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✦ Camille Louel L'Homme que je ne serai jamais XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

L'Homme que je ne serai jamais — Chapitre 2 · Le puceau ultime

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Camille Louel
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L'Homme que je ne serai jamais

Chapitre 2 · Le puceau ultime

Je suis allé dans la salle de bain, nu, face au miroir. J’ai soulevé ma petite verge molle entre deux doigts, comme Alix l’avait mimé.
Elle avait raison. Cinq centimètres. Peut-être moins. À peine neuf en érection. Et maintenant, tout le monde le savait. Il fallait que je quitte cette vie au plus vite.
Heureusement, j’avais une porte de sortie.
D’un point de vue orientation, cela ne s’était pas trop mal passé, avec un bac ES vite expédié.
Suffisamment, en tout cas, pour intégrer une école de communication renommée — je rêvais de travailler comme attaché de presse en politique — du côté de Rennes.
J’y ai découvert les joies de la vie étudiante : l’autonomie, les amis venus d’horizons divers, les sorties, les excès...
Et surtout, j’ai commencé à espérer en finir avec ce maudit pucelage.
Il faut dire que mon orientation scolaire m’offrait du choix : en communication, les deux tiers des étudiants étaient des étudiantes.
L’espoir n’avait jamais été aussi vif, mais en réalité, je ramais toujours autant. Je n’entreprenais pas grand-chose, à vrai dire.
Face à mes nouveaux camarades, je m’étais inventé une relation de longue date avec une fille de mon lycée — elle existait bien dans mes fantasmes — que je devais poursuivre à distance, faute d’avoir trouvé une ville commune pour nos études.
Le personnage était si sûr de lui qu’il m’arrivait parfois que des mecs me demandent des conseils pour trouver l’amour, du moins l’amour d’un soir. Un comble.
Pour au moins deux garçons, mes conseils furent l’occasion d’enchaîner les expériences : les murs du Crous s’en souviennent sans doute encore. Il ne se passait pas une semaine sans que l’un de mes voisins de palier ne fasse trembler les cloisons, ne laissant aucun répit à l’heureuse élue du soir.
Quelle n’était donc pas ma frustration d’être condamné à subir les hurlements de plaisir de ces filles, quand ma seule expérience sexuelle se limitait au porno.
Au fil des mois, je devenais le puceau ultime. Près de cinq masturbations par jour, sur des contenus tous plus humiliants les uns que les autres.
Et surtout des expériences fantaisistes.
J’avais déniché un tutoriel sur internet prétendant simuler à merveille le vagin d’une femme — Jim, sors de ce corps — en deux coups de ciseaux.
Pas une tarte aux pommes, non. Il s’agissait simplement de prendre trois éponges, de les tremper dans l’eau chaude et de former un cylindre avec un élastique. Ensuite, y glisser un gant en latex préalablement lubrifié et y insérer son pénis. Ma première chatte.
Trois éponges, un élastique, un gant de vaisselle. Ça ressemblait davantage à un projet d’arts plastiques raté qu’à une femme.
Pourtant, je n’arrêtais pas de penser aux commentaires enthousiastes sous le tutoriel : « Presque pareil que la vraie ! », « Ma copine n’y a vu que du feu ! ».
J’ai attrapé le tube spongieux. Ça glissait entre mes doigts, tiède, vaguement humide. Pas vraiment comme de la peau. Plutôt comme... un truc qu’on oublie au fond de l’évier.
Je me suis assis au bord du lit, le cœur battant comme si j’allais commettre un crime. La première pression a été étrange. Le latex du gant se froissait sous mon gland, trop lisse, trop froid malgré l’eau chaude.
J’ai fermé les yeux, en essayant de m’imaginer autre chose. Un corps. Une bouche. Des hanches qui bougent. Mais les éponges s’écrasaient sous la pression, produisant un petit bruit mouillé qui m’a fait rouvrir les yeux aussitôt. De l'eau tiédasse coulait sur le lit.
C’était ridicule. Absolument ridicule. Le genre de moment où tu te demandes comment tu as pu en arriver là : seul dans ta chambre, à fourrer des ustensiles ménagers. Et pourtant, je l'ai fourrée cette vaginette. J'ai imaginé Maëva, puis Candice, une fille de ma promo. Et j'ai joui, mon sperme pathétique terminant sa course au fin fond d'un gant de cuisine.
Les premières semaines avaient filé comme l'éclair. Les cours étaient passionnants, je jouissais d'une réputation de mec sérieux et bosseur. Mes profs me considéraient et mes parents étaient ravis de mes notes. Mais malgré cette formation épanouie, une vie sociale plutôt installée, ma journée ne "démarrait" vraiment que lorsque je me retrouvais seul, le soir, dans mon 9m2 étudiant.
Lassé d’osciller entre mes chaussettes, mon gant de toilette et cet engin improvisé, j’avais fait l’acquisition d’un vagin artificiel très réaliste. Le genre qu’on trouve dans les boutiques spécialisées.
Je me revois encore passer le rideau, tremblant, simulant un achat potache « pour l’anniversaire d’un pote », bien conscient que la vendeuse — une femme d’âge mûr aux formes généreuses — n’était pas dupe.
La première fois, j’ai éjaculé en quinze secondes, avant même d’avoir complètement enfoncé mon pénis. Une honte brûlante m’a traversé, suivie d’un rire nerveux.
Je suis devenu addict. Trois fois par jour, parfois plus. Toujours le même rituel : je lubrifiais abondamment, m’agenouillais devant le lit, enfonçais lentement.
Le problème, c’est que je ne tenais jamais plus d’une minute. Mon corps réagissait comme celui d’un ado de quatorze ans devant sa première femme nue.
J’ai essayé de me retenir, de penser à des choses chiantes — les impôts, la lessive — mais rien n’y faisait. Ma main droite serrait le tube en caoutchouc pendant que la gauche enregistrait mes nouveaux records : quarante-sept secondes. Trente-deux secondes. Dix-huit secondes.
Et puis il y a eu cette soirée, au printemps.
Chez Mathilde, une fille d’une école d’architecture que je connaissais par amis interposés.
Une coloc avec trois autres filles. Une quinzaine de personnes au total. Ça parlait cul dès l’apéro.
Julie, rousse pulpeuse, racontait en riant qu’elle avait « cassé » un mec la veille.
— Il bandait dur comme du béton pendant deux heures, et au moment où j’ai enlevé ma culotte... pfff, plus rien !
Les autres gloussaient. Moi, j’ai senti ma gorge se serrer. Au moins, ce type avait eu de la chance d'apercevoir une vraie chatte.
Ma soirée a pris un tout autre tournant, plus tard, dans la cuisine. Lou, petite brune aux yeux verts, m’a coincé contre le frigo.
— Tu m’excites, toi, a-t-elle soufflé.
Ses doigts ont joué avec ma ceinture. Mon cœur battait à deux cents à l’heure. Puis elle a chuchoté :
— Viens.
La chambre était sombre. Elle m’a poussé sur le lit et a commencé à déboutonner mon jean. J’étais tétanisé. Mou. Elle a ri, un son sec.
— Quoi ? T’as peur ou quoi ?
Sa main a fouillé dans mon caleçon.
Silence. Puis :
— Putain... C’est tout ?
Elle a rallumé la lampe de chevet. J’ai vu ses yeux se poser sur mon entrejambe, puis remonter vers mon visage avec une moue de dégoût.
Elle a lâché un « ah » entendu, comme si tout s’expliquait. Sans un mot, elle a reboutonné son chemisier et est partie. La porte a claqué. Derrière, j’ai entendu :
— Non, rien. Juste un gars pas intéressant.
Je suis resté là, le sexe flasque à l’air, pendant dix bonnes minutes. Dans ma tête, c’était une boucle : les rires dans le salon, le regard de Lou, son « c’est tout ? » qui résonnait plus fort que la musique.
J’ai fini par me rhabiller en vitesse. En passant devant le miroir de l’entrée, j’ai surpris Lou en train de rouler une cigarette avec deux copines. Elle m’a vu.
Nos regards se sont croisés une seconde. Puis elle a haussé les épaules et s’est tournée vers les autres. Elle n’a rien dit. Ce soir-là, personne n’a rigolé en me voyant partir.
Les semaines suivantes — les plus belles, celles des premiers rayons de soleil et des verres tardifs en terrasse — ont été un enfer.
J’évitais les soirées, surtout celles où Lou traînait. Mais les murs du Crous étaient sans pitié. À minuit pile, les gémissements de ma voisine du dessus commençaient, accompagnés des claquements sourds d’un lit contre le mur.
Je reconnaissais sa voix — une blonde en LEA — et parfois même celle du mec, un connard de la fac de droit qui parlait fort dans les couloirs. Un soir, j’ai entendu sa pote lui demander pourquoi elle ramenait toujours ce type.
— Il est pas beau, mais putain, il me fait jouir comme une folle, avait-elle répondu sans gêne.
J’ai baissé le son de mes écouteurs. La honte était plus forte que le porno.
Ma vie sociale se résumait désormais à des mensonges calculés. Quand on me demandait pourquoi je sortais si peu, je parlais de ma « copine » fictive, de nos disputes à distance, de mes doutes.
J’inventais des détails crédibles : ses cheveux bruns, son rire cassant, ses études de médecine à Toulouse. Parfois, je montrais même une photo — une inconnue pêchée sur Instagram — pour appuyer mes dires.
Les regards compatissants me soulageaient autant qu’ils m’écrasaient. Au moins, ils me croyaient.
Au moins, je n’étais plus le puceau pathétique.
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