Vendredi, très envie !
Chapitre 1
00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Doogy Woogy Vendredi, très envie ! XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Vendredi, très envie ! — Chapitre 1

28 minutes
7.7k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Doogy Woogy
Doogy Woogy
Histoires publiées
93
Abonnés
282
J'aime cumulés
14.4k

Vendredi, très envie !

Chapitre 1

Quinze jours que je ne m'étais pas fait déboîter le fion. Autant dire une éternité pour qui, comme moi,  adore se faire élargir par le cercle de ses amis… Beaucoup se doraient déjà au soleil méditerranéen, d'autres passaient le week-end avec bobonne. Il était impératif de remédier à cela, sous peine de sombrer dans une terrible dépression.
  
 En cette fin de semaine de la dernière quinzaine de juillet, j'ai profité de la chaleur pour planifier une virée nocturne. Lors d'une sortie printanière au restaurant, une petite place sympathique avait attiré mon attention, mais les températures un peu fraîches avaient repoussé la mise en œuvre de mon idée. 
 Afin de vérifier que mon projet était encore d'actualité, j'effectuai après le boulot un grand détour avant de retourner chez moi.
  
 Dès le seuil franchi, je libérai mes longs cheveux, toujours attachés en queue de cheval pendant le travail. Je déambulais dans le secteur piéton. Rien ne pressait ; le passage à l'acte nécessitait qu'il fasse nuit : une  heure avancée réduirait le risque que des passants, au hasard de leur promenade vespérale, puissent me déranger.
  
 L'idée d'accomplir mon plan en public était des plus excitantes ; toutefois, je préférais être tranquille pour cette première. Certes, la place était enclavée entre de vieux bâtiments ; en revanche, les restaurants proches étaient propices à une petite marche digestive avant de retourner au bercail, et certains pourraient même en profiter pour flirter après avoir invité une amie, une collègue qui, au détour d'une ruelle, retarderait la proposition d'un dernier verre.
  
 La place déserte m'accorda tout loisir d'approcher ma cible. Il me pressait que la nuit tombe. Un petit tour me permit d'étudier le vis-à-vis. Au centre, des arbres me masqueraient d'une présence éventuelle aux fenêtres, qu'il s'agisse d'un fumeur tirant sur sa dernière cigarette avant de se coucher ou d'un insomniaque perturbé par la chaleur de sa chambre. Avec un peu de chance, ces résidents-là auraient déjà pris la route de leurs vacances.
  
 De retour à mon domicile, je dressai un plan d'action. Je déposai sur le lit la tenue que j'avais choisie. Le trajet, allongé, m'avait octroyé tout le temps d'y réfléchir. Ma robe noire en maille serait parfaite : ni trop courte ni trop longue, je pouvais la retrousser avec une facilité idoine. Mes escarpins noirs à hauts talons m'offriraient un précieux gain de dix centimètres, malgré la longue marche qui rendrait mes pieds douloureux. Un gilet long masquerait mes cuisses et mon petit cul que la robe ne manquerait pas de mouler. Ainsi pouvais-je espérer éviter les morts de faim dont je préférais me passer. À vrai dire, j'étais en manque moi aussi, mais rien ni personne ne devait me détourner de mon but. En matière de sous-vêtements, la décision fut moins facile à prendre. D'abord, devais-je en porter ? Un soutien gorge… pour le peu à soutenir, je pouvais m'en passer. La question était plus d'ordre esthétique. Une évidence : si j'en portais un, il serait en dentelle, noire. Idem pour le bas… avec ou sans ? Si oui, ce serait un string, parce que plus pratique. Je me laissai jusqu'au départ pour trancher la question. 
  
 Tout compte fait, cette première phase de préparation n'avait grignoté que peu de temps. J'avais de longues heures devant moi pour manger, puis prendre une douche, ou même un bain, ce qui me mettrait dans de meilleures dispositions encore. Je fis valdinguer mes vêtements : je serais plus à l'aise à poil. Les rideaux translucides laissaient pénétrer la lumière, pas le regard des voisins.
  
 Je me préparai une grande assiette de salade. Pendant que je triais les feuilles de laitue, une casserole d'eau sur le feu n'attendait que de parvenir à la bonne température pour cuire quatre œufs durs. L'un d'eux – au moins – n'était pas destiné à mon assiette. J'avais acheté trop de carottes ; les dernières commençaient à mollir. Je glissai la plus grosse dans mon petit trou, en guise d'apéro pour cette soirée, en quelque sorte, puis je coupai deux tomates en petits morceaux. Je me dandinais en contractant mes fesses pour mieux ressentir la présence intime de la racine. Le manque de musique me rappela que le programme à venir méritait une préparation festive. La chaîne stéréo allumée, je me tournai vers mes étagères remplies de CD. Le titre culte de Neuf semaines et demie interprété par Joe Cocker me tentait, mais présentait l'inconvénient de n'être qu'une seule chanson. Mon choix se porta très vite sur une compilation de Shania Twain, une musique très racoleuse, mais en accord parfait avec mon état d'esprit de petite pute dont le seul désir consistait à se faire ramoner la taupinière. À tel point que je dus glisser une seconde carotte pour calmer mon appétit.
  
 Avant de râper les carottes, je débouchai une bouteille de vin – un Saint-Amour de trois ans – et m'en versai un grand verre. Pas que j'y connaisse grand-chose en la matière, mais mon père évoquait toujours la rencontre avec ma mère grâce à ce vin-là. Enfin, c'était à l'époque où on se parlait encore !
 Je ponctuai la dernière goutte d'un claquement de langue. N'ayant pas le cœur à extraire les deux carottes qui me procuraient beaucoup de plaisir là où elles se trouvaient, je râpai les trois autres et remplis à nouveau mon verre. La musique, le vin et la perspective d'une bonne soirée me grisaient. 
  
 Une folle envie de m'accouder à la rambarde du balcon me prit. Dans la rue, personne ne pouvait imaginer mon espionnage tandis que mon anus s'échauffait pour une nuit d'enfer. Devant tant d'excitation, les deux carottes devinrent insuffisantes. Pour obtenir satisfaction, je devais me sortir les doigts du cul… enfin, commencer par les y mettre pour extirper les deux légumes. Je tirai de sa cachette, qui n'était autre que la table de chevet, mon plug de sept centimètres de diamètre. Un filet de salive aida mon précieux à rejoindre le côté obscur de toutes mes forces. Je couvris ma nudité du long T-shirt que les nuits fraîches m'obligent à porter. Direction le balcon. Je récupérai au passage mon verre que je pris soin de remettre à niveau.
  
 Je marchais en exagérant mon déhanché afin de savourer la sensation de mon amical jouet qui épousait les parois de mon rectum. Je m'inquiétais parfois, il commençait à être un peu petit : lorsqu'il me prenait des envies de sodomies monstrueuses, mon gouffre glouton absorbait même le pied, supposé empêcher le sextoy de tenter une escapade en solitaire dans les entrailles gourmandes. Jusque-là, il ressortait toujours, avec force poussées qui m'arrachaient des râles dignes d'un brame automnal. Ces jouissances extrêmes me laissaient dans le cirage le plus complet, sans autre solution que m'allonger le temps que mes jambes puissent me soutenir à nouveau. Bien sûr j'en avais des plus gros, mais entre lui et moi, c'était le grand amour ; il m'avait ouvert la voie vers les plus gros calibres alors que je bloquais depuis des mois sur le diamètre inférieur. Depuis, je rêvais à des calibres qui étaient encore hors de portée mais que je comptais bien atteindre. S'il m'arrivait par désespoir de songer que je ne parviendrais jamais au-delà, je matais sur mon ordinateur les vidéos de Siswet, une Néerlandaise dont les exhibitions en webcam mériteraient un oscar. Cette magnifique blonde à qui on donnerait le bon Dieu sans confession lorsque, d'une voix de petite fille modèle, elle lançait des mercis enthousiastes à ses donateurs, était capable de s'enfiler dans le rectum des monstres qui réduiraient la queue de Rocco au stade de nano-pénis. Dans la même génération, l'Ukrainienne HotkinkyJo était une des rares à pouvoir rivaliser, mais elle jouait plus sur la longueur.
  
 J'étais là sur le balcon, à me dandiner au rythme de mon disque ; le soleil déclinant me baignait de sa chaleur devenue supportable. Dans cette lumière dorée, je rêvassais de grand large. Je passai une main machinale dans ma chevelure ; un bref coup d'œil dans le reflet de la fenêtre pour les arranger. La lumière rasante leur donnait un reflet cuivré. Peut-être devrais-je envisager une coloration ? Un roux un peu sombre m'irait à merveille. 
  
 Arriva ma chanson préférée. Certes, ayant choisi les titres de cette compilation, ils me plaisaient donc tous, mais celui-ci avait un je-ne-sais-quoi qui déclenchait en moi toujours la même réaction : il fallait que je baise ! Tous les partenaires que j'ai pu sucer sur cette chanson-là pourraient le confirmer : cela avait été leur meilleure pipe. Pourtant, des aspirateurs à sperme, certains en ont connus !
  
 Je fredonnais les paroles, me cambrant pour offrir ma croupe à un partenaire imaginaire. Mes sphincters se contractèrent ; mon ami intime gagna quelques centimètres. Un mouvement lent mais inexorable. Plus il se déplaçait dans mon cercle vicieux, plus je contractais mes muscles, et forcément, il s'enfonçait davantage. Je m'en mordis la lèvre. Ce petit manège pouvait me mener vers l'orgasme, alors je me réservai pour mon plan extérieur afin de profiter de toute la puissance qu'il avait à m'offrir. 
  
 J'allais soulever mon T-shirt, me livrer à un repêchage en urgence quand mon voisin apparut sur le balcon mitoyen. Il me salua, me fit un grand sourire. Sa femme le suivit de peu. Elle aussi me transmit le bonsoir, qui fut en revanche moins chaleureux. Un petit geste de la main pour montrer mon verre vide m'autorisa à évacuer les lieux sans que mon repli soudain ne paraisse offensant.
  
 Pour calmer mon anus vorace, je changeai de chanson puis, d'une poussée, je recueillis mon plug adoré. Un lavement avant le bain ne serait pas superflu ; il ne rendrait la suite que meilleure. Je pelai les œufs refroidis avant de préparer une petite vinaigrette. Je m'installai à la table du balcon dans la lumière du jour finissant.
  
 
***
  
  
 Je me mis en position pour accueillir les deux litres d'eau d'une chaleur supportable par mes intestins. L'écoulement du premier tiers me procurait toujours des sensations douces et agréables lorsque l'eau se répandait, telle une rivière souterraine. Le deuxième remplissait sa fonction : un sentiment – au choix – de maternité ou de reptation reptilienne invasive. Lors du dernier tiers, un nid de vipères semblait débattre dans mon ventre. Quand l'inconfort se faisait insupportable, je foutais tout ce monde dehors. Puisque j'avais le temps d'une propreté irréprochable, j'optai pour un double remplissage.
  
 Je retournai sur le balcon pour observer les piétons, deviner quelles occupations les guidaient. Je tentai d'en évaluer le flot pour estimer l'heure où les rues commenceraient à se vider. Des nuages avaient fait leur apparition ; rien qui ne m'inquiétât. Je me trémoussais au rythme d'une chanson imaginaire, remuant les fesses comme pour accroître l'efficacité de ce prélavage de ma machine à laver interne. Mon ventre me tiraillait, mais je résistai autant que possible, jusqu'à ce qu'un peu d'eau se mette à couler le long de mes cuisses. Je me ruai aux toilettes où je donnai naissance à un flux pestilentiel. Quel soulagement pour mes boyaux ! Un nouveau broc, de moindre capacité, emplit mes entrailles. Adieu, balcon : cette fois, je m'allongeai dans un bain chaud qu'une banquise de mousse parfumée couvrait. Moins de pression dans mon ventre, l'eau chaude me détendait ; j'espérai tenir plus longtemps. Le souvenir d'un lavement estival me revint. 
  
 En vacances au bord de la Méditerranée, le bungalow que j'avais loué donnait sur la plage, me permettant de me baigner comme bon me semblait. Combien de fois, alors que le camping dormait, que les derniers fêtards étaient retournés sous leurs tentes, avais-je traversé la plage sans aucun maillot pour un bain, non pas de minuit, mais de trois heures du mat' ? Dans la petite douche de ma location, après avoir dévissé le pommeau, le flexible introduit dans mon anus avait inondé mon ventre. J'avais couru jusqu'à la mer et nagé sous la pleine lune. Lorsque mon ventre me fit trop souffrir, je me libérai dans l'eau calme et noire. De retour dans mon bungalow, mon ami intime me tint compagnie toute la nuit ; je dormis comme une souche. Au réveil, en milieu de matinée, j'enfilai mon maillot. Mon compagnon nocturne me comblait toujours. Je déambulais d'un pas lent sur les rochers parmi les derniers pêcheurs matinaux, l'oreille à l'affût d'un commentaire sur une abondance inhabituelle de poissons. Ils persévéraient à lancer leurs cannes.
  
 Les yeux fermés, je m'assoupis dans la baignoire. Lorsque je les ouvris, il me sembla avoir dormi trop longtemps. L'eau avait perdu de précieux degrés et mon ventre criait pour qu'on le libère. Deuxième passage aux toilettes, avec un petit détour pour regarder l'heure. Mon infatigable galant retourna dans mes profondeurs puisqu'il me restait du temps à foison. Je refis couler de l'eau chaude puis m'immergeai à nouveau dans la baignoire où j'offris à mes sphincters un festival de contractions, comme l'étreinte d'un ami qu'on est heureux de retrouver. Le but était de les assouplir autant que possible. Qu'ils battissent un record cette nuit n'était pas certifié ; en revanche, ils méritaient une ambiance de finale de croupe. Mon téléphone sonna. Je laissai sonner ; mon contact me laisserait un message auquel je répondrais après ma sortie du bain. Une minute plus tard, le téléphone sonna à nouveau. Un de mes amants habituels avaient peut-être remarqué ma tentative de le joindre et flairait le bon plan pour la soirée… Le carrelage, déjà mouillé lors de ma première sortie, m'incita à la prudence. Rien ne servait de courir. Encore raté ! Qui pouvait m'appeler sur mon numéro fixe à cette heure-ci ? Comme dit le proverbe, jamais deux sans trois : il y eut bien un autre appel.  
  
    — Allô, Sandra ?
    — Il n'y a pas de Sandra ici…
    — Pardon, excusez-moi, je suis confuse.
    — Pas de souci, bonne soirée. 
  
 Mes bouts de doigts se fripaient ; il ne me restait plus qu'à vider la baignoire. Un rapide séchage de mes cheveux puis j'abandonnai la salle de bain en son état : j'essuierais le sol plus tard ; après mon retour, peut-être. Pour l'instant, j'avais trop la flemme pour m'en occuper. L'envie de passer à l'acte me démangeait. Devant le miroir de ma chambre, j'apprêtai mon visage d'un maquillage léger. Hors de question qu'un mâle de passage puisse considérer mes peintures de guerre comme une invitation à m'aborder comme une fille en manque au point de… quoique non, j'avais un rendez-vous précis. De toute manière, les maquillages outranciers m'engendraient une profonde répugnance.
  
 Mon impatience me fit fumer cigarette sur cigarette. De mon balcon, je surveillais la décrue des piétons. Minuit approchait ; le vide avait rempli ma bouteille de vin depuis longtemps. J'étais dans les starting-blocks. Une marche d'un pas lent laisserait davantage de temps aux passants pour regagner leurs pénates tout en épargnant à mes pieds un peu de douleur. J'enfilai string, soutien gorge, robe. Un porte-jarretelles, peut-être ? Non, je voulais sentir l'air caresser mes jambes. Je chaussai mes escarpins. La cerise sur le gâteau, ou le signal du départ ? Je piaffais, fébrile, devant l'ascenseur. Tel un omnibus, il semblait marquer une pause à chaque étage ; je le soupçonnai même d'être plus lent qu'à l'accoutumée. Lorsque les portes s'ouvrirent, je m'engouffrai avec la sensation que mon cœur me tirait derrière lui. Tout le temps de la descente, le miroir renvoya mes mimiques lubriques.
  
 Voilà, j'étais dans la rue. Toute la journée, le soleil avait chauffé le trottoir. Une vague de chaleur s'enroula le long de mes jambes tel un serpent constricteur. J'inspirai un grand coup, à la manière d'un athlète avant la compétition. Mes poumons respirèrent l'ambiance de la ville ; j'allais me fondre en elle, m'en faire une alliée. Go !
  
 Je prenais soin de ne pas faire claquer mes talons sur le trottoir : ce bruit caractéristique éveille l'intérêt des mâles à proximité. Mon pas lent pouvait leur donner le sentiment que je n'attendais que de me faire rattraper. À mon retour, pourquoi pas ? Je léchais les vitrines. Je sortis une cigarette de mon sac à main. Contrairement au cliché, le mien ne contenait que le strict nécessaire. Je contemplai les tenues exposées sur des mannequins blancs étêtés. Un d'eux portait une robe noire, similaire à la mienne. Un gilet rouge contrastait, ce qui me fit penser que j'avais oublié le mien. Devais-je retourner  chez moi ? Aucun coup de frais en vue : la couverture nuageuse, maintenant épaisse, empêcherait la chaleur de se disperser. Tant pis si mes fesses attiraient le regard d'un passant. Après tout, les yeux sont faits pour regarder. À l'évocation de séduire un inconnu, mes muscles se contractèrent autour de mon plug : je sortais avec mon meilleur ami.
  
 Malgré toute ma lenteur, il était à peine plus d'une heure du matin lorsque j'arrivai à proximité du quartier piéton. À l'angle de la rue qui accédait à ma petite place, une galerie éclairait le carrefour, prétexte supplémentaire pour perdre du temps. Cela me permettait de jauger, sans en avoir l'air, du nombre de personnes arpentant le secteur. Je me forçai à regarder les tableaux en vitrine : une exposition d'art contemporain. Pas de quoi s'émerveiller pendant des heures ! Un artiste s'était pris pour Klein. Des toiles unicolores envahissaient les murs au fond de la boutique. À la différence du vert ici aligné, le bleu de Klein était une belle couleur, même s'il en avait abusé. 
  
 L'unique difficulté de l'Art moderne résidait à dénicher une théorie fumeuse que ledit artiste pouvait à la suite décliner à l'infini sans trop forcer son art, tel un Christ multipliant ses peintures. Des aplats de couleurs de Mondrian à l'abstraction paroxysmique du carré blanc sur fond blanc de Malevitch, en passant par le même Klein dont on pourrait considérer l'exposition du vide comme un summum de fumisterie, je n'éprouvais face à leurs œuvres qu'un ennui insondable.
  
 Lorsqu'il m'était impossible d'échapper à un tel évènement, la recherche d'une idée saugrenue devenait un impératif pour chasser mon abattement. Un de mes amants, animé des meilleures intentions, m'entraîna à un accrochage de compositions de Pollock. J'imaginai que les gouttes de peinture répandues sur la toile décrivaient son incontinence. Mon hôte interpréta le sourire arboré comme l'expression du plaisir que me procuraient les œuvres ; il ne sut jamais mes efforts pour ne pas éclater de rire lorsque j'avais songé au peintre déambulant nu sur ses toiles, la queue molle trempée au préalable dans un pot de peinture qui se mêlait à son urine. Par chance, mon amant, lui, était bien pourvu. Et résistant, avec ça ! Il m'avait cassé la rondelle toute la nuit. Après cette expérience, j'avais tenu les intellos à l'écart, à moins de connaître par avance la taille de leur pinceau. Il y a toujours une exception qui confirme la règle !
  
 Constatant que les rares personnes qui passaient devant la galerie ne s'attardaient guère et continuaient leur chemin sur la rue, je m'avançai sur la place où, fumant de manière désinvolte, j'observai les fenêtres. Aucune n'était ouverte. Certaines avaient les volets fermés. Une seule laissait apercevoir la tremblante lumière bleutée d'un écran de télé. Mes chaussures claquaient sur le sol irrégulier composé de petits pavés. Je me dirigeai au centre de la place, sous le couvert de trois arbres dont le feuillage fourni cacherait mes exploits à d'éventuels résidents que la chaleur estivale changerait en spectateurs. Autour de chaque arbre, cinq poteaux délimitaient un cercle. Chacun se terminait par une boule dont le diamètre dépassait les dix centimètres. 
  
 Depuis mon arrêt devant la galerie, mes sphincters se contractaient avec la régularité d'un cœur qui bat. J'allais inviter mon ami à céder la place à un inconnu lorsque je remarquai la lueur rouge d'une cigarette sur laquelle on tire. Pour me donner une contenance, je pris mon téléphone dans mon sac. Il affichait deux heures quinze, et un niveau de batterie faible. J'avais zappé cela. De toute façon, je n'entendais pas appeler une amie à cette heure-ci pour tailler une bavette ! L'homme ferma les volets après avoir jeter son mégot. J'espérai qu'il ne se planquât pas derrière pour observer la scène en toute impunité. 
  
 Je cherchai le poteau qui offrirait le moins de visibilité ; aucun n'était parfait. Après avoir porté mon dévolu sur l'un d'eux, je virai mon sparring partner le plug tout en le remerciant de son aide incommensurable. Je l'essuyai avec un mouchoir en papier, juste pour la forme (j'étais d'une parfaite propreté intérieure) puis le glissai dans mon sac. Je vidai une bonne dose de gel lubrifiant sur la boule. Malgré mes talents en la matière, un tel diamètre demandait des efforts ; toute aide était bienvenue. L'arrière de ma robe relevé, je me hissai sur la pointe des pieds pour présenter la boule à mon anus. Le poteau était un poil trop haut. Une chance que j'aie pris mes chaussures à hauts talons… il suffisait de trouver la bonne position. Une main sur chaque fesse, je les écartai au maximum. Peut-être aurais-je dû prendre mes sandales à plateforme ; le gain de centimètres aurait été meilleur. Je ne me décourageai pas pour autant et poussai davantage sur la pointe des pieds. Je sentis mon anus s'ouvrir. Je remis un peu de lubrifiant. Mon anus cédait peu à peu. Je le sentais épouser la boule et s'élargir. Afin de gagner quelques millimètres supplémentaires, je calai mon pied sur la bosse d'un pavé. Une dernière poussée sur mes orteils, et... mon pied dérapa sur le sol inégal !
  
 Ma cheville me fit serrer les dents. Je retombai de tout mon poids et m'empalai sur la boule. La satisfaction d'avoir réussi me rendit euphorique au point d'ignorer la douleur de ma cheville. Je remuai avec peine sur cette boule qui m'avait fait jouir lors de cette pénétration hors norme. Il faudrait que j'en prenne la mesure pour savoir combien mon anus était capable d'accepter. Officialiser l'entrée dans mon livre des records, en quelque sorte. Je me dandinai sur mon poteau, entamant un va-et-vient qui ne tarderait pas à me donner un second orgasme, moins brut que le premier, qui avait été bref mais violent. Une pure décharge d'adrénaline. Un peu comme si je décollai du bord de la mer pour atteindre le sommet de l'Everest en quelques secondes. Là, se serait plus lent, plus long. Et puis il y avait cette sensation que le poteau me remplissait comme jamais ; un véritable coup de foudre pour lui. Il me faudrait le même à la maison ! Je l'imaginai, scellé dans ma chambre. Certains ont un vélo d'appartement ou un rameur ; moi ce serait une barre d'étirement !
  
 Un bruit de pas se fit entendre. Je baissai ma robe pour que l'on puisse croire que je m'appuyais contre le poteau. Un couple passa sans même me remarquer, si bien que je repris mes mouvements avant même qu'ils aient disparu. L'orgasme arriva. Jambes écartées, je répandis ma jouissance sur le sol. Ç'aurait été le moment de faire une photo : mes yeux devaient pétiller plus qu'une bouteille de champagne ! Ma cheville commença à me rappeler à son bon souvenir. Rien que l'idée de traverser une bonne partie de la ville avec mes talons et la cheville endolorie augmentait la douleur. J'étais si bien sur ce mât… Tout n'était pas négatif : je me savais maintenant capable d'absorber d'énormes diamètres. 
  
 Un flash me sortit de mes rêveries. Personne. Un éclair avait jailli dans le ciel noir au-dessus des arbres. Voilà, je devais me faire à l'idée qu'il était temps de m'en retourner. 
  
 Problème ! Pour me dégager de mon poteau adoré, je devais à nouveau me hisser sur la pointe des pieds. Ma cheville douloureuse me l'interdit. J'avais beau essayer d'endurer la douleur, il manquait toujours quelques centimètres. J'avais envie de hurler ma colère, mais je me dis qu'à force d'essais j'y parviendrais. Les efforts consécutifs m'épuisèrent. Ça n'était plus hurler que je voulais, juste pleurer. Tout le plaisir que cette bêtise gâchait… J'essayai de raisonner. Il me fallait de l'aide. J'en serais quitte pour la honte de ma vie. J'avais appelé mes amis toute la journée : tous injoignables. Appeler les pompiers ? Ils débarqueraient avec leurs gyrophares qui ameuteraient le voisinage… adieu discrétion. 
  
 Un coup de tonnerre éclata. Il ne manquait plus que ça ! Sur mon poteau métallique, je risquais un coup de foudre bien plus dangereux que celui qui m'unissait à lui. La une du journal local afficherait mon humiliation posthume. Je fis une nouvelle tentative pour me dégager. Je sautillai sur ma jambe valide, mais mes sphincters, refermés derrière la boule, ne pouvaient la laisser passer ainsi. Je me mis à espérer le passage d'une brave personne se précipitant chez elle pour s'abriter de l'orage qui menaçait. Une fois ma honte bue, je m'en retournerais moi aussi. Mon cerveau pédalait à toute vitesse. Mon patron habitait un quartier voisin. S'il répondait, il arriverait sans trop tarder. Pour ce qui est de la honte, ce serait encore un moindre mal. Sa femme n'était pas une foudre de guerre en matière de sexe ; j'avais eu l'occasion de le soulager sur et sous son bureau. Il rirait de la situation mais garderait pour lui ma mésaventure.
  
 Première tentative. Pas de réponse. 
  
 Les premières gouttes s'écrasèrent au sol. Grosses. Pourvu que ça ne tourne pas à la grêle ! Je fis défiler ma liste de contact à toute vitesse. Marina ne se couchait jamais tôt ; elle ne m'en voudrait pas de la réveiller si par un malheureux hasard elle dormait déjà. Il y avait la possibilité qu'elle réponde. 
 Personne ! Mon désespoir enflait, tout comme ma cheville. Nouvel appel vers le boss. Des gouttes plus régulières tombèrent. Rien ne me serait épargné ! Les feuilles crépitaient sous l'assaut de la pluie. Si le poteau que j'avais choisi m'abritait de la plupart des fenêtres, pour ce qui était de l'averse, c'était raté. Mes vêtements furent vite trempés. En quelques minutes, une désagréable sensation de froid m'envahit. Le tonnerre continuait de rouler. La fatigue ajoutée au froid, je claquais des dents.
  
 Quelqu'un courait. Prenant mon courage à deux mains, j'interpellai l'inconnu. À sa façon de s'exprimer, je regrettai déjà de l'avoir fait. Je sollicitai son aide puisqu'il était trop tard pour reculer. Façon de parler parce que je ne pouvais ni avancer, ni reculer. Lorsqu'il comprit la situation, il rit. Je ne pouvais lui en vouloir. La situation était risible, sauf pour moi. Peut-être un jour… 
  
    — Je t'aide, mais tu me suces avant. 
    — Quand bien même je voudrais, je ne peux pas.
    — T'es vraiment une grosse pute pour t'enfiler un truc pareil… 
  
 Il s'approcha d'un autre poteau pour une meilleure estimation de la taille de ce qui m'immobilisait. Vu la tournure des évènements, j'avais une boule au ventre, dans tous les sens du terme. Il revint vers moi, avec la claire intention de profiter de la situation. 
  
    — Putain, t'as réussi à te carrer un truc pareil dans le cul ? Tout le monde doit te passer dessus, espèce de salope ! Je vais te défoncer la chatte ; tu vas jouir en double pénétration avec ton poteau dans le cul. Tu vas voir, tu vas aimer ça ! 
    — Non, s'il te plaît…
    — Fais pas ta mijaurée : t'as dû voir passer plus de bites que toutes les tepus de la rue Saint-Denis réunies, alors me fais pas croire qu'une bite de plus ça te débecte, enculée ! Je vais te baiser, ensuite j'appelle mes potes. Ils vont tous te gicler dans la fente. Après on te libère, mais tu nous suis et tu nous éponges tout le dimanche. 
   
 Il avança une main pour la glisser sous ma robe. Je parvins à le repousser, mais avec mes possibilités restreintes de mouvements, je ne pus éviter son deuxième assaut. Il passa la main entre mes jambes. Sa mine déconfite m'aurait fait rire si je n'eus pas connu les conséquences de son arrêt net. 
  
    — Putain, c'est quoi ce bordel ? T'es un mec ? 
  
 Il essuya sa main sur ma robe puis me cracha au visage. Il me frappa à la tempe. Je vis tout tourner. Le poteau m'avait empêché de tomber mais ce fut au prix d'une vive douleur dans le ventre. Il m'arracha mon sac à main. Dans un réflexe je tentai de le reprendre. Tirée des deux côtés, la bride céda. Mon téléphone tomba mais il ne l'entendit pas. Il s'enfuit avec son butin. Même si je parvenais à me libérer, je n'aurai plus de clé pour entrer chez moi. Pendant que je restais planté là, il avait tout loisir de visiter mon appartement, de le vider avec sa bande ou de se contenter de m'y attendre pour me casser la gueule à mon retour. Mes larmes déboulèrent. Je vivais l'enfer ; le week-end avait pourtant bien commencé…
  
 Mon téléphone sonna. Impossible de me pencher pour l'attraper. C'était vraiment trop con ! Je quittai mon escarpin. Du bout du pied, je parvins à rapprocher le téléphone. Je me débrouillai pour l'agripper entre le mon gros orteil et l'autre doigt. Après deux tentatives infructueuses, je parvins à le soulever puis à le prendre en main. Mon patron avait rappelé. Il ne restait que six pour cent de batterie. « S'il te plaît, réponds… » murmurai-je, comme si cela pouvait influer sur mes chances. 
  
  
 
***
  
 En une vingtaine de minutes, Paul fut sur place. Il avait les yeux d'un homme qu'on a réveillé en plein sommeil, mais n'en avait pas l'air bougon. Un semblant de sourire se dessinait sur son visage. Tiraillé entre l'envie de rire et le sérieux qu'imposait la situation, Paul était laconique. Il se contenta de recueillir les informations pour me tirer d'affaire au plus tôt. Je m'accrochai à son cou ; il me serra contre lui, tenta de me soulever. Mes muscles trop sollicités par mes propres tentatives de d'évasion restaient trop contractés pour libérer la boule. 
  
    — Tu as de la chance dans ton malheur. Hier j'ai bricolé toute la journée ; j'ai dû remettre la disqueuse que voici en charge. La batterie est pleine. J'espère qu'elle viendra à bout du poteau avant que le bruit n'attire des spectateurs aux fenêtres. Attention, écarte bien les jambes…
    — Comme si tu avais besoin de me le demander !
    — J'ai hâte de voir ressortir la boule…
    — Et moi donc !
    — Je voulais dire que le spectacle de ta dilatation doit être d'une bandante obscénité…
  
 Le disque irrita mes tympans lorsqu'il entama la barre de métal. Je guettais aux fenêtres la sortie d'une tête, tel un coucou d'horlogerie. Mon inquiétude grandissait à la mesure des tours du terrible outil. En revanche j'appréciai le confort de la chaleur qui me revenait. Paul avait apporté un trench emprunté à sa femme, ainsi qu'une paire de baskets qui me faciliterait la marche. À ce propos, je compris qu'une fois le poteau découpé, il me faudrait me déplacer avec cette troisième jambe : Paul n'avait pas fini de rire de son intervention matinale !
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Fin du livre
Vous avez atteint la fin de ce livre.
Ce livre ne comporte pas de suite.

Commentaires ()

Passer les 5 commentaires
Utilisateur supprimé
6 novembre 2022 à 02:19
Merci Doogy woogy! Qu'est-ce que je me suis marrée ! J'avais compris assez vite que le protagoniste était un homme mais jamais je n'aurais pu imaginer cette histoire de boule! J'ai tout simplement adoré ! Merci.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Doogy Woogy
Doogy Woogy
19 juin 2020 à 14:54
Laconique (ta mère).
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de leconte
leconte
19 juin 2020 à 06:51
Hummm
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Doogy Woogy
Doogy Woogy
10 juin 2020 à 01:21
Un commentaire du Loup sur une histoire, c'est rare ! Je savoure donc ma chance.
Soyez respectueux
Répondre
Lioubov
9 juin 2020 à 09:51
Quelle mésaventure hilarante ! Enfin, pas pour le malheureux héros...
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ Elise77 Nouvelle ville, nouveaux plaisirs XSTORY
Nouvelle ville, nouveaux plaisirs
Chapitre 2
Par Elise77
56
9
5.9k
Hétéro
✦ Fantalice Le Princass XSTORY
Le Princass
Chapitre 3
Par Fantalice
142
14
3.1k
Hétéro
✦ Lou Alexandre D'humeur chienne XSTORY
D'humeur chienne
Chapitre 1
Par Lou Alexandre
60
1
6.4k
Hétéro
✦ ZEBULON Moi! Katia! 19 ans et nymphomane XSTORY
Moi! Katia! 19 ans et nymphomane
Chapitre 7
Par ZEBULON
57
0
30.9k
Bi
✦ chloe23 48 heures XSTORY
48 heures
Chapitre 3
Par chloe23
108
16
8.7k
Hétéro
✦ De Bréville La petite femelle XSTORY
La petite femelle
Chapitre 2
Par De Bréville
109
4
14.4k
Hétéro
✦ Anne11 Une nuit en été XSTORY
Une nuit en été
Chapitre unique
Par Anne11
124
9
9.2k
Hétéro
✦ Jane Does Soir de fête XSTORY
Soir de fête
Chapitre unique
Par Jane Does
66
3
17k
Hétéro
✦ Lola62 Passage à l'heure d'hiver. XSTORY
Passage à l'heure d'hiver.
Chapitre unique
Par Lola62
97
5
6.8k
Hétéro
✦ Papykokine Rencontre au Malmont XSTORY
Rencontre au Malmont
Chapitre unique
Par Papykokine
9
5
3.3k
Gays

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio