Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Dans la peau d'Andréa — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Dans la peau d'Andréa
Chapitre 1
Les bouteilles de bière vides commencent à s'accumuler sur la table basse en verre, juste à côté d'un bol de chips à moitié écrasées. La télé tourne en fond, sur une vieille émission de télé-réalité dont le son est coupé, projetant des lueurs bleutées et mouvantes sur les murs du salon de Solène. C'est notre rituel. Chaque vendredi soir, c'est notre moment à nous. On s'enferme, on oublie le reste du monde, on refait nos vies. Sauf que ce soir, le gin-tonic qu'elle a dosé avec la générosité d'une barman en fin de service commence sérieusement à me cogner derrière les crânes.
Je sens mes paupières un peu lourdes, un sourire niais flotter sur mes lèvres sans que je puisse le contrôler. Solène, elle, est affalée de tout son long sur son canapé d'angle, ses jambes recouvertes par un plaid en polaire rose fluo. Elle fait tourner le glaçon au fond de son verre d'un geste circulaire, le regard brillant, un peu trop lucide à mon goût pour quelqu'un qui a descendu la même quantité d'alcool que moi.
— N'empêche, Luke…
Elle pose son verre sur la table avec un bruit sec qui me fait sursauter. Elle se redresse d'un coup, calant ses coudes sur ses genoux, son regard braqué droit dans le mien. Je connais cette tête. C'est sa tête des mauvais coups, celle où son cerveau monte un plan machiavélique.
— Tu viens d'avoir vingt ans, mon vieux. Vingt ans ! C'est le bel âge, la fleur de la jeunesse, tout ça. Alors balance : tu vas te décider quand à enfin te trouver un mec pour te dépuceler ?
Le choc des mots me frappe de plein fouet. Mes joues s'empourprent instantanément, une vague de chaleur subite me montant jusqu'aux oreilles. Je sens mon cœur s'emballer. Vingt ans, oui, je les ai eus la semaine dernière. Et oui, je suis gay, et oui, je n'ai jamais rien fait avec personne. C'est mon secret de polichinelle, ou plutôt ma croix que Solène adore remuer dès qu'elle en a l'occasion.
— Solène, s'il te plaît… je bafouille en détournant les yeux, fixant soudainement mes chaussettes avec un intérêt démesuré. T'es pas obligée de dire ça comme ça. Et baisse d'un ton, je sais pas, les voisins pourraient entendre.
— Oh, s'il te plaît ! Mes voisins ont quatre-vingts ans et dorment avec des sonotones coupés, s'exclame-t-elle en levant les yeux au ciel. Et puis arrête de faire ton coincé. On est entre nous. Regarde-moi, tu es rouge comme une tomate ! C'est dingue d'être aussi timide à ton âge. Allez, parle-moi. C'est quoi ton genre ? Les intellos ? Les artistes ? Les skateurs ?
— Oh, s'il te plaît ! Mes voisins ont quatre-vingts ans et dorment avec des sonotones coupés, s'exclame-t-elle en levant les yeux au ciel. Et puis arrête de faire ton coincé. On est entre nous. Regarde-moi, tu es rouge comme une tomate ! C'est dingue d'être aussi timide à ton âge. Allez, parle-moi. C'est quoi ton genre ? Les intellos ? Les artistes ? Les skateurs ?
Je reprends une gorgée de mon verre pour me donner de la contenance. L'alcool dissout doucement mes inhibitions, créant une sorte de brume protectrice et courageuse dans mon esprit. Je me cale un peu plus profondément dans les coussins, sentant un rire nerveux m'échapper.
— C'est pas que je suis coincé… c'est juste que… je sais ce que je veux, mais c'est pas facile.
— Ah ! Elle pointe un index victorieux vers moi. Donc tu as un style. Raconte. Je veux des détails croustillants. À quoi ressemble le mec idéal qui va enfin faire de mon meilleur ami un homme ?
— Ah ! Elle pointe un index victorieux vers moi. Donc tu as un style. Raconte. Je veux des détails croustillants. À quoi ressemble le mec idéal qui va enfin faire de mon meilleur ami un homme ?
Je soupire, fixant le plafond, laissant l'ivresse guider mes paroles. Les barrières cèdent les unes après les autres. Dans ma tête, une image très précise apparaît. Une image qui me hante depuis des mois, que je garde jalousement pour moi.
— Eh bien… commence-je, la voix un peu plus basse, presque confidentielle. J'aime bien les mecs… enfin, les vrais mecs, tu vois ? Un type bien foutu, assez sportif, le genre qui passe du temps à la salle ou qui fait du sport en extérieur. Quelqu'un d'assez grand, qui en impose. Un mec un peu macho sur les bords, très masculin, protecteur. Brun, de préférence, avec des cheveux un peu épais, et… des yeux bleus. Un bleu hyper perçant. Quelqu'un qui a de l'assurance, qui sait ce qu'il veut. Entre vingt et trente ans, dans cette tranche-là. Le genre de mec qui capte tous les regards quand il entre dans une pièce, sans même faire d'effort.
Plus je parle, plus je m'enfonce dans ma description, presque en transe, oubliant un instant à qui je m'adresse. Quand je reprends mon souffle, je m'aperçois que Solène a arrêté de faire tourner son glaçon. Elle me fixe, la bouche bée, les sourcils froncés, avec une expression qui passe rapidement de la surprise à une illumination totale.
Un silence de plomb s'installe dans le salon. Puis, un énorme sourire sadique s'étire sur ses lèvres.
— Mais… Luke… dit-elle doucement, un rire contenu faisant trembler sa voix.
— Quoi ? je demande, soudain inquiet.
— Mais t'es en train de décrire mon frangin, là ! Basile ! Vingt-sept ans, grand, brun, yeux bleus, fana de muscu et macho fini !
— Quoi ? je demande, soudain inquiet.
— Mais t'es en train de décrire mon frangin, là ! Basile ! Vingt-sept ans, grand, brun, yeux bleus, fana de muscu et macho fini !
Mon cœur rate un battement. Un froid polaire me traverse malgré l'alcool, immédiatement suivi d'une bouffée de chaleur dantesque. Je sens le rouge me monter au visage, une chaleur cuisante qui doit me donner l'air d'une écrevisse en fin de cuisson. Je plaque mes deux mains sur mes joues brûlantes, le regard terrifié. Elle a compris. Elle a tout compris. Mon crush secret, absolu et totalement inavouable depuis plus d'un an, vient d'être exposé au grand jour.
— Non ! Non, pas du tout ! Je… c'est juste un exemple général, je bafouille, ma voix montant de deux octaves. Je ne pensais pas à Basile, c'est ridicule !
Solène éclate d'un rire sonore, se jetant en arrière sur ses coussins.
— Arrête de mentir, tu es démasqué ! Oh mon Dieu, Luke, tu as un énorme crush sur mon frère ! C'est tellement énorme ! Mais tu es complètement fou mon pauvre vieux. Basile ? Tu sais très bien que c'est un queutard de première ! Il enchaîne les meufs comme des perles sur un collier. Et surtout, il est 100% hétéro. Mais genre, hétéro pur jus, le cliché du mec qui ne regarde même pas un autre mec. Tu n'as aucune chance, mais alors zéro !
Ses moqueries me piquent un peu, mais au fond, je sais qu'elle a raison. C'est une cause perdue. Je baisse la tête, dépité, fixant mes mains.
— Je sais… je murmure, la voix éteinte. Je sais très bien. C'est pour ça que je disais rien. Laisse tomber.
Solène s'arrête de rire. Elle me regarde, pensive, tapotant son menton avec son index. Ses yeux s'écarquillent soudainement, illuminés par une idée qui semble illuminer toute sa boîte crânienne.
— Attends… mais je sais ce que l'on peut faire ! s'exclame-t-elle.
Je la regarde, esquissant un sourire nerveux, mais je me renfrogne tout de suite, sur la défensive. Mon côté coincé reprend le dessus face à son enthousiasme suspect.
— Tu veux dire quoi par là ? Qu'est-ce qui te passe par la tête encore ?
— Samedi prochain, il organise une petite fête à la salle des fêtes du village avec tous ses potes, me dit-elle, les yeux pétillants d'excitation. Et je pense que l'on peut s'y incruster. Il ne me refuse jamais rien, je suis sa petite sœur chérie après tout.
— Samedi prochain, il organise une petite fête à la salle des fêtes du village avec tous ses potes, me dit-elle, les yeux pétillants d'excitation. Et je pense que l'on peut s'y incruster. Il ne me refuse jamais rien, je suis sa petite sœur chérie après tout.
Je fronce les sourcils, pas du tout convaincu par son plan.
— Oui, et alors ? On va s'incruster à sa soirée pour que je le regarde d'un air pathétique depuis le coin du buffet pendant qu'il drague des filles ? Super projet, Solène, vraiment.
Elle se penche vers moi, un sourire mystérieux aux lèvres, et me jauge de la tête aux pieds. C'est à ce moment-là que son regard s'attarde sur mes traits.
Il faut dire que physiquement, je suis un peu l'opposé de son frère. Je suis de taille moyenne, plutôt mince, pour ne pas dire très fin. Je n'ai pas un poil sur le menton, je suis totalement imberbe, ce qui me donne souvent l'air de faire plus jeune. Et surtout, j'ai de longs cheveux blonds, fins et soyeux, qui me tombent sur les épaules, encadrant un visage aux traits doux et des yeux bleus assez clairs.
Solène me scanne comme si elle me voyait pour la première fois, ou plutôt comme si elle imaginait une œuvre d'art en devenir.
— Mais regarde-toi, Luke ! T'as les traits tellement féminins, pas une once de barbe, et tes cheveux longs sont magnifiques. Avec du maquillage bien dosé, une perruque si besoin ou juste tes cheveux bien coiffés, et une tenue hyper sex… je te jure qu'il pourra croire que t'es une fille. Et en plus, ce n'est pas pour me moquer mais tu à une voix très douce comme une fille. Une vraie bombasse. Dans le noir de la salle des fêtes, avec l'alcool qu'il aura dans le sang, il n'y verra que du feu !
Je reste figé, la bouche ouverte, assimilant ses paroles. Ma première réaction est un mélange de choc et d'effarement.
— Mais t'es complètement dingue ! je m'écrie en repoussant l'idée d'un geste de la main. T'es malade mentale, Solène ! Moi ? Déguisé en fille ? Pour brancher ton frère ? Mais ça va pas la tête, l'alcool t'a cramé les neurones !
— Mais si, c'est une idée de génie ! réplique-t-elle en se rapprochant, attrapant mes mains pour m'empêcher de fuir. Je te jure que ça peut marcher ! Et je vais t'apprendre à marcher avec des talons, à bouger les hanches, à être irrésistible. On va faire de toi une femme fatale pour une nuit.
— Mais si, c'est une idée de génie ! réplique-t-elle en se rapprochant, attrapant mes mains pour m'empêcher de fuir. Je te jure que ça peut marcher ! Et je vais t'apprendre à marcher avec des talons, à bouger les hanches, à être irrésistible. On va faire de toi une femme fatale pour une nuit.
Je retire mes mains, secouant la tête frénétiquement, le visage cramoisi.
— Pfffuuu… t'es nulle, allez, laisse tomber. C'est du grand n'importe quoi. Imagine qu'il s'en rende compte ? Je meurs de honte sur place, et ton frère me pète la gueule. Non, non et non.
— Mais si ! insiste-t-elle, ne lâchant pas le morceau d'un millimètre. En plus, on a toute la semaine pour ça, on est en vacances, on n'a rien d'autre à faire ! On a sept jours pour t'entraîner, trouver la bonne robe, faire des essais de maquillage. On va s'éclater !
— Solène, arrête, s'il te plaît, c'est pas drôle, je dis d'un ton que j'essaie de rendre ferme, bien que ma voix tremble un peu sous l'effet de l'alcool et d'une minuscule, minuscule pointe de curiosité morbide qui vient de naître en moi.
— Mais si ! insiste-t-elle, ne lâchant pas le morceau d'un millimètre. En plus, on a toute la semaine pour ça, on est en vacances, on n'a rien d'autre à faire ! On a sept jours pour t'entraîner, trouver la bonne robe, faire des essais de maquillage. On va s'éclater !
— Solène, arrête, s'il te plaît, c'est pas drôle, je dis d'un ton que j'essaie de rendre ferme, bien que ma voix tremble un peu sous l'effet de l'alcool et d'une minuscule, minuscule pointe de curiosité morbide qui vient de naître en moi.
Elle change de ton, devenant soudainement très sérieuse, presque solennelle. Elle pose ses mains sur mes épaules, plongeant ses yeux dans les miens.
— Luke. Écoute-moi. Il faut que tu ne sois plus puceau dans une semaine. Tu as vingt ans, tu bloques sur ce statut, et tu as un crush monumental sur un mec inaccessible. C'est l'occasion parfaite. Même si c'est avec mon frère, et même si c'est sous couverture. Tu vas vivre un truc de fou, tu vas débloquer ce compteur qui te stresse tant, et tu auras eu le mec de tes rêves. Qu'est-ce que tu as à perdre ? Personne ne le saura jamais à part nous deux.
Je la regarde, le souffle court. Les effets du gin-tonic brouillent ma lucidité, amplifiant la folie de sa proposition tout en la rendant étrangement séduisante. C'est complètement stupide, risqué, totalement immoral… mais l'idée de sentir les bras de Basile autour de moi, de toucher ce corps que je convoite en secret, fait vaciller toutes mes défenses. Mon côté coincé lutte farouchement, mais la perspective de briser enfin ma solitude et de vivre un fantasme absolu pèse lourd dans la balance.
Je pousse un long, très long soupir, sentant une capitulation douce m'envahir.
— Tu… tu es vraiment une grande malade, Solène… je murmure, un sourire incrédule et timide se dessinant sur mes lèvres.
— Donc… c'est un oui ? demande-t-elle, les yeux brillants de triomphe.
— Donc… c'est un oui ? demande-t-elle, les yeux brillants de triomphe.
Je ferme les yeux un instant, visualisant le désastre potentiel, puis je les rouvre, porté par l'audace de l'ivresse.
— OK. D'accord. On tente ton plan foireux. Mais si je me rétame en talons, c'est toi qui ramasses les morceaux.
Les deux jours qui suivent notre fameuse soirée pyjama ressemblent à un conseil de guerre permanent. Le samedi et le dimanche après-midi, je me retrouve cloîtré dans la chambre de Solène. L'excitation de ma meilleure amie est presque effrayante. Allongé sur son lit, je la regarde faire des listes interminables sur un carnet à spirales : « Plan d'action pour Andréa ». À chaque fois qu'elle prononce ce prénom — le mien pour samedi prochain —, je sens mon estomac se nouer d'angoisse.
— Écoute-moi bien, Luke, me dit-elle le dimanche en arpentant sa chambre. On a un avantage de taille : ta structure osseuse. Tu es fin, tu n'as pas d'épaules de déménageur, et tes mains sont plutôt délicates. Mais le vrai défi, ça va être la démarche et l'attitude. Une fille ne marche pas comme un garçon. Et surtout, il nous faut LA tenue. Quelque chose qui dise « je suis sexy et sûre de moi », sans faire vulgaire. Sinon, Basile va juste te voir comme une proie facile pour foirer notre coup, et c'est pas ce qu'on veut. On veut qu'il soit hypnotisé.
Je passe mon temps à soupirer, à me tordre les doigts et à rougir dès qu'elle aborde les détails techniques. Le lundi matin, la théorie laisse place à une réalité bien plus terrifiante.
— Allez, debout le bleu ! décrète Solène en déboulant chez moi à dix heures. Aujourd'hui, opération commando. On va en ville.
Mon sang ne fait qu'un tour.
— En ville ? Mais pour quoi faire ?
— Trouver ta robe et tes chaussures, évidemment. Et pas question de commander sur internet, il faut que tu essaies tout pour que ça tombe parfaitement.
— Trouver ta robe et tes chaussures, évidemment. Et pas question de commander sur internet, il faut que tu essaies tout pour que ça tombe parfaitement.
Un frisson de pure panique me traverse.
— Mais t'es malade ! Si quelqu'un me voit dans le rayon femmes d'une boutique ? Je vais mourir de honte, Solène ! Je ne peux pas faire ça !
— Mais si, tu peux. Tu vas juste m'accompagner, et si jamais on croise quelqu'un, on dira que tu m'aides à choisir une tenue pour un date. Allez, bouge tes fesses de blondinet, on n'a pas toute la journée !
— Mais si, tu peux. Tu vas juste m'accompagner, et si jamais on croise quelqu'un, on dira que tu m'aides à choisir une tenue pour un date. Allez, bouge tes fesses de blondinet, on n'a pas toute la journée !
Une heure plus tard, je me retrouve devant la vitrine d'une boutique de prêt-à-porter féminin un peu sélect du centre-ville. Rien que de franchir le pas de la porte, je sens mes joues s'empourprer. L'odeur de parfum poudré, les portants chargés de tissus vaporeux, de dentelles et de couleurs douces... j'ai l'impression d'avoir un panneau lumineux au-dessus de la tête qui hurle : « IMPOSTEUR ».
Je garde les mains enfoncées profondément dans les poches de mon sweat-shirt trop grand, fuyant le regard de la vendeuse qui s'approche de nous avec un grand sourire professionnel.
— Bonjour ! Je peux vous aider ? demande-t-elle d'une voix mélodieuse.
— Bonjour ! Oui, tout à fait, répond Solène avec un aplomb qui me laisse béat. On cherche une tenue très spécifique pour mon amie... enfin, pour une amie à nous qui a exactement la même morphologie que mon cousin ici présent.
— Bonjour ! Oui, tout à fait, répond Solène avec un aplomb qui me laisse béat. On cherche une tenue très spécifique pour mon amie... enfin, pour une amie à nous qui a exactement la même morphologie que mon cousin ici présent.
Elle me tape amicalement sur l'épaule. Je manque de m'étouffer avec ma propre salive et deviens instantanément rouge pivoine. Je lance un regard noir à Solène, qui l'ignore superbement.
— C'est pour une soirée d'anniversaire à thème un peu chic, enchaîne Solène sans ciller. Notre amie est très fine, un peu androgyne, de taille moyenne, avec de longs cheveux clairs. On aimerait quelque chose de noir, de très élégant, d'assez près du corps pour souligner sa silhouette, mais classe. Vous auriez ça ?
La vendeuse me jauge du regard. Je me ratatine sur moi-même, priant pour que le sol s'ouvre sous mes pieds.
— Eh bien... pour cette morphologie très élancée, j'ai une magnifique robe en maille fine côtelée noire qui vient d'arriver. Elle a un col Bardot qui dégage bien les épaules et les clavicules, et elle descend juste au-dessus du genou. C'est très flatteur. Venez voir.
Nous suivons la vendeuse jusqu'au fond du magasin. Quand elle décroche la robe, je dois bien avouer qu'elle est magnifique. Le tissu est doux, extensible, d'un noir profond qui absorbera la lumière.
— Tu vas l'essayer, me chuchote Solène à l'oreille pendant que la vendeuse s'éloigne pour chercher des tailles.
— Quoi ?! Non ! C'est hors de question ! je siffle, paniqué.
— Luke, ferme-la et va dans la cabine. Je t'apporte la robe. Personne ne te verra là-dedans.
— Quoi ?! Non ! C'est hors de question ! je siffle, paniqué.
— Luke, ferme-la et va dans la cabine. Je t'apporte la robe. Personne ne te verra là-dedans.
Cinq minutes plus tard, je suis enfermé dans la cabine d'essayage numéro 3. Mon cœur bat la chamade. Je retire mes baskets, mon jean, mon sweat-shirt. Je me retrouve en caleçon, tremblant légèrement. Solène passe la robe à travers le rideau, accompagnée d'un objet bizarre de couleur chair.
— Enfile ça d'abord, m'ordonne-t-elle à voix basse. C'est un soutien-gorge corbeille rembourré que j'ai piqué à ma mère, et j'ai acheté des prothèses en silicone souple à glisser dedans. Ça va te faire un petit bonnet B très naturel.
Mes mains tremblent alors que j'ajuste le soutien-gorge autour de mon torse d'éphèbe. C'est d'un inconfort total, mais quand je glisse les inserts en silicone chaud dans les bonnets, l'effet est saisissant. J'ai de la poitrine. Une petite poitrine ferme et ronde. Je passe ensuite la robe noire par la tête. Le tissu glisse le long de mon corps, épousant chaque courbe, se moulant sur mes hanches fines et ma taille marquée. Le col Bardot retombe sur mes bras, dénudant mes épaules et mettant en valeur mon cou gracile.
— Alors ? chuchote Solène depuis l'extérieur.
J'ouvre doucement le rideau. Solène pushes un soupir d'admiration, les yeux écarquillés.
— Oh mon Dieu, Luke... C'est... c'est parfait. Tu es d'une finesse incroyable. Ça te fait des courbes de dingue sans que ça ait l'air artificiel.
Je me regarde dans le miroir de la cabine. Ma gorge se serre. Ce n'est plus tout à fait moi. Mes longs cheveux blonds cascadent sur ce col noir, et ma silhouette est d'une douceur troublante. Mes joues sont toujours aussi rouges, ce qui gâche un peu l'effet « femme fatale », mais le résultat est indéniable.
— Il nous faut les chaussures maintenant, dit Solène, des étoiles dans les yeux.
La vendeuse revient avec une boîte. Solène lui explique que « l'amie » fait du 39 — ma pointure exacte, heureusement que je n'ai pas de grands pieds d'homme. Ce sont des escarpins noir mat à talons aiguilles de onze centimètres, avec une fine bride qui s'attache autour de la cheville pour assurer un bon maintien.
Je m'assois sur la banquette de la cabine pour les enfiler. Glisser mes pieds là-dedans est une expérience presque mystique. Mes orteils sont serrés, mon talon est propulsé vers le haut de manière vertigineuse. Quand je tente de me mettre debout, mes chevilles flageolent immédiatement. Je manque de tomber en arrière, complètement déséquilibré par cette hauteur insensée, et me rattrape in extremis aux parois de la cabine.
— Doucement ! rigole Solène en me soutenant par le coude. Fais juste quelques pas pour voir si la pointure est bonne.
— C'est... c'est super haut ! je couine, les jambes tremblantes comme un jeune faon qui vient de naître. Onze centimètres, c'est de la folie pure ! Mais la taille est bonne. Ça ne serre pas trop au talon.
— Parfait. On prend le tout.
— C'est... c'est super haut ! je couine, les jambes tremblantes comme un jeune faon qui vient de naître. Onze centimètres, c'est de la folie pure ! Mais la taille est bonne. Ça ne serre pas trop au talon.
— Parfait. On prend le tout.
La journée entière y passe. Entre l'achat de la robe, des chaussures, des collants fins noirs et d'autres accessoires secrets que Solène garde précieusement dans son sac de shopping, nous rentrons épuisés mais victorieux.
Le mardi est dédié au véritable calvaire : l'apprentissage de la marche. Dans le salon de Solène, après avoir poussé la table basse et les fauteuils, le cours commence.
— Non, Luke, tu marches comme si tu allais monter au front ! s'exclame Solène, assise sur son canapé, une tasse de thé à la main. Rentre tes pieds ! Et balance tes hanches. Tu dois poser le talon d'abord, puis la pointe. Imagine que tu marches sur une ligne droite invisible au sol. Une seule ligne ! Avec onze centimètres, tu n'as pas le droit à l'erreur si tu ne veux pas te briser une cheville.
Le cliquetis de mes talons sur le parquet résonne en boucle. Clic, clac, clic, clac. À chaque pas, j'ai l'impression de risquer la fracture. Mes mollets sont contractés à l'extrême, et une douleur sourde commence à irradier dans la cambrure exagérée de mes pieds.
— C'est impossible ! je râle en m'effondrant sur une chaise, massant mes plantes de pieds endolories à travers mes chaussettes. Mes pieds me brûlent ! Comment vous faites, vous les filles, pour endurer ça toute une soirée ?
— C'est le prix de la beauté, mon chou, s'amuse-t-elle. Allez, debout. On recommence. Tu dois t'habituer à cette cambrure, elle va s'estomper à force de répéter.
— C'est le prix de la beauté, mon chou, s'amuse-t-elle. Allez, debout. On recommence. Tu dois t'habituer à cette cambrure, elle va s'estomper à force de répéter.
Le mercredi, le jeudi et le vendredi se déroulent selon le même rituel sadique. Je passe des heures à arpenter le salon de Solène en talons, d'abord en sueur et instable, puis, petit à petit, mon corps commence à comprendre le centre de gravité imposé par ces échasses. Mon équilibre s'améliore. Je commence à lever la tête, à cambrer légèrement le dos, à adopter une posture plus fière, plus fluide. La douleur est toujours là, mais je l'apprivoise.
Et puis, le samedi arrive. Le jour J.
En début d'après-midi, je me présente chez Solène. Mon sac à dos contient la robe noire et les talons de onze centimètres, mais à l'intérieur de moi, c'est le chaos absolu. La réalité de ce que nous allons faire me frappe de plein fouet. Je ne veux plus le faire. C'est trop risqué, trop stupide. Je vais me ridiculiser devant le mec que j'aime en secret, et ma vie sera ruinée.
— Solène, je peux pas, je lui dis dès qu'elle m'ouvre la porte, la voix tremblante. J'arrête. C'est une idée débile. Je vais rentrer chez moi, on oublie tout.
— Hors de question, Luke ! me répond-elle d'un ton sans réplique en verrouillant la porte derrière moi. Tu as bossé toute la semaine, tes pieds sont en compote, on ne va pas abandonner maintenant. Tu vas monter dans ma chambre, te doucher, et te préparer. Allez, exécution !
— Hors de question, Luke ! me répond-elle d'un ton sans réplique en verrouillant la porte derrière moi. Tu as bossé toute la semaine, tes pieds sont en compote, on ne va pas abandonner maintenant. Tu vas monter dans ma chambre, te doucher, et te préparer. Allez, exécution !
Sa fermeté me coupe toute retraite. Résigné, l'estomac noué par une boule d'angoisse indescriptible, je monte à l'étage. Après une douche rapide, je me retrouve en serviette dans sa chambre.
— Tiens, commence par enfiler ça, me dit-elle en me tendant un minuscule morceau de tissu noir qu'elle sort d'un sachet plastique.
Je le déplie et manque de faire une syncope. C'est un string en dentelle noire, d'une finesse extrême.
— Mais... mais t'es malade ?! je m'étouffe, le visage écarlate. Un string ? Et noir en plus ? C'est... c'est minuscule et transparent !
— Justement ! C'est le détail pimenté, et c'est parfaitement assorti à ta robe. Je te l'ai acheté ce matin. Si jamais Basile pose ses mains sur tes hanches et que la robe remonte un peu, ou s'il se passe... enfin, tu m'as comprise, il faut que ce soit d'un chic absolu et hyper sexy sous la robe. Ça va l'aguicher au max.
— Je n'ai jamais porté ça de ma vie, Solène, c'est... c'est indécent !
— Justement ! C'est le détail pimenté, et c'est parfaitement assorti à ta robe. Je te l'ai acheté ce matin. Si jamais Basile pose ses mains sur tes hanches et que la robe remonte un peu, ou s'il se passe... enfin, tu m'as comprise, il faut que ce soit d'un chic absolu et hyper sexy sous la robe. Ça va l'aguicher au max.
— Je n'ai jamais porté ça de ma vie, Solène, c'est... c'est indécent !
Solène sourit d'un air mystérieux et sort alors de sa trousse un rouleau de ruban adhésif médical de couleur chair. Je la regarde avec des yeux ronds comme des soucoupes.
— Et c'est là que la magie opère, annonce-t-elle fièrement. J'ai passé une partie de ma nuit sur internet pour chercher comment faire en sorte que ton anatomie ne se voie pas du tout sous la maille fine de la robe. J'ai trouvé la méthode des pros.
— C'est... c'est quoi ce truc ? je bafouille, sentant une nouvelle vague d'angoisse monter.
— C'est du sparadrap médical, celui qui n'agresse pas trop la peau, m'explique-t-elle avec un sérieux de chirurgienne. C'est une méthode très sûre pour les tenues ultra-légères ou les strings très fins, mais elle demande de protéger les zones sensibles au préalable. Écoute-moi bien : tu vas appliquer un coton doux ou un petit tissu sur les parties sensibles pour ne pas que ça colle directement dessus. Ensuite, tu vas fixer le pénis bien rabattu vers l'arrière à l'aide de ces bandes adhésives. Une fois que c'est bien maintenu et bien plat, tu enfiles le string par-dessus. Je te garantis que l'illusion sera parfaite. On n'y verra que du feu.
— C'est... c'est quoi ce truc ? je bafouille, sentant une nouvelle vague d'angoisse monter.
— C'est du sparadrap médical, celui qui n'agresse pas trop la peau, m'explique-t-elle avec un sérieux de chirurgienne. C'est une méthode très sûre pour les tenues ultra-légères ou les strings très fins, mais elle demande de protéger les zones sensibles au préalable. Écoute-moi bien : tu vas appliquer un coton doux ou un petit tissu sur les parties sensibles pour ne pas que ça colle directement dessus. Ensuite, tu vas fixer le pénis bien rabattu vers l'arrière à l'aide de ces bandes adhésives. Une fois que c'est bien maintenu et bien plat, tu enfiles le string par-dessus. Je te garantis que l'illusion sera parfaite. On n'y verra que du feu.
Je reste bouche bée, oscillant entre l'horreur absolue et une fascination morbide.
— Tu veux que je me... scotche ? Mais t'es complètement folle !
— Tout va bien se passer, Luke. Mets-le, tu verras, on s'y habitue vite. Allez, va dans la salle de bain et fais ce que je viens de t'expliquer.
— Tout va bien se passer, Luke. Mets-le, tu verras, on s'y habitue vite. Allez, va dans la salle de bain et fais ce que je viens de t'expliquer.
Je m'exécute, m'enfermant dans la salle de bain adjacente, mourant de honte. Suivre ses instructions techniques s'avère être une expérience particulièrement déstabilisante. Le contact de la bande adhésive serrant mon anatomie rabattue est étrange, mais une fois le coton de protection placé et le tout sécurisé, je dois bien avouer que le résultat sous le string noir est bluffant. C'est parfaitement lisse. Le contact de la dentelle fine par-dessus est une sensation totalement inédite, serrée et perturbante. J'enfile ensuite les collants noirs autofixants, le soutien-gorge rembourré avec les inserts de silicone, et enfin, la fameuse robe noire côtelée qui glisse sur ma peau comme une seconde enveloppe.
— Assieds-toi là, m'ordonne Solène quand je ressors, pointant la chaise devant sa coiffeuse. Maintenant, on passe aux choses sérieuses : le visage.
Pendant près d'une heure, je subis une véritable séance de torture esthétique, mais dispensée avec un art consommé. Solène commence par appliquer une base de teint pour lisser ma peau, suivie d'un fond de teint fluide parfaitement adapté à ma carnation claire. Elle utilise un correcteur haute couvrance pour masquer la moindre ombre bleutée sur mes joues et au-dessus de mes lèvres, éliminant toute trace de ma masculinité.
— Ferme les yeux, me dit-elle doucement.
Elle applique une ombre à paupières dans les tons nude et doré pour réchauffer mon regard, puis, d'un geste d'une précision chirurgicale, elle trace un trait d'eyeliner noir qui étire mes yeux bleus en amande, leur donnant une profondeur féline. Elle recourbe mes cils et applique plusieurs couches de mascara noir intense. Je la sens ensuite tapoter mes pommettes avec un blush rosé pour me donner un teint frais et printanier — même si mon rougissement naturel fait déjà la moitié du travail.
Elle s'attaque ensuite à mes cheveux. Elle refuse d'utiliser une perruque. Mes cheveux blonds, très fins et longs jusqu'aux épaules, sont lavés, séchés avec un produit volumateur, puis bouclés au fer pour créer de jolies ondulations souples qui encadrent mon visage d'un halo doré.
Pour finir, elle me demande de pincer les lèvres et applique un rouge à lèvres crémeux d'un ton nude légèrement rosé, rehaussé d'une touche de gloss brillant au centre.
— Ah, j'allais oublier ! s'exclame-t-elle. Tu as les oreilles percées, profitions-en.
Elle glisse dans mes lobes deux longues boucles d'oreilles pendantes en argent, ornées de petits cristaux qui scintillent à la lumière. Le léger tintement de l'argent contre mon cou me fait frissonner.
— Voilà... murmure-t-elle, un grand sourire étirant ses lèvres. Regarde-toi.
Je tourne lentement la tête vers le miroir de la coiffeuse. Mon souffle se coupe.
Je ne me reconnais pas. C'est... incroyable. Le maquillage a adouci mes traits déjà fins, mes yeux bleus semblent immenses et magnétiques sous mes cils sombres, et mes lèvres pulpeuses et brillantes invitent au baiser. Mes longs cheveux blonds ondulés me donnent un air incroyablement féminin et sensuel. La robe noire met en valeur mes épaules nues et ma poitrine naissante, tout en soulignant la finesse de ma taille.
— Heureusement que je sais que t'es un mec... parce que franchement, on n'y croirait jamais, souffle Solène, bluffée par son propre travail. Tu es une pure bombasse, Andréa.
Elle me tend un petit sac à main noir à chaîne dorée.
— Tiens. J'ai mis ton téléphone dedans, tes clés, et ce tube de rouge à lèvres. Tu en remettras un peu au cours de la soirée si tu vois qu'il s'estompe. Maintenant, debout. Fais-moi voir ta démarche.
Je glisse mes pieds dans les escarpins noirs aux talons vertigineux de onze centimètres. Je me lève. Mes jambes semblent s'étirer à l'infini, galbées par la hauteur. Le sol semble stable sous mes pieds grâce à l'entraînement rigoureux de la semaine. Je fais quelques pas dans la chambre, le bassin souple, le déhanché fluide, les épaules basses et la tête haute. Le tintement de mes boucles d'oreilles rythme chacun de mes pas assurés.
— Magnifique, valide ma meilleure amie. Tu es prête. On y va.
Le trajet jusqu'à la salle des fêtes se fait à pied, à la nuit tombante. La salle n'est qu'à une quinzaine de minutes de chez Solène, mais chaque mètre parcouru est une épreuve pour mes nerfs. À chaque bruit de voiture, je me fige, de peur qu'un phare ne m'éclaire de trop près. Heureusement, l'obscurité protège ma silhouette. Le bruit sec de mes talons de onze centimètres sur le goudron — clic, clac, clic, clac — résonne dans la fraîcheur de la nuit comme un compte à rebours avant l'explosion.
Plus nous approchons, plus j'entends les basses de la musique qui s'échappent de la salle des fêtes. Des éclats de rire, le brouhaha typique d'une fête bien arrosée. Mon estomac se contracte douloureusement. J'ai envie de faire demi-tour et de courir, quitte à me tordre les chevilles sur mes talons hauts.
— Reste calme, me chuchote Solène en me prenant le bras alors que nous montons les quelques marches en béton de l'entrée. Tu es Andréa. Tu es ma copine de la fac. Tu es timide, c'est ton charme. Laisse-moi parler.
Nous franchissons les portes. La chaleur de la salle, saturée d'odeurs de bière, de cigarettes et de parfums bon marché, nous enveloppe instantanément. Les lumières sont tamisées, principalement des spots de couleur bleus et rouges qui balaient la piste de danse improvisée où s'agitent une trentaine de personnes.
Solène avance d'un pas assuré dans la foule, me traînant derrière elle. Elle salue plusieurs personnes de la main, lançant des sourires à la volée.
— Salut ! Oui, c'est ma copine Andréa ! Elle est de passage pour le week-end, présente-t-elle aux quelques curieux qui nous regardent passer.
Les regards des mecs s'attardent sur moi. Je sens leurs yeux glisser sur mes jambes allongées et galbées par mes hauts talons, sur la courbure de mes hanches, sur mes épaules nues. Je baisse légèrement la tête, sentant le rouge me monter aux joues, ce qui ne fait que renforcer mon air de jeune fille timide et intimidée.
Et puis, au coin du bar de fortune installé sur des tréteaux, je le vois.
Basile.
Basile.
Il est là, adossé au comptoir, une bouteille de bière à la main. Il porte un jean noir un peu usé et un t-shirt gris moulant qui souligne ses pectoraux puissants et ses bras musclés. Ses cheveux bruns sont légèrement en bataille, et ses yeux d'un bleu d'acier brillent d'une lueur joyeuse, un peu embrumée par l'alcool. Il est d'une beauté masculine sauvage, brute, qui me coupe instantanément le sifflet. Mon cœur cogne si fort dans ma poitrine que j'ai l'impression qu'il va briser mes côtes.
En nous voyant approcher, il se redresse, un sourire chaleureux aux lèvres.
— Ah, tiens ! La petite sœur ! s'exclame-t-il de sa voix grave et chaude, qui me fait vibrer jusqu'au fond des tripes. Tu as fini par venir.
Il se penche pour embrasser Solène sur les deux joues. Puis, son regard se tourne vers moi. Ses yeux bleus se plantent dans les miens, m'analysant de la tête aux pieds avec une attention soudaine qui me paralyse. Je me fige sur mes talons de onze centimètres, mes mains crispées sur la lanière de mon petit sac à main. Je sens une bouffée de chaleur dantesque envahir mon visage maquillé, me faisant rougir de la racine des cheveux jusqu'au col Bardot de ma robe.
Il fait un pas vers moi, réduisant la distance, et je peux sentir l'odeur boisée de son parfum mêlée à celle de la bière.
— Salut, me dit-il en me tendant les joues pour me faire la bise.
Je m'avance, hésitant, et pose mes lèvres contre sa joue rugueuse de barbe de trois jours. Le contact de sa peau chaude contre la mienne m'envoie une décharge électrique dans tout le corps. Mes jambes deviennent de la gelée.
— C'est une nouvelle pote à toi ? demande-t-il à Solène, sans détacher son regard de mon visage, un demi-sourire charmeur flottant sur ses lèvres.
— Oui ! C'est Andréa, répond Solène avec un enthousiasme débordant. Elle est un peu timide, alors sois gentil avec elle.
— Oui ! C'est Andréa, répond Solène avec un enthousiasme débordant. Elle est un peu timide, alors sois gentil avec elle.
Basile me lance un regard doux, presque protecteur, qui me fait fondre sur place.
— Enchanté, Andréa. T'inquiète pas, je ne mords pas... enfin, pas tout de suite. Tu veux un verre pour te détendre ? Qu'est-ce que je te sers ?
Je reste muet, terrifié à l'idée de parler et de trahir ma voix d'homme, même si j'ai travaillé mon ton de fausset toute la semaine. Je jette un regard de détresse à Solène. Celle-ci me lance un clin d'œil complice derrière le dos de son frère, un énorme sourire triomphant aux lèvres.
Basile s'éloigne vers le bar en me lançant un dernier regard en biais, un sourire en coin très sûr de lui. Je reste planté là, sur mes talons de onze centimètres, incapable de faire le moindre mouvement. Mes mains, moites, se serrent si fort sur la lanière de mon petit sac à main que mes phalanges en deviennent blanches.
— Respire, Luke, me chuchote Solène à l'oreille en me donnant un léger coup de coude. Tu t'en sors super bien. Regarde comment il t'a déshabillé des yeux. Le plan fonctionne à merveille !
— Je vais mourir, Solène... je siffle entre mes dents, sentant mes joues brûler sous mon fond de teint. S'il me reparle, je vais bafouiller, ma voix va dérailler, et tout va foirer.
— Mais non. Rappelle-toi ce qu'on a dit : tu parles le moins possible, tu prends un air timide et tu laisses le charme agir.
— Je vais mourir, Solène... je siffle entre mes dents, sentant mes joues brûler sous mon fond de teint. S'il me reparle, je vais bafouiller, ma voix va dérailler, et tout va foirer.
— Mais non. Rappelle-toi ce qu'on a dit : tu parles le moins possible, tu prends un air timide et tu laisses le charme agir.
Quelques instants plus tard, Basile réapparaît à travers la foule, deux verres à la main. Il me tend un verre contenant un liquide rose translucide avec quelques glaçons.
— Tiens, Andréa. Un vodka-cranberry. C'est doux, ça devrait t'aider à te détendre un peu.
Je saisis le verre en évitant soigneusement de frôler ses doigts, mais le simple fait de croiser son regard d'un bleu d'acier me donne le vertige.
— M... Merci, je murmure d'une voix de fausset très légère, presque un souffle, que j'ai travaillée pendant des heures devant mon miroir.
— Alors comme ça, tu es à la fac avec ma petite sœur ? enchaîne Basile en s'appuyant à nouveau contre le bar, réduisant l'espace entre nous. Tu étudies quoi ?
— L'histoire de l'art, répond immédiatement Solène à ma place, volant à mon secours avec une fluidité déconcertante. Ne la lance pas là-dessus, elle est capable de te parler d'art baroque pendant des heures ! Et puis, on est là pour faire la fête, pas pour réviser.
— Alors comme ça, tu es à la fac avec ma petite sœur ? enchaîne Basile en s'appuyant à nouveau contre le bar, réduisant l'espace entre nous. Tu étudies quoi ?
— L'histoire de l'art, répond immédiatement Solène à ma place, volant à mon secours avec une fluidité déconcertante. Ne la lance pas là-dessus, elle est capable de te parler d'art baroque pendant des heures ! Et puis, on est là pour faire la fête, pas pour réviser.
Basile laisse échapper un rire grave, un son chaud qui résonne jusque dans mon bas-ventre.
— C'est vrai. Pas de prise de tête ce soir. En tout cas, Andréa... je dois dire que Solène a de très jolies copines. Cette robe te va à ravir. Elle met vraiment tes formes en valeur.
À ces mots, je sens une nouvelle vague de chaleur envahir mon visage. Je prends une grande gorgée de mon verre pour masquer mon trouble. L'alcool, frais et fort, descend rapidement dans ma gorge, m'apportant un début de courage bienvenu.
Je cherche désespérément Solène du regard, mais celle-ci s'est déjà fait interpeller par un groupe d'amis de son frère à quelques mètres de là. Elle se retourne vers moi, me lance un clin d'œil complice et me fait un signe de la tête vers l'extérieur.
— Je vais prendre l'air deux minutes dehors, Luke... enfin, Andréa ! Va sur la terrasse si tu as trop chaud, me dit-elle à voix basse avant de s'éloigner en riant avec les autres.
Je me retrouve seul avec Basile. La panique me saisit à nouveau. Je décide de suivre le conseil de Solène et me dirige vers la porte de secours qui mène à une petite terrasse en béton derrière la salle des fêtes. Mes talons claquent sur le carrelage, un bruit régulier qui trahit ma tension. Dehors, la fraîcheur de la nuit m'accueille avec délice. Je pose mes mains sur la rambarde métallique, humant l'air frais pour tenter de calmer les battements erratiques de mon cœur.
Mais je ne reste pas seul bien longtemps. La porte s'ouvre à nouveau, laissant filtrer les basses de la musique, et Basile me rejoint. Il s'appuie contre la rambarde, juste à côté de moi, si près que je peux sentir la chaleur de son corps.
— Ça va ? Tu avais l'air un peu oppressée là-dedans, me dit-il doucement, son regard glissant sur mes épaules nues mises en valeur par le col Bardot de ma robe noire.
— Oui... juste besoin d'air, je réponds dans un souffle, n'osant toujours pas le regarder en face.
— Tu es vraiment très timide, Andréa. C'est rare de nos jours. Et c'est terriblement charmant.
— Oui... juste besoin d'air, je réponds dans un souffle, n'osant toujours pas le regarder en face.
— Tu es vraiment très timide, Andréa. C'est rare de nos jours. Et c'est terriblement charmant.
Ses paroles agissent comme un filtre magique. L'alcool commence à faire son effet, floutant les contours de ma peur pour ne laisser place qu'à une excitation brute. Je tourne lentement la tête vers lui, mes longs cheveux blonds ondulés glissant sur mon épaule. Sous les lumières tamisées de la terrasse, ses yeux bleus brillent d'une intensité folle.
— Tu... tu trouves ? je demande, un peu plus assuré.
— Oh que oui, murmure-t-il en faisant un pas de plus vers moi, me surplombant de toute sa hauteur.
— Oh que oui, murmure-t-il en faisant un pas de plus vers moi, me surplombant de toute sa hauteur.
Soudain, la porte s'ouvre à la volée. Solène réapparaît, un grand sourire aux lèvres.
— Allez, vous deux, on ne va pas passer la nuit dehors ! La musique est trop bonne, venez danser !
Elle m'attrape par le poignet et m'entraîne sur la piste de danse improvisée. Je me laisse faire, un peu étourdi. Le rythme de la musique de club résonne dans tout mon corps. Porté par la boisson, j'oublie peu à peu mes inhibitions. Je commence à bouger mon bassin, imitant les mouvements de Solène. Mes hanches se balancent avec une fluidité que je ne me connaissais pas, magnifiées par la cambrure que m'imposent mes escarpins de onze centimètres.
De l'autre côté de la piste, je sens un regard brûlant peser sur moi. C'est Basile. Il est resté près du bar, mais ses yeux ne me lâchent pas. Il me dévore littéralement du regard, observant le mouvement de mes fesses moulées dans la robe noire, la cambrure de mon dos, le port altier de ma tête. Cette attention me grise totalement.
Après une autre chanson rapide, Solène nous ramène au bar pour commander deux nouveaux verres. L'alcool coule à flots, et je me sens flotter dans un cocon de confiance absolue. Je ne suis plus Luke, le garçon timide et coincé. Ce soir, je suis Andréa, la femme fatale qui fait tourner la tête du mec le plus sexy de la région.
Basile nous rejoint sur la piste de danse alors qu'un morceau plus lent et sensuel commence à résonner. Sans un mot, il se glisse derrière moi. Je sens son torse puissant et musclé se coller contre mon dos. Ses mains chaudes et larges viennent se poser sur mes hanches fines, guidant mes mouvements. Un frisson d'électricité pure me traverse de la tête aux pieds.
Il danse contre moi, très serré. À chaque mouvement, je sens la dureté de son corps, la pression de ses cuisses contre les miennes. Il se penche vers mon oreille, son souffle chaud caressant mon cou sensible.
— Tu danses divinement bien, Andréa, me murmure-t-il d'une voix rauque. Tu me rends complètement fou depuis que tu es entrée dans cette salle.
Je ferme les yeux, me laissant aller contre lui, savourant chaque seconde de ce corps-à-corps brûlant. Les minutes s'enchaînent dans un tourbillon de sensations, de drague audacieuse et de rentre-dedans de plus en plus direct de sa part. Ses mains descendent parfois un peu plus bas, frôlant le haut de mes fesses, avant de remonter le long de ma taille.
Au bout d'un moment, l'excès d'alcool et l'excitation me donnent une envie pressante d'aller aux toilettes. Légèrement ivre, l'esprit embrumé par le désir, je m'éloigne de la piste de danse. Sans réfléchir, guidé par vingt ans d'habitudes masculines que mon déguisement n'a pas effacées, je me dirige instinctivement vers la porte des toilettes pour hommes.
Basile, qui me suivait du regard, me voit entrer dans ce couloir. Intrigué et troublé par ce choix étrange, mais surtout poussé par l'envie irrépressible de se retrouver seul avec moi, il me suit sans hésiter.
Je viens à peine de franchir la porte des toilettes hommes, un espace carrelé et mal éclairé, quand j'entends la porte se refermer brusquement derrière moi. Je me retourne d'un coup, mes talons crissant sur le sol.
Basile est là. Il vient de tourner le verrou de la porte d'entrée, nous enfermant tous les deux dans la pièce. Il se retourne vers moi, le regard sombre, chargé d'un désir sauvage et animal.
— Putain, tu me rends dingue toi... lâche-t-il d'une voix basse et tremblante de tension.
Il s'approche de moi d'un pas lourd et décidé. Ma gorge se serre, je me plaque contre le mur carrelé, mon cœur battant à tout rompre. Je sens le rouge me monter violemment aux joues, mais cette fois, ce n'est pas seulement de la honte, c'est de l'excitation pure.
Il pose ses deux mains de chaque côté de ma tête, me bloquant contre le mur, puis descend ses bras pour m'attraper fermement par la taille.
— Je meurs d'envie de t'embrasser... et toi ? me demande-t-il en plongeant ses yeux bleus d'acier dans les miens.
Incapable de prononcer un mot, je fais simplement un signe affirmatif de la tête.
C'en est trop pour lui. Basile se jette sur mes lèvres. Il me colle littéralement contre le mur, son corps lourd et puissant écrasant le mien. Sa bouche s'empare de la mienne dans un baiser d'une violence et d'une passion inouïes. Il me mange la bouche, sa langue s'introduisant de force entre mes lèvres brillantes de gloss pour s'enrouler autour de la mienne. Je gémis contre sa bouche, mes mains trouvant d'elles-mêmes le chemin de sa nuque pour y enfouir mes doigts dans ses cheveux bruns.
Pendant que nous nous embrassons sauvagement, Basile prend ma main droite. Il la descend lentement le long de son torse, de son ventre contracté, et vient la plaquer fermement contre son entrejambe. Sous le tissu de son jean noir, je sens sa virilité, une queue gigantesque, déjà incroyablement dure et pulsante de désir.
— Putain... tu m'excites grave, j'ai envie de toi, me souffle-t-il contre les lèvres, le souffle court. Dis-moi que tu as envie de moi, Andréa...
— Oui... oui, j'ai envie de toi, je réponds avec une petite voix de fausset tremblante, totalement dépassé par l'intensité du moment.
— Oui... oui, j'ai envie de toi, je réponds avec une petite voix de fausset tremblante, totalement dépassé par l'intensité du moment.
D'un geste brusque, Basile détache sa ceinture et ouvre la fermeture éclair de son jean. Il plonge sa main à l'intérieur et en sort sa grosse queue, incroyablement veineuse et rigide, mesurant facilement plus de vingt centimètres, ainsi que ses couilles lourdes et pendantes. Son pubis et ses bourses sont rasés de près, nets et lisses. La peau est chaude, presque brûlante. Il me regarde droit dans les yeux, puis baisse le regard vers son sexe dressé qui palpite entre ses doigts.
La vue de cette anatomie si masculine et si parfaite me coupe le souffle. Porté par une excitation que je ne peux plus contenir, je me laisse glisser lentement le long du mur pour me retrouver à genoux sur le sol carrelé des toilettes.
Mes mains tremblent alors que je m'approche de lui. Je n'ai jamais fait ça de ma vie, je ne sais pas comment m'y prendre, mais l'instinct et le désir guident mes gestes. J'attrape avec hésitation sa queue bien dure entre mes doigts fins. Ma peau claire contraste magnifiquement avec la sienne, plus sombre et masculine.
Je lèche d'abord timidement le gland humide de sa verge, ce qui arrache un premier grognement de satisfaction à Basile. Encouragé, j'ouvre grand la bouche et englobe sa queue le plus profondément possible. La chaleur de son sexe remplit ma bouche. Je commence à effectuer des mouvements d'aller-retour, hésitant au début, puis prenant rapidement le coup de main sous les directives muettes de ses hanches qui commencent à pousser doucement contre mon visage.
— Ah, putain... oui, continue comme ça, Andréa... murmure Basile en posant ses mains sur ma tête, ses doigts s'emmêlant dans mes longs cheveux blonds bouclés pour guider mon rythme. Tu fais ça trop bien...
Pendant près de dix minutes, je me livre à ce jeu sensuel, aspirant sa virilité, sentant ses couilles lourdes frotter contre mon menton. L'excitation est à son comble. Basile commence à accélérer ses mouvements, ses allers-retours dans ma bouche devenant plus vigoureux, me faisant presque étouffer de plaisir.
Soudain, il m'attrape sous les aisselles et me relève d'un coup sec. Il me plaque à nouveau contre le mur pour m'embrasser à pleine bouche, nos salives se mélangeant, avant de me retourner brutalement face au mur carrelé.
Ses mains descendent le long de mes hanches et attrapent le bas de ma robe en maille côtelée noire pour la remonter d'un geste sec jusqu'à ma taille.
— Putain, tu as un cul d'enfer... siffle-t-il en découvrant mes fesses galbées par mes talons de onze centimètres.
Il passe ses mains sur ma peau douce, ses doigts venant écarter le fin tissu de mon string en dentelle noire qui s'enfonce entre mes fesses. Sentant son sexe brûlant frotter contre mon intimité dissimulée, et sachant que je ne peux pas lui offrir ce qu'une femme lui offrirait normalement, je prends les devants. Je tourne légèrement la tête vers lui et chuchote d'une voix suave :
— Prends-moi par derrière... mais doucement...
Basile se fige une seconde, me regardant avec un air de surprise totale, les yeux écarquillés. Un sourire incroyablement excité étire ses lèvres.
— Putain... aucune nana ne m'avait jamais demandé ça direct avant... mais mmmm, avec grand plaisir, ma belle.
Il applique un peu de sa salive sur ses doigts et vient masser délicatement mon entrée étroite, me préparant avec douceur. Le contact de ses doigts fins et agiles me fait frissonner, mon corps se détend sous sa caresse experte. Puis, il vient placer la pointe de son énorme queue chaude et veineuse contre mon anus contracté.
Il pousse lentement, s'introduisant millimètre par millimètre en me maintenant fermement par les hanches. La douleur initiale est rapidement balayée par une vague de plaisir d'une intensité inouïe. Je pousse un long gémissement aigu qui résonne contre le carrelage des toilettes.
— Putain, tu es tellement serrée... gémit Basile, la voix brisée par l'effort de se retenir.
Une fois entièrement pénétré, il commence à bouger. D'abord doucement, puis de plus en plus fort, ses coups de boutoir rythmés faisant claquer mes hanches contre son bassin. Le bruit de nos corps qui s'entrechoquent se mêle à mes gémissements de plus en plus forts et incontrôlables. Je prends mon pied comme jamais auparavant, la sensation de sa virilité me remplissant entièrement me projetant dans un état de transe absolue.
Basile se penche sur moi, embrassant mon dos, mon cou, mes épaules dénudées. À chaque va-et-vient, il garde les yeux fixés sur mon postérieur.
— Je n'ai jamais vu un cul aussi parfait... murmure-t-il, hypnotisé. Et ce petit grain de beauté sur ta fesse droite... en forme de cœur... putain, ça m'excite grave !
La friction intense de sa queue dans mon cul si étroit accélère sa jouissance. Après seulement quelques minutes de ce rythme effréné, Basile pousse un râle animal. Il s'enfonce une dernière fois au plus profond de moi, tout son corps tendu par l'effort, et décharge un flot de sperme brûlant, chaud et épais qui se répand à l'intérieur de moi.
Je gémis de plaisir en sentant cette chaleur m'envahir. Basile reste collé contre moi quelques instants, le souffle court, avant de se retirer doucement. Il me retourne pour me donner un dernier baiser passionné sur les lèvres, puis se recoiffe rapidement, remonte son pantalon et déverrouille la porte, me laissant seul dans les toilettes, les jambes fébriles et flageolantes sur mes hauts talons.
Je m'appuie contre le lavabo pour ne pas tomber, le souffle court, mon corps entier tremblant encore des vagues de plaisir qui me traversent. Je réajuste rapidement ma robe, remets un coup de gloss sur mes lèvres et sors des toilettes d'un pas mal assuré.
Je retrouve Solène près de la sortie. En me voyant arriver, elle comprend immédiatement à ma démarche et à mon regard hagard ce qui vient de se passer.
— Alors ? chuchote-t-elle, les yeux pétillants.
— C'était... incroyable, Solène, je réponds d'une voix épuisée et tremblante. Mais je n'en peux plus. Mes jambes ne me portent plus, je suis fatigué. Je veux rentrer.
— C'était... incroyable, Solène, je réponds d'une voix épuisée et tremblante. Mais je n'en peux plus. Mes jambes ne me portent plus, je suis fatigué. Je veux rentrer.
Nous nous dirigeons vers la sortie. Alors que nous descendons les marches de la salle des fêtes, Basile nous rattrape. Il a l'air un peu fatigué lui aussi, mais un grand sourire détendu illumine son visage.
— Hé, vous partez déjà ? demande-t-il à sa sœur.
— Oui, on est crevées, répond Solène.
— Je peux squatter chez toi ce soir ? Je suis trop crevé pour rentrer chez moi, et j'ai un peu trop bu. Solène soupire mais accepte.
— OK, mais tu dors sur le canapé ! Et Andréa dort avec moi dans mon lit.
— Oui, on est crevées, répond Solène.
— Je peux squatter chez toi ce soir ? Je suis trop crevé pour rentrer chez moi, et j'ai un peu trop bu. Solène soupire mais accepte.
— OK, mais tu dors sur le canapé ! Et Andréa dort avec moi dans mon lit.
Le trajet de retour se fait dans un silence presque religieux. Une fois arrivés chez Solène, la fatigue accumulée me tombe dessus d'un coup. Je monte directement dans la chambre d'amis. Je retire avec un soulagement infini ma robe noire, mes collants et mes escarpins de onze centimètres qui m'ont martyrisé les pieds toute la soirée. Trop fatigué pour faire quoi que ce soit d'autre, je garde simplement le string en dentelle noire que j'ai porté toute la journée et enfile un t-shirt noir trop grand appartenant à Solène.
Cette dernière me rejoint dans la chambre avec des cotons et du lait démaquillant. Avec une douceur infinie, elle m'aide à retirer le maquillage qui couvrait mon visage, effaçant peu à peu les traits d'Andréa pour redonner vie à Luke. Une fois propre, je m'effondre sur le lit et m'endors d'un sommeil de plomb.
Le lendemain matin, le soleil traverse doucement les rideaux de la chambre, jetant des lueurs dorées sur le lit. Je dors encore profondément, enveloppé dans les draps chauds.
Soudain, le grincement de la porte de la chambre me tire doucement de mon sommeil. J'ouvre péniblement un œil, l'esprit encore embrumé.
C'est Basile. Il porte simplement un jogging gris, torse nu, ses cheveux bruns en bataille. Il vient de se réveiller et cherche sa sœur, qui est visiblement déjà debout et sortie faire des courses.
En entrant dans la pièce, son regard se pose sur le lit et il s'arrête net en me voyant.
— Ben... t'es là toi ? demande-t-il, l'air surpris. T'es pas venu hier soir à la fête avec ma frangine.
Je me redresse lentement sur un coude, frottant mes yeux bleus, essayant de retrouver mes esprits. Ma voix est encore enrouée par le sommeil.
— Non... il était tard, et Solène m'a dit de venir dormir directement ici après ma soirée... je réponds, ma voix d'homme naturelle résonnant dans la pièce.
Basile me regarde, un sourire amusé se dessinant sur ses lèvres masculines.
— Toujours aussi marmotte, Luke. Allez, debout ! Viens prendre un café avec moi en bas, depuis le temps qu'on ne s'est pas vus pour discuter tous les deux.
Avant même que je puisse réagir, il s'approche du lit d'un pas joueur. D'un geste rapide et amical pour me forcer à me lever, il attrape le drap qui me recouvrait et le tire d'un coup sec vers le pied du lit.
Le drap glisse, me laissant entièrement découvert.
Je me retrouve allongé sur le ventre, vêtu uniquement du t-shirt noir trop grand qui s'est enroulé au-dessus de ma taille pendant la nuit, dévoilant entièrement mes fesses moulées dans le minuscule string en dentelle noire de la veille.
Je me retrouve allongé sur le ventre, vêtu uniquement du t-shirt noir trop grand qui s'est enroulé au-dessus de ma taille pendant la nuit, dévoilant entièrement mes fesses moulées dans le minuscule string en dentelle noire de la veille.
Basile s'apprête à éclater de rire en voyant ma tenue improbable, mais son rire s'étrangle instantanément dans sa gorge.
Ses yeux d'un bleu d'acier se fixent sur mon postérieur dénudé. Plus précisément sur ma fesse droite.
Là, parfaitement visible sur ma peau claire, se détache un petit grain de beauté très net, à la forme unique et reconnaissable entre mille.
Un grain de beauté en forme de cœur.
Un grain de beauté en forme de cœur.
Un silence de mort s'abat sur la chambre. Le regard de Basile fait lentement l'aller-retour entre mes longs cheveux blonds éparpillés sur l'oreiller, ma silhouette fine, et cette marque indélébile sur ma peau. Son visage se décompose, passant par toutes les couleurs. Ses lèvres tremblent, sa bouche s'entrouvre sous le coup de la stupéfaction absolue.
Il reste là, figé comme une statue de sel, le souffle coupé, incapable de prononcer la moindre parole.
Puis, sans un mot, il lâche lentement le drap, fait un pas en arrière et sort de la chambre en refermant doucement la porte derrière lui, me laissant seul dans le silence retrouvé du matin.
Le claquement de la porte résonne encore dans le silence de la pièce. Mon cœur bat si fort dans ma poitrine que j'ai l'impression qu'il va exploser. Pris de panique, je me jette sur le lit, attrape la couette à pleines mains et me glisse dessous en tremblant, la remontant jusqu'à mon menton comme si ce morceau de tissu pouvait me protéger du cataclysme qui vient de se produire.
Je reste immobile, fixant le plafond, les larmes aux yeux. Tout est fini. Mon secret est exposé de la pire des manières.
Soudain, la poignée de la porte s'abaisse à nouveau. Mon corps se crispe instantanément.
Basile entre à nouveau. Il a refermé la porte derrière lui et reste planté là, le souffle court, les poings serrés contre ses cuisses. Son visage est un mélange de colère froide, d'incompréhension et d'une stupeur qui semble le paralyser. Sa bouche est légèrement entrouverte, ses yeux bleus d'acier fixés sur moi.
— Pourquoi ? finit-il par lâcher, sa voix n'étant plus qu'un murmure rauque et menaçant. Pourquoi tu as fait ça, Luke ?
Je ne trouve pas mes mots. Ma gorge est nouée, sèche. Je le regarde, terrifié.
D'un pas lourd et décidé, il s'approche du lit. Avant que je ne puisse esquisser le moindre geste de recul, il attrape la couette et la tire d'un coup sec, me dévoilant à nouveau à ses yeux. Je me recroqueville sur le ventre, ramenant mes genoux vers ma poitrine, mais son regard ne lâche pas mon postérieur, figé sur ce maudit string en dentelle noire et, juste au-dessus, ce grain de beauté en forme de cœur qui m'a trahi.
— Je... je suis désolé, Basile... je bafouille, la voix brisée par les sanglots qui menacent de déborder. Je suis tellement désolé... S'il te plaît, ne sois pas en colère...
Il ne répond pas tout de suite. Il est là, debout au-dessus de moi, le torse nu qui se soulève au rythme de sa respiration saccadée. Je peux voir la veine de son cou battre violemment. Il est en colère, c'est évident, mais il y a autre chose dans son regard. Une tension presque palpable, un trouble profond qu'il essaie désespérément de combattre. L'alcool de la veille doit encore embrumer ses pensées, affaiblissant ses barrières morales.
— C'était toi... murmure-t-il, comme s'il essayait encore de s'en convaincre. Tout ce temps, dans les toilettes... Cette bouche, ce corps... C'était toi.
Il baisse lentement les yeux, détaillant mes courbes, la cambrure de mes hanches que le string met si cruellement en valeur. Un frisson me parcourt l'échine sous l'intensité de son examen.
— Putain... t'es un mec, Luke, siffle-t-il entre ses dents, passant une main nerveuse dans ses cheveux en bataille. T'es le pote de ma sœur. T'es un mec...
Soudain, son regard s'assombrit encore plus, une nouvelle réalisation le frappant de plein fouet. Ses yeux bleus s'écarquillent légèrement sous le choc de cette pensée.
— Attends... Et ma frangine ? Elle sait ? Elle est au courant de ce petit jeu ?
— Oui... elle sait, j'avoue dans un souffle à peine audible, sentant la honte et la panique me submerger complètement.
— Oui... elle sait, j'avoue dans un souffle à peine audible, sentant la honte et la panique me submerger complètement.
Basile lâche un rire nerveux, presque incrédule, passant une main rageuse sur son visage avant de serrer à nouveau les poings contre ses cuisses.
— Putain de merde... Elle sait. Elle a participé à ça... Elle m'a foutu dans ton lit.
— Je suis désolé, je murmure, enfouissant mon visage dans l'oreiller pour masquer mes larmes. Je suis tellement désolé... mais... c'était tellement bon, Basile. Je n'avais jamais ressenti ça.
— Je suis désolé, je murmure, enfouissant mon visage dans l'oreiller pour masquer mes larmes. Je suis tellement désolé... mais... c'était tellement bon, Basile. Je n'avais jamais ressenti ça.
À ces mots, Basile se fige. Ses yeux se plantent à nouveau dans les miens. Un silence lourd s'installe, chargé d'une électricité dangereuse.
— Ouais... lâche-t-il d'une voix plus basse, presque feutrée. C'était bon. Putain de merde, t'étais Andréa... mais ton cul...
Il n'arrive pas à détacher son regard de mes fesses. La colère semble lentement s'évaporer pour laisser place à une fascination brute, presque animale. Il fait un pas de plus, ses genoux venant presser contre le bord du matelas.
— Tu me jures que personne d'autre ne saura jamais ce qui s'est passé ? me demande-t-il, son ton devenant soudainement dur, impérieux. Si un de mes potes l'apprend, ou si Solène l'ouvre à qui que ce soit d'autre, je te jure que je te tue, Luke. Tu me le jures ?
— Je te le jure, Basile. Devant Dieu, je te le jure. Personne ne saura jamais, je réponds frénétiquement, hochant la tête contre l'oreiller.
— Je te le jure, Basile. Devant Dieu, je te le jure. Personne ne saura jamais, je réponds frénétiquement, hochant la tête contre l'oreiller.
Il me fixe encore quelques secondes, évaluant ma sincérité. Puis, lentement, sa main droite descend vers moi. Ses doigts larges et chauds effleurent d'abord timidement ma hanche, me faisant sursauter. La chaleur de sa peau contre la mienne est un choc électrique. Ses doigts glissent ensuite le long de ma fesse droite, contournant le grain de beauté en forme de cœur, avant de venir se poser délicatement, mais avec insistance, juste à l'entrée de mon intimité, là où le tissu du string s'écarte.
Je pousse un faible gémissement, cambrant instinctivement le dos sous sa caresse. Ce simple mouvement brise les dernières digues de son contrôle.
— Oh, puis merde... grogne-t-il.
Tout part en vrille en une fraction de seconde. D'un geste violent et possessif, Basile attrape le tissu de mon string en dentelle noire et le déchire d'un coup sec, libérant entièrement mon fessier. Dans le même mouvement, il se débarrasse de son jogging gris, révélant sa virilité déjà dressée, massive et palpitante de désir.
Il me retourne brutalement sur le dos, m'écrasant de tout son poids sur le matelas. Ses yeux bleus brillent d'une lueur sauvage, presque prédatrice.
— Tu la veux encore, Luke ? me demande-t-il d'une voix rauque, son souffle chaud brûlant mon visage. Dis-le-moi.
— Oui... oui, s'il te plaît, Basile... je supplie, totalement soumis à son emprise, mes mains trouvant d'elles-mêmes le chemin de ses épaules musclées.
— Oui... oui, s'il te plaît, Basile... je supplie, totalement soumis à son emprise, mes mains trouvant d'elles-mêmes le chemin de ses épaules musclées.
Il ne se fait pas prier. Sans aucune transition, guidé par une fureur de posséder et un besoin irrépressible d'évacuer la tension accumulée, il saisit mes cuisses pour les ouvrir grand et vient presser le gland de sa verge chaude et veineuse contre mon entrée.
L'assaut est immédiat, bestial. Il s'enfonce en moi d'un coup sec, me coupant le souffle. La sensation de plénitude est immédiate, presque douloureuse mais tellement enivrante que je jette ma tête en arrière, poussant un cri sourd que sa bouche vient immédiatement étouffer. Il me prend avec une force brute, ses coups de boutoir rapides et saccadés faisant grincer le lit dans le silence de la matinée.
Ses mains me maintiennent fermement par les hanches, ses doigts s'enfonçant dans ma chair claire, y laissant des marques rouges. C'est une danse sauvage, dénuée de la douceur de la veille, dictée par la luxure et l'interdit. Je me laisse emporter par la tempête, mes propres gémissements étouffés contre son cou musclé alors qu'il me pénètre de plus en plus profondément, me projetant contre le matelas à chaque va-et-vient.
Au bout de plusieurs minutes de ce rythme effréné, alors que le plaisir me submerge et que mes sens menacent de flancher, Basile me saisit par les cheveux, me forçant à me redresser légèrement. Ses mouvements se font plus lents, plus lourds, annonçant l'imminence de sa délivrance.
D'un geste brusque, il se retire de moi, me laissant pantelant et vide. Avant même que je ne reprenne mes esprits, il m'attrape par la nuque et me fait mettre à genoux devant lui, face à son sexe palpitant et brillant de nos fluides mêlés.
— Prends-la, ordonne-t-il, la voix brisée par l'effort. Tout de suite.
J'ouvre grand la bouche, accueillant sa virilité brûlante. Il donne quelques derniers coups de reins désordonnés, sa respiration devenant un râle animal, avant de se tendre de tout son long.
Un flot de sperme chaud et épais se déverse alors directement au fond de ma gorge. J'avale tout dans un ultime frisson de plaisir, mes doigts crispés sur ses cuisses tremblantes.
Le silence retombe sur la chambre, troublé seulement par nos souffles cours et erratiques.
Basile reste immobile un instant, les yeux fermés, savourant la fin de sa jouissance. Puis, sans un mot, il se recule. Son visage se referme instantanément, reprenant ce masque d'impassibilité masculine. Il ramasse son jogging, l'enfile rapidement sans me regarder, et se dirige vers la porte.
Sur le seuil, il s'arrête, la main sur la poignée. Il tourne légèrement la tête vers moi. Je suis toujours allongé sur le lit, le corps frissonnant, les lèvres encore humides.
Un sourire indéchiffrable, presque cruel mais terriblement sensuel, étire le coin de ses lèvres.
— La prochaine fois que j'ai envie de me vider... j'espère que tu seras aussi docile, Luke.
La porte se referme doucement derrière lui, me laissant seul dans la lumière dorée du matin. Mon cœur bat la chamade, oscillant entre l'extase et une immense incertitude. Était-ce une promesse ou simplement une bravade pour masquer son trouble ? Voudra-t-il vraiment me revoir, ou va-t-il m'ignorer dès que nous croiserons nos regards à nouveau ?
Fin.
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