Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Histoire d’une fin de semaine — Chapitre 2
Auteur
Histoire d’une fin de semaine
Chapitre 2
Préparation.
Après cette sortie dramatique de l’autobus, tu te sens portée, plus grande que nature. Tu as l’impression que les regards se tournent vers toi, admiratifs, preuve que Madame a bel et bien pris possession de toi. Tu as du mal à te retenir alors que tu tournes la clé de la porte. Juste avant de rentrer, tu regardes cette jolie montre en or de ta grand-mère. Tu dois encore attendre deux interminables minutes pour venir me rejoindre et tout me raconter. Trois… deux… un… C’est ton moment. Mais je ne suis pas là.
Sur le lit se trouvent ton magnifique trench-coat en cuir noir, tes longues bottes remontant jusqu’aux genoux, ainsi qu’un nouveau kit de lingerie hyper sexy avec porte-jarretelles. Tous les petits détails de la broderie te révèlent que j’ai pris le temps de bien les choisir. J’ai choisi le rouge, car cela représente la passion, mais aussi parce que c’est la couleur qui te va le mieux et te met le plus en valeur.
Dans nos précédents jeux, pour assouvir ton fantasme exhibitionniste, je te faisais te promener dans ce genre de sous-vêtements ou dans des tenues sexy et très courtes sous ce manteau. Je te demandais de le laisser s’ouvrir nonchalamment pour permettre à un œil averti d’entrevoir un sein ou tes parties intimes, par exemple au moment où tu t’assoyais dans le métro. Cela te procurait des sensations contradictoires : d’un côté la honte d’être habillée ainsi et le sentiment d’être inappropriée. Tu te demandais : Qu’est-ce que penserait ma mère ou un collègue qui me croiserait par hasard ? Il t’était interdit de croiser les jambes ou de te cacher de quelque manière que ce soit. Je te répétais que tu devais vivre ton malaise.
En opposition, tu ressentais aussi une partie de toi qui te faisait te sentir belle, provocante et forte sous tous ces regards. Tu te sentais en vie, majestueuse, et c’est cette partie qui finissait par prendre le dessus pendant que nous nous promenions dans la ville.
Les regards des hommes excités, troublés, curieux, faux offusqués ou réellement choqués : ils ont tous leur façon de réagir, mais personne ne reste indifférent. Il y a ceux qui tentent de regarder discrètement, mais tu les vois. Tu oses même faire un clin d’œil pour leur signifier que tu les as surpris. Généralement, c’est en direction d’un homme accompagné de sa femme, alors que celle-ci regarde aussi dans ta direction. Tu aimes créer la zizanie, ma coquine.
J’adore te voir espiègle, fougueuse, fonceuse et prête à tout quand tu deviens Madame, ton alter ego de jeu.
Tu sais que tu es une femme magnifique. Tu prends soin de ton corps et fais beaucoup de sport, tu as donc une silhouette fine et de très jolies fesses enviées par les filles de vingt-cinq ans de ta salle de sport. Tu as quarante-cinq ans, mais tu es loin de les faire. Quand nous nous sommes rencontrés, tu m’avais menti en me faisant croire que tu n’en avais que trente-sept alors que tu en avais quarante-deux. Et j’y ai cru, tellement tu es bien conservée. Même tes seins, sans être énormes, restent très agréables et ont gardé leur tenue de tes vingt ans. Quand ils pointent sous l’excitation, ce sont les plus beaux du monde, avec leurs embouts parfaits qu’on pourrait croire sculptés par un chirurgien habile. Mais tout est vrai, tout est naturel. Tes magnifiques cheveux longs et noirs sont teints pour cacher les cheveux gris, mais cela… c’est notre secret bien gardé.
Sur le lit se trouve aussi la valise que tu prends pour aller en voyage, et sur celle-ci, un bandeau et une deuxième enveloppe portant l’inscription : « Instructions du jeu numéro 1 ».
« Instructions du jeu numéro 1
À 15 h 45 précisément, tu dois être sur le X situé dans le couloir devant la porte d’entrée. Tu dois :
— Avoir fait ta toilette et ton maquillage pour te sentir irrésistible.
— Avoir enfilé les vêtements que j’ai mis en évidence sur le lit.
— Avoir préparé le nécessaire pour que Gaston le chat ait de quoi tenir la fin de semaine seul.
— Te tenir devant la porte d’entrée, sur le X, le dos bien droit, la tête haute, les bras croisés derrière le dos, le bandeau sur les yeux et la valise placée à ta droite.
— Attendre que les deux hommes que j’ai mandatés pour s’occuper de toi entrent et te donnent la suite des instructions.
— Avoir enfilé les vêtements que j’ai mis en évidence sur le lit.
— Avoir préparé le nécessaire pour que Gaston le chat ait de quoi tenir la fin de semaine seul.
— Te tenir devant la porte d’entrée, sur le X, le dos bien droit, la tête haute, les bras croisés derrière le dos, le bandeau sur les yeux et la valise placée à ta droite.
— Attendre que les deux hommes que j’ai mandatés pour s’occuper de toi entrent et te donnent la suite des instructions.
Ce que tu n’as pas le droit de faire :
— Ouvrir ta valise. Tout ce dont tu as besoin y est déjà, je t’interdis de vérifier.
— Arriver en retard à ton poste devant la porte. Je le saurai, j’ai réparé la caméra et elle est accrochée dans le coin en haut.
— Bouger ou parler avant d’avoir reçu les instructions de mes envoyés.
— Arriver en retard à ton poste devant la porte. Je le saurai, j’ai réparé la caméra et elle est accrochée dans le coin en haut.
— Bouger ou parler avant d’avoir reçu les instructions de mes envoyés.
Bonne première partie, c’est l’entrée officielle dans le jeu. »
Tu regardes ta montre : 13 h 11. Il ne reste pas beaucoup de temps. Un sentiment d’insécurité, d’urgence et de nervosité t’envahit, mais c’est aussi très excitant et tu ne veux pas me décevoir. Tu veux être à la hauteur.
Tu n’as pas le temps de réfléchir, tu dois te dépêcher. Tu enlèves tes vêtements, un peu déçue car tu les avais choisis pour me plaire, et tu commences à faire les corvées nécessaires avant ton départ pour que Gaston ne manque de rien. Il faut surtout te laver, te raser et te rendre splendide. Tu sais à quel point j’aime te regarder quand tu te trouves belle et rayonnante.
Tu regardes encore ta montre. Combien de temps pour te laver, te préparer, tout terminer ? Tu recomptes.
Toi aussi, tu veux me faire une surprise. Tu as acheté un ensemble de trois plugs de différentes grosseurs. Jusqu’à maintenant, tu m’avais toujours refusé ce chemin. Tu apprécies que j’accepte tes refus sans jamais insister, avec compréhension et empathie. Mais tu as décidé hier, en passant au sex-shop, qu’il était temps, que tu en étais rendue là, que tu reprenais possession de ton corps et que tu te sentais capable de passer par-dessus ton traumatisme.
En cette fin de semaine, c’est Madame, ton alter ego, qui va prendre toute la place : cette cochonne sexuelle et sans limites que tu as été autrefois.
La sodomie, tu as déjà aimé cela, et même beaucoup aimé à une époque. Cependant, il y a longtemps que cette porte est fermée et cela doit être étroit. Tu prévois donc un certain temps pour réussir à l’insérer, mais du temps, c’est précisément ce qui manque. Tu veux bien faire les choses, tu veux que je sois fier de toi. Tu veux être une bonne fille, être à la hauteur.
Tu as fait tout ce que tu avais à faire sous l’eau de la douche, sauf… placer l’objet dans ton orifice. Tu tentes un premier essai, mais ton corps se crispe. Tu n’es pas détendue. Pour te relaxer, tu glisses tes mains sur ta peau en fermant les yeux. L’eau chaude coule sur ton corps et tes doigts se promènent sur tes seins, prenant le temps de pincer leurs pointes. Tu apprécies les petites décharges électriques que cela te procure. Tes mains continuent leur chemin sur ton ventre. Une main prend la direction du bas et glisse tranquillement jusqu’à ta vulve qui s’ouvre délicatement au passage de tes doigts. Pour la première fois depuis que tout s’enchaîne aujourd’hui, tu prends le temps de penser au sexe qui s’annonce. Le mystère qui enveloppe les événements à venir t’émoustille. Qui sont ces hommes qui vont venir te chercher ? Quand nous allons enfin nous voir, est-ce que je vais t’attacher pour ensuite embrasser chaque membre de ton corps jusqu’à ton centre et passer ma langue sur ton clitoris ? Un immense frisson chaud traverse ton corps. Ta respiration devient plus longue et profonde, et un gémissement de plaisir s’échappe de ta bouche alors que ta main caresse ton sexe. Tu continues d’imaginer la scène pendant que tes doigts s’insèrent dans la zone du plaisir. Tes lèvres s’ouvrent et tu te détends progressivement, au rythme de la volupté qui s’installe dans ta chair comme d’agréables ondes.
Dans ton imagination, ma langue continue son chemin, remonte entre tes jambes jusqu’à ton autre orifice, passe sur ton anus puis revient former des cercles directement sur l’objectif. C’est agréable. Tu te rappelles l’époque où tu pratiquais le plaisir anal… Tu te rappelles la sensation de ton sphincter qui se dilate tranquillement sous la pression d’un membre masculin. Une pointe de douleur, mais surtout une incroyable sensation de bonheur pendant que ton corps accueille l’invité. Dans la réalité, ta deuxième main se présente avec l’objet arrondi qui vient prendre possession des lieux, et une vague de chaleur enveloppe ton corps. Tu lâches un grand soupir et un rire incontrôlé. Ta première main accélère son rythme en accordant une attention particulière à ton clitoris gorgé et sensible. Tu sens l’énergie des ondes s’accumuler. Cela monte, se construit, approche… C’est presque là… Et le son de ta voix résonne dans l’appartement.
Tu trouves cela dommage que je ne sois pas déjà avec toi. Tu aimerais que nos corps se touchent et que ma langue soit entre tes fesses. Mais tu as une idée pour me faire partager ce moment. Tu te souviens que la lettre mentionnait la présence d’une caméra.
Sans perdre de temps, tu prends les deux plugs restants, du lubrifiant et le gode en verre rangé au congélateur. Tu installes une chaise dans le corridor et tu fais un signe à la caméra. Tu fais un tour sur toi-même pour que j’admire ton corps nu encore mouillé par la douche, puis tu écartes les fesses pour me montrer que tu as déjà inséré la première taille de tes nouveaux jouets. Assise sur la chaise, tu penses à appliquer ton jouet glacé tout doucement sur ton clitoris… Tu le retires immédiatement tant c’est froid, mais cela te titille. Tu recommences en riant, et après quelques essais, la fraîcheur devient exquise. Tu le laisses diffuser sa fraîcheur, puis tu décris de très lents petits cercles avant d’accélérer. Tu es déjà très mouillée. Tu penses à pincer la pointe de ton sein pour ajouter au plaisir. Tu regardes la caméra. Non, c’est moi que tu regardes à travers l’objectif, les yeux ancrés dans la lentille. Même si tu ne me vois pas, tu sais que je te regarde. Et tu as raison : oui, je suis là et tu as toute mon attention. Continue, tu fais cela très bien. Tu es belle, magnifique, sexy, et j’adore ça.
Tu prépares le deuxième buttplug que tu enduis de lubrifiant. Il a la taille d’une clémentine, c’est déjà imposant, mais le troisième sera encore plus intense. Tu ramènes ton esprit à ton objectif. Tu joues avec celui qui est déjà en toi et tu insères le gode en verre dans ton vagin pour t’aider à te détendre. Tu sens tes muscles se décontracter au rythme des va-et-vient, procurant une sensation agréable grâce aux endorphines sécrétées. Tu récupères le deuxième plug, le places à l’entrée et pousses, mais tes muscles résistent. Si seulement je pouvais être là pour te donner de la tendresse et des encouragements… Mais je suis devant mon écran.
— Tu en es capable, mon amour, reste détendue, concentre-toi sur les sensations agréables et laisse aller les pensées négatives. Tout va bien, tu fais ça très bien. Je t’aime.
C’est comme si tu m’entendais, car tu fixes à nouveau l’objectif et effectues plusieurs petites poussées. Il entre enfin, et je te vois fermer les yeux en penchant la tête en arrière avec un râle d’approbation. Cette fois, tu as aimé te sentir étirée. Les souvenirs agréables reviennent, plus forts que les mauvais. Tu aimes ça, alors tu le retires et le réinsères. La résistance est bien moindre et devient stimulante. Tu te mords les lèvres et tu souris. Tu apprécies le contact des deux jouets séparés par la fine paroi entre ton vagin et ton rectum. Tu es magnifique et je bande fort en te voyant ainsi ! J’aimerais partager mon excitation, mais il me faut être patient moi aussi. J’ai très hâte que tu me rejoignes, mais pour l’instant, nous nous observons à travers une lentille. Tu bouges les deux jouets de plus en plus intensément. La paume de ta main écrase ton clitoris avec la base du gode. Les sensations se mélangent de partout. Tu t’imagines que je suis en train de te pénétrer avec intensité, et cela te fait perdre la tête. Un autre homme semble s’être faufilé dans ton imagination pour s’occuper de toi en même temps. Cette idée te fait jouir. Ton esprit se trouble sous l’effet des sensations et des hormones. Tu cries ton plaisir à pleins poumons sans penser aux voisins, car c’est ton moment, ta liberté que tu exprimes. Puis la pression redescend et tu te sens bien, le plug parfaitement installé.
Ton alarme sonne ! Je te vois revenir brutalement à la réalité.
— Merde, il reste quinze minutes !
Tu te lèves en catastrophe et te sèches rapidement. Tu dois bien t’imaginer que je regarde ma montre. Je ne te parle pas, mais je te connais : dans ta tête, c’est ma voix qui te presse.
Quatre minutes sont déjà passées. Mets un coup de parfum, mon préféré. Jamais tu n’oserais l’oublier, n’est-ce pas ? Enfile ton déshabillé. Le temps file… Assure-toi qu’il est bien ajusté. On se dépêche. Tu n’as plus de temps.
Tu adores me prêter ce ton autoritaire. Même absent, tu trouves le moyen de me faire donner des ordres.
Juste la base, le minimum. Tu auras l’apparence que tu auras. Va sur ta marque.
Je te connais : tu veux te dépêcher, mais tu veux aussi être parfaite. Et je dois l’avouer, tu es extrêmement talentueuse. Tes gestes sont assurés, précis, méthodiques. Tu appliques ton maquillage sans erreur, sans mouvement inutile. Même sous la pression,
ne me déçois pas.
Puis je te retrouve sur l’écran du corridor, affolée, tirant la grosse valise. Je t’entends te plaindre de son poids :
— Fuck man, t’as-tu mis un cadavre là-dedans ?
Tu la places à droite du X en ruban adhésif, puis tu disparais du champ de la caméra.
Ton trench-coat.
Je t’attends.
Je t’attends.
Tu reviens à la course en l’enfilant, le bandeau à la main. Un dernier coup d’œil à ta montre, et je te vois te raidir.
15 h 49. Quatre minutes de retard.
Tu regardes la porte encore fermée, puis la caméra.
Oui, mon amour. Je t’ai vue.
Tu te redresses, noues le bandeau sur tes yeux et croises les bras derrière ton dos. Je vois tes épaules se soulever au rythme de ta respiration encore rapide.
Tu es prête.
Tu es enfin à ton poste.
Avec quatre minutes de retard…
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