Fast and furious
Chapitre 1
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Couverture de Fast and furious, par Monsieur Sylvestre
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Fast and furious — Chapitre 1

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Monsieur Sylvestre
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Fast and furious

Chapitre 1

Le magasin fermait à vingt et une heures et Brian O'Connor n'avait toujours pas fini son inventaire. Il était dans la réserve, un carnet à la main, à compter des filtres à huile qui n'intéressaient personne. De l'autre côté de la cloison, il entendait Mia Toretto faire sa caisse, le tiroir qui claque, les pièces qui tintent, puis la radio qu'elle coupait au milieu d'un morceau de rap. Le silence qui suivit fut plus fort que la musique. Brian regarda la ligne de sa montre. Neuf heures cinq. Il avait déjà repassé trois fois la même étagère pour se donner une raison de rester.
— Tu comptes les compter jusqu'à demain ? dit-elle depuis l'embrasure.
Il se retourna. Mia avait son blouson sur les épaules et les clés dans la main. Elle avait aussi cet air qu'elle prenait avec lui depuis une semaine, à la fois amusé et légèrement exaspéré, comme si elle avait compris un jeu auquel il croyait jouer seul.
— Je finis, dit-il.
— Tu as compté quarante-huit filtres trois fois. Y'en a quarante-huit.
— T'as vérifié ?
— J'ai vérifié.
Elle fit tourner les clés autour de son doigt, se pencha contre le chambranle, et le regarda vraiment. Brian sentit la chaleur lui monter au col. C'était ridicule. Il avait vingt-cinq ans, il avait fait des choses plus dures que rougir devant une femme dans une réserve de pièces auto. Sauf qu'il n'avait jamais rien fait d'aussi déstabilisant que d'être regardé comme ça par Mia Toretto.
— Bon, dit-il en posant le carnet. Bon.
— Bien.
Ils sortirent ensemble. Elle verrouilla, baissa le rideau de fer, et la rue se retrouva dans cette lumière orange de sodium qui donne à Echo Park des airs de fin du monde tranquille. Il n'y avait plus que leurs deux voitures sur le parking : l'Eclipse verte, la Civic grise de Mia. Un chien aboyait deux rues plus loin.
— Tu viens manger à la maison ? demanda-t-elle.
— Dom est là ?
— Dom est chez Eddie, il va rentrer bourré vers minuit et il va raconter qu'il a gagné un truc.
Brian fit mine de réfléchir. Mia leva les yeux au ciel.
— Oui, dit-il. Je viens.
— Je savais.
Ils ne prirent pas la même route. C'était le genre de détail qu'ils ne s'expliquaient pas parce que, probablement, il n'y avait rien à expliquer : Mia ne roulait pas comme son frère, et Brian n'avait pas envie de la suivre à trente centimètres du pare-chocs comme un gamin.
Il la retrouva pourtant à chaque feu rouge, l'Eclipse au coin de la vitre, et il la regarda allumer une cigarette à un stop, une main sur le volant, le coude à la portière. Elle lui jeta un coup d'œil dans le rétro. Il accéléra pour se mettre à sa hauteur.
— Tu fumes ? cria-t-il par la fenêtre.
— Des fois.
— C'est mauvais pour toi.
— T'as fini de compter mes filtres ?
Ils rirent tous les deux, et le feu passa au vert.
La maison Toretto avait sa véranda éclairée et, à l'intérieur, une télé qui parlait à personne. Mia entra, posa ses clés dans la coupelle, et se retourna juste assez pour voir Brian refermer la porte derrière lui. Ils restèrent là, dans le vestibule, à un mètre l'un de l'autre.
— T'as faim ? demanda-t-elle.
— Pas vraiment.
— Moi non plus.
Elle ôta son blouson et le jeta sur la rampe d'escalier.
Le garage avait ses portes ouvertes sur la cour. L'épave de la Supra, la carcasse blanche que personne n'était venu chercher après la casse, était sur chandelles au milieu, capot ouvert, moteur arraché. Brian avait passé quatre soirées dessus. Il y avait de la poussière sur ses avant-bras et une couche de crasse sous ses ongles qui ne partait plus. Mia s'accouda à l'établi et le regarda se pencher sur le berceau moteur.
— T'as commandé un 2JZ ?
— Un bloc. Trouvé à Fontana. Il arrive samedi.
— Tu l'as payé combien ?
— Assez.
— Assez pour un livreur de chez Racer's Edge ? Ça veut dire combien ?
Brian se redressa, s'essuya les mains sur son jean.
— Ça veut dire que tu poses beaucoup de questions.
— Ça veut dire que t'as des économies, ou que tu bosses pas seulement pour l'argent de poche.
Il haussa les épaules, mais elle n'avait pas tort, et ça le mit un peu mal à l'aise. Il avait des économies qu'il ne pouvait pas expliquer. Il avait une plaque qu'il ne pouvait pas montrer. Tout, chez lui, venait de deux vies qui ne se parlaient pas encore. Mia s'avança. Elle prit la clé de 13 qu'il avait laissée sur l'établi, la soupesa, la fit tourner dans sa paume.
— Tu sais que tu bricoles bien ? dit-elle.
— Merci.
— C'est pas un compliment. C'est une observation. Les gens qui bricolent bien comme ça, c'est qu'ils ont appris quelque part.
— J'ai appris à la dure.
— Mmh.
Elle posa la clé, puis sa main, et sa main était à cinq centimètres de la sienne. Brian regarda ces cinq centimètres. Puis il regarda Mia.
— Si tu continues à me regarder comme ça, dit-il, je vais finir par croire un truc.
— Croire quoi ?
— Qu'il y a un truc à croire.
Elle eut un petit sourire, un coin de bouche seulement, et ne bougea pas. Alors il fit les cinq centimètres, et il posa sa paume sur la sienne. La peau de Mia était fraîche. Elle avait les doigts fins et forts, et quand il les serra, elle les serra en retour, tout de suite, sans hésitation.
— Il y a un truc à croire, dit-elle.
Il l'embrassa avant de pouvoir se convaincre du contraire, d'un baiser qui avait traîné une semaine et qui rattrapait le temps perdu : sa bouche sur la sienne, franche, sa main libre qui montait à sa nuque, les doigts dans ses cheveux bruns. Mia eut un souffle court et se plaqua contre lui, et le baiser changea de nature, plus profond, plus mouillé, sa langue contre la sienne, sa bouche qui s'ouvrait sous la sienne comme une porte.
Brian la souleva par la taille et l'assit sur l'établi, entre la presse et la boîte à outils. Elle écarta les jambes pour l'accueillir et il se logea là, ventre contre ventre, et il sentit à travers le jean de Mia une chaleur qui n'avait rien à voir avec la nuit californienne.
Elle lui agrippa les hanches, remonta le long de ses flancs, lui tira le t-shirt hors du pantalon pour passer les mains dessous. Ses paumes à plat sur son dos, ses ongles courts qui s'impriment dans les muscles.
— T'es sûr que Dom rentre à minuit ? souffla-t-il contre sa bouche.
— Il rentrera encore plus tard que ça. Il tient jamais l'heure qu'il annonce.
— C'est censé me rassurer ?
— Non. C'est censé te faire aller plus vite.
Il rit, elle mordit sa lèvre inférieure et tira un peu, et son rire se transforma en gémissement. Il descendit le long de son cou. Mia renversa la tête, et sa gorge s'offrit, longue et dorée dans la lumière de la lampe d'atelier. Brian la mordit juste au-dessus de la clavicule, assez fort pour laisser une marque pâle, et elle eut ce hoquet ravi qui le rendit fou.
— T'es du genre à marquer, toi, dit-elle.
— Tu vas voir.
Il lui ôta son débardeur par la tête. Elle n'avait pas de soutien-gorge, elle avait dû l'enlever en rentrant, ou elle n'en mettait pas, il s'en fichait, ce qu'il voyait était mieux que tout ce qu'il avait imaginé. Des seins ronds, hauts, la peau plus claire que le reste, les mamelons serrés par l'air de la nuit. Il les prit dans ses mains et les soupesa. Mia laissa échapper un gémissement grave et poussa sa poitrine dans ses paumes.
— Continue, dit-elle.
Il se pencha et prit un mamelon dans sa bouche. Le cri qu'elle poussa fut bref et aigu, aussitôt étouffé d'une main sur sa propre bouche. Brian téta, lécha, fit rouler le téton entre sa langue et son palais, puis il changea de sein et recommença. Mia lui avait empoigné les cheveux et le tenait là, écrasé contre elle, les hanches en mouvement continu contre le vide.
— Attends, dit-elle au bout d'un moment, la voix cassée. Attends. Pas ici.
— Pourquoi ?
— Parce que si on commence ici, on finit ici, et j'ai un lit.
— Le lit, c'est loin.
— C'est en haut de l'escalier.
— C'est très loin.
Elle rit et le poussa par les épaules.
— Monte. Tout de suite.
Il la suivit dans l'escalier en la regardant monter devant lui, torse nu, et il faillit se casser la figure deux fois. La chambre de Mia était petite et encombrée, avec un poster de voiture au mur et un ventilateur sur la commode qui tournait déjà. Elle alluma la lampe de chevet, puis se retourna vers lui, et soudain il y eut entre eux une seconde de flottement, mais pas de la gêne, plutôt le moment où l'on prend la mesure de ce qu'on est en train de faire.
— Brian.
— Ouais ?
— Si tu disparais après, dit-elle, je te retrouve.
— Je disparais pas. Je suis un livreur très fiable.
— Mmh.
Il s'approcha, la prit par la taille, et l'embrassa plus doucement qu'avant.
— Je suis là, dit-il.
Elle le crut, ou elle fit semblant, et elle défit son propre jean. Il la regarda faire. Le jean glissa le long de ses cuisses, elle le dégagea d'un coup de pied, et elle resta debout en culotte noire, les bras le long du corps, le menton haut, le regard direct. Pas une once de timidité.
Brian se déshabilla à son tour. Quand il fut nu, Mia baissa les yeux, franchement, sans se cacher, et il la vit se mordre la lèvre.
— T'as mis le temps, dit-elle.
— J'ai commencé quand t'as fermé le magasin.
Elle rit, s'approcha, le prit en main. Sa paume était ferme et elle le caressa lentement, de la base au gland, en tournant le poignet comme elle avait tourné la clé de 13.
— Oh, merde, souffla-t-il.
— T'as intérêt à tenir.
— Je tiens.
— On verra.
Elle s'allongea sur le lit et l'attira par le cou. Il se coucha sur elle, pesa de tout son poids, et le contact de leurs deux corps nus fit gémir Mia. Elle noua ses jambes autour des siennes et il sentit, contre sa cuisse, le coton trempé de sa culotte. Il glissa une main entre eux et appuya.
Mia se cambra d'un coup, la bouche ouverte sur un son muet. Brian fit des cercles lents à travers le tissu, puis il écarta la culotte et toucha la peau. Elle était brûlante, glissante, et elle s'ouvrit sous ses doigts comme un fruit trop mûr. Il la caressa de haut en bas, trouva le clitoris, appuya.
— Là, dit-elle. Oh, là, comme ça.
Il insista. Deux doigts glissèrent en elle, et elle était si étroite autour de lui qu'il comprit qu'elle n'avait rien fait de ce genre depuis un moment. Elle haletait contre sa bouche, les hanches en petits coups saccadés.
— Attends, dit-elle. Attends, sinon je viens avant.
— Et alors ?
— Et alors je veux que tu sois dedans.
Il retira ses doigts. Mia se débarrassa de sa culotte, la jeta au pied du lit, et le tira par les hanches.
— Tu as une capote ? demanda-t-elle.
— Dans mon portefeuille, en bas.
— Va la chercher.
Il descendit l'escalier nu, deux marches à la fois, récupéra le portefeuille dans son jean, remonta nu. Mia rit quand il réapparut en brandissant le sachet comme un trophée.
— T'as le souffle court.
— C'est l'escalier.
— C'est ça.
Il enfila la capote, se positionna, et il entra. Il y alla lentement, centimètre par centimètre, et Mia l'accueillit en s'ouvrant autour de lui, chaude, serrée, parfaite. Quand il fut au fond, elle avait les yeux fermés et les ongles plantés dans son dos. Il resta immobile, le front contre le sien.
— Ça va ?
— Ça va.
— Tu me dis si…
— Brian. Bouge.
Il bougea. La première poussée lui arracha un gémissement à elle aussi, long et grave, et il le sentit vibrer dans sa poitrine. Il prit un rythme lent, profond, chaque retour marqué par le bruit du sommier et par la respiration de Mia qui se cassait en petits hoquets.
— Plus vite, dit-elle au bout de quelques instants.
Il accéléra. Le lit cogna le mur, une fois, deux fois, et Mia plaqua sa main sur sa propre bouche pour étouffer ses cris. Brian lui prit le poignet, tira sa main.
— Laisse. Y'a personne.
— Les voisins—
— Les voisins dorment.
Elle lâcha prise et le bruit qu'elle fit ensuite était sans retenue, un vrai cri, haut, rauque, qui n'avait plus rien de contrôlé. Brian en prit un coup au ventre. Il la prit par les cuisses, les remonta contre son torse pour changer l'angle, et elle hoqueta, les yeux écarquillés.
— Oh putain. Là, là, là, ne change pas—
Il ne changea pas. Il la pilonna à ce rythme, profond et régulier, et le regard de Mia se perdit complètement. Elle tendit la main, il la prit, leurs doigts s'entrelacèrent sur le drap, et il la sentit se resserrer autour de lui comme un poing.
— Encore, encore, disait-elle, presque un murmure, la tête renversée.
Il n'y avait plus rien d'autre. Pas de Supra en bas, pas de couverture, pas de plaque, pas de Dom. Il y avait le corps de Mia sous le sien et son goût sur ses lèvres et cette façon qu'elle avait de le regarder dans les yeux au lieu de fermer les siens. Il glissa la main entre eux, le pouce sur son clitoris, et elle se raidit de partout.
— Brian — Brian, je vais—
Elle vint en trois secousses violentes, en serrant si fort autour de lui qu'il dut serrer les dents. Elle gémit son nom d'une voix qui se cassait, les hanches soulevées du lit, et il continua à la prendre tout du long, jusqu'à ce qu'elle retombe en riant nerveusement, les cuisses tremblantes.
— Stop, stop, trop sensible, dit-elle.
Il s'immobilisa, à l'intérieur d'elle, haletant.
— T'es encore dur, dit-elle.
— Ça va passer.
— Ça va pas passer tout seul.
Elle le poussa par l'épaule, le fit se retirer et se coucher sur le dos, puis elle enfourcha ses hanches. Mia le regarda d'en haut, les cheveux collés aux tempes, le ventre qui se soulevait encore.
— T'as jamais laissé une femme faire ça, dit-elle.
— Si.
— Menteur.
Elle le prit en main, le guida, et s'empala d'un seul mouvement. Brian lâcha un juron entre ses dents. L'angle était différent, plus profond, et il la voyait tout entière, les cuisses écartées sur lui, les seins qui bougeaient à chaque ondulation, la bouche ouverte.
— Mets les mains là, dit-elle en lui posant les paumes sur les hanches.
Il la tint, et elle roula des hanches. Elle savait ce qu'elle faisait, et ça se voyait, la façon dont elle trouvait son propre rythme, dont elle s'arrêtait au bord pour repartir, dont elle se penchait en avant pour changer l'angle du frottement. Brian regardait, fasciné, le corps de Mia se servir de lui.
— T'es bien, dit-il.
— Je sais.
Il rit, puis il la tira par les hanches pour la faire se pencher, et il l'embrassa en la prenant d'en dessous, à coups courts et secs. Elle gémit dans sa bouche. Elle accéléra. Le sommier protestait, le ventilateur brassait de l'air chaud sur leurs peaux en sueur, et la pression remontait, inexorable, dans le ventre de Brian.
— Je vais pas tenir, dit-il.
— Tiens encore.
— Mia !
— Encore.
Elle se redressa, appuya ses mains sur son torse, et prit un rythme dur, rapide, presque brutal. Brian la regarda faire, les dents serrées. Quand elle vint une seconde fois, en se cambrant, en criant, en s'effondrant sur lui, il la suivit immédiatement, les doigts plantés dans ses fesses, le visage dans son cou. Il eut un long spasme, puis un deuxième, et il resta là, secoué, les oreilles bourdonnantes. Mia s'affaissa complètement sur lui. Leurs deux cœurs cognaient l'un contre l'autre.
— Merde, dit-elle.
— Ouais.
— Merde.
Elle rit, la joue contre son épaule. Brian lui passa la main dans les cheveux, les démêla, les caressa.
— Faut que j'aille aux toilettes, dit-elle au bout d'un moment, sans bouger.
— Vas-y.
— Bouge pas.
— Je bouge pas.
Elle se releva, un peu tremblante, ramassa son débardeur en passant et disparut dans le couloir. Brian resta sur le dos, à regarder le plafond. Le ventilateur tournait. À travers la fenêtre ouverte, il entendit une voiture passer, un moteur qui montait en régime, un passage de vitesse. Il sourit tout seul. Quand Mia revint, elle s'allongea contre lui, cala sa tête dans le creux de son épaule et tira le drap sur eux deux.
— T'as intérêt à être encore là demain matin, dit-elle.
— Je suis là.
— Tu dis ça parce que t'es bien.
— Je suis bien, admit-il. Et je suis là.
Dom rentra à une heure du matin.
Ils entendirent de loin le pick-up qui se garait en écrasant le gravier, la portière, puis les clés qui ratent la coupelle et tombent par terre. Mia ouvrit un œil, grogna, et se leva pour enfiler son débardeur.
— Reste, dit-elle. Je vais lui parler.
— Tu veux que je descende ?
— Non. Surtout pas.
Elle sortit en refermant doucement la porte. Brian resta dans le noir, et à travers le plancher il entendit les voix étouffées, Dom qui parle fort, Mia qui répond, puis le silence, puis la porte du frigo, puis le rire grave de Dom. Il remonta dix minutes plus tard. Il s'arrêta sur le palier, puis il ouvrit la porte de la chambre de Mia sans frapper, passa la tête, et vit Brian.
— Ah, dit-il.
— Salut, Dom.
— Salut.
Dom regarda la chambre, le jean de Brian par terre, le drap remonté jusqu'aux pectoraux de Mia. Il hocha la tête, une fois.
— Tu bosses demain ?
— À dix heures.
— Passe au garage à huit. On regarde ce berceau.
— D'accord.
— Et dernière chose, ne lui brise pas le cœur.
Dom referma la porte. Ses pas s'éloignèrent. Mia se tourna vers Brian, les yeux écarquillés, et lui donna une claque sur le bras.
— T'as vu ?! souffla-t-elle.
— Quoi ?
— Il a rien dit !
— Il a dit « passe au garage à huit ».
— C'est énorme.
Elle se rallongea, le visage fendu d'un sourire qu'elle cherchait à cacher. Brian se laissa retomber sur l'oreiller. Le lendemain matin, à huit heures, il était dans le garage, sous la Supra, avec Dom à côté de lui et un café dans chaque main. Et quand Dom lui tendit une clé de 17 en disant « celle-là, elle est trop grosse, prends la 13 », Brian comprit qu'il venait de passer un test dont il ne connaissait même pas les règles, et qu'il l'avait réussi, pour l'instant.
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