Certains poèmes ou récits publiés de ci, de là méritent une vitrine à leur juste valeur...
C'est le but de ce post !
Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, laisser libre court à vos pensées, en prose, en vers (ou à l'endroit)... C'est ici que ça se passe :D
Nous avons émis plusieurs fois l'idée d'avoir une section pour des textes hors catégorie, des textes "normaux" (brrr, que je n'aime pas ce mot)... mais en attendant, car je ne désespère pas quand je lis les innombrables talents (Rata, Obsi, PM, etc), ce post est là pour les remercier et les encourager à continuer car j'aime ça et je suis sûre de ne pas être la seule...
Je vais tenter de retrouver tous les poèmes ou textes qui ont été postés sur les différents sujets, si j'en oublie, n'hésitez pas à les rajouter !
Bisous tout plein à ceux qui liront, à ceux qui écriront, à ceux qui apprécieront !
Les autres, tant pis pour vous !
[EDIT] Si un auteur que je vais citer souhaite ne pas voir son (ses) texte(s) sur ce fil, qu'il n'hésite pas à me demander de le retirer ;)
Assailli se doutes je me retourne m'y a-t-on obligé ?
Peu importe puisqu'à présent j'ai retrouvé mon foyer.
Utilisateur supprimé
12 juillet 2022 à 17:14
Irrumation mon Amour
Quel drôle de nom, qu' irrumation !
Une délicieuse irruption,
Des coups de reins, sans sommation,
Jusqu'à l'exquise éruption.
Distingué mélange de soumission,
D'instinct sauvage et de passion,
Lorsque tu glisses contre ma langue,
Que tu coulisses jusqu'à c'que je tangue,
C'est plus qu'un plaisir, une symphonie des sens,
Me plier à tes désirs, une harmonie intense.
Assouvis mes délires, d'agonie et d'indécence,
Asservis mon sourire, honnie soit toute résistance.
Tes mains, ces viles serres, plantées dans mon âme,
De tes à-coups je suis serf, piégée sous ton charme,
Quand ma gorge se resserre, étranglant ta lame,
Sans vergogne tu te sers, et mes larmes comme alarme.
Hummm... un thème des plus... goûteux. <3
Utilisateur supprimé
12 juillet 2022 à 17:15
Bout-rimé
Un jardin, nuitamment. Sous le plafond d'étoiles,
La Lune de son clair nous inonde et nous luit.
Un sein rond, plein comme elle, échappé de mes voiles,
Reflète sa pâleur au secret de la nuit.
Ton regard brille autant ; la pudeur se fissure
Dans ton iris charmé par un grain délicat :
Ce qui vient d'arriver me laisse un reliquat
De mes lèvres coulant depuis la commissure.
Ma bouche sur ta bouche ose un baiser laiteux ;
Ma main pose ta main sous l'ombre corporelle
De ce sein, et ma langue au parfum capiteux
Lèche ta langue, enfant, adulte, intemporelle.
Ta caressante voix risque le mot glamour.
Deux doigts, plus bas, me pénètrent d'impatience...
"De deux lettres, Amant, allège ta conscience :
Reprends-les tous les quatre, et puis... fais-moi l'amour."
Modifié
12 juillet 2022 à 18:28
Slaanesh
12 juillet 2022 à 17:29
Bout-rimé
Un jardin, nuitamment. Sous le plafond d'étoiles,
La Lune de son clair nous inonde et nous luit.
Un sein rond, plein comme elle, échappé de mes voiles,
Reflète sa pâleur au secret de la nuit.
Ton regard brille autant ; la pudeur se fissure
Dans ton iris charmé par un grain délicat :
Ce qui vient d'arriver me laisse un reliquat
De mes lèvres coulant depuis la commissure.
Ma bouche sur ta bouche ose un baiser laiteux ;
Ma main pose ta main sous l'ombre corporelle
De ce sein, et ma langue au parfum capiteux
Lèche ta langue, enfant, adulte, intemporelle.
Ta caressante voix risque le mot glamour.
Deux doigts, plus bas, me pénètrent d'impatience...
"De deux lettres, Amant, allège ta conscience :
Reprends-les tous les quatre, et puis... fais-moi l'amour."
De la poésie comme j'aimerais en lire plus souvent, élégante et captivante!!!
Merci Ardsy pour cet instant suspendu, entre érotisme et poésie, merci Ardsy, merci.
Utilisateur supprimé
12 juillet 2022 à 18:20
Bout-rimé
Un jardin, nuitamment. Sous le plafond d'étoiles,
La Lune de son clair nous inonde et nous luit.
Un sein rond, plein comme elle, échappé de mes voiles,
Reflète sa pâleur au secret de la nuit.
Ton regard brille autant ; la pudeur se fissure
Dans ton iris charmé par un grain délicat :
Ce qui vient d'arriver me laisse un reliquat
De mes lèvres coulant depuis la commissure.
Ma bouche sur ta bouche ose un baiser laiteux ;
Ma main pose ta main sous l'ombre corporelle
De ce sein, et ma langue au parfum capiteux
Lèche ta langue, enfant, adulte, intemporelle.
Ta caressante voix risque le mot glamour.
Deux doigts, plus bas, me pénètrent d'impatience...
"De deux lettres, Amant, allège ta conscience :
Reprends-les tous les quatre, et puis... fais-moi l'amour."
De la poésie comme j'aimerais en lire plus souvent, élégante et captivante!!!
Merci Ardsy pour cet instant suspendu, entre érotisme et poésie, merci Ardsy, merci.
Merci... Je m'ennuyais, accablée par la chaleur. Alors disons que quelqu'un m'a soufflé ces rimes. ;-)
Slaanesh
12 juillet 2022 à 19:40
Bout-rimé
Un jardin, nuitamment. Sous le plafond d'étoiles,
La Lune de son clair nous inonde et nous luit.
Un sein rond, plein comme elle, échappé de mes voiles,
Reflète sa pâleur au secret de la nuit.
Ton regard brille autant ; la pudeur se fissure
Dans ton iris charmé par un grain délicat :
Ce qui vient d'arriver me laisse un reliquat
De mes lèvres coulant depuis la commissure.
Ma bouche sur ta bouche ose un baiser laiteux ;
Ma main pose ta main sous l'ombre corporelle
De ce sein, et ma langue au parfum capiteux
Lèche ta langue, enfant, adulte, intemporelle.
Ta caressante voix risque le mot glamour.
Deux doigts, plus bas, me pénètrent d'impatience...
"De deux lettres, Amant, allège ta conscience :
Reprends-les tous les quatre, et puis... fais-moi l'amour."
De la poésie comme j'aimerais en lire plus souvent, élégante et captivante!!!
Merci Ardsy pour cet instant suspendu, entre érotisme et poésie, merci Ardsy, merci.
Merci... Je m'ennuyais, accablée par la chaleur. Alors disons que quelqu'un m'a soufflé ces rimes. ;-)
Serais-ce Cupidon en personne? ;)
Utilisateur supprimé
12 juillet 2022 à 19:46
... ou son souffleur.
Utilisateur supprimé
14 juillet 2022 à 11:22
Petite joie du matin : j'ai réussi à mettre la main par hasard sur une édition des vers d'Alexis Piron de 1782, mais publiée à Londres, donc non-censurée... et parmi ses contes et poèmes, figurez-vous qu'on y trouve aussi ses vers érotiques... :-)
J'en partagerai quelques pépites ici, au fil de ma lecture, si j'en trouve de pas trop chiants à comprendre pour qui n'est pas coutumier.e de cette langue, et de pas trop longs non plus... ;-)
En voici un premier, retapé avec le café du matin. Il m'a scotchée dans son libertinage, qui transcende les tabous de l'époque de façon vraiment avant gardiste ! Notez qu'il est composé sur une seule rime - en tenant compte de la prononciation avec laquelle on déclamait le français en ce temps-là (les poèmes étaient alors écrits pour être lus en public choisi, dans les salons des dames).
Je vous le retranscris dans l'orthographe d'aujourd'hui, ce sera plus lisible, et vous mets un lexique à la fin pour être sûre... ^^
Le Franciscain d'Imola"
Un franciscain* du couvent d'Imola,
Chez un seigneur* qui logeait près de là,
Couchait un jour. Sitôt qu'il s'éveilla,
Pour oraison* ses draps il barbouilla* ;
C'était son us*. Soubrette sur cela,
Vient, et lui porte un ample chocola.
En la lorgnant le cafard* l'avala ;
Puis pour acquis* il la dépucela,
Non sans effort, car le lit s'ébranla.
Madame* accourt pour mettre le holà ;
Mais, lui troussant* et jupe et falbala*,
De prime abord, Moine la vérrouilla.
Il redoublait*, quand Monsieur Spinola*
Entre. Le Père* à l'instant l'enfila
Droit par l'anus, et trait pour trait*. Voilà
Un franciscain du couvent d'Imola.
*Imola : ville d'Italie - qui crée un jeu de sens sur le verbe "immoler".
*Franciscain : moine.
*Seigneur : un "Monsieur" ; un notable.
*Pour oraison : à la place de sa prière du matin.
*Barbouilla : en se masturbant, n'est-ce pas... ^^
*Son us : son habitude.
*Cafard : les libertins détestaient les religieux qui condamnaient uniformément leur mode de vie avec l'appui de la loi.
*Pour acquis : comme s'il en était le mari.
*Madame : la maîtresse de maison ; l'épouse du "seigneur".
*Troussant : retroussant
*Falbala : (péjoratif) sur-jupe qui rajoutait à la coquetterie.
*Verrouilla : "coinça".
*Redoublait : y allait à fond.
* Spinola : nom du "seigneur" en question (et de Madame), à consonance italienne, qui joue sur le son "pine".
*Le Père : le moine (prêtre).
*Trait pour trait : "comme je vous le dis".
Modifié
14 juillet 2022 à 11:31
Galaxie55
14 juillet 2022 à 14:19
Le nom sous le masque
Elle m'a ouvert plus que son cœur,
Livrant son corps pour mon bonheur,
À chaque minute, de chaque heure,
Elle se dévoue de toute son ardeur.
Elle m'a nommé à cette place,
Et ébrécher ma carapace,
En portant à nu mes défaillances,
Pour leurs donner un brin de sens.
Je me suis assis sur ce trône,
Et d'instinct, la frappe de la paume,
Pour savourer ma nouvelle faune,
En ratifiant son léger hématome.
Mon esprit finit par se scinder,
En deux moitiés opposées.
Quand l'une m'hurle d'arrêter,
L'autre ne fait que m'encourager.
Rayonnante dans sa nouvelle vie,
Elle m'éblouit par ses envies,
Et se ravie quand je sévis,
Ma salope angélique asservie.
Je fais aux mieux pour la combler,
Mais ce n'est pas chose aisée.
Pour son bien, je réfrène mes idées,
Qui pourrait finir par la briser.
Slaanesh
14 juillet 2022 à 22:59
Petite joie du matin : j'ai réussi à mettre la main par hasard sur une édition des vers d'Alexis Piron de 1782, mais publiée à Londres, donc non-censurée... et parmi ses contes et poèmes, figurez-vous qu'on y trouve aussi ses vers érotiques... :-)
J'en partagerai quelques pépites ici, au fil de ma lecture, si j'en trouve de pas trop chiants à comprendre pour qui n'est pas coutumier.e de cette langue, et de pas trop longs non plus... ;-)
En voici un premier, retapé avec le café du matin. Il m'a scotchée dans son libertinage, qui transcende les tabous de l'époque de façon vraiment avant gardiste ! Notez qu'il est composé sur une seule rime - en tenant compte de la prononciation avec laquelle on déclamait le français en ce temps-là (les poèmes étaient alors écrits pour être lus en public choisi, dans les salons des dames).
Je vous le retranscris dans l'orthographe d'aujourd'hui, ce sera plus lisible, et vous mets un lexique à la fin pour être sûre... ^^
Le Franciscain d'Imola"
Un franciscain* du couvent d'Imola,
Chez un seigneur* qui logeait près de là,
Couchait un jour. Sitôt qu'il s'éveilla,
Pour oraison* ses draps il barbouilla* ;
C'était son us*. Soubrette sur cela,
Vient, et lui porte un ample chocola.
En la lorgnant le cafard* l'avala ;
Puis pour acquis* il la dépucela,
Non sans effort, car le lit s'ébranla.
Madame* accourt pour mettre le holà ;
Mais, lui troussant* et jupe et falbala*,
De prime abord, Moine la vérrouilla.
Il redoublait*, quand Monsieur Spinola*
Entre. Le Père* à l'instant l'enfila
Droit par l'anus, et trait pour trait*. Voilà
Un franciscain du couvent d'Imola.
*Imola : ville d'Italie - qui crée un jeu de sens sur le verbe "immoler".
*Franciscain : moine.
*Seigneur : un "Monsieur" ; un notable.
*Pour oraison : à la place de sa prière du matin.
*Barbouilla : en se masturbant, n'est-ce pas... ^^
*Son us : son habitude.
*Cafard : les libertins détestaient les religieux qui condamnaient uniformément leur mode de vie avec l'appui de la loi.
*Pour acquis : comme s'il en était le mari.
*Madame : la maîtresse de maison ; l'épouse du "seigneur".
*Troussant : retroussant
*Falbala : (péjoratif) sur-jupe qui rajoutait à la coquetterie.
*Verrouilla : "coinça".
*Redoublait : y allait à fond.
* Spinola : nom du "seigneur" en question (et de Madame), à consonance italienne, qui joue sur le son "pine".
*Le Père : le moine (prêtre).
*Trait pour trait : "comme je vous le dis".
Effectivement, pour l'époque c'est très libertin. Merci pour ce partage Ardsy, cela se lit comme du petit lait et merci pour le lexique qui permet une compréhension instantanée de ces vers coquins. ;)
Blueberry89
14 juillet 2022 à 23:15
@ Ardsy très drôle ce dernier, j'adore ! On en redemande 😄 et le bout rimé est exquis !
@ Galaxie 💕🥰
Utilisateur supprimé
15 juillet 2022 à 12:51
Petite joie du matin : j'ai réussi à mettre la main par hasard sur une édition des vers d'Alexis Piron de 1782, mais publiée à Londres, donc non-censurée... et parmi ses contes et poèmes, figurez-vous qu'on y trouve aussi ses vers érotiques... :-)
J'en partagerai quelques pépites ici, au fil de ma lecture, si j'en trouve de pas trop chiants à comprendre pour qui n'est pas coutumier.e de cette langue, et de pas trop longs non plus... ;-)
En voici un premier, retapé avec le café du matin. Il m'a scotchée dans son libertinage, qui transcende les tabous de l'époque de façon vraiment avant gardiste ! Notez qu'il est composé sur une seule rime - en tenant compte de la prononciation avec laquelle on déclamait le français en ce temps-là (les poèmes étaient alors écrits pour être lus en public choisi, dans les salons des dames).
Je vous le retranscris dans l'orthographe d'aujourd'hui, ce sera plus lisible, et vous mets un lexique à la fin pour être sûre... ^^
Le Franciscain d'Imola"
Un franciscain* du couvent d'Imola,
Chez un seigneur* qui logeait près de là,
Couchait un jour. Sitôt qu'il s'éveilla,
Pour oraison* ses draps il barbouilla* ;
C'était son us*. Soubrette sur cela,
Vient, et lui porte un ample chocola.
En la lorgnant le cafard* l'avala ;
Puis pour acquis* il la dépucela,
Non sans effort, car le lit s'ébranla.
Madame* accourt pour mettre le holà ;
Mais, lui troussant* et jupe et falbala*,
De prime abord, Moine la vérrouilla.
Il redoublait*, quand Monsieur Spinola*
Entre. Le Père* à l'instant l'enfila
Droit par l'anus, et trait pour trait*. Voilà
Un franciscain du couvent d'Imola.
*Imola : ville d'Italie - qui crée un jeu de sens sur le verbe "immoler".
*Franciscain : moine.
*Seigneur : un "Monsieur" ; un notable.
*Pour oraison : à la place de sa prière du matin.
*Barbouilla : en se masturbant, n'est-ce pas... ^^
*Son us : son habitude.
*Cafard : les libertins détestaient les religieux qui condamnaient uniformément leur mode de vie avec l'appui de la loi.
*Pour acquis : comme s'il en était le mari.
*Madame : la maîtresse de maison ; l'épouse du "seigneur".
*Troussant : retroussant
*Falbala : (péjoratif) sur-jupe qui rajoutait à la coquetterie.
*Verrouilla : "coinça".
*Redoublait : y allait à fond.
* Spinola : nom du "seigneur" en question (et de Madame), à consonance italienne, qui joue sur le son "pine".
*Le Père : le moine (prêtre).
*Trait pour trait : "comme je vous le dis".
Je poursuis aujourd'hui avec une pièce un peu plus compréhensible... mais comprenne qui pourra. ^^
Tirée du même recueil de Piron.
Chez un curé, Margot se présentant
Pour y servir, demandait triple gage.
Le Curé dit : - Quel prix exorbitant !
Vous êtes donc bonne à plus d'un ouvrage ?
Margot répond : - J'entends peu le ménage ;
Mais à plaisir je mange, dors et bois,
Et n'aime à faire oeuvre de mes dix doigts.
- Et dépensière, oisive et malhabile,
Tu veux gagner toi seule autant que trois ?
- Oh ! disons tout, Monsieur : je suis stérile.
MaxenceC
15 juillet 2022 à 12:53
A une passante
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair… puis la nuit! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité?
Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
O toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!
Charles Baudelaire - (Les fleurs du mal)
Duchesse
15 juillet 2022 à 12:53
Le nom sous le masque
Elle m'a ouvert plus que son cœur,
Livrant son corps pour mon bonheur,
À chaque minute, de chaque heure,
Elle se dévoue de toute son ardeur.
Elle m'a nommé à cette place,
Et ébrécher ma carapace,
En portant à nu mes défaillances,
Pour leurs donner un brin de sens.
Je me suis assis sur ce trône,
Et d'instinct, la frappe de la paume,
Pour savourer ma nouvelle faune,
En ratifiant son léger hématome.
Mon esprit finit par se scinder,
En deux moitiés opposées.
Quand l'une m'hurle d'arrêter,
L'autre ne fait que m'encourager.
Rayonnante dans sa nouvelle vie,
Elle m'éblouit par ses envies,
Et se ravie quand je sévis,
Ma salope angélique asservie.
Je fais aux mieux pour la combler,
Mais ce n'est pas chose aisée.
Pour son bien, je réfrène mes idées,
Qui pourrait finir par la briser.
La réponse ne s’est pas faite attendre. Joli !
MaxenceC
15 juillet 2022 à 16:47
Petite joie du matin : j'ai réussi à mettre la main par hasard sur une édition des vers d'Alexis Piron de 1782, mais publiée à Londres, donc non-censurée... et parmi ses contes et poèmes, figurez-vous qu'on y trouve aussi ses vers érotiques... :-)
J'en partagerai quelques pépites ici, au fil de ma lecture, si j'en trouve de pas trop chiants à comprendre pour qui n'est pas coutumier.e de cette langue, et de pas trop longs non plus... ;-)
En voici un premier, retapé avec le café du matin. Il m'a scotchée dans son libertinage, qui transcende les tabous de l'époque de façon vraiment avant gardiste ! Notez qu'il est composé sur une seule rime - en tenant compte de la prononciation avec laquelle on déclamait le français en ce temps-là (les poèmes étaient alors écrits pour être lus en public choisi, dans les salons des dames).
Je vous le retranscris dans l'orthographe d'aujourd'hui, ce sera plus lisible, et vous mets un lexique à la fin pour être sûre... ^^
Le Franciscain d'Imola"
Un franciscain* du couvent d'Imola,
Chez un seigneur* qui logeait près de là,
Couchait un jour. Sitôt qu'il s'éveilla,
Pour oraison* ses draps il barbouilla* ;
C'était son us*. Soubrette sur cela,
Vient, et lui porte un ample chocola.
En la lorgnant le cafard* l'avala ;
Puis pour acquis* il la dépucela,
Non sans effort, car le lit s'ébranla.
Madame* accourt pour mettre le holà ;
Mais, lui troussant* et jupe et falbala*,
De prime abord, Moine la vérrouilla.
Il redoublait*, quand Monsieur Spinola*
Entre. Le Père* à l'instant l'enfila
Droit par l'anus, et trait pour trait*. Voilà
Un franciscain du couvent d'Imola.
*Imola : ville d'Italie - qui crée un jeu de sens sur le verbe "immoler".
*Franciscain : moine.
*Seigneur : un "Monsieur" ; un notable.
*Pour oraison : à la place de sa prière du matin.
*Barbouilla : en se masturbant, n'est-ce pas... ^^
*Son us : son habitude.
*Cafard : les libertins détestaient les religieux qui condamnaient uniformément leur mode de vie avec l'appui de la loi.
*Pour acquis : comme s'il en était le mari.
*Madame : la maîtresse de maison ; l'épouse du "seigneur".
*Troussant : retroussant
*Falbala : (péjoratif) sur-jupe qui rajoutait à la coquetterie.
*Verrouilla : "coinça".
*Redoublait : y allait à fond.
* Spinola : nom du "seigneur" en question (et de Madame), à consonance italienne, qui joue sur le son "pine".
*Le Père : le moine (prêtre).
*Trait pour trait : "comme je vous le dis".
Je poursuis aujourd'hui avec une pièce un peu plus compréhensible... mais comprenne qui pourra. ^^
Tirée du même recueil de Piron.
Chez un curé, Margot se présentant
Pour y servir, demandait triple gage.
Le Curé dit : - Quel prix exorbitant !
Vous êtes donc bonne à plus d'un ouvrage ?
Margot répond : - J'entends peu le ménage ;
Mais à plaisir je mange, dors et bois,
Et n'aime à faire oeuvre de mes dix doigts.
- Et dépensière, oisive et malhabile,
Tu veux gagner toi seule autant que trois ?
- Oh ! disons tout, Monsieur : je suis stérile.
Merci Ardsy et les autres bien évidemment, pour ces textes.
Pour essayer de répondre :
Margot détient un bon sens de la répartie, point de service corvéable, le curé obtiendra.
Argument irréfutable, Margot, son triple gage sans doute, gagnera.
Utilisateur supprimé
15 juillet 2022 à 17:59
A une passante
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair… puis la nuit! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité?
Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
O toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!
Charles Baudelaire - (Les fleurs du mal)
Ces deux derniers vers résonnent si fort que bien du monde les connait eux seuls... <3
MaxenceC
15 juillet 2022 à 23:08
Joli texte sensuel d'Ardsy qui a sa place ici selon moi.
Posté sans son accord, mea culpa, je supprimerai ce POST, si elle y trouve à redire. Est-ce grave docteur ?
Les docs c'est mon rayon, et mon corps s'en coltine
A tout bout d'an. Pas un qui ne bave et lutine
Pour un un instant un lieu de ma pâle carcasse...
Se pourrait-il un jour ou l'autre qu'il se passe
Un peu plus qu'un regard, mais que d'un geste, il chope
Un peu de sein d'autre chose qu'un stéthoscope...?
Oh ! allez, rien qu'un peu, sous les yeux de mon homme,
Pour voir comme il s'enhardirait ; pour sentir comme
Je pourrais, moi, montrer à tel grand Professeur
Qu'il a beau déployer la plus belle épaisseur,
Sa vie de chef depuis la haute médecine
Ne lui donne aucun droit sur moi ; que ma mimine,
Si elle ne va pas se saisir de son truc,
Le laissera frustré de reluquer mon luc,
Et tandis que sortant, je la lui tournerai,
Ma croupe, sous ses yeux, je la dandinerai
En refusant tout net à son désir premier
Ce que j'irai offrir à son bel infirmier,
Lui faisant bien sentir que j'aurai beau lui plaire,
Mon amour lui préfère un métier populaire.
Ardsy.
Modifié
15 juillet 2022 à 23:09
Utilisateur supprimé
17 juillet 2022 à 09:19
Toujours chez Piron. Aujourd'hui, une petite fable qui n'est pas érotique mais m'a paru intéressante...
(Je rappelle qu'on est en 1782 à la parution).
La Tour et le Rocher
Du sommet d'un rocher, une superbe tour
Allait se cacher dans la nue*,
Et de tous les lieux d'alentour
Dominait la vaste étendue.
L'orgueil aveugle tout : elle osa s'oublier.
Le rocher éprouva* sa fierté criminelle. Abaisse-toi, lui disait-elle, Et sous mon noble poids gémis tout le premier. - Eh ! qui t'a si mal informée,
Répondit le rocher, de tes droits et des miens ?
N'est-ce pas moi qui t'ai formée,
Qui t'élève et qui te soutiens ?
Le CIel, en approchant ton faîte*
Des régions de la tempête,
Te favorisa moins qu'il ne te menaça.
Puisse-t-il un jour te détruire !
Un coup de foudre l'exauça.
Rois, voilà qui doit vous instruire.
*Dans la nue : dans les nuages
*Éprouva : mit à l'épreuve
*Ton faîte : ta cime
Pour ne pas déroger au thème du site, j'ajoute une petite poésie plus légère, toujours du même auteur.
Le Bon Partage
Un jour, le dieu de qui la loi
Sur la terre et les cieux domine*,
Nous amena, Morphée et moi,
Auprès du chevet de Rosine : Partageons, nous dit-il, la belle entre nous trois ;
Que chacun de nous dans son choix,
Trouve, s'il peut, son avantage.
Pour moi, depuis longtemps mes vœux sont décidés :
Je prends son cœur pour mon partage.
Adieu vous dis ; à vous les dés.
Alors, examinant cette beauté céleste,
Je dis au dieu Morphée : Ami, prends ses beaux yeux.
Il le fit, et content d'un lot si précieux,
Il me laissa prendre le reste.
*le dieu de qui la loi [...] : l'Amour
(On notera combien les idées de la Révolution ne s'empressèrent-elles pas de révolutionner la perception des femmes par les hommes...)
Modifié
17 juillet 2022 à 09:20
MaxenceC
17 juillet 2022 à 13:48
Jolis textes que je ne connaissais pas. Merci Ardsy :)
MaxenceC
17 juillet 2022 à 18:17
Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux:
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Le ventre en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu’ensemble elle avait joint;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s’épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l’herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s’élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d’un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu’elle avait lâché.
– Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!
Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés!
Charles Baudelaire - les fleurs du mal.
Beaudelaire livre ici un exercice particulier emprunt de provocation. D'autant plus, qu'il s'agit d'un poème d'amour qu'il adresse à la femme qu'il aime.
C'est le but de ce post !
Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, laisser libre court à vos pensées, en prose, en vers (ou à l'endroit)... C'est ici que ça se passe :D
Nous avons émis plusieurs fois l'idée d'avoir une section pour des textes hors catégorie, des textes "normaux" (brrr, que je n'aime pas ce mot)... mais en attendant, car je ne désespère pas quand je lis les innombrables talents (Rata, Obsi, PM, etc), ce post est là pour les remercier et les encourager à continuer car j'aime ça et je suis sûre de ne pas être la seule...
Je vais tenter de retrouver tous les poèmes ou textes qui ont été postés sur les différents sujets, si j'en oublie, n'hésitez pas à les rajouter !
Bisous tout plein à ceux qui liront, à ceux qui écriront, à ceux qui apprécieront !
Les autres, tant pis pour vous !
[EDIT] Si un auteur que je vais citer souhaite ne pas voir son (ses) texte(s) sur ce fil, qu'il n'hésite pas à me demander de le retirer ;)