La vie : hasard ou nécessité ?

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Lioubov
7 mai 2018 à 09:59
Ça floode sévère par ici.

L’éclairage "flood" éclaire des objets ou des zones au moyen de faisceaux larges ; par rapport à l’accentuation, il produit une impression d’espace.
N'est-ce pas d'espace dont nous avons besoin ?

Nous avons surtout besoin d'éléments pour l'occuper.
Avec un atome de matière pour un mètre cube d'espace dans l'univers connu, vous pouvez vous y mettre dès maintenant.

L'espace mérite qu'aucun atome ne le pollue. Comme une Tesla depuis peu... Mais je pollue moi-même ce sujet... je vais recevoir un topic, zut !

Et pourquoi faudrait-il l’occuper ? L’espace ne précéderait-il pas la matière ? Il a quand même fallu quelque temps avant que l’énergie se condense sous forme de matière dans l’espace-temps qui se déployait, non ? Mais on peut également envisager cela sous l’aspect quantique.

Votre érudition semble sans limites. Le plus impressionnant reste « quelque temps ». Quasiment tout le monde orthographie l'expression « quelques temps ».

Mon « érudition » n’est que le résultat d’une (longue) vie faite d’accumulation de connaissances dans divers domaines ; je me considère comme un « honnête homme » (dans son acception du siècle des Lumières).
Concernant votre question, il est communément admis que la vocation de l'univers est de créer la vie. Sans matière, ça risque d'être compliqué.
Puisque vous avez envie de cogiter, pouvez-vous me dire d'où provient l'information primordiale codée aux origines ? C'est-à-dire avant le big bang.

Communément ? Je suis quelque peu gêné par cet adverbe généralisateur : ce serait reléguer la « science pure » à la portion congrue ! En effet, deux courants de pensée s’affrontent sur cette question épineuse : le hasard et la nécessité.

La nécessité est défendue par le courant téléologique : l’univers aurait un but. Il s’agit là de finalisme, de déterminisme, autrement dit du « principe anthropique ». Et cette « information primordiale codée aux origines » que vous évoquez se rapproche fortement de la notion de « Grand Architecte de l’Univers », chère aux Francs-maçons. Nous ne sommes pas dans la « science pure » mais dans la métaphysique.

Toutefois, science pure et métaphysique peuvent parfois se rejoindre, car n’oublions pas que le fondateur de la théorie du big bang était un ecclésiastique, l’abbé Lemaître (ce qui avait – soit dit en passant – bien arrangé Pie XII, le pape de l’époque, car cette théorie permettait d’expliquer la création de l’univers en rapprochant le « fiat lux » de la Genèse biblique du big bang de l’astrophysique).

À l’opposé du déterminisme téléologique, les scientifiques, à l’aide d’appareils de détection de plus en plus perfectionnés, estiment que notre galaxie (la Voie Lactée) compte plusieurs centaines de milliards d’étoiles, et que l’univers pourrait compter, lui, 2000 milliards de galaxies. En faisant le produit de ces deux grandeurs, on obtient n x 200 000 000 000 000 000 000 000, soit n x 10 puissance 23 étoiles, autour desquelles graviteraient plusieurs planètes… ça donne le vertige ! Et là, je ne tiens pas compte de la théorie des multivers, développée entre autres par Hugh Everett, Jean-Pierre Luminet et Stephen Hawking… Alors pourquoi, dans cette (presque) infinité de planètes, seule notre bonne vieille Terre bénéficierait des conditions propices à l’apparition de la vie ? Quel gaspillage !

Si la cosmologie vous intéresse, je vous conseille de commencer par la lecture d’un bon bouquin de vulgarisation écrit par l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan, Le chaos et l’harmonie : la fabrication du réel.

Pour ma part, je pense que la « singularité » de notre big bang pourrait être le « reflet », l’« autre extrémité » d’un trou noir situé dans un autre univers : trou noir <=> fontaine blanche.

Et pour en revenir à votre dernière question, Christine, cette « information primordiale » pourrait être – selon moi – sous-jacente à notre univers visible et quantifiable, se situant au niveau des fluctuations quantiques.
Le quantique des quantiques, en quelque sorte. :lol:
Modifié 7 mai 2018 à 10:00
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Lioubov
8 mai 2018 à 17:29
En effet, bien que E= mc^2 est la version simpliste de la formule, c'est d'ailleurs en partie grâce à cette formule, ainsi que le constat que les galaxies étaient en rotation bien plus rapide que prévu, qu'on en a déduit qu'il y avait présence d'une autre forme matière, dite non-baryonique.

En fait selon les périodes, et courants de pensée, certains pensent que notre façon de penser le monde est limitée, ou juste une réalité propre à l'homme (et inter-hommes) et différente de la réalité (Spinoza, Nietzsche, Schopenhauer...). Comme l'on dit en physique, on a un modèle, il fonctionne bien, jusqu'à qu'on en trouve un autre.

Cela a été le cas avec la relativité générale de Newton, puis restreinte (pour les ensembles macroscopiques) et enfin quantique ("personne ne comprend la théorie quantique !").
Au fond nous n'aurons jamais de réponses certaines à ces questions.

Que de connaissances, Bico... scientifiques et philosophiques. Chapeau bas !
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megalosex
8 mai 2018 à 18:10
A Lioubov:

Si j'ai bien compris c'est un peu comme on dirait d'une personne, qu'elle a un "amour infini". On ne connaît pas les limites de cet amour et on ne sait même pas s'il y en a.
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Lioubov
8 mai 2018 à 18:43
[…] certains disent que la lumière provenant de certaines étoiles que nous pouvons observer dateraient de quelques minutes (certains disent même secondes) après la "création" de l'univers.

Cela semble impossible, étant donné que jusqu’à 380.000 ans après le big bang, l’univers était opaque. Ce n’est que lorsqu’il s’est assez refroidi pour que les électrons puissent être capturés par les ions (et que les atomes devinrent de ce fait neutres) que les photons purent se déplacer librement : l’univers est devenu transparent. Ce sont ces photons qui constituent le fond diffus cosmologique.
[…] la théorie d'Einstein, sur la distorsion de l'espace et du temps en dépassant la vitesse de la lumière.

Quoi ? Les équations d’Einstein établissent que « c » (la vitesse de la lumière) ne peut être dépassée, ni même atteinte. En effet, plus on s’approche de la vitesse de la lumière, plus il faut d’énergie pour accélérer, et donc la masse de l’objet en mouvement tendrait vers l’infini !
Ce pourrait il donc que notre Univers, soit lui même constitué d'autres, changeant de forme au gré de ces ajouts, puis finissant par se désagréger pour en former un autre. Il n'y aurait par cela ni commencement ni fin, juste une reconstruction perpétuelle.

Ce n’est pas exactement ça. Les scientifiques ont longtemps discuté afin de savoir si l’univers était en expansion continuelle, stable, ou bien en régression.

Dans un univers en continuelle expansion, l’énergie se diluerait progressivement dans l’espace (en accroissement constant) et l’on aboutirait à un univers figé, glacé, avec une énergie tendant vers zéro. Dans un univers en régression, on assisterait à un big bang à l’envers : un big crunch. Toute sa matière convergerait vers un point unique, une singularité (comme à l’instant du big bang).

Tout dépend de la masse de l’univers et des forces mises en œuvre dans le processus d’expansion. Si elles sont absolument égales, l’univers est stable. Si l’expansion est plus forte que l’inertie de la masse de l’univers, celui-ci deviendra un désert frisant le zéro absolu. Au contraire, si sa masse est supérieure aux forces d’expansion, il s’achemine vers un big crunch.
Or, la masse de l’univers dépend de celle des neutrinos, qui depuis leur découverte semblait nulle. Toutefois, des expériences récentes leur attribuent une masse – certes très faible, mais masse quand même.

Alors, s’acheminerait-on vers un big crunch, à partir duquel de développerait un nouveau big bang ? L’univers n’aurait-il été jusqu’à présent qu’une succession de big bangs et de big crunches qui s’apparenterait à une sorte de « respiration » : expiration / inspiration / expiration… ? Cette hypothèse se rapproche de celle des Upanishads (textes sacrés de l’Inde, dont certains passages vont à la quête du principe ultime de l'univers). L’un des grands principes de la pensée indienne est que tout ce qui se passe dans l'homme a son homologue dans le cosmos. Tout comme il y a des rythmes humains, il y a des rythmes cosmiques. Tout comme il y a une respiration humaine, il y a une respiration cosmique selon des cycles émanation/dissolution de l'univers). Ce souffle est dénommé prâna.

Les traditions millénaires rejoindraient-elles les plus récentes découvertes scientifiques ?
Modifié 8 mai 2018 à 18:48
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Lioubov
8 mai 2018 à 18:49
Si j'ai bien compris c'est un peu comme on dirait d'une personne, qu'elle a un "amour infini". On ne connaît pas les limites de cet amour et on ne sait même pas s'il y en a.

Oui, c'est un peu ça.
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Badwell
8 mai 2018 à 21:50
En effet, bien que E= mc^2 est la version simpliste de la formule, c'est d'ailleurs en partie grâce à cette formule, ainsi que le constat que les galaxies étaient en rotation bien plus rapide que prévu, qu'on en a déduit qu'il y avait présence d'une autre forme matière, dite non-baryonique.

En fait selon les périodes, et courants de pensée, certains pensent que notre façon de penser le monde est limitée, ou juste une réalité propre à l'homme (et inter-hommes) et différente de la réalité (Spinoza, Nietzsche, Schopenhauer...). Comme l'on dit en physique, on a un modèle, il fonctionne bien, jusqu'à qu'on en trouve un autre.

Cela a été le cas avec la relativité générale de Newton, puis restreinte (pour les ensembles macroscopiques) et enfin quantique ("personne ne comprend la théorie quantique !").
Au fond nous n'aurons jamais de réponses certaines à ces questions.

Que de connaissances, Bico... scientifiques et philosophiques. Chapeau bas !

Soyons conscients de toutes ces théories ; ne théorisons notre quotidien avec elles. Soyons ce que nous sommes, c'est déjà assez compliqué, vous ne trouvez pas ?
Modifié 8 mai 2018 à 21:50
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Lioubov
8 mai 2018 à 22:24
Soyons ce que nous sommes, c'est déjà assez compliqué, vous ne trouvez pas ?

Je dirais même : "Deviens ce que tu es !"
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Badwell
8 mai 2018 à 22:40
Soyons ce que nous sommes, c'est déjà assez compliqué, vous ne trouvez pas ?

Je dirais même : "Deviens ce que tu es !"

Je m'y efforce depuis des lustres ! Pas si facile, mais excellent, Lioubov.
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