Certains poèmes ou récits publiés de ci, de là méritent une vitrine à leur juste valeur...
C'est le but de ce post !
Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, laisser libre court à vos pensées, en prose, en vers (ou à l'endroit)... C'est ici que ça se passe :D
Nous avons émis plusieurs fois l'idée d'avoir une section pour des textes hors catégorie, des textes "normaux" (brrr, que je n'aime pas ce mot)... mais en attendant, car je ne désespère pas quand je lis les innombrables talents (Rata, Obsi, PM, etc), ce post est là pour les remercier et les encourager à continuer car j'aime ça et je suis sûre de ne pas être la seule...
Je vais tenter de retrouver tous les poèmes ou textes qui ont été postés sur les différents sujets, si j'en oublie, n'hésitez pas à les rajouter !
Bisous tout plein à ceux qui liront, à ceux qui écriront, à ceux qui apprécieront !
Les autres, tant pis pour vous !
[EDIT] Si un auteur que je vais citer souhaite ne pas voir son (ses) texte(s) sur ce fil, qu'il n'hésite pas à me demander de le retirer ;)
Cette nuit, j'ai rêvé.
Rêvé oui, qu'il crevait.
Il est mort ! Criait-on.
Crierait-on ? Qui ? Mort ?
Lui enfin ! Ton sale oncle !
Mon sale oncle ? Lui ? Enfin !
Il était mort, du foie.
Il était mort, deux fois :
D'abord comme un humain, plongé entre mes reins,
Devenu un bovin, âme creuse et d'airin.
Enfin comme une idée. Qui pourrait craindre un mort ?
La peur enfin vidée, avait suivi son sort.
Il était mort, de faim.
De la pire fin qu'il soit.
Lui, fin que tous choient,
N'était plus qu'un défunt.
Lui, oh oui, mon sale oncle !
Tout bleui, un ongle sale.
Il était mort, de ça.
Et le sort l'endossa.
Oui il l'avait tué ! Tous l'avaient supplié.
Oui ils l'avaient hué ! Avant de l'oublier.
J'aime croire qu'ils souffrent, lui et sa langue rêche.
Et qu'une odeur de souffre, sort de la fange sèche.
Cette nuit, j'ai appris.
J'ai appris... Sept nuits ?
A pleurer, misérables.
Misérables apeurés !
Il est mort. Et moi ?
Privée de vos émois.
🥹🥹🥹
Slaanesh
24 juin 2022 à 16:27
Et clique, et clique, et clique, et clique... je peux plus m'arrêter de cliquer rrrrhhhhhaaaaaaaaaa... ;)
Slaanesh
30 juin 2022 à 19:56
Un peu de légèreté et de poésie :) :
Un bon petit diable à la fleur de l'âge,
La jambe légère et l'œil polisson,
Et la bouche pleine de joyeux ramages,
Allait à la chasse aux papillons.
Comme il atteignait l'orée du village,
Filant sa quenouille, il vit Cendrillon,
Il lui dit: "Bonjour, que Dieu te ménage,
J' t'emmène à la chasse aux papillons."
Cendrillon ravi' de quitter sa cage,
Met sa robe neuve et ses botillons;
Et bras d'ssus bras d'ssous vers les frais bocages
Ils vont à la chasse aux papillons.
Il ne savait pas que sous les ombrages,
Se cachait l'amour et son aiguillon,
Et qu'il transperçait les cœurs de leur âge,
Les cœurs des chasseurs de papillons.
Quand il se fit tendre, ell' lui dit: "J' présage
Qu' c'est pas dans les plis de mon cotillon,
Ni dans l'échancrure de mon corsage,
Qu'on va à la chasse aux papillons."
Sur sa bouche en feu qui criait: "Sois sage!"
Il posa sa bouche en guis' de bâillon,
Et c'fut l'plus charmant des remu'-ménage
Qu'on ait vu d' mémoir' de papillon
Un volcan dans l'âme, i' r'vinr'nt au village,
En se promettant d'aller des millions,
Des milliards de fois, et mêm' davantage,
Ensemble à la chasse aux papillons.
Mais tant qu'ils s'aim'ront, tant que les nuages,
Porteurs de chagrins, les épargneront,
Il f'ra bon voler dans les frais bocages,
Ils f'ront pas la chasse aux papillons.
La chasse aux papillons (1952)
Georges Brassens
Utilisateur supprimé
1 juillet 2022 à 17:59
Un peu de légèreté et de poésie :) :
Un bon petit diable à la fleur de l'âge,
La jambe légère et l'œil polisson,
Et la bouche pleine de joyeux ramages,
Allait à la chasse aux papillons.
Comme il atteignait l'orée du village,
Filant sa quenouille, il vit Cendrillon,
Il lui dit: "Bonjour, que Dieu te ménage,
J' t'emmène à la chasse aux papillons."
Cendrillon ravi' de quitter sa cage,
Met sa robe neuve et ses botillons;
Et bras d'ssus bras d'ssous vers les frais bocages
Ils vont à la chasse aux papillons.
Il ne savait pas que sous les ombrages,
Se cachait l'amour et son aiguillon,
Et qu'il transperçait les cœurs de leur âge,
Les cœurs des chasseurs de papillons.
Quand il se fit tendre, ell' lui dit: "J' présage
Qu' c'est pas dans les plis de mon cotillon,
Ni dans l'échancrure de mon corsage,
Qu'on va à la chasse aux papillons."
Sur sa bouche en feu qui criait: "Sois sage!"
Il posa sa bouche en guis' de bâillon,
Et c'fut l'plus charmant des remu'-ménage
Qu'on ait vu d' mémoir' de papillon
Un volcan dans l'âme, i' r'vinr'nt au village,
En se promettant d'aller des millions,
Des milliards de fois, et mêm' davantage,
Ensemble à la chasse aux papillons.
Mais tant qu'ils s'aim'ront, tant que les nuages,
Porteurs de chagrins, les épargneront,
Il f'ra bon voler dans les frais bocages,
Ils f'ront pas la chasse aux papillons.
La chasse aux papillons (1952)
Georges Brassens
Oh Tonton Georges ! <3 J'adooore la Supplique bien sûr, mais aussi gros kif sur "Hécatombe". ^^
Slaanesh
1 juillet 2022 à 20:03
Un peu de légèreté et de poésie :) :
Un bon petit diable à la fleur de l'âge,
La jambe légère et l'œil polisson,
Et la bouche pleine de joyeux ramages,
Allait à la chasse aux papillons.
Comme il atteignait l'orée du village,
Filant sa quenouille, il vit Cendrillon,
Il lui dit: "Bonjour, que Dieu te ménage,
J' t'emmène à la chasse aux papillons."
Cendrillon ravi' de quitter sa cage,
Met sa robe neuve et ses botillons;
Et bras d'ssus bras d'ssous vers les frais bocages
Ils vont à la chasse aux papillons.
Il ne savait pas que sous les ombrages,
Se cachait l'amour et son aiguillon,
Et qu'il transperçait les cœurs de leur âge,
Les cœurs des chasseurs de papillons.
Quand il se fit tendre, ell' lui dit: "J' présage
Qu' c'est pas dans les plis de mon cotillon,
Ni dans l'échancrure de mon corsage,
Qu'on va à la chasse aux papillons."
Sur sa bouche en feu qui criait: "Sois sage!"
Il posa sa bouche en guis' de bâillon,
Et c'fut l'plus charmant des remu'-ménage
Qu'on ait vu d' mémoir' de papillon
Un volcan dans l'âme, i' r'vinr'nt au village,
En se promettant d'aller des millions,
Des milliards de fois, et mêm' davantage,
Ensemble à la chasse aux papillons.
Mais tant qu'ils s'aim'ront, tant que les nuages,
Porteurs de chagrins, les épargneront,
Il f'ra bon voler dans les frais bocages,
Ils f'ront pas la chasse aux papillons.
La chasse aux papillons (1952)
Georges Brassens
Oh Tonton Georges ! <3 J'adooore la Supplique bien sûr, mais aussi gros kif sur "Hécatombe". ^^
Il y en a tellement de kiffantes et qui sont presque intemporelle... Mourir pour des idées, les Trompettes de la renommé, Supplique pour être enterré à la plage de Sète comme tu l'a mentionnée, Auprès de mon arbre...
Aller, une spéciale dédicace pour Ardsy ;) ( et parce que c'est vraimmmeeennnt une très belle chanson, qui vient de nouveau de me tirer une petite larme comme à chaque fois)
La Camarde qui ne m'a jamais pardonné
D'avoir semé des fleurs dans les trous de son nez
Me poursuit d'un zèle imbécile
Alors cerné de près par les enterrements
J'ai cru bon de remettre à jour mon testament
De me payer un codicille
Trempe dans l'encre bleue du Golfe du Lion
Trempe, trempe ta plume, ô mon vieux tabellion
Et de ta plus belle écriture
Note ce qu'il faudrait qu'il advînt de mon corps
Lorsque mon âme et lui ne seront plus d'accord
Que sur un seul point, la rupture
Quand mon âme aura pris son vol à l'horizon
Vers celle de Gavroche et de Mimi Pinson
Celles des titis, des grisettes
Que vers le sol natal mon corps soit ramené
Dans un sleeping du Paris-Méditerranée
Terminus en gare de Sète
Mon caveau de famille, hélas n'est pas tout neuf
Vulgairement parlant, il est plein comme un œuf
Et d'ici que quelqu'un n'en sorte
Il risque de se faire tard et je ne peux
Dire à ces braves gens "poussez-vous donc un peu"
Place aux jeunes en quelque sorte
Juste au bord de la mer, à deux pas des flots bleus
Creusez si c'est possible un petit trou moelleux
Une bonne petite niche
Auprès de mes amis d'enfance, les dauphins
Le long de cette grève où le sable est si fin
Sur la plage de la corniche
C'est une plage où même à ses moments furieux
Neptune ne se prend jamais trop au sérieux
Où quand un bateau fait naufrage
Le capitaine crie "je suis le maître à bord"
Sauve qui peut, le vin et le pastis d'abord
Chacun sa bonbonne et courage
Et c'est là que jadis à 15 ans révolus
À l'âge où s'amuser tout seul ne suffit plus
Je connus la prime amourette
Auprès d'une sirène, une femme-poisson
Je reçus de l'amour la première leçon
Avalai la première arête
Déférence gardée envers Paul Valéry
Moi l'humble troubadour sur lui je renchéris
Le bon maître me le pardonne
Et qu'au moins si ses vers valent mieux que les miens
Mon cimetière soit plus marin que le sien
Et n'en déplaise aux autochtones
Cette tombe en sandwich entre le ciel et l'eau
Ne donnera pas une ombre triste au tableau
Mais un charme indéfinissable
Les baigneuses s'en serviront de paravent
Pour changer de tenue et les petits enfants
Diront "chouette, un château de sable"
Est-ce trop demander sur mon petit lopin
Plantez, je vous en prie, une espèce de pin
Pin parasol de préférence
Qui saura prémunir contre l'insolation
Les bons amis venus faire sur ma concession
D'affectueuses révérence
Tantôt venant d'Espagne et tantôt d'Italie
Tous chargés de parfums, de musiques jolies
Le Mistral et la Tramontane
Sur mon dernier sommeil verseront les échos
De villanelle, un jour, un jour de fandango
De tarentelle, de sardane
Et quand prenant ma butte en guise d'oreiller
Une ondine viendra gentiment sommeiller
Avec moins que rien de costume
J'en demande pardon par avance à Jésus
Si l'ombre de ma croix s'y couche un peu dessus
Pour un petit bonheur posthume
Pauvres rois pharaons, pauvre Napoléon
Pauvres grands disparus gisant au Panthéon
Pauvres cendres de conséquence
Vous envierez un peu l'éternel estivant
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant
Qui passe sa mort en vacances
Vous envierez un peu l'éternel estivant
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant
Qui passe sa mort en vacances
Utilisateur supprimé
1 juillet 2022 à 20:06
Oh Tonton Georges ! <3 J'adooore la Supplique bien sûr, mais aussi gros kif sur "Hécatombe". ^^
Il y en a tellement de kiffantes et qui sont presque intemporelle... Mourir pour des idées, les Trompettes de la renommé, Supplique pour être enterré à la plage de Sète comme tu l'a mentionnée, Auprès de mon arbre...
Aller, une spéciale dédicace pour Ardsy ;) ( et parce que c'est vraimmmeeennnt une très belle chanson, qui vient de nouveau de me tirer une petite larme comme à chaque fois)
J’ai un petit (très gros) faible aussi pour Heureux qui comme Ulysse et Le pornographe
Slaanesh
1 juillet 2022 à 20:10
J'ai oublié de citer la Femme d'Hector, le Pornographe, Fernande, j'ai rendez-vous avec vous, et Misogynie à part bien entendu héhé ;)
Utilisateur supprimé
8 juillet 2022 à 19:57
« Strophes pour se souvenir »
Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant.
Utilisateur supprimé
8 juillet 2022 à 21:03
Un peu de légèreté et de poésie :) :
Un bon petit diable à la fleur de l'âge,
La jambe légère et l'œil polisson,
Et la bouche pleine de joyeux ramages,
Allait à la chasse aux papillons.
Comme il atteignait l'orée du village,
Filant sa quenouille, il vit Cendrillon,
Il lui dit: "Bonjour, que Dieu te ménage,
J' t'emmène à la chasse aux papillons."
Cendrillon ravi' de quitter sa cage,
Met sa robe neuve et ses botillons;
Et bras d'ssus bras d'ssous vers les frais bocages
Ils vont à la chasse aux papillons.
Il ne savait pas que sous les ombrages,
Se cachait l'amour et son aiguillon,
Et qu'il transperçait les cœurs de leur âge,
Les cœurs des chasseurs de papillons.
Quand il se fit tendre, ell' lui dit: "J' présage
Qu' c'est pas dans les plis de mon cotillon,
Ni dans l'échancrure de mon corsage,
Qu'on va à la chasse aux papillons."
Sur sa bouche en feu qui criait: "Sois sage!"
Il posa sa bouche en guis' de bâillon,
Et c'fut l'plus charmant des remu'-ménage
Qu'on ait vu d' mémoir' de papillon
Un volcan dans l'âme, i' r'vinr'nt au village,
En se promettant d'aller des millions,
Des milliards de fois, et mêm' davantage,
Ensemble à la chasse aux papillons.
Mais tant qu'ils s'aim'ront, tant que les nuages,
Porteurs de chagrins, les épargneront,
Il f'ra bon voler dans les frais bocages,
Ils f'ront pas la chasse aux papillons.
La chasse aux papillons (1952)
Georges Brassens
Oh Tonton Georges ! <3 J'adooore la Supplique bien sûr, mais aussi gros kif sur "Hécatombe". ^^
Il y en a tellement de kiffantes et qui sont presque intemporelle... Mourir pour des idées, les Trompettes de la renommé, Supplique pour être enterré à la plage de Sète comme tu l'a mentionnée, Auprès de mon arbre...
Aller, une spéciale dédicace pour Ardsy ;) ( et parce que c'est vraimmmeeennnt une très belle chanson, qui vient de nouveau de me tirer une petite larme comme à chaque fois)
La Camarde qui ne m'a jamais pardonné
D'avoir semé des fleurs dans les trous de son nez
Me poursuit d'un zèle imbécile
Alors cerné de près par les enterrements
J'ai cru bon de remettre à jour mon testament
De me payer un codicille
Trempe dans l'encre bleue du Golfe du Lion
Trempe, trempe ta plume, ô mon vieux tabellion
Et de ta plus belle écriture
Note ce qu'il faudrait qu'il advînt de mon corps
Lorsque mon âme et lui ne seront plus d'accord
Que sur un seul point, la rupture
Quand mon âme aura pris son vol à l'horizon
Vers celle de Gavroche et de Mimi Pinson
Celles des titis, des grisettes
Que vers le sol natal mon corps soit ramené
Dans un sleeping du Paris-Méditerranée
Terminus en gare de Sète
Mon caveau de famille, hélas n'est pas tout neuf
Vulgairement parlant, il est plein comme un œuf
Et d'ici que quelqu'un n'en sorte
Il risque de se faire tard et je ne peux
Dire à ces braves gens "poussez-vous donc un peu"
Place aux jeunes en quelque sorte
Juste au bord de la mer, à deux pas des flots bleus
Creusez si c'est possible un petit trou moelleux
Une bonne petite niche
Auprès de mes amis d'enfance, les dauphins
Le long de cette grève où le sable est si fin
Sur la plage de la corniche
C'est une plage où même à ses moments furieux
Neptune ne se prend jamais trop au sérieux
Où quand un bateau fait naufrage
Le capitaine crie "je suis le maître à bord"
Sauve qui peut, le vin et le pastis d'abord
Chacun sa bonbonne et courage
Et c'est là que jadis à 15 ans révolus
À l'âge où s'amuser tout seul ne suffit plus
Je connus la prime amourette
Auprès d'une sirène, une femme-poisson
Je reçus de l'amour la première leçon
Avalai la première arête
Déférence gardée envers Paul Valéry
Moi l'humble troubadour sur lui je renchéris
Le bon maître me le pardonne
Et qu'au moins si ses vers valent mieux que les miens
Mon cimetière soit plus marin que le sien
Et n'en déplaise aux autochtones
Cette tombe en sandwich entre le ciel et l'eau
Ne donnera pas une ombre triste au tableau
Mais un charme indéfinissable
Les baigneuses s'en serviront de paravent
Pour changer de tenue et les petits enfants
Diront "chouette, un château de sable"
Est-ce trop demander sur mon petit lopin
Plantez, je vous en prie, une espèce de pin
Pin parasol de préférence
Qui saura prémunir contre l'insolation
Les bons amis venus faire sur ma concession
D'affectueuses révérence
Tantôt venant d'Espagne et tantôt d'Italie
Tous chargés de parfums, de musiques jolies
Le Mistral et la Tramontane
Sur mon dernier sommeil verseront les échos
De villanelle, un jour, un jour de fandango
De tarentelle, de sardane
Et quand prenant ma butte en guise d'oreiller
Une ondine viendra gentiment sommeiller
Avec moins que rien de costume
J'en demande pardon par avance à Jésus
Si l'ombre de ma croix s'y couche un peu dessus
Pour un petit bonheur posthume
Pauvres rois pharaons, pauvre Napoléon
Pauvres grands disparus gisant au Panthéon
Pauvres cendres de conséquence
Vous envierez un peu l'éternel estivant
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant
Qui passe sa mort en vacances
Vous envierez un peu l'éternel estivant
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant
Qui passe sa mort en vacances
Une fois, j'ai gagné une partie de TTMC sur la question : citez la première phrase de cette chanson. Hors contexte, elle est magnifique tout de même cette phrase, il avait une sacrée plume...
Slaanesh
8 juillet 2022 à 22:18
TTMC???? Kesako?
Oui elle est magnifique!!!!! :)
Utilisateur supprimé
9 juillet 2022 à 11:21
(Le sculpteur Pygmalion tombe amoureux d'une statue de Galatée qu'il a lui-même façonnée. Émue par son amour, Aphrodite, déesse de l'Amour, donne vie à la statue...)
Pigmalion
Élève d'Apollon, & favori des Belles,
Entre les arts & les amours,
L'heureux Pigmalion partageoit ses beaux jours,
Comblé d'honneurs nouveaux & de faveurs nouvelles.
Sous son ciseau voluptueux,
Une Vénus venoit d'éclore ;
Celle qu'à Paphos on adore,
Peut-être des humains méritoit moins les vœux.
L'Artiste, en la formant, se rappeloit l'image
Des beautés qui l'avoient charmé ;
Ce que son cœur avoit aimé,
Il l'exprimoit dans son ouvrage. Mon art a, dit-il, rassemblé
Des trésors qu'en cent lieux l'Amour voulut répandre.
Que leur accord me plaît ! & que j'ai bien sçu rendre
La jambe de Doris et la gorge d'Eglé !
J'adorois dans Philis cette taille légère :
Que j'exprime avec vérité
Les secrets appas de Glycère !
Jamais fixé, toujours flatté,
Sur les moindres détails il promène sa vue.
L'amour-propre & la volupté
Le ramènent sans cesse aux pieds de la statue.
En vain, pour s'occuper d'un ouvrage nouveau,
Il s'éloigne un instant de l'objet qui l'enchante :
Il s'excite au travail ; mais sa main languissante
S'arrête, tombe, & laisse échapper son ciseau.
Il quitte la statue, il revient auprès d'elle ;
Il la revoit, elle est encor plus belle. Si ce marbre, dit-il, pouvoit être animé,
Qu'avec plaisirs je lui rendrois hommage !
Je l'instruirois à faire usage
D'un cœur qui n'auroit point aimé.
Il faut aimer, il m'aimeroit peut-être !
Il devroit son bonheur à mon art, à mes feux ;
Avec l'art d'en jouir, il me devroit son être ;
Il ignoreroit tout ; mais son cœur & mes yeux
Lui feroient bientôt tout connoître.
Amour, sur ce marbre enchanteur
Répands la flamme la plus pure ;
D'une beauté nouvelle enrichis la nature :
A tant d'attraits, tu dois un cœur.
Il embrasse à ces mots le marbre qu'il adore,
Il croit avoir senti de foibles mouvemens ;
Il frémit, il observe, il voit, il doute encore ;
Une timide joie agit sur tous ses sens :
Il a vu palpiter une gorge naissante ;
De transports plus ardens cet objet le remplit ;
Il y porte une main tremblante,
Sous ses doigts étonnés le marbre s'amollit ;
Il colle sur sa bouche une bouche enflammée : Elle répond, dit-il, à mon emportement !...
Par le plaisir la statue animée,
Ouvre les yeux, & voit le jour & son amant.
Elle éprouve, sans rien connoître,
Une aveugle félicité ;
Son cœur naissant est agité
Par le bonheur d'aimer & d'être.
Son âme est sans idée, & n'a que des désirs ;
Ses premiers sentimens ont été des plaisirs.
Par une caresse nouvelle
A chaque instant elle essayoit ses sens,
Et ses plus simples mouvemens
Sont des faveurs pour lui, sont des plaisirs pour elle. Ah ! désormais, dit-il, mon cœur content des Dieux,
N'a rien à demander à leur bonté suprême :
Charmes, que j'ai formés, qu'anima l'Amour-même,
Ce jour a comblé tous mes vœux ;
Vous vivez, vous aimez, & j'aime.
M. de Saint Lambert, 1770
Modifié
9 juillet 2022 à 11:25
Pygmalion
11 juillet 2022 à 03:44
Et bien, merci Ardsy pour cet hommage, ça me touche beaucoup.
J’ai un petit (très gros) faible aussi pour Heureux qui comme Ulysse et Le pornographe
Heureux qui comme Ulysse s'inspire d'un sonnet de Joachim du Bellay que voici :
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestui là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son aage !
Quand reverray-je, helas, de mon petit village
Fumer la cheminee, et en quelle saison
Reverray-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage ?
Plus me plaist le sejour qu’ont basty mes ayeux,
Que des palais Romains le front audacieux ;
Plus que le marbre dur me plaist l’ardoise fine,
Plus mon Loyre Gaulois, que le Tibre Latin,
Plus mon petit Lyré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur Angevine.
Brassens a mis en musiques plusieurs poèmes. La légende de la Nonne et Gastibelza sont de Victor Hugo, La ballade des Dames du temps jadis est de François Villon (son poète favori), Il n'y a pas d'amour heureux de Louis Aragon, Le petit cheval de Paul Fort ou Les Passantes (reprise par Iggy Pop qui est un fan de Georges soi dit en passant) d'Antoine Pol entre autres.
Et puisqu'on en est à parler de nos chansons préférées de Tonton Georges, je vais dire au pif La complainte des Filles de joie, L'orage, Mourir pour des idées, Mélanie, La Tondue, Le petit cheval (ma préférée quand j'étais tout gamin) et Oncle Archibald.
Modifié
11 juillet 2022 à 04:12
Lioubov
11 juillet 2022 à 09:00
Reverray-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage ?
Comme quoi un poète accompli peut commettre une faute d'orthographe qui s'est perpétuée au cours des siècles sans avoir été corrigée.
Pygmalion
11 juillet 2022 à 12:38
Pour ça il aurait fallu que le français ait une orthographe fixe et reconnue à corriger. L'ami du Bellay a rédigé "Défense et illustration de la langue Française" qui a marqué le début d'un processus de codification de la langue telle qu'on la connait aujourd'hui.
Duchesse
11 juillet 2022 à 12:55
Pour ça il aurait fallu que le français ait une orthographe fixe et reconnue à corriger. L'ami du Bellay a rédigé "Défense et illustration de la langue Française" qui a marqué le début d'un processus de codification de la langue telle qu'on la connait aujourd'hui.
Je suis plutôt d’accord avec ça.
En l’espèce on ne peut pas estimer que Du Bellay ait commis une faute.
Si l’on considère que beaucoup davantage est une sorte de gradation, alors elle est lourde et une virgule aurait été bienvenue.
Si l’on considère beaucoup d’avantage comme un groupe nominal, alors il me semble qu’il manque un -s à avantage .
A mon avis il faut y voir une figure de style un peu provoc’. Enfin ce n’est que mon humble avis.
Pygmalion
11 juillet 2022 à 14:32
D'autant qu'il y a des locutions qui ont évolué au fil des siècles. D'avantage était peut-être la forme ancienne de notre davantage.
Il y avait avant une locution en français qui s'écrivait D'ores en avant et qui signifiait "A partir de maintenant", ores voulant dire "maintenant" ou "à l'instant présent" (et qu'on retrouve encore dans la locution d'ores et déjà). Avec le temps, l'orthographe a changé et le D'ores en avant est devenu dorénavant.
Je pense que ça peut être le même processus avec d'avantage et davantage.
Lioubov
11 juillet 2022 à 14:36
Si l’on considère que beaucoup davantage est une sorte de gradation, alors elle est lourde et une virgule aurait été bienvenue.
Si l’on considère beaucoup d’avantage comme un groupe nominal, alors il me semble qu’il manque un -s à avantage .
Tout à fait d'accord avec toi.
Blueberry89
11 juillet 2022 à 20:30
Irrumation mon Amour
Quel drôle de nom, qu' irrumation !
Une délicieuse irruption,
Des coups de reins, sans sommation,
Jusqu'à l'exquise éruption.
Distingué mélange de soumission,
D'instinct sauvage et de passion,
Lorsque tu glisses contre ma langue,
Que tu coulisses jusqu'à c'que je tangue,
C'est plus qu'un plaisir, une symphonie des sens,
Me plier à tes désirs, une harmonie intense.
Assouvis mes délires, d'agonie et d'indécence,
Asservis mon sourire, honnie soit toute résistance.
Tes mains, ces viles serres, plantées dans mon âme,
De tes à-coups je suis serf, piégée sous ton charme,
Quand ma gorge se resserre, étranglant ta lame,
Sans vergogne tu te sers, et mes larmes comme alarme.
Modifié
11 juillet 2022 à 22:00
Utilisateur supprimé
11 juillet 2022 à 21:18
Pour ça il aurait fallu que le français ait une orthographe fixe et reconnue à corriger. L'ami du Bellay a rédigé "Défense et illustration de la langue Française" qui a marqué le début d'un processus de codification de la langue telle qu'on la connait aujourd'hui.
Je suis plutôt d’accord avec ça.
En l’espèce on ne peut pas estimer que Du Bellay ait commis une faute.
Si l’on considère que beaucoup davantage est une sorte de gradation, alors elle est lourde et une virgule aurait été bienvenue.
Si l’on considère beaucoup d’avantage comme un groupe nominal, alors il me semble qu’il manque un -s à avantage .
A mon avis il faut y voir une figure de style un peu provoc’. Enfin ce n’est que mon humble avis.
Il a juste voulu dire "qui m'est une province, et tellement plus encore"... ^^
Duchesse
12 juillet 2022 à 08:03
Irrumation mon Amour
Quel drôle de nom, qu' irrumation !
Une délicieuse irruption,
Des coups de reins, sans sommation,
Jusqu'à l'exquise éruption.
Distingué mélange de soumission,
D'instinct sauvage et de passion,
Lorsque tu glisses contre ma langue,
Que tu coulisses jusqu'à c'que je tangue,
C'est plus qu'un plaisir, une symphonie des sens,
Me plier à tes désirs, une harmonie intense.
Assouvis mes délires, d'agonie et d'indécence,
Asservis mon sourire, honnie soit toute résistance.
Tes mains, ces viles serres, plantées dans mon âme,
De tes à-coups je suis serf, piégée sous ton charme,
Quand ma gorge se resserre, étranglant ta lame,
Sans vergogne tu te sers, et mes larmes comme alarme.
C'est le but de ce post !
Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, laisser libre court à vos pensées, en prose, en vers (ou à l'endroit)... C'est ici que ça se passe :D
Nous avons émis plusieurs fois l'idée d'avoir une section pour des textes hors catégorie, des textes "normaux" (brrr, que je n'aime pas ce mot)... mais en attendant, car je ne désespère pas quand je lis les innombrables talents (Rata, Obsi, PM, etc), ce post est là pour les remercier et les encourager à continuer car j'aime ça et je suis sûre de ne pas être la seule...
Je vais tenter de retrouver tous les poèmes ou textes qui ont été postés sur les différents sujets, si j'en oublie, n'hésitez pas à les rajouter !
Bisous tout plein à ceux qui liront, à ceux qui écriront, à ceux qui apprécieront !
Les autres, tant pis pour vous !
[EDIT] Si un auteur que je vais citer souhaite ne pas voir son (ses) texte(s) sur ce fil, qu'il n'hésite pas à me demander de le retirer ;)