Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Derrière la porte — Chapitre 1 · Notre première visite
Auteurs
Derrière la porte
Chapitre 1 · Notre première visite
C'était la première fois que nous entrions ensemble dans un sauna libertin. Pour moi, ce n'était pas tout à fait une découverte : j'avais déjà fréquenté ce genre d'établissement avant notre rencontre. Pour Léa, en revanche, c'était un univers totalement nouveau.
Nous en avions longuement parlé avant de nous décider.
Lorsque j'avais rencontré Léa, elle pesait quarante-sept kilos. Elle était toute menue. Puis des problèmes médicaux avaient profondément modifié sa silhouette, jusqu'à lui faire dépasser les quatre-vingts kilos. À l'époque de nos premières expériences libertines, elle était redescendue aux alentours de soixante-quinze kilos pour un mètre cinquante-cinq.
Mais le plus difficile n'était pas tant ce changement physique que ses conséquences sur sa confiance en elle.
Léa doutait énormément de sa capacité à plaire. Elle craignait que je finisse par ne plus la désirer, voire par la quitter. Et elle avait une conviction bien ancrée : tôt ou tard, tous les hommes finissaient par tromper leur compagne.
J'avais beau lui répéter que je l'aimais et que je la désirais toujours, mes paroles ne suffisaient pas forcément à la rassurer. Après tout, j'étais son compagnon. Mon regard pouvait lui sembler acquis, mes compliments dictés par l'amour.
C'est aussi pour cela que je lui avais parlé du libertinage.
Je voulais qu'elle découvre qu'elle pouvait toujours séduire, attirer les regards et éveiller le désir d'autres hommes. Qu'elle retrouve confiance en elle, non pas uniquement parce que je la trouvais désirable, mais parce qu'elle pourrait le constater par elle-même.
Bien sûr, il y avait également mes propres envies. L'idée de la voir désirée par d'autres hommes m'excitait énormément, et je ne m'en cachais pas.
Mais je voyais surtout le libertinage comme une bulle que nous pourrions ouvrir et refermer ensemble.
À l'intérieur, nous pourrions nous autoriser des fantaisies, réaliser certains fantasmes, découvrir de nouvelles expériences. Parfois participer tous les deux, parfois regarder l'autre profiter d'un moment.
Avec deux règles fondamentales : rien sans l'accord de l'autre. Et rien dans le dos de l'autre.
Chacun disposait d'un droit de veto, à tout moment et sans avoir à se justifier. Notre liberté devait reposer sur la confiance, jamais sur l'obligation.
Je lui expliquais aussi que les fantasmes inassouvis pouvaient parfois finir par prendre trop de place. À force de garder certaines envies pour soi, on pouvait être tenté de les réaliser en cachette.
Pourquoi ne pas plutôt en parler et, lorsque nous étions tous les deux d'accord, les vivre ensemble ?
Pour moi, la fidélité reposait avant tout sur la loyauté, l'honnêteté et le respect de nos engagements.
Notre règle était donc simple : au sauna, nous ouvrions notre bulle. Nous pouvions y laisser libre cours à nos fantaisies, dans les limites fixées ensemble. En sortant, la parenthèse se refermait.
Pas de rencontres clandestines, pas de contacts avec nos partenaires en dehors de cet univers. Nous retrouvions notre quotidien et notre exclusivité.
Nous ne cherchions pas à être infidèles ensemble. Nous cherchions à rester fidèles, autrement.
Restait évidemment à confronter nos belles théories à la réalité.
J'espérais que Léa prendrait plaisir à cette découverte, qu'elle retrouverait confiance en son pouvoir de séduction. Mais je savais aussi qu'elle pouvait être impressionnée, voire effrayée, par cet environnement inconnu.
Quant à moi, j'étais impatient de partager cette expérience avec elle.
C'est ainsi que nous avons décidé de franchir ensemble la porte du sauna.
Dès le vestiaire, quelque chose s'est mis en place : nos gestes maladroits pour plier les vêtements, nos regards qui se cherchaient, ce mélange de légèreté et de tension que l'on n'avait pas prévu. Nous avons pris chacun une serviette et nous sommes partis visiter les lieux.
Sur la gauche se trouvaient le sauna puis les douches. En face des douches, le hammam : un espace sombre, qui devenait presque noir à mesure qu'on s'y enfonçait. Plus loin, il y avait les coins câlins, un glory hole et, à l'étage, une salle de projection. En face du sauna, à droite, le bar se prolongeait par un coin fumeur et un couloir menait à d'autres pièces, dont une équipée d'une balançoire, d'une croix de Saint-André et d'un sling.
Des hommes seuls suivaient les couples nouvellement arrivés, espérant parfois une rencontre à trois. Certains se montraient insistants, ce qui, pour nous, était plutôt une raison de les écarter. Léa avait peur qu'on lui saute dessus sans lui demander son avis. Je pensais au contraire que chacun devait pouvoir choisir librement ce qu'il acceptait. Pourtant, je voyais aussi que l'attention qu'elle attirait semblait lui plaire. Elle découvrait qu'elle était regardée, désirée. Et cela m'excitait.
Nous avons ainsi fait le tour du propriétaire, entre curiosité et appréhension.
Nous sommes entrés dans le hammam. La chaleur était épaisse, l'obscurité presque totale au fond. Un homme s'est approché de Léa et a commencé à la toucher. Puis un deuxième. Je lui ai proposé d'avancer dans la partie encore plus sombre si elle le souhaitait. Elle y est allée, face à moi. Plusieurs hommes se sont rapprochés.
Je lui ai tenu les mains pour lui rappeler que j'étais là. Dans le noir, je ne voyais pas exactement ce qui se passait. Je devinais des contacts. J'entendais ses gémissements et la voix d'un homme qui semblait lui faire un massage. Léa parlait tout haut, faisant comme s'il ne se passait rien — mais j'entendais les caresses. Elle remerciait son masseur, qui lui prodiguait un massage du dos. Il semblait doux.
J'ai fini par lâcher sa main. J'ai approché la mienne de sa chatte lisse. Une main étrangère m'en bloquait l'accès — elle introduisait un doigt, visiblement, et ne semblait pas ravie de mon arrivée. Je l'ai écartée avec autorité. J'ai doucement caressé son pubis. Puis j'ai introduit un doigt. Sa chatte était chaude, trempée. J'en ai glissé un deuxième et l'ai caressée. Elle a gémi, a mouillé encore plus. Elle allait jouir dans ma main, sa mouille coulant sur celle-ci. Ses gémissements excitaient les hommes seuls alentour — les mouvements de branlette redoublaient. Lorsqu'elle a atteint l'orgasme, elle a demandé à sortir. La chaleur l'accablait trop après ça.
Nous sommes allés sous la douche. Elle m'a confié qu'au moins deux hommes avaient joui sur ses cuisses.
Elle cherchait dans mon regard si elle avait mon approbation, si, par hasard, elle n'était pas allée trop loin.
Elle m'a parlé de l'homme qui lui avait fait ce massage. Elle l'avait trouvé doux. Il avait une cinquantaine d'années, était chauve, musclé, et son physique l'avait également attirée. Il nous avait rejoints sous la douche, sans se montrer oppressant.
Elle a suggéré que nous poursuivions avec lui, en trio. Nous nous sommes mis à la recherche d'un coin câlin et nous avons opté pour le plus spacieux, avec un énorme matelas.
Elle a tout de suite précisé que les fellations seraient protégées. Marc a acquiescé.
On a tous retiré nos serviettes. Léa était sur la réserve, ne sachant que faire, n'osant pas faire. On l'a rejointe — Marc d'un côté, moi de l'autre. On lui a caressé les seins, les fesses. On lui a fait des bisous dans le cou. Tout doucement, tendrement. À un moment, j'ai levé les yeux vers elle : elle avait la tête légèrement renversée, les paupières mi-closes, et quelque chose dans son expression ressemblait à de l'abandon.
Léa a demandé à Marc d'enfiler un préservatif. Elle s'est penchée. Elle a pris son gros membre en bouche en fermant les yeux — et j'ai entendu le petit son qu'elle fait quand elle aime ce qu'elle fait. Marc était aux anges. Je ne perdais pas mon temps et j'en profitais pour jouer avec ses fesses, puis pour lui insérer un doigt. Elle mouillait beaucoup.
J'observais le sexe de Marc aller et venir dans sa bouche et cela m'excitait. Elle s'est redressée. Marc lui a fait signe de s'allonger. Elle s'attendait à ce qu'il la pénètre, mais il s'est placé entre ses cuisses pour la déguster. J'étais toujours agenouillé, près de sa tête. Je lui tenais la main. J'ai cherché son regard et elle m'a dit :
— T'inquiète pas, ça va.
Marc s'est ensuite placé en missionnaire latéral. Il a inséré son sexe dans le sien et elle a gémi — un gémissement long, presque surpris. Elle a attrapé mon sexe et m'a dit :
— Je vais m'occuper de toi.
Elle me suçait avec application, tout en gémissant. J'étais excité comme jamais.
Marc continuait son affaire, prenant visiblement du plaisir et en donnant également. Je n'en pouvais plus, j'allais jouir. Pour ne pas casser le moment, je suis sorti de sa bouche et j'ai joui sur ses seins. Marc a joui peu après.
Après cette rencontre, nous sommes allés boire un verre ensemble au bar. C'est là que nous avons appris son prénom : Marc. Nous ne savions pas encore que nous le retrouverions à plusieurs reprises.
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