Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Souvenir de grossesse — Chapitre unique · Presque surprise
Auteur
Souvenir de grossesse
Chapitre unique · Presque surprise
La fin de mes grossesses a été placée sous le signe du sexe. À partir du sixième mois, c'est devenu une obsession. À la toute fin, quand j'étais en congé maternité, je ne pensais plus qu'à ça, je ne faisais plus que ça. Moi qui d'ordinaire me masturbe assez rarement, je pouvais passer des journées entières avachie sur mon canapé à me caresser.
Ce jour-là, je me lève tard. Nous sommes en juillet, il fait beau, je ne m'habille pas. Je traîne assez longtemps au lit, en me frottant un peu la chatte mais sans aller jusqu'à l'orgasme. Midi approche, j'ai un peu faim. Je me lève, me fais une petite salade que j'avale rapidement, accompagnée de beaucoup de fromage. Je passe un bref coup de fil à mes parents histoire de les rassurer et leur dire que non, je n'ai toujours pas perdu les eaux !
Mon mari est coincé au bureau pour encore six heures au moins, et il me manque cruellement. Sa bite en particulier. Voilà, c'est ça : j'ai une grosse envie de bite ! Peut-être est-ce l'occasion de sortir mon sextoy ? En principe, je préfère me masturber à la main, mais là, je crains que ça ne me suffise pas. Je vais le chercher au fond de mon tiroir à lingerie et le ramène dans le salon. Il est en silicone, d'une couleur violette un peu pastel. Il a une forme plutôt abstraite même si un léger renflement à son extrémité rappelle un peu la forme d'un gland. Les piles sont un peu fatiguées, je prends le temps de les changer avant de m'installer dans le canapé.
Je m'allonge en travers du canapé, nue, la tête posée sur un accoudoir et le buste soutenu par deux ou trois coussins. La porte-fenêtre est ouverte sur le balcon, les oiseaux chantent, une légère brise anime les rideaux. L'atmosphère est douce, l'ambiance sensuelle. J'ai le vibro dans ma main droite, je passe la gauche sur mon corps. Je me caresse longuement les seins. Du bout des doigts tout d'abord, subtilement, la main légère comme une plume. Dans un premier temps, j'évite les tétons. Je caresse le galbe de mes seins, en effleure les contours. Mes doigts décrivent ensuite des cercles qui suivent les aréoles, dont je perçois la texture si particulière, avant de se poser sur mes tétons bien fermes, mes gros tétons de future maman. J'appuie dessus de la pointe de mes doigts, les fais bouger, joue presque à les tordre, puis ouvre ma main pour me saisir de mon sein dans son entièreté, le pétrir, le malaxer.... Je passe d'un sein à l'autre tandis que de mon autre main je place le bout du vibro contre mon clitoris et appuie sur le bouton. Je démarre avec la vibration la plus lente. La sensation est électrique. Je descends le vibro le long de ma fente, le cale contre mon vagin et le pousse en moi, le faisant entrer et sortir, sans aller trop loin, juste les premiers centimètres. Je pense à la bite de mon époux, j'aime quand il fait ainsi entrer et sortir son gland juste pour m'exciter, sans véritablement s'enfoncer en moi, comme un massage intime et obscène.
Tout en continuant les mouvements de va-et-vient, je ramène la main qui caressait mes seins vers mon sexe et exerce une légère pression du doigt sur mon clito. Je bouge très légèrement la pulpe de mon majeur sur mon clitoris, et la vibration s'enfonce un peu plus profondément en moi. Je sens que l'orgasme arrive ! Je ne m'attendais pas à ce que ça vienne aussi vite ! Je me branle le clito à la main, fort, et prends le vibro par l'arrière, du bout des doigts, pour me l'enfoncer presque entièrement dans la chatte. Je couine, fort, en donnant des grands coups de bassin vers le haut, comme si je me faisais baiser, avant de me cambrer violemment, les fesses en l'air, mon corps ne reposant plus sur le canapé que par les épaules et par les pieds.
Je retombe sur le canapé. Un long frisson me traverse, les cuisses qui tremblent encore un peu, le souffle qui revient par vagues. Je sors le jouet de mon vagin, le laisse glisser sur le sol sans y penser, et me recroqueville parmi les coussins, repue.
J'ignore alors que sous ces mêmes coussins se trouve encore le téléphone que j'avais abandonné là un peu plus tôt. Les violents coups de reins et les spasmes de mon orgasme ont eu aussi pour effet d'appuyer sur la touche de rappel du dernier numéro composé — celui de mes parents. Mes gémissements et mes cris de jouissance leur parviennent, un peu étouffés par les coussins. Ils se passent le téléphone, essaient de communiquer avec moi, sans succès. Ils pensent que je suis en train d'accoucher ou que je fais un malaise, c'est la panique ! Mon père prend le double des clés de chez moi et part à ma rescousse.
Quand il arrive sur le palier, je suis endormie dans le canapé. J'entends vaguement le bruit des clés dans la serrure. Je souris, pensant que mon mari rentre plus tôt que prévu. Mais c'est mon père, fou d'inquiétude, qui rentre dans la pièce ! Il me regarde, interloqué :
— Tu dormais ?
— Ben je faisais la sieste, oui...
— Mais tu nous as appelés... On ne comprenait rien... Tu avais l'air d'aller mal...
— Ben je faisais la sieste, oui...
— Mais tu nous as appelés... On ne comprenait rien... Tu avais l'air d'aller mal...
J'ai beau ne pas être très pudique envers mes parents, je me surprends à rougir. Se faire griller à poil dans mon salon, c'est une chose, mais jouir au téléphone avec mes parents au bout du fil, c'en est une autre ! C'est clairement plus que je ne peux assumer. J'essaie de prendre mon ton le plus innocent et détaché :
— Ah ? J'ai dû faire un cauchemar ! J'ai dû appuyer sur le téléphone sans faire exprès ! Désolée de vous avoir inquiétés !
Sans que je comprenne trop pourquoi, mon père change alors totalement de ton et d'attitude. Il semble rassuré, mais ses yeux ne savent plus où se poser — il fixe un point quelque part au-dessus de mon épaule, sa main cherche déjà la poignée de porte.
— Bon ben si tout va bien, je vais te laisser. Tu peux toujours nous appeler en cas de besoin.
Je me lève pour le raccompagner à la porte, oubliant presque que je suis encore à poil.
En refermant derrière lui, je pense m'en être bien tirée. Mais en retournant vers le canapé, je réalise que mon père a probablement tout compris de ce qui s'était vraiment passé, ce qui explique sa gêne soudaine avant de partir : il n'a pas pu rater mon gode, que j'ai laissé tomber sur le sol après mon orgasme et qui y est resté, bien en évidence.
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