Ce n’est pas une étincelle de vitrine.
Pas le soupir qu’on pose sur les draps pour faire semblant que le vide a une forme.
Pas le joli petit cri qu’on offre pour rester poli.
C’est une mécanique. Sourde.
Un moteur qui tourne sous le plancher.
Le sang déserte la tête. Il descend. Il va battre plus bas, dans le sexe, là où la peau n’a jamais signé de serment.
D’abord le silence.
Pas le silence propre. Celui qui pulse.
Bronze sous l’écorce.
Le ventre se durcit. Les cuisses se serrent. Le bassin se noue comme un câble de chalutier. L’arche tient. Chaque vertèbre durcit. L’attente coule le béton.
Ça gonfle.
Ça chauffe.
Ça mouille sans demander la permission.
La chatte se contracte autour de rien, ou autour de trop, peu importe : le corps a déjà choisi.
Puis ça pousse.
Rien d’éthéré. Une secousse à ras de terre. Les digues lâchent.
Le bassin se souvient du feu.
Les nerfs s’allument en grappes, aveugles, trop nombreux.
Le souffle se casse contre les dents.
Une respiration volée.
Un spasme sec.
L’heure qui lâche.
Le sexe tape de l’intérieur.
Ça monte trop vite.
Ça déborde.
Ça gicle, ça tremble, ça prend tout.
Ensuite la vague.
Large. Lourde. Liquide. Souveraine.
Le ventre se plie. Les hanches cognent. La gorge lâche un son qu’on n’avait pas prévu.
Ça jouit comme on se noie : la bouche ouverte, les yeux nulle part, le bas du corps qui décide tout seul.
Ça cogne.
Ça prend.
Ça mange le décor.
Plus de témoin. Plus de miroir. Plus de rôle.
Juste une chair qui s’affranchit.
Une marée qui rince l’échafaudage.
Le contrôle part avec l’eau.
Il reste le sel, le tremblement, le sexe encore ouvert, encore bête, encore vivant.
Le corps reste.
Échoué.
Lourd.
Mouillé jusqu’aux genoux.
Enfin rendu à son propre poids.
Commentaires ()
Je ne sais pas trop ce que je viens de lire. Un texte érotique ou de la poésie mécanique ? Probablement un peu des deux.
Ce corps devient une matière brute, presque industrielle. Zola aurait sans doute aimé cette bête-là. Mais ce corps-là ne se laisse façonner par personne ; il prend les commandes et décide tout seul.
Tu cognes, tu saccades, tu coupes. Sec. Et la marée monte, emporte tout, puis rejette.
Après la déferlante, le corps ne triomphe pas, il ne parade pas. Il est libéré du rôle, des contraintes, de tout ce qui le tenait debout autrement que par lui-même.
Les mots sont rudes, les images violentes. Le contrôle cède, les artifices tombent, et tu laisses le vivant reprendre sa place. La chair qui fait sauter les murs.
Cette médaille me semble bien méritée. Bravo, ma biche ! ❤️
Sincères félicitations, vous obtenez une médaille. 😉
Je vous remercie pour vos mots d encouragement
Merci pour votre petit mot d encouragement
Merci pour ce récit si bien écrit , j’ai beaucoup aimé
Tu mets dans la jouissance des corps la puissance et la beauté qu’offre les spectacles des forces naturelles .
Bravo pour les trouvailles et les métaphores si bien senties .
Je vous remercie d avoir prix le temps de lire mon delire mais surtout d avoir laisser une petite baffouille d encouragement
Bravo
Tout simplement merci votre commentaire me trouble
Merci mon tendre bacou j aime t emoustiller
Merci pour tes mots qui me vont droit au coeur
Un conseil on ne devient pas un forgeron en une nuit l affutage des mots c est pareil alirs met et remet le travail au feu