Au 7e ciel lors d’un Paris - São Paulo
Chapitre 1
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Couverture de Au 7e ciel lors d’un Paris - São Paulo, par Mariajaymed
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Au 7e ciel lors d’un Paris - São Paulo — Chapitre 1

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Mariajaymed
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Au 7e ciel lors d’un Paris - São Paulo

Chapitre 1

Je m'appelle Alexandre, j'ai quarante-cinq ans, et depuis mon divorce il y a dix-huit mois, ma vie oscille entre une routine bien rodée et une liberté un peu vertigineuse. Cadre commercial dans l’import-export de bois, je passe une bonne partie de l’année à sillonner le monde pour dénicher les meilleures essences, négocier directement avec les fournisseurs et vérifier la qualité sur place. J’aime ce métier précisément pour ça : l’odeur des scieries humides, le contact brut avec le matériau, les discussions interminables autour d’un café ou d’une caipirinha, et surtout la possibilité de découvrir des pays fascinants.
D’habitude, mes destinations favorites sont le Brésil bien sûr, avec ses immenses forêts d’Amazonie et ses ports vibrants comme Paranaguá ou Santos, mais aussi l’Indonésie (Bornéo et Sumatra pour le teck et le meranti), le Vietnam (où les usines de transformation pullulent et où les paysages de Baie d’Halong valent le détour après les rendez-vous), la Malaisie (Sarawak et Sabah, mélange de jungle dense et de plages paradisiaques), ou encore les Philippines (pour certaines essences exotiques et des îles magnifiques).
Mais cette fois, direction São Paulo et la région de Curitiba au Brésil, pour un séjour express : seulement quatre jours sur place. Pas le temps de traîner, donc pas de valise en soute. Juste un bagage cabine bien organisé : costume anthracite slim en laine légère, deux chemises blanches repassées, une paire de derbies en cuir noir ciré, mon ordinateur, quelques dossiers, et ma trousse de toilette avec mes produits favoris (crème hydratante, parfum discret boisé, huile à barbe).
J’arrive à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle vers 19h30 pour le vol de 22h00. Direction le Terminal 2E, hall L, zone dédiée aux vols long-courriers Air France vers l’Amérique du Sud. Le check-in en ligne m’a déjà attribué ma place : siège 45C, côté couloir, dans la cabine Economy d’un Boeing 787-9. Je dépose mon bagage cabine sur le tapis après un passage rapide à la priorité business (même si je voyage en classe standard depuis que la boîte a serré la vis sur les notes de frais il y a trois ans). Contrôle de sécurité fluide – je connais par cœur le rituel : ceinture, montre, ordinateur sortis, chaussures enlevées. Puis direction la salle d’embarquement.
La salle est bondée, ambiance nocturne : lumières tamisées, odeur de café et de sandwichs triangle. Je m’installe près d’une baie vitrée avec vue sur les pistes. C’est là que je les remarque : l’équipage commence à arriver. Les pilotes en costume sombre impeccable, cravate bleu marine, galons dorés aux manches. Mais ce sont surtout les hôtesses qui attirent mon regard. Leur uniforme est toujours aussi élégant : tailleur bleu foncé (un bleu marine profond, presque nuit, signature Air France), jupe crayon mi-cuisses avec une fente discrète à l’arrière pour faciliter les mouvements, chemisier blanc cassé légèrement ajusté, col lavallière noué en un petit foulard soyeux bleu roi bordé de rouge fin, veste cintrée à un bouton avec les ailes Air France brodées sur le revers, escarpins noirs vernis à talon moyen (environ 7 cm), collants fins noirs transparents, maquillage soigné : rouge à lèvres discret corail, eyeliner fin, cheveux relevés en chignon strict ou en queue-de-cheval basse impeccable. Elles portent chacune un petit foulard noué autour du cou et une broche dorée. Elles discutent entre elles, sourient aux passagers prioritaires, vérifient leurs listes. Je ne peux m’empêcher d’envier un instant les pilotes : côtoyer ça tous les jours…
Embarquement à 21h20. Je monte parmi les derniers du groupe 4. L’avion sent le propre, le plastique neuf et le café. Configuration classique 3-3-3 en Economy. Je remonte l’allée jusqu’à la rangée 45, au fond, juste avant les cuisines arrière. 45C, côté couloir droit. À ma gauche, le hublot est déjà occupé par un jeune homme qui s’endort déjà casque sur les oreilles. Au milieu, une femme d’une quarantaine d’années range son sac. Le couple qui s’installe à côté de moi (45A et 45B) est jeune, la trentaine, ils parlent portugais, probablement en retour de voyage de noces sur Paris vu les sourires et les mains enlacées.
Les deux dernières rangées (47 et 48) sont entièrement vides : six places libres. Curieux, mais pratique si je veux bouger pour avoir plus de place.
Décollage à l’heure. Le vol de nuit s’installe rapidement. Lumière tamisée, masque de sommeil distribué. On sert le dîner vers 23h30 : un plateau classique – entrée froide (terrine de légumes), poulet basquaise fade ou pâtes au pesto, fromage, mousse au chocolat, petit pain, beurre, eau, vin rouge ou blanc bas de gamme. Je suis côté allée, donc quand l’hôtesse passe avec le chariot, mon coude frôle involontairement le tissu tendu de sa jupe alors qu’elle se penche pour poser mon plateau. Elle ne dit rien, mais je sens son regard amusé.
Et là, je la vois vraiment : une hôtesse brune aux cheveux relevés en chignon souple, grande – facilement 1m77-1m78 –, silhouette élancée et sportive, yeux bleu clair perçants soulignés d’un maquillage discret mais parfait. Visage aux traits fins, pommettes hautes, sourire en coin naturel, lèvres pleines. Elle dégage une classe naturelle, un mélange de professionnalisme et de sensualité retenue. Environ trente ans, peut-être vingt-neuf. Sa jupe moule légèrement ses hanches quand elle se déplace, ses jambes gainées de noir semblent interminables. Elle me tend mon plateau avec un « Bon appétit, Monsieur » et un sourire légèrement en coin qui fait accélérer mon pouls.
Après le repas, on tire les rideaux aux deux extrémités des six places vides du fond. Je suis surpris : d’habitude c’est pour isoler l’équipage qui se repose. Mais là, ça encercle vraiment la zone comme un petit compartiment privé. Curieux, je n’avais jamais vu ça avant. Je lance un film sur l’écran (un thriller que j’ai déjà vu), mais au bout d’une heure je m’ennuie. Il reste six bonnes heures. Impossible de dormir. L’avion est plongé dans le noir, ronflements discrets, bébés apaisés. Je me lève pour me dégourdir les jambes. À l’arrière, près des hublots, je la vois : elle est assise sur un jumpseat replié, en train de feuilleter un magazine. Nos regards se croisent. Je lui souris, elle me rend un sourire chaleureux.
— Un verre d’eau, s’il vous plaît ?
Elle se lève souplement, remplit un verre en plastique, me le tend.
— Vous n’arrivez pas à dormir ?
— Pas du tout. Trop de décalage dans la tête déjà. Avant même d’être arrivé.
Elle rit doucement.
— Vous partez en vacances au Brésil ?
— Non, business. Je travaille dans l’import de bois. Je vais voir des clients à São Paulo et Curitiba, mais je repars dans quatre jours. Court séjour.
— Ah, le bois… ça sent bon au moins !
Elle sourit.
Je lui retourne la question :
— Et vous, comment devient-on hôtesse de l’air chez Air France ?
Elle explique avec enthousiasme : concours très sélectif, tests psychotechniques, langues (elle parle anglais, espagnol et un peu portugais), formation de six mois intense à Paris sur la sécurité, le service, les premiers secours, le maintien de l’image…
— C’est exigeant, mais j’adore la variété, les rencontres, le fait de ne jamais savoir exactement ce que la journée réserve.
— Et vous faites ça depuis longtemps ?
— Cinq ans. J’ai commencé à vingt-quatre ans, juste après une licence en tourisme. J’aime toujours autant, même si le rythme est parfois dur.
On parle du décalage horaire :
— On reste souvent trois ou quatre jours sur place avant le retour, ça aide à s’adapter. Sinon c’est le café et la volonté.
La conversation glisse naturellement. On rit sur les passagers bizarres, les nuits blanches, les hôtels impersonnels. Elle m’explique les rideaux :
— C’est pour qu’on puisse se reposer à tour de rôle. Sur un vol retour vers la France, on est plus fatigués, donc on se relaie. Dans les trajets au départ de la France on est souvent plus en forme qu’au retour. On se repose à tour de rôle. Deux par deux dans les rangées vides : une personne par bloc de trois sièges. Pas hyper confortable, mais avec une couverture et un masque, on récupère un peu.
La discussion devient plus personnelle, presque intime dans la pénombre. Elle me demande si j’ai quelqu’un qui m’attend. J’explique le divorce, la garde alternée des enfants (un garçon de douze ans, une fille de neuf ans), les week-ends sur deux et les vacances partagées.
— C’est pas toujours simple avec les voyages, mais on s’organise.
Elle avoue :
— Moi c’est après une rupture compliquée que j’ai passé le concours. J’avais besoin de bouger, de changer d’air. Mais faire des rencontres sérieuses… c’est mission quasi-impossible avec ce métier. On croise du monde, mais rien ne dure.
On parle comme ça pendant presque deux heures. Elle s’appelle Mathilde, vingt-neuf ans. On découvre qu’on n’est pas sur le même vol retour – elle enchaîne sur Buenos Aires après São Paulo, moi je rentre direct dans quatre jours. Dommage.
Je retourne m’asseoir. Trois heures de vol restantes. Toujours pas de sommeil. L’avion est une bulle obscure, presque silencieuse. Soudain, une main chaude se pose sur ma cuisse, tapote doucement. Je sursaute, me tourne : Mathilde, sourire espiègle, badge enlevé, cheveux un peu plus lâches.
— Viens, chuchote-t-elle. Les deux collègues qui devaient dormir ici n’ont pas sommeil du tout. Elles sont restées dans le galley à discuter. Les six places sont libres… Tu arriveras peut-être à dormir un peu, non ?
Elle me tend la main, discrète, complice. Mon cœur bat fort. Je me lève sans un mot, la suis vers l’arrière, derrière les rideaux tirés. Je la suis sans un bruit, le cœur cognant dans la gorge comme un ado qui fait le mur. Les rideaux épais se referment derrière nous avec un froissement discret, isolant complètement la zone des six sièges. La lumière est très faible : juste les petites veilleuses. L’air semble plus chaud ici, chargé d’une odeur mélangée de tissu d’avion, de café froid et de son parfum à elle – quelque chose de boisé avec une pointe de jasmin.
Elle se retourne vers moi, dos à la cloison, et pose un index sur ses lèvres. Sourire en coin, regard qui dit « on joue avec le feu mais on sait exactement où poser les pieds ». Elle défait lentement le petit foulard soyeux autour de son cou, le plie en deux et le glisse dans la poche de sa veste qu’elle enlève ensuite d’un mouvement fluide d’épaules. La veste atterrit sur le dossier du siège le plus proche.
Sous la veste, le chemisier blanc cassé est légèrement transparent sous les lumières tamisées ; on devine les contours d’un soutien-gorge noir très fin, sans armatures apparentes. Elle s’assoit sur le bord du siège central de la rangée du milieu (47C), jambes croisées, jupe remontant juste assez pour révéler la lisière dentelée des bas autofixants. Pas de collants opaques finalement : des bas fins, noirs, avec une bande de dentelle mate en haut.
— Assieds-toi, murmure-t-elle en tapotant la place à sa droite.
Je m’exécute, lentement. Nos cuisses se touchent immédiatement. La laine légère de mon pantalon contre le tissu tendu de sa jupe. Elle pose sa main gauche sur mon genou, doigts écartés, et commence à remonter très progressivement, presque millimètre par millimètre, en regardant droit devant elle comme si elle écoutait les bruits de l’avion.
— Personne ne viendra nous déranger pendant au moins quarante minutes, chuchote-t-elle. Après ça… on verra. Mais là, on a un peu de temps.
Sa main arrive à mi-cuisse. Elle sent la tension dans mon muscle. Elle sourit sans me regarder.
— Tu trembles un peu.
— C’est l’altitude, je réponds bêtement.
Elle rit tout bas, un rire de gorge presque inaudible.
Puis elle se penche vers moi, ses lèvres effleurent mon oreille :
— Détends-toi. On va juste… parler encore un peu. Très près.
Elle se redresse légèrement, défait le premier bouton de son chemisier – celui du col lavallière – puis le deuxième. Le tissu s’écarte juste assez pour laisser voir le creux entre ses seins et le bord supérieur du soutien-gorge en dentelle noire. Sa peau est pâle, presque lumineuse dans la pénombre. Elle sent mon regard et ça l’amuse.
Elle prend ma main droite et la pose sur sa cuisse, juste au-dessus de la dentelle des bas. La peau est chaude, soyeuse, légèrement moite. Je sens la couture du bas sous mes doigts. Elle guide ma main plus haut, très lentement, jusqu’à ce que le bout de mes doigts touche la peau nue, juste en dessous de l’ourlet de la jupe.
— Tu aimes la sensation ? souffle-t-elle.
Je hoche la tête, incapable de sortir plus de deux mots.
Elle écarte un peu plus les cuisses – pas ostensiblement, juste assez pour que ma main puisse glisser à l’intérieur. Je sens la chaleur qui irradie, la texture plus douce, plus humide déjà. Elle porte une culotte en dentelle fine, très échancrée sur les côtés. Le tissu est déjà moite contre mes phalanges.
À ce moment-là elle tourne la tête vers moi et m’embrasse – un baiser lent, profond, presque paresseux au début, puis plus exigeant. Sa langue a un goût de menthe et de rouge à lèvres. Elle mordille ma lèvre inférieure en se reculant légèrement.
Pendant ce temps sa main droite est arrivée sur ma braguette. Elle défait le bouton, descend la fermeture très doucement pour ne pas faire de bruit métallique. Elle glisse ses doigts à l’intérieur du boxer et me prend en main. Je suis déjà très dur. Elle resserre légèrement sa prise, fait coulisser sa paume une fois, deux fois, lentement.
— Chut… murmure-t-elle contre ma bouche quand je gémis malgré moi.
Elle se redresse un peu, regarde rapidement vers les rideaux, écoute. Rien. Seulement le ronronnement constant des réacteurs.
Alors elle se penche, pose un genou sur le siège à côté, se met presque à califourchon sur mes cuisses sans vraiment s’asseoir. Sa jupe remonte jusqu’en haut des cuisses. Je vois maintenant clairement la culotte noire, le triangle de dentelle sombre et humide au centre. Elle attrape ma main et la guide directement sous le tissu. Mes doigts trouvent ses lèvres gonflées, très mouillées. Elle est trempée. Je glisse un doigt, puis deux, lentement. Elle ferme les yeux, inspire profondément par le nez, ondule imperceptiblement des hanches pour accompagner le mouvement.
De son côté elle continue son va-et-vient sur moi, plus ferme maintenant, le pouce passant régulièrement sur le gland à chaque remontée. On est synchrones sans même se concerter : mêmes rythmes lents, mêmes pauses quand l’un de nous retient son souffle.
Elle murmure à mon oreille :
— Tu veux aller plus loin ?
Je hoche la tête.
Elle se redresse complètement, attrape sa jupe des deux mains et la remonte jusqu’à la taille. Elle dégage sa culotte sur le côté – pas le temps de l’enlever complètement. Puis elle s’abaisse lentement sur moi. La sensation est brûlante, étroite, incroyablement humide. Elle s’empale millimètre par millimètre, en retenant son souffle. Quand je suis entièrement en elle, elle reste immobile quelques secondes, front contre le mien, nos respirations calées l’une sur l’autre.
Puis elle commence à bouger – de tout petits mouvements de bassin, circulaires d’abord, puis de haut en bas très contrôlés pour ne pas faire grincer le siège. Ses mains sont posées sur mes épaules, les ongles s’enfoncent légèrement dans le tissu de ma chemise. Je glisse mes mains sous ses fesses, sous la jupe, et je l’aide à monter et descendre, en gardant le rythme très lent, très profond.
On s’embrasse pour étouffer les gémissements. Sa langue est plus insistante maintenant. Je sens ses muscles se contracter autour de moi par vagues. Elle est proche.
— Attends… attends… souffle-t-elle.
Elle accélère légèrement, toujours contrôlée, mais plus rythmée. Ses seins montent et descendent sous le chemisier entrouvert. Je défais encore deux boutons, glisse une main à l’intérieur, trouve un téton durci que je pince doucement entre pouce et index. Elle gémit dans ma bouche.
Soudain elle se fige, corps tendu comme un arc. Ses cuisses tremblent. Elle jouit en silence – juste un long frisson, la tête rejetée en arrière, les lèvres entrouvertes, les yeux fermés très fort. Je sens les contractions autour de moi, puissantes, répétées.
Quand elle redescend de son orgasme, elle rouvre les yeux, sourire épuisé et satisfait. Elle murmure :
— À toi maintenant… mais doucement.
Elle reprend le mouvement, plus ample cette fois, plus rapide aussi. Je sens la pression monter très vite. Trop vite. Je lui attrape les hanches pour la ralentir.
— Attends… je vais…
Elle comprend, s’immobilise un instant, puis redescend très lentement une dernière fois, profondément, et reste là, contractée exprès autour de moi.
Je jouis en elle en retenant mon souffle, les mains crispées sur ses fesses, le front contre sa clavicule. Les spasmes durent longtemps – bien plus que d’habitude. Elle ne bouge pas, me laisse finir tranquillement, caresse mes cheveux d’une main pendant que l’autre reste posée sur ma nuque.
On reste comme ça une bonne minute, immobiles, essoufflés, encore connectés. Puis elle se relève doucement, avec précaution. Elle rajuste sa culotte, lisse sa jupe, reboutonne son chemisier. Moi je remonte ma braguette, remets de l’ordre dans ma chemise froissée.
Elle se penche, m’embrasse sur la tempe.
— Retourne t’asseoir maintenant. Dans cinq minutes je passe faire un tour “officiel” dans l’allée, comme si de rien n’était.
Je hoche la tête, encore sonné.
Elle écarte légèrement le rideau, vérifie, me fait signe que la voie est libre.
Je regagne ma place 45C sur des jambes en coton. Le jeune homme à côté ronfle doucement. Le couple d’amoureux dort enlacé. Personne n’a rien remarqué.
Quelques minutes plus tard, Mathilde repasse dans l’allée, plateau à la main, distribuant des eaux et des lingettes rafraîchissantes comme si de rien n’était. Quand elle arrive à ma rangée, elle me tend un verre d’eau, me regarde droit dans les yeux avec un petit sourire complice et murmure, presque inaudible :
— Dors un peu maintenant. Tu en as besoin.
Elle s’éloigne, jupe impeccable, chignon à peine défait, démarche toujours aussi professionnelle.
Je m’enfonce dans le siège, le corps lourd, l’esprit flottant. Le reste du vol passe comme dans un rêve cotonneux.
À l’arrivée, quand on se croise dans l’allée pour descendre, elle me glisse juste un « Bon séjour à São Paulo » avec un clin d’œil discret.
Je ne la reverrai probablement jamais.
Mais pendant les quatre jours suivants, à chaque odeur de bois frais, à chaque café serré dans un bureau climatisé de Curitiba, à chaque fois que je croiserai une femme en tailleur bleu marine dans la rue, je penserai à cet instant suspendu entre deux continents, à six mille mètres d’altitude, derrière un rideau tiré.
Et je sourirai tout seul, comme un idiot heureux.
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