Réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Vendange tardive — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Vendange tardive
Chapitre 1
J’avais soixante ans, trente ans d’hétérosexualité et dix d’abstinence quand l’obsession du pénis s’est imposée dans tous mes rêves comme une urgence, me réveillant en sueur au moment de l’éjaculation.
Mais non, ma queue était pleine de désir, mais molle, flasque et trop courte pour rejoindre ma bouche. C’est devenu récurrent et hallucinatoire, terriblement réel et tellement érotique.
Je me suis mis à me caresser, à me branler, à reconsidérer mon pénis, à aimer ses sécrétions, à rechercher son odeur d’herbe le matin, puis plus épicée en fin de journée.
Je me suis mis à me caresser, à me branler, à reconsidérer mon pénis, à aimer ses sécrétions, à rechercher son odeur d’herbe le matin, puis plus épicée en fin de journée.
J’avais envie de sucer, alors j’ai cherché un amateur de fellation comme on feuillette un catalogue sur un site de rencontres.
Il y eut peu d’échanges. L’homme de mon âge, un gros homme de cent kilos aux cheveux gras et à la peau épaisse ne me plaisait pas, mais c’était son sexe que je convoitais.
Il y eut peu d’échanges. L’homme de mon âge, un gros homme de cent kilos aux cheveux gras et à la peau épaisse ne me plaisait pas, mais c’était son sexe que je convoitais.
Sur un parking, nos voitures se sont rapprochées. Nous nous sommes jaugés. Après un mot de reconnaissance, je l’ai suivi et nous nous sommes garés en lisière de forêt. Il faisait chaud, c’était l’été, en plein midi.
Nous nous sommes enfoncés dans le bois, hélas clairsemé. Il me plaisait de moins en moins. Nos échanges étaient laconiques et inintéressants, puis il m’a demandé si je voulais tenter quelque chose. J'ai pensé partir en courant, fuir comme un gamin.
Il s’est accroupi, a ouvert ma braguette et a commencé à savourer ma virilité, à demi inquiète. Mais je n’étais pas venu pour ça. Je le lui ai dit. Il s’est redressé, et c’est moi qui me suis agenouillé.
Il s’est accroupi, a ouvert ma braguette et a commencé à savourer ma virilité, à demi inquiète. Mais je n’étais pas venu pour ça. Je le lui ai dit. Il s’est redressé, et c’est moi qui me suis agenouillé.
J’ai fait glisser le pantalon de survêtement, et son sexe a pointé sous sa bedaine proéminente, en sueur. Il bandait déjà. Sa queue était bien droite et petite, comme celle d’un enfant : c’est ce qui m’avait troublé sur ses photos. L’odeur du prépuce, que je retroussais délicatement avant d’en tirer la peau pour le friper encore, était magnétique, irrésistible, ce mélange de sperme, de sueur et d’un peu d’urine. Cela me dilatait la poitrine, et une sensation de chaleur, de bien-être, m’a envahi, tandis que la forêt tout autour, avec ses fougères, m’a paru plus lumineuse, plus verte que la verdeur.
J’ai commencé à lécher, sucer, saliver, aspirer ce petit pénis qui entrait entièrement. Mon nez frottait contre les poils pubiens, qui sentaient fort, d’une odeur cochonne relevée par les effluves montant de son entrecuisse, et qui me faisaient défaillir d’émotion. Je m’appliquais avec l’impression de m’engloutir moi-même. J’arrêtais pour mieux recommencer, afin de lécher entre-temps les couilles et de les respirer, elles aussi. J’aurais voulu que cela dure indéfiniment, pour prolonger cette espèce de béatitude. J’étais enfin à ma place.
Mais l’inconnu m’a dit qu’il allait éjaculer et a sorti de ma bouche pour gicler de longs jets de sperme sur l’herbe. Ému et frustré, je l’ai masturbé jusqu’à la dernière goutte. J’étais fier de moi, un peu sottement, je l’avoue, mais heureux.
Une fois réajusté et remis de ce désordre amoureux, cet homme qui m’avait inquiété et que j’avais trouvé laid m’a plu, comme la première fille de la première fois, il y a si longtemps. Je le trouvais tout à fait à mon goût. J’ai éprouvé de l’affection et de la gratitude, et j’aurais fait tout ce qu’il m’aurait demandé, avec cette envie de l’odeur de sa peau.
Puis, tous les matins, le souvenir de la fellation me revenait de manière obsessionnelle. C’était son sexe dont je rêvais, et qui me mettait dans un état de surexcitation dont je ne sortais qu’après une masturbation frénétique. Je l’imaginais assis sur ma poitrine, prêt à se frotter contre mon visage, à baiser ma bouche, puis se retournant pour m’imposer son cul et me forcer à le lui lécher.
J’étais pris d’une fureur érotique qui ravivait tous mes sens.
Alors, j’ai compris que j’avais envie de recommencer, que l’obsession du pénis avait remplacé celle des seins, des tétons et du clitoris, et que je n’aurais plus jamais envie que de ça : de la bite d’un homme, de ses couilles à lécher par-dessous, par-derrière, de son cul odorant, de ses pieds, de ses aisselles, de sa bouche et de sa langue.
Alors, j’ai compris que j’avais envie de recommencer, que l’obsession du pénis avait remplacé celle des seins, des tétons et du clitoris, et que je n’aurais plus jamais envie que de ça : de la bite d’un homme, de ses couilles à lécher par-dessous, par-derrière, de son cul odorant, de ses pieds, de ses aisselles, de sa bouche et de sa langue.
Je n’ai pas revu cet homme, qui est pourtant devenu l’incarnation de mes fantasmes. J’étais devenu, en peu de temps, homosexuel. Sans illusions à cause de mon âge, et sans grand espoir d’une sexualité épanouie et heureuse, je me suis mis cependant à voir les hommes autrement : non plus comme des rivaux vaguement hostiles, des concurrents, voire des adversaires, mais comme des partenaires potentiels et objets de désir. Cela changeait ma perspective, et une sorte d’apaisement tranquille m’a doucement transformé dans mon comportement. Il y avait de moins en moins d’aigreur, de cynisme, ou même d’ironie, mais une douce bienveillance qui m’étonnait. Mieux encore, l’écho que j’en recevais en échange était, lui aussi, apaisé, pacifié.
Comme la forêt avait changé de couleur et de lumière, la ville devenait hospitalière et inoffensive. Je n’étais pas attiré par tous les hommes, juste ceux que le temps, la négligence et peut-être un lâcher-prise avaient enlaidis, et dans lesquels je me reconnaissais, comme on reconnaît l’essentiel, le désir, quand on a laissé choir la norme et le souci de plaire.
Peu à peu, cette nouvelle obsession s’est estompée. Le plaisir du sexe a été remplacé par le plaisir de parler de sexe, puis par celui d’écrire mon ressenti comme je le fais ici, jusqu’à s’émousser et disparaître. Le plaisir d’en parler s’en ira aussi, jusqu’à la dernière curiosité. Et je lirai le journal d’un air désabusé quand j’aurai soixante-dix ans.
Mais ce n’est pas nous qui en décidons, ce sont les hormones et le printemps, une réaction, un commentaire plus osé, un désir plus impérieux que le nôtre qui nous force à nous mettre à genoux ou à quatre pattes pour notre plus grand plaisir. C’est aussi pour ça que vous continuez à lire, avec curiosité en écartant les phrases comme les fougères ou les fesses poilues pour y trouver le désir. Le vôtre, peut-être ?
Si ces mots ont fait écho en vous, si vous aussi vous avez connu cette révélation tardive, ce frisson inattendu, cette soif de peau et d’odeurs, n’hésitez pas à me répondre. Les désirs, ça se partage, ça se murmure, ça se renifle comme une odeur de sueur et de sperme après l’amour. Et parfois, ça se vit à deux, dans l’ombre d’une forêt ou entre les lignes d’un échange.
Alors, dites-moi : quel est ce désir qui vous a surpris, qui vous a mis à genoux, ou qui vous fait encore frémir ? Je suis là pour l’entendre.
Alors, dites-moi : quel est ce désir qui vous a surpris, qui vous a mis à genoux, ou qui vous fait encore frémir ? Je suis là pour l’entendre.
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