Le Jardin des Éphémères Rides
Chapitre 1 · Concours Cultivons Xstory
00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Rajahrahs Le Jardin des Éphémères Rides XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Le Jardin des Éphémères Rides — Chapitre 1 · Concours Cultivons Xstory

6 minutes
3.3k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteurs

Utilisateur supprimé Ce compte a été fermé. Le pseudo reste affiché pour préserver l'attribution de l'œuvre.

Le Jardin des Éphémères Rides

Chapitre 1 · Concours Cultivons Xstory

Dans ma famille, on jardine de père en fils. Malheureusement mon papa n'a pas eu de fils. Juste moi. Mais ce n'est pas grave, il a toujours su subvenir aux besoins des femmes du foyer. Je vais même vous partager son petit secret : tout est dans la qualité de la haine que l'on sème.
Toute jeune, il nous arrosait joyeusement. Ma mère de coups, moi d'embrassases. Celle que l'on rosse, l'autre à qui l'on demande pardon. Il en résulte que ma mère a su, il est vrai, se doter d'une épaisse écorce. Mieux encore, son cuir végétal défiait les lois de la nature. Elle n'a cessé de se rétrécir, de s'amoindrir. Il est des chênes qui vont racontent leur histoire lorsque vous les abattez. Ma mère, à force qu'on la batte, n'aurait présenté qu'une maigre section, aux rides sèches et resserrées. Toute son histoire se résumait dans son inexistence.
À dire vrai, mon père n'était pas vraiment violent. Surtout, il ne tambourinait pas. Jamais! Selon ses propres mots, il avait en horreur la violence et ne cessait de nous la reprocher. C'était un romantique à l'ancienne, voilà tout. Un enfant qui grave à même l'écorce son amour avec une boucle de ceinture.
J'ai échappé à la ceinture. À l'amour aussi, forcément. Alors que jeune pousse, le frère de mon père est venu me déraciner, il n'a pas moufté. Quand le sang de son sang a fait couler le mien, il n'a rien dit. Quand sa sève a coulé de mes reins, il a sourit. C'était un jardinier doux et appliqué. J'étais juste un arbrisseau chahuté, qui gâchait son Éden.
Sans égard pour mon terrier merdeux et meurtri, il m'a nourrit, il m'a arrosée, il m'a forcée en vie. Ce n'était pas un bon tuteur. Je ne compte plus les fois où il m'a plantée : devant l'école, devant le collège, devant la perte précoce de ma seconde virginité. J'étais un plant malade et il m'a soignée comme tous les pères maghrébins, au traitement du silence.
S'il est une belle chose de toute cette merde, c'est bien la facilité de s'y enraciner. Frêle comme ma mère, j'ai poussé comme un roseau pensant parmi les orties. Je me permets d'ailleurs, de partager un cauchemar que m'inspire leur fange et ses vapeurs.
Voilà,
Mon ventre ne cesse de se nouer et d'enfler. Je sens le gaz remonter, brasser mes intestins, tenter de s'enfuir. Je bouillonne littéralement de l'intérieur. Assise sur mes chiottes gelées, je fais le bilan en me vidant. Mes pieds se crispent alors que l'eau caresse mes fesses. La chair de poule accompagne la nausée. Une odeur douçâtre et tiède emplit les quelques mètres carrés de mon dévidoir.
Mon corps gèle et mon anus brûle, je frisonne de dégoût. Est-ce que je devrais me lever ? Me laver ? Prendre le risque de laisser ma honte s'échapper ? Au contraire, l'enfermer et moi avec ? Un pet bulleux m'interrompt. Embrassant le filtre orange, je combat l'odeur de brun omniprésente.
Mon souffle s'accélère, me coupe la parole. Ce qui n'a pu sortir ici propose de sortir là-bas, de clore ma gueule une bonne fois pour toutes. Le goût de la clope n'y change rien. Mes yeux clos n'y changent rien. Les lucioles entre mes tempes non plus. Il n'y a que moi, et la veilleuse du chauffe-bain. Les larmes coulent toutes seules. Un suicide par déshydratation.
Sourire fugace brisé par la bile. Je me décharge, je me vide, mais la honte reste imprimée dans mes trippes. L'eau monte, monte, monte, et je ne peux qu'admirer cette marée de boue humaine. Elle imprime mon cul dans toute sa consistance, coule le long du trône, atteint mes chevilles. À la fin, la merde m'engloutit, et ne laisse qu'un fossile de moi-même.
Cest tout,
À force d'être piétinée, le roseau branlant est devenu terreau rampant. Je me complais dans la fange et ne côtoie que ceux qu'elle enfante. Cachée sous père et mère, je ne suis qu'un fétu humide et pourri. L'on me mange, l'on me mâche ; l'on me crache, l'on me chie, ma nature reste inchangée.
Certains nichent en moi, profitant de mes chaleurs moites pour passer l'hiver. D'autres me roulent en boule, me gardent entre leurs griffes jusqu'à ce que la merde leur glisse entre les doigts. Écrasant leur carapace d'ivoire, je ne peux les blesser, qu'à peine les écraser jusqu'à ne plus les voir.
La pluie m'a battu, et je me délecte des pleurs de statues rouillées. Au gré des saisons, le jardin s'est fait cimetière. Le médiocre s'est fait ombre et Papa projette toute sa négativité sur la tombe de ma mère. De leur cause commune je rêve de faire fosse commune. D'y ranger mon oncle, ma tante, mes cousins, et tous les hommes de la Terre. Tous, sauf un. Qu'il les piétine à son tour. Qu'il les couve aussi bien que l'on me couve. Que sous le poids du silence, rien ne gît, tout s'arrase.
Chez nous, on dit que la femme va du père au fils. À défaut d'un père, j'ai appartenu aux fils des autres. Sous son regard impuissant, ils ont envahis le jardin. Sans prendre garde aux mimosas, ils ont foulé la terre et maman. Ils m'ont retournée. Ils m'ont sarclée. Ils ont salé mes joues et n'ont laissé que la houille.
Un jour tu es venue par je ne sais quelle cigogne. Grainé enfouie dans ma chaleur, dans ma douleur, la joie de te sentir grandir en moi était ineffable. Au creux de mon ventre, les à-coups de tes radicelles. La douce pression d'un être qui se forme. Pour toi j'eus être caillou dans la botte, cœur de pierre ou calcul rénal. Mais tu as décidé de m'ériger en monticule. Enlacés par le lierre et la vigne, embrassée par mousses et lichens, tu es restée mon appui. Il a gelé, il a plu ; tu as tenu. De mon être grouillant tu n'as retenu que l'humus doux-amer. Peu t'importe les cloportes et scolopendres, tant qu'ils courrent en mon sein.
Tu as poussé, et de monticule je suis devenue calvaire. Tu es de ces chênes millénaires qui, toujours, poussent de travers. Tu m'as couverte de mille feuilles d'or et d'éclair, comme s'il n'y avait pas d'hier. Tout est mort autour de nous. Le temps s'est figé sur la falaise, le temps d'une chute. Qu'en un battement de cœur tout s'effondre!
Et pourtant, nous voilà. Un éboulement à venir, et le clou qui l'ancre à la terre.
Je t'aime.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Fin du livre
Vous avez atteint la fin de ce livre.
L'auteur n'a pas encore précisé si une suite est prévue.

Commentaires ()

Passer les 6 commentaires
Photo de profil de Xaviernnrs
Xaviernnrs
12 avril 2026 à 11:10
Nouvelle découverte pour moi, je rejoins les avis plus haut.
Vraiment dommage que l'auteure ne soit plus présente, mais qui sait, peut-être qu'elle reviendra de nouveau partager les fruits de son jardin.=) =) =)
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de L'épisto à l'air
L'épisto à l'air
4 avril 2026 à 23:22
Quand on se supprime on ne revient pas ? Elle ne pourra pas lire, mais j'espère qu'elle vit ailleurs et mieux.
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
14 mars 2026 à 00:01
Tu écris vraiment!
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Monsieur Sylvestre
Monsieur Sylvestre
6 février 2026 à 23:13
Il s'agit d'un texte poignant exprimant le mal-être d'une victime de viol et de violence intrafamilliale.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Wedreca
Wedreca
4 février 2026 à 22:50
Dommage que l'autrice ne soit plus. Car si pour l'érotisme on repassera, j'aurais tout de même voulu lui dire que, pour une histoire de merde, elle s'en était très bien sortie.
Modifié 4 février 2026 à 23:01
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ Jipai@ Ma mère au bois dormant XSTORY
Ma mère au bois dormant
Chapitre 2
Par
234
2
33.8k
Hétéro
✦ Namliss Je deviens la chienne de mon père XSTORY
Je deviens la chienne de mon père
Chapitre 1
Par Namliss
309
23
73.5k
Gays
✦ océane.25 Inceste vengeur XSTORY
Inceste vengeur
Chapitre 2
Par océane.25
238
15
55.5k
Bi
✦ peaceme91 Fille à papa XSTORY
Fille à papa
Chapitre 2
Par peaceme91
129
6
24.1k
Trans & QIA+
✦ Emil Demande en union charnelle XSTORY
Demande en union charnelle
Chapitre 2
Par Emil
38
2
3.3k
Hétéro
✦ Ardsy Dans un humble Nuage XSTORY
Dans un humble Nuage
Chapitre unique
Par
5
6
3.8k
Hétéro
✦ Anthynéa Les heures perdues XSTORY
Les heures perdues
Chapitre unique
Par Anthynéa
8
1
6.1k
Hétéro
✦ Jipai@ Ma mère au bois dormant XSTORY
Ma mère au bois dormant
Chapitre 1
Par
269
2
42.4k
Hétéro
✦ Exatropix Une fête d'anniversaire XSTORY
Une fête d'anniversaire
Chapitre unique
Par Exatropix
252
4
15k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio