Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sur un coup de tête — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sur un coup de tête
Chapitre 1
— Mais qu'est-ce que je suis en train de faire, bordel ?
Je me demande pour la 68e fois depuis le début du trajet. Ça fait maintenant cinq heures que je suis en voiture, mon petit sac sur le siège passager et Taylor Swift dans les oreilles. Je n'ai même plus envie d'écouter de musique à ce stade. Je suis juste trop fatiguée pour conduire sans en écouter et mon cerveau est assailli de pensées intrusives que j'essaye en vain de noyer.
Je suis une personne raisonnable, mais tu fragilises, non, tu casses, même pas, tu annihiles toute raison en moi. Une chance d'enfin partager une nuit ou même un moment avec toi et je pars, sur un coup de tête, faire plus de 500 kilomètres en voiture, de nuit, seule.
— Fais demi-tour, t'es ridicule ! Tout ça pour un mec, t'as aucune espèce de respect pour toi même, tu me fais pitié.
Les pensées intrusives reviennent au galop entre deux chansons (et elles ont la voix de ma mère, étrange... Quoique.) Mais qu'est-ce que je fous ?
Il n'est plus temps de faire demi-tour. J'en suis aux derniers 50 kilomètres, ce serait ridicule de repartir maintenant. La première moitié du trajet est passée si vite, nos derniers messages tournaient en boucle dans ma tête, je sentais tes mots doux, obscènes, les deux à la fois, titiller mon cerveau, mon cœur, ma chatte... J'étais dans un état d'excitation que je n'avais encore jamais ressenti de ma vie.
On dit que l'anticipation attise les sens, qu'elle rend le plaisir enfin obtenu bien meilleur. Eh bien je peux vous dire que c'est testé et approuvé ici ! Enfin, pour les sens attisés en tout cas, pour le plaisir, je le découvrirai sûrement bientôt. Après près de six mois à échanger des messages, sextos, photos, visios, à s'exciter derrière nos écrans de téléphones, à se rendre dingues de désir l'un pour l'autre, je n'y tenais tout simplement plus. Mon corps brûle pour toi, ça me fait mal de ne pas pouvoir te toucher. Alors il a suffi que tu m'annonces que tu passes une nuit, la première depuis notre rencontre virtuelle, en France, pour que je dise « où ? », que je me prépare une trousse de toilette, une tenue de rechange et que j'active Waze.
36 kilomètres restants. Il me faut une pause. Je ne suis plus que stress, je bous, je transpire, mes mains sont crispées sur le volant. Une énorme boule a élu domicile dans mon ventre, elle m'empêche presque de respirer. Je m'arrête sur la première aire d'autoroute que je trouve, je prends mon téléphone, mon sac, et sors de la voiture.
Il me faut moins de 10 secondes pour déverrouiller mon téléphone et ouvrir notre conversation. Une vraie toxico. Cinq messages de ta part :
J'arrive pas à croire que t'es en route. Ça me chamboule de me dire que je vais faire ta connaissance dans quelques heures. Et comme par hasard, ça va être les plus longues de ma vie. »
— Dis-moi où tu en es à ta prochaine pause s'il te plaît.
— Désolé de te spammer, je pense encore plus à toi que d'habitude, c'est dingue ce que tu fais, mais j'adore.
— J'ai tellement envie de toi que je n'arrête pas de bander depuis que tu es partie haha, j'espère que j'y arriverai toujours quand tu seras enfin là.
— Ça fait 1h30, tu devrais bientôt faire une pause, je veux de tes nouvelles.
Je souris un peu plus à la lecture de chaque message et la boule se dénoue. Une autre forme de chaleur me traverse. Ton contact, même à travers ces simples messages, me conforte et m'apaise instantanément.
Je t'enregistre un vocal pour te rassurer, te dire où j'en suis, que seulement quelques minutes nous séparent. Ma voix tremblante doit trahir mon état. Je me dis que tu dois dormir, je l'espère un peu. Au moins un de nous deux sera reposé !
Mon Dieu, je vais te voir ! TU VAS ME VOIR ! Et je ne suis pas du tout dans l'état dans lequel je me suis si souvent imaginée être pour notre première rencontre ! Mon maquillage date de ce matin, mes vêtements aussi et ils ne sont même pas dignes d'un premier date avec un mec lambda, alors dignes de toi, passons. Je me réfugie avec ma trousse de toilette dans les sanitaires de l'aire d'autoroute. J'asperge ma tenue de déodorant au point de me faire tousser. Je retouche mon maquillage, me brosse rapidement les dents. Je bénis au passage la moi du passé qui a pensé à glisser des lingettes intimes dans ma trousse de toilette. Mon téléphone sonne, c'est toi. Tu sais choisir ton moment.
— Tu es encore arrêtée ?
Tu parais inquiet.
— Oui, oui, pourquoi, ça ne va pas ?
Pitié, ne me dis pas que tu annules, que tu ne souhaites plus me voir, que tu préfères dormir et attendre demain. Les scénarios, plus horribles les uns que les autres, se bousculent dans ma tête crevée et rongée par le stress et l'excitation.
— Mais si, si, tout va bien ! C'est pour toi que je m'inquiète, tu as l'air toute paniquée.
— Euhm, oui, je crois que je stresse pas mal depuis quelques heures.
— Euhm, oui, je crois que je stresse pas mal depuis quelques heures.
Je ne songe même pas à te cacher ce que je ressens, ça me semble absurde. « C'est assez important ce qui va arriver et j'ai été très impulsive, à prendre la voiture comme ça. J'ai juste beaucoup de temps pour penser à tout ce qui peut mal se passer et... »
— Mal se passer ?!
Tu as presque l'air énervé. Je pense que tu t'en rends compte, ton ton s'apaise vite « Je crève d'envie de te rencontrer depuis si longtemps, je compte les minutes depuis que tu es partie, je ne peux rien faire sans penser à toi toutes les dix secondes. Je stresse aussi, je suis tétanisé, mais j'en peux plus d'attendre. S'il te plaît, juste viens. »
Je fonds. Comme toujours avec toi. Tu sais trouver les mots pour vider mon cerveau de ces vilaines pensées.
— Je me mets en route dans cinq minutes. J'arrive pas à croire que je vais te voir, c'est irréel.
— Oh, je disais pas ça pour que tu te presses, prends ton temps hein !
— Si, si, je viens vite, trop envie de toi, j'en peux plus.
— Oh, je disais pas ça pour que tu te presses, prends ton temps hein !
— Si, si, je viens vite, trop envie de toi, j'en peux plus.
Les mots sortent tout seuls.
— D'accord, alors, viens. Je t'attends.
Nous raccrochons. Je réprime l'envie de sauter dans ma voiture et de mettre le pied au plancher pour te retrouver le plus vite possible. Je vais quand même tenter de garder un minimum de lucidité dans cet instant de pur... De pur tout, tellement d'émotions se font la guerre dans ma tête, mais une seule surpasse les autres, l'envie. Je termine de me nettoyer, me rends aussi jolie que possible après près de six heures de voiture et une semaine de travail dans les pattes, et je reprends ma place derrière le volant.
Mon cœur bat si vite, ma chatte mouille, je la sens couler, comme toujours après avoir entendu ta voix. Mais cette fois-ci, c'est différent, cette fois-ci, je sais que tu vas la goûter, la sentir, enfin.
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