Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un whisky, un cuni, une pipe, un autre whisky — Chapitre 1
Auteur
Un whisky, un cuni, une pipe, un autre whisky
Chapitre 1
C'est un vendredi soir comme les autres, ou enfin presque. Je ne le sais pas encore, mais je m'apprête à vivre un moment que je ne suis pas près d'oublier.
Il est 23 h 30 quand je quitte la salle de sport. Je suis fatigué, épuisé, ma journée a été bien trop longue. Tout d'abord, il y a eu cette Laurence, ma responsable, une petite saloperie, une espèce de cinquantenaire aux cheveux d'un brun long et raide. Elle ferait mieux d'arrêter ses couleurs. Le brun corbeau ne lui va pas. Si elle laissait le gris de ses cheveux au naturel, elle ne ressemblerait pas à une sorcière. Je ne la supporte plus. Elle se prend pour la propriétaire de l'agence, alors qu'elle n'est rien qu'une employée à qui l'on a donné un minimum de pouvoir. Un pouvoir mal utilisé. Il faut la voir du haut de son mètre cinquante et de ses, quoi, soixante kilos. Elle n'est pas moche. Ses yeux bleus en amande, depuis un moment, sont souvent rougis par je ne sais quoi, et à vrai dire, je m'en fous. Elle est trop pédante pour que je m'intéresse à sa vie. Ses seins ne sont ni trop gros ni trop petits, mais tout le temps cachés derrière un pull ample, dommage qu'elle n'y cache pas sa fausse méchanceté. Cette femme manque de confiance en elle, j'en suis sûr.
En revanche, il y a une chose que j'adore chez elle, c'est son postérieur, petit, rebondi, musclé, et quand elle marche devant moi, j'ai toujours les yeux qui se posent dessus et j'imagine sans mal mes grandes mains l'envelopper avec sensualité et intensité. Mais hormis cela, je ne supporte pas cette femme trop malsaine, méchante et presque sans âme. Avec mes collègues, on la surnomme « Poutine ». Oui, je sais, on est cruel, mais elle pourrait être agréable, j'en suis sûr. Mais voilà, son besoin de contrôle la pousse à être presque cruelle. Encore cet après-midi, elle m'a envoyé péter alors que je venais lui demander à partir plus tôt pour récupérer mon chien au vétérinaire. Je suis le seul qui ne demande jamais rien. Ce à quoi elle a répondu :
— Moi aussi j'ai une vie et vous ne me voyez pas partir plus tôt pour je ne sais quelle excuse.
Je suis soulagé d'avoir un certain self-control, car je ne supporterais pas d'être violent verbalement avec une femme. Alors je serre les dents et j'ai cette habitude de tourner les talons en disant juste :
— Pas de souci. Merci, Laurence.
Mais bref, ce soir, je quitte le boulot énervé. Mais content de retrouver mon loulou, je file au vétérinaire récupérer Max, mon épagneul breton croisé boxer. Le pauvre, j'ai dû lui faire retirer les testicules, il avait chopé un cancer et sans ça je l'aurais perdu. Je le dépose chez mes parents pour la soirée et pour la nuit. Il habite à côté du vétérinaire.
J'ai terriblement besoin de me défouler. Je chope le bus et je vais à la salle de sport. Que voulez-vous, si ma chère directrice n'est pas une beauté incarnée, moi je suis pire, vous voyez le stéréotype même du quarantenaire dégarni, qui n'a pas fait de sport depuis plus de vingt ans, qui a déjà fait deux coloscopies, une embolie et qui a un penchant certain pour la bière, le vin, la charcuterie et le fromage. Qui ne voit même plus sa queue pour pisser, sauf en rentrant son ventre.
Me voilà donc, du haut de mes un mètre quatre-vingt-six et de mes cent vingt kilos, obligé de me remettre en forme. Car d'après mon cardiologue, mon pneumologue et mon angiologue, si je ne veux pas tomber raide mort suite à une crise cardiaque qui me guette, déclenchée par un diabète et un cholestérol des plus mauvais, je dois me bouger. J'ai même dû arrêter l'alcool au quotidien et la clope aussi. Putain de vie, je suis dégoûté, je me suis tellement laissé aller qu'aujourd'hui j'ai parfois des envies d'un voyage sans retour.
Bref, je sors de la salle et je rentre chez moi, pourtant je n'en ai pas envie, retrouver un appartement vide et un chat qui me fera la gueule parce que sa maîtresse lui manque d'être partie sans prévenir. Il est obligé de supporter un type morose sans avenir et dont l'horizon ressemble à une tristesse absolue.
J'arrive devant ma porte, je fouille mes poches, bordel et merde, mes clefs sont au bureau. Fait chier. Je me tape les trois kilomètres à pied qui séparent mon domicile de mon lieu de travail.
Enfin, j'arrive devant l'agence. Mais c'est bizarre, il y a de la lumière. Je décide de faire le tour et je rentre discrètement par la porte de la cour arrière. Sans bruit, je pousse la porte qui grince légèrement. À l'intérieur, j'entends des bruits. Je ne suis pas manchot, mais je n'ai pas envie de tomber nez à nez avec des cambrioleurs et de prendre un coup de couteau pour une paire de clefs.
J'attrape mon portable, prêt à composer le... Putain, c'est quoi le numéro déjà ? Je m'arrête, me fige. J'avance dans le couloir, pas fier. Sans un bruit, je pénètre dans mon bureau. Voilà mes clés. Je les choppe et je me tire.
Un reniflement, un chuchotement étouffé. Cette voix. On dirait une femme. Oui, c'est une femme qui semble pleurer. Poussant la porte discrètement, je trouve Laurence assise sur le sol de son bureau. Mais qu'est-ce qu'elle fout là ?
J'hésite à faire demi-tour, mais je vois à côté d'elle une bouteille de whisky et dans sa main droite un verre. Triste spectacle, je me surprends à avoir mal pour elle. Merde, je suis trop empathique. Elle me fait de la peine et, quand on la connaît froide et dure, la voir ainsi, le visage mêlé de larmes et la substance nasale qui s'écoule jusqu'à sa bouche, les yeux enflammés d'avoir trop pleuré et ses pupilles plus rouges que jamais, avec la tristesse qui a laissé place à la douleur.
L'espace d'un instant, j'ai un frisson de stupeur, un dixième de seconde, mon cerveau pense : « Eh bah bravo, madame la directrice. » Puis très vite, la honte d'avoir pu penser cela.
J'ouvre la porte. Nos regards se croisent. J'approche doucement de ma supérieure et je m'installe sur le sol à côté d'elle. Malgré la rancune amère que j'éprouve pour cette garce, je lui offre mon épaule sans poser de questions. Mes bras l'enlacent pour la rassurer. Un peu de chaleur humaine fait toujours du bien dans ces moments-là. J'attrape un mouchoir et lui essuie le nez, les lèvres et le menton. Je sors de ma poche un mouchoir en tissu propre brodé des initiales de mon grand-père et le lui offre. Elle s'essuie les yeux. Dans une inspiration des plus profondes, elle reprend ses esprits. Son regard est triste, mais tendre et presque touchant.
Elle me tend un verre et me sert ce qui ressemble à un triple whisky, sans oublier de se servir une dose non considérable de ce nectar cuivré.
— Vous voulez parler, Laurence ?
— Après, peut-être.
— Après qu...
— Après, peut-être.
— Après qu...
De ses deux doigts sous mon verre, qu'elle pousse à mes lèvres, elle fait glisser le breuvage alcoolisé au fond de ma gorge. Je l'avale en quatre gorgées. Rapidement, mes pensées sont un peu embrumées, me voilà légèrement désinhibé. Elle avale son verre péniblement.
Puis Laurence se lève, retire son jean, laissant apparaître une culotte en dentelle fine transparente bleu ciel, un nœud blanc ornant le tout. Elle fait glisser la petite culotte sur le sol et je découvre son intimité lisse à quatre-vingt-dix pour cent, seul un triangle élégant habille une infime partie de son pubis. Ma foi, ce spectacle ô combien délicieux me fait réagir en un temps record. J'ai rarement vu un vagin aussi joli, deux grandes lèvres fines légèrement rosies et luisantes du mouillé brillant, un clitoris qui les dépasse et qui est très appétissant.
— Lauren...
Un doigt sur ma bouche m'invite à me taire. Elle défait le bouton et la braguette de mon jean et le baisse jusqu'à le retirer. Puis elle place ses mains sur mon slip déjà bien bombé par mon sexe durci. Sa main droite caresse la bosse avant de faire voler dans la pièce ce dernier bout de tissu. Elle regarde mon sexe, qui est loin de ressembler à celui de Rocco. Malgré tout, elle me sourit avec bienveillance en voyant mon soldat au garde-à-vous, raide comme un piquet et fier de ses vingt centimètres sur cinq, gorgé d'un sang bouillonnant.
Laurence, en un éclair, me pousse sur la moquette de son bureau, me retrouvant sur le dos. Laurence offre à la vue, bien au-dessus de mon visage, le spectacle ravissant de son vagin trempé. Je peux sentir son odeur délicate et sucrée, entre mouille et sueur intime.
Avant même que ma langue ne s'agite entre ses cuisses, je sens sa bouche engloutir mon pénis. Sa langue s'agite sur mon gland rougi par la passion. Sa bouche est câline, ses lèvres serrent ma queue en une aspiration mécanique. Tous ces allers-retours sur ma tige sont comme une danse sensuelle, une chorégraphie buccale et chirurgicale dont le but est de déclencher une éjaculation que je peux sentir monter.
Lui rendant l'appareil, ma bouche grande ouverte gobe ses lèvres trempées d'une cyprine épaisse et au goût sucré. Ne voulant pas poser les mains sur son corps afin de jouer la même partition que ma supérieure, un ballet simplement buccal, je les pose sur le sol. Ma langue agile n'a aucun mal à pénétrer dans sa vulve. Avalant ainsi quelques lampées de son nectar intime, mes lèvres se concentrent ensuite sur son clitoris gonflé et raide. L'aspirant et le suçant, Laurence, dans de petits soupirs étouffés, fait bouger son bassin dans de petits mouvements circulaires. Instinctivement, mon bassin la rejoint dans un va-et-vient silencieux. Nous voici les danseurs silencieux d'une salsa endiablée.
On continue ainsi quelques minutes avant qu'un spasme et un râle n'accompagnent mon éjaculation qui s'invite dans sa bouche amoureuse. Laurence n'arrête pas sa danse sur mon sexe, et quelques secondes après, je sens ses cuisses se crisper dans une contraction musculaire et un tremblement d'une puissance insoupçonnée, libérant à son tour un orgasme d'une frénésie que je n'avais jamais connue auparavant chez une femme.
Il nous faut quelques minutes pour reprendre nos esprits. Elle reprend place à côté de moi. Je me redresse à mon tour, assis le dos contre le mur. Je ne sais pas vraiment quoi faire. Elle s'assoit sur mes cuisses en me faisant face. Je peux sentir la chatte encore trempée et chaleureuse de ma supérieure sur moi.
Laurence attrape nos deux verres, nous sert chacun un whisky et m'embrasse avec une tendresse et une douceur que je ne lui connais absolument pas. La femme que je découvre me trouble en tout point. Je ne savais même pas qu'elle pouvait être capable d'une telle prouesse sentimentale. La main sur ses cuisses et l'autre qui tient mon verre, elle me dit simplement :
— Mon mari est parti avec ma sœur il y a un an et je crois... non, je sais que je t'aime au fait. À la tienne.
Puis elle avale son verre et me sourit.
FIN
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