Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mensonge d'une nuit d'été — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mensonge d'une nuit d'été
Chapitre 2
(Mensonge, suite : avec un clin d’œil amical à ceux qui apprécient les allusions.)
Comme toujours, dans ma crainte idiote d’être en retard, je suis arrivée avec un bon quart d’heure d’avance. L’avenue est bordée de tilleuls qui saturent l’air tiède de leur odeur mielleuse. Le bungalow délabré de style colonial entouré d’une clôture basse est à vingt mètres de moi. Je l’ai repéré facilement grâce au grand magnolia qui a répandu la nacre de ses pétales jusque sur le trottoir. La barrière est entrouverte dans une invite équivoque. Je suis encore trop loin pour qu’ils m’aient aperçue et je décide de m’offrir ce dernier quart d’heure à moi toute seule, de profiter de la douceur de l’air et de mes dernières minutes de ce que j’appelle, faute de mieux, ma vie normale. Je ne me souviens plus si Alice a hésité avant de traverser le miroir. Moi, j’ai accepté, je le sais, et je ne reviendrai pas en arrière. Ce n’est pas ce miroir qui me fait peur, c’est celle que je serai, une fois passée de l’autre côté.
Cette fille-là, c’est pourtant moi qui l’ai évoquée, un soir dans la Jaguar, retour de week-end à la mer. Il a suffi qu’il me dise : « Cale tes pieds contre le tableau de bord, et trousse ta jupe, s’il te plaît – ce ‘s’il te plaît’ était terrible – et caresse-toi, branle-toi, masturbe-toi jusqu’au bout, et plus loin encore. Ensuite, tu me diras tout. » Sans hésiter, j’ai fait ce qu’il m’ordonnait, le cœur battant à tout rompre, jupe troussée et cuisses ouvertes, obscène. J’ai bravement écarté ma culotte, livré ma vulve et ma touffe à la traître douceur du vent nocturne et aux phares violents des routiers. Ces inondations de lumière, parfois accompagnées d’un coup de klaxon sans équivoque, provoquaient dans mon con honteux et ravi d’être exhibé ainsi des pulsations incontrôlables accompagnées d’émissions de plus en plus abondantes de mouille. Mes doigts ont suivi le contour des lèvres gonflées de sang brûlant, allant et revenant du « rose ermite » cher à Théophile, insolemment érigé hors de « son capuchon folichon », à l’œillet plissé et palpitant de mon petit trou du cul qui aime tant quand Jacques le lèche, puis y fourre ses doigts. Mon sexe, petit animal ronronnant sous mes caresses, est progressivement devenu une bête folle qui a pris violemment possession de tout mon être. Était-ce moi qui poussais ces cris rauques de femelle en chaleur ? Obscène et heureuse, vous dis-je.
Jacques a écarté ma main, a enfoncé deux doigts dans mon vagin et trouvé tout de suite l’excroissance du point G. N’était-il pas chez lui ? Il y a imprimé avec vigueur un mouvement de va-et-vient rapide et m’a menée ainsi à la limite de la perte de contrôle. J’allais éjaculer ma cyprine d’un instant à l’autre, et j’ai crié : attention ! je vais foutre ! – retiens-toi ! je le veux, et raconte-moi ton fantasme pendant que tu te branlais. Tout ce qui t’a menée à la jouissance, et surtout, ne triche pas ! Car si tu triches, si tu me mens, je le saurai et je te jetterai dans le fossé, comme un fruit pourri. » J’ai eu une telle peur qu’il mette sa menace à exécution et me rejette loin de lui, que j’ai tout dit : mon angoisse devant les hommes en noir, crasseux et puants, qui m’ont mise nue et m’ont traitée comme une pièce de viande sur l’étal ; les pénétrations de mes orifices, tout… Pour me récompenser de mes aveux lubriques, il a accéléré son mouvement, accentué la pression sur mes glandes jusqu’à ce qu’à ma grande honte, je doive tout lâcher de ce que je croyais être de l’urine. Un jet a jailli de moi et a inondé le tableau de bord, mes jambes et ma jupe. « Une femme fontaine, bravo, tu m’avais caché ce talent-là ! – Je ne savais pas, pardon, c’est la première fois que je me lâche ainsi mon pipi en jouissant ! – Idiote ! Ce n’est pas de l’urine, c’est ton foutre féminin. Tu l’as dit toi-même, tout à l’heure, ‘je vais foutre’ as-tu dit, tu ne croyais pas si bien dire… »
J’étais confuse, éperdue de honte. J’ai ôté ma jupe trempée et je m’en suis servi pour éponger tout l’avant, du pare-brise à la boîte à gants. Nue jusqu’à la ceinture, j’avais l’air d’un modèle pour photo cochonne des années cinquante et je n’en avais cure, riant et pleurant en même temps, au bord de la crise de nerfs.
Indifférent à mon état, il rit encore et me lança : « Tu vas me sauver la mise, et peut-être même la vie. Salope comme tu t’es révélée, ça te sera facile, ça te fera même peut-être jouir à nouveau. Il te suffira d’user de tes talents de pute. » Je me cabrai comme sous un coup de fouet : « Je ne suis pas une salope publique ! Je ne suis pas une pute ! Je suis ta maîtresse, et je t’aime, tu peux faire de moi ce que tu désires, mais toi, toi seul ! »
– Sais-tu ce qui va se passer si tu ne m’obéis pas ? Il avait un air grave qui m’effraya. J’ai joué au poker avec des types qui ne rigolent pas avec les dettes de jeu. J’ai une grosse somme à payer avant ce soir minuit. Sinon, ils me briseront les tibias en petits morceaux avec un tuyau de plomb, ils m’écraseront les mains dans les gonds d’une porte de grange… Plus jamais, si j’y survis, je ne marcherai, plus jamais je ne tiendrai un stylo… À toi de décider. »
Il me manipulait, j’en étais certaine, mais si c’était vrai ? Secouée de sanglots, je lui ai dit « Je ferai ce que tu voudras. » Il eut un soupir de soulagement, vrai ou feint, comment savoir ? Il me caressa amoureusement la nuque et je fondis…
– Je te ramène chez toi, repose-toi, prends une douche, j’ai quelques coups de fil à donner. Je t’appelle dans une heure. » Sans se soucier de mon état, il me déposa devant mon immeuble. J’enroulai tant bien que mal ma jupe trempée autour de ma nudité et me précipitai sous les regards effarés des promeneurs tardifs. On aurait de quoi bavarder dans les chaumières !
Cette fille-là, c’est pourtant moi qui l’ai évoquée, un soir dans la Jaguar, retour de week-end à la mer. Il a suffi qu’il me dise : « Cale tes pieds contre le tableau de bord, et trousse ta jupe, s’il te plaît – ce ‘s’il te plaît’ était terrible – et caresse-toi, branle-toi, masturbe-toi jusqu’au bout, et plus loin encore. Ensuite, tu me diras tout. » Sans hésiter, j’ai fait ce qu’il m’ordonnait, le cœur battant à tout rompre, jupe troussée et cuisses ouvertes, obscène. J’ai bravement écarté ma culotte, livré ma vulve et ma touffe à la traître douceur du vent nocturne et aux phares violents des routiers. Ces inondations de lumière, parfois accompagnées d’un coup de klaxon sans équivoque, provoquaient dans mon con honteux et ravi d’être exhibé ainsi des pulsations incontrôlables accompagnées d’émissions de plus en plus abondantes de mouille. Mes doigts ont suivi le contour des lèvres gonflées de sang brûlant, allant et revenant du « rose ermite » cher à Théophile, insolemment érigé hors de « son capuchon folichon », à l’œillet plissé et palpitant de mon petit trou du cul qui aime tant quand Jacques le lèche, puis y fourre ses doigts. Mon sexe, petit animal ronronnant sous mes caresses, est progressivement devenu une bête folle qui a pris violemment possession de tout mon être. Était-ce moi qui poussais ces cris rauques de femelle en chaleur ? Obscène et heureuse, vous dis-je.
Jacques a écarté ma main, a enfoncé deux doigts dans mon vagin et trouvé tout de suite l’excroissance du point G. N’était-il pas chez lui ? Il y a imprimé avec vigueur un mouvement de va-et-vient rapide et m’a menée ainsi à la limite de la perte de contrôle. J’allais éjaculer ma cyprine d’un instant à l’autre, et j’ai crié : attention ! je vais foutre ! – retiens-toi ! je le veux, et raconte-moi ton fantasme pendant que tu te branlais. Tout ce qui t’a menée à la jouissance, et surtout, ne triche pas ! Car si tu triches, si tu me mens, je le saurai et je te jetterai dans le fossé, comme un fruit pourri. » J’ai eu une telle peur qu’il mette sa menace à exécution et me rejette loin de lui, que j’ai tout dit : mon angoisse devant les hommes en noir, crasseux et puants, qui m’ont mise nue et m’ont traitée comme une pièce de viande sur l’étal ; les pénétrations de mes orifices, tout… Pour me récompenser de mes aveux lubriques, il a accéléré son mouvement, accentué la pression sur mes glandes jusqu’à ce qu’à ma grande honte, je doive tout lâcher de ce que je croyais être de l’urine. Un jet a jailli de moi et a inondé le tableau de bord, mes jambes et ma jupe. « Une femme fontaine, bravo, tu m’avais caché ce talent-là ! – Je ne savais pas, pardon, c’est la première fois que je me lâche ainsi mon pipi en jouissant ! – Idiote ! Ce n’est pas de l’urine, c’est ton foutre féminin. Tu l’as dit toi-même, tout à l’heure, ‘je vais foutre’ as-tu dit, tu ne croyais pas si bien dire… »
J’étais confuse, éperdue de honte. J’ai ôté ma jupe trempée et je m’en suis servi pour éponger tout l’avant, du pare-brise à la boîte à gants. Nue jusqu’à la ceinture, j’avais l’air d’un modèle pour photo cochonne des années cinquante et je n’en avais cure, riant et pleurant en même temps, au bord de la crise de nerfs.
Indifférent à mon état, il rit encore et me lança : « Tu vas me sauver la mise, et peut-être même la vie. Salope comme tu t’es révélée, ça te sera facile, ça te fera même peut-être jouir à nouveau. Il te suffira d’user de tes talents de pute. » Je me cabrai comme sous un coup de fouet : « Je ne suis pas une salope publique ! Je ne suis pas une pute ! Je suis ta maîtresse, et je t’aime, tu peux faire de moi ce que tu désires, mais toi, toi seul ! »
– Sais-tu ce qui va se passer si tu ne m’obéis pas ? Il avait un air grave qui m’effraya. J’ai joué au poker avec des types qui ne rigolent pas avec les dettes de jeu. J’ai une grosse somme à payer avant ce soir minuit. Sinon, ils me briseront les tibias en petits morceaux avec un tuyau de plomb, ils m’écraseront les mains dans les gonds d’une porte de grange… Plus jamais, si j’y survis, je ne marcherai, plus jamais je ne tiendrai un stylo… À toi de décider. »
Il me manipulait, j’en étais certaine, mais si c’était vrai ? Secouée de sanglots, je lui ai dit « Je ferai ce que tu voudras. » Il eut un soupir de soulagement, vrai ou feint, comment savoir ? Il me caressa amoureusement la nuque et je fondis…
– Je te ramène chez toi, repose-toi, prends une douche, j’ai quelques coups de fil à donner. Je t’appelle dans une heure. » Sans se soucier de mon état, il me déposa devant mon immeuble. J’enroulai tant bien que mal ma jupe trempée autour de ma nudité et me précipitai sous les regards effarés des promeneurs tardifs. On aurait de quoi bavarder dans les chaumières !
Voilà comment ce même soir, je me retrouve dans cette avenue calme au point d’en être inquiétante. Angoissée par l’attente de ce qui va m’arriver, écœurée par l’air douceâtre, énervée par l’orage qui menace depuis des heures sans se décider à éclater, j’ai un brutal accès de panique et je me mets à transpirer abondamment. La sueur m’inonde, colle ma robe sur ma peau et me coule tout le long de l’échine jusqu’à s’insinuer entre mes fesses. Ma culotte va être trempée, il ne faut pas qu’ils s’en aperçoivent, ils vont s’imaginer… Oh et puis, je me fous de ces types et de ce qu’ils vont ou ne vont pas imaginer. C’est pour Jacques que je suis ici.
Je grille une cigarette, le dos appuyé contre un tronc. Cette dureté indifférente m’apaise et le temps en profite pour filer. La trotteuse de ma montre de plastique blanc m’indique qu’à présent il ne me reste plus que trente secondes. Vite ! Je ne veux pas être en retard, ne serait-ce que d’une seconde, et laisser croire que j’ai cané. Je me décolle de l’arbre et je cours en respirant fort. Je ne pourrais pas marcher, marcher serait d’ailleurs trop long et trop pénible, ça me laisserait encore le temps de remuer des pensées effrayantes. Je franchis d’un même élan les marches menant à la galerie couverte. Je n’ai pas le temps de frapper. La porte à claire-voie tendue d’une moustiquaire s’ouvre brusquement, une main charnue et moite comme une ventouse me saisit par le poignet et me tire à l’intérieur. Le temps d’un frisson, et le battant se referme derrière moi. Ventouse se décide à me lâcher. Je reste un moment debout sous l’arcade qui mène à la pièce principale, juste devant l’entrée. Ils n’ont pas allumé les lampes malgré la nuit toute proche. Je peux encore distinguer leurs silhouettes à contre-jour, devant la grande baie qui occupe tout l’arrière et donne sur le jardin. Ils sont quatre dans cette pénombre, assis dans des fauteuils de rotin, sans compter Ventouse qui s’est carré derrière moi, sans doute pour s’assurer, l’imbécile, que je n’aurai pas de velléité de fuite. Je ne peux voir ni leurs yeux ni les traits de leurs visages ; cependant je sens leurs regards, et cette fois, j’ai la chair de poule. Pourtant, quelque chose en moi, tapi sous la peur et l’envie de révolte, trouve obscurément son compte à cette situation où je suis seule, livrée comme une marchandise, dans une maison inconnue. Cette chose me tord le ventre ; il me semble que mes os vont se rompre sous la tension de mes muscles. C’est une sensation qui mélange répulsion et fascination, panique et attirance trouble, une drogue bien plus puissante que tout ce à quoi j’ai prudemment tâté jusqu’à présent dans les petites partouzes BCBG où Jacques m’a emmenée deux ou trois fois.
Le gros assis en face de moi tire son cigare de sa bouche et souffle brièvement « à poil ! » en exhalant sa bouffée. À sa droite, un petit type maigre, d’un blanc maladif révélé par son maillot de corps – mes yeux s’habituant à l’obscurité, je les distingue un peu mieux – se met à ricaner. On dirait le rire d’un idiot ou d’un égaré. Celui qui lui fait pendant, à la gauche du Gros, est au contraire habillé strictement, avec veston et cravate. Je vois le reflet de ses lunettes ovales, comme celles d’un professeur. Le quatrième, plus en retrait, ne me révèle rien. Ce n’est qu’une masse immobile, sombre et carrée, assise très droite, les bras posés sur les accoudoirs.
Je grille une cigarette, le dos appuyé contre un tronc. Cette dureté indifférente m’apaise et le temps en profite pour filer. La trotteuse de ma montre de plastique blanc m’indique qu’à présent il ne me reste plus que trente secondes. Vite ! Je ne veux pas être en retard, ne serait-ce que d’une seconde, et laisser croire que j’ai cané. Je me décolle de l’arbre et je cours en respirant fort. Je ne pourrais pas marcher, marcher serait d’ailleurs trop long et trop pénible, ça me laisserait encore le temps de remuer des pensées effrayantes. Je franchis d’un même élan les marches menant à la galerie couverte. Je n’ai pas le temps de frapper. La porte à claire-voie tendue d’une moustiquaire s’ouvre brusquement, une main charnue et moite comme une ventouse me saisit par le poignet et me tire à l’intérieur. Le temps d’un frisson, et le battant se referme derrière moi. Ventouse se décide à me lâcher. Je reste un moment debout sous l’arcade qui mène à la pièce principale, juste devant l’entrée. Ils n’ont pas allumé les lampes malgré la nuit toute proche. Je peux encore distinguer leurs silhouettes à contre-jour, devant la grande baie qui occupe tout l’arrière et donne sur le jardin. Ils sont quatre dans cette pénombre, assis dans des fauteuils de rotin, sans compter Ventouse qui s’est carré derrière moi, sans doute pour s’assurer, l’imbécile, que je n’aurai pas de velléité de fuite. Je ne peux voir ni leurs yeux ni les traits de leurs visages ; cependant je sens leurs regards, et cette fois, j’ai la chair de poule. Pourtant, quelque chose en moi, tapi sous la peur et l’envie de révolte, trouve obscurément son compte à cette situation où je suis seule, livrée comme une marchandise, dans une maison inconnue. Cette chose me tord le ventre ; il me semble que mes os vont se rompre sous la tension de mes muscles. C’est une sensation qui mélange répulsion et fascination, panique et attirance trouble, une drogue bien plus puissante que tout ce à quoi j’ai prudemment tâté jusqu’à présent dans les petites partouzes BCBG où Jacques m’a emmenée deux ou trois fois.
Le gros assis en face de moi tire son cigare de sa bouche et souffle brièvement « à poil ! » en exhalant sa bouffée. À sa droite, un petit type maigre, d’un blanc maladif révélé par son maillot de corps – mes yeux s’habituant à l’obscurité, je les distingue un peu mieux – se met à ricaner. On dirait le rire d’un idiot ou d’un égaré. Celui qui lui fait pendant, à la gauche du Gros, est au contraire habillé strictement, avec veston et cravate. Je vois le reflet de ses lunettes ovales, comme celles d’un professeur. Le quatrième, plus en retrait, ne me révèle rien. Ce n’est qu’une masse immobile, sombre et carrée, assise très droite, les bras posés sur les accoudoirs.
« À poil ! » Il n’était pas nécessaire de me donner cet ordre, je sais pourquoi je suis là, je sais quel rôle j’ai accepté de jouer, je sais que j’irai jusqu’au bout de l’expérience. De toute façon, il n’est plus possible de reculer. Je suis entrée lucidement, farouchement dans cette histoire dès le moment où, seule dans ma salle de bains, je me suis baignée, épilée, que j’ai lavé et séché mes cheveux et que j’ai parfumé méthodiquement ma nuque, mes aisselles et le chemin qui va de ma gorge à mon ventre. Je me suis regardée, lisse et nette, jugeant que cela suffirait comme ça. Obéir à l’injonction du Gros, être nue devant ces hommes n’est tout compte fait qu’une péripétie, une étape inévitable dans la suite logique des événements. Mais le déshabillage ! Leur offrir un strip-tease maladroit et ridicule ! Me présenter en petite tenue, comme une gravure de revue coquine d’avant la guerre ! Jacques aime ça, très bien, cela fait partie de nos jeux, mais là, devant ces porcs, l’effeuillage me serait insupportable, comme tout à l’heure j’ai exclu le rouge à lèvres et les fards. Je m’accroche à ces refus, à ces interdits qui font pour moi toute la différence entre faire la putain et l’être. C’est ainsi, comprenne qui pourra.
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Commentaires ()
Puis-je te donner quelques conseils afin de le rendre plus lisible ?
- Essaie de l'aérer en délimitant des "chapitres" assez courts à l'aide de sauts de ligne.
- Ne place pas les dialogues l'un à côté de l'autre, mais fais des retours à la ligne pour chaque intervenant et - si possible - introduis chaque intervention par un tiret.
- Sépare les dialogues du corps du texte par des sauts de ligne.
J'espère que cela te permettra d'avoir plus de lecteurs. Bon courage !
La suite (et fin) bientôt.
G.