration hachée. Elle murmure d'une voix tremblante : « Camille…»
—--
Le silence qui suit est d'une autre qualité. Elle est allongée, bras légèrement écartés, les yeux fixés au plafond, la respiration encore saccadée qui se remet doucement. Je remonte le long de son flanc et m'allonge contre elle.
Elle tourne la tête vers moi. Elle me regarde longuement sans parler, les yeux encore voilés.
— Tu savais, dit-elle finalement.
— Quoi ?
— Tu savais ce que je ressentais. Avant même que je te le dise.
— Non.
— Si. Tu t'es levée et tu as enlevé ton haut. Ce n'était pas anodin.
Je souris légèrement.
— Peut-être.
— Depuis quand ?
— Longtemps. Je marque une pause. Pas de la même façon que toi. Pas pareil. Mais quelque chose.
Elle ferme les yeux une seconde, les rouvre.
— Qu'est-ce que nous faisons de ça ?
— Pour l'instant, rien. Nous restons là.
Puis je dis, la voix plus basse, plus directe, rauque :
— Je n'ai pas fini.
Elle rit doucement, un rire fatigué et encore brûlant.
— Camille. Je n'ai plus de jambes.
— Je sais. Je pose ma bouche tout contre son oreille, mordille légèrement le lobe. Une dernière fois. Avec mes doigts. Vraiment.
— Vraiment comment ?
— En toi. Profond.
Elle tourne la tête vers moi, les yeux brillants. Un battement de cœur.
— D'accord, dit-elle simplement, la voix déjà soumise.
Je l'embrasse longuement, avidement, puis je laisse descendre ma main le long de son ventre frissonnant, sur ses hanches, entre ses cuisses encore chaudes et humides. Mes doigts effleurent les lèvres gonflées, recueillent l'abondante humidité. Elle respire contre mes lèvres, un souffle saccadé et suppliant.
Un doigt glisse à l'intérieur.
Elle ouvre la bouche sur un cri muet, les parois brûlantes se refermant autour de lui.
— Respire, je murmure.
— Je… oui.
Je la sens autour de moi : chaude, étroite, trempée, les muscles internes qui palpitent et se contractent comme une question. J'attends que le corps se détende, puis je commence à bouger, légèrement d'abord, puis plus profond et plus régulier. En même temps je sens quelque chose d'autre, mon propre sexe qui pulse, la chaleur dense entre mes cuisses, une envie presque douloureuse d'être touchée à mon tour.
— C'est bien ?
— Oui. Elle ferme les yeux. Oui. Ne t'arrête pas.
— Tu veux plus ?
Un souffle.
— … Oui.
J'ajoute un deuxième doigt. Je sens son sexe s'ouvrir davantage, devenir encore plus mouillé. Le son de mes doigts qui la pénètrent remplit maintenant le salon. J'entends le son grave qui monte depuis le fond de sa gorge, pas un gémissement, quelque chose de plus primitif, une note tenue, comme si le corps reconnaissait quelque chose.
— Dis-moi comment tu veux que je te baise, j'exige, la voix basse et autoritaire.
Ce mot : « baise » prononcé par ma voix, dans cette lumière de fin de matinée, dans ce salon que nous connaissons toutes les deux, la fait frissonner de tout son corps. Elle ouvre les yeux, croise mon regard.
— Avec tout. Tes doigts, ta bouche. Ne me laisse pas une seconde de répit.
— Dis-le avec les bons mots.
Elle, la voix cassée, méconnaissable, plongeant tête la première dans le naufrage :
— Baise-moi. Baise-moi jusqu'à ce que j'oublie complètement qui je suis. S'il te plaît, fais-moi jouir encore, Camille.
En prononçant ces mots, elle ferme les yeux, frappée d'un vertige inouï à l'idée qu'ils viennent de franchir ses propres lèvres pour s'adresser à son amie d'enfance. Mais au lieu de l'arrêter, cette transgression verbale achève de fracasser ses ultimes défenses. Sa voix n'a plus rien de la femme rangée qui s'excusait de ses rêves vingt minutes plus tôt.
Je m'incline. Je plonge deux doigts profondément dans son sexe trempé tout en refermant mes lèvres sur son clitoris gonflé, le suçant avec attention. Je trouve un rythme puissant, mes doigts allant et venant tandis que ma langue tourne et aspire sans relâche. Ses hanches ondulent sous moi. Elle se met à gémir de plus en plus fort. Je prends mon temps, je joue avec elle, j'apprends la façon dont ce corps particulier répond, ce qui fait contracter les cuisses, ce qui déclenche les sons les plus bas et les plus vrais.
— Plus fort, Camille… Baise-moi plus fort, s'il te plaît. Je t'en supplie !
J'accélère, mes doigts fouillant profondément, courbés pour caresser ce point si sensible à l'intérieur. Je sens son sexe se serrer sur mes doigts, j'entends sa respiration devenir une succession de sons courts et montants, sa main qui cherche ma tête à nouveau. Elle se contracte violemment, au bord de l'implosion.
— Regarde-moi, j'ordonne contre son sexe ruisselant.
Elle baisse les yeux vers moi, le visage complètement défait, les joues inondées de sueur, la bouche ouverte. Elle me trouve.
Elle tient ce regard quelques secondes seulement avant de jouir à nouveau. Un orgasme plus violent encore que les précédents. Un cri rauque sort de sa gorge tandis que son sexe se convulse autour de mes doigts toujours en elle, expulsant un flot de chaleur qui coule le long de ma main et sur le canapé. Les vagues semblent interminables, son corps secoué de spasmes puissants, « Camille », répété comme une prière brisée entre deux cris.
Je l'accompagne jusqu'au bout, ralentissant progressivement, laissant chaque contraction se prolonger.
Quand son corps se relâche enfin complètement, je retire doucement mes doigts et remonte le long de son flanc. Elle est bras en croix, les yeux fermés, la respiration encore saccadée, les cheveux collés sur son front et ses joues rougies, le sexe encore palpitant.
— Mon Dieu… souffle-t-elle d'une voix brisée.
Je ne dis rien. Je l'embrasse doucement sur la tempe, goûtant le sel de sa sueur.
—--
Un long moment passe. La lumière du salon a légèrement changé, le soleil a bougé. Nous sommes allongées côte à côte dans le silence, un silence différent de celui du début de la matinée. Plus habité. Plus dense. Comme si la pièce elle-même avait changé de température.
Puis elle se tourne vers moi. Quelque chose dans ses yeux a changé, une concentration nouvelle, une intention.
— À mon tour, dit-elle, la voix encore voilée.
Et avant que je puisse répondre, elle pose la main sur ma brassière et dit très calmement :
— Enlève ça.
Je la regarde une seconde. Je souris, reste un instant sans bouger, puis je porte les mains dans mon dos et dégrafe la brassière. Le tissu glisse le long de mes bras et tombe sans bruit sur le parquet.
Face à Marie, mon corps s'expose : la taille svelte d'un mètre soixante-cinq qui creuse mes hanches, et surtout la chair de ma poitrine. Mes seins s'en échappent, volumineux, pleins. Des seins lourds à la forme de poire, avec une pesanteur naturelle, une indolence ferme et insolente qui les fait trembler légèrement à chaque mouvement. Ils offrent un contraste étourdissant avec les siens : une masse charnelle et généreuse, tendue par le désir, couronnée d'aréoles larges, sombres, et de tétons épais déjà gorgés de sang sous mes mèches brunes.
Elle me regarde avec une faim nouvelle, un regard qu'elle ne s'est jamais permis avant et qui maintenant n'est plus ambigu du tout. Elle sent sa gorge se serrer. Elle les a toujours jalousés, ou enviés, sans jamais se l'avouer vraiment. Pendant toutes ces années, elle avait détourné les yeux quand je me changeais après le sport, quand je sortais de la douche en serviette, quand je riais en débardeur trop échancré. Elle s'était répété que c'était juste de l'admiration, de la jalousie féminine innocente, que c'était parce que les hommes me regardaient davantage grâce à ma poitrine plus volumineuse que la sienne.
Mais là, dans la lumière de ce salon, le mensonge ne tient plus.
— Camille… murmure-t-elle, la voix cassée. Tu n'as pas idée depuis le temps… je mourrais d'envie de les toucher. De les sentir dans ma bouche. Je ne savais même pas à quel point.
— J'ai une petite idée.
Elle tend la main, timidement d'abord, puis avec une avidité qui la surprend elle-même. Ses paumes se referment sur ma chair douce et brûlante. Elle me soupèse un instant, ses pouces caressant mes mamelons sensibles, avant de les vriller doucement entre ses doigts.
Un gémissement m'échappe malgré moi. Ce son semble la galvaniser. Elle approche son visage, pose d'abord ses lèvres avec hésitation, puis laisse sa langue glisser sur mon téton dressé, avant de le prendre entièrement dans sa bouche chaude avec une faim qu'elle ne contient plus.
Je la vois observer mon visage avec quelque chose de nouveau dans son regard : une légère assurance, la découverte de son propre pouvoir.
— Comme ça ? dit-elle.
— Oui. Comme ça.
Elle ouvre la bouche, la referme. Une seconde. Je la vois hésiter, peser le mot, presque reculer. Puis quelque chose passe sur son visage que je ne lui avais jamais vu, ou peut-être que je n'avais jamais voulu voir. Ce n'est pas de l'assurance, pas encore. C'est la découverte, en temps réel, qu'elle peut.
— Dis-le.
Je ris brièvement, surprise et excitée qu'elle me retourne mes propres mots. Mais dans ce rire il y a aussi autre chose : la reconnaissance de quelqu'un qui vient de voir l'autre se révéler pour de vrai.
— Continue. S'il te plaît.
Elle me fait allonger sur le dos. Ses mains trouvent l'élastique de mon leggings et le font descendre en même temps que la culotte, d'un geste impatient. Puis elle descend sur moi avec une maladresse encore tendre mais de plus en plus assurée : lèvres sur le cou, langue sur les clavicules, puis sur mes seins qu'elle gobe et suce avec avidité. Je ferme les yeux. Je ne guide plus. C'est nouveau, grisant, de lâcher prise, de sentir ses mains chercher leur chemin. Jusque-là, j'avais su quoi faire, où aller, comment tenir le rythme. Et là, sous ses mains, je me laisse porter. Je n'ai plus à savoir. C'est une forme de nudité différente de la nudité physique, plus exposée, plus vulnérable, comme si lâcher le contrôle révélait quelque chose que je gardais d'habitude soigneusement hors de portée.
Une fraction de seconde, le prénom de Julien traverse mon esprit. Pas comme une accusation, juste comme une présence, ou plutôt comme une silhouette dans un couloir qu'on aperçoit du coin de l'œil sans vouloir se retourner. Je sais ce que je suis en train de faire. Je sais avec qui. Je sais ce que ça signifie, empilé sur ce qui existe déjà. Ces réalités coexistent sans se résoudre, comme des fréquences superposées dans la même poitrine. Et je fais le choix délibéré de ne pas m'arrêter là-dessus. Pas parce que ça ne pèse rien. Parce que le poids est exactement ce que je refuse de porter maintenant.
— Touche-moi, je dis d'une voix altérée.
— Où ?
— Tu sais où.
Sa main descend entre mes cuisses, hésite une fraction de seconde, puis trouve mon intimité, humide, brûlante. Je retiens un gémissement dans ma gorge.
— Tu es trempée, dit-elle dans un souffle. Et dans sa voix il y a à la fois de l'incrédulité et quelque chose de triomphant.
— Depuis le début. Depuis que tu m'as raconté tes rêves.
Elle me regarde, les yeux grands ouverts.
— Vraiment ?
— Vraiment.
Ses doigts commencent à bouger, maladroits mais sincères, caressant mon clitoris gonflé avec une attention grandissante. Je laisse monter le plaisir, les yeux fermés, une main posée légèrement sur son poignet sans vraiment diriger, juste pour garder le contact. Je sens quelque chose se construire, pas vite, pas linéaire, mais solide.
Alors je prends ma décision.
Je l'enjambe, mes cuisses sveltes de chaque côté de ses clavicules claires. Je remonte mon bassin jusqu'à ce que mon sexe se trouve juste au-dessus de sa bouche. Ma fente s'offre, détrempée, la peau intégralement lisse. Thomas me préfère complètement épilée. J'aime lui faire ce plaisir, même si au fond je n'aurais pas été contre la douceur d'un léger duvet entretenu, exactement comme cette fine ombre blonde que j'ai découverte chez Marie. Sur le coussin, ses cheveux s'irradient en auréole. Je reste un instant suspendue au-dessus d'elle. Le tableau est entier : l'obscurité de mes mèches brunes mi-longues encadrant les courbes lourdes et fermes de mes seins suspendus au vide, et, à quelques centimètres de ma chair intime, le souffle saccadé de mon amie d'enfance.
Elle me regarde faire, à la fois désorientée et fascinée par la vue qui s'offre à elle. Cette vision lui arrache un gémissement étouffé.
Je pose une main sur le dossier du canapé et descends vers elle.
— Qu'est-ce que tu…
Je ne réponds pas tout de suite. Je la regarde d'en haut, ces yeux bleus étonnés levés vers moi, ce visage si familier, pris en otage entre mes cuisses.
— Tu vois dans quel état je suis, je murmure avec une autorité sourde. Prends-en la responsabilité, maintenant.
Elle me regarde encore une seconde, le souffle court. Puis je la sens : ses mains qui remontent sur mes hanches, qui me tirent d'elles-mêmes vers le bas pour m'approcher d'elle. Une dévotion absolue.
Je résiste un instant, immobile, à regarder ce que j'ai sous moi. Marie entre mes cuisses, les yeux levés vers moi, les mains remontées sur mes hanches. Marie qui s'excusait, honteuse de ses propres rêves une heure plus tôt. Et maintenant ça. Je ne sais pas si j'ai envie de rire ou de pleurer, alors je ne fais ni l'un ni l'autre. Je laisse juste venir ce qui vient.
J'inspire longuement. Puis je m'offre complètement.
Sa bouche me trouve, et je laisse la tête tomber en arrière, les yeux fermés, les paumes à plat contre le bord du canapé, mes hanches qui commencent imperceptiblement à bouger d'elles-mêmes. Ce n'est pas la même chose que des doigts. C'est plus diffus, plus chaud, une pression qui cherche et trouve d'instinct, comme si elle savait mieux que quiconque exactement ce que ça fait d'être touchée comme ça.
Sa langue chaude se glisse entre mes lèvres, recueille mon humidité avec une gourmandise sincère. Je laisse échapper un long soupir tremblant. Je commence à onduler les hanches, doucement d'abord, puis avec plus d'insistance, sur son visage.
— Là, je dis tout bas. Exactement là.
Elle resserre ses mains sur ma taille, m'attirant plus fort contre sa bouche. Je sens sa langue chaude et insistante sur mon sexe, la pression parfaite, le plaisir qui monte, inévitablement, par vagues de plus en plus puissantes, du fond de mon ventre jusqu'au creux de mes reins. Je rouvre les yeux et je regarde le plafond blanc de mon propre salon, la lumière de mai qui filtre par les volets mi-clos, et en bas Marie entre mes cuisses dont je sens le souffle et la bouche et les mains qui me tiennent.
— Ne t'arrête pas. Ma voix est différente maintenant, plus vulnérable, plus vraie.
Le paradoxe de cet instant me foudroie : physiquement, je domine la scène, mais intérieurement, toutes mes certitudes s'effondrent avec une vision bouleversante et vertigineuse de Marie offerte tout entière, concentrée à me donner du plaisir.
Quand l'orgasme me traverse, je jouis sans grand cri, juste un long souffle cassé, qui se transforme en un gémissement profond et continu. Mes hanches se serrent convulsivement autour de son visage, mes cuisses tremblantes, une chaleur intense se répandant dans tout mon corps. Mon sexe se contracte par vagues serrées, une chaleur dense irradiant depuis le ventre jusqu'aux reins, jusqu'aux paumes de mes mains. Les vagues sont longues, profondes, chargées d'une émotion qui dépasse largement le plaisir physique. Comme si des années de désir contenu venaient enfin de se libérer.
Je reste ainsi quelques secondes encore, le front appuyé contre le canapé, le souffle saccadé, savourant les derniers spasmes.
Puis je descends, et m'allonge contre Marie, et nous restons comme ça, sans parler, nos corps chauds et quiets dans la lumière, dans le salon qui était le même qu'avant et qui pourtant ne l'était plus du tout.
Le plafond blanc. La poussière qui danse dans le rayon de soleil. Les deux tapis de yoga sur le parquet. Rien n'a pris feu. Le monde ne s'est pas effondré. Le corps de Marie est léger contre le mien, sa jambe repliée sur ma cuisse. L'amie trahie respire contre ma clavicule. L'amante comblée somnole dans mes bras. Les deux réalités s'empilent sans s'annuler, féroces et intactes. La culpabilité est toujours là, lourde, prête pour le café de midi. Mais sous elle, lancinante dans le bas de mon ventre, il y a la satiété étourdissante de l'avoir aimée avec la même intensité que son mari.
Ce n'était pas une catastrophe.
C'était vingt-quatre ans d'amitié qui venaient de changer de forme.
Et aucune de nous deux ne savait encore ce que ça allait donner. Mais pour l'instant, dans cette lumière-là, ça n'avait pas besoin d'avoir de nom.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier

Commentaires ()

Passer les 17 commentaires
Photo de profil de Frodon
Frodon
2 octobre 2026 à 06:44
Merci, pour ce mélange des mots. Si c’était en cuisine, ce serait un plat délicieux… je me suis régalé.
Soyez respectueux
Répondre
Naku
29 septembre 2026 à 17:44
Un grand merci.Vous avez une très belle écriture qui nous transporte dans un monde de phantasme.Vous lire c'est comme ressentir la montée d'un orgasme puissant et irrésistible....
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de mozart
mozart
28 juillet 2026 à 22:05
Encore un excellent chapitre, sans vulgarité.
Agréable à suivre.
Soyez respectueux
Répondre
Alex74
28 juin 2026 à 18:45
J'adore cette deuxième partie, alors que je n'ai pas aimé la première, comment va se passer la suite quand elle va apprendre que ce n'était pas un rêve mais la réalité et les familles comment ca va se terminer, il y a son mari qui lui pour le moment est le seul cocu de l'histoire, j'espère que la suite se terminera en échange entre couple.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Elvis77
Elvis77
24 juin 2026 à 18:31
Quel plaisir de vous lire à nouveau ! Votre écriture est superbement élaborée, faisant preuve de l’élégance qui caractérise votre plume. On y retrouve une magnifique alchimie entre culpabilité, vertige, tendresse, désir et jouissance, le tout sans une once de vulgarité. C’est tellement rare sur ce site ! J’attends avec impatience les chapitres 3, 4 et 5.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Moutcho
Moutcho
18 juin 2026 à 04:49
Whaou qu'elle récit passionnant et très excitant à lire merci
Très bien écrit
On si croirait
Soyez respectueux
Répondre
MAZ814967
17 juin 2026 à 17:10
L'art est difficile, la critique est aisée...
J'ai relu les 2 textes...bien-sûr, c'est bien écrit, bien structuré et cela montre bien les sentiments et le sexe.
Cependant, à l'inverse de Camille et comme beaucoup de textes, j'ai toujours une pensée pour le mari cocu....Thomas. elle pense à Marie dans le premier et à Julien dans le deuxième....rien pour son mari. Aucune culpabilité, Cocu une fois, 2 fois et sûrement 3 fois. Rien ne semble expliquer cela, pas même l'alcool et le passé. Comme le titre dit....elle lui a pris la confiance et la fidélité.....pour ma part, j'espère un revirement de situation où tout du moins la participation de Thomas.
Mais seul l'auteur...
Soyez respectueux
Répondre
JamesBand74
17 juin 2026 à 15:57
J’ai adoré lire cette histoire très bien écrite et jusqu’au bout car pour une fois c’est une histoire sans vulgarité, je tiens à le souligner car c’est extrêmement rare … Je me réjouis déjà le lire la suite.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Louise41
Louise41
17 juin 2026 à 12:50
Toujours aussi plaisant à lire
Quelle qualité d écriture
Après Lui c est Elle le 3eme chapitre ce sera Lui et Elle un trio ?
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ zooph34 Doriane XSTORY
Doriane
Chapitre 3
Par zooph34
153
6
6.7k
Lesbiennes
✦ Xaviernnrs Cure de jouvence XSTORY
Cure de jouvence
Chapitre 2
Par Xaviernnrs
90
6
4.8k
Hétéro
✦ Mefisto Julie Julie Julie XSTORY
Julie Julie Julie
Chapitre 2
Par Mefisto
56
1
8.6k
Lesbiennes
✦ LilithBlackmoon Elle entre sans frapper XSTORY
Elle entre sans frapper
Chapitre unique
Par LilithBlackmoon
69
5
15.7k
Lesbiennes
✦ Bimbo Aurora Ta bouche savait déjà tout XSTORY
Ta bouche savait déjà tout
Chapitre unique
Par Bimbo Aurora
0
0
3
Lesbiennes
✦ Jonathan Week-end de feu XSTORY
Week-end de feu
Chapitre 2
Par Jonathan
5
1
5.2k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio