Dans un humble Nuage
Chapitre 1 · Poème en vers
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Dans un humble Nuage — Chapitre 1 · Poème en vers

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Dans un humble Nuage

Chapitre 1 · Poème en vers

Note de l'auteur

J'avais composé ce texte à la fin du printemps dernier, en y racontant une réconciliation assez marquante que je venais de vivre dans mon couple. Mais lorsqu'il fut publié parmi les histoires, plusieurs passages obscurs de sens se sont avérés problématiques au regard de la charte. Si je le mentionne ici, c'est par respect pour celleux qui ont pu s'en trouver dérangé.e.s en le remarquant alors, et m'ont aidée à demander que cette histoire soit supprimée dans la forme qu'elle présentait. Mais c'est aussi pour dire aux nouvelles plumes que certaines erreurs peuvent arriver à tout le monde, qu'on peut s'en trouver blessé.e, que la charte est un très bon garde-fou, et qu'en laissant un peu de temps passer, l'on peut parfois reprendre un écrit à tête reposée pour en retrancher ou y modifier ce qui n'y avait pas sa place...
C'est désormais chose faite dans ce poème. Cependant, si certain.e.s peinent à comprendre les particularités sexuelles de la relation qui y est dépeinte, notamment ce qui suggère un certain écart d'âge entre nous, je les invite à parcourir les Mémoires.... Il me faut toutefois préciser que l'an dernier, lors de la rédaction, j'avais vingt-deux ans.
En outre, merci de ne pas saisir l'occasion de cette note pour m'envoyer des commentaires en messages privés. C'est pour moi sans objet.
Bonne lecture à toustes...
Nom d'une pipe ! A moi ? Me parler comme il fait ?!
A son "tout" ? A son "bien" ? Son "petit cul parfait" ?!
Un infime bobo le submerge, et soudain
Ce n'est plus que mépris, que grief, que dédain,
Que rancune tenace et que reproches sourds !
M'entendre dire autant de mots si froids ! Si lourds !
Mon Dieu, je lui en veux ! Me traiter de la sorte !
Encore un son de plus et de toi je m'avorte
Le cœur. Tu verras bien qui de nous deux, connard,
Restera plus longtemps tout seul dans son plumard, 
Et qui de toi ou moi baisera la première,
Pour tout te raconter en détails par derrière !
Boudi ! Qu'il est douillet ! Quel gamin quand il souffre !
J'aimerais l'emmurer au plus bas fond d'un gouffre
Et le sceller de plomb, afin de ne plus voir
Sa carcasse traîner de sa chambre au couloir,
Ne plus passer mes jours à supporter ses plaintes,
A le plaindre avec lui pour apaiser ses craintes !
Et tout ça pour quoi faire, au juste ? Pour qu'après,
Monsieur use d'un rien comme d'un fait exprès
Pour me taxer d'horreurs et me garnir la tronche
De mots forts ?! Pour mieux voir si j'ose, si je bronche ?! 
Un mois que cela dure... ou durait, à vrai dire,
Et je n'en pouvais plus. Chaque jour, c'était pire
Que la veille. Et j'étais au point de disparaître,
De sortir de sa vie... quand j'ai relu sa lettre.
Il a fallu cela : Par hasard, retomber
Sur l'écrit de sa main qui me fit succomber
Il y a six années à ses feux, à ses charmes...
J'y retrouve les ronds de mes plus jeunes larmes...
Ma colère m'y est en miroir renvoyée...
Cette encre que d'amour mes yeux avaient noyée...
Six ans, déjà six ans qu'il me fit ces mots-là...
Ces "je suis tant ceci", ces "tu m'es tout cela"...
Alors... Un mois de trop... C'est bien trop tout de même...
Mais six ans qu'il m'honore... Et six années qu'il m'aime !
Cela ne vaut-il pas un petit mois d'outrage ?...
Non... Si... Non !... Azilis, tempère un peu ta rage !
Un mois que je le snobe... Il faut que ce mois cesse :
Trente jours le bouder, c'est vingt jours de paresse,
Quand dix auraient suffi pour défâcher mon cœur...
A quoi bon ? c'est souffrir de ma propre rancœur.
Non, cela durait trop... Hier, après-diné,
(D'un curry succulent qu'il m'avait cuisiné),
Je me suis dit, devant cette attention tendre :
Mais enfin, quelle idée t'a-t-elle pu donc prendre ?
Dédaigner tant de jours sa présence et sa couche
Pour quelques mots trop forts échappés de sa bouche !
La chose est détestable, et certe, il t'a fait mal ;
Mais ne sois pas un plus détestable animal !

J'étais donc attablée face à mon benêt d'homme,
Repu, qui s'apprêtait d'aller s'offrir un somme.
Le silence meublait ce dîner de non-di.
La comtoise sonna une heure après midi.
Ma cigarette était roulée déjà. Je l'allumai
Et sur le banc, devant la porte, je fumai,
En cherchant un moyen pour nous rabibocher,
Lorsque l'idée me vint dans les yeux ricocher...
Mon regard s'éleva comme il le fait souvent
Au-delà du couvert de lauriers, sous le vent,
(Car hier, il soufflait un peu sur ma montagne)
Mon regard s'éleva sur la vaste campagne,
Puis revint au bosquet dont le feuillu coussin 
Ajoute sa rondeur à l'ombre du bassin.
C'est alors que je vis la criante évidence :
Un nuage en passant se mire, ô Providence, 
Dans cette eau qui m'en donne une image subite...
Ce nuage avait pris la forme d'une bite.    
Or, figurez-vous bien qu'un lotus, en surface,
Semblait attendre après ce nuage salace,
Pour que, passant au ciel par-dessus cette plante,
Le bout, se reflétant, le touche, et qu'il s'y plante. 
L'idée, signe des Cieux, en moi fit trente tours ;
J'éteignis mon mégot, rassemblai mes atours,
Et courus, tant plus sûre, à travers la maison,
Que j'avais pour courir de plus sûre raison.
Parvenue chez Monsieur, je grattai à sa porte,
Attendant que lui m'ouvre et que j'entre, ou qu'il sorte.
Il sortit. Car, dit-il, (je le saurai plus tard)
"Quand, avec ton café, tu roulas ton pétard,
Tes yeux disaient déjà que tu voulais m'aimer,
En me jetant ce feu dont tu sais me blâmer.
" 
Enfin des mots dignes de toi ! Je te retrouve :
Rien plus que ton parler tendre ne me le prouve,
Et je suis sans défense à ta première note.
Où s'était égarée ta tête de linotte ?
Alors, je prends sa main, décidée, sans manière,
Et l'entraîne au bassin, où, passant la première,
Je me glisse dans l'onde en ne me laissant pas
Le temps de dévêtir aucun de mes appas.
Lui n'en fait pas de même : Il suspend après l'arbre
Son haut pour m'exhiber son buste. Et, tout de marbre,
C'est à dire en prenant ce regard que j'adore,
Cet air sûr et distant qu'excité, il arbore,
Il entre lui aussi dans l'eau tiède, l'eau douce,
Puis il vient d'un pas calme. Il avance, il me pousse,
Me pousse à reculer, de face, vers le bord,
Et si je lutte un peu, rétive à son abord,
C'est pour mieux l'assurer la minute suivante, 
Que je ne veux plus rien que d'être sa servante.
Lorsque mon dos se heurte à la dure margelle,
Le granit me l'érafle et distend la bretelle
De la robe de lin que l'eau collait sur moi :
Le balcon s'en évase, exhibant mon émoi, 
Mais la tiédeur de l'eau chauffée par la saison
De mes tétons saillis n'explique la raison.
Aussi, sans s'attarder à prendre la mesure
De mon assentiment, il pose à l'embrasure
Du lin décolleté cette main implacable,
Et sa voix me revient par ce grivois vocable :
"Alors, jeune boudeuse, on vous fait de l'effet ? 
En voici deux, pour sûr, qui ne nient pas le fait...
"
Lorsqu'il joue sur ce ton de masculinité
Alors qu'il est si doux, c'est ma virginité
Donnée quatre ans plus tôt comme promis au chœur,
Qui se redonne à lui comme il reçoit mon cœur.  
Je me sens si petite, et de sa grande poigne
Il dérobe ma robe, et ma robe s'éloigne 
Sur l'eau, comme de moi s'éloigne la rancune :
Elle m'alourdissait ; je n'en ai plus aucune.
Sa lèvre dans mon cou bientôt se fait sentir ;
Ma peau perle et frémit. Elle ne sait mentir
Quand tout en moi s'émeut... Et sa bouche remonte 
A mon oreille offrir un repentir de honte :
"Comment puis-je, dit-il, obtenir ton pardon ? 
Toi qui, si tôt, pour moi, t'es faite, par le don
De ton corps à mon corps, de ta vie à ma vie,
Le sacrifice entier de jeunesse ravie !
Comment se peut-il donc qu'aujourd'hui je respire,
Quand en moi va mon tort chaque jour qui empire ?
Le temps glisse sur toi quand sur moi il s'arrête ;
Tu maudis tes années quand moi je les regrette,
Et chaque an qui s'en vient, je redoute qu'il vienne
Me dire encor tout mon péché, et m'en souvienne.
Or, pour ma conscience un peu plus empeser,
Je n'ai rien fait de mieux que ton âme léser
En te parlant si dur le mois passé... si mal...
Que me quitter serait on ne peut plus normal.
"
Sa voix se brise alors. Car malgré sa nature,
Il provient de semblable ancienne culture,
Et lorsque tout en lui voudrait n'être qu'un pleur,
Son genre l'en retient pour son plus grand malheur.
Ainsi, de fille encor l'instant auparavant,
Je deviens sœur et mère, et je saisis l'avant
De son menton, (geste qu'il fait souvent lui-même)
Et, dans les yeux : "Ne vois-tu pas comme je t'aime !
Cette vie m'est un Ciel, Amour, à ton côté !
Que de mon cœur un jour le souffle soit ôté
Sur l'instant, si jamais je t'en retire aussi !
Tiens, sens-le battre, sens... Sens comme on bat ici :
Sous ta main, à laquelle elle a donné la mienne,
Cette égale musique est à jamais la tienne.
Mais tiens-toi-le pour dit, ronchon d'Armoricain :
Je ne veux plus ouïr dans ta parole aucun,
Aucun mot dur de ceux qu'en mai tu m'as pu dire ;
J'étais proche, assez proche, au vrai, de te maudire,
Et s'il te prend l'envie d'encor me maltraiter,
Je t'arrache la queue, et m'en vais la jeter
Depuis le Mont Lozère... et je m'en jette aussi.
Ne prends pas pour du vent cette menace-ci.
"
Sous mes mots, un sourire attendri l'illumine.
Comment ne puis-je fondre à cette douce mine,
A ce regard aimant qui mange ce qu'il mire,
A ces yeux d'émeraude, à ce mâle sourire !
Mes dents mordent ma lèvre en contemplant sa bouille ;
J'ai beau tremper dans l'eau, autre chose me mouille,
Un feu qui prend du bas : dans l'eau, une eau me fuit.
Mon visage recule et son visage suit,
Et tandis qu'au muret, derrière, je m'accoude, 
Sa bouche pardonnée à ma bouche se soude.
Ses mains n'attendent pas, n'attendent plus, elles règnent : 
Mes seins sont dans des mains d'homme qui les contraignent.
Un genou impudent désassemble les miens
Et plaque mon pubis. Mes yeux sont dans les siens.
Le froid succède au chaud de sa main, quand il lâche
Un sein. A mes cheveux, sitôt, la main s'attache,
Puis tire un peu, afin de m'incliner la tête.
Je ne sais discerner parmi mes sens en fête,
Et n'ai pas les moyens d'y formuler des vœux
Qu'il exauce lui-même. "Oh ! comme je te veux !"
Mais un autre dessein investit sa phalange ;
Et lorsque s'assombrit son brillant regard d'ange,
Son doigt glisse le long de ma cuisse interdite
De se soustraire à lui qui soi-même s'invite,
Mais ne remonte pas aussi haut que j'espère.
Il me baise des yeux. La torture qu'opère
Ce doigt, qui ne vient pas toucher ce qu'il convoite,
Si nous n'étions dans l'eau, comme j'en serais moite !
Mais immergée ainsi, ce n'est pas ce qu'il vise :
"Tu me veux sèche, Amour ?" Dès lors, quoi que j'en dise,
C'est mouillée seulement de cette eau qui nous baigne
Qu'il escompte arpenter la motte d'où il règne,
Et la cyprine ici qu'il veut me faire naître,
L'eau devra m'en priver pour mieux me faire mettre.
Son regard veut mon âme : à l'instant qu'il la couvre,
Son doigt me touche enfin. D'autorité, il m'ouvre,
S'assurant, sans doigter, sans me quitter des yeux,
Que l'huile en mon dedans n'a pas quitté ces lieux. 
Alors, en me lâchant, devers moi il se penche,
Et m'élevant en l'air, il m'attrape à la hanche,
Pour m'asseoir sur le bord de ce bassin de roche.
Debout, me surplombant de sa hauteur si proche,
Il saisit mes poignets pour m'imposer le geste
De moi-même m'ôter le salut qu'il me reste :
Lors, le baignant d'un bleu d'intime confiance,
J'entrouvre sa braguette en toute conscience,
Pour recevoir, bandant sur mon consentement, 
En mes timides mains son sexe, tendrement.
Si je pouvais choisir de figer cet instant
Où mes mains touchent tout, tout ce que j'aime tant,
L'une creusant la paume afin de contenir
Ses bourses, que l'eau crispe et qu'elle y fait tenir,
Et l'autre, s'appliquant tel un étui timide
Sur son énorme verge à l'épaisseur humide !
Mais la loi immuable imposée de par lui
Me contraint d'obéir et desserrer l'étui
De mes doigts sur son membre avant de le lui rendre :
"Il est grand temps, vois-tu, de te faire comprendre
Qui de nous deux, nymphette, a toute autorité. 
Or, bien que tu ne l'aies pas le moins mérité,
Je vais te faire ici, et séance tenante,
Sentir cette grosseur dans ta petite fente,
Et tu vas intégrer jusqu'au fond de ton âme
Ce que c'est, Azilis, de n'être plus ma femme.
Mais pour cela, tu sais, tu le conscientises, 
Tu le sais, n'est-ce pas ? Je veux que tu le dises :
Que tu dises pardon à ton seigneur et maître
D'être encor trop vêtue pour que je te pénètre.
"
La force de ses mots me subjugue l'esprit.
Lors, ne regardant plus ce vit qu'il me reprit,
Mes yeux remontent haut pour voir la paume ouverte
De sa main qui mendie mon seul bien et sa perte :
Alors, en assumant tout comme elle le doit,
Sa femme se défait de l'anneau qu'à mon doigt
Cet homme a mis, voici bientôt presque cinq ans.
Je l'ôte... Il tend sa main... l'anneau tombe dedans.
"Oui, mon Mâle, je sais que j'étais trop vêtue ;
Mon statut d'épousée, vois... Je m'en destitue
De moi-même... Il le faut. Vois comme j'y renonce...
"
(Mon pouls bat d'autant plus qu'il sait ce qui s'annonce)
Puis il le pose au sec, et, d'un regard certain :
"Maintenant tu n'es plus, pour moi, qu'une putain."
L'écho de cette voix fait sonner tout mon être ;
Je ne vois plus en lui que mon adoré maître,
Et lorsque de son pas il vient combler l'espace
Qui nous désunissait, tandis qu'il me fait face,
Tandis que sa vigueur approche insolemment,
Ses mains à mes genoux somment l'écartement.
Tout obéit en moi : Mes pâles cuisses cèdent
A ses mains d'artisan qui seules les possèdent,
Et, s'avançant encore, le bout de son organe
S'attouche avec le seuil de ma vulve océane.
Il se fige, interrompt son geste et le retient.
Ses mains sont à mes reins. Sa force me soutient.
Son regard se durcit plus que sa verge encore.
Je revois de ma vie nuptiale l'aurore.
Et tout en appuyant la différence d'âge,
Je revois dans ses yeux, qui scrutent mon visage,
Que ce qu'il ne dit pas, il veut pourtant l'entendre.
Alors, sans hésiter, sans peur, sans plus attendre,
Je lui compose un air de petite traînée,
D'une voix bien soumise, à ce jeu entraînée,
Sachant telle ironie lui être une gageure:
"Pardon, Maître, pardon... d'être aussi immature."
Cette excuse précise, il en fait un sésame
Qu'il veut que je ressente au tréfonds de mon âme,
Pour me donner sa queue comme on donne l'onction,
Comme par charité, comme par bonne action.
Moi, je brûle d'amour quand il joue de son âge ;
Lui, il bande à mourir, qu'affectant d'être sage,
Son épouse le veuille aussi froid que bestial,
Pour me prendre à l'envi comme on fait du social.
Or les réalités de nos distincts désirs,
Nos esprits différents, nos quêtes des plaisirs,
Trouvent précisément leur point de convergence
Dans mon ressouvenir de post-adolescence,
Lorsque (d'un mois d'oral étant sucées nos noces)
S'incarnèrent enfin mes fantasmes précoces,
Et qu'il reçut de moi ce qui me laissait vierge,
Jour où de ma vertu sa queue souffla le cierge.
Il n'est rien qui me soit plus intense à revivre !
(Mon Amour, que je t'aime à m'y vouloir bien suivre !)
Le sésame entendu, il se fait sexuel,
Cependant que son bras devient plus sensuel
Et me soutient le dos d'une façon très tendre.
Son regard tout de feu me réduirait en cendre
Si son âme pouvait traverser ses iris :
"Je vais te culbuter, ma petite Azilis.
Et je veux que tu sois bien au point sur ce fait :
Je n'attends pas de toi que d'un air contrefait
Tu veuilles me charmer. Cela, je n'en ai cure :
Je ne veux lire en clair sur ta jeune figure
Que les vraies sensations du moindre millimètre
Dont va te perforer la bite de ton maître,
Et cela, sache-le, je t'interdis, novice,
D'en discuter un coût dont je fixe le vice.
Or, ce prix de ton corps, je te l'impose tel :
J'aurais pu te baiser ce jour-là, sur l'autel,
Mais j'ai jugé meilleur de te faire espérer,
Te faire me vouloir, t'apprendre à m'adorer,
Jusqu'à ce que aies bien compris que ta place
Est d'abord à genoux devant moi, et de face ;
Que rien ne doit pour toi avoir plus d'importance
Que sucer ton époux en toute circonstance
Qu'il te l'ordonne, et plus, que par ta gratitude,
Tu montres envers moi une juste attitude,
Dans un "je t'aime" qui ne m'est jamais farouche,
Pourvu qu'il ait l'odeur du foutre dans ta bouche.
Voilà ton prix, mignonne : une haleine de sperme.
C'est un prix que j'entends définitif et ferme.
Comprends-tu bien le fond de ce que je t'expose ?
Jure-moi qu'il n'est rien en toi qui s'y oppose.
J'attends, salope. Allez, exprime ta pensée...
La chose, n'est-ce pas, te semble assez sensée ?
Parle, au lieu que ta tête opine ainsi et tangue !

- Tu vas payer ta pute en crachant sur ma langue."
- En crachant quoi ?
-                                     Ton foutre...
-                                                                   N'est-tu pas indignée ?
- J'en désirais la cause et ma main l'a signée."
- Réclame.
-                    Amour...
-                                       Plus fort.
-                                                          Amour...
-                                                                            Plus fort !
-                                                                                                Pacôme !
Je t'en supplie, élargis-moi mon petit dôme !
Ma minuscule chatte espère un braquemart :
Pitié pour elle, Amour... Montre-lui de ton art !

- Ce que je sens au bout de ma queue n'est pas... gras...
- Alors force, et le gras, c'est toi qui le feras.
- Réclame-la encor...
-                                        Je veux que tu me... Ouiii !
Son gland, en m'exauçant, me coupe ce mot-ci,
Et ma petite voix qu'il veut désespérée
Gémit de le subir en étant si serrée.
Sans forcer pour autant du bout qu'il m'introduit,
Il pousse doucement dans mon étroit réduit
Et comme il l'augura, le moindre millimètre
Me fait couler de joie du fait de m'y soumettre
Et d'affermir encor de façon sans égale
La grosseur dont il fend ma conque vaginale.
Je sens s'ourler pour lui le goulot de mon vase ;
Je sens comme son gland est fait, comme il s'évase,
Et je sens, lorsque enfin cette prune est entrée,
Le bonheur d'être aussi fermement pénétrée.
Le contraste est criant entre son épaisseur,
Ses grandes mains sur moi, et ma pauvre minceur
Qu'il perçoit, palpitant pour absorber son chibre,
Dont le gland seul suffit pour que tout mon corps vibre !
Même là, même là, il me la fait attendre,
Demander, réclamer, la faveur de me prendre
Le premier coup profond de son bassin musclé...
"Il faut aller au fond quand on entre la clé."
Alors, mes mains à moi s'agrippent sur sa fesse,
Dans son froc entrouvert, et mon ongle le blesse,
Pour que cette douleur initie sa colère,
Et que, pour s'en venger, il me la rentre entière.
Mon cri frappe sur l'eau et rebondit sur elle ;
Je me sens si menue, tandis qu'il m'écartèle,
Que ma voix le répète aux phalliques roseaux,
Et l'écho interrompt le concert des oiseaux.
Mais, déjà, il recule, après avoir fait pause :
Et la sensation que son recul me cause
Contraste de lenteur, de douce retenue.
A son seul mouvement ma vie est maintenue, 
Suspendue, attachée. Son gland joue juste au bord :
Il veut que, là aussi, je le suce d'abord,
Que ma bouche d'en bas le goûte, le déguste,
Et que mon autre bouche accapare son buste, 
L'embrasse, le mordille et baise sa poitrine.
Lui, du bout de son bout la figue il me taquine,
Avant de s'enfoncer à nouveau dedans moi.
"Oh la la... Tu es gros... Je ne sens plus que toi..."
Des surnoms il me sert le lexique complet,
Qu'il égraine en dizaine ainsi qu'un chapelet,
Et me fait suer fort d'une sueur de pute
A chaque coup nouveau que son vouloir m'impute. 
Le rocher du bassin s'enfonce dans ma chair,
Ça pique sous ma peau plus que ça n'en a l'air,
Mais ce granit espiègle alimente mon kif,
Et donne à mon plaisir un tour plus incisif.
Nos voix n'ont plus, bientôt, rien ou presque, à se dire :
Les flap! flap ! génitaux ont l'art de nous suffire,
Et dans ces sons visqueux de ma petite chatte,
Il ralentit, pour mieux ouïr qu'il la dilate.
Inspiré par ce chant que mon vagin fredonne :
"Alors, dis-moi, salope...? On la sent ? Elle est bonne ?"
Ces mots, que je n'agrée qu'en pleine excitation,
Me font baver sur lui comme une fellation,
Et sa queue n'est huilée que de mouille femelle,
Que sa verge s'étale elle-même sur elle.
J'aime tant ce degré, où, sentant que je monte,
Il me mène devant les portes de la honte, 
Quand, reculant un peu, il m'enjoint de mater
Ce dont il me transperce, et de bien imiter
Son regard qui se fixe où se fixe sa chose,
Soit dit juste à l'entrée de mon antre tout rose.
Là, il aime, au moment où s'arme mon envol,
Ne piner guère plus que l'ourlet de mon bol,
En agaçant, cruel, de son gland de satin
Le vestibule seul du con de sa catin.
Cela le fait perler de son plus mâle suc ;
Je ne sais si c'est l'angle ou la vue, mais le truc
Fonctionne à chaque fois : ma vulve se contracte,
Jouant à mon mateur le jeu du dernier acte,
Et tandis que je sens l'odeur de son pré-sperme,
Il demeure à l'entrée et me glande plus ferme.
L'air se charge du reste : il s'embaume de sexe.
Cet intrusif le sait : mon plaisir est complexe.
Mais il le sait aussi : S'il met dans ma narine
(Par le moyen qu'il veut) le parfum de sa pine,
Alors l'orgasme suit chez moi incontinent.
Mon corps jouit le mieux par deux voies notamment :
Soit ma bouche, où le goût de son membre me vainc,
Soit mon nez, où l'odeur de sa queue me convainc,
Et s'il veut me donner l'un des deux pour pitance,
Il déclenche à l'instant ma vive jouissance.
Aussi, à ce moment où suinte son méat,
Le parfum m'en pénétre, et mon esprit béat
Ne saurait différer plus longtemps mon orgasme.
Il m'arrive sur l'heure un premier petit spasme,
Et Pacôme, qui voit son heure et se renfonce,
Y va de tout son poids, me fourre, me défonce.
J'inonde abondamment le pénis qui me perce,
Mais mon corps enflammé croit encor qu'il me berce.
Lors, un abîme s'ouvre ; en moi, tout est vertige :
Ce n'est plus un coït, ou de haute voltige !
Mon champ de vision n'est plus que le seul feu
De ses yeux ; tout mon corps est comme en un enfeu
Mystifiant ma chair transie, qui croit mourir,
Tant je brûle d'amour. Et je voudrais périr
Dans ce feu, dans ses yeux... "Oh oui ! Fais que je meure !"
L'orgasme me prend tout. Rien en moi ne demeure,
Ni mon corps de douleur que l'extase m'enlève,
Ni mon cœur de luxure qu'elle tue, qu'elle achève,
Ni mon esprit fondu dans sa propre fumée,
Mon âme confondue en poudre, consumée,
Ni mon souffle arrêté, ni mon sang qui se fige,
Ni ma substance-même, évanouie, qu'oblige
Mon être disparu à s'éteindre au néant,
Pour retomber sans vie aux bras de mon géant.
____________
Sa bouche me rappelle à ce monde, à ma cause...  
"Reviens-moi." Le souhait, que sur ma bouche il pose
Dans un baiser, ramène en ma vide enveloppe
Mon âme ranimée de petite salope.
Il n'en peut plus, le pauvre ; il ne saurait m'attendre.
Il s'extrait de mon corps et me fait redescendre
Avec lui dans cette eau témoin de nos ébats,
Puis m'écrase à genoux, et je ne m'en débats.
Ma bouche desséchée déjà s'est tout ouverte,
Ma langue est bien tendue à plat, tout en alerte,
Mais lui, biflant mes joues : "A présent, ton salaire...
La chose cependant a l'air de trop te plaire, 
Et j'hésite, j'avoue... Car un métier sans peine
N'a pour moi, tu le sais, pas de valeur qui tienne.
Aussi, rentre ta langue. On verra ça demain :
Ma suceuse aujourd'hui va manger dans ma main.
"
Alors, agenouillée devant l'érection,
Je contemple, amusée, son poignet en action,
Jusqu'à ce qu'il jouisse, et (tandis que je chôme)
Qu'il se serre la queue en se nappant la paume.
Le sperme, ainsi contraint, dégouline du membre ;
Sa sève sur sa main se pleure comme une ambre,
Et ma bouche, alertée, sous mon nez qui le hume,
Se met à saliver par acquis de coutume.
C'est si beau : depuis peu, il se laisse gémir
Et sa voix s'abandonne au plaisir de frémir.
Il n'est pas de minute écoulée, qu'il confie,
Avant que mon repas trop ne se liquéfie,
Sa main pleine de lait à ma dévotion :
C'est le cœur sexuel de notre relation, 
Et j'aime à m'enivrer ainsi, à le sentir,
A le goûter encor, pour ne pas lui mentir
Lorsqu'il me fait jurer à quel point j'ai besoin
De prendre tout mon temps pour le boire avec soin.
Car le goût qui s'exprime à ma langue tirée,
Quand, par son autre main de sa queue retirée,
Il me fait incliner mon visage en arrière
Et qu'il verse en ma bouche une semence amère,
Ce goût-là m'envahit jusques au fond du cœur
Et nourrit mon amour, qui nourrit son bonheur.
L'ordre tombe bientôt : j'avale avec délice.
Je le sens s'écouler dans ma gorge, où il glisse...
Et ne remonte alors de moi qu'une parole :
"Mon Amour... Mon Amour... Ton foutre me rend folle."
La scène s'est conclue, vous n'en douterez pas,
Sur la sieste qu'il fait à l'issue d'un repas,
Mais plutôt que tout seul comme il pensait tantôt,
A son ventre ma joue s'enracina plutôt,
Et je m'y endormis, couchée sur l'herbe tendre,
Bercée d'un doux "pardon" que je pus réentendre.
Voilà donc comme hier, après un mois d'embrouilles
Je me suis allégée en allégeant ses couilles,
Pour dire : on peut parfois guérir une dispute, 
Non pas sur l'oreiller, mais en jouant la pute.
Lors, j'en rends grâce au Ciel pour certain cumulus,
Qui vint très à propos s'imager en phallus,
Et t'exhorte, ô lecteur, à vivre de présage.
On peut lire beaucoup dans un humble nuage...
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Utilisateur supprimé
11 mars 2023 à 15:06
Merci d'en être... :-)
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un jardinier
11 mars 2023 à 12:12
Y'a pas beaucoup de lectures et pas beaucoup de j'aime c'est dommage.
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lookingforvenus
16 février 2023 à 00:29
Merci pour cette nouvelle variation poétique qui donne une nouvelle fois chair à vos saines obsessions. Il est vrai que les plus forts moments suivent souvent des mois de brouille et de ressentiments. Votre récit a convoqué pêle-mêle, une Sabine soudain toute gênée d'être si brusquement attirée par une irrésistible sucée, mais aussi les frissons de deux êtres dont les corps tremblent à l'unisson, car quelle idée de baiser dans un torrent ! Merci pour ces sublimes images, le Mont-Lozere est un olympe pour les amants qui savent prendre le temps de se découvrir et de s'aimer.
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Photo de profil de Monsieur Plume
Monsieur Plume
15 février 2023 à 20:13
C'est toujours un plaisir, un régal, que de lire vos si beaux vers. J'apprécie particulièrement la façon dont la poésie se mêle aux mots les plus crus pour décrire des situations à l'érotisme indéniable.
Et quelle belle déclaration d'amour à l'être aimé !
Soyez respectueux
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