Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mon journal — Chapitre 1
Autrices
Mon journal
Chapitre 1
J'aime écrire, ça fait des années que j'écris. Au début, c'était une sorte de refuge, un lieu où je peux mettre mes pensées, mes rêves, mes envies les plus secrètes, les moins avouables, mes coups de colère contre moi-même, mes proches, mes amies.
Cette partie de ma vie est aujourd'hui derrière moi. Je ne regrette rien. Si je devais revivre tout ce que j'ai connu, je referais les mêmes choix.
Je t'aime, jamais je ne t'oublierai, tu es dans mon cœur, dans mes pensées, tu m'accompagnes à tout jamais.
Aujourd'hui, je vais reprendre l'écriture. Ma vie n'est plus la même, je ne suis plus la même, et pourtant, j'ai envie d'écrire encore et encore, j'ai envie de parler de moi, de mes sentiments, de partager, envie de parler de lui, de découvertes, de plaisirs.
Tu comprendras aussi que certaines choses ont été modifiées pour protéger certaines personnes, tout ce que je vais te dire correspond à quatre-vingt-seize pour cent de la réalité : des choses ont été enjolivées, les lieux et le nom de certains lieux ont été modifiés.
Mon cher journal, on dirait que ça fait une éternité que je ne suis plus venue te voir, te parler. Avec le temps, je me rends compte que tu m'as vraiment manqué. La dernière fois, c'était juste après le Covid, j'avais dit que j'allais revenir, mais je ne l'ai pas fait, cette merde a été pour moi une catastrophe.
Nous sommes une génération qui a été sacrifiée, détruite, pour uniquement sauver un système qui était déjà entre la vie et la mort, un système qui survit uniquement par l'argent. Il ne faut pas être surpris, étonné, que plus rien n'aille dans le pays, les sachants sont responsables de la situation.
Je m'excuse, mon journal, j'ai tellement de choses à te dire, à te raconter, j'ai encore plus de rêves qu'avant, toujours autant de doutes, de peurs, et pourtant, je sais que ça va aller. Comment je le sais ? C'est la question, je le sens en moi.
Quand je t'ai laissé comme une merde, j'étais une sale gamine qui était en colère contre le monde entier, j'en voulais à tout le monde et peut-être à moi-même, enfin, c'est ce que dirait un psy, je n'ai toujours pas changé d'avis concernant ces gens… Cependant, il y a une chose qui a changé, tu sais quoi ? Moi.
Eh ouais, j'ai eu dix-neuf ans, le temps passe. Au moment où je t'écris, je suis blonde (j'ai perdu un pari)… Sinon je suis brune, yeux noisette, un mètre soixante-cinq, cinquante-quatre kilos, tu ne pourrais plus me reconnaître maintenant… Ah oui, j'ai oublié de rajouter mes petites fesses rebondies, il est important de toujours donner les détails.
Je te propose une chose, je pense que tu vas aimer, je n'ai aucun doute. On reprend dans les grandes lignes, alors, au cas où tu aurais oublié, je déconne : Emma, franco-espagnole, vivant dans le nord de l'un des plus beaux pays du monde, oui, tu le connais, la France.
Dans une ville de taille moyenne, pas loin de la frontière belge. Nous avons tous, à un moment dans nos vies, une personne qui nous a inspirés, motivés. Pour certains, c'est un membre de leur famille, un sportif, un chanteur.
Pour moi, en étant la petite dernière de la famille, ce fut ma sœur Sofia, ma mère et ma grand-mère, elles comptent toutes les trois dans ma vie. Il y a une personne qu'il ne faut pas oublier : Yoan, châtain, yeux verts, un mètre soixante-dix, soixante-neuf kilos, j'adore le taquiner avec son poids… Sportif, le rugby est son sport de prédilection.
C'est marrant que je parle de lui. En juillet, juste avant de partir en vacances, il m'est arrivé une chose étrange, surprenante : je suis tombée du grenier à la cave, plusieurs fois de suite, sous le choc.
J'avais été invitée à une fête pour dire au revoir à l'année qui se finit, à l'obtention du bac, et dire bonjour à l'arrivée des grandes vacances et se dire au revoir. La petite bande de potes va se quitter pour suivre chacun notre vie, université pour beaucoup, d'autres formations, plusieurs ont décidé de se lancer dans le monde du travail, une amie qui s'engage sous les couleurs du pays (sois prudente, on pense à toi, on t'aime).
La fête se déroulait très bien, rires, musique, bons moments, rappel de souvenirs. Comme partout, à un moment, on tombe sur des gros cons qui pensent qu'une fois qu'ils ont bu quelques verres, ils sont des hommes, que d'un coup des couilles ont poussé, plusieurs propositions sexuelles, les sucer, et même me faire baiser, de lécher. Je reconnais qu'Enzo est attirant, tout comme Marion, il faut reconnaître lorsqu'une personne est mignonne ou mignon, il ne faut pas se cacher…
J'étais un peu sur le côté, hors du champ de vision des lourds, des gros cons, avec ma bière quand j'ai été frappée par la foudre. Là, sous mes yeux, Yoan discutait avec une fille, sa main droite qui lui caressait le bras, la main gauche sur la hanche de cette fille, très proche. De ma place, je pouvais voir qu'elle rougissait. (En ce temps-là, je ne savais pas pourquoi elle était toute rouge, gênée. Maintenant, je connais la raison, mais nous n'en sommes pas encore là.)
Lorsque mes yeux se sont posés sur eux, à cet instant, j'ai eu mal au ventre, j'avais l'impression de manquer d'air, une sorte de crise de panique. Quelques secondes après, il a tourné la tête, a vu que je n'étais pas bien, blanche comme un cadavre, livide… Il l'a laissée pour venir me voir, une grande inquiétude dans ses yeux, il est resté avec moi, jusqu'au moment où il m'a reconduite chez moi.
Au moment où la porte se referme sur lui, je sais au fond de moi que plus rien ne sera comme avant, comme une impression que, d'un coup, mes yeux se sont ouverts sur une réalité que je ne voulais pas reconnaître, peut-être par peur de l'inconnu, ou je n'en sais rien.
À cet instant, plus aucune peur, je tiens à lui. Est-ce que je suis amoureuse de lui ? C'est une bonne question. Tu sais, pour moi, l'amour, c'est quelque chose d'étrange, je ne pense pas comme les autres, peut-être que je suis encore trop jeune ou que j'ai un souci dans la tête, je ne conçois pas l'amour comme les autres, être avec la même personne jusqu'à la mort… On en reparlera de toute manière…
Pendant les semaines, les deux mois de vacances, j'ai réfléchi, je me suis retournée la tête, encore et encore, j'ai enchaîné les nuits blanches, j'en suis venue à un résultat : il me plaît, je suis prête.
Le jour de mon anniversaire, il sera à moi.
Je m'arrête là, mon cher journal, ne t'en fais pas, j'ai tellement de choses à te dire, je reviens très vite, à bientôt.
Emma.
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Commentaires ()
Félicitations pour ce premier texte prometteur… j’ai hâte de suivre tes péripéties sur le tortueux chemin de l’amour et du sexe.
Merci à toi