Réel
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Vigilance orange — Chapitre 1 · La Bretagne, ça vous gagne...
Auteure
Vigilance orange
Chapitre 1 · La Bretagne, ça vous gagne...
La Bretagne, ça vous gagne. Qu’ils disent…
Ma compagne et moi avons eu des hauts et des bas dans nos débuts de vie de couple. C’était parfois très difficile. Le fait que je sois lesbienne depuis toujours, alors qu’elle était hétérosexuelle et mariée avant de me rencontrer, ça n’a pas été facile à vivre pour elle. Et pour la perturber d’autres manières, je me suis vraiment posée là.
Quand j’ai commencé à fantasmer sur l’exhibitionnisme, elle a failli s’étouffer de surprise. Et plus tard, elle éprouvait ce qu’elle nomma la honte de sa vie, en avouant qu’elle acceptait cette idée. Elle ne pouvait pas savoir que dans ce genre de jeu, c’était terriblement excitant d’avoir honte.
Après une année de vie commune, devenues certaines de nous aimer vraiment, nous avions décidé de pimenter un peu notre vie sexuelle. L’idée de nous lancer dans l’exhibitionnisme était particulièrement plaisante. C’était mon "gros fantasme" depuis trop longtemps. Une petite exhibition dans des dunes discrètes devait être vraiment très excitante. Alors pourquoi se priver d’une nouvelle expérience ?
Il y a toujours des voyeurs. Toujours, un curieux qui se promène en regardant les oiseaux de mer. Ou alors je suis très naïve et les côtes bretonnes sont envahies par les ornithologues. Il suffit d’être patiente et ces badauds de la dune finissent toujours par s’approcher. Ensuite, une fois notre public en place, il faut être sûr que tout se passera bien.
Cette fois-là, notre première fois pourrait-on dire, nous avions un peu discuté avec un homme d’une cinquantaine d’années qui semblait sympathique. Nous étions entièrement nues et notre admirateur avait fini par se débarrasser de ses tee-shirts et short. Nous en étions là, sans avoir vraiment osé aller plus loin. Quand soudain, comme surgi de nulle part, surgit… [1] Un autre type ! Un peu plus jeune et bel homme.
L’exhibitionnisme est un drôle de jeu. C’est une pratique très paradoxale. Nous nous offrons à d’autres, dans un but totalement égoïste. Car il faut bien l’admettre, le plaisir des autres passe bien après le nôtre. Peut-être pas au début du jeu, c’est vrai. Car il faut bien que le public soit en condition. Là, nous devons être à l’écoute des prétendants au spectacle. C’est une simple façon de parler, parce que nous n’avons jamais expliqué une règle quelconque. Les choses se font toujours d’elles-mêmes. Ensuite, le plaisir que nous retirons du spectacle donné balaie tout sur son passage. Si nos admirateurs apprécient, tant mieux. Notre plaisir est comme une vague puissante qui roule et bouscule tout ce qu’elle rencontre.
Alors bien sûr, nous avons nos limites. Au mieux, avec des personnes que nous pensons correctes et sympathiques [2] nous les laissons approcher jusqu’à nos pieds. Nous précisons toujours qu’il n’y aura aucun contact physique. Ensuite, c’est la fête…
Il faut cependant tenir compte de la météo. Nous l’avons appris à nos dépens l’été dernier.
Dans les dunes du Finistère Nord, il y a souvent du vent et donc des embruns. Évidemment il y a l’automne et ses tempêtes, mais l’air peut rester vivifiant sur nos côtes en plein été. C’est selon l’humeur des dieux celtes. Alors oui, les embruns peuvent humidifier les dunes en saison estivale.
Des embruns reçus sur ma cuisse gauche alors que je me caressais avec délectation. Quelques instants plus tard, le pied de ma chérie, très proche du mien, était aspergé à son tour. Évidemment, elle frise les cent quatre-vingt-cinq centimètres et la nature est bien faite. Elle a donc de grands pieds. Les deux en plus. De très jolis pieds de pointure quarante-quatre.
J’en étais là de mes réflexions, les doigts bousculant mon sexe mousseux de cyprine, quand ma compagne, les yeux fixés sur son peton souillé, poussait un petit cri et jouissait, tout le corps comme brutalement crispé. Regard rivé à ses orteils maculés de foutre, elle accélérait la cadence de ses doigts sur sa chatte. Puis, elle gémissait doucement et refermait ses longues jambes, restées ouvertes à l’équerre jusqu’ici. La voir jouir déclenchait alors mon propre plaisir et un gros orgasme me prenait le ventre et s’éternisait un long moment. Enfin, avec une plainte rocailleuse je me laissais aller à asperger le sable fin.
C’est le soir que nous osions enfin parler de ce moment inattendu et un peu étrange. Et nous tombions très vite d’accord. Nous avions éprouvé une excitation surprenante qui nous avait fichu la honte et nous avait fait jouir avec une force étonnante.
Nous n’avons pas eu d’occasions pour l’exhibition depuis cette fin d’été. Mais les beaux jours sont là. Alors nous discutons de notre prochaine petite virée dans les dunes.
Ah j’oubliais. Moi c’est pointure trente-neuf.
[1] J’étais encore en train de penser à l’ornithologie.
[2] On peut trouver ça un peu étrange mais le petit monde du voyeurisme est très correct. Et on pourrait même parler de délicatesse. Je n’exagère pas, en ce qui concerne nos propres expériences.
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Commentaires ()
La douce Armorique ferait-elle dans l'histoire vécue ? Parce que cette histoire est déjà torride pour moi mais si en plus c'est un moment bien réel, c'est le feu au ventre que je vais avoir en imaginant votre exhibition. Je crois que le plus beau compliment que je puisse faire c'est :
J'avais l'impression d'être avec vous.
Je te laisse deviner si j'étais du côté des voyeurs ou avec vous. Bravo 👏
Je ne sais pas pourquoi mais je te vois plus en voyeuse. Tu as beaucoup aimé le journal de Celtica. Alors c'est l'idée que je me fais. Mais je peux t'apprendre l'exhibition 🤭
Merci Gâteau 😉