Fiction
Trans & QIA+
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Estelle, bourgeoise BCBG et… genderfluid — Chapitre 1 · Mes débuts en tant qu'Estelle
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Estelle, bourgeoise BCBG et… genderfluid
Chapitre 1 · Mes débuts en tant qu'Estelle
Tout ce que je vais vous raconter est vrai. Pas issu de mes fantasmes. Ou des vôtres. Non, uniquement ce que je vis depuis quarante ans, sans être romancé. La pure vérité.
J'ai soixante et un ans aujourd'hui, et j'ai compris depuis cinq ans ce que je suis. Genderfluid. Mon identité de genre n'est pas fixe, j'évolue au fil du temps, au fil de ce que j'ai fini par appeler « mes pulsions ». La plupart du temps, je suis Eric, hétérosexuel ayant eu de nombreuses conquêtes féminines. J'ai été marié, je suis papa, et je n'ai aucune attirance envers les hommes. Mais voilà, depuis mes dix ans, je me sens garçon un jour, puis fille un autre, sans contrôle de ma part. Eric est cent pour cent hétéro, je n'aime que les femmes, et j'ai la réputation d'être un bon amant, à la fois dominant et attentionné. Estelle, mon « autre » que je me suis créé, est cent pour cent hétéro. Je n'aime que les hommes, je suis totalement passive et j'aime être dominée par des hommes virils. La cloison entre mes deux personnalités est totalement étanche. Personne de mon entourage ne connaît mon secret, et ceci depuis plus de quarante ans, sans interruption, y compris les années où je ne vivais pas seule (pendant vingt-trois ans, avec successivement trois femmes).
Paradoxalement, ce fut lorsque je me suis marié que l'histoire d'Estelle a vraiment démarré. J'avais enfin accès à une importante garde-robe féminine ! Quel plaisir ! Et en l'absence de ma femme qui pouvait être en déplacement sur plusieurs jours, je me travestissais, m'exerçant pour la première fois au maquillage. J'ai dû acheter (et cacher dans le garage !) seulement une perruque et des escarpins, n'ayant pas les cheveux longs et faisant trois pointures de plus que ma femme !
Physiquement, j'ai la chance d'être plutôt androgyne. Un mètre soixante-quatorze, soixante-deux kilos, de petits os et donc de petites mains fines et de jolis pieds fins. Et surtout de très jolies jambes fines qui font encore ma fierté aujourd'hui à soixante et un ans. J'ai même, en prenant de l'âge, une petite poitrine naturelle, qui reste discrète, mais qui, avec l'aide d'un soutien-gorge push-up, me permet d'avoir un petit décolleté sans artifice.
Après avoir maîtrisé à domicile l'art du maquillage et de la marche « hauts talons perchés », j'ai commencé vers vingt-deux ans à me sentir suffisamment femme pour oser sortir le soir. L'été, en robe longue moulante à bretelles et petites sandales blanches, talons de cinq centimètres, et l'hiver avec un tailleur cintré beige foncé et sa minijupe assortie, des collants opaques couleur chair (je n'étais pas rasée à l'époque) et des escarpins talons cinq centimètres. String et soutien-gorge balconnet, perruque brun foncé coupe au carré complétaient ma tenue. Quel fut mon plaisir de me sentir femme dans ma voiture et ensuite, à marcher quelques centaines de mètres dans des quartiers résidentiels, hmmmm.
Ma première expérience sexuelle en tant qu'Estelle a eu lieu à cette époque, je devais avoir vingt-trois ou vingt-quatre ans. C'était en hiver, la nuit, j'avais mon petit tailleur décrit ci-dessus. Je me dirigeais alors vers le parking où j'avais laissé ma voiture après avoir fait quelques pas en extérieur. En passant entre deux voitures, je m'aperçois que dans l'une d'entre elles, il y a un homme assis côté conducteur en train de boire. Je fus surprise, car je n'avais pas l'habitude de croiser du monde, choisissant des endroits plutôt peu fréquentés la nuit. Au lieu d'accélérer le pas, je ne sais pas ce qui s'est passé dans ma petite tête de délurée, mais je me suis arrêtée devant la voiture, le laissant me mater. Puis, mes pulsions m'ont poussée à m'approcher de la porte-passager. Celle-ci s'entrouvrit et naturellement, je me suis installée. C'était de mémoire un homme d'une cinquantaine d'années.
Son odeur m'a confirmé qu'il buvait de l'alcool, mais m'apprit aussi qu'il n'avait pas dû prendre de douches depuis deux ou trois jours. Cette odeur de mec « dans son jus », au lieu de me faire fuir, m'a bizarrement excitée. Ma minijupe était à ras de mon minou, j'avais conscience que j'étais audacieuse et provocante. J'ai pris les choses en main (c'est le cas de le dire !), et je lui ai dégrafé son pantalon. Et pour la première fois, j'ai branlé une bite autre que celle d'Eric ! La sentir durcir entre mes doigts m'a beaucoup excitée ! Du fait de décalotter son gland bien épais, une bonne odeur de bite humide a fini par me faire lâcher prise ! Je me suis penchée, j'ai donné quelques coups de langue et je l'ai prise en bouche. Ma première pipe ! Facilitée par sa taille, certes épaisse, mais courte. Je l'ai sucé avec un réel plaisir. De mémoire, il m'a caressé les seins sous ma chemise, il ne s'est pas offusqué de leur petite taille. J'ai sucé jusqu'au bout.
Du moins, je pense, il n'a pas exprimé de réaction de jouissance, mais j'ai bien senti pour la première fois ce goût âcre du sperme, dont je vais très vite devenir folle. Je suis repartie aussi vite qu'arrivée, sonnée par ce qui venait de m'arriver. Pas un mot d'échangé, une bonne pipe vite fait bien faite à un inconnu. Je me sentais salope et j'aimais beaucoup ça...
Puis, ça s'est alors enchaîné. La deuxième fois, ce fut au même endroit (j'avais pris l'habitude de le fréquenter, ma première expérience réussie me rassurait). J'avais juste poussé mes pas un peu plus loin, me retrouvant à moins de cent mètres de l'avenue centrale de la ville, animée à toute heure. J'avais le cœur à mille à l'heure, jamais je ne m'étais rapprochée autant d'un lieu de vie, même s'il était une heure du matin. Je fis très vite demi-tour lorsque je vis à une vingtaine de mètres de moi un jeune homme se diriger vers moi. J'étais à la fois prise de panique et excitée. Je crois qu'inconsciemment, j'ai ralenti le pas le laissant ainsi me rattraper. Tout se fit naturellement. À ma hauteur, je lui ai tendu la main. Il l'a prise et on a marché main dans la main pendant une centaine de mètres sur le trottoir de l'avenue, croisant des voitures. Ce fut la première fois où je me suis vraiment senti femme.
— J'ai ma voiture pas loin, tu m'y accompagnes ? lui dis-je. Il fit oui de la tête. J'ai pris place devant le volant, il s'installa côté conducteur. J'ai eu droit à mon premier baiser. J'ose croire encore aujourd'hui qu'il m'a prise pour une vraie femme. Il a sorti sa queue. Enfin une vraie bonne grosse bite comme on en voit dans les films de boules !! Il a baissé l'assise du siège passager et m'a dit « vas-y, suce-la ». J'ai aimé cette petite directive. Mais je l'ai sucé avec un peu de retenue. Nous étions en pleine période VIH, et je n'ai pas voulu de son foutre. Il était frustré, a peu insisté puis il est reparti.
Cette période était complexe à gérer, le Sida rôdait dans nos esprits, ce qui m'a calmé quelque temps. J'ai repris une activité de petite pute quelques années après, venant juste de divorcer. Dans mon nouvel appartement, j'ai eu tout loisir de me constituer une jolie garde-robe, et me perfectionner dans mon maquillage et dans ma démarche, notamment avec des talons de plus en plus hauts. La seule chose que je n'avais pas encore osé toucher, c'est la pilosité de mes jambes. Nous sommes dans les années quatre-vingt-dix, à cette époque, seuls les cyclistes rasaient les jambes... Et je n'avais même pas de vélo !
J'ai eu ensuite une période où je sortais en voiture. Je tournais en ville et je m'arrêtais à hauteur de monsieur seul. Vitre ouverte, minijupe laissant deviner la limite de mes bas. Je prétextai demander ma route, et finissais à leur proposer de les déposer quelque part. Certains acceptaient. Tout en conduisant, je leur attrapais leur main gauche et la posais sur mes cuisses, leur demandant de me caresser. J'adorais sentir ses grosses mains venir à la limite de mes bas et sentir leur excitation. Je me sentais pute, et j'adorai ça ! En général, cela s'arrêtait à ces attouchements, mais une fois, j'ai proposé à un mec de le sucer. Il n'a pas dit non. J'ai trouvé un parking sombre derrière une boutique en zone commerciale. J'ai commencé à le sucer puis il a prétexté qu'il voulait pisser et s'est enfui ! Je pense qu'il a compris au mouvement de ma perruque que j'étais un travesti.
Jusqu'à ce jour, je n'avais pas eu l'occasion de parler de ma vraie nature avec les hommes rencontrés au hasard de mes vagabondages nocturnes. Cela a changé avec l'arrivée d'internet et des sites de rencontre. Et c'est à partir de là que c'est parti en cacahuète ! Estelle va s'affirmer en vraie salope, enchaînant les plans cul. Lors de ma prochaine contribution, je vous raconterai mes premiers pas sur les sites, et mon dépucelage anal qui n'a pas tardé. En espérant vous avoir mis l'eau à la bouche.
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