Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lioubov à l'Abbaye de Ker Ozen — Chapitre 3
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Lioubov à l'Abbaye de Ker Ozen
Chapitre 3
Le priapisme, provoqué bien involontairement par la tisane du Père Cil, ennuyait au plus haut point le Père Igor. Pendant la journée, il avait beau se masturber à maintes reprises, semant sa semence à tout vent, rien n'y faisait. Cette douloureuse érection persistait et devenait de plus en plus inquiétante.
Le Père Limpainpin avait pourtant procédé durant plusieurs jours à l'application de cataplasmes à base de poudres dont il gardait jalousement le secret, mais le phallus du Père Igor restait en permanence érigé et semblait même avoir encore augmenté de volume.
Au moins la nuit, pendant qu'il était crucifié, son sexe érigé le gênait beaucoup moins et se trouvait rafraîchi par la douceur nocturne. Mais pendant la journée, le frottement à chaque mouvement du gland turgescent contre la toile rêche de son habit commençait à provoquer de graves irritations ; il fallut avoir recours à la pharmacie du Père Chlorure pour parvenir à éliminer la formation des champignons du Père Igor (qui n’étaient malheureusement pas des truffes, ni même des cèpes).
Cette situation lui devenait insupportable ; il ne semblait pas y avoir de remède capable d’annihiler cette érection, aussi le Père Plex consentit à ce que la robe de bure soit découpée afin que dans la journée il puisse continuer à fabriquer ses petits bâtards sans être trop gêné. Évidemment, tous ceux qu'il croisait avaient une vue magnifique de la queue du Père Igor. Le moine d'origine espagnole – le Padre Mission – s'en donnait à cœur joie et ne manquait pas une occasion de se moquer de lui et de l'appeler, à chaque fois qu'il le voyait, avec son grand sourire, le Père y Gourdin ou « bite au vent ». L'ironie de cet hidalgo farceur rendait le Père Igor noir de colère.
Cette situation provoquait beaucoup d'agitation et troublait la douce quiétude de ce lieu de prière, et certains moines n'hésitaient plus à transformer les paroles des cantiques en chansons paillardes : « Laver Maria » étant un des plus doux ; mais que dire du « Minuit chrétiens, c'est l'heure solennelle » devenu « Mets-la profond, déchire ma rondelle », ou encore de cette chanson « La bite à l'air, les couilles pendantes » composée par le Père Cussion et qui plus tard deviendra un succès en évoquant deux îles ?
Aussi le Père Plex crut bon, pour ramener un peu de sérénité au sein de la congrégation, de prendre contact avec la Mère Supérieure, la Mère Sibocou, du couvent de Mouillépartansec, afin d'essayer de ramener ses ouailles dans le droit chemin.
C'est ainsi que les moniales se rendirent, cornettes au vent, jusqu'à la sinistre abbaye de Ker Ozen. Impressionnées par l'imposant édifice, beaucoup gardaient le silence. Seule la Mère Cure conversait avec la Mère Ciboulette en lui prodiguant divers conseils sur les régimes pour garder la ligne.
Le Père Plex accueillit les religieuses et les conduisit jusqu'au cloître, où l'on était en train de préparer la croix du Père Igor pour sa crucifixion nocturne. Celui-ci s'allongea sur le bois et se laissa attacher selon un rituel qui, désormais, était bien établi.
Lorsque les sœurs découvrirent le phallus dressé, elles ne purent retenir un cri d'admiration en voyant ce mât du diable, ce mât démon pour certaines, ce mât divin pour d'autres.
La Mère O'vingienne, une solide religieuse irlandaise, s'opposa fermement au Père Pandiculère pour que la croix soit redressée. Puis, sans autre forme de procès, troussant sa robe et s'installant à califourchon au-dessus du Père Igor, elle s'empala profondément sur cette bite offerte tel un don du ciel. Elle s'agitait sur ce membre telle une bacchanale déchaînée, contractant ses muscles intimes, faisant de lents va-et-vient sur cette colonne de chair en lançant de gutturaux « My God ! Ooh, my God !!!... »
Elle fut rapidement terrassée par un fulgurant orgasme ; une autre sœur prit sa place tandis qu'elle tentait de reprendre peu à peu ses esprits contre un des nombreux piliers du cloître.
Oubliant toute retenue, les nonnes se dénudaient, se bousculaient même pour pouvoir à leur tour venir s'empaler et goûter au sexe du Père Igor. Poussant ses consœurs en voulant se trouver le plus près possible, la Mère Ick n'arrêtait pas de dire « Je veux la voir, et je l'aurai ! » Quand son tour arriva, elle ne se fit pas prier et prit longuement son pied. Après un premier orgasme, elle n'hésita pas – malgré les grondements d'impatience de celles qui attendaient leur tour – à se sodomiser avec ce membre, qui malgré les assauts répétés ne faiblissait pas, jusqu'à procurer un double plaisir à la Mère Ick, pourtant puritaine dans la vie.
Cela tournait à la partouze générale ; le Père Nau et l'Abbé Nezdictine faisaient la navette entre la cave et le cloître afin d'abreuver avec de bonnes bouteilles tous ces religieux avides de sexe et d'alcool, qui avaient plutôt rapidement balancé soutanes et cornettes aux orties.
À Ker Ozen, elles avaient le feu au cul, les sœurs, après autant de mois – voire d'années pour certaines – de privations, les doigts, les manches à balais, concombres et courgettes ne servant que d’ersatz, de pauvres exutoires à leur désir de sentir de vrais braquemarts venir éteindre le feu qui leur rongeait continuellement les entrailles. C'était à laquelle se montrerait la plus entreprenante pour collectionner le plus de bites de moines. À ce petit jeu, la Mère d'Houilles et sa sœur jumelle, la Mère d'Heuze, rivalisaient d'ingéniosité, suçant dévotement des sexes ramollis pour leur redonner vigueur, fermant les yeux, proches de la béatitude comme si elles venaient de recevoir l'eucharistie. Sous les caresses buccales de ces ogresses, le Père San ronronnait de plaisir.
On forniquait aux quatre coins du cloître : la Mère Demol offrait son cul de manière éhontée, réclamant moult sodomies. Le Père Seur enfilait profondément la Mère Seri pendant que le Père Dant, qui avait oublié son dentier, léchait goulûment la moule de la Mère Dauman. Dans un autre coin, le Père Formant prenait en levrette la Mère Délorore, et même le Père Plex avait fini par se joindre avec la Mère Sibocou à cette furieuse orgie ; et ils n'étaient pas les derniers à goûter tous les plaisirs des sens que leur offrait Ker Ozen.
Peu à peu, repus et ivres, tous finirent par s'endormir sur le sol de marbre, dans un enchevêtrement de corps, laissant sur sa croix le Père Igor qui, malgré les nombreuses éjaculations produites par l'impressionnante quantité de moules venues s'empaler sur lui, restait le sexe dressé. Il s'endormit à son tour, épuisé et incapable de prononcer les paroles magiques qui hâteraient sa transformation en loup.
Au petit matin, alors que le soleil commençait à poindre à l'horizon, les sœurs, après avoir repris une tenue un peu plus respectable, regagnèrent leur couvent de Mouillépartansec tout en se promettant de multiplier leurs échanges avec les moines de Ker Ozen.
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Commentaires ()
=)
PM
il me propose "Tripatouilleuses" il doit aussi être intuitif !
=)
PM
Il ne faut pas tomber dans La Fontaine (de jouvence)
Car La Corneille en perdrait sa Racine...
La jouvence de l'abbé de Ker Ozen. Tu souris ?
Parmi ceux-ci - et le plus important de tous - c'est le membre qui y réside et qui se porte comme un charme.
Ce texte fourmille d'allusions diverses, aux lecteurs avisés de les trouver...
=)
PM
Je ne l’avais pas remarquée, celle-là.
« […] ce mât du diable, ce mât démon pour certaines […] »
Excellent !
La scène d’orgie avec les moniales me fait penser au film de Ken Russell Les diables (de Loudun).