Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Agatha — Chapitre 1 · Agatha
Auteur
Agatha
Chapitre 1 · Agatha
8 h 30, et voilà que sonne l'heure d'ouverture de la faculté dans laquelle je travaille. Je me tiens debout à côté de l'entrée et veille à ce que le code vestimentaire des élèves soit conforme à la charte de l'établissement. Bien évidemment, je remarque que les garçons ont une interprétation particulière de l'uniforme et que certaines filles ont fait disparaître quelques centimètres de tissu ! Je passe sur la chemise trop ouverte ou le pantalon non repassé. Moi qui suis tatillonne sur la tenue vestimentaire, tout cela me rend nerveuse !
Celle qui vous parle ? C'est moi, Agatha, assistante de direction dans une faculté du sud du pays. J'ai quarante et un printemps. Après des études de haut fonctionnaire, j'ai dû me résoudre à rester à un poste comme celui-là : ma mère n'a personne d'autre, et je ne l'abandonnerai pas. Mes deux filles, elles, ont eu la liberté de partir étudier à l'étranger. L'une me ressemble trait pour trait ; l'autre est un mélange heureux de ses deux parents.
Malgré mes quarante ans passés, je m'entretiens de manière quasi militaire. Course à pied le matin, fitness après le travail et, le week-end, natation ou vélo, sans oublier une alimentation équilibrée. Tout cela me permet de rester désirable, à en croire les regards qui s'attardent sur moi dans les couloirs et la jalousie que je lis parfois chez certaines collègues. Ce qui m'amuse beaucoup et, il faut bien l'avouer, m'émoustille.
Mon code vestimentaire est invariablement composé d'un tailleur — jupe ou pantalon — au travail. Cela m'a valu une réputation de femme trop rigide. Dans cette faculté, soit on me craint, soit on m'évite.
Mes talons claquent dans les couloirs, annonçant toujours un événement. Quand j'entre dans une classe, je sens l'effroi, aussi bien chez les élèves que chez le professeur. Je suis assidue, j'aime que tout soit parfaitement à sa place, et je n'hésite pas à recadrer quiconque s'écarte du droit chemin. Justement, à ce propos — je suis célibataire depuis que monsieur a préféré partir avec une jeunette de vingt-cinq ans. Cela fera bientôt trois ans, depuis le mois de décembre dernier. Plus personne pour me reprocher mes tenues, ma coiffure ou mes envies. Ma pratique du pole dance et de la danse en talons hauts avait sans doute fini de le rebuter. Mais l'endroit où je m'épanouis le plus reste mon travail. Le matin, après la douche et un soin complet du corps, je commence par me maquiller. Le résultat est toujours discret, parfaitement dosé. Puis je sélectionne avec soin mon tailleur, sa couleur et sa texture en fonction de l'air du temps.
Ma partie préférée reste toutefois le choix des dessous. Dure à l'extérieur, mais particulièrement sensuelle sous mes vêtements, j'aime porter des ensembles coordonnés en satin, un tanga échancré, un body en dentelle et, bien souvent, des bas couture, le tout terminé par une paire de talons de huit centimètres au minimum. J'aime sentir ma cambrure lorsque je marche et savoir que, sous ce tailleur, se cache une passion pour la lingerie qui remonte à mes dix-huit ans. Je ne compte plus les visites motivées par des prétextes plus ou moins crédibles pour venir me voir dans mon bureau. Je remarque les regards qui se perdent dans mon décolleté ou ceux des professeurs qui s'attardent sur ma croupe. J'aime ce sentiment d'attirance et de séduction. Même mon directeur ne se prive pas de commenter mes tenues, avec beaucoup de diplomatie, certes, mais j'y ai droit tous les jours.
Souvent, je me rends dans son bureau pour prendre des notes ou lui rendre compte de la vie scolaire. Je sais qu'il lutte contre l'envie de me toucher. En secret, il m'arrive de me demander s'il pourrait vouloir aller plus loin et comment je devrais alors réagir : le gifler ou le laisser continuer ? Ici, c'est lui le patron. Il dirige son établissement à la baguette et possède un tempérament de dictateur lorsqu'on lui résiste. Entre lui et moi, c'est un jeu du chat et de la souris. Il m'assure une certaine légitimité au sein de la faculté et, en retour, il bénéficie de ma loyauté sans faille. Voilà pourquoi je suis aussi stricte avec le personnel.
Mais des événements vont venir troubler ce petit monde ! Par une matinée de juin particulièrement suffocante, je reçois un courriel de l'académie m'informant de la tenue d'une réunion consacrée à une restructuration et à un bilan de la faculté. Il est précisé que tout sera passé au crible : administration, gestion, économie… Bref, la totale ! En apprenant la nouvelle, mon directeur ne cache pas son trouble et me demande de l'aider à clarifier la situation avant l'arrivée des inspecteurs. Cela va nous obliger à travailler tard, et souvent le week-end.
Dans les jours qui suivent, je le sens nerveux et anxieux à l'idée d'être muté ailleurs ou réprimandé pour sa gestion. Je fais en sorte de rester disponible et je m'efforce de travailler dur. Je ne compte plus les réunions fastidieuses, les courriels et les coups de téléphone. Pendant mes rares pauses, je lui apporte un café ou je m'installe un moment en face de lui, juste pour parler. Mais je repère assez vite ses œillades vers mes jambes ou ma poitrine. Il se croit discret. Je le surprends rapidement, d'autant que je lui fais parfois remarquer que mes yeux sont plus haut. Il devient alors rouge pivoine et bredouille des explications, comme un petit garçon pris sur le fait.
Sous ses airs d'homme fort se cache un petit coquin, un brin timide. Je le sais et, moi aussi, j'en joue. Il m'arrive d'oublier de rabaisser ma jupe, parfois un peu trop courte, laissant entrevoir la lisière de mes bas — et de croiser les jambes avec une lenteur parfaitement calculée avant de faire semblant de m'en apercevoir. D'autres fois, le bouton de mon chemisier est mal fermé et laisse apparaître le sillon de mes seins, et je laisse ma main effleurer distraitement mon col avant de le refermer. Bref, je me reprends, car je ne suis pas là pour ça ! Mais un soir, alors que nous sommes en pleine rédaction d'un compte rendu, il me propose de faire une pause et de commander à manger. Je dois avouer que je ne dis pas non. Dans la foulée, j'attrape son téléphone pour passer commande. Je porte ce soir-là un ensemble tailleur jupe blanc, des bas couture noirs et, comme d'habitude, un chignon accompagné d'un maquillage léger. En attendant la commande, nous parlons de tout et de rien. Il m'avoue souffrir de ce stress, puis son visage se ferme soudainement. À ce moment-là, je suis assise sur mon bureau, ma jupe presque entièrement remontée, laissant apparaître mes bas. Je ne m'en suis pas rendu compte, trop occupée à écouter ses plaintes. Lui, si. Je le vois à la façon dont son regard ne remonte pas, dont il laisse le silence durer deux secondes de trop, dont il retient sa respiration comme s'il avait peur de rompre le charme. Puis il lève les yeux vers moi, et quelque chose dans son expression — pas tout à fait de la faiblesse, pas tout à fait de la hardiesse — me fait battre le cœur plus vite que je ne l'aurais voulu. Je saute du bureau et m'excuse.
— Ne vous inquiétez pas, ma chère. Cela m'a permis de penser à autre chose pendant quelques minutes.
Pour ma part, je suis déjà allée m'asseoir sur la chaise en face de lui. Je tire le plus possible sur ma jupe, tout en baissant la tête.
— Mais enfin, Agatha, ne me dites pas que vous êtes tracassée par cela ! Je vous savais pudique, mais pas à ce point !
Je dois l'avouer, je suis piquée au vif. Je ne me considère ni comme une religieuse coincée ni comme une femme frigide. Je lui lance un regard glacial et m'excuse encore pour cet incident. Entre-temps, nos commandes arrivent et nous dînons dans une atmosphère particulière. La réunion de travail se termine peu de temps après, et nous nous quittons par une poignée de main cordiale. Mais ma fierté de femme a été atteinte, et je me promets une chose : il ne me traitera plus jamais de femme trop pudique !
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Commentaires ()
C'est bien écrit, ça se lit bien.