Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une journée ordinaire — Chapitre unique
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Une journée ordinaire
Chapitre unique
Quand le réveil a sonné, avant même de lui ordonner oralement de se taire, mon rêve me revient : un sourire, un clin d'œil, une voix, une texture de peau. Alors, j'ouvre les yeux en souriant. Je m'étire, tourne la tête sur ma droite, et je la vois, celle qui a jeté son grappin sur moi. Elle s'est installée toute seule chez moi, contre moi. Elle s'approche de moi, m'embrasse. Je sens sa main glisser sur mon ventre, puis dans mon boxer. C'est le matin, bien entendu que j'ai une érection ! Alors elle me caresse, j'essaie d'aider mon esprit à penser à quelqu'un d'autre. C'est seulement quand j'y arrive que je jouis, dans sa main.
Je soupire, me lève et me dirige dans la salle de bains. Après une bonne douche, je fais face au lavabo : le tube de dentifrice est quasi vide, il va falloir que je passe au magasin pour m'en reprendre. Quand je regarde le miroir, elle est là, derrière moi. Elle passe ses bras autour de ma taille, m'embrasse le cou et me murmure :
— Reviens dans le lit.
Non. Je me défais de ses liens.
Dans la cuisine, j'allume la machine à café. Comme tous les matins, elle fuit. Heureusement qu'il y a un plateau en dessous. Un jour, elle finira à la poubelle !!
Je bois mon café en regardant les infos à la télé. Elle est là, à côté de moi, sa main sur ma cuisse.
— Reste dans l'appart aujourd'hui.
Sans lui répondre, je mets mes chaussures et je pars, avec un sac poubelle à déposer dans le bac dont la couleur m'importe peu.
Sur le chemin, elle me rattrape et passe son bras autour du mien. Je soupire...
— Regarde, il y a un transat devant le bar. On s'y installe ?
J'accélère le pas, elle n'a pas le droit de polluer cet emplacement de sa présence.
Le bus arrive bientôt, enfin ! Je mets mes écouteurs, un bon livre audio. C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour m'échapper de cette vie. C'est l'histoire d'un homme, un gladiateur à la retraite qui déménage avec ses enfants. Il aide une femme malmenée par trois hommes qui, aussi courageux qu'un lapin sur une route, iront se venger sur les enfants du gladiateur. Bref, je suis dans une autre époque, un autre monde, loin d'ici. Trente minutes de calme.
Arrivé à ma destination, pas de chance, je tombe sur une connaissance. J'utilise tout mon stock d'hypocrisie quand il évoque sa pauvre petite retraite de quatre mille cinq cents euros ainsi que la facture de quelques centaines d'euros pour avoir la bonne couleur sur sa nouvelle voiture.
Quant à elle, elle est toujours à mon bras...
— Et si on lui proposait de prendre un café tous les trois ? Il a l'air si triste dans sa vie.
Je prétexte un rendez-vous chez un médecin, et je laisse cette connaissance derrière moi.
— Tu n'es pas sympa avec tes amis.
J'enrage !
— CE N'EST PAS UN AMI !! LÂCHE-MOI !!
Mais elle reste accrochée à mon bras.
Sur le retour, après quelques heures, quand je descends du bus près de chez moi, je me fais un loto... On ne sait jamais. Par chance, aujourd'hui, c'est une femme qui est derrière la caisse. On a sympathisé, on discute de tout et de rien. En attendant mon tour, je me mets à penser : et si je la quittais pour elle ? Elle est agréable, elle parle franchement sans cacher ses opinions, j'aime bien ! Je devrais essayer...
— Tu rigoles ? Elle va te parler d'elle, tu vas lui parler de toi, et au final, elle va te quitter ! Alors que moi, je suis déjà là, prête à tout pour toi !!
SILENCE !!!
J'hésite, je me prépare à lui demander, puis :
— Elle va te briser le cœur et ensuite, tu me demanderas de revenir vers toi.
Je soupire, je paie mon loto et je pars.
— Tu as bien fait. On est tellement bien tous les deux !
Je ne supporte plus sa voix... Heureusement, ce soir, je dois aller voir une des rares et véritables amies que j'ai, pour ne pas dire la seule. Pas le temps de rentrer à l'appart, je pars la rejoindre.
— Tu vas prendre un café avec elle ? Quel est l'intérêt ?
Bah au moins, en sa présence, le temps passe vite, contrairement à toi. Je dis tout cela pour ne pas l'embêter car elle va encore me dire qu'elle est la plus belle personne que j'ai rencontrée dans ma vie.
À la gare, je vois mon amie, souriante. Je souris, oubliant mes soucis un bref instant, avant de sentir la présence de l'autre à mon bras. Elles s'ignorent... On s'installe dans un café, on discute de tout, de rien, du travail, de la météo, des vacances. Je me dis pourquoi pas elle, en prenant notre temps... Elle a son appart, un style de vie un peu différent du mien mais je ne demande pas à ce qu'on s'installe ensemble, là, maintenant, tout de suite. Je pense qu'elle accepterait.
— Ah oui ? Tu es comme ça ? Tu vas lui demander de te suivre, elle qui s'est réparée alors que toi, tu es encore en morceaux ? Tu vas lui imposer ton moral qui peut varier du jour au lendemain ? Sincèrement, tu penses qu'elle mérite de revivre cet enfer ?
Je réfléchis pendant qu'elle me parle de ses passions, de ses rêves. Je lui souris et je soupire intérieurement, elle ne mérite pas de retoucher le fond. Alors, je lui mens en la regardant droit dans les yeux en lui disant que je vais bien, mais elle me connaît trop bien. On échange un petit sourire, elle, pour me dire :
— Allez, parle-moi !
Et moi, pour lui dire :
— Je n'ai plus la force pour combattre, je crois que je suis à deux doigts de m'y abandonner.
Je la raccompagne à la gare puis je rentre chez moi.
— Alors ? Tu veux manger quoi ce soir ? Il y a des restes à finir dans le frigo. Et après, on retourne sous la couette, je vais m'occuper de toi.
Je soupire, une fois de plus. Je baisse les armes et accepte son programme, comme tous les soirs.
La solitude n'est pas prête à me quitter et je risque de commencer à apprécier sa compagnie.
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