Inspiré du réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un drôle d’anniversaire sur l’A6 — Chapitre 1 · Un drôle d’anniversaire sur l’A6
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Un drôle d’anniversaire sur l’A6
Chapitre 1 · Un drôle d’anniversaire sur l’A6
Hiver 2009. Certains des automobilistes qui stationnent dans les îlots et toilettes des autoroutes ont des motifs de stationnement bien différents de la majorité des conducteurs de passage. Avec un peu d’attention et de sens de l’observation, il n’est pas trop difficile de les repérer. Des gays aventureux sont souvent là.
Mais pas ce jour-là et pas là où je me suis retrouvé, à cause de mon insouciance, coincé sur l’un d’entre eux.
Nous étions dans la première moitié de janvier. Je partais retrouver mon ex-femme. Elle m’avait gentiment invité pour célébrer le dix-huitième anniversaire de notre fille Catherine. Elle avait prévu pour moi une chambre à l’hôtel le plus proche.
Je m’étais engagé sur l’A6 en direction de Valence, faisant fi des alertes à de possibles tombées de neige abondantes. Je comptais sur la chance. Pas de bol. Envolée.
La station 77, radio de l’autoroute, nous signalait qu’à la suite d’un accrochage dû à la neige, l’autoroute serait fermée au moins jusqu’au petit matin. Nous étions piégés avec quelques centaines d’automobilistes sur le bord de l’autoroute. Ma chance (oui, un peu) : je venais de m’arrêter à ce moment-là sur une aire de repos pour souffler, car la route était devenue dangereuse. Il fallait conduire avec précaution.
Prisonnier dans ma voiture, non loin de gros culs bloqués eux aussi, je me morfondais dans mon SUV en observant les flocons de neige qui commençaient à m’ensevelir. Valence n’était qu’à une vingtaine de kilomètres. J’étais furieux contre moi-même.
La température avait terriblement chuté. Pas question de bouger. Je n’avais pas froid. Le moteur tournait au ralenti et j’avais noté que je ne manquerais pas d’eau. Quelques bonbons oubliés là n’allaient pas me nourrir. Je devais faire preuve de patience.
J’écoutais la radio. Les nouvelles n’étaient pas rassurantes. J’ai appelé ma fille et mon ex-femme afin de les informer de ma mésaventure. J’en ai profité pour lui souhaiter un bel anniversaire en lui promettant que, si je n’étais pas transformé en bonhomme de neige, je serais là pour le déjeuner du lendemain. Un vœu pieux que j’espérais plausible.
Je suis resté assis durant ce qui m’a paru une éternité à regarder la neige tomber. J’avais déjà mangé ma maigre provision de bonbons et mon estomac gargouillait.
Soudain, signal : tu dois aller faire pipi ! Je me levais encore engourdi afin de braver le froid (la neige avait cessé de tomber) – j’en frissonnais d’avance.
Et me voilà parti. Le froid était supportable, sans doute l’effet de la neige ? L’endroit sentait l’intime des corps. Devant l’urinoir, la bistouquette recroquevillée à la main… je démarrais péniblement ma vidange lorsque j’ai senti une présence à mes côtés. Tout proche. Un homme, visiblement un des chauffeurs routiers à ce que j’en devinais, venait de se mettre à mes côtés. Tout proche. P… chaud le gus !
J’étais toujours en train de tenter de pisser lorsqu’il a sorti un putain d’engin pour, sans hésitation, se caresser la bite. J’ai eu un coup de chaud. Je pensais soudain à autre chose qu’à la température hivernale. Mon voisin pissait par petits jets tout en faisant aller sa main dans un va-et-vient qui retroussait la peau de sa verge. Un sexe étonnamment épais avec un gland décalotté rouge sang. Une pièce de choix.
Pas de doute sur le message. Il avait envie de câlins.
Sa bite était un vrai monument. La mienne n’a pas tardé à suivre. Voilà qui me changeait les idées.
J’ai entamé à mon tour un va-et-vient qui dressait mon sexe. Je n’ai pas eu à attendre. Il a saisi mon sexe sans hésitation pour me branler doucement. J’ai levé les yeux, honnêtement un peu désorienté. Mon voisin visiblement était en manque.
Il devait avoir la quarantaine. Aussi grand que moi, il avait un visage rond, un peu efféminé, me suis-je dit. Des cheveux noirs mi-longs, une barbe naissante et des yeux d’un bleu profond. Il souriait, apparemment indifférent au froid, tout en me fixant d’un regard intense.
— Ça va, mec ? Tu n’as pas trop froid ? demanda-t-il en continuant.
— Méfie-toi, je t’ai vu dans ta caisse. Si tu restes dans ta voiture fermée avec le moteur qui tourne, tu risques un malaise et - peut-être pire - du dû au monoxyde.
— Méfie-toi, je t’ai vu dans ta caisse. Si tu restes dans ta voiture fermée avec le moteur qui tourne, tu risques un malaise et - peut-être pire - du dû au monoxyde.
Il n’avait pas lâché mon sexe et moi, malgré le froid et malgré l’étrangeté de la situation, je bandais.
Je bénissais cette agréable surprise. Ce n’était pas la première fois que je constatais cette connexion invisible, intuitive, qui rapproche instinctivement les gays.
***
Je me rappelle encore cette rencontre surprenante faite chez un fleuriste d’une ville de province. J’étais de passage. Je voulais acheter un vase en vue d’une visite protocolaire chez des amis. Il était midi. Il fermait. Pourtant, à la vue de mon désappointement, il a accepté de m’ouvrir tout en fermant derrière moi. (Au fait, je vous ai dit que j’étais beau garçon ?)
C’était un petit homme bedonnant aux yeux aussi noirs que ses cheveux, très avenant, très souriant. On aura du mal à le croire, mais il m’a immédiatement offert une tasse de café tout en m’invitant à l’étage où se trouvait son logement.
Il m’a posé quelques questions d’apparence anodine alors que nous montions. Arrivé dans son salon, j’ai noté que sur les murs étaient affichés plusieurs croquis d’hommes nus. Et mon hôte de me prendre par surprise.
— Qu’en penses-tu ? (Il me tutoyait !) Il y avait de quoi.
Il me montrait un jeune homme en train de sucer un bel organe. On ne voyait pas le propriétaire de l’organe en question, mais je notais au passage que le « suceur » était particulièrement beau. Un vrai Adonis.
Qu’en penses-tu ? Tu aimes ?
J’étais sidéré et même intimidé. Gonflé, le bonhomme.
C’est là que « l’Adonis » est sorti d’une pièce. Il m’a d’abord salué avec un grand sourire, puis il est venu embrasser mon interlocuteur, puis il s’est rapproché de moi pour m’embrasser sur les lèvres comme si cela était tout à fait normal. La suite n’a rien arrangé. J’ai annulé mon déjeuner sous un mauvais prétexte, mais j’étais là pour le café. Il y a des rencontres qui méritent que l’on s’y attarde.
À suivre une autre fois.
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Commentaires ()
Ensuite tu passes au fleuriste ! Ça casse l'ambiance. Reste dans ton histoire, ou bien raconte deux histoires séparément.