Ça faisait presque huit mois qu'Alan n'avait pas vraiment baisé. Pas le fameux pas baisé du tout, ça serait trop simple, non, c'était pire. C'était le genre de désert qui s'installe sans que tu t'en rendes compte, et puis un jour tu te réveilles, tu regardes ta meuf en train de scroller à côté de toi dans le lit. Sarah vivait avec lui depuis deux ans déjà, son mug sur l'étagère, sa brosse à dents dans le verre et tu réalises que la dernière fois que tu l'as sentie, vraiment sentie, c'était avant les vacances. Avant les vacances, bordel.
Sarah n'était pas méchante, c'était même une fille bien. Mais entre le boulot, la fatigue, les séries, les "pas ce soir j'ai mal à la tête", les "demain promis", la libido d'Alan avait fini par faire la queue comme un con devant une porte fermée, semaine après semaine. Et lui, il avait encaissé. Un mec, ça encaisse. Ça râle pas, ça fout pas le bordel, ça se branle vite fait, sans plaisir, dans la salle de bain en essayant de pas faire de bruit, et ça fait semblant que tout va bien.
Sauf que tout n'allait pas bien, et un vendredi soir, autour d'un verre avec Léa, ça a fini par sortir.
Léa, c'était la copine proche. Pas la pote qu'on voit une fois par an mais la vraie, celle qui est là depuis dix ans, qui a vu Alan dans tous ses états. Et autant le dire tout de suite, Léa, c'était un genre. Un genre à part. Elle était ni laide ni jolie, une de ces femmes au milieu qu'on remarque pas tout de suite, avec un visage banal mais un regard qui l'est pas, un regard direct qui te rentre dedans quand elle te parle. Très maigre avec ça, presque osseuse, des poignets fins, des clavicules qui ressortent, des jambes longues et sèches, pas de poitrine à proprement parler. Mais un cul. Un beau petit cul, rond, ferme, haut, complètement disproportionné sur cette silhouette de brindille, le genre de cul qui rattrape tout et qui fait que les mecs se retournent sur une fille qu'ils auraient pas regardée autrement.
Et dans la tête, Léa, c'était un truc à part aussi. Elle voulait pas de mec. Pas de relation, pas de couple, pas de "on se pose". Elle enchaînait, voilà. Elle chopait un type, elle le gardait quelques semaines, quelques mois, le temps de s'en lasser, et hop, elle le virait, sans drame, sans état d'âme, comme on jette un vêtement qu'on porte plus. Elle disait toujours que les mecs, c'était bien pour baiser et pour rien d'autre, que dès qu'ils commençaient à vouloir s'installer elle se sentait étouffer.
Sarah, forcément, elle la connaissait, Léa traînait dans le même cercle, elle était venue bouffer à l'appart un paquet de fois, elle avait même aidé Sarah à choisir la peinture du salon. Elles s'entendaient bien, d'ailleurs. Léa avait un peu pris Sarah sous son aile au début, genre "t'inquiète, je le connais, il est pas méchant", et Sarah lui faisait confiance. C'est dire si le terrain était propice.
Donc ce vendredi soir, sur la terrasse, deux mojitos, le soleil qui tombe. Léa demande comment ça va avec Sarah. Il répond machinalement "ouais ça va". Et elle, sans lever les yeux de son verre :
— Ça va au lit aussi ?
Alan marque un temps. Puis il rit, un peu jaune.
— Qu'est-ce que ça peut te faire ?
— Rien mais tu viens de répondre. Elle le regarde enfin, ce regard direct.
— C'est mort ou c'est mort ?
Et là il craque. Il lui raconte. Pas tout, mais assez. Les huit mois. Les excuses. Les branlettes furtives. Le fait qu'il commence à se demander s'il est pas devenu un vieux con à trente-deux ans. Et il rit de lui-même, comme on rit pour désamorcer.
Léa, elle, rit pas. Elle finit son cocktail, pose le verre, et elle dit, très calme :
— Moi, avec toi, en même pas deux minutes tu gicles.
Alan éclate de rire.
— Deux minutes ? T'abuses. Tu m'as jamais touché le bout.
— Justement. Deux minutes. Même pas. Tu verras.
Il prend ça à la rigolade. Il dit "ouais ouais", ils changent de sujet, et Alan rentre chez lui et ce soir-là, il pense quand même à ce petit sourire au coin qu'elle a eu en disant ça, et qu'il a pas inventé.
Deux semaines passent. Deux semaines normales, plates, sans sexe. Sarah dit encore non deux fois, et Alan finit comme toujours sur le dos à fixer le plafond en se demandant ce qu'il fout là.
Et puis Léa débarque chez lui un samedi après-midi, soi-disant pour récupérer un bouquin qu'elle lui avait prêté. Prétexte en carton, il le sait, elle le sait, mais ils font comme si. Sarah est au boulot jusqu'au soir donc l'appart est à eux. Ils boivent un café. Et à un moment, Léa, l'air de rien :
— Alors ? Elle t'a enfin vidé ?
— Qui ça ?
— Sarah, connard. Ta meuf. Elle t'a vidé oui ou non ?
Alan souffle, pose sa tasse.
— Non. Rien. Que dalle.
Et c'est là que ça bascule. Léa pose sa tasse à elle, sans bruit, très proprement, comme quelqu'un qui range un objet avant de faire un truc sérieux. Elle le regarde. Et elle dit, d'une voix qui attend pas de réponse :
— Sors-la.
— Quoi, là ?
— Là. Tout de suite. Je peux pas te laisser comme ça, c'est pas bon. Huit mois sans vidange, tu vas finir par avoir un caillou à la place des couilles. Allez. Sors-la.
Alan sent un truc se retourner dans son ventre. Pas de l'excitation franche, pas encore mais de la surprise, un vertige. Il la regarde. Elle a l'air parfaitement sérieuse.
— Tu déconnes ?
— Jamais été aussi sérieuse de ma vie. Déballe.
Il déboutonne son jean, un peu maladroit, et il la sort, à moitié bandée déjà, ce qui le fout mal à l'aise parce que ça le trahit, cette demi-bande. Léa se penche en avant sur sa chaise, elle la regarde, cette queue, avec la même attention tranquille qu'elle met à tout, et elle hoche la tête comme quelqu'un qui valide un travail bien fait.
— Voilà. C'est déjà mieux. Penche-toi en arrière. Détends-toi. Et écoute-moi bien : tu penses à rien. Tu me laisses faire. Si tu sens que ça monte tu le dis, mais tu te retiens pas. On va te vider jusqu'à la dernière goutte, et après on verra.
Et elle commence.
D'abord elle la prend juste en main, sans vraiment branler, juste pour le contact, la paume chaude refermée autour du manche, le pouce qui vient caresser la base, là où c'est le plus sensible et où personne pense jamais. Alan sent sa queue se durcir d'un coup entre ses doigts, à une vitesse presque humiliante. Léa sourit, dit rien, elle aime ça visiblement, cette réaction immédiate. Elle commence à monter et descendre, lentement, en serrant juste ce qu'il faut. Pas une main molle, pas une main de débutante mais une main qui sait.
— Regarde-moi ça.
Elle parle bas, pour elle-même autant que pour lui.
— Tu bandes comme un gamin. Huit mois que ça attend ça, hein ? Huit mois que t'es là, dressé, et que personne vient te chercher.
Il veut répondre, mais elle accélère d'un coup, et le mot reste coincé. Elle passe au rythme suivant, plus rapide, plus ferme, la main qui remonte jusqu'au gland à chaque passage, qui le décalotte complètement et redescend en serrant. Le bruit commence, ce petit bruit humide, honteux et délicieux, dans le silence de l'après-midi. Alan laisse tomber sa tête en arrière contre le dossier.
Elle s'arrête. Juste au bord. Il gémit.
— Léa...
— Pas encore. Je t'ai dit. On prend notre temps.
Et elle crache.
Alan le sent d'abord, ce filet de salive tiède qui tombe sur son gland déjà luisant et qui coule le long de la hampe. Puis la main revient, et là ça a plus rien à voir. Avec la salive, ça glisse, ça claque, ça fait un bruit de flotte qui remplit la pièce. Léa se penche, crache une deuxième fois, pile sur le sommet, et elle étale du pouce, en tournant, en appuyant juste sur le frein, ce petit endroit qui rend fou, et Alan sent ses couilles se resserrer d'un coup.
— Ah là tu vois, t'es déjà à deux doigts.
Elle rit doucement.
— Deux minutes, je te l'avais dit. T'as pas tenu deux minutes.
— Tu m'as... tu m'as arrêté aussi...
— J'ai le droit. C'est moi qui décide. C'est le principe.
Elle ralentit, juste pour l'emmerder, juste pour le garder au bord. Et pendant qu'elle le rebranle doucement, elle descend son autre main. Elle attrape ses couilles. Et là, elle fait plus semblant.
Elle les soupèse d'abord, franchement, les roule dans sa paume, l'air de les évaluer. Puis elle serre. Pas fort fort, mais assez pour qu'Alan sente que c'est tenu, qu'on rigole plus. Elle tire un peu, relâche, resserre, les malmène doucement, les presse contre la base de la queue pendant que l'autre main continue en haut. C'est trop, trop de sensations d'un coup, la main qui branle et la main qui tripote, et Alan se met à gémir sans retenue, la tête en arrière, les mains agrippées aux accoudoirs.
— C'est bien. La voix de Léa, basse, régulière.
— Lâche tout. Lâche. Tu vas gicler une bonne fois, et après on recommence, et après encore. Je te lâche pas avant que t'aies plus rien à donner. Tu m'entends ? Plus rien.
Et c'est là qu'elle fait le truc que personne lui avait jamais fait. Sans prévenir, sans demander, elle glisse sa main libre derrière, entre ses fesses, elle trouve le trou, et elle y enfonce un doigt.
Alan sursaute. Il ouvre grand les yeux.
— Oh putain...
— T'as jamais essayé ?
— Non, jamais tu es dingue
— T'inquiète. Détends. Ça va te faire jouir plus fort, tu vas voir tu vas en mettre partout. Tu vas me remercier.
Et elle se met à le branler pour de bon, la main qui vole sur sa queue, l'autre qui garde le doigt enfoncé jusqu'à la deuxième phalange, à chercher, à appuyer vers l'avant, à masser cette petite boule à l'intérieur qui existe que quand on sait où elle est. Alan sait plus où il est. La main en haut, la main en bas, tantôt les couilles un peu tirées, tantôt un doigt qui appuie au fond. Tout son corps se tend comme une corde, ses orteils se recroquevillent dans ses chaussettes, et il sent la vague monter, cette vague qui part de très loin et qui a plus rien à voir avec les branlettes tristes du samedi soir.
— Vas-y. Léa, sans s'arrêter, le regard fixé sur sa queue.
— Vas-y, montre-moi. Gicle. Gicle fort.
Il explose.
Le premier jet part droit devant, haut, et retombe sur lui, sur son propre ventre, sur son t-shirt remonté, une grosse traînée blanche qui gicle jusque sur le bas de son cou. Le deuxième suit presque aussitôt, sur sa cuisse, sur le poignet de sa libératrice, et Léa ralentit pas, elle continue à traire, à serrer, à faire sortir tout ce qui veut sortir. Alan tremble de partout. Et elle, elle commente.
— Voilà. Voilà. C'est ça. Regarde-moi ça, regarde la quantité. Huit mois, je te disais. Huit mois de stock.
Elle appuie sur la queue pour faire sortir les dernières gouttes, en tirant du bas vers le haut, comme on vide un tube de dentifrice.
— Encore. Il en reste. Donne-moi tout. Tout, Alan. Lâche.
Et il lâche. Encore deux, trois spasmes, plus courts, plus pâteux, jusqu'à ce que ça devienne presque douloureux, cette sensation de queue qu'on secoue alors qu'elle a plus rien. Léa finit par ralentir, par s'arrêter, la main toujours là, le doigt toujours dedans, et elle regarde le résultat avec une satisfaction tranquille, comme une femme qui vient de réussir une recette.
— Bon. C'était la première.
— La... la première ?
— Je t'ai dit. On recommence. T'es pas vidé. T'es juste dégonflé. C'est pas pareil.
Et là elle fait un truc qu'Alan oubliera jamais. Elle retire sa main pleine de sperme, elle la regarde, cette main, luisante, collante, et elle se met à jouer avec. Elle étale entre ses doigts, elle fait des petits ponts translucides qui se tendent et se cassent, elle frotte ses paumes l'une contre l'autre, elle prend la matière entre le pouce et l'index et elle l'étire, fascinée. Elle porte ses doigts à son nez, elle sent. Puis elle lèche un doigt, tranquille, l'air de goûter.
— C'est bon. Tu manges bien, dis donc. Tu bois assez d'eau, ça se sent.
Alan la regarde faire, halluciné. Il vient de jouir, il devrait être au fond du trou, et au contraire il la regarde jouer avec son sperme comme une gamine avec de la pâte à modeler, et il sent déjà que ça va repartir.
Léa doit le voir, cette petite lueur. Elle sourit.
— Ah, t'es déjà chaud ? T'as de la ressource. Tant mieux. Mais avant, on va faire un truc.
Elle se lève. Et sans un mot, elle commence à se déshabiller. Le débardeur part d'abord, révélant son torse maigre, les côtes qui se dessinent sous une peau pâle, les petits seins à peine là, puis le short, qui tombe sur ses chevilles. Et Alan la voit dans son string. Un simple string noir, rien de plus, qui épouse ce petit cul rond et haut qu'il a remarqué cent fois sans jamais oser y penser. Elle est là, presque nue, très maigre, osseuse de partout, mais avec ce cul incroyable qui la rattrape, ce cul que le string met en valeur comme s'il avait été fait pour ça. Elle se retourne exprès, lentement, pour qu'il le voie bien, et Alan sent sa queue, pourtant à peine retombée, tressaillir.
— Voilà. Comme ça t'as de quoi regarder. Mais tu touches pas, hein. C'est moi qui travaille.
Elle se rassoit, dans ce string, jambes croisées, et elle désigne ses pieds.
— Enlève-moi ça.
Elle porte des sandales, elle les fait glisser, elle pose ses pieds nus, ses pieds fins avec les ongles faits, sur le bord du canapé, juste à hauteur de la main d'Alan.
— Viens. Tu vas me nettoyer ça.
Alan se penche, il commence par les orteils. Il les prend dans la bouche un par un, il passe la langue entre, là où la peau est fine et chaude, il lèche la plante, le long de la voûte, et Léa laisse échapper un petit "mmmh" de contentement, et elle pousse son pied un peu plus contre sa bouche, sans gêne, comme si c'était un dû. Alan pourrait passer une heure là. La langue sur la peau, l'odeur du cuir des sandales et du savon, le pied qui bouge contre son visage, qui lui écrase un peu les lèvres quand elle s'amuse. Il remonte, il embrasse la cheville, et Léa retire son pied, satisfaite.
— C'est bien. T'es sage quand tu veux.
Et elle le rebranle. Avec sa main encore collante, encore pleine de son propre sperme, elle reprend sa queue qui a repris du poil de la bête pendant qu'il léchait et elle recommence à le branler avec ce lubrifiant naturel, ce sperme à lui qui sert maintenant à le faire glisser, à le faire claquer. C'est délicieusement dégueulasse, cette idée d'être branlé avec sa propre semence, et Alan sent qu'il remonte à une vitesse folle, le gland encore sensible, presque trop, chaque passage de main le fait frémir. Et cette fois, en face de lui, il y a ce corps maigre, ces côtes, ces petits seins, et surtout ce string noir qui tend ce petit cul rond, et il peut tout regarder, laisser ses yeux descendre, remonter, se poser partout.
— Trop... c'est trop sensible...
— Je sais. C'est là que c'est bon. Tu vas voir, la deuxième elle est meilleure. La première c'est la purge, la deuxième c'est le plaisir. Et regarde-moi pendant que je te branle.
Et elle le refait. La main en haut, ferme, experte. La main en bas sur les couilles, qui les serre, les roule, les tire doucement. Et le doigt, de nouveau, qui revient chercher le trou, qui s'y réinstalle comme chez lui, qui appuie au fond. Alan comprend qu'à partir de maintenant il pourra plus se branler sans penser à ça, sans penser à ce doigt, à cette femme, à ce string, à cette après-midi. Elle le garde au bord longtemps cette fois, exprès, elle le fait redescendre et remonter, elle joue, elle l'insulte presque gentiment
— "tu vois, tu tiens pas, t'es qu'une petite chose sensible, allez, allez" jusqu'à ce qu'il la supplie, vraiment, à voix haute.
— S'il te plaît... s'il te plaît Léa, laisse-moi...
— Laisse-moi quoi ?
— Jouir... laisse-moi jouir...
— Ben voilà. C'est tout ce que je voulais entendre.
Et elle le lâche. La deuxième fois est plus longue, plus profonde, moins de jet et plus de flot, une grosse coulée épaisse qui part sur sa main et sur son poignet, et Alan gémit longuement, le corps secoué, les jambes tremblantes, les couilles complètement vidées. Léa traite cette deuxième fois comme la première, elle ralentit, elle presse, elle fait sortir le fond, elle recueille dans sa paume ce qui coule encore, et elle joue avec, une deuxième fois, en souriant, en étalant, en regardant Alan s'effondrer sur la chaise, lessivé, le regard perdu sur ce string noir qui a pas bougé.
Il reste là une bonne minute à reprendre son souffle. La queue à l'air, rouge, luisante, à demi molle, encore secouée de petits spasmes. Les couilles qui tirent, qui ont pris cher. Le cul qui se souvient du doigt. Léa, elle, se lève, va se laver les mains tranquillement à l'évier, toujours en string, ce qui fait qu'Alan, de dos, a vue plénière sur ce petit cul rond qui bouge à chaque pas, et elle remplit un verre d'eau, revient, le pose devant lui.
— Bois. Tu perds de l'eau, faut compenser.
Il boit. Il la regarde, cette femme. Il la connaît depuis dix ans et il a l'impression de la découvrir. Elle reprend sa place, se réinstalle, regarde l'heure.
— On a encore le temps.
— Encore ? — Alan en revient pas.
— T'as dit que t'étais vidé ? Moi j'ai pas dit ça.
Elle sourit, ce petit sourire.
— Tant que ça lève, on continue.
Elle se penche, elle lui reprend la queue, elle la secoue doucement, deux, trois fois, comme pour la réveiller, et effectivement elle reprend un peu de vie. Léa hoche la tête, satisfaite.
— Allez. Debout.
— Debout ?
— Debout, oui. Tu te lèves. Et tu te branches toi-même. Cette fois c'est toi qui travailles, et moi je regarde et je te dis quoi faire. Faut que t'apprennes à pas venir trop vite. Allez, debout, devant moi.
Alan se lève, un peu vacillant, la queue déjà à moitié bandée qui se balance devant lui. Léa reste assise, les jambes croisées, et elle lève la tête vers lui.
— Bien. Maintenant tu prends ta queue dans ta main. Doucement. Sans serrer. Vas-y. Montre-moi.
Il s'exécute. Il commence à se branler devant elle, lentement, sous ses ordres.
— Plus lent que ça. Encore plus lent. Voilà. Tu montes jusqu'en haut à chaque fois, tu décalottes bien, et tu redescends en serrant. C'est ça. Maintenant tu prends tes couilles de l'autre main. Tu les attrapes, tu les tiens. Serre un peu. Voilà. Et tu tires doucement dessus, comme si tu voulais les emmener avec toi. Ouais, comme ça. Tu vois, tu tiens déjà moins bien.
Elle commente tout, elle le corrige, elle l'engueule presque
— pas si vite, je t'ai dit, tu vas tout gâcher, "
sers plus fort en haut, tu t'écoutes pas, là, tu sens ? tu sens que ça monte ? alors ralentis, garde-la", t'as les couilles qui se resserrent, ça veut dire que t'es prêt, alors fais durer.
Alan obéit, il se branle exactement au rythme qu'elle donne, la main qui monte et descend, l'autre qui tient les couilles, et il a l'impression d'être un truc entre ses doigts à elle, à distance, un truc qu'elle pilote du regard et de la voix.
— Regarde-moi.
Il la regarde, ce regard direct.
— Tu vois mes seins ? Ils sont mignons non? Et ben tu vas éjaculer dessus. Tu vas m'offrir ce qu'il te reste dans tes couilles, et au moment où ça part, tu te penches en avant, et tu me lâches tout dessus. Pas sur toi, pas par terre. Sur moi. T'as compris ?
— Oui... oui j'ai compris.
— Répète.
— Je te mets tout sur les seins.
— Voilà. Et tu te retiens pas. Tu me donnes ce qu'il reste. Même si c'est que des gouttes. Même si ça coule presque rien. C'est le fond du réservoir, et c'est le fond qui compte. Allez. Continue. Plus vite, là. Vas-y.
Alan accélère. Sa main vole sur sa queue déjà rougie, déjà douloureuse, la troisième fois. Il se penche en avant comme elle a dit, au-dessus d'elle, et Léa écarte un peu les bras, le buste légèrement renversé, la poitrine offerte, ce petit torse maigre avec ses deux petits seins tendus vers le haut. Elle le regarde faire, elle le regarde venir, elle dit rien, elle attend.
Ça monte, ça monte, et c'est presque douloureux cette fois, à force. Et ça part. Un dernier jet, plus court, plus clair, qui jaillit droit sur sa poitrine, éclabousse un sein, coule entre les deux, et puis une deuxième giclée plus faible qui tombe sur le téton, et puis plus rien, juste ce qui perle et ce qui coule. Quelques gouttes. Le fond du réservoir, comme elle avait dit.
Léa baisse les yeux sur elle-même. Elle regarde ce sperme sur sa peau, sur ses petits seins, ces quelques traces claires. Elle sourit, tranquillement, sans rien dire, et elle passe un doigt dedans, elle l'étale, elle le regarde, elle le lèche, encore une fois, comme à chaque fois.
— Voilà. Là t'es vidé. Vraiment vidé. Regarde, t'as plus rien.
Elle montre sa poitrine du doigt.
— Bravo. Tu vois que tu sais le faire, quand on te dit comment.
Alan est sonné. Littéralement sonné. Il reste debout, les jambes un peu flageolantes, la queue pendante, rouge, encore humide, l'air d'un type qui vient de se faire renverser par un camion. Léa, elle, se lève, attrape un mouchoir, s'essuie vite la poitrine, remet son short, son débardeur, ses sandales, elle rassemble ses affaires, reprend le fameux bouquin prétexte, et se dirige vers la porte.
Avant de partir, elle se retourne, elle regarde Alan, encore à moitié nu, et elle dit, très sérieusement :
— Écoute bien. Tu te laves pas la queue avant demain. Tu la laisses comme elle est, avec tout dessus, sécher. Comme ça tu penseras à moi toute la soirée. Et quand t'auras Sarah dans ton lit, à côté, tu sentiras encore mon odeur sur toi. Et tu verras, tu banderas rien qu'à ça.
Alan hoche la tête, un peu bête.
— Ok. Pas de lavage.
— Pas de lavage. Et tu diras rien à Sarah. Ou tu lui dis, je m'en fous.
Elle sourit, ce petit sourire encore.
— En tout cas, maintenant tu sais.
— Je sais quoi ?
— Que t'as une copine qui te l'avait dit. Deux minutes.
Elle est déjà dans l'encadrement de la porte. Elle marque un temps, comme si elle avait un truc à ajouter, et elle se retourne une dernière fois. Et là, le regard direct, le sourire toujours au coin, elle lâche, tranquillement :
— Et peut-être qu'un jour, si t'es sage, je t'offrirai mon cul. — Elle se retourne à moitié pour le montrer, ce petit cul rond, tendu dans le short.
— Si tu savais le nombre de mecs qu'il a déjà vidés en moins de deux minutes, celui-là... T'en reviendrais pas.
Elle part. La porte claque.
Alan reste seul dans son salon, à moitié nu, sentant le sperme sécher sur son corps, les couilles vides et douloureuses, la queue qui le brûle à force d'avoir servi, et cette odeur, cette odeur de foutre, de salive et de peau chaude qui lui colle et qui va le suivre jusqu'au soir. Il bouge pas pendant dix minutes. Il regarde le plafond, en se répétant ce que Léa vient de dire, le cul, les deux minutes, le sourire.
Il range sa queue dans son boxer, remonte son jean, et allume la télé, mais il voit rien. Il passe l'après-midi comme ça, à moitié ailleurs, la queue encore rouge et sensible au frottement du tissu, l'odeur de sperme qui remonte par bouffées chaque fois qu'il change de position. Vers dix-sept heures, il a envie de se laver. Il se retient.
Et à dix-huit heures trente, Sarah rentre.
Elle pose ses clés, ses courses, retire ses chaussures, et passe dans le salon. Elle jette un œil à Alan, étalé sur le canapé. Elle s'arrête. Elle renifle, une fois, deux fois, le nez en l'air comme un chien qui flaire un truc.
— Oh putain. Ça pue le sperme ici. T'as foutu quoi ?
Alan, l'air de rien, les yeux sur la télé.
— Ah bon ? Je sais pas. Je sens rien.
— Comment ça tu sens rien ?
Elle renifle encore.
— Ça sent à dix mètres. C'est quoi cette odeur ?
Il hausse les épaules, le plus tranquille du monde.
— Bah quoi ? C'est rien. C'est... la fatigue, sûrement.
Sarah le regarde, pas convaincue, et elle s'assoit à côté de lui pour attraper la télécommande. Et c'est là que son regard tombe sur le canapé. Sur cet endroit précis où Alan s'est installé après la chose. Sur le tissu beige, une traînée blanche. Sèche. Translucide par endroits, un peu craquelée, avec ce contour caractéristique que rien d'autre produit. Une tache de sperme. En plein milieu du coussin.
Elle se penche. Elle passe le doigt dessus, elle frotte. Elle renifle, le doigt sous le nez.
— C'est quoi ça ?
— Quoi ? Dit Alan, sans regarder.
— Là. Sur le canapé. Tu t'es branlé sur le canapé ou quoi ?
Alan jette un œil. Il voit la tache. Cette grosse tache blanche qui sèche là, à côté de lui, comme une preuve. Et il sent l'odeur, d'un coup, qui remonte de lui, du tissu, du souvenir.
— Heu ouais.
Il hausse les épaules. Complètement ailleurs encore.
Sarah hausse les sourcils. Elle regarde la tache, puis son mec, puis la tache encore.
— Ah ouais, quand même...
Et là, elle lâche, presque vexée :
— Mais t'aurais pu nettoyer, non ? Tu laisses sécher ta tache là, tranquille, sur le canapé ?
Alan sourit, un peu bête, et il pense très fort à Léa, à sa consigne, à "tu te laves pas, tu nettoies pas, tu gardes la trace". Il pense que Sarah vient de lui donner raison sans le savoir, et ça le fait marrer tout seul.
— Ouais. J'aurais pu. J'ai pas fait.
Sarah soupire, elle se lève, elle va chercher une éponge, elle frotte la tache en râlant un peu, et elle revient se caler contre lui sur le canapé. Elle glisse une main distraite sous son t-shirt, puis plus bas, dans la ceinture de son boxer, et elle lui attrape les couilles, tranquillement, sans prévenir, comme on tripote un truc familier. Elle les roule dans sa paume, elle les soupèse, l'air de rien, en regardant la télé.
— T'es tout mou, dis donc.
Elle les malaxe un peu.
— Et elles sont bien vides ou quoi ? T'as l'air d'avoir tout donné.
Alan sent la main de Sarah sur ses couilles vidées, et il pense à la main de Léa dessus, une heure plus tôt, à la manière dont elle les avait serrées, tirées, malmenées, et il se dit que Sarah, là, dans son boxer, elle est en train de toucher un truc que Léa a travaillé, vidé, marqué, et qui porte encore son odeur. Il sourit dans le vide.
— Ouais c'est parti tout seul mais j'en avais besoin.
Il pose sa main sur la sienne, à travers le boxer.
Sarah, elle, remarque rien de plus. Mais quand elle se blottit contre lui, elle renifle une dernière fois, discrètement, contre son cou, contre son torse, et elle se dit que son mec sent drôlement bon le sexe ce soir. Elle se dit, sans y prêter plus d'attention, qu'elle devrait peut-être y penser, elle aussi, un de ces quatre.
Et Alan, lui, sur le canapé, la main de sa copine dans le boxer, l'odeur de Léa encore sur la peau, le petit cul rond et le "moins de deux minutes" qui tournent dans sa tête, se dit qu'à partir d'aujourd'hui, il regardera plus jamais sa copine proche de la même façon.
Commentaires ()
J'ai particulièrement apprécié le thème de l'éjaculation rapide ou celle de l'homme incapable de résister aux atouts féminins, de son pouvoir, son emprise sur l'homme. c'est par ailleurs une très beau cadeau que l'homme fait à la femme en lui prouvant qu'il ne peut résister à sa beauté.
Chris
Il m’a fait penser à quelqu’un
Autre sujet et pas des moindres, les huit mois, c’est long. Je serai fin octobre à 31 jours sans jouissance et je ne sais pas dans quel état je vais finir, alors 8 mois (même avec de la mastubation), c’est long! Y aura t il une suite? Je me demande si son amie ne le trompe pas, je me pose la question de savoir si Léa ne va pas prendre plus de place.
J'ai quelques idées pour une suite mais je ne sais pas si j'en ferai une..
C'est possible qu'elle le trompe .. mais c'est possible que Léa va s'installer davantage, un couple enraciné dans la routine se perd...
Je remarque en effet que tu commences beaucoup d’histoire sans aller plus loin, je trouve ça dommage.
Et toi ton amie n’est pas tellement axcée sur le sexe?
Des suites sont prévues, à chaque chose son temps..
Le recit la n'est pas tiré de ma propre histoire mais légèrement inspiré par certains aspects et complété par l'imagination et les fantasmes