Chloé et les trois hommes
Chapitre 1
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Chloé et les trois hommes — Chapitre 1

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Monsieur Sylvestre
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La rencontre au comptoir du bar sonne juste : la phrase banale de Yanis, les rires qui s'enchaînent, le regard de Marco qui ne lâche rien. On apprécie la façon dont l'auteur dessine Chloé en quelques répliques — ce mélange de désinvolture et de conscience aiguë de ce qui se joue. Le texte sait doser la chaleur humaine et l'intensité érotique sans que l'un écrase l'autre.

Chloé et les trois hommes

Chapitre 1

Chloé avait vingt-deux ans, un mémoire à rendre dans trois semaines, et ce soir-là, aucune envie de le finir.
Elle était arrivée à Montpellier le matin même, seule, pour un week-end volé à sa vie d'étudiante parisienne. Un week-end sans ambition, sans plan, sans personne à voir : juste une ville inconnue, le soleil du Sud, et l'envie de ne penser à rien. Elle avait loué une chambre minuscule dans une auberge du centre, posé son sac, et marché jusqu'à la nuit tombée. Elle avait mangé des tapas au hasard, bu un verre de vin blanc sur une place animée, et, vers vingt-trois heures, elle s'était laissée porter jusqu'à un bar un peu à l'écart, une cave voûtée où jouait un groupe de jazz approximatif.
Elle s'était installée au comptoir. Seule. Ce qui, dans ce genre d'endroit, ne passait jamais inaperçu très longtemps. Chloé était belle d'une façon qui n'avait rien de fabriqué. Grande, mince sans être maigre, les cheveux noirs tombant en vagues sur ses épaules, la peau mate, des yeux noirs très sombres qui avaient cette manière de fixer les gens comme s'ils les évaluaient. Elle portait ce soir-là une robe d'été en coton, rouge sombre, à fines bretelles, qui lui tombait à mi-cuisse, et une paire de sandales plates. Rien d'extraordinaire. Mais sur elle, tout prenait une évidence troublante.
Les trois hommes étaient arrivés vers minuit. Ils s'étaient installés à quelques tabourets de là, et Chloé les avait remarqués avant même qu'ils ne la remarquent. Trois types jeunes dans la vingtaine, la trentaine peut-être pour l'un d'eux et visiblement amis de longue date, à la façon dont ils se coupaient la parole, se moquaient les uns des autres, riaient trop fort. Ils avaient commandé des bières, puis s'étaient mis à jouer au baby-foot dans un coin. Des garçons normaux. Des garçons en bande, avec cette énergie particulière des groupes masculins qui débarquent dans un lieu.
Puis l'un d'eux l'avait vue. Il s'appelait Yanis. Grand, brun, les cheveux bouclés coupés court, un sourire facile, l'air d'être celui qui menait la bande. Il s'était approché du comptoir pour commander une tournée, s'était penché vers elle, et lui avait demandé, sans préambule :
— Tu viens souvent ici ?
La phrase la plus bateau du monde. Chloé avait souri.
— Première fois. Je suis de passage.
— Ah. Paris ?
— Ça se voit tant que ça ?
— Ça s'entend. T'as pas l'accent.
Elle avait ri. Il en avait profité pour s'asseoir sur le tabouret voisin, et la conversation s'était engagée, légère, sans enjeu, ce genre de conversation de bar qui ne mène nulle part ou qui mène partout. Deux autres bières arrivèrent. Les deux amis de Yanis vinrent le rejoindre, curieux, et Chloé se retrouva bientôt entourée de trois hommes.
Le premier s'appelait Yanis. Le deuxième, Théo, blond, plus jeune, un peu timide, un corps de nageur, un sourire désarmant. Le troisième, Marco, le plus âgé, trente ans peut-être, plus large, plus calme, une barbe soignée, un regard qui ne lâchait pas le sien, celui qui parlait le moins mais observait le plus.
Ils étaient tous les trois de Montpellier, amis depuis le lycée, réunis pour un week-end comme tant d'autres. Ils étaient charmants, drôles, et Chloé se surprit à rire plus qu'elle ne l'avait fait depuis des mois. Ils lui posèrent des questions sur Paris, sur ses études, sur ce qu'elle faisait là seule. Elle répondit avec cette franchise qu'on a quand on sait qu'on ne reverra jamais les gens qu'on rencontre.
— Et vous, vous habitez tous ensemble ?
— Non, répondit Yanis. Enfin, plus. On avait une coloc, avant. Là, on se retrouve chez Marco pour le week-end. Il a un truc énorme, un loft au-dessus de la gare.
— C'est pas énorme, corrigea Marco, la voix basse. C'est grand, c'est tout.
— C'est énorme, insista Yanis. Tu verrais. De la place à n'en plus finir, des canapés partout, une terrasse. Il en fait rien, le pauvre.
— Il en fait rien parce qu'il vit seul, dit Théo en riant.
Chloé écoutait, amusée. Elle regardait les trois hommes, et elle sentait, tapie sous la légèreté de la conversation, une tension discrète. Ils la regardaient tous les trois. Pas ouvertement mais aucun d'eux n'était assez maladroit pour ça mais chacun d'une manière différente. Yanis la fixait franchement, avec une assurance presque goguenarde. Théo la regardait de biais, en rougissant quand elle surprenait son regard. Marco, lui, la regardait tout le temps, sans détourner les yeux, avec cette intensité calme qui la faisait se sentir nue.
Une heure passa. Puis deux. Le bar se vida. Le groupe de jazz rangea ses instruments. Les lumières se firent plus douces, la musique de fond plus lente. Chloé avait bu assez pour que la fatigue se change en langueur, pour que la retenue s'effiloche, pour que le désir se mette à parler à sa place.
— On va rentrer, finit par dire Marco. Tu veux venir boire un dernier verre ? On a de quoi faire chez moi. La terrasse est sympa la nuit.
Chloé regarda les trois hommes. Un dernier verre chez un inconnu, à deux heures du matin, avec trois garçons rencontrés deux heures plus tôt. Dans une autre vie, elle aurait dit non, elle aurait retrouvé son auberge, son lit étroit, son réveil à dix heures. Mais elle n'était pas dans une autre vie. Elle était là, seule, libre, dans une ville inconnue, le corps chauffé par l'alcool et la nuit, et quelque chose dans l'air lui disait que la soirée n'était pas finie.
— D'accord, dit-elle.
Le loft était effectivement énorme. C'était un ancien atelier réhabilité au-dessus de la gare, tout en hauteur, avec des poutres métalliques, une mezzanine, de grandes baies vitrées, et une profusion de canapés, de fauteuils, de coussins jetés à même le sol. Une terrasse s'ouvrait sur la rue, et la nuit y était douce. Chloé traversa la pièce à la suite de Marco, en essayant de ne pas trahir sa surprise.
— C'est immense, dit-elle.
— Merci, dit Yanis derrière elle. On te l'avait dit.
Marco sortit une bouteille de vin, des verres, et ils s'installèrent sur la terrasse, dans des fauteuils en rotin. La ville s'étendait plus bas, silencieuse, piquetée de lumières. On entendait au loin le passage d'un train, puis plus rien.
La conversation reprit, mais elle avait changé de ton. Plus lente, plus intime, chargée de ce que la nuit fait aux confidences. Yanis se rapprocha. Théo s'assit sur le sol, adossé au fauteuil de Chloé, tout près de ses jambes. Marco resta un peu en retrait, dans l'ombre, son verre à la main, à regarder.
— Et toi, dit Yanis, tu as quelqu'un ?
— Non.
— Personne ?
— Personne depuis six mois. Et avant, c'était pas terrible.
— Pourquoi ?
— Parce que c'était mou. Il avait peur de tout. De s'engager, de me désirer vraiment, de me prendre. Il me traitait comme une chose fragile.
Marco eut un petit rire dans l'ombre.
— T'as pas l'air fragile.
— Je suis pas fragile.
— C'est ce que je dis.
Le silence s'installa, chargé. Chloé sentit, sur sa jambe, la chaleur du bras de Théo qui s'était appuyé contre elle, tout près. Yanis la regardait de face, son verre suspendu à mi-chemin de ses lèvres. Et Marco, dans son fauteuil, la dévisageait avec cette même intensité qu'au bar. Elle posa son verre. Elle savait que quelque chose allait se décider là, maintenant, et elle n'avait pas envie de temporiser.
— Vous me regardez tous les trois comme si vous vouliez me dire un truc, dit-elle.
Yanis ne se déroba pas.
— Parce qu'on veut tous les trois te le dire.
— Et c'est quoi ?
— Tu le sais.
Elle les regarda, l'un après l'autre. Yanis, l'assurance. Théo, la timidité. Marco, la gravité. Trois hommes, trois tempéraments, un même désir. Elle sentit une chaleur lui monter au bas-ventre, lente, sourde, presque douloureuse.
— Vous avez déjà fait ça ? demanda-t-elle. À trois avec la même fille ?
— Non, dit Théo, la voix un peu serrée.
— Jamais, dit Yanis.
— On en a parlé, dit Marco. Souvent. Mais on a jamais trouvé la bonne.
— Et là, ce serait la bonne ?
— T'es la bonne, dit Yanis.
Ce fut Théo qui l'embrassa le premier. Il se redressa, se retourna, et posa ses lèvres sur les siennes, sans prévenir, avec une douceur qui démentait son air timide. Chloé en fut surprise, puis délicieusement déstabilisée. Le baiser de Théo était tendre, hésitant presque, comme s'il demandait la permission. Elle y répondit, glissa une main dans ses cheveux blonds, l'attira.
Quand ils se séparèrent, Yanis était là. Il l'attira à son tour, plus franchement, plus gourmand, sa langue trouvant la sienne, une main déjà posée sur sa taille, remontant le long de son dos. Puis Marco, le dernier, prit son visage entre ses deux mains et l'embrassa avec une lenteur calculée, profonde, presque solennelle, comme s'il prenait tout son temps parce qu'il savait qu'il aurait tout le temps. Chloé était tremblante quand ils eurent fini.
— On rentre, dit Marco.
Ils la firent entrer dans le loft. Les baies vitrées restaient ouvertes, la nuit entrait avec la rumeur lointaine de la ville. Yanis dégagea un grand tapis au centre du salon, y jeta des coussins, des plaids, et Marco éteignit les plafonniers pour n'allumer qu'une lampe basse, dans un coin. La lumière devint chaude, orangée, intime.
Chloé se tenait debout au milieu de la pièce. Trois hommes autour d'elle, à distance respectueuse, et l'air chargé d'attente. Elle se sentait comme au bord d'un plongeon.
— Comment on fait ? demanda-t-elle.
— Comme tu veux, dit Marco. C'est toi qui décides. On suit.
— Et si je décide de tout ?
— Alors on aime bien ça.
Elle sourit. Ce qu'elle ressentait était nouveau, grisant, presque vertigineux : ce pouvoir soudain, cette liberté totale, ce corps qu'on lui offrait de prendre sans compter. Elle n'avait jamais connu ça. Elle avait toujours fait l'amour à un seul homme à la fois, dans un lit, dans le noir, avec des règles tacites. Là, il n'y avait plus de règles.
— Enlevez vos chemises, dit-elle.
Ils obéirent. Trois torses se découvrirent devant elle. Yanis, sec et nerveux, un tatouage sur l'épaule. Théo, plus fin, la peau claire, les muscles longs du nageur. Marco, large, dense, la pilosité brune dessinant une ligne vers le bas du ventre. Chloé les regarda, et une vague de chaleur la traversa.
— Maintenant, ma robe, dit-elle.
Yanis s'approcha le premier. Il trouva la fermeture éclair dans son dos, la fit glisser lentement, et la robe s'ouvrit. Il fit tomber les bretelles de ses épaules, et le tissu rouge sombre glissa le long de son corps jusqu'à ses pieds. Chloé se retrouva en soutien-gorge et culotte en dentelle noire, fine, qu'elle avait mise sans y penser le matin et qui, ce soir, prenait une autre signification.
Les trois hommes la dévorèrent du regard. Yanis le premier, sans se cacher. Théo, les joues colorées, les yeux agrandis. Marco, immobile, le regard brûlant.
— Tu es magnifique, dit Théo.
— Enlève le reste, dit Marco.
Ce fut Yanis qui s'en chargea. Il dégrafa le soutien-gorge, le fit tomber, et les seins de Chloé furent libres, petits, fermes, les mamelons déjà durcis. Il prit un instant pour les regarder, puis se pencha et prit l'un d'eux dans sa bouche. Chloé renversa la tête et laissa échapper un gémissement. La langue de Yanis était habile, insistante, et sa main s'occupait de l'autre sein, le malaxant doucement.
Pendant ce temps, Théo s'était agenouillé derrière elle. Il fit glisser sa culotte le long de ses jambes, la laissa tomber, et se releva pour embrasser sa nuque, ses épaules, son dos, tandis que ses mains se posaient sur ses hanches, puis glissaient vers ses fesses. Marco, lui, s'approcha de face, prit son visage et l'embrassa de nouveau, lentement, pendant que les deux autres la touchaient.
Elle était nue au milieu d'eux. Trois bouches sur sa peau, six mains qui la parcouraient, et elle ne savait plus qui faisait quoi, ni où commençait l'un et où finissait l'autre. Une bouche trouva son cou. Une autre son épaule. Des doigts glissèrent le long de sa colonne. Une main remonta le long de sa cuisse, vers l'intérieur, vers l'endroit où elle mourait d'envie qu'on la touche.
Elle se laissa aller contre eux, les yeux fermés, et le monde se réduisit à cette peau, ces mains, cette chaleur. Les gémissements sortaient d'elle sans qu'elle les contrôle.
— Vous me rendez folle, dit-elle.
— C'est que le début, dit Yanis contre son sein.
Ils la firent s'allonger sur le tapis, sur les coussins. Chloé s'étendit, les cheveux étalés, le corps offert. Les trois hommes s'installèrent autour d'elle, comme autour d'un autel.
— Dis-nous ce que tu veux, dit Marco.
— Touche-moi.
— Où ?
— Partout. Mais d'abord là.
Elle écarta les cuisses. Marco se pencha. Il s'agenouilla entre ses jambes, écarta doucement ses cuisses, et prit le temps de la regarder, là, avant de faire quoi que ce soit. Cette lenteur chez lui, cette façon de ne jamais se précipiter, était la chose la plus excitante que Chloé eût jamais connue. Puis il posa sa bouche sur elle.
Elle crut défaillir. La langue de Marco était plate, large, experte, et elle remonta lentement le long de sa fente, du bas jusqu'en haut, s'attardant sur le petit bouton nerveux qui la fit tressaillir violemment. Il recommença, encore, sans jamais se presser, comme s'il avait tout son temps, comme s'il voulait la démonter pièce par pièce.
Pendant ce temps, Yanis et Théo s'occupaient du reste de son corps. Yanis lui suçait les seins, alternant l'un puis l'autre, mordillant les mamelons. Théo, à genoux près de sa tête, se penchait pour l'embrasser, sa langue trouvant la sienne, avalant ses gémissements. Chloé était prise entre trois bouches, trois attentions, et le plaisir montait par vagues, chaque vague plus haute que la précédente.
Marco glissa un doigt en elle, puis deux. Il les courba vers le haut, cherchant, et quand il trouva le point qui la fit se cambrer, il insista dessus sans relâche, de la langue sur son clitoris, des doigts à l'intérieur, dans un rythme précis et soutenu.
— Oh, putain… Marco…
— Laisse-toi aller, dit-il contre sa peau.
— Je vais jouir…
— Vas-y.
Il accéléra. Yanis suça plus fort. Théo l'embrassa plus profondément. Et Chloé bascula. L'orgasme la traversa comme une décharge, violente, totale. Elle se cambra, les orteils recroquevillés, la bouche grande ouverte sur un cri que Théo étouffa de ses lèvres, et son corps se contracta par spasmes autour des doigts de Marco qui ne s'arrêta pas tout de suite, prolongeant les ondes jusqu'à ce qu'elle le repousse, trop sensible. Elle resta là, tremblante, haletante, les jambes molles. Les trois hommes la regardaient, satisfaits, affamés.
— C'était rien, dit Yanis. C'était juste le premier.
Chloé rit, essoufflée.
— Vous comptez me faire ça combien de fois ?
— Autant que tu voudras, dit Marco. Et après, on te baisera.
Ils se déshabillèrent complètement. Trois sexes dressés devant elle, trois hommes nus, et Chloé les regarda avec un frisson. Yanis sortit des préservatifs de son sac, en posa plusieurs sur le tapis, et s'en mit un.
— Qui commence ? demanda Théo.
— Elle décide, dit Marco.
Chloé les regarda. Yanis, l'assurance, l'impatience à peine contenue. Théo, la douceur, le corps long. Marco, la force, la patience. Elle hésita une seconde, puis désigna Yanis.
— Toi.
Il ne se fit pas prier. Il s'allongea sur elle, se positionna entre ses cuisses, et se guida d'une main. Chloé sentit le bout de son sexe contre son entrée, déjà humide de tout ce qui avait précédé, et elle écarta les jambes pour l'inviter.
Il la pénétra d'un mouvement franc, d'un seul coup, et elle haleta. Yanis était plus impatient que Marco, plus direct, et il se mit aussitôt à la baiser avec un rythme soutenu, les hanches claquant contre les siennes. Chloé noua ses jambes autour de ses reins, ses bras autour de son cou, et se laissa emporter.
Pendant ce temps, Théo s'était installé près de sa tête. Il lui caressait les cheveux, le visage, et de temps en temps se penchait pour l'embrasser. Marco, à genoux à côté d'eux, regardait, se caressait lentement, et de temps en temps posait une main sur la cuisse de Chloé, sur son sein, sur son ventre, comme pour lui rappeler qu'il était là, qu'il attendait.
Yanis la prenait fort, vite, avec une énergie qui montait. Il glissa une main entre leurs corps, trouva son clitoris du pouce, et fit des cercles rapides en la poussant. Chloé sentit un second orgasme se nouer, plus vite que prévu.
— Yanis, je vais… je vais encore jouir…
— Vas-y. Jouis sur moi.
Elle jouit une deuxième fois, plus court, plus intense, en s'accrochant à ses épaules. Yanis la suivit quelques poussées plus tard, un gémissement rauque dans la gorge, se vidant sur son pubis avec des spasmes qui le firent trembler. Il s'effondra une seconde, puis se retira et roula sur le côté.
— À qui le tour ? demanda-t-il, le souffle court.
— Moi, dit Théo.
Chloé se tourna vers lui. Il était plus doux, plus hésitant, et elle eut envie de le rassurer. Elle l'attira, l'embrassa, le fit s'allonger sur le dos.
— Toi, en dessous, dit-elle. Je veux te voir.
Théo obéit. Il s'allongea, enfila un préservatif d'une main maladroite, et Chloé s'installa à califourchon sur lui. Elle le guida, s'empala lentement, et ils gémirent tous les deux en même temps. Théo était différent — plus long, plus fin, et la sensation était autre, plus profonde, presque tendre.
Elle se souleva et s'abaissa sur lui, les mains appuyées sur son torse, à un rythme lent d'abord, en le regardant dans les yeux. Théo la contemplait d'en bas, émerveillé, les mains posées sur ses hanches, puis remontant vers ses seins, vers son visage.
— T'es… t'es incroyable, souffla-t-il.
— Continue à me le dire.
— T'es belle. T'es la plus belle fille que j'aie jamais vue.
Yanis, à côté, s'était rapproché. Il s'agenouilla derrière Chloé, et ses mains se posèrent sur ses épaules, sur son dos, descendant le long de sa colonne jusqu'à ses reins. Puis sa bouche trouva sa nuque, ses épaules, et il se pencha pour embrasser sa peau. Chloé gémit, prise entre Théo qui la remplissait et Yanis qui l'embrassait dans le dos.
Marco, lui, s'installa devant elle. Il s'agenouilla face à elle, prit son visage, et l'embrassa, avalant ses gémissements. Puis il se redressa un peu, et son sexe se retrouva à hauteur de sa bouche.
— Tu veux ? demanda-t-il.
Chloé sourit et le prit dans sa bouche. Elle n'avait jamais fait ça, c'est-à-dire être pénétrée par un homme et en sucer un autre en même temps. La double sensation était vertigineuse. Elle se soulevait et s'abaissait sur Théo tout en suçant Marco, la main sur la base de son sexe, la langue enroulée autour du gland. Yanis, dans son dos, l'embrassait, mordillait sa nuque, ses épaules, et glissait les mains sous elle pour lui malaxer les seins.
Elle était au centre d'un corps à trois têtes, six mains, trois sexes, et le plaisir l'envahissait de toutes parts. Elle gémissait autour du sexe de Marco, ce qui le faisait frémir, et ses gémissements vibraient contre lui, contre elle, contre Théo qui la sentait se contracter. Théo accéléra sous elle, la poussant vers le haut à chaque coup de reins. Chloé lâcha Marco pour haleter, la tête renversée en arrière, les cheveux collés au front.
— Théo, continue… continue…
Il continua. Il la prit plus fort, plus vite, et Chloé jouit une troisième fois, la plus forte jusqu'ici, en criant, le corps arqué. Théo la suivit presque aussitôt, les doigts crispés sur ses hanches, un long gémissement brisé dans la gorge. Il resta sous elle, tremblant, épuisé. Chloé se pencha, l'embrassa, puis se releva lentement et le laissa se retirer. Il ne restait que Marco.
Marco se releva. Il enfila un préservatif sans se presser, puis s'approcha d'elle. Chloé, encore tremblante des trois orgasmes, le regarda venir, et elle sut que celui-ci serait autre chose. Yanis et Théo s'étaient écartés, s'étaient assis, et regardaient.
— Tu tiens encore ? demanda Marco.
— Oui.
— T'es sûre ? Parce que je vais pas y aller doucement.
— J'espère bien.
Il sourit, la saisit par la taille, et la souleva comme si elle ne pesait rien. Il la retourna, la fit se mettre à quatre pattes sur le tapis, puis s'agenouilla derrière elle. Une main sur sa hanche, l'autre qui remontait le long de son dos pour lui agripper les cheveux. Il la pénétra d'un coup, profond, et Chloé cria.
Marco la prenait par derrière, fort, profond, à un rythme régulier et puissant qui la poussait en avant à chaque coup de reins. Les claquements de leurs peaux se répercutaient dans le loft, mêlés aux gémissements de Chloé qui ne cherchait plus à les retenir. Il la tenait fermement, l'empêchant de s'échapper, et elle se sentait prise, possédée, exactement comme elle l'avait voulu.
Yanis s'allongea devant elle, sur le dos, la tête sous son visage. Chloé comprit, se pencha, et le prit dans sa bouche. Il gémit. Pendant ce temps, Théo s'était rapproché sur le côté, et sa main vint se poser sur le sein de Chloé, le caresser, puis descendre vers son ventre, vers son clitoris, où il se mit à dessiner des cercles du bout des doigts.
Elle était prise de toutes parts. Marco derrière elle, qui la baisait sans relâche. Yanis devant, qu'elle suçait. Théo sur le côté, qui la caressait au point exact qui la faisait frémir. Trois hommes, trois désirs, et elle, au milieu, submergée, offerte, baisée.
Marco accéléra. Il la prit plus fort, plus vite, la poussant en avant jusqu'à ce qu'elle doive lâcher Yanis pour respirer. Il glissa une main dans son dos, la plaqua vers le bas, cambrant ses reins, et l'angle changea, plus profond encore, touchant un point qui la fit hurler.
— Marco… Marco…
— Oui ?
— Je vais jouir. Encore.
— Alors jouis.
Théo accentua la pression sur son clitoris. Yanis lui caressa les seins. Marco la pilonnait derrière elle, tenant fermement ses hanches. Et Chloé explosa.
L'orgasme fut le plus violent de la nuit et qui la traversa par vagues successives, la faisant trembler de la tête aux pieds. Elle cria le nom de Marco, puis plus rien, plus de mots, juste le corps qui se contractait sans fin autour de lui. Marco tint bon quelques secondes, puis se laissa aller à son tour, un grondement profond dans la poitrine, se vidant en elle avec des spasmes puissants qui prolongèrent encore son propre orgasme.
Il resta un moment immobile, haletant, les mains sur ses hanches, puis se retira lentement. Chloé s'écroula sur le tapis, le visage dans les coussins, le souffle court, les jambes tremblantes.
Les trois hommes s'allongèrent autour d'elle, silencieux, épuisés. Le loft était calme. Dehors, la ville s'éveillait à peine, et une lumière grise commençait à poindre derrière les baies vitrées. Chloé resta un long moment sans parler. Elle n'avait jamais rien connu de tel.
Ils restèrent allongés, nus, entremêlés, sur le tapis. Yanis alla chercher une bouteille d'eau, qu'ils firent passer de main en main. Théo étala un plaid sur eux. Marco, dans son coin, alluma une cigarette et la fumait tranquillement, les yeux au plafond.
— Alors ? demanda Yanis au bout d'un moment. Verdict ?
Chloé rit, d'un rire mou, encore ivre de tout ce qu'elle venait de vivre.
— Vous voulez un avis détaillé ?
— Ouais. Note-nous.
— Yanis, dit-elle, tu es impatient, mais c'est pas un défaut. Théo, tu es doux, et c'est pas une faiblesse. Marco, tu es… Marco.
— C'est-à-dire ?
— C'est-à-dire que t'as attendu. Tout le temps. Et que ça, c'était la meilleure chose.
Marco eut un sourire, tira sur sa cigarette.
— On t'a pas fait mal ?
— Non. Vous m'avez fait du bien. Beaucoup de bien.
Théo se redressa sur un coude.
— Tu restes dormir ?
Chloé réfléchit. Son auberge était à vingt minutes à pied. Elle n'avait rien de prévu le lendemain. Elle n'avait rien de prévu, en vérité, pour le reste du week-end.
— Je peux ?
— Bien sûr, dit Marco. Y a de la place. Y a toujours eu de la place.
Ils rirent. Puis ils se levèrent, un peu courbaturés, et montèrent à la mezzanine, où un grand lit les attendait. Ils s'y allongèrent tous les quatre, dans un désordre de corps et de draps. Chloé se retrouva entre Marco et Théo, Yanis au bout du lit, et elle se sentit protégée, chaude, bien.
Avant de s'endormir, elle repensa à la soirée. Au bar, au comptoir, à cette phrase banale, « tu viens souvent ici ? » qui avait tout déclenché. Elle n'était venue que pour un week-end, seule, sans plan. Et elle finissait la nuit nue entre trois hommes rencontrés quelques heures plus tôt, dans un loft inconnu, avec le corps encore vibrant de quatre orgasmes.
Elle sourit dans le noir. Ce genre de chose n'arrivait que dans les livres. Et pourtant, c'était en train de lui arriver, à elle, Chloé, vingt-deux ans, étudiante en lettres, fille rangée qui n'avait jamais rien fait de fou. Peut-être que la folie, ce n'était jamais que ça : dire oui quand on aurait pu dire non.
Elle se réveilla vers onze heures, la bouche pâteuse, le corps lourd et délicieusement courbaturé. Le lit était vide à côté d'elle. En bas, on entendait des bruits de casseroles, des voix, une radio allumée.
Elle descendit, enroulée dans un drap, les cheveux en bataille. Les trois hommes étaient dans la cuisine, torse nu, occupés à préparer un petit-déjeuner : œufs brouillés, pain grillé, jus d'orange. Une scène d'une banalité presque comique, après la nuit qu'ils venaient de passer.
— Tiens, la voilà, dit Yanis en souriant. Bien dormi ?
— Comme une pierre.
— Assieds-toi, dit Marco en poussant une chaise. On t'a fait à manger.
— Vous faites le petit-déj à toutes vos conquêtes ?
— Tu es la première conquête à qui on fait le petit-déj à trois, dit Théo en rougissant.
Chloé rit, s'assit, et ils mangèrent ensemble, comme une petite famille improvisée. Ils parlèrent de tout et de rien, de leurs vies, de leurs projets, de ce que chacun faisait dans la vie. Yanis était commercial, Théo étudiant en archi, Marco photographe. Des gens normaux. Des garçons charmants. Et Chloé se dit que si elle les avait rencontrés dans d'autres circonstances, sans le bar, sans la nuit, sans le loft, ils auraient pu devenir des amis.
— Tu reparts quand à Paris ? demanda Marco.
— Demain soir.
— Tu veux qu'on se revoie aujourd'hui ? demanda Yanis. Pas forcément pour… enfin, si, aussi pour ça. Mais pas que.
Chloé sourit. Elle passa la journée avec eux, une balade dans la ville, un déjeuner sur une place, une baignade improvisée à la mer en fin d'après-midi. Le soir, ils rentrèrent au loft, et cette fois ce fut plus lent, plus tendre, presque amoureux. Ils refirent l'amour, elle avec chacun d'eux, dans des configurations différentes, à des rythmes différents et Chloé finit par perdre le compte des orgasmes.
Le lundi matin, elle prit son train. Les trois hommes l'accompagnèrent à la gare. Ils échangèrent leurs numéros, promirent de se revoir, s'embrassèrent sur le quai, un peu maladroitement, comme des gens qui savent que ce qu'ils ont vécu était peut-être unique et qui refusent de se le dire.
— On t'appelle, dit Marco.
— Vous avez intérêt.
Le train partit. Chloé s'installa à sa place, regarda défiler le paysage, et sortit son téléphone pour écrire un message à sa meilleure amie.
« Tu sais pas ce qui m'est arrivé ce week-end. »
Elle sourit. Puis elle rangea son téléphone, ferma les yeux, et se laissa bercer par le roulis du train, le corps encore chaud du souvenir de trois hommes, d'un loft, d'une nuit, et d'une rencontre qu'elle n'oublierait pas de sitôt.
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Marcbrydges
15 octobre 2026 à 08:34
Belle histoire  bravo

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