Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Plaisir de la Déesse : Le Rite de la Transcendance selon Gaia — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Plaisir de la Déesse : Le Rite de la Transcendance selon Gaia
Chapitre 1
J'ai écrit ce texte avec l'envie de vous faire entrer, presque en secret, dans un rêve que beaucoup d'entre nous partageons sans toujours oser le nommer.
Derrière l'érotisme cru et le rituel païen, il y a surtout une envie de réconciliation. Réconciliation avec le corps, avec la terre, avec cette part sauvage et sacrée que la modernité a tenté d'aseptiser, de contrôler ou de ridiculiser. Je voulais montrer une femme qui ne subit pas, mais qui choisit l'abandon comme acte de puissance. Une femme qui devient, le temps d'une nuit, le pont vivant entre le désir le plus charnel et le plus grand mystère.
***
La lune était pleine, ronde et lourde comme un ventre prêt à enfanter. Je marchais pieds nus sur le sentier de terre battue qui serpentait entre les chênes centenaires, et chaque pas faisait vibrer en moi une curiosité qui me picotait la peau comme une fièvre naissante.
Le vent portait l'odeur de la terre humide et du bois brûlé. J'avais vingt-deux ans, et pourtant, ce soir, j'étais à la fois vierge et antique, élue par le Cercle pour devenir l'incarnation de Gaia la déesse mère.
Les hommes du village m'attendaient déjà. Masqués. Anonymes. Leurs visages cachés derrière des masques de bois sculpté, peints de vert profond et de rouge sang : cornes de cerf pour les uns, feuilles de lierre entrelacées pour les autres, gueules de loup stylisées pour les plus farouches.
Ils ne parlaient pas. Ils chantaient bas, une mélopée grave qui semblait sortir du sol lui-même, comme si la terre respirait par leurs gorges. Je savais que c'étaient les mêmes que je voyais tous les jours au village, fermiers, professeurs, guerriers. Mais ce soir, ils n'étaient plus des hommes. Ils étaient les messagers du Cycle, leurs semences vigoureuses offertes à la terre nourricière.
Je m'arrêtai à la lisière du cercle de pierres levées. Au centre se dressait un autel de granit. La curiosité me brûlait. Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Les anciennes paroles du rituel tournaient dans ma tête, transmises par les Anciennes lors des veillées :
« La matrice s'ouvre pour que la Terre se souvienne. Le corps de la femme est le temple, et les hommes sont les rivières qui irriguent la vie. »
Je portais seulement une tunique de lin blanc, fine comme une brume. Le tissu collait à mes seins, à mes hanches, révélant déjà la pointe durcie de mes tétons sous la fraîcheur nocturne. Mes cheveux noirs cascadaient jusqu'à mes reins, tressés de lierre et de fleurs sauvages cueillies au crépuscule.
Je sentais mon sexe palpiter, déjà humide, non de désir vulgaire, mais d'une attente sacrée. Curiosité. Pure, presque enfantine. Qu'allait-il se passer quand leurs mains me toucheraient ? Allais-je vraiment devenir le pont entre le ciel et la terre ?
Je fis un pas dans le cercle. Le chant s'amplifia. Huit hommes. Huit, comme les huit phases de la lune, comme les huit directions du vent. Ils formèrent un anneau autour de moi. Leurs corps nus luisaient sous la lune, huilés d'huile d'olive et de romarin.
Leurs masques les rendaient à la fois terrifiants et magnifiques : des dieux sauvages, des esprits de la forêt. Le plus grand, celui aux cornes de cerf, s'avança le premier. Je reconnus sa carrure, mais je chassai le nom. Pas ce soir. Il tenait une coupe de terre cuite remplie d'un liquide sombre.
— Buvez, murmura-t-il d'une voix déformée par le masque.
Je bus. Le vin épicé, mêlé de miel et d'herbes sacrées, coula dans ma gorge comme une caresse brûlante. Aussitôt, une chaleur se répandit dans mon ventre, descendit entre mes cuisses, fit gonfler mon clitoris. Ma curiosité se mua en un frisson délicieux. Le monde devint plus net, plus vivant. Les feuilles des chênes bruissaient comme des milliers de voix. La terre sous mes pieds pulsait, lente, profonde, comme un cœur immense.
Ils commencèrent à danser. Lentement. Leurs pieds nus frappaient le sol en rythme, faisant trembler le cercle. Leurs mains effleuraient l'air autour de moi, sans me toucher encore. Je sentais leurs regards derrière les masques : faim, révérence, désir.
Mon corps répondait. Mes hanches oscillèrent d'elles-mêmes, suivant le chant. La tunique glissa de mes épaules. Je la laissai tomber. Nue. Offerte. Mes seins lourds, mes courbes pleines, mon sexe rasé selon le rite, exposé à la lune. Une vague de chaleur me submergea. Curiosité et honte se mêlaient, puis se dissolvaient. C'était beau. C'était juste.
Le premier homme, le Cerf, s'agenouilla devant moi. Ses mains larges se posèrent sur mes chevilles, remontèrent lentement le long de mes mollets, de mes cuisses. Chaque centimètre de peau qu'il touchait s'embrasait.
« Tu es la Terre qui s'ouvre », pensai-je, et les mots du rituel s'éclairaient en moi comme des braises. Dans le culte de Gaia, la femme n'était pas soumise ; elle était le centre. Les hommes étaient ses outils, ses amants sacrés, ses enfants devenus amants pour la féconder à nouveau. Leur semence n'était pas possession. Elle était offrande. Renouvellement.
Ses doigts atteignirent l'intérieur de mes cuisses. Je tremblai. Il écarta doucement mes lèvres, humides, gonflées. Un gémissement m'échappa. Sa langue, chaude, large, glissa sur mon clitoris. Lentement. Avec révérence. Comme s'il léchait le miel d'un autel.
Ma curiosité explosa en plaisir pur. Je posai mes mains sur ses cornes de bois, m'y agrippai. Le chant des autres s'intensifia, les entourant comme une tempête.
Un deuxième homme, au masque de lierre, vint derrière moi. Ses paumes couvrirent mes seins, les pétrirent avec douceur d'abord, puis plus fermement. Ses pouces roulaient sur mes tétons, les pinçaient juste assez pour envoyer des éclairs jusqu'à mon sexe. Je me cambrai.
La langue du Cerf s'enfonça plus profond, lapant mon jus qui coulait maintenant abondamment sur ses lèvres. « C'est le nectar de la Mère », pensai-je, haletante. Ce fluide était sacré. Tout était cycle. Tout était vie.
Je perdis la notion du temps. Les mains se multipliaient. Un troisième homme, masque de loup, s'agenouilla à côté du Cerf. Sa langue rejoignit la première sur mon clitoris, deux bouches à présent, suçant, léchant, mordillant doucement. Mes genoux fléchirent.
On m'allongea sur l'autel de granit, frais contre mon dos brûlant. Les pierres gravées de spirales et de vulves stylisées semblaient vibrer sous moi. Je les sentais le symbole de la matrice éternelle.
Ma curiosité s'était muée en abandon. Je ne pensais plus « qui sont-ils ? ». Je pensais « je suis Elle ».
Le Cerf se releva. Son sexe était dressé, épais, veiné, luisant d'huile et de mon propre désir. Il se plaça entre mes jambes ouvertes. Les autres formèrent un cercle plus serré, leurs mains caressant mon corps, ventre, cuisses, seins, cou. Des doigts glissaient sur mes lèvres, dans ma bouche. Je les suçai avidement, goûtant le sel de leur peau.
Le Cerf entra en moi d'un seul coup lent, profond. Je criai. Pas de douleur. Une plénitude absolue. Il me remplissait entièrement, et chaque va-et-vient semblait faire monter la sève de la terre elle-même dans mes veines.
— Gaia… Gaia… psalmodiaient-ils.
Je répétai le nom dans ma tête, encore et encore. La Mère. La Créatrice. Celle qui avait donné naissance aux océans, aux forêts, aux hommes. Et moi, ce soir, j'étais son incarnation. Leurs corps étaient les saisons, printemps dans la douceur des caresses, été dans la force de leurs coups de reins, automne dans la récolte de mon plaisir, hiver dans l'attente de la semence.
Un autre homme prit la place du Cerf. Plus mince, plus nerveux. Son sexe était courbé, touchait un point en moi que je ne connaissais pas. Je jouis pour la première fois, violemment, mes parois se contractant autour de lui comme si la terre elle-même se refermait sur une graine. Mon cri se perdit dans le chant.
On me retourna. À quatre pattes sur l'autel. Un homme derrière moi, un autre sous moi, sa bouche sur mon clitoris pendant qu'il me pénétrait par en bas. Un troisième glissa son sexe entre mes seins. Je les serrai, léchai le gland qui passait près de mes lèvres. Goût de terre, de sel, de vie brute.
L'abandon était total maintenant. Mon esprit flottait. Je n'étais plus « je ». J'étais le vent dans les feuilles, la rivière qui coule, la fleur qui s'ouvre. Chaque pénétration était une prière. Chaque giclée de salive ou de sueur sur ma peau était une bénédiction.
Leurs masques me fixaient, impassibles et pourtant brûlants. Derrière le bois, je sentais leurs âmes, la peur de la fin du monde qu'ils avaient fuie, le besoin de renaître. Mais je ne m'attardais pas. Pas encore.
Ils me prirent à tour de rôle, parfois deux en même temps. Un dans mon sexe, un dans ma bouche. Puis un troisième qui lubrifia mon anus avec mon propre jus et entra lentement, tendrement. La double pénétration me fit hurler de plaisir. La douleur se transforma en lumière.
« La Mère accepte tout », pensai-je dans un flash. « Elle n'a pas de tabou. Seulement la vie. » Mon corps était un temple ouvert à tous les vents. Je jouissais encore et encore, chaque orgasme plus profond, plus long, comme des vagues qui s'écrasaient sur la grève de mon âme.
La sueur coulait entre mes seins, le long de mon dos. Mon sexe était gonflé, rouge, ruisselant de leur semence et de la mienne. Ils me marquaient, mais c'était moi qui les absorbais. Je sentais leur énergie remonter en moi, se mélanger à la mienne, devenir quelque chose de plus grand.
La force naissait. Pas la force brute des hommes. La force de la terre : patiente, inexorable, créatrice. Dans cet abandon, je trouvais le pouvoir. Je n'étais plus victime du chaos. J'étais le chaos qui enfante l'ordre. La femme qui porte le monde dans son ventre.
Le chant devint plus rapide. Ils me soulevèrent, me tinrent en l'air, mes jambes écartées, tandis que chacun venait à son tour déverser sa semence en moi. Je les sentais tous, chauds, épais, pulsants. Certains sur mes seins, d'autres dans ma bouche que j'avalais comme un sacrement.
La dernière goutte, celle du Cerf, fut versée directement sur le sol, mêlée à mon jus qui coulait le long de mes cuisses. Le rite s'achevait ainsi : la terre recevait son dû.
Je m'effondrai sur l'autel, comblée, tremblante. Mon corps était un champ labouré, une forêt après la pluie. La force en moi était immense. Je me sentais connectée. Pas seulement à ces hommes. À tout. Aux arbres qui nous entouraient, à la lune qui nous regardait, à la rivière qui chantait au loin. J'étais vivante. Plus que jamais. L'abandon m'avait rendue invincible.
Les hommes reculèrent, toujours masqués, toujours silencieux. Ils s'agenouillèrent autour du cercle, fronts contre terre. Je me redressai lentement. Mes jambes tremblaient. Du sperme coulait le long de mes cuisses, je le recueillis d'une main et le frottai sur mon ventre, sur mes seins, comme un onguent sacré.
Puis je marchai jusqu'au centre exact du cercle et m'agenouillai à mon tour. Je posai mes paumes sur la terre.
Et c'est là que la vérité monta en moi, claire, fulgurante, comme si Gaia elle-même me parlait enfin sans voile.
Ce rituel n'était pas issu d'un lointain passé. Il n'avait pas traversé les millénaires dans des grottes oubliées. Il était né il y avait à peine quatre ans, dans les ruines fumantes de ce qui avait été Paris, Londres, New York. Quand les machines s'étaient tues. Quand les lumières du ciel s'étaient éteintes. Quand les temples d'acier et de verre s'étaient effondrés sous le poids de leur propre orgueil.
La civilisation occidentale avait tout promis : le progrès, l'immortalité, la maîtrise de la nature. Elle avait tout détruit. Les océans bouillants, les forêts rasées, les corps stériles, les âmes vides. Les guerres finales pour le dernier pétrole, le dernier écran, la dernière illusion.
Et puis, dans les villages qui avaient survécu, loin des mégalopoles mortes, des femmes comme moi avaient rêvé. Des rêves de terre noire, de vent libre, de ventre plein. Des rêves de Gaia. Pas la déesse de musée. La vraie. Celle qui n'avait jamais disparu, seulement été bâillonnée.
Nous avions repris les masques des anciens cultes, les chants des ancêtres celtiques, africains, amérindiens. Nous les avions fondus en un seul. Le Culte de la Mère était revenu, non pas comme relique, mais comme nécessité. La nouvelle religion. La seule qui restait après l'effondrement.
Les hommes masqués n'étaient pas des paysans d'un âge oublié. Ils étaient ingénieurs sans emploi, anciens traders, des pères de famille qui avaient vu leurs enfants mourir de faim ou de soif. Ils s'étaient dépouillés de leurs noms, de leurs diplômes, de leurs comptes en banque. Ils avaient choisi d'être les Gardiens. Parce qu'ils avaient compris, enfin, que la seule puissance qui pouvait sauver ce qui restait de l'humanité était celle qui avait tout créé, la déesse-mère.
Je levai les yeux vers la lune. Des larmes coulaient sur mes joues, mais c'étaient des larmes de joie sauvage. La force que j'avais trouvée dans cet abandon n'était pas seulement la mienne. C'était celle de toutes les femmes qui, avant moi, avaient ouvert leurs jambes et leur âme pour que la vie continue. Et maintenant, elle coulait en moi, prête à germer.
Je me relevai. Nue, couverte de sueur et de semence, je marchai vers les hommes toujours prosternés. Je posai une main sur la tête du Cerf.
— Levez-vous, mes fils, mes amants, mes pères. Le cycle est accompli. La Mère est satisfaite.
Ils se redressèrent. Derrière leurs masques, je devinais des sourires épuisés, émerveillés. L'un d'eux, le plus jeune, osa murmurer :
— Merci, ô notre déesse.
Je ris doucement. Un rire grave, profond, qui fit vibrer la terre sous nos pieds.
— Non. Merci à vous. Car ce soir, nous avons fait plus que baiser. Nous avons ressuscité le monde.
Je ramassai ma tunique, mais ne la remis pas. Je la portai sur mon bras, comme un trophée. Le sperme séchait sur ma peau, marquant mon corps comme un sceau. Demain, les Anciennes viendraient. Elles liraient les signes sur ma chair, sur la terre foulée. Elles sauraient si la graine avait pris. Si un enfant naîtrait, neuf mois plus tard, enfant du rituel, enfant de la renaissance.
Je quittai le cercle. Le chant reprit derrière moi, plus doux cette fois, presque une berceuse. La forêt m'accueillit. Les chênes semblaient se pencher pour me saluer. Au loin, je voyais les lumières tremblotantes des torches du village : quelques feux, des cabanes de bois et de pierres récupérées sur les autoroutes mortes. Plus d'électricité. Plus de réseaux. Plus de mensonges.
Seulement la terre. Seulement la lune. Seulement nous.
Et moi, marchant nue sous les étoiles, je sentais la vie pulser dans mon ventre. Pas seulement la vie à venir, peut-être. La vie tout court. La force inébranlable de celle qui s'abandonne pour mieux régner.
Gaia n'était pas morte. Elle s'était simplement réveillée.
Et j'étais son corps.
Son cri.
Sa matrice éternelle.
***
Si ce texte vous trouble, vous excite et vous apaise à la fois, c'est exactement ce que je cherchais. Parce que nous sommes plusieurs à porter cette nostalgie d'un monde plus cru, plus vrai, plus cyclique. Et peut-être, en le lisant, vous vous êtes reconnu un instant dans cette jeune femme nue sous la lune.
Alors bienvenue dans le Cercle. Tu n'es pas seul à avoir entendu l'appel.
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Alors bienvenue dans le Cercle. Tu n'es pas seul à avoir entendu l'appel.
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Commentaires ()
Je suis assez d’accord avec toi. Plus j’écris sur ce site, plus je me rends compte que l’acte sexuel en lui-même n’est pas ce qui m’intéresse le plus. Ce qui me fascine, c’est tout ce qui gravite autour : la tension, la construction du désir, les chemins détournés qui mènent à ce climax, et les différentes atmosphères qu’on peut créer.
Du coup, je vois ces nouvelles un peu comme des gammes : des exercices pour explorer des univers, des ambiances et des dynamiques, sans chercher à révolutionner le genre pour l’instant. Tu as raison sur le côté encore trop « propre » et léché, ça manque parfois de ce grain brut dont tu parles. Je prends bien note de ta remarque. Pour les prochains textes.
En tout cas, merci pour ce retour honnête, ça fait plaisir d’avoir un avis précis et constructif.
Ce que j'apprécie le plus c'est la façon dont tu dessines l'arrière plan, le contexte, par touches, en évitant les développements trop artificiels (ce qui est peut-être mon défaut (avec les parenthèses )).
Tu signales qu'il n'y aura pas de suite et ça se comprend, c'est l'intérêt des nouvelles mais j'avoue que j'aurais apprécié de lire d'autres histoires (autonomes, pas des suites) dans cet univers post-apo que j'imagine être plus construit que ce que tu nous montre ici.
J'ai toujours trouvé le post-apo très propice à l'érotisme et assez peu souvent utilisé dans ce sens.
Malgré tout, ce n'est pas un mauvais texte en soi. Simplement, il ne va pas assez loin dans sa démarche.