Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
J’irai camper chez vous — Chapitre 1 · Une halte chez l’habitante
Auteur
J’irai camper chez vous
Chapitre 1 · Une halte chez l’habitante
La chaleur de l’été s’abattait sur la maison. Mon mari et ma fille sont partis depuis une semaine déjà, me laissant seule avec le silence et les grandes vacances.
Mes matinées se ressemblaient toutes : petit-déjeuner sur la terrasse, une promenade, une douche. L’après-midi, je lis au bord de la piscine où je ne me baigne jamais, découragée par l’entretien. Chaque journée s’étire, identique à la précédente, rythmée par des rituels pour ne pas penser au silence de la maison.
Ce matin-là, alors que je m’apprêtais à sortir marcher, on sonne à la porte.
Un jeune homme en sueur se tient là, un vélo posé contre le mur, un sac à dos énorme. Il lève une main, l’air un peu gêné.
— Bonjour. Excusez-moi de vous déranger... C’est un peu direct, mais je voyage à vélo et je cherche juste un coin d’herbe pour ma tente cette nuit. Je peux rendre service en échange, du jardinage, n’importe quoi.
— C’est que je suis seule, c’est compliqué, dis-je.
— Vraiment, je ne vous embêterai pas. C’est juste pour mettre ma tente dehors.
— C’est que je suis seule, c’est compliqué, dis-je.
— Vraiment, je ne vous embêterai pas. C’est juste pour mettre ma tente dehors.
J’hésite.
Il ajoute :
— C’est juste pour une nuit ou deux max, le but, c’est que je reparte vite pour continuer ma route.
Je n’ai pas vraiment de raison de refuser :
— Bon, d’accord. Derrière la maison, il y a de la place.
Il me suit. Je remarque la lourdeur de son sac, l’effort dans ses gestes sous cette chaleur.
Derrière la maison, nous longeons la piscine.
— Si vous voulez, là, il y a un robinet et une douche extérieure aussi, indiqué-je. Mais par contre, la piscine est hors service.
Ses yeux brillent.
— Merci, c’est top ! Et pour la piscine, je pourrais la nettoyer, si vous voulez. En retour.
Je souris malgré moi.
— Chaque été, je ne m’en sers pas à cause de ça. Ok, marché conclu.
Je lui indique où planter la tente dans la pelouse derrière la maison, à l’abri de la route et juste avant un bosquet. Le terrain est vaste.
Il trouve que l’emplacement est parfait. Il me remercie mille fois.
Je reprends le cours de mon rituel du matin en partant me promener.
Moins d’une heure plus tard, la chaleur m’oblige à rentrer.
En passant par le couloir pour aller me doucher, je jette un œil par la fenêtre donnant sur l’extérieur.
Je le vois.
Nu sous la douche extérieure, les yeux fermés, le visage levé vers le jet d’eau comme sous une pluie bienfaisante.
Je m’arrête net.
Il est magnifique. La lumière du soleil joue sur la peau luisante de son dos, striée de muscles qui se dessinent nettement sous la peau hâlée. Ses jambes sont longues, nerveuses, sculptées par le vélo, et ses fesses sont fermes. Entre ses cuisses, son sexe repose, lourd et calme.
Ce n’est pas correct, je le sais. Mais je ne peux détacher mon regard.
Soudain inquiète qu’il ouvre les yeux, je me force à continuer vers la salle de bain.
Devant le miroir, je me trouve fade. Pourtant, on me dit encore que je suis séduisante. Même à l’école, j’entendais un élève me désigner comme « la prof canon ».
Je prends ma douche, enfile une culotte et une robe d’été longue.
En ressortant, je jette un nouveau coup d’œil discret par la fenêtre.
Il est allongé sur un transat maintenant, les yeux clos de nouveau, une minuscule serviette en microfibre posée sur son sexe.
Il voyage léger, a priori.
Je reste à la fenêtre quand ses yeux s’ouvrent brusquement.
Je ne sais pas s’il m’a vue. La panique me saisit, aussitôt suivie d’une autre pensée : rester cachée serait encore plus suspect. Je décide d’agir normalement et d’aller le voir.
— Rebonjour ! Je me suis dit qu’avec cette chaleur, vous aimeriez peut-être une boisson fraîche ?
Il se redresse. La serviette tient miraculeusement. À peine.
— Vraiment, je ne veux pas vous déranger... La douche était parfaite. Mais si vous avez le matériel pour la piscine, je peux m’y mettre maintenant.
Je lève les yeux vers le ciel brûlant.
— Par cette chaleur ?
Il sourit, les yeux plissés contre le soleil.
— Ça va aller.
Je vais chercher les clés de l’abri de jardin. Quand je reviens, je vois ses fesses musclées sous le short léger qu’il a enfin enfilé. Il est resté torse nu, la peau luisante de sueur.
Je lui montre les outils et les produits et retourne dans la maison.
Je suis embêtée qu’il travaille sous cette chaleur. J’essaie de lire, mais je n’arrive pas du tout à me concentrer.
Quelques heures plus tard, alors que le soleil commence à décliner, il sonne à nouveau. Il est couvert de sueur, mais son sourire est large.
— La piscine est prête, annonce-t-il sur le seuil de la porte, un peu essoufflé.
— Ah, c’est toi ? Ne t’embête pas à sonner, la prochaine fois passe par la porte du fond...
— C’est que je voulais être sûr de ne pas vous surprendre.
— C’est gentil, ne t’inquiète pas. Allons voir cela.
— Ah, c’est toi ? Ne t’embête pas à sonner, la prochaine fois passe par la porte du fond...
— C’est que je voulais être sûr de ne pas vous surprendre.
— C’est gentil, ne t’inquiète pas. Allons voir cela.
Je descends vérifier l’eau avec des bandelettes-test.
— Incroyable, les résultats sont bons. C’est parfait, tu peux te baigner.
— Moi ? Mais c’est pour vous que je l’ai nettoyée.
— Non, mais je préfère lire à côté pour l’instant.
— Moi ? Mais c’est pour vous que je l’ai nettoyée.
— Non, mais je préfère lire à côté pour l’instant.
J’attrape mon roman et m’installe sur le transat.
— Dommage.
Sa voix est suivie par le bruit net d’un plongeon dans l’eau.
Je ne l’ai pas vu se changer, et une seule question me traverse aussitôt l’esprit : a-t-il mis un maillot ?
Je perds le fil de ma page.
Il nage jusqu’au bord et pose ses avant-bras sur le rebord de la piscine, juste en face de moi.
— Vous lisez quoi ?
Il tend le cou pour voir la couverture du livre sur mes genoux. Je le rabats contre ma poitrine.
— Un roman...
Un roman à l’eau de rose, en vérité. Heureusement que j’ai laissé celui érotique dans ma chambre.
— Et vous faites quoi dans la vie ?
Je sens le soleil brûler ma nuque.
— Je suis prof. Et je t’ai dit de me tutoyer.
— OK ! Prof de quoi ?
— De français.
— Ah ouais... du coup, ton livre, c’est un peu honteux, non ? Il sourit, un pli moqueur au coin des lèvres.
— OK ! Prof de quoi ?
— De français.
— Ah ouais... du coup, ton livre, c’est un peu honteux, non ? Il sourit, un pli moqueur au coin des lèvres.
Il a clairement vu la couverture.
Il s’étire, les muscles de son ventre se tendent sous la peau bronzée.
Je soutiens son regard, un léger sourire aux lèvres.
— C’est ce que mon mari répète sans cesse.
— J’imagine. Et il est où, ton mari ?
— Sur des chantiers. En déplacement, comme toujours.
— J’imagine. Et il est où, ton mari ?
— Sur des chantiers. En déplacement, comme toujours.
Son absence me pèse. Cette année, même ma fille a préféré passer des vacances avec ses copines.
Il hoche lentement la tête, son regard balaie la piscine vide, la maison silencieuse, puis revient se poser sur moi.
— Pas évident.
Je ne sais pas s’il parle de la situation ou de moi.
Il fait quelques longueurs, puis sort de l’eau ruisselante. Cette fois, je vois : il porte un boxer blanc qui, mouillé, laisse deviner très clairement son membre. Et le froid n’a pas l’air de lui être défavorable.
Je retourne rapidement la tête vers mon livre.
— J’aurais pu te prêter un maillot de bain de mon mari, dis-je maladroitement, cachée derrière mon livre.
Les mains sur les hanches, il sourit, moqueur et irrésistible.
— Ah oui, je fais la même taille que lui, tu penses ?
La phrase résonne étrangement.
Puis il ajoute :
— C’est nul de se baigner tout seul.
Il vient s’allonger sur le transat voisin du mien et ferme les yeux.
De ma chaise, je peux le voir. Avec mes lunettes de soleil, il ne peut rien deviner. Son ventre bouge au rythme de sa respiration forte. Le tissu mouillé de son boxer blanc épouse chaque contour avec une franchise déconcertante.
Peut-être dort-il déjà ? Ce spectacle vaut mieux que mon livre.
Quelques minutes plus tard, il s’étire puis se tourne vers moi :
— Dis-moi, comment ça se fait que tu n’aies pas tourné une seule page de ton bouquin ?
Je rougis instantanément. Merde.
— Tu deviens toute rouge... On est d’accord, il fait trop chaud, hein ? Allez, cette fois, tu n’y couperas pas.
Avant que je ne proteste, il me soulève — surprise par son audace et sa force — et marche vers la piscine.
— Non !
Il rit :
— T’as des clés ? Un portable ?
— Non, mais arrête !
— Non, mais arrête !
Trop tard, je tombe dans l’eau glacée.
Une part de moi lui en veut, mais l’autre me rappelle des souvenirs lointains de garçons taquins lors de soirées piscine.
— J’avais prévenu ! C’est pour toi que je l’ai nettoyée, cette piscine ! Tu vois, elle est bonne !
— Non, elle est gelée !
— Non, elle est gelée !
Ma robe, alourdie par l’eau, flotte autour de moi. Je n’arrive pas à nager, le tissu collant rend mes mouvements difficiles.
— Aide-moi à sortir, supplié-je, les dents claquant de froid.
Il saute dans la piscine avec un grand éclaboussement.
— Ah bah non, maintenant, on reste un peu, dit-il en riant.
— C’est trop froid, et je ne peux pas bouger avec cette robe, gémis-je.
— C’est la robe le problème, pas l’eau, faut juste l’enlever, dit-il, son sourire flottant à la surface.
— Non mais ça va pas, aide-moi juste à remonter.
— C’est trop froid, et je ne peux pas bouger avec cette robe, gémis-je.
— C’est la robe le problème, pas l’eau, faut juste l’enlever, dit-il, son sourire flottant à la surface.
— Non mais ça va pas, aide-moi juste à remonter.
Il se place derrière moi, m’agrippe fermement par les hanches pour me rapprocher du bord de la piscine. Je parviens à agripper l’échelle, mais le poids de la robe mouillée me tire vers le bas. Sans hésiter, il pose ses mains sur mes fesses pour me pousser vers le haut.
La chaleur de ses paumes contre ma peau glacée fait naître un frisson qui n’a rien à voir avec l’eau. Puis une poussée ferme, et me voilà hissée, ruisselante, sur le bord.
Même au soleil, l’air me paraît glacial. Je me précipite vers la douche extérieure et fais couler l’eau chaude. Ridicule, trempée et grelottante sous le jet, dans ma robe détrempée.
— Je vais chercher une serviette ? propose-t-il.
Je lui indique la salle de bain. Il revient rapidement avec une grande serviette épaisse à la main.
— Retourne-toi, s’il te plaît, demandé-je.
Il se retourne, mais reste près de moi. J’ôte la robe trempée, puis ma culotte. Pendant quelques secondes, je suis nue dans mon propre jardin, à quelques centimètres de cet homme, et cette liberté me procure une excitation intense.
— La serviette, appelé-je.
Il se retourne pour me la tendre.
— Sans te retourner, idiot ! crié-je en tentant de cacher mon sexe et mes seins avec mes mains.
Il sourit.
— Ah, pardon, ce n’était pas clair.
— Maintenant c’est clair : retourne-toi !
— Maintenant c’est clair : retourne-toi !
Il pivote aussitôt, mais ajoute, taquin :
— Tu n’as vraiment pas besoin de te cacher, tu sais. Tout à l’heure, ça ne m’a pas dérangé que tu me regardes sous la douche ou sur le transat.
La chaleur me monte aux joues : il sait. Il a su tout ce temps. Je me sens soudain jeune et bête, comme une collégienne surprise en pleine effraction.
— Ce n’est pas pareil... Toi, tu... tu n’es pas du tout discret.
Je tourne brusquement le dos, coupant l’eau d’un geste sec. La serviette rêche absorbe mal l’eau qui dégouline encore de mes cheveux sur mon dos. Mes pieds nus claquent contre les dalles brûlantes, glissant légèrement à chaque pas pressé vers la maison. Je serre les dents, irritée par cette maladresse, par lui, par tout.
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